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VICTOR CHÀMPIER <b O.-ROGER SANDOZ
LE
PALAIS-ROYAL
i)'APni:s
DES DOCUMENTS INÉDITS
(1629-1900) ,
TOME PREMIER
DU CARDINAL DE RICHELIEU A LA RÉVOLUTION
l'Ali
VlCTOt^ CHAIVIPIEH
■■■V,
U
LE CAUDINAI. de lUCllELlEU
(l-jcc cl revers de la mciiaille gravée par J. \V.irin en K'jo;
PARIS
SOCIÉTl': DE PROPAGATION DRS LIVRES D \ HT
117, DOULEVAllD SVINT-OIiUMMN, 117
1900
itKViCfcS
LE
PALAIS-ROYAL
TOME PREMIER
SOCIETE
PROPAGATION DES LIVRES D'ART
Fondée en 1869
CONSEIL
. 1900
MM. Kugt-ne Cl'illaume, G.-C. *, Président il'honnfur.
E. Taioy, *, Président honoraire.
C. RossiGNEux, *, Vire-Président honoraire.
MM. Jules Guii'FUEY, O. *, Président.
Maciet, Vice-Président.
Roger Mabx, 0. *, Vice-Président.
C- Roger Sanuoz, I. U, Trésorier.
Vasmeh, *, Secrétaire.
Georges Mauban, Secrétaire.
MM.
Bartalmiei'x, I. O.
Victor Champier, *.
lîdoiiard Corkoyeu, (). *.
Pierre Dauze, *, O.
Lucien Éties.ne, *■
Feret, O-
Gag>eau, 0. *.
P;Ull G ARMER, O. *.
.\. Lmiube, *.
MM.
Lucien Layus, *. L O.
Le Bègue.
Cliarles Lucas, L O.
Mas.so, *, O-
NoiROT-BlAIS, *.
M. PoDSSIEI,GlIE-iU'S\>D.
A. Robert, O.
Ernesl Royer.
MEMBRES DE LÀ SOCIETE
MM.
Agneli.et.
Aguillon.
.\SS0CIATI0N PUII.OTECIlMQrE I>E RolS-
Col.OMBES.
Association imiii.oteciimi.ii'e de I'mus.
MM.
Association polytechnique i>e Paris
.\UGER.
Bartaumieux.
lUuoRiEii (Léon).
I!a/i\.
MM
Hc.^UIT.
liincKH (Georges).
Uei hdclet.
Hi.x<; (Kerdinand).
Iti kiciuno.
\^nl^ <it-orges(.
It. .!>»».
Uu5> MtKciié (Mai»oii du).
UoiciiERov (Krédériii.
BotiLiicr ilirnri).
Bft-u.& l(ieorge!>).
W Bruiamucl.
CillLIiliX ET Bl:tlMI.T/!.
Cciir.
OUAMMB XT^DHtLE li» Il lilJitl lllilt.
CHÀMniie nixuiCAi.t ut l'iiuhun.ehik.
CiiAMnaE sf<ii>ii:\LE i>i l'Ai-icn.
ClUMHIIE KTHDIIMLE IIE I t T » II>n»:|iH:.
(iiiAMi-iEM (Niirlor).
CuArti^ ((fimtnvF).
('.iiKHHiEH I Henri).
('.NE» RIE.
h' J l'.lloMrHET.
I.IIIUST>»'L1!.
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ijULUir ET Bkv<«.
(jimtoiEM iKdouanli.
(i<nri .
Cl M t ni: RI. HE.
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|)i RA^n-LcBictiE.
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Kr>M«RiM lAltmli.
K«uci.
P.n(««B ( Lucien I
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KiRHi^lhcMiT I \irmlV
MM.
FoLi-OT (Félix).
KoNTAXA.
Fol'IlDI.>01S.
Fboidefox.
FiiOMEST-MeI KICK.
Fl'MOl/.E.
(ivGMEAU.
Cai.i.i fils.
(lAIIIEI..
(lAKMER (Paul).
(iot Mttii.iiui- (Ciuslavc).
CiltAlMlS.
Ghamivioe.
l!ll(>KU>.
(IllOSS Kl I.AXCIII l.\>T.
lild El..
(!i iFFiiKY (Jules).
()LII.I.\IME (Kugi'IlO).
lUclIKTIE.
ll\f;.XKAlX.
Il M SSM \>>.
lllMX.
IIkmiï (Georjîcs).
IImu^sey.
IIINUIK.
Ilcil I WIlK (.loiUll.
lli>i7.ii\i:iiF.lt.
llrssKMir DE Skmi\c;es.
Jaim'a.
Jai^i et.
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Je\xskhie.
Jeiienm .
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kiiiiEit (Kiuilc).
\.\i OMIIE (l'iiull.
i.\»>i>n.
I.tni iiE.
L\i.i%(..
I.»*n (KriK'-li.
l.\M s I l.iii'ii-ni.
Il itilil E
I.MEimti. nlnô.
l.i:M\u;nE.
Il Mo» (Uidiirc).
II. loi II.
I.ttnti I T.
l.lUoi /|^.
buni
l.i :\s ((iharlpn).
\Ur.ir.T
Mo..
NKiRii; m Itiii I...M
MM.
MaIHIE DC II' VUllflNDlSSKMKNT.
Mairie dl W I" muidndissf.mkn r.
Ma.nmieim.
Mareuse (Edgar).
Marioton.
Mahuet frères.
Marteai .
Martin'.
Marx (Roger).
M ASSIS.
Massoî» (Georges).
Mauban.
May et MoriEnoz.
MOSOD.
MoREAf (François).
Morris.
Motard,
muhlbacher.
MURAT.
Musée Carnavalet.
Nalton.
NoiROT-BlAIS.
OïLEY (marquis d').
Pelletier fils.
Perrissi>'.
Ployer.
Poirier.
POPELD».
MM.
PoussiEi.GL'E- lUsAND ('Mauricc).
PoussiEi.GLE (Charles).
Quignon (Gustave).
Ramboir r\ndré).
Revil (Fernand).
RonERT ( Mphonse).
RoiiERT (Arthur).
RoSSIGXEtX.
Rothschild (Baron Alphonse de).
Rothschild (Baron Edmond de).
RoTiisciiii-D (Baronne James de).
RoYER (Ernest).
ROZET.
Sandoz (^(i. -Roger).
Sandoz (M"" Gustave).
Simon (.Mexandre).
Simon (Paul).
Stein.
Slzor.
Taigny (Edmond).
Templier (Paul).
Thomas (Alexandre).
Vaq u Ez - Fessa ii d .
Vasnier.
Verger.
VlNlT.
W ol.Fl- (U)uis).
\
VICTOR CIIAMPIEK ik G.- ROGER SANDOZ
LE
PALAIS-ROYAL
DES DOCUMENTS INÉDITS
(IG29-1900)
OUVRAGE ILLUSTRÉ DE PLANCHES HOI\S TEXTE
EAUX-FOUTES, llÉLIOT\PIES
FAC-SIMILÉS d'aQUAHELLES ET DE PJOMBRELSES GKAVUKES DANS LE TEXTE
TOME PREMIER
DU CARDINAL DE RICHELIEU A LA RÉVOLUTION
PAR
VICTOR CHflIViPiEH
l.E C.VHIIINAI. DE KlCllELIEU
rs de la mcdjillc gravée par J. Wanii eu luy
PARIS
SOGIÉTK DE PUOPAGATION DES LIVRES D'AllT
117, UOULEVAUD S.VINT-GEUMAIN, II7
1900
(' JAN 1 r r'-7
r tif 10'
■ /
IISÏOlllI; DU l'Ai. A IS-llO T
■ ^^eA.-1.r JV.
i.K cAiiDiNAr. 1)1. u I c 11 i;i.i i: i
par .Ii;an W'miin
Iliisic en hmiKf canscrrc t) In l:ililii>lliriiiir Mfuariiir.
PRÉFACE
^: V.sv un /ai/ véritablement e.rtraorditmirc que f histoire du Palais-
,- Roijal-ce monument de Paris célèbre entre tous, qui évoque
^ tant de souvenirs, et dont les destinées ont été si brillantes -
n'ait jusqu'à ce jour pas encorde été fixée d'après des documents
authentiques! Telle est cependant l'exacte vérité.
Assurément, l'entreprise a été plusieurs fois tentée. On peut dire même
qu aucun de nos édifces n'a fournt matière à un aussi grand nombre de
volumes. C'est par centaines que se comptent les ouvrages qui lui ont été
cottsacrés. Mais la plupart ne sont ou bien que des 'récits romanesques
dépourvus de valeur, ou bien que des cotnpilations établies sans cotitrôle
d après des descriptions souvetit errotiées, et, en tout cas, absolutnetu incom-
plètes. Un tel prestige a entouré le Palais-Royal que quantité d'écrivains,
des le xvn, siècle, ont eu l'idée d'emprunter le nom de ce monument pour
en parer le titre de certaitis livres où il n'était, d'ailleurs, question du palais
que d une manière bien vague, uniquement pour bénéficier de la célébrité
dont celui-ci jouissait dans le public.
LE P*.l.AlS-RO\AL
/. a loiura^e construrlion par le cardinal de
^"*/rrf;-/'.i--.-.'.«'. '"■-• '/""" "•"•■ "' '" '■^-""-"- ''•• '"'''"''■'■
T KvTL fJ. L .luc^roriM,.,. /„«,,'■'"'•■■ '''•"•■ "■•■" *' >■'"• "■•*■':■■■
IV^. ,„ ,/. i...,.,..rMipr- '■■'""" '/"■«—"' '• "■■■'•'"'"" '"•' ' •";
r rX U, a,.-s, ™ /.V7.-.. .' '-. "»"■-' '" •"■ »'"""'' '-'■"'''"'■ "';'""■'■"■ ''"
/iM^ l'on possédait. . i ■
' Ou. L lacunes restaient a con.Ulcr! Que de d.-tails cuneue a derou.nr
„o„; reconstituer dans sa rèal.tè ll.istoire dan tel tnonun.n, . i ar le I ala.s-
Houal il ne faut ras louldur. a eu la singulière futune de sen.rsuccess.
!'::; dJitatL aur ,ers a,es les ,las illustres. Il a .-t.- le tkeat.r
d,.èt,en,ents fanuu.e dans les annatesjran.aises. Il a .u sucress.enunt des
sréne, dran.at.,ues et desf.'tes .valantes, tous les contrastes saisissants delà
..ronde comédie sociale, les élégances e.rguises dune cour raMu.ee et les
'^rranuleu.ses deùauC.es des ,,n,fessio.u,elles du .ice. En deu.r siècles, il a
naLnar le. changeantes phases de IWlat et de la n.isere. .se transformant
nan. ces.e et prenant le caractère des à^es ,,uil traversait, tour à tour
sè.ere io,,eus. pimpant, déhra.llè. et Jinalenunt morose comme unj,en-
nUon^me ruiné ^ui .i es. plus certain de son lendemain liàtipourahriter
Ujaste de la ro.,nuté. le .oici aujourdf.ui tombé au, Ole déchu d édijne a
louijaire et aménagé en bureaux d'administration '
Mai. .inand on .eut retracer la vie dan monument, ce ne .sont pas les
événement, dont i! a été le témoin ,/uil importe avant tout de rappeler cest
lu.méme .,u il sag,. de Jaire connaitre : ce sont les Jaits ,pii constituent sou
eri,ienre propre, cent limage de ce ,/ail a été. son lu.re. .non décor, ses
,fl/«/M MtM ameublements, le., objets d'art aurpiel il a .sen.. pour ains, dire.
décrin; U» ph,,s,onomies ,,ui an! été Miennes au.r différentes ép.u/ues. voilà
re quiljaul mettre en relief. C'est là ce ,,ue la criti,,ue moderne attend
m^c raison de fécrivatn t/ui .m-enture dans une semblable entreprise.
p II !■: !•• \ c i:
Or, pour le Palais-I{i>i/al, lu tàrlic pouvait puruitrc non seulement ténté-
raire, mais absolument i/n/xissiùle. Com/nent dire, par e.retitple, ce au était ce
palais au temps de liir/ielieu, les conditions dans lesquelles le grand ministre
le fit construire, la manière dont il le meubla et avec quel train de maison
il s't/ installa? Tous les érudits — car on /i'ii;no/c pas lombie/i sont rares
les renseignements que l'on possède sur l'e.ristence intime du cardinal-duc —
reconnaîtront que le problème était particulièrement épineux. Pour les
époques suivantes, c'était pis encore. Que savait-on de la vie d'intérieur de
.Monsieur, auquel Louis XIV, son frère, donna le Palais- Roijal en apanage,
de son luxe, de ses collections, etc.? Que savait-on même des dépenses du
Régent en tableaux, en objets d'art, de la façon dont il meubla sa demeure
pour lui et sajamille, de la distribution qu'il fit des appartements, des cons-
tructions qu'il entreprit et des architectes qu'il employa? A part quelques
anecdotes semées de-ci de-Uï dans les Mémoires et les chroniques du temi)s.
les informations étaient nulles. Pou/- la fin du wiii- siècle, on avait du moins
quelques descriptions précises, mais seulement pour les parties du palais
qu'un public privilégié était alors admis à visiter. Sur le reste, rien! L'histoire
du monument sous la Révolution et durant le vn* siècle, plus rapprochée de
nous, offrait, il est vrai, des matériau.v en abondance : la difficulté était
précisément de les contrôler, de les classer, de les présenter en une vivante
peinture. Et, là encore, que d'erreurs éi rectifier, que de points obscurs à
éclaircir! Qu'étaient devenus, pendant la Terreur, la demeure de Philippe-
Egalité et ses riches ameublements ? A qui le prince avait-il vendu sa célèbre
galerie de tableaux? Toutes ces questions, et beaucoup d'autres, étaient
autant d'énigmes auxquelles les historiens n'avaient, iusqu'à présent, pas
encore répondu!
C'est à résoudre ces divers problèmes que s'est appliqué, dans cet
ouvrage, celui qui écrit ces lignes, à la suite de recherches sans nombre, et
après avoir mis à contribution, depuis /dus de dix ans, tous les trésors
manuscrits des bibliothèques publiques de Paris, les Archives nationales et
les minutes des notaires qui ont bien voulu lui ouvrir l'accès de leurs études.
Il serait oiseu.v de raconter ici les alternatives de bonheur et de déception de
cette longue chasse aux documents inédits, si fertile en surprises, et à ce
point passionnante que les Jours et les mois et les années s'écoulent sans
qu'on se lasse de fouiller les cliaririeis poudreux pour essayer d'amener ci
perfection le travail entrepris. Je me bornerai donc à indiquer succinctement
les principales sources manuscrites qui ont permis de reconstituer de toutes
pièces, en quelque sorte, cette Histoire du Palais- i\oyal.
Pour la période du cardinal de Richelieu, on ne possédait que des
T. I. LE PALAIS -ROÏAL.
Vil! LK I' VI. \IS- Hii\ VI.
données incertaines louritant les ac/uisilions des terrains sur lestjueh le
tardinaljit construire son palais. Les Arcliii'cs natiunules m'ont fourni les
détails les plus minutieux à cet égard. Quant aux dépenses de l'illustre
homme d Etat pour édifier et meubler sa demeure, j'ai ajouté au peu que
l'un connaît encore de son Iiiwnlairo apivs ilitvs les renseii^nements nom'eau.r
tfue m'ont lii-rés les papiers lé'gués jadis a l Hôt.l-Dicu par son secrétaire et
intendant, le chanoine Le Masle des Hoches, ainsi tjue les nombreuses pièces
conserx'ées soit dans l'étude de son notaire. M' Pan/ue. soi/ au déparicmeni
des manuscrits a la liibliothètpie nationale.
Tout ce i/ui concerne le palais depuis le moment ou il commenra à sentir
d'habitation ii lajamille ,r Orléans jusqu'à la Jin de la Régence est, dans cet
ouvrage, a peu près complètement inédit, car c'est surtout pour cette époque
qu'ont été abondantes mes inana lies. J:'n effet, j'ai été assez heureux pour
découcrir chez tes notaires des ducs d'Orléans certaines pièces des plus im-
portantes, comme /'Iiivfnliiin- apiî-s tliVù-s de Monsieur, r/ui permet de recons-
tituer dans tous les détails de son décor le l'alais-Roi/al durant le règne de
Louis XIV. Itien plus, j'ai pu mettre la main, au.v Archices nationales, non
seulement sur les in\<entaires successifs de tous les princes d'Orléans au
XVHr siècle — sur celui du Hégenl. d un intérêt considrralilr pour l'histoire
de l'art, sur ceu.v de ses enjauts et /letits-enfants — mais encore sur la
plupart de leurs registres de Trésorerie qui contiennent une J'nile de détuils
curieux sur les dépenses île la table, île la toilette, des écuries, sur le per-
sonnel si nombreu.r des serciteurs. sur lei rouages compliqués qui consti-
tuaient alors l'administration îles maison'^ seigneuriales. De telle sorte que
l'histoire du palais où céciit celte famille d'Orléans, est deceniie, en réalité.
l'esquisse iCun livre qui pourrait être intitulé : \,;\ \ n- pi iiiciric ;iii\ wir
cX \\nr ti<\li'S.
La bibliothèque Mazarine, celles de T.\rsenat ri de la Ville de l'aris.
le% archices du .Ministère des .\Jfaires étrangères ont Joiirni leur part dans
celte moision de documents utiles. Mais c'est de la Hibliotheque nationale
qu'a été tirée une pièce capitale, qui met à néant les légendes accréditées
jwtqu'à présent sur la vente des tableaux du Palais-/loi/al par Philippe-
Egalité, et fixe désormais de manière certain' 1rs rondifion.s du transport
de In célèbre galerie en Angleterre.
Aux Archives nationales fut recueillie, •.dus m Hécnlution. ia pr<sque
totalité den papiers de l'ancienne chancellerie d'Orléans. Le triage en fut
Jail soignrimement mous la Concenlion, .Mais on les a répartis dans maintes
série»; il /il ut ouvrir des centaines de cartons, fouiller dans des milliers
Je /ia*se% pour extraire le bon grain de re fatras. Je dois à ce travail
PUKFACK
nirl/i(i<li(/in- (II- <l(''/)()i(il/('niciil la rciiitiiili' de n'avoir laissr passer aucune
pierc iiitcressanle pour l'Iiisloire du l'uluis- Hoi/ul, depuis Hiriielieu /us'/u'à
[.(Utis-Philippe.
I II mol d explicatlou . eu leriniiiaiil , au su/el de lu d(uible sii^/ia/ure f/ui
se //-oui'e su/' la auiverlure de cet ouvra!j;e. Il n est t/ue piste, eu somme,
d indiipier la part de eolluhoratioii ipii revient ù chacun de ses deux auteurs.
Quand /'eutre/>ris, viu'cl /ires de douze ans. cette llisloii-c du Palais-Royal,
ce fut à rinstii^atioii de l'homme de i^rand cirur et de sérieux mérite ipii se
iiomniait (riistave Saiidoz. Hahitunt, depuis loiii^tem/is, en sa ipialité
d hoilo'j^er- piaillier. une des galeries du palais, ipiil connaissait mieux
f/ue personne, il s'était plu éi réunir une curieuse collection d'anciennes
gravures relatives éi ce monument. Comme il était trésorier de la Société île
Propagation des livres d'art, et très désireux de faire /irojlter celle-ci d'une
/irimeur qu'il estimait devoir être /larticulierement intéressante, il m'offrit
de combiner notre effort en vue d'un volume dont /"écrirais le te.rte et auquel
il Journirait les éléments d'illust/ations. Je me mis à l'cruvre. Hélas! une
mort /irématurée em/iorta Gustave Saiuloz. Le livre dormait, inachevé, dans
les tiroirs de I écrivain . lorsi/ue M. G.-Iîo^er Sandoz-, décidé, dans sa jnété
Jiliale. ii réaliser les idées de son père, et aijaiil /iris, du reste, sa succession
de trésorier de la Socirli'' de Propagation des livres (rarl, revint au /iro/et
lie volume, et, /loiir aller /dus vite en besogne, me /iro/xisa d'en rédiger lui-
iiième une /lartie. Avei- une belle ardeur et la connaissance i/u'il avait dé/à
du sa /et. il se chargea de la /lériode modcine allant de la liévolution jusr/u à
nos /ours. Je lui abandonnai volontiers les notes et documents inédits i/ue
/avais destinés à cette l'in. et c'est ainsi que nous avons été amenés à faire,
chacun de notre cdté. un voliinii'.
Que la S(ici(''l('' de Pi(i|),i;j;ilii)ii des li\res d ai'l reçoive ici notre lemercu-
lueiit /loiir la bienveillance avec laquelle elle a ///is sous son /latronage et
édité cet ouvrage. Si le désir de bit n /'aire m'a entraîné à quelt/ite retard
dans sa j)ublication . les soiiscri/iteurs voudront bien me le /lardonner. La
tache était lourde, hérissée de difficultés. Puisse l'uccueil que le /iiiblie fera
(I ce livre justijier la conjiance dont on nous a J'ait crédit!
Vie roi! eu A M pu: n.
/«•(^
lUIîLIOGKAPHlE
V {>, „ OUVRAGES l\EI. VTIFS AlJ PALAIS-IK
wii sii;gle
Recueil de pièces volantes rehilives <iii Paldis-Rayal. par ordre chronologique. — Dos-
sier (le lii nihiiolhèque Garnavalel.
Topographie de la France. Cabinet des Estampes à la Bihliollircpie nationale. —
Rcciieil en deux volumes in-folio de pièces, plans, f,na\iues, etc., sur le
Palais -Royal aux xyu', xvni' et xi\° siècles.
Le Pahds- Royal. Deux cartons in-folio, conlenant des pièces, gravures, dessins,
vijiiieltes, etc., sur le Palais Royal. — Musée Carnavalet.
Article et conditions accordées par le roi pour parachèvement de la clôture et
adjonction à la ville de Paris des faubourgs Saint-llonoré, Montmartre et la ville
neuve (Paris. i63'i, broch. in '|°). — Pièce de la nibliotliè(jue Carnavalet.
La Plainte du Palais- Roy(d en l'alisenec du Roy. avec un Dialogue du grand hercide
de bronze et des douze statues d'albastre qui sont à Tcntour de lestang du
jardin, faite par un Poète de la cour (II. G., à Paris, chez David Rcauplet, dans
risle du palais, au Roy David.) — [Satire en vers, ifi'io.j
Le récit du Jhrl du Pidais-Royid pour le ilirerlisseiueut du Roy, avec les noms des
seigneurs (pii l'attaqueront et de ceux ipii scioid sur la défensive (Paris, lOoi,
12 pages in-'i"). — Ma:(a'inade, à la liil)liolliè(pie nationale et à la Bibliothèque
Carnavalet.
I. Nous ne donnons pas ici la lislo de tons los ouvrages que nous avons ronsullos; iiiio Icltc
nomcnclalnrc ferait doulilc emploi, puisque nous les ii\ons toujours seriq)uleuseineiil cités au cours
de noire travail. Mais nous avons pensé ((u'il serait iiiléressanl de dresser une list(- des livres publie.s
sur le l'.ilais-Royal et qui se rapporteiil directenienl à ce monument. Celle bibliograpliie est aussi
complète (|ue possible. Est-elle absolumenl sans lacunes:' Nous ne nous en Hâtions pas.
.E l'VL\l;
IlescriiAumtt'un xeeimtljfu i\\\\ •«e fera ji'ud> N juilKl ilaii^ la place ilii l'alais Uoial
|K»iir riu'un'ux ri'Ioiir lie Sa Majrslé à Paris ( i(>7'i, in V »lt' •■'• |>i>?^'>i- — l>il)lio
llièi|iie Maxariiic, Klat de l-Vdiicc, olmj-j.
De B<jiu»lk : Les ilittleetituu tle sriilplurr du cnrdiiuil de liiclwlien («iaiis ks Mrnmiics
lie la SiM-iélé )le.> Antiquaires, I. VL!!).
Eu. lk)?(>AK»É : Herhfrchrs sur Ifs cnlltcliims de liichflù'ii {iSKi, i \ol. iii-N'l.
IMaliijti céritablr eunleiuud lu lisle ttfs tntins df cfiur i/iii éhiirid fit rnxxrmhlre Jnilc
le miirdy -jfi sf/dfiithrf /'».'»•.' nu Pidiiis Hnyid. avec Texliorlatioii t|iie Madeiiuiisello,
lille lie Son Mtesne H<i\ale. lit à eelle asseniMée séditieuse, el rordie (jiie
Sun Alli^se lluNale mit |Miur arrêter la sétiition (l'ari>. lU'ti. bioeli. de N pajfes).
— Itibliulhèque nuliimule. '^t>^'^.
\VLMiM DK L.\ CuLOVBiiiiiK : l'urlruit* des hnmiiifs illuslrfx qui sont peiuls daii<- la
galerie dn l'alais Cardinal «le Hielielieii (irilii), in ij. IIIu^Ik' de ■•'> liâmes
sur iMtis).
J">ii> K\i:i.\> : Jniirmd il'iui iitytujriir à Paris (iG'|i|).
Huloirr du l'tdtiisHnynl (Paris, Hitjj, in ij de ;(G pa^'es). — Hécit des amours de
I.Diiiîi Xl\ et de M"" de l^i Nallière. Ce roman a été raiissement allrihué à
Cii> l'alin
Livrel ilt l'f^/iDsilioii dr fH-inlurr df ti',711 m\ Palais lirion. à 1' Veadémie royale <le
|M-inliire|, réimprimé par \. de Monlaiglun (iN.'ij, in iNi.
II. SaI'tal : Iliatoirr rt rechrrchrx des ntiliifuHi^s dr lu villr dr Paris {i-i'\,'.\ \ol. in fol.).
Le tome II euntient une assez honiie description du palais tel que celui ci
était »erït ilili.'i. C'est la seule, un peu conqdèle, i|ni e\i>le pour le \\u' siècle.]
liennain ltiiii:K ; Ofscri/dinn dr l'uru (id.S.'j, i \ol. in ii). — Dans celte i' l'ditiou
de i-e livre célôlire, il est fort |m>u question du Palais |(o>al, et ce qui en c>t dit
n'eot que le ré»unié de tout ce qui était connu alors dan> le puldic. Les l'dilions
qui w Kiiecédèriiit jusqu'en i-'ti {uf édil.. 'i \o|. in ii) rourniient des rensei
gnenient» conqilémentaires, mais sans gramls détails.]
W III sn.M.K
Lr» l'.itriitêilih de PiirU Miiua Lnuht \l\ (171H1, réiniprinn' par la Société .Ir |'ii.],:i
«nlion lie» Livre» d'art, i>>si
Dt l(oi» nr. SvMf (;ki^i« Ik-Miriidim, dn lahlnuu du l'aUiu llnyul, drdii'r ù Mv U- ,/«••
d'OrU'inf «•7>7, în-l-j de .'lo'i piigo et r édit. i;.'*;).
Wmni, ,»,i,r Ira itm/iri/lnirra dr» miilaniia du junliu du l'ului* Huyul, nudrr
M. h ■■;. .'. lii.hriiru S. d II 7 I7. •'• putfi» in S"), hucluin». H»:i;. lloriiiioN llililio
llièi|ur Carnavalrt
III lll.KX; Il AIMI I I', Mil
Mi'/iiiiiic juKir M. le 'lue ilr Hic/irlicii. Iiérilifr siilisliliii' ili- \l. le <-iinliinil de IHc/irlirii,
.son (/riiiiil niiric. i-lc. (à propos des |)i()[)i'i(''l('s du l'ahiis-lioxal). — Tcslaiiioiil du
cardinal de Hicliclicu. — Mt'iiiniro en ivpoiise au précL-donl. — M. le <lui-
(r(_)rl('Mns iiiliTV ciiiiiil. l'iuis. ly.'iy. ■> i <■! ■'.'.] paj^cs iii-lul. Facliims. Hiic.
BoiciinN. in Icil. l)il)li(illii"'(|U(' (laiiiii\ idcl.
l'icvMui. ni; l,v l-diicr. : DcscrijiHnn dr Paris (l'ai'is, \-'\v.. H noI. iii i:>), ouvra"C'
iH'rdilé avec augmeiilalioiis. par TahlK- l'ciaii (17GÔ, 10 vol. iii-i>). — |l 11 assez
long chapilre est coiisaeiv au ([uarlici- du Palais-Royal e( au luonuiueul. La
dcsciiplioM (les galeiics el <les lal)leaux csl faite assez légèrcmenl, comme par un
visileur (pii 11 aiiiail pu pii'iidie que des noies succinctes, sans docurnenis précis
ni i-('n>ciL;ii('nii'iil> de piiMiiirrc main.]
l'iii-is iirlisHiiui- (i iiKiiiiiiwiihil en ij.'io. — Lel(i-es du l)'' Mailiows. Iradiiiles de
l'anglais par IMiilip|)c I'i.iiiucnt dk Pi isei x. — lii'impiinii'es par II. ISminardol
(1881, in-12). — Lettre Xl\ sur rédifice et le jardin du Palais lio\al.
Blondel : L'Architecliircfndiriiisr (l'j^î), 3 vol. in-fol.) — |Ln chapitre du loiiie 111 esl
consacré au Palais- Royal : ])lusicurs gravures donnent les plans el vues du
monunieid.l
Les Soirées du Palais- lioyai. ou les veillées d'une jolie t'einme, a\cc la (■<in\cisalion
des chaises du Palais- l>o\al, sous l'arhre de (Iracoxie {\~():>.. un \ol. in- 12
de <S(j pages).
Les Malinécs du P<dais Hnyid. Paris, i~~/i. Deux j)ailies en i \ol. iii-i>. — lîililio-
Ihèrpie Carnavalet.
Abhé i)K Lv Chau et Lebi.ond : Dcscriiilinii dfs pierres fjrurées du iluc d'OrléiUis,
premier prinee du suuij (lySo, \>. vol. in V). oriii''s de ligures de Sain! Aiiliiii.
Coehiii, elc.
Méiunire à eoiisuller pour /:■■; pr'ipriéhui'es îles maisons siluées auliiur du jardin du
Palais liiiyal. Paris. i-Sr. lirociiurc in-V'.
Exposé des ehaiigemenls à faire au Pidais- lioyal, brochure in-V. impriinée par ordre
de S. A. R. le duc de (Chartres. Paris, juillet 1781.
OliserealiDiis sur l<i lU'sIrucliiiN du jardin du l'id'iis- Iloyul. Leilre d'un \ iiglais ('laiili à
Paris à niilord P... (Londres Vmslcrdaiii, 17N1, '|(i pages iii-i), lig.).
Les eulrelieiis du J'idais /i'n\7(/ ('l'ahlcau de Paris) (litrecht et Paris, :>. vol. in i:>).
Le Pelil Tableau île l'aris. par le mar(piis dk Liciikt (ijiS.'?, in-ia). — Rihliolhè(pu'
nalioiiale. L i, .")'i. — Noyez, pour le Piduis linyul, page -Mi.
I^aris eu mitdalure. d'après les dessins d'un nnnerl \rjus{ lyN'i. in ri). — iiihiiollièipie
nationale, L i ', "ili.
Lelli-rs In youwj i/e/dieuuui un las sellin;/ nul fur Fnuiee, hy Jnhn Amlri'irs (London,
lyS'l. in X' de 't-(\ pages). — lîililiollii'ipic iialioiialc. L l\ ", (io.'i.'î. — Noyez chapi-
tres \\\l .1 \L.
\l,w,nuch ,h, Falnis-Royal ,M,ur lIs:.. D.'lails sur les marchands, cafés et speclacles
tlessalerie* (Paris, lyS:,, . x..l. il. .S .le ;,(. pafres. Kx. i.iar. r. aux armes du
dues .rurléau»». — Hibliolluquf Cariunalel.
Ce pclil livre e>l rarissiuie. Nuus ur eoi.uaiss...is (luu.i autre exemplaire de cet
aluianaeli qui faisait partie .le la bil.li..tlK.i.ie <lu ban.u Pielu.n. luné de douze
jolies \ij;iiclles.
lettre écrite ./« Pitinix Itnyol mix ,jii>ilrc ixirlirs ,lu nmwlr (ijNO. in S' île aO pages). —
Bil)li..tliÎMue nationale. Li, .-,7 — Tableau moral et apologie du Palais-Koyal,
la priimcnade ù lu niiKle.
Hijlej-in,u xurlii clause de ta ,tnw,i,.,„ .... JoLiisCanlinnl, <//■/.//« J'ulni.s ItoynI. porlaiit
que ce |>alai» ne pourra .Mre habité que par le roi ou Ihérilier présomptif de la
counmne (vers 178G, in-iS). — liii)li..lii;Mpu- nationale, LK', 7:51.).
Les Tuilerie» et le Palais Itnyal. par le si- ..ml. - .!.■ !.. |\ ii.i.kmvhest) (i voi.in-i^). —
bibliothèque nulionale LK", -'-'^'{^
Les Entretiens du Palais Hoyal (i-;SÛ, .leuv parties petit in 12 de S.i.'i pages), ouvrage
attribué soit à Mercier, soit à Cara.eioli ou à l.aNallée. C'est une satire générale
»ur lesi niu-ur*, trè* spiritmlb-. mai- «pii n<st pas aiilniniiil spéciale au
l'ului»-Uo\ul.
I.a Me fnirisienne sous Louis AI/ (iNHj, in ili); c'est le j..mii>il .liiri \..\iigc fait à
Pari* en i7«7 pur François t:(M;\KL, magistral à Nancy. — \ o>.v. noIaiuMicnt
les pages it ti'J sur le Palais -Itayal.
Calerie îles Tahleaux Au Palais Hny al, re.neil compreuani W'ht plauclics gravées
d'apri's les principales icuvrcs de peinture de cette célèbre cnlli(lii.ii, pid)liécs
iMiUs lu directiiin île Couché (i7Mi iSnti, '.\ \ol. in f()l.).
C.imlnil lie vente île la inuisim du cnfi de Chartres sons les arcades i\\\ jaidiii du l'alais-
Kgalité, .'1 juillet i7.'<7 et IJ avril i-if.t. — Deux ilii>siers actes nulariés nulluii
tiquer sur parchemin. — Hihiiothèque (iarnaNalet.
IHimjhte à paris, pur J. M. Dik.mi [d'après (Jnérar.l| (17.S7, in i-.> de '-'x pages).—
\oyei notamment le chap. Mil, relatif an Palais Itnynl.
Alhtrneum nu Idi'es d'un citoyen sur le nourri édifice ronsiruil dans rrnrrinlr du
l'iilaiâ Unyid [*iyi%w Moi nir.iil (17H7, in H"). — Itibliothèque nationale, LK'^, ~i'.\i^.
Lettre à M. sur le cin/ue i/ui se ctmslruil au niilini du jardin du Pidais Hoyal. par
J. O. I). |I)fMiiiii| (17H8, I vol.). — Hibliollirque nationale, I.K'. 7;ti7.
Litr\)nette fdiilotoiiliiiiur tnr II. P. iiiiiurin smi.s les nrradrs ila Palais Hoyal,
\taT (inmoii i.i l.\ Hi ' i>nsidéralii>ns pliil.>'-<>|ilii.|ii. s -nr les munis
de l.i capil.il
Lettrrt èilijianirt .in I /"" an nuiMnnn.iirr <lii ,:iini, .i.^ I .iil.ins, p.n M. *•*
ii-H**, iii 11 de 1 - Satire eontie le» mii-iirs.
Krlrait des Saurrlles «) ta main du Pi juillet I7S?. mi l'iéscrxutif eoiitrc les csero
qurrie* follr» ou il fuln- •"<» '.■■ iiin. . d. .. I ii.(ii. ^ .lu j'idais lto)al(lteriie, 17.SS,
3i !>•((•'* '•• **')
III IIMOCU AIMI I ]■:
llci/drlc <nli-rsst'c à M'"' le iliic il'Oiii'iins par les ilcinoisrllcs de LuniKiy, Lnticrce,
Labacdiilc cl (iiilrcs pour obicnir l'cnlrrr du Pidaix- linycd fjui leur rsl inlrrdilr.
S. 1. n. d. (Paris, 1788, 27 pajj:cs iii S"). — lîibliolli('(|uc Carnavalet.
Leilrrs édijianlcs du P(il(ds-J{ny(d par un missionnaire du ramp ilrs Tarlarrs, par
M"* (Paris, 1788. 108 pagos iii-S"). l'reinière ])artic seule piil)li('e.
Élal aclucl de Paris on le Provincial à Paris, 1788. (État et descriplioii des établisse-
ments cl hdiitiqiii's ilii l'alais-Hoyal.)
MEnciER : Le Tableau de Paris (i78i-i7()o, la vol. in-8°).
Très sérieuse remontrance des filles du Palais-Royal et lieux circonvoisins à Messieurs de
la /loblesse (1781), in-8° de 20 pages). — Facétie.
Tableau du nouveau Pidais-Hoyal (1788, 2 vol. in-12), attribué à Mavkur de Saint-Paul.
[Les soixanle-dix-sept chapitres dont .se compose cet ouvrage, (pii est bien fait,
sont presque enlirrciiieiil des descriptions du ]\dais- Royal.) — Bibliothèque
Cai'iiavalet.
Jlrl(diii/!s de divers cvé/tcmcids accomjilis à J'aris en Juin cl juillcl I7S!> : Motions
du Palais-Royal. — Kmcules du faubourg Sai/d -Ànloine. — Assassinat de fier-
Ihicr. etc. Fragmenl de .''18 pages, paginé de 17 à 64. Douze arlicles.
Trois pii''ccs rclidivcs à diverses scènes révolulionnaires qui se soni ixissccs au P(diiis-
lioyal du \! au U juillel J789. en i m<\. in S'. — Hihliolhèquc Carnavalet.
Les Dangers du PaUns-Royal ou la libciic Irahie par les ennemis du bien public soudoyés
jxw l'arislocndie et la lislc cicilc. (Pamphlet révolutionnaire.) Paris, s. d. (1789),
huit pièces in-8°.
L'Écho du Palais-Royid ou le Courrier des cafés (pamphlet révolulionnaire). deux
numéros de 7 et 8 pages. S. I. n. d. (l'aris, 1789). — Uihiiothècpie (Carnavalet.
Fausse alarme donnée le 27 juillel au P(dais-Roy(d par les arislocndes, ou Avis au peuple
français sur le piège qu'on lui tend (contre les alarmistes). S. 1. n. d. (Paris, 1789,
7 pages in-80). — Bibliothèque Carnavalet.
Nouveautés du Palais- Royal ou livres nouveaux des charlatans, des roués, etc., de la
France, par M. G. C. D. G. (Gatalogue satirique contre les philosophes.) Palais-
Royal, 1789, iG pages in -8°.
Aouvelles de Paris. — Affaire des ([uatre ofTiciers de housards au Palais Royal, dans
la soirée du jeudi 9 juillet 1789. (Officiers assaillis par les motionnaires,
G pages in-8".) — lîihliothècpie Carnavalet.
Les Demoiselles du Palins-Royid aux États-Généraux. Paris, 1789, 8 pages in-8°.
/.(' P(d(iis Ri)y(d érigé en Icnipic du j)alriolisnic cl de la sagesse. (Projet d'installation
au Palais -Royal dun Comité permanent des électeurs de Paris en coriespon-
dance avec les motionnaires.) 1789 (G juillet), 7 pages in-8". — Bibliothèque
Carnavalet.
Les Demoiselles du Palais-Royal aux États -Généraux (1789, iii-8° de 8 pages). —
Bibliothèque Carnavalet, réserve. — Facétie.
I Ll
\TI I.E I'\I-AI<-l»l»Y Kl.
ftessource qui reste aux ileiiiuiselles du Pulaix Roynl ensuite de Iti réponse des Etats Gêné
raux à leur requête (1789, in-8' de S pages). — Uibliolhèque ('.al•|la^aK•l. n'servo.
— Faoélie.
De lu pntsiilutittn. cahii-r de iloléanies tliiii ami des mo'urs, adivssccs spéciaKiiu'iit
au\ dt'puli's de l'ordre du tiers éJal de I'ari< {i-^\), in S' cie •><) pages), par
L. l*. i(Ki(K>iiKii. |('.et «tpuseule. rare, présente un vif tableau des iiKi-urs régnantes
à l'épijipie dan- le jardin du l'alai- itoyal.]
l'etil Journal itu Palais Itoyat ou {Jfirlies, annonces et arts divers. Paris. i-St). six
nuinéms en 1 vmI. in N (eoinpiet). — Biblicdhèque Carnavalet.
Le Sourd du l'uluis Huyal au Anecdote simjuli^re arrieée dans les derniiTs Iroutdes île
Paris, S. I. n. d. (lySy). iti pages in S. — Ilibliiitbètpie Carnavalet.
Arrêt de la Cuur nutionale ilu Palais Payai de Paris, i/ui suiiprinte IWssentlilée i/cv
Cnpueins, etc. (Pamphlet révolutionnaire eoriln- le eluli iiacliomiairc des C.apu
cin», ele.) Pari», 1790.
Déclaralioti de.s judriotes du Palais lloyal. ( l'.iiii|>li't n'Miluliniinaiic ) j'ari-;. 171)0,
8 page-
Lu fin burles<iur des faiseurs de ntolioris du Palais Itoyid, avec l'emblème de la liberté
el une énigme en ver.-», par l'auteur des ('.omtnandements it- ta fiutrir l'aiis, s. d.
(1790), S pagCH in S-.
Liste des citoyens actifs de ta section du l'atais Itoyal. (l'iihlic'c par 1' \s-einl)lée primaire
tie la M'etion.) i7iji>, "/t pages,
Stiure la pette ou Helulion d'un accident terrible, vêritalde et renianiualde. arrivé an.v
«latrines du Palais Itoyul n el tlu reint'de i/u'on y a apporté l'aris, 171)0. \ pages.
Tarif des fiUes du Palais Hoyal, lieux eireonvoisins, a\ee leurs noms ri domeures
(vers 1790, rini| numéros in s ). - llibliotbè<pir nalion. dr. I. i •. s,|. Uéser\e.
Pndettation des filles du Palais lioyat vl véritable tarif réiligi' par Mesilames Hosm
el S»i%T»: l-'oix. prénidente» du dintriel «le- (ialeries (vi-rs 171(0, in N* de 7 pages).
— ltibliollièi|ue nationale, I. b*'-', 3807,
Les demoiselles t'.hilCjdl du l'alais Royal el des différents ipiarliers de l'aris. traitées
selon leur ntérile, leur ihje, leur Itetntlé, leur taille, leur tournure el leur rararlère
(1790, in 8* de |('> |>agc)»). — iliblii>lbè(pie Carnavalfl.
H^rlandion des droits îles citoyennes du Palais Itoval {\rts I7i)'i, in N" de - pages),
Hildiollir<pjc Carnuvulel.
Pétition lie driu mille cent filles du Palais Hoyal à l' Xssemlitée nationale (171)0. in-S"
ik II poifi!*). — Hit)liolhè<|ue ('^iriiuvulet.
/.M Aprèa inuftrr du PainU Hoyal ou Cnlerir des femmes. (i7«)n, in s i|r S page», de
l'imprii . Ihère).
.iâpaâic il /.,/!. le, i.nmiléê du Palan Hoyal (17V". iii "» <|. 1.'. page-). — Hibliolb.ipi,.
(lariiavalrl.
Il 1 lii. I ( m; Il \ 1" Il 1 I. \vii
l.rllri-s il'iiii myiigi'iir russe eu France, en Alleiniu/ne el en Suisse, par k\UAMziM-:
(178;) 171)11). piililii' |)ar I.KGUELi.E (188Ô, iii-12 (le 335 paj^i's). [Ce que dit du
l'alais Uoval te xoyajîcur lie manque pas (l'intérêt. ]
Aris unporlunl (tu publie. — Salle de vente piihliinie établie .sous les galeries ap|)elées
portique.s de bois, donnant sur la grande eour du Palais-Royal et dont les
bureaux et magasins sont formés rue Croix des Pelit.s Champs, hôtel de Lusson
(171)1, (i [)ages in iS") — Uililidllirciuc Carnavalet.
Cninde motion du Palais h'oyul, ou Hciulc: vos eoinpies (171)1, (i pages in 8"). — liiblio
tiièque Carnavalet.
Le Palais lioyal, par Resth- ni-: i.v Brktonne (A Paris, au Palais Royal d'abord, puis
partout, même ehcz Glillot, libraire, rue des Rernardins, 1790,3 vol. in i-j.fig.).
— Ouvrage licencieux sur les filles du Palais-Royal.
Les Nouvelles Amours, farce comicpie, lyrique el tragique des femmes publicjucs du
ci devant Palais-Royal. Les forttmes immenses qu'elles ont gagnées à se promener
dans le jardin; plusieurs tl'entre elles nouvellement mariées, leurs noms...
(vers 1795, petit in 12 de 72 pages). — Bibliothèque nationale, Li, 3o5. — [Tableau
du Palais-Ro\al, en forme de catéchisme, par demandes et par réponses.]
Les (jisernes du Palais Royal, par le C. M. Clavel (i7()3, in i> de 12 pages). —
Rijiliothèque Carnavalet. — [Tableau satirique des mœurs au Palais-Royal. |
L ne journée tic Paris, par L. Madeleine RusVuli (,\ii \ . petit in 12 de 180 pages). — -
Riiili(iliiè([ue nalioiiale, Li, 71. — | \ oyez le chapitre \\\lil sur le Palais Royal.]
L'Uplii/ue du jour ou le Foyer de Monlansier, par Josej)!! Rosnv (Paris, an VII, in-S»
(le i3/| pages, chez March.vnd, libraire, Palais- Egalité, galerie Neuve, n" 10). —
[Une gravure de Bovinet, oblongue, et repliée dans le volume est intéressante;
elle représente le Foyer de Montansier, aujourd'hui théâtre du Palais Royal, qui
était le rendez-vous de la société galante de Paris. Chaque chapitre est consacré
à l'étude d'un type difl'érent : l'Agioteur, la Fille publique, l'Émigré, etc.).
Fraijments sur Paris, ])ar Fred.-.lean Laurent Mever, doeleur en droit à Hambourg,
traduit de rallcmand ])ar le général Dumouriez (1708, 2 vol. petit in 8"). — Riblio
lh("que nationale, LK", (io'i."). — [Curieuse relation, ^'oyez (•iia|)ilrc sur n le Palais
Kgalité .), page 2'i.)
Xl\' SIKCLI':
La Ixcrue de l'an Vlll, ou les Orii/iaau.r du l'idais Eijidilé (pclil in 12 de 17.J |)ages,
figure coloriée). — [Petit volume amusant contenant la p/iysiologie des types (jui
se rencontrent au Palais Royal. La ligure re|)résentc le chanteur Carat.]
Voyage aulour du Palais-Hoyul, par SELLi:i,)UE (an VIII, petit in 12 de 177 pages). Orné
d'une figure. — [Description des plaisir>el alliaetioiis de ce lieu.]
Le Péruvien à Paris, i)ar Jose|jli Rosnv (1801, '1 noI. pelil iu 12). — J.cs chapitres \ Il
et Vlll sont consacrés au Palais- Royal.]
VMH LK PAtAlS-ROYAL
f'tirU à Injin du uiif ,ii-cl>-. par J. H. l'umLx (iSoi. in S"). — | Voyez. If chiipilir
relalir au PulaU Royal.
Le Tribunal clatiU uu \om'faujwjnn.nt ,H,rlé sur les acteurs, uciricrs. auteurs et sur
divers endroits publics de l'arU. par Cli. H. C...L (Paris, un I\, petit in-iu
de l'ii pages) - [Voyez les iliapitres : le Jardin K-jalilé et Monlansier.]
Le Una Lot ou une Journée de Jocrisse uu Palais Éjulité. i)ar Hector Ciivt ssiku (an I\.
in If* de iIW pages».— Facétie.
Les Rencoidres du Palais Hoy al. aventures ijalanles. par A. S. \ii;roii(an \l iSo;}, in-i8).
— I Petit roman «le mœurs parisiennes.)
Phluiiummk : Miroir de C Ancien et du .\oui'eau Paris (i8o'i).
Souvenirs d'un séjour à Paris durant t'hiver ISO:' à tStJ.i. par .Inliaim Iiukdkhii
ll».i< iiAHi.r's (i.So'i. ;5 vol. in S-). — (\«>\ez le- .Ic-ci i|)ti(.iiN tks lliràtrcs. des
restaurants et des cafés du l'aiui»- Uoyul.
Le Palais -Hoyal, ou Mémoires secrets de la iluchesse d'Orléans, mh-e de Ph'itii>iii\ par
M~* tàK'HvMH (iSoti. -j vol. in II). — Bibliothèque nationale. L n •". ij.")!;.
Manuel du Voyaijeur à Paris, par P. N n.i.iKu-^ (Paris, iS(i(i. in-'!'i).
Vue et description du Palais-lioyat, publiées par (ii khvhd et Sciiw un/. ( iSi.i, inV')-
Uu Palais Hoy al, ce ijuil est. ce tpt'd a été. ce nu'U peut deeenir (icSi,!. petit in li
de ti page»). — Hibliotlièque ('.arnavalet.
Le Sumént ti'.t ou les f.atastrophes du jeu. par P. Ciisin ( iNi 'i. in i> de i 7 'i paj^cs).
— Le n' ii.'l était celui d'une maison de jeu ilans la galerie de Nalois, au
Palais lto>al I
A eisit to Paris in iSl'i, b) Jolin Scorr ( iNi.'i, in-S de X'tS paj^es). — liildinilirqiic
nationale, L K ', |6.1(|.'{. — |\oye/. le eliapitre l\ : le Palais Uo\al el ses
divertiKoemenls.]
Les Soirées du Palais Itoyid, recueil d'anecdotes galantes el ilélieates, |)ublié par un
invalide du Palaiii Ho>al (Paris. iSi."», petit in lu de l 'l'i pages). — Figure coloriée,
lrt^4 libre et d'une platitude abHolue.
l^s Matinées du Palais Itoyal ou \niours secrètes île M"' Julie H..., devenue coinlessc
fie r Empire, ruconléc» par elle mi^me (181*), in-iM).
I.'indiralion des cabinets d'esftoyitmn puldiipie que l'on voit r//; Palais Ituynl (iSi5,
in-iC). — llibliotliè<|uc nationale, LK', 78q.'{.
Ij" Palais- Hnyal ou les FilteM en Inmae fortune : coup ilieil rapide >.ur le Palais Hoyul
rn général, "ur b-» iuiii»oni» de jeu, le» tilles publicpies, les li Inigie», les mur
rbuudiM'* dr ni<Kie, le» ombre» clihioiM'», li-« liailenrs, les cales, les cabinets
(Ir lm-tur«, Ip* iMint moU de* nilc», leur» terme» d'argot, ele. Ouvrage plus
moral qu'on nr |)rn<M<, par \. (iMiri. |M'tit in-iJ de 1 '1 • page-. ItililinlJiiMpie
nalionalr, Li. <)\ — Kigun- rrprpM'nlunt le» gulorir«.
m m, K)(i n vi'ii 1 1; xix
La \'i>liii>l(' jirisr sur Ir Jhil on les .\uils de Paris, jolie crili(|iu' miMéc d'aiiccdolcs
cl davcnlurcs galaiilcs du l'alais lioyal, par (Ilisin (i8i5, in i8 de ii'.G pages).
[Figure rcpiéscnlaut une parlie fine dans une maison à la mode.]
Lrs nymphes du l'a lais Royal, leui-s iiururs, leurs expressions d'arrjol, leur élération,
relraile el décadence, par P. Cuisin (181"), petit in-12 de ici pages). — [l,a figure
oblonguc ropréscnle la Porte d'enln'e du n" 113.]
Le P(d(ds Hoyid en miniature, par un amateur de ce séjoui- délicieux (r.Sid, petit in 12
lie I iG pages). — [Descri[)liou des l)niili(|iies, des cafés, des restaurants, des jeuv
publies, etc. |
L'OI)serraleur au Pul(us- lioy(d, ou chacun son iiai/ucl (iSiy, in 8''). — lîihiidlliècpie
nationale L i. .'xu .
DupiN : l'iiuis relatifs au Palais Jloyat et discussion des tpieslions (pi'ils oui l'ail nailic
au procès entre S. A. R. M^" le duc d'Orléans et le sieur .Iulicn, 181N (avec plans
des jardins et palais en 1780, 1784, 181/i et 181S, et reproduction de rélévation
géométrale des façades des maisons construites par l'arcliitecle Louis sur le
jardin et les rues).
Le P(d(ds Royal ou les Filles en bonne fortune, coup d'œil rapide sur le Palais Royal
en général, les maisons de jeu, les fdles publiques, les tabagies, etc. ( i8i(), in 8°).
^'énus à l'encan, ou les Bolirarie/iues du l'alais Roy<d en ISIU. Ébauche badine,
critique, semi morale..., par Clisin (i8i(), in iS de i().S |)agcs). — [iMgui'e repré-
sentant des femmes tondant des moutons].
Le Palais-Roycd, ou Histoire de M. Du Pcn-mi (vers iSxi. in S' de i()> pages). —
|Héunion de morceaux littéraires du coude de Siîutu, C. Dei.avigm;, Delphine
(i\v, l)i:i,vTOLCHE, etc.]
Réclamation adressée à S. Ex. M9'' Delaveau, préfet de police, par Modeste .\g\ès,
patentée, exerçant au Palais-Royal (uS.n, in 18 de 12 pages). — [Au sujet des
mesures de répression demandées par les marcliands du Palais- Royal contre
les filles.]
Biofjrapinc des Jtymplics du Palais Pioy(d et autres (juartiers de P(U-is. par Modeste
Agnese (sic) (i8-2'.\. in iS de 234 pages), par .M.vuco Saim-IUlauie. ^ [C'est une
physioloijie générale des filles de Paris. |
Le Petit Diable boiteux, ou te Guide (uiecitotiijin' des élrau(jers à Paris. ])ar M. "* (1823,
in 1 ■' de 213 pages, aux Galeries de bois). — [Voyez le chapitre \1\ sur lesGV(/cy/o'
de Ijnis et le clia|)ilre sur le ISumcro Jl.'!.\
Abniinach du Palais Rnyid pour l<S-?'i. orné de notices sur les artistes dcmemanl au
Palais Royal el (Imms les en\irons, d'une revue succincte des si)ectacles, diver
tissemenls, etc., par Albert Uindix (iSyl. in-i8 de 288 pages). — [Orné de deux
figures de Couelii'- fils, reprc'sentant la pl.ice du Palais lio\al et le jardin.]
Dictionnaire anecdotùjue des nymphes du Pahds-Rityal el autres ipun-ticrs de Ptn-is. par
un Homme de bien (182G, in 32 de la/i pages).
\ V L K P A L M s - It < I ^ A L
l.f fiilais Hoyiil. |Krmiu- (Paris, iStd. iri-i.S». — Hibliiillièqiio Caniavalil.
Almiifuich hislorit/ue et eomint-rcial du PtiUiis-Hoyiil. ou /<■ Coiiduclfur de rétiitiujcr dans
rel édijicf injur l'année IH'27. (Paris, iHa;, i vol. iii-i-J, fig., loo paires).
Le l'iiliii» Hoyal, par Foxtaink (1839, in- 4'). — [Cet ouvrage coinpicml uiir iiolicc
hisloriqut', i-xacle pour tous les travaux exécut»'-s par laulciir. architecte du
l'alai* Hojal au coinnu-iutineat du xi\' siècle. Il est accompagné de tio plaudies
repri'>ciitiiiit divers plan> du Palais Hoyal it (piihpics vues intérieures de l'époque
de lu publication.)
l'étUinn des Jilles itublùiues de Pnris à M. le l'rrfel de i>olice nu sujet de l'onlonnance
qu'il vient de rendre leur inlerdisunl l'entrée... ilu l'nliiis Hnyid (1800. in 8°
de 7 pages).
J. \ ATot'T : .Solices hislnriiiues sur les tuhteuux de lu galerie de S. t. II. M"' le duc
d'Orléans, description des |)eintures réunies par Louis Philippi' au i'alais avant
l«3o (i8jÔ et iS;Ui, /| vol. in-S").
Plainte et révélation nouvellement ailressées jHir les Jilles de joie d>- Paris n lu coiif/rr-
galion..., précis historique contenant les hauts cris des n\uipiies du Palais Itoyal
(i83o, in S" de i3.S pages).
Scènes de jour et de nuit au Palais - lloyal ou Talileau fttw soirée des délices cl îles périls
de ce séjour eneh'inté. Paris. iS.'Jo, 1 vn|. in-iN, lig.
Sffirées joyeuses et ijalantes du Palais lloyal et île ses environs, par M. hk S\iNr
L\tHK^T, témoin oculaire et hahilant 1 <• dc'licieuv séjour (1833, |i('lil in 1 •>
de iV> pages).
Paris ou le Livre des cent et un[ xS'SiiHi'x, lôvol. in 8). — |No\e/,iiau> le tmiic \\,
le chapitre : le I'alais Itoyal en 1(170, pur Jules Nn:i..]
Souvenu Taltleau de Paris nu \i\' siècle (|83'| iS.I.'i, 7 vol. in 8"). — (\ oyez dans le
loinv III : le Puluis lloynl, pur (^jiii>r.t.i>:ii |)ki.vnoi r;.|
The Xmeriean in Paris, h> John Samikhm» iPliiladcIphial. i83<), •> vol. in i>). —
(Noyé* l^llrc l> : le Pulai»-Uuyul, les Mille tiojonnes. \ér\. le Dîner IVauçais,
U (ialeric irOrléun», elrl.
Jolis jt^eltét des nym/ihes du Palais lloyal... (i83i), in |S ,|,- tM\ pages). — [Très libre
et Irè» insignilianl.]
Physiologie du Palais lloyal. par I llomini- .1 l.i |(>n;;iic liarhr; si|||,,ii,.|i,. pj,r
SJMtfHn (iH^i).
I.e hialile #1 Pnris (|HV'> iH^fi, t »ol 1, omnigc prt^senlanl le lahlean conqtlet de la
vie privée, puhliqur. |Miiilique, cle.. par (ieorge S»>n. .Sniu. Nook^h. cir.
|\oye/. don* h- tome I. h- chapitre ; Diin* iv jardin du Palais H">al. par Oclaxe
FRiitl.r.-|, usvc 't vignelli-ii de llrnTtii, page 3j3 )
Lrs Myslèrra du Palais lloyal, pm -ir l'.od Konr.iiT (iM^'t, -i vol. in 8-),
Le Pannruiiui industriel de Paris : Le Palais -Hoyal. To|Migruphie ancienne (i8.'i5).
Kl III. 1 OGU \ l'il I I
/.(' l'dliiis Itnyiil. souvtMiii's liisl(iii(|iii's des rt'sidciices royales, par,!. V-vrour, l)ibIio-
tliécaire du roi Louis IMiilippe (i.SoM, i vol. iuia). — |Bien (jue \ aloiil ail eu en
mains une partie des archives de la famille tiOrléans, il ne s'en esl j)as servi
|)(iur écrire ce voliimp. qui esl tnil jx'n dcsciiplil. j
(Jiiincr nus à Paris, par f.liarles uk h'oiisrKit (iS'jS iS'iç), ■> vol. in S"). — [Contieiil un
chapitre curieux sur le Palais-Hoyal. |
Le Pdhtis lioyal, par houis Lrui>E (iS,"),")).
Du Paldis- Royal ri des moyens de lui rendre son ancienne splendeur, par Lev.\i.lé
(icSi'i, in-V).
Tiildeaa de Paris, par Edouard Tekuîu, avec illustrations de Cham, Gavarni,
Eug. Lami, Horace Vernel, etc. (iSôa). — Le chapitre VLVIII, tome II, est
consacré au Palais-Royal.
A. Delvau : Hisloires aneedoliques des eafés el eabarels de Paris (i.S(i'>.)
Lefeuve : Les Galeries du Palais-Hoyal (iSC)3, hroch.).
Le Tableau de Paris. Histoire, description, pliysiolofiie. Texte par les éciivains les
plus renommés (w'^Cly, iii-'r). — [Le cluqjitre sur le Palais Hoyal, junliii el
galeries, est d'Aug. Nillemot.]
Les Galeries du Palais-Royal, par Georges Duval (1S76.)
J. Bevl joint ; llisloire du Palais-Royal el de ses Galeries (i vol. iii-S" de 71 j pages,
vers iiSj'i). — Récits aneedoliques sur les personnages (pii iiabilèreiil le Palais-
Royal.
Paris à travers les âges, par Hoffuauer (1875-1870, 2 vol. in T). — Contient une
livraison sur le Palais-Royal, par Edouard Fouh.meu, qui est la meilleure élude
publiée jusqu'alors de ce monument.
Gustave Sandoz : La ('.hancellerie d'Orléans (1 vol. manus., 18S0, avec photogr.)
Les Chroniques du Palais Royal, par B. Saint-Mauc; el le marquis de Bouhonne (1881,
1 ^ol. in i8j. — [Compilation résumant sous forme d'entretiens l'histoire du
monument et des principaux personnages qui y vécurent.]
llisloire el deseriplion du Palais Roy(d et du Théâtre Franrais, ])ai- W ilbiod ( .11 miuol
(i883, broch. in-8"). — C'est un tirage à part de l'élude tpie M. Chabrol, (pii a
été longtemps rarchitecle du monument après son père, Pros])er Cli;ibi(d, a
publiée dans l'Inventaire des richesses d'art de la Friniee.
Victor Naual : Le Palais Royal (i885, broch.).
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<» L'iMnitHfMI; S4TI0!IALe
DU CARDINAL DE RICHELIEU
A LA RÉVOLUTION
T. I. LE PALAIS -npYAl.
LES A H M E S DU G \ Il D I N A L DE II 1 f : M E H E L"
(Composition allégorique Je Cli. Lebruii peinte au P.Jais - Ciriiin ilj
CHAPITRE PREMIER
LA CONSTRUCTION DU PALAIS-CARDINAL
(le^';- 16.39)
Le goiU du cardinal de Hicliclicni pour li's bàlimcnts. — Di'S sa jeunesse, il aime le faste. Aménasenient de son
évèché à Lueon. — Ses divers lo<ris à Paris jusqu'en iGa/i. — Acquisition du château de Limours. Ses maisons
de campagne. — Aussitôt ministre, il aclièlc le vieil holel de Rambouillet. Ce qu'était alors le quartier Saint-
Honoré. Liste des immeubles et terrains acquis par Richelieu pour la construction «lu Palais-Cardinal.
Commencement des travaux. L'arclulecle Le Mercier. — Phases de la construction. Richelieu au Petit-Luxem-
bourg et au château de Uucil. — Le Palais-Cardinal donné au roi Louis XIII, en i636. — Aclièvemenl des
travaux, iCîii.
V. rnrdiiial de llichclieii aurait pu dii'o ce que Louis XI\ ,
à sou lil de mort, confessait, assurc-t-on, tout bas: «J'ai
lop aimé les bâtiments.» Toute sa vie, eu elîet, le fjraïul
minisli'e, queicpie éei'asaii!(>s (lu'aient été ses |)i'éo('eu|)alioiis
politiques, se laissa aliei' à ce «i-oùt de hàlir (pii semble im
des traits île son caractère i-t liui des rares plaisirs (juil
se soit permis. Sans doute on peut y voir la mar([ue de ce puissant esprit
qui faisait grand eu toutes clioses, et pour qui construire des palais était
encore faire amvre d'iionmie (ri'ltal. Mais cette explication, cpii \ieiit naturelle-
ment sous la |)lume de riiistorieri mi [x-ii (•bloui par ri'clal (rime telle ii;;iu'e,
ne fait pas assez la pari des pcricluiiils personnels ipii (L'Icrmiiieiil eu somme
la plupart de nos actions, même celles des honnnes les plus illustres. En
réalité, il semble bien que ilicbelieu ait cédé souvent, dans sa fantaisie île
^ l.K P M. VIS- UOYAl.
loiijoiirs conslriiiro ot ilo s'aim-iia^'L'r ilo Iiimkhisos (Kmiiouics, ;i uiio petite
faihk'ssc. à un soiitiineiit de gloriole et d'osteiilalion qui était au fond de sa
nature, qu'on retrouve en lui à tout instant, et que sa prenuère édutation
au|)!vs de sa uù-iv. dans le petit castel patrimonial du Poitou, n"a\iiit lait
que dé\elop|R'r. en inqMJsanl ee but pivris à sa Nie: relever à tout pri\ le
pix*sli;.'e et lu fortune de sa famille.
Pour bien compix'ndiv eette tendance de son es|>iit et ce lK'S()iii de |);iraîlre
qui fut toujours chez lui un sij.'ne caractérisli(|ue. il ne faut pas seulement
é\iKpier le souvenir des uionumentales constructions qu'à l'apogée de sa
carrière il fit ériger, telle (pie la Sorbonne où devait être son tombeau, ou bien
le cliÂleau de ses ancètirs, à Uicbelieu. réédifié sur des plans grandioses et où
il engloutit des sonunes énormes, ou encore le Palais-Clardinal doiit nous
allons retracer l'Iiistoiix'. Il conxieid surtout de se représenter le l'ut m ministre
il s«'s débuts, tandis (pi'encore enfant il essavait de dissimider sa pénuiie de
gentillionnne provincial sous des dehors d'appaiat, ou cpielcpies aum'cs plus
tard, alors ipie. son r<ile politique conunençanl à se dessiner, il lr,iliipi;iil son
évèchi- de l.nçnn et empruntait sm- gages pour acheter la pioprieté de
himours qu'il revendait bienl<'>t pour la renq)Iacer par celle de Kneil, plus
fn.stueUiH?. Ce goùi naturel, nous ne (liions p,is pdiu le hi\e, mais |)om' ce (pii
fait de l'elTel, se confondait -il chez lui avec les calculs de l'ambitieux précoce
(pii sait tout ce (pie vaut un eviéricnr brillant:' Le tenait-il tout simplement
de »on |H're. Fraïu.-ois de l\ichclieii. (pii. grand-préviM de France sous Hem i 111,
geiililhomine de Ix-lles manicres et de bonne mine, avait toujours vc-cii à la
cour avec sa famille, y menant la large existence (pie cdinportail sa situation?
(loin est |M>ssib|f. Son |m'iv était moi! jeune, laissant veuve à Ik iili'-ipi.itie ans
une femme (pii l'adorai! . avec la charge de cin(| enlanls : deux lilles et trois
fiU dont le plus jeune, Armand, avait à peine cin(| ans. I,a mère de Uicbelieu,
douce et iKHine civature, était une fe:nme de sens feinie. N'avant guère
ir<iiiln>^ biens i|ue la tern- de Hicbclieu, dans le i'oilou, et divers petits fiefs
ipii étaient d'ailleiii-^ grevés de charges, elle n'hésita p.is à ipiitler Paris pour
«lier n'y n>fiigier. \ fnice de soins et d'écoudmies. avec l'applicalioii iruii
n'-git-M-iir, pn-viiyanli- et avi-.-e. elle >nt inelire assez, d'ordre dans s,. s all'aires
|MMir donner ii <m-^ (îN une x.lide in>ttniclinn et les élever dans l'ide»- (piil
leur falliiil retlniin-r l'edal de leur blas,.n. Cli.nun d'eux ;iv.iil son r.Mi-
d«-^igné. 1,'ahié. Henri, irait ii la cour où le souvenir des services rendus p.n
le |»'Te lui devait a»Hiirer une prompte situ.iliun. I,e c.nlel, l-'raïK.dis, aurait
l'é^rilH' de |.iirnn iloiit mie niilniinance i. iv.de de II. ml ||| .,v.,i| ,|isp,,s.- en
f.iveiM de lu fainille lie Iti. belieii. (hiani ii \iinaiid. il piendi.iil la c.ui itre des
arnie«. «mhi- le imuh d<- mai(pii<. du <:billou. I,e pn.gii.iiime s'.iccomplissait
t. \ roNSTlurririN nr r \r, v is-r \ni)i \ \ i. 5
.liiisi. et <l(';jîi le jt'iiiu' \iiiiaiHl s'cxcic.iil (li'|iiiis un an an nu'lii'r inililairc
dans la l'aniciisc Acadc'niii' de M. de l'invincl, li)is(|n(' son l'ivic Franrois, par
coup do tôto, déclara ([n'ii renonçait ;i èlrc ('sèciue de Liicon cl ((n'd vou-
lait se faire moine. (Ti-tait la iiiinc ponr la raniillc à (|iil allaient désormais
échapper les rentes (pie lui \ersaient depuis lôS'i les clianoines de Luçon,
non sans se l'aiie tirer l'oreille, car ils ('■taieid las d'altcudi-c depuis si
lon^lenips leur (''\è(pie. Madame de Uiclielieu, an d(''sespoii-, conjui'a sou fds
Armand de (|iuller Ic^pée pour la soutane. Celiu-ci acci'pta. I,\''\ccli('' l'ut sauvé'.
Si uous rappelons ces ori;^iues du futur cardinal, cesl poiu- montrer
coudjien elles furent modestes v[ pour bien uiarcpier le d(''\eloppeiuent ^r-aduel
do ce côté do son caraclère (pii le porta tout de suite à faire parade de plus de
richesse qu'il n'eu possédait. Ainsi, à dix-sept ans, an moment où il faisait
SOS éludes de théologie au collège de \avariv, gi'àce à la géu(''rosité de son
oucle Amador de La Porte (|ui pourvoyait à sou entretien, on K; \oil. dans sa
situation précaire d'étudiant, alVecter mi certain traiu de maison : habitation
il jiai't, préce[)t<'ur, \alet de chaïuhre. laipiais '. l'aiiui ce pi-rsonnel se tromait
di'jîi Le Nhisle, ({ue uous allons relrou\er, au Palais-Cardinal, secrétaire de
i\ichelieu et sou homme de couliance, a\ec le litre de |)iieur (l(>s Hoches'. De
luciiie, lorsqii'en i(io(> il alla en Italie alin d'obtenir du pape les dispenses
nécessaires pour se faire nommer é\èque de Luijon (il n'avait alors quexiiigt
et un ans"), on peut croire ipi'il ne se fit point faute de paraître à la cour de
I. (iiiiiiicl IUmitaix, llisluirr du ninliiiiil '!,■ Iliihriicii. I. I".
a. Mi'iiiiiires de Claude Courlin (riiamisciil de la Uil)liolli((iiii' de I" \is<Miiil. l'oiids Coinanl. il" '|(i-'>".
folio 2C8). — Voir aussi Hanotaux, llistnirc du cardiuid de llicliclicu. t. I", p. 78.
3. Tallumam- des Uéalx. Ilislorietlf du cliancdirr Si'yuifr. I. III. p. '>.S.
6 I.K !• \I. \1S- KO Y AI.
RoiiK' 011 biillaiil i'-«|iii|)a^'i'. Il emporta lU- son roml si'jour dans la \ille
t'IoiiiolU' une inii)i«'ssion (ini ne s'elTaça jamais. 11 admira la lenno ponipousc-
de cflU- lour lumaini-, les riilios palais, les merveillenses rolleelions dohjets
«l'ail. Il- liixe des cartiinanv dont il ie<;nt un llallenr accueil, les lkirf,dit'ï^e, l^'S
<;i\r\, les Joveuse. et il est eeilain (pie sil montra, qnelqnes années plus
lard, une passion si \i\e pour les marhivs rares et les peintures tpi'il Ht venir
à grands frais d'Italie, c'est à ce v<nai,'e qu'on doit ralliilMicr.
.\ussi. lorsque, jeune pivlal de Ninj^M-liois ans. il est installé dans la pauvre
inuison do l'éxèelié tie Lucon. « le plus Nilain é\èclié de France, dit-il lui-même,
le plus enitto et le plus désa^Mvahlo ' . » quel déplaisir il éprouxe à en constater
le dénùinenl. et eomme il se hâte d'en relever l'aspect. Il a à |)eine do quoi
\i\iv et il prend un fjontillioinme pour niaître d'hôtel. Son installation est
|K)ur lui un ^jrand souci. Il si- pnjcure un mobilier de réception, de la vaisselle
plate cpi'il fait \enir de Paris, des domotiques faisant lif,'ure. c Je suis jj:ueu\
comme \(>us sa\e/, écrit-il à une \ieille amie. .M"" «le nourj.'es, mais toutefois,
loi'sque j'aurai |)lat d'argent, ma noblesse en .seia fort relevée'.» Faire li{j^ure.
c'est Ih où se reconnaît la pointe de \ainté du jeune éxècpio dont rinq)atienlo
audiitiou s'aecoiumiHlo si mal du st'juui- ii Luçon. qu'aussitôt a|u°ès l'assassinat
de Henri I\ il ne songe plus (pi'ii aMiii- ii Paris ini lo^'is à lui, |)om- y venir
do temps ù aulit; obser^er de plus pn^s les é\énements, taire sa cour à la
ri'ini' et .saisir sans ivlard l'occasion (piil attend. <( Klaiil un peu jrloiieuv.
é«-rit-il encore, je \oudrais bien, étant plus ;i mon ai>-e, paraîlie davantaj^e. ce
«piejo forai iniouv ayant mi lo;.'is îi moi . » (le lo;:!-.. il li-tai)!!! me des Mau-
\aiscs. Parfîtes, qui rejoi;:nail la rue des La\:mdière« el la rue des Miiurduniiais:
elle a disparu lor» tie la construction do l:i rue do Uixoli. Il s\ in-la!la di liiii-
li\emoni au mois do mars tliili. Dos ce moment, il ;nail le titre d auiMi'niiei'
do la reine Mario do Modicis. de consoilli-r d'Klat, a\ec den\ mille li\res de
Iraiti-mont i-l six mille frimes de pension. cliilVn- <onsidérablo |)our l'épiupie^
où lo?t plus liauloH cliar;,'es élitieiil n'-tribui'-es plus en piivilè;.'es ipi'en ce ipie
nous npiN'IdiiH aujourd'hui appoinlemenls.
(l'était la première i-lape de .sa rapidi> ascension. Le coup de théâtre de
rn.H.HaH<tinat du inariM-hal tl'.Xncro faillit l'arrèlt-r net en son élan. I''\ilé' à
Vxi^'iion, il a .si jx-u île ressourcis. quil est oblip- d CiiiiinuMi i trois ou
ipialn- uiillo i^iiH il un pau\re lioumie nonuné Mulnl. qu il li| plus tard
(iiaiiuiiic de la Sainte ( li.i|i.||ei, .Mui.s bionlùl il nprend l'cs-sor dans lequel
■ f lUpUmmUiiuf •/» ninliiuil ilr llUhrtieu, I. I". p. 7',.
l (.( U iiiiitulr it •>i>l4iittMiHr, llllill<iUin|iip iialloiulr. foiiiU llalu<r, 11" H, 9. fulio 71.
1 TtLt.KM*«l liK« llmit, I. I". |l. 1^
LA CONSTIU CTION 1)1 l'Ai. A I S - (; A H I> 1 N M. n
il ne (liiil plus s'iiiTÔtcr. Hciiln'' ;i la CDur eu i(>ij), [ii'oiim caidiiial en ifiaa
ot cil possession de la laveur ro\ali', il est ajipclé au (ioiiscil par l.onis Mil
le 9 axril i6a'i, et noniuié ininistrc.
Il n'avait pas attendu ce lilic pour donner satisfaelion à ses peiiclianis
d'opulenee et ii Tlunueur (pii le pouss;iil à clian^^cr fn-cpieninicnt de dnniieile.
{'.M- n"oid)lions pas cpie ce cpie nous éludions ici en Kicliclicu, c'est unicpicnicnt,
pour ainsi dire, le « propriétaire », l'iiounne d'int(''ri('ur, le collcclionneur,
l'acquéreur ou le eonstruct(Hir (riiabilatious di\(>rses à la \illc cl à la cam-
pagne. 11 s'essaya à plusieurs reprises à ce r(')le a\aid l't'dilicalion eouiplète
du Palais-tlardinal, cl il n'est pas inutile de le suivre à ses débuts, eu
constatant l'agrandisst'nieid progressif de ses ressources, de ses besoins, de
son genre de vie.
Dès l'année 1G2.S, le cardinal, cjui jusqu'alors n'avait guère été en situation
de s'oiîrir une demeure coûteuse, acquit pour /|00,ooo livres du cbevalier
Louis Hurant le cbàteau de Limours, près Paris : il aAait été bàli jadis par
François I" pour la ducliesse d'Ktampes et avait été babité plus tard par
Diane de Poitiers. Hicbelicu, (jui aimait à passer la saison d'i'té sous les
verts ombrages et dont la santé iVagile a\ait besoin de ce s('joui' reposant,
montra une joie d'enfant h se rendre maître de cette propriété dont il parle
à ses amis sur le ton du plus vif enthousiasme. Le i/i avril iGa^, il écrit à
M. de Kou\ille, gou^erneur de (Ibinou :
... Je ne puis que je ne vous die la folie que j'ay faictc d'achepler Limours,
eu vendant Anssac et ma charge de grand auhnosnier. Vous m'en hlanicrés peut
cstre, mais les clioses qui sont pour la santé d'une personne ne doivent jamais
estre estimées vrayes folies... '.
Ce n'était point assez, pour payer Limours, d'avoir vendu Anssac et
sa charge d'aumônier \ Il lui fallut encore céder l'évècbé de Luçon à
M. de Rragelogne, doyen de l'église Saint-Martin de Tours, dette vente ne
lui donna pas d'argent licjuide, mais lui assura un revenu île i a, 3oo livres^.
Klle eut lieu le iq mai iGa.'L Kichelieu se mit innnédiatcment à faire les
rc'paraiions indis|M'nsal)les à son nouveau château, et il en avisa avec complai-
sance sou ami Boulhillier. « Le lieu .sera honueste, dit-il. Au reste, tant s'en
fault que la maison soit triste; qu'elle est fort gayc au beau temps. Vous le
1. Correspondimcc, t. VII, p. 'lu'i.
2. Il céda ceUc chaifrc à rcvrqiK! d'Alel, Élicnne de Polvcrel. Une lettre du cardinal parle d'un
ri'ci'pissc de .So,ooo livres qu'il faut retirer de celui ci. Cette somme de 3o,ooo livres représente-t-cUe
tout le prix de la charge.^ Probablement.
3. Sur la prébende de Saint-Martin de Tours, l'abbaye de Sainl-Vast et l'évèclié de Luçon,
voy. Currespundunce, t. VII, p. 53o.
g LE PVLVIS-KOYAL
ju-c-n-s :, la pri'inièri- m-u.-. apivs l.-s n'ixnalions. dans (luafre mois.» C'est
ranhil.Hlf Salomoii de Caus «iiii lut .hai-r»'- di-s Iranslonuatioiis h opérer
à Lim.mi-s. ol «o fiiri'iit xraiseinl.laMeiiuiil les deiniirs liaxaiiv de cet artiste.
i-ar c'est sa veiixe qui loucha le nioiilanl du uiéinoire louriii en iO>(; par
son mari, ainsi qu'en lénioi^nie la (|uillan(e suivante:
1616. — Damoisclle Ust.r Picarl, vcufvc île iVu Sidouion de Caux, vivant ingé
nieur et archilccle du Hoy. denieuranl à Paris es nuucls, au Temple, rue de Poiclou,
confesse avoir receu de noide homme maislre Lemasle, intendant et secrétaire de
la maison de Monseigneur le Cardinal de Richelieu, la somme de deux mil
huil cens quatre vinj,'! dix huicl livres contenu au mémoire et estât ey devant
esrripl et pour les lauses y mentionnées, dont quittance. Faict et passé à Paris,
l'un mil six ct-iis \int.'t >i\.
l']sTi:n PicAUT'.
Ouaid à raniéna^'enunl int.ri.iir de l'iialiilalinii, il dut rire tort hixiieux,
2i en ju^'er par les quelques indication- tpii nous s. ml rdiiinies dans les
comptes de tlrpensi-s du cardinal. En iGjô. (•■.-( If peintre Nicolas Ducliesne'
qui y diN-ore la cliand)re rés.iv.',- ;i i.onis \|||, quand il plaisait au roi de
rendre \isile Ii son ministre .
l'IiiH. lu chandin- du \\<>\. tmis Iravécs cnriciiies d'or, avec cartouches de
reliefs il.irés. à fond dazur it hl.inc. et les tVi/.rs tonltes de relief avec consolles,
carli>U(-hes, et le dessoul/ des pnullres tout de relief avec festons dorez à fond
d'a/nr el hianc : aun livres
IMu-», pour les deux ;;raiiiles li;,'ures (pi.' j'iiii a |)iiiict de lilanc de [dcimi) à
huille, «pii siiiil les frontons au eliasleau el telles (pii sont sur le portail du
Jardin : iti livre».
l/ann«'f suivante. <-'es| le maître menuisier du cardinal, ii Pari-, (pii
travaille à lamours cl y scidpte les corniches d'une ^ralerie :
l'lu«, en la Koh'rie, j'ai fait -J."? «-ornii lies pour li-s portraits des rois el raines
l'I auoni II'» «•nehas^iires de don/e porirails de princ(>s el seif.'neurs ponr niellic
alentour du roy et di- la revue •.
Kn même lenqis •> l'ami Itotilliilller » l'iail char;.'i'' de xeiliei' aux dt'tails
(le l'iiitlallalion tpiand h' maître ne pouvait le laire lui- même. Il ('-crit le
8 «rplendin* Hiili à celui-ci :
Je VOU4 prie. n'Il ne peut, faire oler un husie dn roy (pi'on a mis an passaye
I. Ikm-ummlt fHMir tfnir .1 r;,,i(.iiv ,1. III.IA-Iùrn, rlli'. pir Hiiiim:. I l\. |i. '.iS. iliiprés
rin<rftUtri< tir» |Mp)rr« .1 1 |.«. M,n|i<, inii-iir t\n Itorlics.
I II ««aU Ir nirr il. Mil- Xhlilrilc Mnlk-U.
J. /kj^HM/nl* p»Ur $rr,,f , . ,.,,,..,, r .,r i li;r, hifU, clli-s |UI IIhuIIK. I. IV.
|. Ibtd , I. |\. p 199
LA CONSTHLCTION Hl l> A I.A I S - C A II l> I
I.E CAllDISAI, DE KICIIEI.li:!:
lU'jpriJi un des potlrails de Pli. de Clumpalgiif, grjvO par N.iiiliuii tu if;;)
de la poric di- l.iiiioiirs, entre les deux statues du Hoy et de la Revue sa mère;
car, nuire (|uil n'est pas bien fait, IJrard navant pas la main couiuie Berlhelot,
il est destiné pour être à Richelieu avec un autie buste de la reine sa mère, et
je fais faire un Roy en grand et en Mars de la même main de Rerllielot pour le
T. I. Il: IMI.MS-IIOYAI.. ,
LE PVL\IS-RO\AL
meltre dans la croisée élevée entre le roy el la reyne sa mère. Quand vous en
verrez linvenlion. vous lapprouvercz fort, jusque là que vous vous entendez
assez mal en bastiment pour ne la comprendre pas.
Voilà donc Uichi'Uc-ii. ;\iu>i (luo nous l'apprenti ntto lottrc. nioiiaut dt'jà
de front trois ou iiuatre con.struclions à la lois. Il n'y a pas encoro di«u\ ans
qu'il est ministre et il soii;.'o à relever le château de ses aïeux dans le Poitou;
il y envoie des œuvœs d'art, tout en endH-llissaiil Linioiirs el en jetant les
fondements du Palais-Cardinal. Au surplus, ce Limours qu'il vient à jaine de
disposer à sa convenance et dont il a fait l'acquisition avec tant de boidieur,
il ne s'y plaît plus une fois terminé, et c'est successivement dans tous les
en\ irons de Paris qu'on le voit clnuiue été chercher une villégiature qui
lui agrée davantajfe ou soit plus favorable à sa santé. En i()a5, il se transi)orte
alternali\ement à Courances près Fontainebleau, à Dampierre, à la Saussaye,
k la <» Maison Kou-re ». très belle habitation qui était au bord de la Seine,
presque à la sortie de Paris, el derrière la(|uelle jjassait le Cours-la- Heine.
C'était la pl.iiic r;nnpaj.Mie alors. Le canlin.il \ alla à plusieurs reprises.
Il acquit au^si, à cette même date, à Fleury. un cliàleau qu"a\ait fait bâtir
Ctime Clost, •;frand-nuutre des eaux et forêts sous Henri 11 : il était >ilué a
douze kilomètres nord-<Micxl de Fonlaincbleau, c'est-à-iliie à iiiiaïaiilc- huit
kilomètres tie Paris', (l'est dans celte maison que dexait ètii' exécuté le couq)lot
tie Clialais cunlre la \ie du cardinal, en mai iti-jG.et c'est à partir de cette
éiKitpif quf II- ;.'rand mini>lii' cul imh' garde (•omp(>S(''e de ceni luuiuin^s à
clie\al. «pii. piti" la suite. s'ac<-rut jn<(prii cin(( cents hommes, niousipielaires.
f^endarmes. che\au-li''gers, etc. I.'amiee sni\aide. en itiuy, nous le trou\oiis
à Siiint -(iermain-en-l.a\e. dans une mai'-uii louée ('S idenniieiit poui' U'S
iM'caHiiins où son serxice r.qipelail aiq>ivs du roi'. Il Unit par xendre Limoins
au «tue d'Orléans (rois cenl mille livres de plus (pi'il ne lui ax.iit coûté : cela
couxriiil II |MMi près |e<. dt-penses (pi'il > a\ait l'aile-i. Les •«plcmliile-^ jardins
de Itueil allaient bieiit<M le dedonunagei :mq)lenii'iit de cet abandon.
A l'.oi>. Uielielieii axait quitté depuis nu certain temps son domicile de
la rue des Mauvaises- Paroles; il s'était logé place Uoyale. dans un In'ilel ' situé
h l'angle gauche, du ciMé de la rue Saint-Louis, t-n face <le l'hôlel .Saint-
(iéraii. et nîi il nvi-vnit avec inrmimenl d'am.diilili- une brillanle société de
p-n<t d'esprit et i\r femmes charmantes ipii tV< ipientail llxMi 1 de Kambouillel
I i,„rrn(taiuiitnef dtptomiil uiuf . I. II. |i. i^i ri ?.ts
> \ntr t« rniilrat il>* l>iiia||r cUiit Ir* luiilrr* IjUw« \ht I.0 M.i«!iv l^i iiiaiviii ('-lail luiu'-v aiiiiiiul-
lrm«nl ilcm rnil» ll«rr« IniiriinU — Ik^-umfnlt /«mr «ri'tr >t l'hliluirf ilr lUtUfllHrii. t. I\', p. 3i>o.
3 t^Miilr ut HtM^cti ' \«K«t.<r, /./i Imchrêêf i/° (ii/ui/dm, iHAj, lii.|M, p \t-, i'^-i \\{\W\ lU |)nr(io de
la «iirraiwtixi ilii carilltul, ri aoii ne«ru et lii-rlllrr, Ir dur dr lllclirlîi'ii, \\ Icitlalln plut tard cii ili.'>ri.
I. \ DONSTnUCTION DU P A L A I S - T. A H I) 1 N M. II
OÙ Ini-iiK'iiio a\ait do bonnes relations. A celte épocpie, Kielu-lieii n'était pas
encore « l'Iioinine dKtat de ^n'aïui poids à pliNsioiioniie ^.Maxe (pie la Iradition
— par un procédé de siniplifieation trop aisé — ramène à un type unique et
consacré »', Ce n'était pas le faraud iniiiislrc devant (pii tout devait se courber,
à la « Une et sèelie fijrnre » peinte |)ar IMi. de (liianipaijjfiie, ni le « spliin\ à
robe roug:e » dont a parlé Miehelet. Il n'avait pas alors atteint la (piarantainc.
Quoique déjà fatigué par la maladie et les ail'aires, (pielquc cbose lui restait
de lair mililaire de sa ji'unesse. A le voir inai;,n'e el grêle, la mine intelligente
et soucieuse, la ligure allongée, mais assez pleine et non émaciée comme
elle sera plus tard, les yeux gris un peu ternes et cependant pénétrants,
voilés par de longues paujiières (pii s'abaissaient souvent à demi comme pour
un recueillement intérieur, les cheveux abondants terminés en boucles longues,
les lèvres mobiles, ombragées d'une moustache retroussée à la mousquetaire
selon la mode «lu teni|)s, la \oix tour à tour caressante on impérieuse, on
l'aurait pris moins pour un prélat — dont il ne porlail d'ailleurs le costume
([ue dans les cérémonies pnbli(pies — que pour un diplomate de cour à
l'allure souple el ea\alière.
Dès qu'il tut nommé ministre, Richelieu dut trouver son logis de la place
Royale bien éloigné du Louvre où l'appelaient à chacine instant ses fonctions
près de Louis XIII, el c'est alors ((u'il conçut la pensée d'aller se fixer au
quartier Saint -Honoré. Sa nomination au Conseil dale du ;) avril iGa^- Dès
le 7 septembre suivant, il faisait ra(([uisition pour la somme de 90,000 livres
du vieil hôtel de Rambouillel, qui ('tail à l'extrémité de là rue Saint-Honoré,
près des remparts, tout proche du Louvre, el que la célèbre marquise de ce nom
avait abandonné en itîoti pour habiter une autre demeure, moderne et confor-
table, ([u'elle-mème Ht conshiiire sous sa direction. Cet antique hôtel du
w" siècle, qui appartenait à Anne de Beauvilliers, veuve du conseiller d'État
de Frcsne, avait été pendant ([uelques années, vers lôSo, aux mains de la
duchesse de Mercieui-, ([ui possédait égalemeiil. à peu de dislance de là, h
l'angle de la ruelle des Bons-Enfants, les restants de l'ancien liôlel du conné-
table d'Armagnac. La veuve de Beauvilliers ne fil |)as une mauvaise affaire,
puisqu'elle avait eu pour .'î'|,r>o() livres, en iCioii, TIkMcI Uandioiiillcl. qu'elle
revendit 90,000 en i()'>'i ;i Richelieu.
C'était, dit le conilc de Labordc, comme dans toutes les aiicicinies liai)ila-
lions, un vaste ensemble de bâtiments ajoutés successivement les uns aux autres,
sans régularité au dehors, sans intelligence des besoins au dedans... Après avoir
passé une grande porte, encore formidable entre ses tourelles, quoiqu'elle ne fût
1. riabiii'l !l\Nc)i\i;x. Uisloire du cardinal de RichAifu. (. II.
2. Coiiik- uv. Laduiidi;, I.c Palnic-Maznrin, p. 55.
I ., 1. y, I' M. \ I !* - H t > ^ A I.
pas piccctU'e i\v poiilli-vis. ni rscoricc de iliaîm- el tlo leviers, on arrivait par
une voûte sombre à une porte basse qui donnait entrée sur lescalicr. De chaque
côté, des éteitînoirs pour les nanibeaux des escortes, des montoirs pour hucher
sur leurs selle-, hautes les cavaliers lourdement armés ou trop amplement costumés.
On montait aux appartements par des marches roides et étroites, enroulées autour
d'un pivol. et qui auraient eu besoin de plus de j<nir que n'en laissaient passer
délroiles lucarnes. Au premier, cet escalier en limaçon s'ouvrait sur un corridor
ou sur une vaste antichambre ouverte ù tous les vents comme à tous les venants,
vaste carrefour <pii tenait de la halle et de la rue. car on y commettait les mêmes
infractions aux habitudes de la propreté et aux récries de la bienséance. On passait,
par une porte trop étroite, ilans une seconde anlichand)re trop vaste... el Ion
entrait dans les appartements, les salons et la jrrande -jalerie, vaste salle de récep-
lion destinée aux fêtes qui se donnaient une ou deux fois l'an... Cette longue
suite d'appartements portail les traces du passa<;e île ces seigneurs qui « crachaienl
haut " pour maniuer leur rang, et se permettaient de plus grandes libertés pour
prouver leur indépendance. Mal éclairés le soir par de rares chandelles, ils étaient
glacés en hi\er. même lorsiiuuiu- forêl brûlait dans cet antre qu'on ajjpelail
une cheminée, antre négligé |iar les fumistes, mais dont s'étaient emparés les
artistes, pour sculpter les montants, les poignées el les énormes chenets. On
marchait, on marchait longtemps avant darriNcr à l.i seule chambre habitée,
quoi(|U°elle fût tout au plus habitable .
Cette licsiription. peu engageante mais \éri<li(|iu', de ces sombres el
ini|MJSaiites demeures du \V siècle. <(inime il y eu avait encore un certain
nondire dans l'ari> s.uis le n'-gni' tii' Lmiis Mil. iImiimc iiiir iilic du ciïnlrasle
«|u'à celle époque on tievait cunnnencer ii y trou\»'r entre la \ ie dautiefois et
les inu'urs nouvelles qui se i-ep.'ni(laii*nt sous l'inllnence d'une société plus
{Kllicé"»'.
Fut-ce dans ce morose et dilabre manoir de Handiouillel que le cardinal
s'inslallii au conunencenienl de Ihiver tti-j'i. ou bien cunlinua-t-il à habiter
la place lUiyale jusipi'ii l.i nTeclion de son nuuM.Mi logis.' Il est dillicile de se
prononcer à ici égard, car les docnnieids nous font nialheureusement défaut
qui |Miurraienl élucidei' cette question. I.a plupart des lii>|oriens aibnelleid (|u'h
ce Mionienl Kiilieljeu liabit.i l'InMel du Petit l.ii\end>nuig. qui .ipparteiiait :i
In n-ine Marie de Médiiis. (iida est possible', bien que Marii- de Mcdii is ne lit
rniieau ini lardintd de sa miiison du l'etit-l.uvendiourg que le tS juin itiuy.
ninti i|u'en téinoigne l'ncle aullientiipie de donation que nous avons retiouvû
dnn<t l'élude d'un des noltiires de llichelieu. ( iet acte de donation est inléressanl
il lire quand on rtonge qu'il ne pn-cî-de que d'un an la rupture violente de lu
• . <lii pi>««n|p. 011 rififi, |ilii%)<-iir< |i'-iiinl|{iuign miilriii|Minilii« i|iii iiiniilmil i|iic, il ri'Iti' rp<N|iic
lie lÙtJ if»r>, Hkliplirii a«4il un li>tl<'iiiritl su IVUI l.iivciiitMiiirK IUi!>«iiii|iiiTri-. |rir rvfiii|ilr, ili( dans
mn Utnftim . » Ix lA tiiai« tfnb, VI |p raitlliul tir lUrlirllru clanl lnilt<|M>v' an l'clil-l.nirnilHinrK.
!• r»i lioui coinnwiMb, k iiou« lrul< niarrctwui ilr I i«nrr, <!') alli-r |><jnr oiiiforei a«ec lui. ••
LA CONSTUL'CTION 1> U 1" A I, A 1 S - C \ Il II 1 > A I.
lA
rciiK' .uiT lo cardinal. Il nous donne aussi (|U('l(|ucs délails |)iv(is sur la
(iisposilion de l'Iiùlcl |)ar ia|)|ini( an ^nand palais du LuxiMuhoui';: ([uc Ncnait
dv faiiv élcNor la icinc cl (|u"('lli' lialiilail.
... Laquelle dame Heyue, est il dit dans ce document, mémorativc des {grands
et recommaiidables services de longtemps rendus à Sa Majesté par illustrissime
seigneur Armand Jean Duplessis, cardinal de Uichclieu, cl en considération aussi
que le dit seigneur cardinal avoit depuis quohpies an m'es en ça et qu'il rendnit de
i
m; CAHIUNAl. I>E lUCHELIEi;
(Face it revers d.- Ii miJ.ulle gravée par J. \Va
jour en jour au Uoy et à l'Klat, et voulant ladite dame Hevne aucunement tesmonier
la satisfaction qui lui en demeuroit et le ressentiment quElle en avoit en son
particulier, a volontairement donné, cédé, quitté, transporté et délaissé du tout des
lors et toujours par donation pure, simple et irrévocaide, faite entremise audit
seigneur cardinal de Richelieu, à ce présent et acceptant pour lui, ses hoirs et
ayant cause les héritages et lieux cy après déclarés assis au fauhourg Saint-Germain
des Prés, rue de Vaugirard; c'est à scavoir la maison dite vulgairement le Pelil
Palais de la Reyne, autrement Tholcl de Luxembourg, consistant en cour sur le
devant, petite galerie et trois corps de logis, parterre derrière clos de murailles,
le tout faisant partie de l'acquisition que icclle dame ileyne avait faite du feu
seigneur de Luxembourg, l'autre partie de laquelle acquisition est employée au
grand palais de Sa Majesté et partie d'iceluy, plus le lieu et place que S. M.
avoit acquis de M. de Lassy, huissier des rc(iuètes du Palais, en laquelle place
il y avoit qques vieux bâtiments que S. M. avoit fait abattre et démolir et y
avoit fait construire de nouveau un corps de logis appliqué à deux grandes salles
hautes et basses avec un g' escalier et une grande écurie et aultres bâtiments,
grande cour entre-deux, lesquels corps de logis et escaliers joignant et attenant l'un
des corps de logis du petit Palais, et ladite écurie et autres baslimenls étant lors en
ladite place, les dits lieux et héritages aboutissant par derrière au dit grand l'alais
I 'l LE PAI.AIS-BOTAI.
de S. M. ilaiilri' bout par devant à la rue de Vaii^'irard. diiii lolé au dit friand
Palais une espèie de lour au devant, parleno, entre deux, pour faire et disposer
des dits héritages et lieux par le dit sei-^'iieur cardinal, ses héritiers ou ayant cause,
comme de chose à eux appartenante, avec déclaration que s'il plaisoit au Uoy et
à ses successeurs Koys joindre et unir ledit petit Palais, maisons el baslinicnts
de nouveau faits el généralement toutes les choses cy-dessus données au grand
Palais, ils aient la faculté de le faire toutcsfois el quantes que hon leur sem
hlera en payant préalahlenient au dit sieur cardinal et à ses héritiers ou a\imt
cmse la somme de yo.ooo livres tournois, laquelle faculté ne pourra invalider la
dite donation ni préjudice à icelle, la dite donation faite el passée devant les
s" Parques et (iuerneau le -jH juin iGjy.
I.a i|Ui-<ti<iii (II- sa\uir m'i Kirln-ljeii li\a son ilomii ile prinhiiil (|ii nii
ciinslniisait sa maison de la rue Sainl-llonon' reste, inalj.'ré tout, un peu
incerlaiiie. (!e t|u'<in [teul «lire, ce (|iii |)araîl ressortir des (|ueli|ues lémoi-
j^nages épai'» dan* ii'* Mt'nioires des conli-iiiporaiiis. el en l'onlVunlaiil les dales,
c'esl qu'il se déplai .1 |dii»ieurs fois. '\\,\i{ d'.diord, il est pri>l)al)le <pi il voulut
utiliser ininii'dialtnient I JnMi-l ai (piis eu i(i>'i de la \eM\e de Fresne. La
preu\e, c'e*t qu'il se liàta d'\ faire l'aiii- un premier .inii'iia^enieid, roiniue
riiidiipie un compte de di'-pense, date de itifG, relatif ii la tléeuralioii de sa
eliandire par li- peiidre Diicliesne, el «pie nous lruu\ons dans les papiers
ih' son se^rélaire 1,<- M.i^ie' :
Parties de la despencc faite par moy Nicollas Duchesne, peintre, pour les
peirilures et dorures faictes pour Monseigneur le cardinal île Mii-liclicn en sa maison
«le l.imour el de Paris, jusipi'à prés«'nl «lixi«'-me jainier mil NI \\\ I. .
Plii<> la chainbrt- «le Mons«-igneur le «-aniinal en sa mais(jn ii Paris, img |)latfond
ciintinant «liiiv travées et demye, enrieli) «le «arlouches «lor avec enrieliissiment
dor, et ihux au\.dti-s garnies «le talileaiix. alentour «laullres tableaux où sont |ieinls
«le petits enfants, e.irtouilics u fi>n«l da/ur a\ec feslmis décore/: revlerd le tout à
la siimiin' di' Wiii n ni- li\ri'H.
'l'anili- qui' (■«•* lra\au\ l'Iaieid en cours, je c.irdin.d lo;:e;iil au IVlil-
l.u\iMidM)urg : Hassompi«'rr<' \\ \il ii «-elle t'potpir. Mais, cri i(i'i). Il l'iail
c«-rlaini-mi-nl inslalli- rue *s,iii|| ||,,|„,|,'._ dans s,iri li.Mil. (|iiil ipillla un
inoiiii-nl, III ill.'t.'t, p«iur fain- plaie aux iiiaioiis, ipiaml il pi il la iisuJuliuM
<!«• l'agrandir, (l'etl ii> ipn- «lé«l«re f«irnnlli'iii«'nl (Iiin l'alin. qui 111 il à
It^-lin. le 30 ninr» iti.'t.'t : « f.<- canlinal quille s.i maison de l.i me S.iiiil
lliiiiiin', où on >n lm<tlir piliMs.niiiii<-iit. poin iillei ilemeur«-r à 1' Vrsi'ii.il. »
Kn loul «ns, rr «pii is| c.-rlain. c'est ipi.' Itii lu-lieu ik' paraît pas avoir
roiM II loul d'.ilM.id II- projet lie la ctinslruction du l'alais-Cardin.d «laprès le
/ <r «i f'AMo4r<-rf«r//uM /xru. par llNiiiii . I l\. |i jij.s.
LA CONSTRUCTION 1)1 1' V I. A I S - CA lU) I N \ I. l5
vaste programiuo arrêté ciisuilc pai- lui. Il spiiihle. an premier iiKnneiil, n'avoir
eu qu'un but. se rapprocher de I,ouis \lll, sans l)ieri savoir ensuite couunenl
il organiserait sa demeure. Ce n'est (pi'après coup, et lorsqu'il sentit sa
situation grandir, qu'il forma le projet d'un palais. Voilà ce (pii résulte de
l'examen des documents que nous publions ici' et (pii sont nus au jour ])our
la première fois dans leur intégralité. C'est la liste complète des accpiisilions
faites par Hiclielieu, île lOa'i à i()'|.'{, poiu- r(''(lili( alioii du l'al,iis-( iaidinal.
Cette liste a été dressée tant (ra|)rès les pièces originales contenant les contrats
de vente déposées chez le notaire de Richelieu, que d'après les copies de ces
documents (pie nous avons trouvées aux Archives nationales ^ Elle nous
montre que le ministre dépensa rien que pour les terrains près d'un million
de livres, ce qui ferait six millions de francs de notre monnaie d'aujourd'hui.
Pour l'intelligence de ce qui doit suivre, nous prions le lecteur de se reporter
à cette liste, que nous avons disposée en un tableau chronologicpie contenant
l'analyse sommaire de chaque contrat.
Grâce à ces documents, (pii n'avaient pas encore été publiés d'une façon
complète, il devient facile d'élucider le problème dont les historiens du
vieux Paris n'ont jamais pu donner une solution satisfaisante : nous voulons
parler de la façon dont étaient occupés exaclemenl, au momeiil où Rirlielieu
les acheta, les terrains sur lescjuels fut bâti le Palais-Cardinal. Dans ses Attti-
c/ititcs de Paris, Sauvai se borne à dire qu'il fut construit <( sur les ruines
des hôtels de Luxembourg et de l\and)ouillet », ce ((ui n'est ([u'une maigre
parcelle de vérité, puis([u'en réalité le palais prit l'emplacement non seule-
ment de ces liôlels, mais de plusieurs autres encore. Piganiol, lui, qui vient
après Sauvai, n'est pas moins incomplet en atlirmant (pie ce fut sur les
terrains occupés auparavant (( par les lujtels de Hanibouillet et de Mercœur »,
ce qui est sinqilenient jouer sur les mots, rh(')tel de Haud)Ouillet ayant été
pendant ([uekiues années, comme on l'a vu plus haut, la propriété des Mercœur.
Quant à Vatout, il n'a fait (pie répéter, dans son llis/oirc du Pahiis- Royal,
ce qui avait été dit a\anl lui, et VA. Fournie^-, dans Paris à travers les
àiics. malgré tout son esprit ciilicine, n'a pu sii|)|ili'er au\ renseignements
(pii lui man(}uaient. N(Tus saxons mainlenanl, par les doeiiments que nous
mettons en lumière, à (pioi nous en lenir al)sohimenl, el nous pouvons sans
dilliculté reconstituer, avec les piî-ces en mains, la to|)ogiapliie de cet empla-
cement en iGa'i.
A cette époque, ce (piarlier de Paris foiinail une des exIiH'inilés de la
ville et touchait îi rancienne enceinte élev(''e par Cli.iile^ \. Ia(|iielle. biilani
1. Voir nos Docuinetils justillcalifs à la lin du volume : .lc(/iiis(7i«/is du curtliiitil itc HUht'tifK.
2. Archives nationales, papiers des princes d'Orléans, RV 281.
iC LE PALAIS-ROYAL
sur les galeries du Louvre, en faee la Tour-de-Bois. se diri-^cait, par la porte
Saiut-Honoiv. la porle Monhnarliv sur ee que nous appelons aujourdhui
la li'Mie des lH>ule\ards, pour \eiiir aljoulir à la porte Saiiit-Anloine. en
englobant l'Vrsenal. Sou nom de Sainl-llonoi-é lui \enail lic ce (pi'eu lao'i
un iionuu»' Ueuold Clieivv avait fondé en cet j-ndioil. en riionneur d'un
évètpie d'Amiens, saint llonoiv. une chapelle cpii était deveniit' une sérilable
église collégiale pivs de hxpielle s'étaient éle\és d'aliord le collège des lîons-
Kuranls. dont les bâtiments, débordant sur la ruelle de ce nom. avaient fini
par la fermer, et tpieUpies maisons autour d'un carrefour orné (i'ime ( roix
où aboutissait la rue tles l'elils-Cliamps. C'est à l'angle de la ruelle (pie se
trouvaient les débris «lu \ieil liôt<'l d' \rinagnac. (pi'ou axait morcelés pour
en faire «livers bAlimenls île rapport, l'.ii à peu, une aggloméralioii de
maisons, plus ou moins sé|iarées par des jardins ou des terrains restés sans
emploi, était \eime i-emplir le triangle formé d'un cédé par le rempart qui,
parlant de la porte >;iiiil-llonoix'. se dirigeait de biais sur le puinl où se
IrouNe aujom-d'bui la place des \ icloiri-;, d.' l'aiiln- par la rue Saiiililduoré,
ordin par la ruelle <ltx Uuns-Knlanls.
Ia* vovagem- «pii, eu i(»-i'i, serait entré- dan»; Paris |iar la porte S.iiiil- Honoré
aurait lri>n\t'' d'aburd une espèce de can'efoui' conslilut' par la rni- TraNei'santc,
la rue <le la Itnite, conduisant sur le chemin evierienr de l'enceinte, (pi'on
nonunail l'.iilM.iil. enlin par la lue SainI -Horion'', allaiil ni ligne droile
jusqu'au cieur de la \ille. Kn suivant celle-ci. il aurait \u immédiatement
il sa gauche, à paiiir du renqiail. mie suite de maisons inég.des, assez pittores-
ques «ras|H'Ct et posé-es en burdnre. ( ie son! ces maisons et leurs (lepeiidances
qui (Mciqiaii'ut l'esp.ice sur leipiel fut éle\é le l'alais-( iardinal. Nous allons
les dé'crire suec<'ssi\i'nu'nt en remontant de la piule Saint-lbuioré (cpu se
trouvait h peu près où est aiijouidliui la rue île riicliciie. un |ieu plus loin
que la place du 'l'héAlre-Krani.ais) jusqu'à la rue di-s Mons-Kni'anis :
I* La .)f(ii.s(jn tir l'Ours, cpii appartenait à un maître des reipièles,
M. de Verlliamonl. lequel \eii,iil d'en hé-riler de sa lanle, Magdeleine Hoiuher,
v«'uve de hibaiit. sieur de llre.iu, ancien inlendani des linances. Klle se
ditlinguail par une grande enscignt* représentant un ours, et comprenait
«leu« rorpH de logis, nve«' des di'-pendances ilesser\ies par un escallci- extérieur
dans une cour conliguë à l'hôtel de Itiimbniiillel. l,e bâtiment du l'nnd se
prolongeait ju<«(pi'an\ renqiart'<, avi>e une |)<ii(e de sorlie de ce ciMé.
a* l.a Miiismi iht (lui/inni- liiuif;r, dé-signé-e ainsi îi cause de son aiitic'.ie
rn»4'igne. Klli- é>lail In proprié-lé d'un certain .lean 'l'itTonel. et ne nx'surait
pn» plu*» d<- quatre liti<»«'<«' de façade. D'un céilé- elle touchiùt ii la fntn.son de
I. \^ loitr «aUtl ■> iiirlrr*. riarlrinnil 194) crniimrirrt.
LA coNsi lire TMiN m !• \ I. \is-( s uni N \ r. i ■j
l'Ours, (le liiiitif il la iiniison du Ciiy^nc. l'.llc axail une piuroiiiknir il'i'iniroii
douze toises, en eouiprenanl le jardin qui était borné par lun des nuus de
l'hôtel Handjoniilel. Le derrière tle cette maison j'oiina plus lard l'emplaccnienl
réservé par le cardinal jiour le jiassagc allani (le la me Uirlnlieu à son jardin.
.'}■ La MiiisDn du ('i/t:/i(\ propri('l('' des Ouinzc-N ingls, et (pi'on distinguait
par son enseigne, connue lui très grand nondjre de maisons de Paiis à celte
(Lt'aprcs l'oMampe d'israd Silvcstrc)
épo(jue. Elle n'avait guère plus de quatre toises de large, ain^i que la
précédente.
/(" Hôtel de Fresue, dit Ildtel de Ihnnbouillei . (pii n'avait à cet endroit sur
la rue Saint -Moiinié (pi'uiie Aue assez étroite. On y accédait par une grande
cour au fond de laquelle était, à gauche, riiôtel proprement dit, entouré par
les maisons que nous décrivons, c'est-à-dire maison de l'Ours, maison du
Chapcau-lloiige. maison du (lygne et maison de l'IK-rmine, sans parler de ce
([ui se lrou\ail (icrrièic. c'est-à-dii'e les jardins de la maison du Tripot, un
bâtiment ser\aiil aii\ écuries de Mademoiselle, fille de (iaslon d'Orléans, et
une [)arlie du manège i?enjanun.
5" L<i Maison de l'Ilei /iiiue. appartenant à l'kôpital royal des Quinze-
Vingts. Elle était très xaslc ci comprenait plusieurs corps de logis, cours et jar-
dins l)oiiii'"< sur le (icxanl |iai- la rue Saiiil -Honoré, à droite par le manège Ben-
jamin ei une pelilc inai-on appartenani au sieur Lamberl, à gaucbe par l'hôtel
Kandiouillet, au Iniid par les renq)ails cl la maison du Tiipot. (pie possédait
la \euvo Canli'». L'acte d'acquisition par Hiclielieu de la maison de l'IIermine
lui l'ail en 1(177 en présenc(> du cai-dinal de I,a Hoclicroiicauld, grand-aumônier
(le l'iance et, en celle (piaillé'. siip('iiciir de l'iii'ipilal des Quinze-Vingts.
3
I.E l'ALAIS-llOÏAI..
g l. F. r M. M s - B O \ \ L
a- Maisons Louis Lambcrl. du Tripot et du Puurcclet. Ces trois maisons
élaiet.t Noisines. La prcuière l..iul,ail à la maison de niermine. et daul.e
pari à la maison des Trois- Piicellcs. Elle noccupait quu.i polit espace. Lien
qu'elle fùl ilivisée en deux corps de lo-is. La seconde élait en retrait. Kl le
aNail un jardin un peu plus loin, du c»Mé des remparts, derrière le
manè-e Henja.nin. La troisième, dile maison du Pourcelct. puis maison de-
là Oî^ue. joignait j.ar un ..M.- la maison du Tripot de la veuve Canlù.
7' Maison des Trois- Pu, elles, dont Tallemanl des l\éaux a parlé dans ses
Historiettes en racontant les dilïi.uUès (jne le canlinal r.-nconlra pour ra.tpu'iir.
Ollc maison, divist-c en trois corps de lo-is. apparlenait à un sieur Avenat
et formait un des côtés de ce ipinn appelait la Court-au-ris. ou (:.>ur Orry.
8- Académie Uenjamin. Le famenv écnyer académisle Henjaniin de llan-
niijucs occupait à cet emlroil un jrrand emplacement, ave.- ses écuries el son
manè-.-. le i»réau servant aux exerci<e>< des sei{,'neurs ipii IVnpienlaienl son
élahlissoMienl. la piste ..ii l'on courait la l.a-ue. etc. Ce luaiiè-c sOuMait
sur II rue Saint-llouoiv et occupait plusiiurs hàtimenis ayant lait partie di-
liui.ien liùlel d'Arma-nac: il se cntinuait pr.s(pie juscpiau Ix.ut de la
rue lies Hons-Enfanls. où altontissait la me UalitlVe. et s'étendait à -aiiclie.
ilerrière les maisons du Cygne, «le rilennlne. de l.amherl et des Trois-Pucelles.
jus.pi"i riiôlel Itamhonillel. en \enanl toucher aux Uemparts. Il nous seinhii"
util.- il'- n-prodnire la des«-ri|>liori «le ce manège d"apiès Tacte d a. i|iiisil ion
ilii |ii juin i<).'!.'{, poiii iii.M d.lriiiiiiicr >-a situation :
... (irantie maison, seize à Paris i>n laililt- riie des bons Enfants, consistant en
pluniotirH rorps de lo^jis ri liaHliniens. scavnir : ini ^Taml corps de l(»f,Ms sur le devant
lie la rue ile-t Hou» Kniants; un autre eorps de logis, en lace, el au i)out diuie f,'randc
lour corréf-: un Iroiniènie f;raiiii lorps de logis, régnant depuis celui de devant,
juHi|u'ù «•«•lui de «lerri«Te «-l par d«'là i«eluy, lenanl li'stlils eorps de logis «le devant
«•I dcrriirre, «lu «ôlé à main ^'au«'lie. entrant à ladil«- maison, à l'iioslt'l de tnond.
•«•igneur «-ardinal, i-l à «fini «le M. !«• UKué. liai ilKslivc, cl d'auln- coté. Iiii.inl liilil
(riti^it-uic cori»" il«' lojjis ipii esl le long «le ladil«' ««uir sous lecpiel «'sl une galerie
ù la maison apparli-naiil à ( /•»•*/«' e/i lilunr ilmis l'nrlr] à pivsi'iit tenue
cl oceu|M'e ù lilre «li- l«»yer par le »i«Mir m" «le la Houllaije. au ixnil iliKpic! idip-
de ingiN (;i«t en fucv une Kran«le pla«-c «-arré«' non pavé«', lenanl dune pari ( nli.iiil
ji-clle h main «lettre aux niaixon» upparlenanl aux HieiiPH (l«> Maili.iiill. ii Madcuioi
•elle (II- Vitry, tante «le niontii-ur le niaréclial ii<- Vitry. el à inadeinoiscllc de |.oii;;iic
\'t\\e, lanlc «le nion«<-iKneiir If «lue «l<' l.on;{u<> ill<-. ipic Ma),;iière on appelait l'Iiotel
«le («onta^ne, et «l'uiilre eolé à im<- ^r<in«l«* plai e. ipii eloit un petit bois où il \ a
iMHon- !i prêtent plusieurs Kramls arl)rei«. Kn l'un îles eoiu;;s de latpielle ^-laiide
plare, il y a un p.ivillon il<' rliarponlrrie ennln* lerpiel il y a inn* porte pour «Milrer
au Ih»!*, dan* litpiel boii il y a «leiix Krandi-* «-oiiHlniitions de ebarpenleri«> on se fait
l'exercico do ladite Acadi-niic, pntclie ib- l'un «lempieU ba<«timenlH de eiiarpenlerie
I- V CdNS TULCTION I) L I' V I. A I S - C MU) 1 N M. IÇf
est une montée à décomort pour monter en une lonj^Hie |)laee aniunr de lu(|uelle
place dame Anne de Beanvilliers, dame de Fresnc (au lieu et droit de laquelle est à
présent niond. seigneur cardinal) s'estoit réservé un passage, laquelle place acquise
par le dit sieur Benjamin de messieurs de la Ville qui sert à courre la bague,
attenant le long des remparts de la Ville, au bout de laquelle course est une grande
place et un grand pavillon qui a une porte cochère pour entrer et sortir dans la
rue BalinVe, qui est au bout de la rue des Bons Knfanls'.
9" La Court Or/is ou Cour Orry. — Celle cour, ilorit on croit que Pierre
d'Oris, généi'al des linaiices sous Louis XI, avait donné le terrain, débonrliait
sur la rue Saiiil-lloiiuré par uii étroit |)assafi;e situé !i peu [irès à rcndi'oil où
s'ouvre aujourdluii la rue de N alois, qui devait [ihis lard devenir le cul-dc-sac
de l'Opéra, et eonuuunicpiail. en tournant à droite, avec la rue des Bons-
Eufanls. Ed. Fournier, dans /'tiris à traders It's rii^vs, indicpic coiniiie se
trouvant dans la Cour Orry les maisons de la Fleur de ///s, de Vl/iinge Xotrc-
Danic, du Gros-Tournois, l'IuMel du Mon/eu ou du Quofjuibus. Mais les
documents dont il a lire ces détails sont sans doule d'une épocjue antérieure et
ne s'adaplenl plus à la date de iGaA, car les actes d"ac(iuisilion de Richelieu
pour les maisons de la u Court Orris » ne font mention d'aucun de ces noms
l)iltoresques ; ils iM(li(pient s(-uleinent le nom des propriélaires, de sorte qu'il
nous est difficile d'identliier ces innneubles. 11 y avait d'abord les deux maisons
vendues au cardinal par J. d'Aumont le 17 mars iG3G, et sept autres maisons
acquises en l'année 1G39, l'une de la veuve Pavie, faisant le coin de la Cour
Orry, et appelée maison Pavie, les autres de Mathieu de Gisancourt, maître
serrurier, de Louis Boudichon, de Claude de Là Dehors, des héritiers Dupuis,
enfin du brodeur Mignot.
10° H(kel d'Estrces, à l'angle de la rue des Bons-Enfants. Il comprenait
plusieurs corps de bâtiments assez vastes qui avaient jadis fait partie de l'ancien
hôtel d'Armagnac. Du morcellement de cet hôlel C()nsidérai)le au xV siècle était
resté un lnMel qui passa, au dire de Sauvai, vers i5oo, aux ducs de Brabant et
Julicrs, puis à Marie de Luxcmijourg, femme du duc de Mercœur, qui le vendit
en iGo5 au marcpiis irEslrées\
Telle était la pliNsionomie de celte partie de la rue Sainl-llonoré en iGa'i, au
moment où le caidinal de llichelieu conlracla ses premières ac(iuisitions pour
la construction de S(ni holel. Pour comprendre cette description, le lecteur peut
s'aider du plan ci-joint que nous avons fait dresser. Il nous reste niaintenanl
à indiquer ce qu'étaient les terrains situés derrière les mai-^ons avant laçade
1. Archives nationales, papiers des princes d'Orléans, lU, 281.
2. On l'appela longtemps l'Iiolel Luxenibour-,'. C'est ce qui expli(|ne en partie l'airirnialion do
Sauvai que le Palais -Cardinal fut bâti sur les ruines des hôtels Hanibouillel et Luvenibourg.
aO LE PALAIS-RO^M.
sm- la nie ..u aiitlflii tie la li^L'iu' d.-s iviupart-. Depuis la poik- Sainl-Hoiioiv
jii<*<|u'à la purU- Montmailiv. sur IVspace qiroriupeiil artiRlloiiiciil la luo
Uirhflifu. le jardin du Palais-l\o)al, la riio Mvioiiin'. la Hoiiisc. olo., ro
n'élnient que de- ihainps a[)parU'iiaiil à divers parlirulieis. doiif li-s archives
nous ont ^ardé le> noms: l'iene Uaisnoau. Clément Motizeaii, le peintre Simon
VoucI, Louis Harhi».»r. Leineneslrel. Parrain, etc. Le cardinal en acheta une
^'rande quantité. Ceux qui étaient le plus rapprochés de la pi>ile Sainl-Ilonoré
étaient dési-.'Ut's sous le nom de C/os Gcn^eau et appartenaient en majeure
partie à rarchitecle (ilément Métizc-au, ipii y axait une maison bien cdM-^triiile,
preMpie neuve, a\ei' un heau jardin clos de nnns : la propriété conipienail en
l<»ut a.ioo toises de terres. Elle fut acquise le ii a\ril \(i'M\ j)Our la sonnne
de .'iS,i3a li\ivs. Puis \enait un autre terrain de 3oo toises qui était au Itout
de la rue TraNei^anle et loin Ii;iit par un .inlre rcMé .'i la rin' de la Uiille : il
se trouxail à la hauteur où es| anjuiud'hui le théâtre du Palais-Uoxal, el
appartenait à Antoine L«Mneneslrel. (pii y a\ait élahli un mail oi'i >enaienl par-
fois jouer les ch-rcs «le la hasoche; il fut vendu 9.700 li\res. (ioiilijrn ii celni-lîi
était un terrain donné îi Louis llarhiei- ( i .-cjo toises), renireprenenr charjri- en
ili.'t.'t de la démolition <les renqiarts de le ipiarlier; il lui ac(piis par le car-
dinal pour '\'.\,(j-io livivs. Lu des lots les plus inq)orl.-inls hit acheté îi Pierre
Uai<meau; il consistait en plusieurs pièces île terre : lime ahontiss.iil dim ciMé
il la rue de la Hutte et de l'autre à la rue du Pail-Mail. non loin ilr la |»>rle
.Siiiil-Honoiv, où conunenco aujourd lini ra\eime de lOpeia: une deuxième
nllnit de l.i rue 'rr.i\ei"sante ii la iih' du ( ilo>-des-Mai;ns: une Irol-^iènii". reiiin-e
par un iniii l>as, Imip-ait iitii' partie de la rue 'rraNcrsaiilc. et eoiilcn.iil
la iiinison île liaisneaii. avec (•curie et j^'ienier. Le ton!, d'mu' elendiie de
\ ,X-'t toises, fut \i'inlu 'jti.HiH) li\res. (i'i'Iait en cel endroit (pie se tenait
liepiiis des années le marché aux chc\au\.
(ht xoit par là «pie le cardinal, (-ontraiivment ii l'opiiiiou cmise par
(ptel«|ucs historiens, ne s<' lît pas donner par le roi une hieii ^.'raiuli' ipi.iiilili-
il<>H lorrain<i <«ur lestpiels il clahlil el la me lliehelieii et ses jardins : il m
p.i\.-i Ih-1 et hien la plus ;.'ran«le partie ii Immis denieis complanls. ( r qu'il ^.e
lit attriluier, cchI i-xacteinenl remphuemeiit même du rempail ipii imipait en
li^fiie «iinpiiiale le jardin «pi il projetait, «'est -ii-dir<' une Icin^^riiiiii iV' \ 10 toises
tur 'i«> loise»» «le larp'iir. Ce cadeau lui fut fait loiMpiil eut décide (ra;:iandir
l'enct-iiiti' lie la ville i-t «le coiiilili-r le-, fossi'-s «reusés sous Charles \ : il ohliul
«iiDii une HUperlicic qui n«' hit pas de nuiins de 'i.'ioo toises, dapiès |,- ir\l '
iiit"'!!!!' du « itrcM'l de don », «pie nous repnMhiisons ici :
Aoùl ift3.T. — llri'vcl de «loii pur le Hoy au c' de Kiclielk'U d'une plan- de
II" lh>à*ea «le lon^ «ur i<> «le Inr^e (\,\o«> llu>i"«e>t -diporf.) ù preiulre ù rciidr«>it
t..\ CONSTllLC TION 1)1 1- A I. \ 1 S - C \ l\ D 1 N \ 1-
JACQLES LE MEnClEll, ARCIM ri:.: 1 1: I>1 l'M VI--. \
(D'jjirés le pqrtnit .le l'I.ilippc dç ClLmifiiS'")
ville de Paris le .8 novembre lO:}'!".
I. \ichivcs iialioiial(>. H 'i. 2S1.
I. E p \ i. A 1 S - n <^n M.
Lois«|Ui' Uiclioliiu atlicla. i-ii iGa'i. Ihùk'l ltiiiiiliouilli.1, j)iv\uMiil-il dijà
la iiiesuiv (|ii'il comptait piviuliv de faire combler les fossés pour 1 ajinuulis-
st'ineiit tle I enceinte? Si's calculs allèienl-ils plus loin oncorc, et cut-il, comme
riii>inue le comte de Lalxiide'. la pensée qu'une fois propriétaire de ces
esjjaces, de ces champs qui prendraient forcément une {.Mande valeur aussitôt
«|ue lui. ministre, «les aurait >j\iliés par son voisina{;e, » il resterait maître
de la sjx-culation en les rexendant par parties comme il lui coiniendrait?
Ia's dates des contrats ifacquisition (voir à la fin ilu volume les Pièces justi-
Hcativcs) pornieltenl tle ivpondre sans réplique ([ue cette idée n'a pas dû
>enir h l'esprit de Hiclielieu par la bonne raison (jue. lorstiu'il acheta les
terrains entotnant l'ancien hôtel Hainbouillet, — (|U(in appelait ilr[)iiis lurs
l'hôtel Kichelieu.— la démolition des reniparls était déjà connnencée. S'il avait
son^é il entreprendre une paiville spéculation, ce n'est pas en i(».'{'i (|u il
ainail acheté de Métizeau, de Lenu'nestrel, de llaisneau et des autres, les \asles
champs situés hors les niui-s d'enceinte, mais deux ou trois ans auparaNant.
c'est-à-dire à un moment où la mesinv n'était encore (|u'à l'état de projet.
Au surplus, il est une reinaitpie fort intéressante que suggère l'examen
chron<dogi(pie des nctpiisitions du cardinal et (|ui a sa place ici : c'est ([u'elles
intliquent nettement cpiatre phases dans li-s [Hdjels de construction île son
palais. La première phase \a liii - "•iplriiilir r i(i''i an ~ seplend)ie 1G28.
I.e ministre, duiaiit ces quatre ans, se contente de l'In'itel Hambouillet, sans
pandtre nourrir d'autivs desseins plus grandioses. Il se préoccupe seulement
d'en dégager les nlxjnls, et achète |)our cela coiq) sur coiq> les maison^ (|ui,
sur le côté droit, lui sont directement milovennes et gêneraient les dé\elop-
|H-menls cpi'il >eut donner à la reconstruction de I'IkMcI où il fixe son logis :
ce <M>iit les trois maisons di- rilerniine, île Lambert el il.' la \eu\e Cantô.
l'uin le<« choH«-s restent en l'état durant une pério<le de ciiKj années. Ce n'est
qu en iti.t.'t que le cardinal li'mnigiK-, par des ac(|itisilioiis aussi noinbriMises
<pa* nielhiMliipies, i|i> litiite l'ilendue du plan ipi'il a coin u pnur sim p.dais.
r'eil In denxiiine phase. ,\ ce nioiiKnt la nu>sm'e es| dclinilixemrnl prise de
reculer jusqu'aux iMiulexards la limite de renceinle et de combler les fossés
du rem|iart de (iharles \. Il n'hésite plus à s'assuivr assez «l'espace pour le
nioinunenl lui niénie et {Miur isnli-r celui-ci dans nu xérilable parc. Du i(i juin
iti.'l.l au ti niixendire Hi.'t'i, il ji< qniert non scideineiil le pAté de maisons cpii
<>'élcnil jusqu'à la rue des Hons-Knfants, ainsi t\tu- lis di\erses habitations «pii
vint dans celle rue. telles qn<> l'Académie ll«Mijamin. la maison de M. .I-
M.irhaiill li-nant à l'hôl.l Mi-hisint-, «•le. m.iis .innir |,h lenains \.i-ii. > i|iil
AVluiideiil <ii d<lii>is i|.-s ii-nq>arlt. Ce fui !>' miuuk ni !.• plus .i< lil .1. I.i
1. /.« l'alauUtsartn, tis\'j. Ii»4t*, p i.
LA CONSTUl CTION I> L 1' V I, A I S - C MU) I N V I. 23
constriuliiiH ilii l'alais-Cardiiial. La troisiî'iiu' pliaso va du 17 mars i(),'{(i au
28 avril iGlUj. Toute la parlic gauche du palais est élevée; les bâtiments sortent
de terre, enchevêtrés au milieu d'un inextricable fouillis do maisons non
encore achetées par le cardinal, de jardins, de dépendances en ruines, de
murs lézardés qui séparent mal ces propriétés diverses. On se demande par
quel prodige d'habileté Tarchitcctc de llichelicu peut se reconnaître dans cet
amas de pierres où les matériaux neufs (ju'il élève touchent de si près aux
murailles des voisins, qu'il est obligé d'y tracer des signes pour marquer ce
qui appartient à celui-ci ou à celui-là, et de pratiquer des alignements virtuels,
des séparations provisoires cpi'il détruit au fur et à mesure que les acquisitions
de terrains nécessaires le lui permettent. On dirait qu'il lui faut conquérir
morceau par morceau les pans de murs (pii le gênent, et que ce n'est qu'à
regret (pTon lui fait place nette. C'est par fragments que certaines maisons
sont vendues, comme celles du Chapeau-Rouge, pour l'acquisition totale
de laquelle il fallut se reprendre à quatre fois, en janvier et mars iti.Sç), le
18 août i6.'5f) et le 18 novembre iG^i". Pour en finir et déblayer la place,
llichelicu achète tout ce qui l'empêche de terminer son œuvre. A droite, ce sont
surtout les maisons de la Cour Orry, sur l'emplacement desquelles il construit
sa grande salle de spectacle. A gauche, ce sont les propriétés sur la rue Saint-
Honoré, la maison de l'Ours, le Cliapeau-Rougc et la maison du Ci/gne, qui
continuent à cacher l'hôtel où il habite. On taille dans tout cela, en iG^g, et
bientôt après le monument apparaît tout entier. Enfin, la quatrième phase
des acquisitions correspond aux dernières années de la vie du cardinal jusqu'à
la régence, de iG'ii à iG/t5, et s'applique, pour ainsi parler, au parachèvement
(le l'œuvre. Le monument est complet : il ne s'agit plus que de Unir de le
dégager dans toutes ses parties. C'est alors qu'on achète : à gauche ce qui reste
de la maison du Chapeau -Rouge, en face l'hôtel Sillery. qui obstrue la vue
et dont la desliuclion [KMMnettia de faire une place devant le Palais-Cardinal,
enfm, à droite, l'hôtel d'Estrées, au coin de la rue des Bons-Enfants.
C'est rarchitectc Jacques Le Mercier (pie le cardinal de Richelieu avait
choisi pour la constniclion de sou palais. Celait un homme au taleiii un
peu froid, mais «judicieux et solide». Il n'avait pas alors tout à fait (piarante
ans'. Depuis 1G17 il jouissait du titre d'architecte du roi et touchait |)ar au
douze cents livres en cette rpialit('''. Connue la |)lii|iail de ses conlVèi'es, il était
allé chercher en Italie ce compléinent d'insiriiclion artistique dont il semblait
dès cette époque (pi'on ne put se passer; mais il n'en avait point rap|)orté
I. Voyez les conlrals d'acquisition, Archives nationales, R'i, «Si.
î. Jacques Le Mercier, d"aprùs Jal (Dictionnaire critiqur), serait né à Pontoise vers ijS'). Il est
mort à Paris en novembre ou en décembre iG.I^.
3. Uibliothèquc nationale, MM' Colbert.
d'engoueinoiil dan;:eivuv ni tvlU' ;ulmii;ilii)ii iiitraiisif:i>;mlc jHUir Ils Ditlrcs
antiques, dont k- fatal ivsidtal tut do subsliliu r aux qualilés si pittoresques de
l'aivliitecluiv Trauçaise du W siècle les lonues poiupeuseuieiil nionotoiies que
la mode inipnsa à paitir de L<>ui>; Mil. Il séiriil si^'ualé à ratleiilioii du
cardinal par le projet inj,'énieux et liahile iiu'il asait proposé poui- ((mliinicr.
eei les a'^randissaul. les plans de Leseot dans les travaux du Louvre. La laeade,
que Loscol avait eonuneneée sous François 1". «'lail toujours fort admirée,
mais elle paraissait mesquine sous Louis MM. On voulait alors l'aire majes-
tueux et iunnense. Pour plaire au roi. il iallail liouvi-r une eondjinaisoii
dans ce sens. On était fort perplexe. Li- Merc ier tira tout le monde demliarras
en iinn;;inant de eontimier cliatun de^ deux t orps de loj^is déjà hàli-; el di"
nunpléter le quadiilalère par deux j^aleries pareilles, rc (|iii (piadruplail la
surface primitivement |iri''vue. Ain^i, le pavillon tle I llorlop-, t\\\\ ainail ele
un pavillon d'an;:le ilans le projet Le-io|, div.nail le pavillon cenlial de laile
occidentale du Louvi.-. Le- premières assisi-s en lun-nl posées le (S juin i(i'.''i,
un ;.'rand lontentemenl du roi et de son ministre.
(!cs travaux, dit Nilt-I', avaient dunni' uni' iiniiM-lle con-^éeralion aux laçudes
de Lescol, el assuraient dans l'avenir ii'ur iiiv i<ilal>ililé. C'est i.i un \rai service
reniiti par Le Mercier, sei-vice d'autant pl(i> eslinialile (|ue ni de mmi Ii'mi|)< ni
peut i^tre à aucune épo<pie, soit plus aucieiuio. soit plus ri'-cenle. mi ne truiiNcrait
heaucdup d'artistes dispnsés à se inetti'e ainsi à la ".'ène el ;i desceiulre à un rôle
»i inode«|e pour respecter les chefs d'teuvrc d'auliiiiv
Le succès riMuportt- par Le Mercier en celle circon'<lance et peu! être aii^si
ses (pialili's <|e doeilili- el d'elTacement décidèrenl lliclii liiii ,i lui l'onlier
le l'alius-(!ardinal. d'aulanl plus que l'inqn-i ieu\ inini^lre enliiidail liien
conserver la haute main sur la dirrcljon de l'enlrepi i^-e.
Lui MiAinc pidiliail. «lit Sauvai, ipi il en élail le >enl anjiilei le. ee (pi'il rai-ail
afin de mettre à rouvert la répiilation de son archilerle el le >:aranlir de la
médisance de< envieux, ipn n'auraient pas manqué de le (hai^'ir île lonlis les
irré^ulurilén el dilTormités dont cet édilice e>t déli^furé^.
A qui'l moiih ni I..- Mcivi,i • oi .n, ;i | jj |,.s havaux.' I'"ul ce p.iiilanl
l'imlonme de l'anni-i- i(i-j'|, inunedialemeul après l'acquisilion lU- l'aiit i.n
liôlel di- lliuuli<iuillel. ou hien «.e horna-l il alors .'i aménap-i- siuqileiuenl
ifllr dememe tant Lien ipie mal poui mie inslallalioi! provisoire.' J'ai
I. \iii:r. /./ iMuere ri U imuvmu l.iMvrf, |KM>. in-iH. p i,,3.
I l.r Mrrrlrr ..-.h).. .i.. I.mtrr ]iiM|ii'à la lin iIp m vIp I>i> |i<iii|n a aiilrr il |)ro|H.M des
pti^rU Aathriru. I n'i-lall plu* d'iit» il Ira rirciilrr , illl \Htl. ,Soii Micc»»riir fui
I.»V|(« I.<>14I|
>.(../.,((.. ./.• ;vtr(f, I. Il, p iIq.
LA (^ONSTIILCTKIN 1)1 1' \ I. \ I > - i \ H I > I N \ |
MICIITL LE MAS1.E, l'IllElR DES nOCIIES
(SccréLiirc- et iiuciij,int du carjiinl Je Kicliclicu)
(lit plus
ni les il(
li.'iiil iii(^~
icilMiriils
T. I. LE l*AI.AIS-ïlO\^
iiiccililiulfs h co siijcl. M les ('ciils des coiiIcmiKiiaius
|)iil)liis |)(jsléric'ureiiiciit ii"iiitli(|iii'iil rien ilc l'uiiiR-l à cet
4
3$ LK PALAIS-ROVAL
égard. Il est une source cependant à laquelle il eiil été lacile de puiser
des renselgneuieuts précis et péremptoires : ce sont les papiers de Mu lie!
Le Masie, le secrtHaire particulier du cardinal, et ipii remplissait |)rès de lui
le rôle d'un Nérilable intendant. Cie Le Masle. que nous avons nu au service
de Kiclielieu dès sa jeunesse et qui ne le quitta guère, aidait son maître
non seulement dans les afTaires de l'État, mais aussi dans ses intérêts parti-
culiei-s. C'est lui qui réglait les dépenses de sa maison, payait les fournisseurs,
et son nom revient conslannnent dans la pliq)ait des actes de notaires où il
est question pour Richelieu de doinier ou de recevoir de l'argent. Le ministre,
pour le récomjHMiser de ses services, lui donna, vers 1629, le piieuré des
lioclies. pivs de Fonte\rault. qu'il possédait i|uaii(l il était évè(pi.' de l,u(.on.
Il mourut le a5 février ititJa, à l'Age de soixante-ipialorze ans. chanoine de
Notre-Dame', laissant tout son bien à l'hospice de l'Hôlel-Dieu .Nous avons
eu l'idée de chercher dans les archives de l'Assistance publique de Paris la
tnice de ce legs, espérant trouver dans l'inventaire fait après le décès de
Ix' Masle la nomenclature de papiers pouvant cnnccrner !<> caidinal. (lef iiiven-
tain' a été conservé et nous pitmes croire avoir alltiiil tmlre l>ul si anltimiuiit
poursuivi, en voyant dans la longue liste îles papiers gardés p.n lancien
secivlaire «le Kichelieu l'indicalion de tous les comptes relalils à la construction
du Palais-Oardinal. ain>i résimiic dans le catalogue ipii en a ilc dressé^:
(ii>iii|)trs ili's di'|)cnios (le la lu.»!-*!'!! ilii ciinliiiMl de IVichclifU : le |)rix des vivres
est iiuli(|ué en détuil. — Klat général du revenu du cardinal de Uii'helieu pour
l'année ifj'cj. — Mrmnires et lutirs rnurrriinnl 1rs rnnslnirlions. Irs ri'[Ktrii(iuns fl les
travaux effectafs à l'hUi-l ilr Hiifulirii. aux cliàleaiix di' Ituiil il de Itii liclicii, clc.
M.illii'urru>rmriit , unr d<'-ci>plioii noilx .illcndail , lav, lor-^qui' nous vonlùmcs
d<'-|iouill<-r les pri-iieuv documents, nous apprîmes <pie. parmi les papiers de
Le .Ma^le, ceux-l;i pri'-ciscmenl avaient l'-li'- liri'llts lors de l'incendie de l'IliMi-l-
de-Nilleen 1H71. Le moyen d'i-eiaiicir le proiiième ipie mou> \oulions lésoiidre
était donc irrévocablement perdu'.
Ouoi (pi'il en suit, on peut coiisidi-ier conum- « ei laiii que .lar(|ii(s I.e Mm jer
eut |Miur prennère l.'iche de coiiNliuire sur les terrains île riuMeJ Kaiiiln uiillel
une dememe où le ciu'dinal s'inslalla bien avanl que le nou\e:m bàliineiil ail
été terminé. Il y lit mèmi". selon .*^au\al. gaidei- une cli.nnbre de i.ini ien
itlince, ro cpii gêna considé'raliiemenl l.ni liile< le. ( >ii le ili'si>.Mia aussitiM sous
I. (•iilhrriii) a |iiiliUr lUiK *e* Inn-riiiliititt ilr />i h'niin-r, I. I". p. î.',, le ti-\|t> i|i> la » plaiiiio
fun^ralrr iln Mtrtipl \.r Matlf, prieur dn Hnclirt, roiivlllor «lu l(»y ■•11 K* CoiiM'ih «l'Klal ri pri\i',
rluinlrr ri rluiiDlliP ijp l'rtfllf iti- P.irl« ".
1. ,tr.-/iii<-t >U I \iuilO'uf i,iil.l„i„r ,U l'nriê, iHH\, II.MpI . Ili.-ii. I. II. p. Cti-63.
3. Il Pli rtlr^iiiriiiriil ^4 linit i|ii)- i|iioli|iiP Frildll n'ait |H>iiil vniifi- il prciiilrv ritpic. ovoiit 1870.
(la ce» papwrt »l liilprr««aiil« ilr I r Ma»lr.
I. A CONSTIU r.TlON 1)1 P\ I. M S- C A UI) I N A I. 37
le litio (I hùlrl IWcliclirii, ou lui'iiK' do l'jilais-Uiolu-liiir. On ;i \u plu.-, liant
quel emplaccmcnl oxait il occiiiiail. Les jriaMins du Iciiips, ainsi que le plan
de La BoissitTO (167;)), nous donnenf une idt-r do 00 i|u"il olail. La construction
s'étendait jiaiallMoniont à la ruo Saint -Honoré et a\ait une porte qui s'ouvrit
sur la ruo Richelieu lorsque colio-ci fut tracée\ C'est là, sans doute, que le
cardinal se fixa. 11 con\iont ût' l'aire remarquer cependant qu'une certaine
indécision a toujours régné et subsiste encore à ce sujet : elle est due à une
confusion que Aonf nous pornieltro do dissiper les termes mêmes du testament
do Hirheliou (pii, sur cet article, s'est exprimé ainsi :
... Je donne et lègue à Armand do Vigncrod, mou petit- neveu [futur duc de
Richelieu et héritier du cardinal] l'hôlel de Hichelirn que j'ai ordonné et veut être
BATI joignant le Palais Cardinal. — Item, je lui demie ma tapisserie de l'Histoire
de Lucrèce que j'ai achetée à M. le duc de Chevreuse, enscmhie toutes les figures,
statues, tableaux, bustes, cristaux, cabinets, tables et autres meubles qui sont
à présent dans les sept chambres de la Conciergerie du Palais -Cardinal et dans la
petite galerie qui en dépend, pour meubler et orner ledit hôtel de Richelieu
lorsqu'il sera bàli, voulant que toutes les choses susdites soient perpétuellement
attachées audit hôtel de Richelieu. — Item, je lui donne ma bibliothèque en l'état
qu'elle sera lors de mon décès, déclarant que je veux qu'elle demeure au lieu où
j'ai commencé à la J(drc hùlir dans V hôtel de Richelieu joignant le Palais-Cardinal.
Revenant un pou plus loin sur ce sujet, le caidiual in(li(pio di> quelle façon
il entend que soient réservées les sommes qui devront être employées à
«la dépense de l'hôtel de Richelieu, de la bibliothèque dudit hùtel,r/o«/ les
fondations sont jetées suivant le dessin et doxis arrêtés ave<^ Tiriot, maître
maçon, et à faire acheter tous les livres qui y mancjuoronl »^.
11 résulte de ces dispositions testamentaires que l'hùtol Riclioliou n'était pas
construit encore cpiand le cardinal mourut, et qu'à paît la j^alorio où était
installée la bihliotlièquo (|ui do\ait en faire partie, les fondations seules en
axaient été jetées. On verra plus loin cpi'il no le fut j.uuais. l'ar conséquent
l'hôtel qu'au dél)ut des constructions on appelait l'hôtel Richelieu, (pii formait
comme un hàtiniont ii part dans l'angle gaucho du Palais, n'était autre,
probablement, que ce qui est désigné dans le testamoid sous le nom do
Coi/r/erf^erie. C'est là que le cardinal a\ait les sept chambres remplies d'objets
d'art (pi'il légua à son ne\eu. C'est là (pi'il habita, loul au moins un certain
temps, au moment dos traxaux.
On a toujours cru jusqu'ici'' que c'est en ii)-U) cpio Richelieu, nommé
1. Florent Le Comte, édition de Bruxelles, l. 1". p. xxv.
2. Abraham de Piiadel, Livre -Commode, lOtji.
3. Testament du cardinal de Richelieu, \rchives nationales, R'i, 382. C" 2', liasse a.
4. Voy. nolammenl Ed. Fouunieii. dans Paris à travers les âges; le Palais-Royal.
II I' MAIS-ROYAL
celle aiiiiêe-là piviiiiii- iiiiiiisliv, eiitropril la conslruclion do son palais sur
le plan liiialenieiil léalisé. Le cardinal aurait saisi le niomenl de sa haute
élévation pour se nullr.- iininédiatement à IVenvre. Or. l'assertion n'est pas
tout à fait evaelc sons cette forme absolue. Il siillil <le jeter un coup d'u'il
sur le tableau clnonolop'upie de ses acquisitions de terrains, pour se rendre
compte (pie cello ipii lurent faites de iGa'» à iGîcS auraient été insuflîsanlcs
el n'auraient donne que la place nécessaire pour bâtir la première galerie
de l'aile gauche. Ce n'est qu'eu iCtlVA que Kichelien a» liète l'Académie de
Benjamin, -«es dixeises dépendances, ainsi (pie le manège s'étendant derrière
les maisons de la rue Saint-llonoré. depuis la Cour Orry jus(prau\ remparts,
t'est -il -dire remplacement même sur lequel l'ut édiTuv la plus grande partie
du Palais-iiardiual. On peut donc conclure que ce n'est guère a\aiit l'année
iti^'i (pie la construilion hit poussé-e par Le Mncici- dans loiile son étendue,
avec activité el méthode. Le cardinal y tenail la main, eu ticpil des préoccupa-
tions de toutes sortes (pii l'assiégeaient et du poids des alVain-. Il stimidait
le zèle de son architecte. Le .'{ juillet i(J38, il écrit au roi, qui >c trouvait à
Saint-lJermaiii : «« S'il plait ii Sa Majesté, jiray ce soir coucher îi Paris... pour
(loiiiier (piehpie ordre à mon b.istimciil. .. S.iiis donle. Uiclielieu rencontra
parfois certaines dilliciiltés pour obleiiir (pi'oii hii (((làt des immeubles (juil
lui aurait fallu abattre pour la s\melrie n'-gnlièii' du palais, rallemaut des
Heaiiv cite, notamnienl. la n'-sistance qu'op|)osa le pi'ii|)i'i('laii'e de la maison
des Trois- l'un lits :
Le bourgeois a qui elle apparteiiuil. raconte t il. disoit sottement cjuc c'étoit
l'héritugc de ses pères. Le cardinal s'irrita eiiJiii, el le lit mettre par une vengeance
hoiilciite il la lii\e îles aisi's. Apiè> il eiil s.i niai-oii eninine il \ciiiUit.
l'as il aiiosi bon compte (pie le preleiid le bon Tallemant, dont les propos
liialveillanls sont ici comme lonjoiirs sujets ii caulion. car la maison fut
vendue, en i(»3i). In Julie s(umne de .'iTi.'ioo li\i.s, ii,,ii p,n le propriétaire,
main par se«i héritiers. Du côté de la rue des ltoii>-Liiriiuls. les obstacles
furent plus sérieux, i-l c'est probablemeiil la raison pour laipielle Le Mercier,
au lieu de pKiloiiger In ^nlerie qui etail ii droite de ravant-OMir et de
faire conlinuer la galerie de la denviènie cour sur le même plan, la laissa
en retrait, ce qui était du plus niamais ;ispecl. Le ministre, en elle!, ne
par%iiit pas ii obtenir ili* ce côlé ton! le liii.iin nécessjiiii-. (Quelques maisons
lui échap|MM-enl. qui restèrent i-nglolMcs dans l'enchevê'treiiKMil des conslrm ■
lioiiH de son palais i-l ne purent èlie annexées ipie près d'un siècle plus lard
nu l'alnit-Uoxal Tel elail. par exemple, l'hi'ilel |)uplessi>-( .|i,'iiil|,.ii. mi fond
de riinp.is.e UiT). dans une petite coni qui lominuiiicpiait a\et la rue des
I. \ CONSTHUCT ION l)L !• \ I, \ I S - ( : \ U 1 1 I N \ 1
29
Huiis-l'liit'ants par uni' iiirllr de tiois pieds de lai-jri' : l«'s appailcmoiits en
l'Iaicnl al)soliiiU(Mit coiili^^iis aii\ ciiaiiilircs du Palais, ce (pii ('lail. un raxoiicia,
fort iiicoimiiode. On \riia [Ans loin llnstoiic de cfl IkMi-I.
Eu i635, la corislruclion dos deux fjalciits de Tailc j^anclic cl une partie
de celle de l'aile droilo élail leiiuiiu'e. Le cardinal lit iiud iU' siiilc aménager
à roxlréniilé de cette deriiici-e. dn ((Mi' des jaidins. la pclile salle de spectacle
ponvant contenir cin(| à si\ cenls pcrsoinics. daprès Sauvai, (pii était réservée
pour les repii'senlalidus ordiriaiics des cdnii'diens des Maiais du Teni[)le,
tandis ipie la iirande salle — (|u"()n devait ('lever ensuite — devait servii' aux
MÉDAILLE DU CVUUINVL DE IIICIIELIIH , OIUND MVIIHE DE LA MMGAllOX
EXÉCLTÉE EN l034 (nU\ SICXÉE)
(Cabinet des méJailles : BibliothCquc nationale)
spectacles de païade les jours de ;,,'-rande l'ète. Ouel(pi(>s notes, eviraiies des
papiers de Le .Masie', nous prouvent «pi'à cette d.ite ou procédait à la déco-
ration de cette petite salle :
103"). — .-1 Munsicar de Loynes, secrclaire de Monseùjiteur le Cardinal, Itijlel
RichcUcii.
Monsieur, l'aictcs paver s'il vous plaît à Monsieur (leorge r>ulleqnin trois
cents livres pour le théâtre de l'hostel Richelieu, à l'aris.
Ce 21 décembre i6.'55.
Dkstvmi'es.
i63ô. — Je soubziné confesse avoir rcccu de M^" le cardinal duc de Richelieu
par les mains de Monsieur de Loynes, la somme de trois cents livres sur ce qui
m'est deub pour avoir travaillé à la décoration du théâtre de l'hostel Richelieu.
G. Blifeocin'.
Celte salle de comédie fut inaugurée dans l'hiver de i()35 par une l'ète que
le cardinal donna à Mademois(>lle, llUe du duc d'Orléans, avec (pii il avait l'ait
sa paix. On imagina pour celle circonstance lui cli;uiu:nd pelil li;dlel invlliolo-
gitpie, dansé par des enfants, dont Madenïoiselle était riiéro'ine, «si bien que
pour ce ballet,)) raconte M"' de Monlpcnsier dans ses Mcinoires, «que l'on
I. UiiiknE, Documents pour si'rrir à l'histoire de l'Ildlet-Dieu, l. IV. p. 292.
a. Les ri-{,'islrcs dos ili:-ci-s de Saiiil-Kiislailie. à l'aris. Ibiil iiieiilioii d'im Georges llulTetniiii.
" peiiUie et aitiatiei-iiigéiiieur du roi, décédé au l'alais-Cardinal el porté à Sainl-Sauvem, le
17 février i(i4i. »
3o LE PALAIS-ROYAL
pou>(iit appoliT iino daiisp de pygmL'cs, l'on composa uao baiule do petites
lilles, priiitessos et antres de qualité, et de tous les seigneurs qui étaient de
même taille que nous. La magnifique parure et rajustement de chacun des
danseurs fit trouver ce ballet fort agréable. Il y avait, entre autres, une entrée
où l'on apportait, dans des cages, des oiseauv ([non laissait voler ensuite dans
la salle, digne machine d'un t<l ballet. Il arri\a qu'un de ces oiseaux s'embar-
rassa dans un des godrons de la fraise île M"' de Brezé, nièce du cardinal, qui
était de noti-e li-ouiK». Elle se mit à pleurer avec tant de véhémence qu'elle fit
redoubler le rire que cet accitlent imprévu avait causé à toute l'assemblée.
Jugez par là de l'âge des dames de ce ballet ! » C'est pour cette fête que furent
l<jnés les chandeliers dont nous trouvons cette mention dans les papiers de
U Masle :
i63j. Loyer de quatre chandeliers de crisl;il qu'on a loués pour le hallel à
Pierre Vergne, 17 livres.
i63.">. M. Picot, argentier de M. le Cardinal, payera, sil lui plaît, an sieur Vergne.
marchand joualier de la Huinne à Paris, la somme de soixante sei/c livres pour le
loyer de dix neuf «handeliers de cristid qu'il fournit pour le Ballet de Mademoiselle
donné à rilùlel de Monseigneur, à raison île quatre livres pièces.
I^'s musiciens, « scavoir le Kresne, Koberl Saint-Martin, le |iefit page et
(iondK-fort, » qui, pendant les (pialrc jours que dura la iVic, se lin-ul entendre,
reçiin-nt aô livres 11 .sols. Quant aux petits ois(>an\ ipii linnl tant di- peui' à
M"' de Bre/é et égayèrent si fort la loiupagnie. iU figurent également dans les
conq»lcs ciiuMM-M-s par !>• Masle', et nous en apprenons même le nombre
p.ir la noir <>ui\anl<- :
l63ô. Anllioine Vvoii. l)i)ui';,'eois de Paris, y dirininanl nio «les Billetles,
paroisse de Saint Jean en (irève, confesse avoir reçu de Monseigneur le cardinal
de Hiihelicu, parle» in.iins de M. Jacipies Picot, son argentier, la somme de vingt
xix li>rcH liiiict «oly; pour la nourriture f.iicle par liiy \ von de six rossignolz, d'une
fauvette à teste noiri-, de .<dx pellil/. oiseaux de canaris et aultres oyscaux appar-
tenant à mondit seigneur... De laquelle somme ledit Vvon s'est tenu content... Passé
à Piiris es estudcs rle« notaires sc)id)xignr/. l'an mil «ix ri'iis trente cinq.
(Ii'tte niènic aniii'-f ili.'l."», on procéda ii ri-l.'d>lix>-cment du m.'ignilique jardin,
un dcH pliiH gr.inds qu'il v eut alors Ii l'.n°i«. di-riièii> le l'.dais. I.c c.irdinal
chargen I)e««gots, jardinier du roi. di- ce lia\ail. cl coniracla a\>'<' lui im
marché h forfait |H)ur la sonunc tir i.i.'mi livres (27 décend)re iG3C,
piipicr^ de L> Masle). Desgots. aide de vin;.'l (inq j.u-diniers sons ses ordres,
nieiM rapidi-nieiil sa |M-Hr)giie. Il ile><sin.i li- pi. m du pair ii l.i mode ijo liiniis,
I. Ikxumenlt /M>ur irrvir <i Ihltluirt Je ill-Mlneu. |kii Itmtiti. t. IV, p. jy(.
• (ifir II- niari'i'iiiii iii" niiiuiini auj- pnij/rui'iiri s
'.lligence Je te f)t6 iris intiriMUlu, «oir Ict eiplicittoll». dDiiniu .
L\ (:o>srKL(:Tio> du p\i. \ is-c \ mu n a i. 3i
c'est-à-dire quau milieu il laissa la [)laco de deux ^Maiids bassins aulour
desquels il ménagea des plates-bandes avec des buis disposés en arabesques,
en broderies, comme on disait alors, qui se détachaient sur le fond clair
des allées. A droite et à gauche, des quinconces en charmille; à l'extrémité
du parc, de grands arbres dont le haut feuillage devait fdiiiiei un bel horizon
de verdure et comme un véritable petit bois. On aura une idée du nombre
d'arbres plantés dans le parc du cardinal par cet extrait des papiers de
Le Masle :
it)3J. M. de Loyn.es, secrélaire de .W le Cardiiml.
Monsieur,
Faictes payer à Monsieur Des liages, gouverneur de Montargis, la somme de
neuf cent dix livres pour trcnle-cinq milliers de gros charme et vingt-cinq
milliers de charmille que j'ai reçeu pour l'hostel de Richelieu; faict à Paris, ce
2* jour de décembre iG35.
L. Destampes év. de Ciiahthes ".
Tandis que la construction de son palais était aussi vivement menée, le
cardinal continuait k habiter tantôt place Royale, comme le dit Guy Patin,
et tantôt le château de Rueil, tout près de Saint-Germain, qu'il acheta, le
97 août i633, pour la somme de 147.000 livres \ et qui devint dès lors
sa retraite favorite. Ce château avait été construit vingt ans auparavant par le
financier Jean de Moysset avec un luxe extraordinaire. Les jardins en étaient
admirables ^ . Ils étaient distribués avec le môme art qu'on verra plus tard à
Versailles, la même science des perspectives à travers les vastes allées tapissées
de charmilles, que des arbres énormes couvraient de leur ombre, et qui abou-
tissaient tout à coup à des clairières qu'occupaient des fontaines jaillissantes,
des grottes, des labyrinthes, des aqueducs, des bancs de repos entourés de
massifs de fleurs, ou des statues qu'on apercevait dans les quinconces. Lue belle
statue en bronze, qui est au Musée du Louvre depuis 1881, après avoir été 'a
Versailles, k Marly, k Saint-Cloud, vient de ce jardin; elle représente Hercule
brandissant la massue, avec Vhydre à ses pieds. Hichelieu embellit encore
celte magnifique demeure, pour laquelle il dépensa des sommes folles. Jal
parle de 77^,000 livres, rien que pour les premiers aménagements; ce
chiffre fut encore dépassé par la suite. Les appartements furent brillamment
I. Léonard Dcslampes. évoque de Chartres, conseiller d'État, abbé à IJourgueil. — .\rcliives de
l'Ilotel-Dieii, t. IV. p. 3<ji.
■2. Papiers de Le Masle. Documents pour servir à l'histoire de VHôtel-Dieu, t. IV. p 288. — Jal.
dans son Dictionnaire, dit que le prix d'acquisition fut de i.'i7,ooo livres. 11 a raison; mais
cette somme fut versée en plusieurs fois. Ce n'est qu'en i033, le 11 avril, que l'acquisition fut
soldée.
S. Voir les gravures d'Israël Silvkstue et de 1'ei\elle. — Voyeï aussi Abraham Colmtz : i'ivsses
[ielgicu-GaHicas, description écrite en latin en i636.
3.J I.H !• Al-AIS-ROYAt.
iléfort-s |>our iwéM.ir la cùur. qui .s\ liaiispoitail paifoi^;. quaiiil le roi
quillail SaJiil-(Ji-rinaiii pour venir eonlérer avec son niinislre, ou quand
les parties de chasse renlraînaienl de ce côlé. Simon \ ouet v exécuta
nlusieui-^ peintures, l'anni le-^ ciuiosités du parc, on vantait lare de triomphe
de Constantin, peint par ]..• Maire, «tel qu'il est à Home, avec tant de vérité
qu'on a vu des liirontlelles et d'autres oiseaux, crovant passer au travers, se
tuer contre lu uuuuille". » An-dessus d'une des cascades était une Amp/iitrùe
lie bronze qui paraissait verser les eau\ : une inscription du poète Desmarets
lui faisait dire :
Aniianii. ne me prens pas pour nymphe des fontaines,
Si lu me \i»is verser le plus beau des ruisseaux;
Je L-ummande après lui sur les humides plaines,
El du sec élémenl j'ai traversé les veines,
Tour l'apporter iii le liibul de mes eau\.
M(iin-< d'im an après que le taidinal eut pris possession du château de
lUieil, il V donna des l'êtes s|>lenilidts ;i roccasion de la réconciliation tin roi
a\ec son frère (laston il» (rltan-^, tpii élail mou en ix lolire iG.'V'i ;i Saiiit-
(icrmain faire sa sr>inins>ion. La relation de ces fêtes nous a été conservée'.
Dans la salle de s|ircl;icle (pli avait été disposée, on devait jouer une pièce
iMii- Uichclicu avait icrilc pour l.i circonxlance, car on sait la |)etite faiblesse
ipiil avait de se croire poète et île rimer des traj,'édies. (lelle-ci était-elle
par liop mauvaise? Toujours est-il (pi'au dernier moment Hoisrobert parvint
il le faire clianp-r d'avi>: on joua ii la plai .• la Cnffirdic des Tiiilcrirs. à
laipielli- avaient coopéré (iorneillc et Kolroii, el ([iii olitini un f.'raMd succès.
(!e n'était pas siulemeiit [leiidant la Ix-lle sai^^on ipie le ^riand ministre
aimait ii vivre .'i ItiK'il : il v restait soiimiiI mêmr dinaiil r.iiilomiie. (lomme
il entraiiiait à sa suite une quantité- de ^reiis de toutes conditions, courtisans,
hommes d'armes, serviteurs, ou se représente le bruit el ra|)|iaiat ipii devaient
réjîiier dans cette belle n'-sidence. « l,;i com du cliàleaii ressenililail à un cami»;
des mousquetaires ariiK's en yuerre et piêls ii tout s'y |)romeiiaieiit sans cesse.
!>• Ion;.' d<"s ;.'r.iiids escaliers, on vovîiit ii toute heure monter et descendre les
.HollicileurH venus di* l'.iris, les pMitilsIiommes de province avides de places,
et di's laquais, cli.im.ii i is de livré-es, qui apporl.iient les messa^'es de leurs
iiiaitres. Iteaiii ou|i d importuns sollicil.iient une recommandation de M"" de
(>oiiibalet I la nièce du i;iii|iii;di avant de ^e presenler. Daii'^ les .inlicliambres,
I. KtEi.i«. I' •ut l.i: (luMTr. l. VII, p. ■>:>. Voir, nll^^i. l.rllrei de Mti.iiKiuii:. dans L
nillrclloii Up« >■ I, I. III, p. 3<i. l'I Hiifil, U rhiilfim île Hirlirlieu, |Kir J. JaC(,>iin cl
J. IlL'KtKtOU. 1- i'' -'- . ,' 1.
ï. IlitU dt et liai i'filJiUI à S4iinl-lifrmain-tn- l.aye, avec lf$ mmimjlefncet fmlet au cluilemi de
Hufl f'tr Mnnulijneur e eiinlinal due de Hiehelieu (ii-ii uclulirc lOS.ii. Ulbliuthi-t|iie nationale.
I.IP
I. \ cdNSTiircTinN nr i> m. \ is-c \nniN- u.
33
iiti lioiinlniiriniuiil .unlimicl n\-iiMil (lf|(iiis !.• malin jiisi|ii"aii soir, laiulis
'1'"' l^i<'liili>'ii. l'Iciiilii -nr iiii lil dans son caliinct, icccvail 1rs visites, éroulnil
les (icmaïKlrs cl (ioiiiuiil des ordivs". » Co cabiiii-t, on |H'iiI se le figurer grâce
au\ liiveiilairi's gardés par les deseeiidaiits de la nièce du cardinal, à qui fui
léguée la piopiitMc' '. ((C'était une grande pièce aux murailles ornées d'armes
LES JARDINS DU ClIATEAL" DE HUEIL
(D'apris une estampe allcm.iiiiic de rèpoquc de Riclielicu)
d'un grand prix, close et mystérieuse, dans laquelle il y avait toujours du feu.
Une table carrée, couverte de livres, de papiers, de cartes, de plans, occupait
le milieu de cet appartement, devant la cheminée duquel le cardinal se tenait
debout dès que sa santé le lui permettait. » Il semble que le ministre ait goûté
là seulement les rares instants de quiétude de sa vie toujours affreuscuicnt
tourmentée. Son esprit s'y détendait dans le calme du pare grandiose, et sa
gravité s'y fondait parfois en bonne humeur : courts rayons de soleil dans son
ciel chargé d'orages. C'est à Uneil ipi'il célébra les accords du mariage de ses
cousines. M"" de lV)iil( liAleau et de Cbixray, avec les ducs de La \'aletfe,
de l'uylaurens et de (juiche. A cette occasion, il écrivit à l'ambassadeur de
France à (ièiies « d'envoyer trois parasols de dames, l'un rouge, l'autre violet
I. Comlc DK UoNXKAiJ-AvKNVNT, l.a Duchesse (/'.l/ymV/rin. 1882, in-8'', p. ao'i.
a. Rui'il resta dans la famille de la n\vcc de Uicliclieii iM"" de C.onihalel. plus tard diicliessc
d'Aiguillon I justin'en 1710- A relie ('•poiinc. le duc d'\ij;nillori le veiidil 110, 000 liMes. Il le racheta
ensuite. Le château et le parc ont ùlii dL'truits ou coninienccnient do ce siècle.
T. I. LE P\LAIS-llOTAL. 5
34 LK PAI.AIS-HOY.VL
el le troisième bk-u. cli-s plus In-aux et des plus lé^'ers qui se fassent à Gènes
a\et; de |)etites dentelles d'or sur les eoutures»'. Un voit qu'il sa\ait, à ses
heures, être minutieux jus(jue dans les liilililés -ralanli-s. C'i-sl à Hinil iinc la
reine Anne d'Aulrielie, au moment même où elle son^^eait à trahir la France,
dit Mielielet, \enait essau-r île llatter son ministre, de l'eniNrer et de l'aNeu^rli'r.
aeeeptant ses rollalions et prenant |>arl à ses fêtes. C'est à Kinil .nliii (pie
Uielielieu se plaisait à reeeNoir les poètes Desmarets. (lorneille, lloisrohert,
(lolielet. I/Kloile, llotron, à (pii il coinnuniiipiait ses projets d'ou\ rajres dra-
matiques el ipii lui li>airiit leins \ers. l ii juin- qiir le niiMi>lre ('lail enlernié
nvi'«- Desmarets. il lui dit :
— \ tpioi p«'n>.e/-\on- qui' je pieiine le plu-; de plaisir:'
\ faire le Ixmliiiir lir la l'iaiHc. ri'|it)iidit en Imn conrlisan le poète.
— l'oint du tout, répliipia-t-il, c'est ;i faire des \ers.
Kielii-lieu axait à llueil une antre satisfaction, c'était de jouer au proprié-
taire, au cnlli\aleur ipii -"ocinpr de ses leries cl pirlHl -.(iiiii di' la reiolte'.
Tallemant des Iléauv nous en donne un témoi;.'nafre assiv. piipianl : n Mmi-
tauron, » dit-il. <■ acheta pour faire sa cour tout le\in de Hueil du cardin.il
de Kichelieu ipii é-lail ia\i de din' : " J ai m iidii mon vin ciiil sous le nniid. »
Kn r«''alilé'. la terre de Kueil donnait un levenu annuel de ((.."x») lisres.
Mince ohole auprès îles sonnnes énormes qii's dt-pi-nsail le cardinal!
LorS(pif Hiilii'iiiMi \eiiail di' Ku<il ;i l'aii> pdiij .. dniiiici- ipielque ordre
h ses hAtinn-nts i». sui\ant l'expression dont il se seit d.ins la lettre citée j)lus
li.nit. il desccnd.iit à son In'itel en construction de la rue Saint-llonoré el p.irfois
iui l'elil - l.u\i'ml)">iii-;:. Depuis li' don i|iic- Marif d>- Mi-dii i^ lui .n a\ail l'ait
en i(iji), le c.udin.d a\;iit Ir.uisfornié celle h.diilatiou. Uestauree et décorée
par Je.in l,e Maire, ipii u excellait ;i peindre les .ucliilectures », et pal' Manchnle,
qui orna df paysaj,'es le ^.'raiid v.ijdn, rlli' a\.iil t'ic- iriii|ilif de cmiosjti's. de
taltleaiix. d'ohjets d'art, de heauv meidiles par le ministre ileMini loul -|)uissant
et (|ui poiiNait dé-sormais donner lihre c;irrièn' ;i ses ^nn'lls di' liixr ipi'il ;i\;nt
tonjoiirs «MIS, coiimii' ii la passiuii di's liilx'lnl» ipii ciuiiiiienrail ;i se ri'paiidi'c
l'I dont lui-même ilomiait l'exenqile. ti |.:i in.iison est fort délicieuse.» dit
Sau\al '; •< elle ;i un jardin en l'air el port.itif ipii i-sl toujours noine.ui el entouré
d<- >ltl'i-s et dr iiiir>>iis qui i|i nililml |i' jaicliii ri |i'> a|i|iai'li'Mieiils (Uii l'i-iivi
roiinenl. » Ni la t <ii ri's|iiiiidaiirf de Uiilii'lii'ii ni 1rs papiers de son scciclaire
I. MiDiiilr i>'Vti:M.i. '.••rrrtii:,nil'mi-f lUiAumnlitiuf.
t (.oiiiiiif II n'y a».iil |i.i» nu \ li.'tU-.iii loiili-t |r* ri-<»<nirrr^ ciilliinIriM qu'il fiillnil cl Xvn ri'iaii(liM>s
nnUnitiiriil iliiiit U rriiir \iiii<- il' VuUirlin i-lall fnrt K"<iriii»iiili'. Ii- larilhiiil riiJMU \i'iiir ilu l'aria, les
J«>urt de K»U, rc i|ii'll fallaU |Miiir n'itula-r m^ ciimitisi. Oltr imtc iIim |).i|iii>r^ <li< l.r Mnslc eu ont une
pr«u«e : » ilU.'i. Mvr le (Untiiidl ilolbt ii l'Mli'iiiiP Ariiinillrr, (•«iiicirr à l'arl*. |>oiir le fcttiii faiclù Uuvil
du 11* Jour d'iwloltrr %t>i'.i, riiii|ii.iiili''i|iinlrr litre* vpl mjU. ..
3. S«i«tL, III, (>.
I. V C.ONSTIU TTION 1)1 1> \ I. M S - C \ U I) I N U. ,1")
F^e Masic uv ikhis f(iuiiii-;sciil de rcrisfi^Micinciils sur les ti-avaii\ cxt'culés au
Pt'lif-I^uxoinbuur^'' à (('tic ('i^kiih'. Mais timis pomoris nous rendre compte
(li<s ricliosscs qui y fiirciil accuiiuilôos par les iiivi-iilairos ronsorvcs dans la
ramilli- do la nièco du cardinal. M""' do (lombalot, duchosso d'Aiguillon, h qui
il donna cotto maison imi i(i,S(). Dans son lestanuMif. Kicliclicn ronlirnia la
donation dans ces termes :
Je (ionne et lègue à Madame la duchesse d'Aiguillon, ma nièce, fdle de défunt
René de Vignerol et de dame Françoise du Plessis, ma sœur aînée, ...savoir la
maison où elle loge à présent sise au faubourg Saint-Germain, joignant le Palais
de la reine mère du Roi et vulgairement appelée le Petit-Luxembourg... Item, je
lègue à ma dite nièce tous les cristaux, tableaux et autres pièces qui sont à présent
ou pourraient être ci-après lors de mon décès dans le cabinet principal de la dite
maison vidgairement dite le Petit Luxcml)ourg. et qui y servent comme d'ornement,
sans y comprendre l'argenterie du buffet dont j'ai déjà disposé, ...je lui donne aussi
toutes mes bagues et pierreries...
La collection des ol)jols d'arl dn Pcl il -Luxembourg était une des plus
inqiortantes de Paris. L'al)bé de Marolles, décrixant les principaux cabinets qu'il
y avait alors dans la capitale, dit que celui-ci « soulTre jieu de comparaison
pour la niagnillct-nce des cristaux, des lapis, des agatles. des calciVloines, des
aiguës marines, des amétystes, des escarboucles, des topazes, des grenats,
des saphirs, des perles et des autres pierres de grand prix qui y sont mises en
œuvre dans l'argent et dans l'or, [)our y former des vases, des statues, des
obélisques, des escrins, des miroirs, des globes, des coflins, des chandeliers
suspendus et autres choses semblables. De sorte que l'on pourroil dire en
quelque façon qu'il ne s'en perdit pas tant au sac de Manloue qu'il s'en trouve
en ces lieux-là, tant la magnificence y éclate «^ La plus grande partie de ces
richesses avaient figuré au Palais-Cardinal avant d'être transjjorlée au Petit-
Luxembourg, après la mort de Ilichelien. Parmi les taldeaux. on voyait
une Héroilindc, attribuée à Léonard de \inci: la Madeleine du Guide, unc^
Charité du Pérugin, la Sainte }'ieri;e de .lean Hellin, le Songe de Caravage,
Saint Joseph et Sainte Anne du Tintoret, VAdoration des rois de Uubens,
Saint Mathieu par Albert Diirei'. \' Enlivemcnl des Sabines et la Prise de
Jérusalem du Poussin, etc. \ i'hisicnrs de ces chefs-d'œuvre sont maintenant
au Musée du Louvic, d'autres dans les collections étrangères. Les sculptures
comprenaient une (piantité »le marbres cl de bronzes aidiques, im Bacchus
1. Nous relevons cependant quelques indicnlions de payements de mémoires dans les papiers de
Le Maslc. C'est ainsi (|ue nous trouvons, pour l'aunt-e id.'i'i, mention d'une somme de ç\o'\ livres, payre
à François le Bossu, mailre-serrurier, pour ouvra^rcs de serrurerie fails au Petit- Luxembourg du
■ "janvier i633 jus(|u'au i" février i03i {Archives de Vlliilfl-hieu, I. IV, p. ,'{oo).
2. Abbé DE Maholles. Mémoires, III, 2i5.
3. Ed. Uo.NNVKFÉ. fteckerclies sur les collections de IHclielieu, i883, in -8", p. it>.
36 I.E PAI.AIS-ROYAt.
et un Faune, un Moïse er> bronze, d'apivs relni de Michel- Vngc, des
husles, etc. Les meubles des divers appaileinents élaienl nia^niiH(nies. Il y
avait notamment des tapisseries de loule boaulé, entre antie<. VHistoirc de
Lucrèce, de la fabrique d'Arras; des tapis de soie et d'or, présents de la reine
de Polo^Mie, qui avait é;.'alement donné au cardinal une chapelle de cristal
de roche et un cabinet semblable garnis de saphirs, de turquoises et perles.
II y avait aussi une abondance de tables en mosaujuc ou en chêne, soutenues
par des cariatides d'argent, chargées de statuettes, de cofTrets d'agate, de
cornaline on aulies malièies précieuses, etc. Beaucoup de ces objets furent
vendus après la mort de son oncle par la tluchesse d'Aiguillon, qui uniquement
occupiV' de religion, « ilélachée de toutes choses et de la vie même.» dit
Kléchier', en distribua le pinduit aii\ pauvres e| dul an^si, laiil-il ajoiiler, s'en
servir pour pau-r les créanciers de la succ<>ssioii. (Ju.ind elh- iiiniinil, tous les
s.dons de l'hôtel du IVlit-Ln\end)ourg étaient presipie dést-rN. |.,i pliq)arl des
iiieidiles soiiq)liieu\ avaient eli' ii'li'-giies dans |;i poussière d'un ganle-imuiile.
«illii trouvait là le dais ducal en velours bleu brodé d'or, el les drapeanv île
salin blanc lleurdelisés il'or, ipii avaient abrité le giand ministre. Des housses
de lits, en velours rouge brodé d'oi-; des coll'res de cuir dori'-: des paiavents et
des cabinets en latpie de (ihine; des plafonds île cari'osses l'n velours brodé d'or
el ornés de plumets d'autruche; des lits îi colonnes d'ébène', garnis de riileaux
de l>rocalelle, avec des matelas de salin rouge; des piles de l,i|iis (!,• Turquie
el de tajiisseries d'.Arras; des ride.iux de toile d'argent el de ga/e brodée d'or;
lonl un monde de carreaux de D.imas, de coussins di- velours franges d'oi- el
de sachets de points d'Espagne doublés de moire éclatante. Enlin, Ions les
brillalilï* costmnes d'un b.illel, tristes épaves, débris oublit-s de quelque fêle
rojide...^. >i Va\ dix ans, Hidu'lien avait su faire venir dllalie el d'ailleurs
assez d'ij'uvres d'art pour en remplir toutes ses habit.dions. Ilueil aussi hiin
ipie le Petit -l,uxend)ourg, le Palais-( iardinal comme sou chAleau de Hiclielien.
dans le Poitou, epie la- Mercier était en Irain de lui reconshnire. el où le
cardinal envoyait par cenlaini*s les statues .inliqnes el les trésors de Ions
f(enres qu'il faisait recheiclier en divers lieux par ses émiss.iires.
\a'* nnnévs iG.'i,') et iG.'tti par.iissenl avoir élé parlienlièremeni favorables
aux travaux du Palais-Cnrdin.il. I.e miuislre slinudail son .m liilecle. On vovail
les hàlimenls s'élever ii vue d'cril. Oi'jii ils form.iieni im doidile qnadi ilalère
nvcc les longues galeries de droite el de gauche ipie séparaient les deux vasles
I. «■>r'»t«nn fiifirl.rr tir la iliirlintw tl' ViKiiilInn, ift-Ti.
t. \' I.. Mn«liv iiiiii* Iriiiivniit la mile <iii\nnli', (Ir rniiinV ilbl'i. du <> -tiiur dos
ll<>»ri>' •■ iIk lliilirlliii •' l'iirli- .1 M lUiiiUiilicr, i In/ liiv, Moii'M'iKiiciir y r»laiit,
l»">' ''■ ' .-Il au» ii<'i>* «'«' ^1- 'If ^lllar» apixtrlaiit un aMiiMiliIrnionl di-lM-iii-, t'no livre*. •■
< <4>fnle UK l(<nMK«l'-\»c^««-r, l.n iHiehfur iVMijuHUm, |>. 3t{)-3.'ii ri \fH>.
t,A CONSTIH nTlf)N I) LI P A I. \ I S - (. A U I) I N \ I. S'J
cours. La l'aradc l'-lail aclu-vrc Sur l'cmplact'iiiciil de-; niai-ttii^ de la cour Orry
conunoiiçaiout h se dresser les énormes cliarpentes «lu grand théâtre que
Ridielicu avait tenu à édifier, ne voulant pas se contenter de la petite salle de
spectacle qui se trouvait disposée dans une partie de l'aile gauche, et qu'il
réservait aii\ fotcs intimes, aux comédies jouées sans ap[iarat. De ce même côté
VLE ET PERSPECTIVE DU PAL\IS-ROVAI. I)L COÏK DU JAUDIN
(Dessin de Ch.iiiffournier, gravure d'AvcIinc)
Le Mercier allait avoir à pourvoir aux services compliqués de la maison du
premier ministre, composée d'un nombre infini de serviteurs, de gens de toutes
sortes qu'il logeait et entretenait. C'est là que furent aménagées les écuries qui
demandaient un grand espace si l'on pense au nombre d'hommes et de chevaux
qui composaient l'escorte habituelle du cardinal. Les communs, les cuisines, les
dépendances multiples d'un palais devant abriter, comme celui-là, toute une
population de serviteurs, furent établis, un peu à la liàtc, dans des corps de
logis sans symétrie qui avoisinaient le théâtre, également du cùté de la rue des
Rons-Enfants. L'architecte, poussé par Richelieu, fil de son mieux, multiplia
les cours, s'ingénia à faire faire au monument des circuits que lui imposait
l'obligation de laisser debout d'anciens hôtels que le cardinal n'avait pu
réussir à acheter. Les travaux ne s'arrr-taient plus. L'ordre était absolument d'en
finir : ainsi avait décidé le maître qui en toutes <hoses savait si Icrt ihlciucnt
vouloir. En iG'ài), l'œuvre était terminée.
Trois ans auparavant, c'esl-à-dirc le i" juin iC.SO, Uicliclieu a\ait déjà, [lar
38 I. F. P M. K 1 s - R n Y \ I.
aiilicipalion. fuil iluii;ition ilr >nu palais an n.i ' , coimne s'il eût vdiilu, par rot
acte l'irange. prévenir toute accusation de liop de inaj:iiilkeuce, ou pnit-rtrc
luèini' flatter roinhrageux I.ouis Mil et lui enlever riutpiiétuile de voir eu face
du Lou\re le monument di},'ue d'un monarque (pie son ministre faisait élever.
Los termes mêmes de l'acte de donation, dune Innnilité extrême. send)lent
indiquer que le cadeau fut fait dans un de ces accès d'humeur noire dont le
roi fut si souvent saisi contre Hichelieu, durant son long ministère, et que
celui-ci eut toujours à ixnlouter :
DoiKilinn du Palais -Curdituil nu rui Louis Mil
Par-devant Gabriel Guerreau et Pierre Parque, notaires... fui piésenl ('iniiicn
lissime Armand Jean du Plessis cardinal dur de Hichelieu. pair de l'ranic. com-
nundeur de l'ordre du Saint Ivsprit, grand maître, chef et suriiilendanl général »le la
navi;;uti<>n et du eonunerce de ce royaunie. ;;ouverneur et lieutenant général pour
Sa Majesté en IJrcta;.'iie. lequel ayant ci devant très humblement supplié Sa Majesté
d'ajouter aux innncnses bienfaits dont il lui est redevable, la faveur d'agréer qu'il
lui donne quelque marque de son ressentiment, qui bien que très petite en compa-
raison des obligations infinies qu'il a à un si bon maître, témoigne au moins à la
p islérité (|ue ce n'est pas le niaïupie d'alTcction. mais la disproportion si extrême
qu'il y a d'un sujet à son souverain et au Premier Iloy du monde qui empêche de
lui rendre de plus ^M'aiulc preuve de recoimaissanee: et Sa Majesté lui ayant fait
I honneur de recooir, avec sa bonté aceoutumée, cette très humble prière, elle avait
accepté la dciiniatinn que ledit .'^" canlinal désire lui faire aux clauses ci-a[>rès
déclarées
C'est à -i.iM.ir (pie ledit S" cardinal donne à Sa Majesté par ilnniialiuM
cuire vifs, pure cl simple, de la mcilleinc Mi.mièif ipic faire se peiil. m m iinltl de
Hichi-lien ' . sis en celle \ille de Paris, rue Saint Honoré, avec t(Kil ce <iui en dépend,
ri)n<(iHtant en ba«linienls, cfturs, fontaines et eaux, sans aucune chose en excepter,
réserver ni retenir, en l'élal (pie les lieux stjut à présent ou (piils pourraient après
être mis pur le soin et la dépense dudil seigneur cardinal, cl sans autres clauses et
conditions que celle> (pi'il a plu à Sa Majesté d'agréer et commainicr d'èlre iiisi'rées
dans la présente donnation, s\avoir (pie ledit S" cardinal jouira s.i vie dinanle
dudil hùlel. (pi'aprèo son décès, son principal hérilier duc de Hichelieu. et ses
Bucceiseur» seront à perpéliiili' capitaines concierf;es dudil Ik'iIcI. y auront le
loKeinenl (pii leur sera (b'si^MK- pour cet elTet. et en propriété toutes les rentes de
l)ail d'hérilajfe consliliiées sur les places et maisons (pii ser(Uit con'>truiles en dehors,
joign.uil et idenloiir du jardin (ludil IkMcI ; que ledit IkMcI deiuenrera à jamais
inaliénable 2i la Couronne, sans même pouvoir être donné ù au( un i'i in( e. sei^'iieiir
uu outres personnes pnnr y lo(;er sa \ ie durante ou ii temps: rinlenlion dudil
cardinal étant (pi'il ne serve (pu* pour le lo({enieiit de Sa Majesl<- (piand elle l'aura
a((réuble. ses successeurs, Hoys de France, on de l'héritier de l,i (iouronne seulement
I. t.'artr cir ilniiiilUxi tic fut ilrlliiiloriiiriit «i|tii<' i|iir Ir (t juin.
). I*n rrniari|iirra i'riii|iliM iinMlrsU' kl (Ir rrUr ili-iiiMiiliialiod : " liùlrl lUilirllrii. > I.p iimt politii
n'pst |M« pronoiirr >i>ii< iir «iinnm «id'rii i)>34i. <> ii°r*l qiip ilaiei «xi Inlaiiiciit <|iir lUchellcu dira :
- nmii graixl txMrl (|iir j'at In^II «iii» \r nuiii ilr l'alai* l^riliiidl
L\ CONSTUL'CTION 1)1 I' V I. V 1 S - C Mt I) 1 \ M. Sq
el MOU autre; ne s"ôlaiil ixirlé à liaslir celle maison avec tant de dépciises (juc dans
le dessein <|u'elle ne servira inià la première ou au moins ù la seconde personne du
Royaume en faveur même de huiuello Sa Majesté ou ses successeurs ne pourront
jamais disposer que de l'usage et de l'habitation seulement.
Plus, ledit Seigneur cardinal donne aussi à Sa Majesté, à la même condition
d'être inaliénable à la Couronne, sa chapelle de diamants', consistant en une grande
croiv d'or émaillée, enrichie de diamants; plus un calice avec sa patène d'or aussi
enrichie de diamants; plus deux burettes aussi d'or émaillé et emichies de diamants;
plus une ligure de saint Louis d'or, enrichie de diamants, plus un ciboire d'or
enrichi de rubis et de quehjues dianiants; plus une Paix d'aigent, d'or, enrichie de
perles et de rubis; de son grand bulTet d'argent blanc, ciselé, pesant ^,000 marcs;
et un grand diamant en forme de cœur*, pesant 20 karats de plus, qu'il a acheté
au sieur Lopez; à la réserve de l'usufruit tant dudit hôtel et dépendances que de la
jouissance dudit buffet d'argent el diamants pour ledit S*-' cardinal pendant
sa vie. Et pour le regard de ladite chapelle de Diamants, ledit seigneur carilinal a
déclaré l'avoir, ci devant, pai- le commandement de Sa Majesté, fait délivrer entre
les mains de M. le cardinal de Léon, grand aumônier de France''.
Quel accueil les (■oMt('iiH)(iraiiis liiciil-iis au l*alais-(iar'(linal loi-S(|u"il
a|)panil dans son neuf!' V \rai dire, il ne fui pas eiilliousiaste. (Corneille, tlaiis
le Menteur, en [)arle bien a\oc un cerlaiii lyrisme :
Et l'univers entier uc peut rien voir d'égal
.\ux superbes deiiors du l'alais-Cardinal.
Tonte une ville entière, avec pompe bâtie,
Semble d'un vieux fossé par miracle sortie,
El nous fait présumer à ses superbes toits
Que tous ses habitants sont des dieux ou des rois !
Mais Corneille est ici sujet à caution. L'historien de Paris, du Breiil, ([ui
écrivait son ouvrage au moment mémo où s'aclievaient les bâtiments de l'axanl-
coiu-, vante aussi ce « travail moderne fort excellent ». La vérité est (jue
l'œuvre de Le Mercier fut en gént-ral assez mal appiéciée, et que, lorsque
Richelieu ne fut plus là pour commander l'admiration de ce qu'il avait fait,
on ne se gêna plus pour la crili(}uer. (lomnie il ne reste |)()ur ainsi dire
absolument rien aujourd'hui au Palais-Royal des constructions du premier
1. Cette chapelle fut conservée au Garde-Meuble de la Couronne jusqu'en 171.12. .V celte époque,
elle fut volée et les objets qui la coniposaieiil fin-ent cassés; les débris, retrouvés |)ar la police révo-
lutionnaire, servirent à payer les fournitures de nos armées victorieuses. Wlnvenlnire des meubles de
la Couromie, dressé en 1792, estime à 77.'),Soo livres la valeur de la chapelle de Uichelien. lu inventaire
du 3.") avril id'iO, dressé d'après l'ordre d'Vniie d'Autriche, (jne nous avons trouvé à la l!il)lli>lhéquc
nationale (MM. If. i8..")53, fol. Cal, donne une estimation manifestement insullisaiite de celle chapelle,
quoique très détaillée. Elle ne se monte (]u'à 330,000 livres environ pour la cn>ix, les chandeliers, te
calice el la patène, les burettes, le ciboire, le goupillon, les figures de la \ ierge et de saint Louis, et la
Paix. Je (loinie plus loin le détail de celte estimation (page 73).
2. Estimé lâu.ooo livres dans Vlnventaire des meubles de la Couronne en i7<(i.
3. Estimé 100,000 livres en i7yi.
4. L'exenjplaire de cet acte de donation, qui se trouve aux .Vrchives nationales, S. iSa.'i. noimiines
eoclésiastiques, contient les ratures de la première rédaction. C'est celui que je reprixluis ici.
^O LE J> Al. Al s- lit n M.
archilfclf — rar la |iarlii' di-si^niée sous li' nniii de jralciio îles provies ost un
fragment trup iiisi^Miiliaiit .1 lio|) .l.'li^Miiv |)(iiir qu'on eu puisse jiijior, — il
fiiul nous eoiiteiiler di-s opinions ipii nous ont été transmises. C'est d'ailleurs
la mauvaise chance de ce pauvre Le Mercier, cjue presque toutes les œuvres
qu'il a exécutées sont, ou bien détruites, ou bien des arrangeinents plus ou
ujoins impersonnels de compositions d'autrui (pii lui furent imposées. On a
vil plus haut (pi'il dut, pour le Louvre, suivre l'ancien plan de Lescot. Quant
au ciiùteau d»- Hii Ih-liiii, d.m^ !.• l'oiloii, il n'en subsiste pas une pierre.
Oue reste-t-il de la Sorboiine, iju'il construisit en iG33 aux frais du cardinal
son protecteur.'' L'éjL'lise Saint- l\t)cli, (pi'il commença en iG53, ne fut pas
aclie\ée par lui. puisipi'ii iiioiuul en i(i."i'i'. Seuls, le \al-de-(lràce et l'église
de rUratoire donnent une itiée sullisanle de son talent. Ajoutons-y l'esca-
lier tic la cour du (lln-val-nianc au palais de Fontainebleau, et c'est tout,
pour le l'alai^-C.anliiial, il n'a pas élé plus lieiin'ux. Nous n'avons tpie les
vieilles gra\ures du temps (pii nous permettent de nous former un avis sur
son nionumenl. Kncore devons-nous tenir compte des entraves qui empè-
(•lu'-nnl l'an bitccle de siii\ir un plan bien arivié. et des fantaisies impérieuses
tlii ministre qui, ainsi ipie d'ailleurs celui-ci .limait à en convenir, se substi-
tuèrent <onslamnient, au fur et à mesure des constructions, à sa propre
v(»lonli''. (Mioi (pi'il en soil. rt ^i l'on ne f.iil |i,i> la part de ces circonstances
att<''iiuantes, il e>t cert.iin que je l'alais-dardinal lu' pouv.nl passer pour un
monuiufiit remarcpiablf. Il |)orlait la marcpie des indécisions les plu>i nagranles
dans l'exécnlioii. (juku a\fr nru' certaiiK' ^.Maiidi'ur, il -x'iiiliir i|ir,ni cours
tics travaux la peur de par.iîlre trop magnirupie et (Teveiller les susceptibilités
royales ail brusquement tout fait ré-diiire et restreindre. (^)ui sait si Uiclielieu,
après avoir accepte de Le Mercier le piii;,'raiiniie iinpo>-aiil qui s'allirme par
le plan de rt-dilice et p;ir les premii-res .-issises. ne l'ut pa>* liii-mème ell'ra\é
des proportions (pi'il allait a\oir et de la cible cpi'il allait .linsi oIVrir aux
accusations de ses ennemi-^.' Ne lui reprocb.iil-oii pas ilej.'i son faste!' La
puissance (jrandisHaiile qui d'aim<'-e en année lui venait des serxices rendus
h l'Ktat. ni* le mellail elle |ias (onsl.immenl dans l:i nécessité de rassuier
l'esprit sou|içonneii\ de l.oni-. Mil. dont il di'\iiiail les \e|leilis >oni'iioises
d'i-chapiMT de temps ii autre ii son joiig.' ( ie fui probablement dans un de ces
moments de crise ps\clio|ogi(pie que Kichelieii lit .111 monaripie. en ifi.'tti, le
lion lit* son palais non encore achevé, auqui-l il ajonla s.s plus IhIIcs m fèvn-ries
et <M-s dianianix. ce ipii représentai! une \aleur de plus de quatre millions
I Mdltfrr' Ir tr<-« KmiKl iiciiiibrr ilr Ir.itniit i|iril rtiviil.i nu i|iril iliriura l'ii m (|iiiili(r ilc prt-iiiirr
■rrhllrrlr du riil. !.«• Xlrrclrr iir «'l'iirli lill |m« Viiiir il' Viilrirlir iIiiI ilnniior un «Touri ili- i.rmo Wwv^
k M tirllr • itiPrr. lulrlrr <lr ••» riirniil*. rn 1O.M Cf. lo Livre df UfptiMfi dWime dWntneltf, llibliu-
tlin|UF iidlliiiialr. iiiaiiUMrll <ii|i|il. franr. ii^i^.
LA CONSTlll(.TM>N HI l'\l, \l
\ U I) I \ \ I.
'il
— soinnu' éiioriiK' ii ['('(kkiiic, — poiii' ailicxci' la (li'innMsIialloii dr son désiii-
téressoineMil. Co i'ut sans doiilc pai- un nirnic xiilinicnl de pindencc quil
anvta loni à conp la mtm' de l^c MorcitT (|nan<l il \il I aspecl (pi allait prcnflre
lo Palnis-(;ai"dinal cl (piil diniiinia la liantcnr du niDinnnonl à des proportions
(U'.iprcs l'cstiimpc de l'ereliej
cpiL n"(''laic'nt |)as d'acidid a\iM' son ('Icnduc. ])(■ iii cclli' appaicnce l'Iriquro
fl Irapnc du rc'dilicc ; de l;i ci'llc loitnrr luanssadc ri iiKiiioldnr. posée sur des
entresols trop lias: de lîi, enliii, roiaienienlalion uialadroile de la l'aïaile et
la paii\rel(' des sculpluics doril nous a\ous nu sp(Viuieu dau'^ les pi-ones
(|ui subsistent encore. (Juant an\ taules iuipulahles à raivliileele s.id. elles
lieinienl surtout h des raisons do tenipéranienl. I,i- Mereier a pu avoii ili' la
t'oree. une cetlaine noblesse d'allures, il niatupiail d'éelal, d'éiéjiance et tle
liardiesse. Son ouvre a le caractère (pii nianpie la Iransilion de rarcbileclure
si coc[ucllc, si aimable, si Mue, de noire Uenaissancc française, aux insipides
pastiches antiques de la lin de Louis Mil. Ce n'est jilus la ;.nàie pillores(|ne
du XVI' siècle; ce n'est pas encore dans toute sa solennelle et mortelle IVoitleur
rexairérationdos ordres romains entassés les uns sur les autres. L'artiste donnait
T. I. LE I'AI.AIS-I10T(
4 a LE l'ALAIS-hOYAL
le pas à la science sur limaginalion. De son séjour on Italie il ;i\ail rapporté
le respect des formules classiques, la discipline étroite (pii allait répandre dans
Paris et dans tonte la France une quantité de constructions qu'on croirait
sorties du même moule. Ln hôtel pri\é — l'ùl-il celui d"un grand ministre —
n'est pas rorcément condamné à ne présenter que des lignes régulières et des
masses symétri(jues. Il éleva le Palais-Cardinal comme on fait de nos jours
un bAtiment administratif, un ministère, une caserne. La demeure était si peu
agréaMe à liahiter (pi'en moins d'un siècle, à foice de transformations poin-
ta rondre logeable, elle fut presque entièrement refaite.
La description la plus conqilète (pii ait été écrite ilu Palais de Kiriielieu est
celle de San\al', une trentaine d'années après la uKirl du minislre. Nous ne
saurions mieu\ faire que de nous y reporter et d'en donner ici l'analyse. Après
avoir uxpliqué dans quelles conditions Le Mercier. « le meilleur et le plus solide
architecte de ni>tre temps. ■> dit-il, ruiiduisit (( ce graïui el m.ii:iiilicpie |)alais ».
il en indicpie la disposition. Du piincipal portail cpii se trouvait en face la
rue Saint- Thomas ', conduisant en ilroile ligne à la grande galerie du Louvre,
on passait dans une avant-coni- dont le plan clail k assez gentil n (pioiqne les
gens du métier la trouvassent trop petite et se plaignissent que la cour qui
suivait celle-ci (v\[ l)eaucon|) plus grande. La porte de celte seconde cour
n'était pas placée d;nis le centie du principal corps de logis, ce (pii t'Iait
anoiinal et produisait un mauvais elTet. L'avant -C(nn- c'-tait en\ii-onnée de
liàliments, mais non pas la seconde, qui était bornée, dans le fond, par un
balcon poi'té sni- des arcades ;i jour à travers lesipieiles on voyait le jardin,
« le plus grand de Paris sans contredit, après cenv du Ln\end)onrg et des
Tuileries. » Le principal corps île logis de lavant-cour, d une ordonnance riis-
ticpie, ('tait o(iu|)<'- par les ^'ijukU ,•q^pal■lenleîlt•^ ; ses aile^^ foniiaieiit . ,"i gauche.
deiiv ;.Mleiies, dont celle qu'on apjjclait la galerie des llonmies illustres:
il droilt', une vaste salle de tlii'àtre : c'i''taienl les deux plus belles |)ièces t\\i
palais. Dans la seconde coin, an conlr.iire. il n y avait i leii oii l'on ne tioiivàt
ipielipie critique à formuler : l'escalier même, dont la iongiienr ét-iit extraor-
dinaire, et qui, M p;ir sa grandeur et par sa maje>il('. n dit Sauvai. » .1 surpris
tant de inonde, » paraissait défertiieiix ii ipi.iiilili' di- gens, connue au gi'-omètre
Denargues. qui lui reprochait d être cm lu- daii> iiii coin de l'i'ililiie et de
n'avoir ni é;;alité de pilastres ni coutinnation de iiioiiiiire». Les bâtiments
de?» deux côtés de cette deuxième cour l'-taienl composi-s dniie suite d .ircides
nu premier l'-lage el d'im entresol ou mez/.inine aeri)nipai,'in'' dans ses liinne.iiix
I s«u«*i.. I.f \nti'iuilfi itf l'nrii, I. Il, p. i.'i>».
1 O n°r*l i|irii|iri-^ la iiiml ili- llirliflli'ii <|ii(<, |M>iir nii'iiîiui'r iiiu- iilatc ili-tmil li- l'iilaiii-l jinliiial,
on lU'iii.ilK IIiôIpI Slllrr;, .irlirtr ilniii cv liiil juir \f ranlliiiil
LA CONSTllUCTK.N I,U l'A (. A I S - ,: A lU. 1 > ,
43
«I 'I' .HIr „„•//,■,„„„.. I;, ,ni(,. ,1,, I,, 1,.,.;
•'■"""'■, ;-" ""■■' "'■■'■■• •■ ■..I- „;,,„„,
Lh lA..Al,-,;vn,„,AL, ot COTK UU JM,D|N, ,EI,S .t^^
(D'après l'estampe de Pcrelle)
a-cndcs iri. „ ,lil Sa.ual. „ avr Inns .M.lrosollcs, aussi hi.'u q,... ,vs proues et
ces ancres, blessent les jenv .le tous eeuv qui s'y ecnuaissenl. eonnue elant
fres mal propcrlionnées au Palais .Kun honnue .,ui a préside Ion,leM.ps auv
ailau'i's (ic 1 Kiirope... »
■"■'•I '••■'il l-.'M.Vieur du Palais dans ses .-.Innenls essenliels e( .'u né-di-reant
l.'s r,,,.p. .1., ,„,is aeeessoires. eunnne !,■ hàlin.enl silné i, .au,!,,', anu.ree de
" ' ''"'"■'"•" l""i — n.'Ml dil. .p.i ne lui jamais a,!,,... ,.| !.. ..,H.s|rue-
' ''" '■'''" '''•"'' '•'""P-v-Ku.l les ennnnnn.. euiwn,... rrunr.. .■(.... ,.-avanl
"'""" '■^'l'I""' "•■••''i''""'-^ii a^ee IVdiiie... l/.n.nuhl,. '.Mnprenail ' pas
' " ■'" ' • '^^ '^'""" -' '-'- l-l -lunr du Palais .-l du pare, ^oiei
'■ ""•"' '"'"'■"'""■ *»"--'''PI-ll''in..|(i,h..|i,.n.,.Mraisanl s.'s a,-,p,i.i|i,,„s
''" '"""""■ ^'"''' '" '"-'"■■•"P Pl'- d,.n,p!a,v,n,.nl ,p,il nVlail neeessaire •
'"""■'"■"'■ •""' "''•'■'■ ^•"•'■•■"" -'-l-'-. i :Hvr ,.., ,.;;;,; sur les Irois
'■'"'"''" ■'"'■'' ""' ind.p,.ndaM.,. .nM^lilnan. ,.„„ un eneadren.eni
>^!^ LK PAL\lS-nOTAL
n-piili- I >i' " |>1 loÏHfS de lar;.'i'iir, (lui sVlcndait t>n boriliuv, à tlroilL- sur
la riif th's lloiis-lùinml'i, au r«»iul sur la rui- NfUM'-dcs-Petits-Champs, et
à {jauclK' sur la rue df Kicliclii-u. Celle dernière rue fui ou\erle alors,
non |>as pour «untluire le niinislre justpi'à sa ferme de (iraiip^- Batelière,
comme Toid dit eerlains historiens du Palais-Uoval. allcndu (|ue celle-ci ne
lui appartint jamais >. mais tout simplement pour ser\ir de défra/jremenl. Cet
espace fut divisé en quaraiite-cin«| partie-^ éjrales de sept toises de façade
chacune. Sur ce noudtre. Uielielieu en sendil quarante-deux à Louis Barhiei-,
niaidv d'hùlel du mi et intendant ties linances. moyennant io,5oo livres de
rente foncière, par contrat «lu 17 mars iG.'iG'. i-l s"eii réserva trois pour
servir lie portes «l'entrée au janlin : une sur la rue Ui( lielii 11. parallMi nicnl
à la ^'rande allée ipii croisait le parc: ime autre du ci'ité «le la rue Neuve-
des-lVtits-Cliamps. en face de la rue \ivieii\ uii était rii<M<-l Bautru: la
troisième sur- la rui- des Biiii-<-l]iil.uits. I,a vulmite du iiiiiii-li>' cl.iil ipu-, sur
ces i|uaraiile ileuv lots de leirain vendus îi Barliier. seraient coiisti uiles (K'S
maisiiiis d'un plan luiifurnie. «pii encadi'ei.iieiil le parc et conli iliueiaient
pal' leur sMin'-trii- ,'i une di''Ciiralii>ii d eii--i'nilil('. Mais ci-tte c<indilii)M ne
fut pas respecti-e, et prestpie toutes les lialiilalions «pii s't'U'vèrent fureid
dissendilahles, ainsi «pi'on peut s'en rendre compte sur le plan ilressi- par
Ln Hois»ière en ti<~\). Ijuelipies anui'-es plus l;M<i. le 'o mai iti'ii. il relira à
RnrhiiT sept «l«' c«'s lois pour y aclievei- de consiruire IIkMcI Biclielieu, et
rétluisit la renie «pu- celui-ii avait ii lui servii- îi la sonnue de S,>oS livri-s
G S*»ls et H deniers, racliel.d)le .ni deiiiei- «'i. .lu prim ipal de «rio.ooo livn>s.
Ijouis Barhiei' av.iil réuni ii celle entreprise des maisons eiilouianl le jai'diu
i-flle ilu deplacemeiil de l'enceinte de la ville jnsipraux Itoidevards .icluel». v
compris la rcconsliiiclinn de la |ioile S.iiiit -Honore el ]■ l.ilili^-< iniiil lie l:i
porli* Micheli«>u, nouvellement créée à l'evlremite de 1.1 me de ce nom. 1! avait
Han.H doute rachelt- celle concession, car i-'est ii mi cei'l.-iin C ;li;u'les {''rofier,
!ict'n'*lain' «le la i;|iaiid)ie du loi. ipiille a\ail ele accordie par lellics paleiilis
du 5.1 novendii-e ili.'i.i. (ielui-ci. olili;;!- d.dier vile en l)eso;;ne. devait .ivoir
|)our prix du travail à faire, outre une sonune de yjj.oon livres, les matériaux
rmlnnt du «léhinicmeni des remparts, les moulins de la iiulle "^.ilnl llonoïc,
ceux «pii elaienl à r«-n<iroit où se trouve .lujoind'lmi l.i place des \ icioires et
divers autres nvimlii^^es >. M.iis les propi iel.iiit's des vi«'illes hillisses «pii
I. Ijt temtB il« U ('•raiiffp-llalpliprc apparlniall à rarclip««'<|iir dr Citiuly. !.«>» Archlv»*» ii.ilioii.ilci
ton''' ' ■ '■ I iirtciit Mir re tliMu liAlliiii'iil. «if m'tI** «Jisi .sVi/iirifrm.
■'ilr i|iic ri'Ur riir ftil IrriiiiiiiV cl n|i|M'|iV nir Vi«ii'linr.
i I -ir Ir ri<« /Hiiir pornehrifnifiil tif la clolurr ri ml/onrlion à la
>^U* ri, \tonlnMrlTt tl la I «//<• nruiv l'art». iG.tt, bruchurt* iii-i".
Pierr .t. ,, . m..i><. . .m i.,.^.ii.'t
I. V rONSTUUCTION Kl !• A I. A I S - C MU) I N A L 'lO
accruiliaii'iil Icm-i niiiics braiil.inic-; et suididc-; ■<iir les .iiicions remparts
lui crôèri'iil l;inl dr ililliciilh's, qu'il s'ciiiprcss.i iiioli.iltlciuciil ' de passer ses
(Iriiils à Uiiihicr. I,c cii-diiial, (ii le ci miprciid. ;i\ail liiiii ;i assainir le plus
■l'iRr".:*»*
y.
iî îî^ ', ■ n I!
il n n ti « ^1 M lijn.^iy, ■* « !{ Ur 'î '! S !! B^ T» "i 'l
VLE l-EBSI'ECÏIVE DL l' ILAIS ■ CVHUISAL ET DU QU IKÏIEll S\I\T - IlONOllÉ EX lC)-;<)
(D'après l'estampe de L.1 Boissiùre)
(A gauche, au premier plan, on voîï deux maisons particulières (anciennes maisons de VOiin et du ClMparu-R^iigt),
puis, au deuxième plan, le bâtiment qui devait faire partie de l'hôtel de Richelieu (qu'on ne construisit pas), où le cardinal installa
sa bibliothèque, et qui fut désigné pendant quelque temps sous le nom de palais Brion).
promptcmcnt possible les alentours de son palais, et il avait demandé «que
le marehé aux chevaux et aultres bestiaux», qui se tenait près de la porte
Sain! -Ibirioit'. fùl «transféré en lii'U moins ineoinniode aliii de iaisscr cet
endroit libre pour y bastii' et, ]y,\v ee nioven, décorer et eiiilicllir l.i \ ille » '.
Ce fut également le niolil' poiii- le(|iicl il \oidut faire comblci' .111 plus \ileles
fossés qui, de la galerie du l,iiii\i\' à la porte Saint-Denis, t'Iaicnl de \(''rilablcs
foyers d'infection, tant les eaux (jiii y cronpissaieid depuis des .uuiées recelaient
d'immondices. Ainsi, le Palais-diudiiiid dclcrniiiia rai^riindissenieui de Paris
I. Aucune piiVc d'archivé ne nous domic do délaiU à cesiijc(, (r.iillours sans iniporlance.
a. Letlics patentes du u3 novembre iCt'i'i.
|ti
I.K PALAIS-IinYAl.
tlii r<Mi' lie r()iii-»il i-l (hi imnl, à mie- <'|t<Miiu' uù la (|iu'sli()ii olail ciirorc
iiuvilaiiif s'il iit- N'ôli-mlrail [tas pliilùt à l\'>[. Cf fui <'\ idiiimiciil un liiiii.
l*(tiir i-ii irMiiir à Louis Itailiii-r. on piiil ilin' i|iiil tic lui \k\-> un ciihv-
|jiviii-iir luiiiviiv. 11 iii' ita>a pas Kidu-lii'ii, (jui lui axait xciidii. coiiiiik' il
a •'■U- «lit plus haut, K-s placfs ili-s maisons à li.'ilir autour du palais, t-t
mourut fil iti'ii in-oKalil<-. >a liaiMui dallains avci- le niiiiishv lui valut do
\inli-nlt'S épigrammis di- la part d<s L-uuemis du raiiliual :
Saclio ijuc son nom fui Barbier,
Ikinl railresse cl la siillisincc
Furent, en son glorieux métier,
Do lircr le sang de la France.
(hilir lis s,|,( |(i|s ipii' lUi liflifii ;.Mid.i, <onimc nous l'axons vu. -ur les
(|uaraiilf-riiii| places du poiutour df soii parc, il si' ri'scix.i i-urori' trois
maisons p.'uiui rcllfs ipi'il axait :i<-lii-t(''fs pour la ronstiuition du p.ilais et
ipi'il n iiil pas iM-siiiii de lain- ■iliallri- : c'il.iii iit la iiiiii.'utti <l<- /Ou/s, rue
Saint -llouon-, Vluilfl tles Mitiisi/neliiirfs et la nai/su/i (/fs litttis-hnj'unts. «ts
d«'U\ di-rnièrt-s dans la rue ilc (<• nom. l'.llis l'urcnl lom-i-s \\ des particuliers
et produisirent un ii-xenu annuel de (l,,')!'! lixres.
I>e l'alais-( lardinal, complètement ti-rminé eu iG.°{i|, était li.iiiile de|inis
plusieurs anntVs. et iM-aiicoup de personnes allaclu'-es à la lu.iisoii du ministre
\ r-laieiil lop'-es. (iomiiiiiil lUrlnliiu ,ix,iil il dispose |,'^ .ipparlemiMils.' ( )nels
iirlisifs furent emplox«'-s ii leur di'cor.ilioii !' Di- ipielle l'ac-on x xicnl-ii. au
milieu des ;iiiirulilemenls somplueiiv et des olijels (r,'irl ipili x accniiiula .''
Xoih'i ce ipir lions iilloiis mainlenaiil essaxer di- dinièlei patmi les ilucuiiii-nls
liop rares .iri.K lus ii l,i poiissirii- des archixes i-l qui se i.illaclienl ;i notre
sujet.
!.(< «KMKI Dl i:tllDI!>4t M MICIKLICH
CHAPITRE II
RICHELIEU DANS SON PALMS
La fortune du cardinal : ses revenus annuels. — Dépenses pour la décoration dc^ son l'alais. — Description des
appartements : la galerie des objets d'art. — La galerie des Hommes illustres. — Appartements du roi et de
la reine. — La bibliothèque. — Les collections de sculptures et de peintures. — Richelieu, protecteur des
arts : ses commandes aux artistes, ses portraits, son buste, se~ médailles par Jean VVarin, sa statue commandée
an Bernin. — La petite et la grande salle de spectacle. Représentations du Ciil, de Mirante, etc. — Le train
de maison de Richelieu : gages de ses «olTiciers ». — Ses dépenses pour la table, les costumes, les cadeaux,
le prix de ses soutanes, de sa litière, etc. — La duchesse d'Aiguillon, directrice de la maison de Richelieu.
— La mort du cardinal.
lA.ND on calcule les énormes dépenses de lAichelieu pour
son Pillais-Cardinal, qu'on y ajoute les sommes l'abu-
Icuses qu'il eiit;loulit dans ses autres coiislruclioiis. îi
Kiicil, au cliàlcaii de i^icliclicii. à la Soiixiiuie. el ([u'on
songe, en outre, au budget (jui lui était nécessaire pour
faire face à son train de vie ([uasi royal, à ses acquisi-
tions d'ohjcis darl cl de l(Mres, aux [jeiisioiis (juil servait îi (luautili' de pro-
tégés, ou à ce (pxil donnait si généreusement aux membres de sa famille,
on se demande comment il pou\ait suilire à tant de prodigalités et où il
Iroinail rargenl puiir- iiiic profusion si niagiiirKpie. L'étomiemeiil augmente
lorsipi'on compare la situation linancière du premier minisire, à dix ans
d'intervalle, son l'tat de gène, par exemple, en itiiy, alors c(n'il était sans
ressouices "a A\ignon, el le l'a^l^■ (|ii"il (i('|)lo\a à [larlir de Hi.'io. Il i-sl vrai ipie.
^8 LE P\LVlS-nOVAL
pour mener ^raïul train (cest bien là un trait de st^n carailèro). nous le
voyons encore à cette époque, en i6ji). emprunter sur ga-.a's i^'i.yoo livres
il un certain Jean tie Clioisy. à (jui il liomia en jrarantie des bagues et des
pierreries. Les papiers tie son secrétaire et intendant général Le Masle nous
montrent tpi'il rendit cette sonnne deux ans après, le I3 lé\rier iG3i, court
délai ipii indique son rapide changement de fortune'. Hicbeiieu cependant
était intègre, et il ne send)le pas avoir jamais détourné à son profil les fonds
de l'Ktat. Dans >es Mèitmirts, il alVirme n'avoir pas même re<;u de Louis XllI
une si'ule fois la réconq>ense monna\ée de ses serxices. « On n'en trou\erait
pas, n dit-il, " la moindre trace à la Oliambre des comptes'; » et M. le xicomlc
il'Xvenel. ipii a verilié cette allirmation, la reconnaît exacte-', (lonnnenl, dans
ce cas, le canlinal pul-il acqnéiir en si peu de tenq)S tlaussi colosi^ales
richesses.' Sa grande ressource lurent les bénéfices ecclésiastiques (pi'il se fit
attribuer, priein'és, doyemiés, abba\es, dont il ne i-enqilissait pas U-s lonclions,
mai» dont il touchait les rexenns, si bien qiu' le^ ^^,(^00 li\res de n-nles
|)ossé«lt'os par Uichelien en i(i>'i étaient, en id'in, dexenues ."ioo.ooo li\res.
(/est un joli chillre, et ,i\ei- ce budget ainniei le cardinal eut de (pioi se
permettre bien des folies. Il s'en piixa si |)eu (car il n'eut pas, comme Mazaiin,
l'amour de l'argent pour l'argenl, il ^\^■ |ilii> il l'Iait généieux) (jne la plus
grosse partie de sa foitmii' s'c-xaiioiiit .imc lui. el que ses héritiers eurent
les plus grandes ilillicullis, counne nnn- le m iiuns, ;i régler sa succession.
f.e budget de ôoo.ooo livres d(jnl disposait annuellement Uichelien, nous
ponxons l't'-tablir d'une façon pii'-cise giàce ;i un docninent conseivt' à la
Hibliothèqni' nation.ile. M. (i. «1 VvcikI. (|iii. dan^ m'>< Ihmux Iraxanx siu'
le cardinal, a Iraiti- s|ii'M-ialenienl celle (pieslinn, cuncliil qiir le budget
perMinnel du preniii-r miiiislre l'-lail d' lioi^ iMillions de liMes |i;ii an. « (pii
correspondent, .. ajuule-l -il, .. ii dix liiiil iiiilli'ui-. di- IVaric- aiijiMirci'liiii. — la
Unie cixile d'un grand souxerain '. » (/est là, cerlainemenl. une rx.i^ji'iation.
!.!• docmneni dont nous parlons' fournil l'ét.il presque CMinpI.I du rexenu
lin cardinal pour fannee \[\\-x, — i" biens personnels: ■>: domaines veii.uil
du mi; .1 iN-m'Iices ecclésiasti{pi(>s, — el ddiirn- un lulal lir "iS'i.iiyy livres
s«' décomposant ainsi :
I \\\y.>» VV.nMt\r\v.iA : Ihtrht' ili- /fiV/ir/tVd (coinpreiiaiil faxe la \ irieii<r. I.e Chillun.
(Ihâlrou NtMif, CosHon c-l Ik-aurcf^ard. Hessux, Ci/ejjeau, file Koucliard. le cunilé
t\f la (;ha|H-llc ik-iionK, Suiixer, l'runuMX l'I le Mai^inol, (;iiaMq>iKHx. {:u>sax,
I Vrrlilu-* ilu iiiitalru ili- ItU hrllrii. Ktuili- ili- M Uu.iiit
1. Itii iitURt. Vrmo&c». I I", |i. iNii.
^. VUmiilr ii'\tK«Ki., lUchrliru el lu monarchie abudue, I. I". p. îi.s-îii.
\ Vliiiinlr ti'V«K«tL. IIM
j. Illbikiiliniii.' imIIoimIi'. MM, If 3^,',^.
HICnri.lKL DANS SON l'VI.VIS
19
Cravaiil cl I5alls^^a^ ). anV'iiiU' à (li\ers, 38,ooo livres; — Duché de Fronsac (comprcHant
Fronsae cl (loulras, licauforl, le Hanail du bec de Fronsac, etc.), 29,700 livres; —
J{ueU (aflermé aux sieurs Hurot et l'ouvre), 9,3oo livres; — Baronnie de la Ferlé-
Bernard, iS.ooo livres; — Terres en Sainlonge (comprenant la principauté de
Mortafïiie. le comté de Cosnac. les baronnies de Barbc/.ieux, de Coches, de Saint
Anson), '|0,3oo livres.
a" IIkntfs kt uomainks siu 1,1: noi : Ucntes sur les /|0o,ooo livres des cinq grosses
formes coiislituées an caKliiial eu i(13(i. (i.i.dCu livres ;-- domaine de Pontoise,
.i \
*" f f f f
-ik <ff X' st- ^ 'M^itf
al À r.uiuatintc. — Biblloth^qu
aie, Collection Destjillciirs)
12,000 livres; — le Tablier de La Uochello, ■10,000 livres; — places pour bâtir des
maisons autour du Palais-Cardinal, 8,208 1. (i s. 8 d.
3" Bénéfices ecclésiastiques : Redon, 8,000 livres; — Saint Pierre de (^liàlons,
i3,ooo livres; — Item, 11,000 livres; — Saint Riquior, S.oiin li\res; — Chevin-
court, 2,000 livres; — La \ aulchy, 18,000 livres; — Saint-Lucien-dc-Beauvais,
25,000 livres; — La Chaise-Dieu, i5,ooo livres; — Armoustier, i3,ooo livres; —
Cluny, 33,5oo livres; — Gevray, 12,000 livres; — le Prieuré d'Aunav, 3, 800 livres;
— les terres de Mazebuy et Saint-Ilippolyte, 7G0 livres; — le grerte tle (Miiny,
(ioo livres; — Coussay, 2,100 livres; — Signy, 20,000 livres; — Saint-Marlin des-
Cliamps, 33,000 livres; — le greffe de Saint-Martin-des-Champs, 3, 000 livres; —
Cîteaux, 38, 000 livres; — le Clos de Bogan, 18,000 livres; — le Haras de Cîteaux,
3,000 livres; — Chezal-Benoit, 3o,ooo livres; — Prémontré, 18,000 livres; — Saint-
Ariioul-de-Metz, (i.ooo livres; — Saint Maixanl, 12,000 livres; — la portion des
deniers payables sur les blancs-seings de Son Imminence, 20,000 livres. — Total:
584,977 livres.
T. I lE PAIAIS-nOTAI.. 7
5o ir PM, \is-ni>Y\i.
Sur ce rhilTio, il faut il.'-iliiiii- mio siMiiiiii' de 83.970 livres ronsliliiant
rcrlaiiios cliar^'i-s di^s l)t'm''rR»'s, lolU-s (|uo |)cnsi<ms. fiiln-lioiis ilos moines
de Cîteaii\ el aiili«'<, n'itai alions îles i'fniies et al>l)aM<. l'ie. Restait un
revenu net de ôoa.joo li\res au eardiiial de Kielulieu. Il tant ajouter que le
document dont nous extrayons ees «létails ne mentioiuie pas les revenus
provenant des <:ouvernemenls di- Hretajrni' cl «lu llavie, ses appointements
de premier ministre (00, 000 livres par an), ses droits damirauté (3o,ooo livres
par an), les droits sur les sels de Hrouage (allermés 8'i,ooo livres), les
rexeims des pralères, ete., ce tpii pouvait bien porter !i près de i,5oo,()(iii li\ ns
les revenus annuels »lu cardinal. C'est la nmitié tlii chiffre donné par M. le
\icomte d'AM-ncl. Ce n'en était pas moins une foilune immense, olVranl le
iNpc d<' la <itii;ili>iii il laiiucllr poiisait parvenir alors un -impie pailiciilifr
par la fa\eur royali', mai>< mu' lorlmii- ('•pliénit-ri' et iir-pendanlc. puisipiClie
s'éteijfiiait avec celui ipii en était rohjrt'. Kncoiv une j'ois. lUclicliiii n'était
pas économe, l.or-ipi'il niomiil et ipie >a nièce eiilexa du l'alais-( laidiiial
ji's meubles qui lui appaitenaient. la reine Anne d'-Vutriclie lit épit-r par sa
police les voilm-es (pii opt'-rèient le déména^'emenl ; on croyait que «les sacs
rempli- d'or se trouxaient cachés là. En réalité, les comptes de la succession
furent des plus laliorieuv. Le caidinal laissa :>..7}CA\.-'>'i livres de (iciles. Poui"
les payer, il fallut \enilie une partie de ses meuliles. Son nexcii. le A\u- de
Hichelieu. dut N emplo\ei- aii--i pcmlaiil trois ans le tiers du icxcnu des
biens en fonds de terre fni ."lulics (l>«iil il lii'iiia. i-r ipii (ioiiiia S(i>, 'i.'f'^ livres.
On pa>a le reste comme on put', ci ce ne lui pa- l'acilc. car le iroiivciiic-
nient roNal en usa d l'ti'an;.'!' soi-|e avec les dciiicis du cardinal. ( )n en pciil
jii^'i-r par ce fait (pie non seulement on ne remboursa pas ii ses hiriliers ce
ipii l'-tait dû au minisli'c, comme les |)('i.ooo livi°es de ses appointements
din.inl l'aimi'e lO'i'. et rar;.'eiit avanci' par lui an Trésor, — 110.000 livres
;iu\ l'ilats de Hollande, 'i.'-'. ''•"'•> livres pour la marine. 1(17.1 '|i livres pour
les fortiiîc.'itions de nron.'i;.'e: total, y.'Jo.Ki i livre-, - mais ciicoïc cpie l'on
mil la main sans scrupule sur une somme de i , 17 '1.000 livres ipil lui Imiivi'e
nu Havre de Cràce. 011 Hichelieti l'axait di-posée par pii'vovam e. Snus pré-
texte que Cil ar;.'enl était « nécessaire aux besoin- du lovanme «. Ma/arin
I. (î. ^'.^vr»r(., HirlirlUii ri lit mminrcliif nlnuliir. l. I", p. 'm.
ï. hatit VliK-rnliiirr ii|iri-« il«-<<-4 di- l.i- M.i^lc, prlriir il<-i ll.xli.-», en ifilVi fi voliiino^ mnnn<;crlt<i,
\rrhl«n •!<• rv^Ulniu.- |»ililii| il i-,| clil <p M.irliuni' la (IihIii-shc irK»uiiilli>ii. ry^lcxanl liilrico cl
oiliiiliiMralrUr ili- \a imtviiu l ili-.. Iiicii« du «lue ili- Kirlicllrii. 11 cnipliiyo i-ii (Irspi'uci's plus di-
M.».,.».. |l«ri-< i|u>lli> dit n»((lr \ta\n'* 11 Inripill di- In <iuni-v.iiin duilirt di-ITuiK I Ml;>iiiur cjiiclinal.
À dlurr» |Mrllriilirr« ri riilr'nuinxi n di-» ninricr» i-l •■iilrrpri'iii'tm <pii nul h.iMiilli- iinv lia>liuii>uts
diidii I drlTuiMl »iriir mrdiihd dont lit (piillniiri» i-l pi.ir^ jiKlilli jilUcs du roiilinlrc diiiliuMit cstii"
r« 111.1I1K dndii I di-lTiliii 1 «ii'ur ili-» l|iirlii-i i)U *>ilH Mi-Wi-^ ■•.
«> d<K-uiiirnl proiiwT.ill ipir U\ Trait «If coiulrurlioii du l'idiii» Canlinil l'I lii-iil Inju ilavdir
^1^ «oliln il la iiiori dr lll< lii-llni.
UIIII Kl.IKL IIVNS Sun !■ \ 1. \ is 5l
11' pril m allc^iianl i|iiil sorail iviidii plus laid. Il no l'ut, scuihle- l-il,
jamais icslltiii''.
Ces dclails sur la l'uiiuuç (k- Kicliclii'u, cii inuiiliaul les ressources dont
disposait le puissant niinislic, ^()nt nous permettre (!<• nous inieu.v rendre
ciiniplc (les dépenses cpiii put l'aire au l'alais-( Cardinal et des eimditiuns de
son train de maison. Mais dahord pénétrons dans l'intérieur de la demeure
el vojons eonimenl étaient disposés les appartements. Sur ce point, les
rcnsei^^nenUMils ont tonjonis été insnili-^anls. Parmi les descriptions des
contemporains, il ii m es! aucune oii soient di'peintes les elKUuhres réservées
à la \ic intime du cardinal, a\ec le souci d'en reslitui'r. pcjur ainsi dire, la
pliNsioiiomie morale en même teni[)s (pie le crili' pillonxpie. l'oint de ces
lalileaux comme nous les aimons tant anjourdlmi et où s'animent si bien, dans
le cadre de leur existence familic-re, les maftres d'un lo^is. Pour (pii ce|)endant
[)lns (pie pour Kichelieu \oii(lrail -on pou\oir tenter une |)areille é\ocation!'
.\est-ce point surtout pour les liommes de celle trempe, cpii (xxupenl dans
riiistoirc une place si grande, qu'il est inléressant de rechercher si les lieux
(piils ont habités, les uuu'ailles qu'ils ont touchées, les meubles dont ils
se sont servis, les menus objets (pie leurs mains ont caressés, ne |)euvent
d'aventure rien trahir de réiii;.:ine de leiii âme? (lonmient se fait-il cpie de
tous les personnages (pii du \i\anl du ministre Iréquenlèrent le Palais-
Cardinal, il ne s'en soit pas nnconlre un seul |)onr nous le dépeindre dans
son logis, avec les meubles (juil pi( l'eiail, au milieu des tableaux ou des
statues dont il s'entourait, nous indi(|uanl sur les habitudes du grand
homme telle particularité qu'il serait utile de connaître;' Aucun mémorialiste
de cette époque, pas même les écrivains de son entourage immédiat, pas
même son favori Boisrobert, n'ont pensé que de tels détails intéresseraient
la postérité. .Nous ne savons pas au juste dans (pielle piice dn Palais-Cardinal
le ministre travaillait, où il mangeait, où il lecevail: ni si sa ni(''ce, la duchesse
d'Aiguillon, a\ait un appai-tement dans cette maison (piClle diiigeail. ni où
se tenaient ses secrétaires. Sans Vln\ciil(ii/e, encore inéilil, dressé après le
décès du cardinal-duc, nous ignorerions C(jimneiil étaient meublés exactement
ses appartements privés, sa chambre à coucher, ses cabinets (pour nous
servir de l'expression (pi'on employait an xmi' si((le), et où étaient placées
ses collections de tableaux. — il en a\ail pivs de deux cent cin(|uante, — ainsi
(JUC ses nombreuses sculptures oiii.inl loiiles les parties liii palais. Il \ en
I. Mûinoircs (lu pioir» iiili'iiti^' iiii xviii" sin-lo par lo iiiairrliiil ilc Kichelicd ini\ piopiit-luircs dt-s
niiii.soiis (lu l'iiliiis-ltc)>ai. Les pii-ci-s de pi-orédiire de l'C pnxrs iiu-iiioralilo, (pii no dura pas moins
de \iiigl ans cl ne Tiil jn^'t' ([d'en i7Ô.">, son! pleines de reiisei;,'iienienls eiirienv s(n- la siiccessiDn
du i-ardinal el sur les CDinptes de liilelle de la «Uieliesse d' Vi^iiilloii. Voyez pins loin, eliapilre III.
pni^Os I 2o- lar.
5a 11. PAI. M s- HOYAL
avait dans une poliU- salli- l)a>se qiiOii trouvait à gaucho on outrant, « sous
la chaïuhro ol rabini-t do Son riniiiioiice. » Il v on avait dans « l'appartonionl
voit » ol jii>(|u<- tlans los doux gardo-nieuhles où l'Iaiciil nl('-^nôs los objets
sans oinpioi.
Pour ne point nous pordro dans lo dédale des iiinoinhralilos jiiècos ol
galeries du palais, rappolons-on d'abord soniinaironioiil la lopograi)liii' ol no
nous arrêtons (|u'au\ parties principales. En nionlanl par lo grand escalier qui
se trouvait, connue il a été dit. dans Tangle i\*y la den.viènie cour, ;i dioile, on
tiouNait, an picniior étage, les pclils apparlenient- (!<■ KiclielifU, comprenant
tout un côté du corps do logis central, ainsi (pie la pailir qui séjiarait los
douv longues galeries de l'aile gauche; on l'ranchissait d'aljurd iiiio salle de
ivception loulr Itiidur de iapisscries admirables, ornée de statues de mariire
antiques, et, après axoir traversé deu\ pièces, dont l'iiiif ('luit culièicment
décoix'o do blanc, on arri\ait ;i la cliand>re du cardinal, l;u|nilli' ii Clait ni
grande ni >onq)lnfn>.c. Iciiclnc de lapisseries ;i \ordures et oriu'e dune grande
cheminée a\ec niédaillcjii ii la nioile du tenqis. Nous savons, |)ar les |)apiors
(II- Le Ma^lo (pie la décoration de celle cband)re, due au peiiilre Nicolas
I)iirlir*ni-. (iinqjreniiil im plafond Mqierbc, -.wvf mi'daillons représrnlant des
jfiiv d'enfants au milieu de cartouches ii fonds d'or cl d'azur.
Tout auprès se Irouvaient ic la chand)re du bain o el la «liapelle. Ces
nppailemenK occiqi;iiiMil riiilci\allc des deux longur^ gali'tic-- ([iil CdM-li-
tuaii-nl l'aile gauche du palais d ipii ('laienl de \(''iital>li'«; miiis('ts : la première
régnait le long de l'aNanl-conr cl abonti-isiiil à la rue S.iiiil-lloaoré: la seconde,
désignée sous Ir iidmi de (iulrrif dis Ilunuiiis ilhtslrcs. allai! jii^iin'aii jardin.
Li's entresols, >ilués au-dessous, étaicnl habités par les <( oiliciers » de la
maison du cardinal. OuanI à l'aile droilc i\\\ palais, elle était foiiiK'e également
par dou.x corps do bàtiniriits : celui de raxanl -cour é'Iait la grande salle de
s|M'ctaclc. celui de la deiiviènie coiir. Iivs sp.ieieMx. mm \ail à (li\eis logements
el l'tait occupé à son evtrt-mih', du (ôh'- du jardin, pai la |ielile salle de
conn'-die inanginée eu i(i.'{."i. eomme nous l.iNdtis mi pié'e(''(|eiiiiiieut.
(iM.I'lUi: |)I> Itll.ll'T^ |)'\in"
Ke\enon- mainleuaMl din^ li-^ deux ;.'alcriex de l'aile ^r.niehe : c'est, avec
la grande si||r i|c specl.-icle, hi seule partie du jialai^ (|ui, du \i\aul de
lUchclieu, sendtle ,i\oir ('-lé- (|Ue|qui- peu eciuuue ilu |iul>li( . Le eaidiiial mil
tous M»» wjins à le> i lubellii . (,.||.- .1,- l'av.uil i .au élail ■■ la plu> riejie el la
mieux enlendiie de l'ari- ". dit Sauvai, (|ui ne la vit po irlaiil qu'il mu-
IU( III l.lll |)\S-
53
t''IMH|iit' ()(i, (K'puuilléc (li'îi olijcls d'art (Imil cil.' axait «'li- oiin'-c, elle ii'olîrail
plus son liiillaiit aspect. Lo mriiic l'crivaiii (li'tlaïc ([iic (■('•tail ci- (|ii(' Richelieu
<,'OÙtail le |)liis dans son palais, cl ajdiilc (pic, si la iiKJit ne Tavail point si
proniptenicnt enlevé, il se résersait d'y entasser tons les chefs- (l'œuvre
£MJ.\'ENTIS.<IS\^^ .,...,v..,
CARDIN ALI DVCl D¥. R1CHÏAAM.V
DECORATION DE LA GAI-EniE DE!^ OIIJETS D ART AL PALAIS • CAIIDINAL
(Composition de Philippe de Clumpaigne, gravée par Michel Lasnc)
(Bibliothèque nationale. Cabinet des Estampes, C, c. j t. a. p. 74)
aiiticpios (< cpie son pouvoir on sa curiosité lui eiisst'iil pu iduniir». ^()ici,
an surplus, la (li'^^ciijiliiiii (pTII vi\ iloniic :
Mlle ('toit rdurdiiiiic il'iiiic \(iùti' à tond d'or, |)cinti' en in(i>aï(|ii(' cl riitouréc
(le bustes de niaiiirc, t\v l;iiid)iis et de |ui\sa;^cs, Iciiuiiu's par mir anlnlravc. une
IVisç et une c(niiiclK' (|iii rt'gnoiciil tout autour. La plupart de co |)a\sajj:c.s a\ oient
('t(' peints en Italie par d'eveelleiits ouvriers: tous, à la \('ril('. n'i'toienl jias d'une
('jçale force: j'\ en ai \ii |)oiiilaiit (piel(pies-uiis (pii iin'ritoii-iil l)ieii d'èlri' eoii-idt-rés
atlciiliNCineut et ipii |)ii'^enlemenl sont ou caelu's ou d('eliiré>; iiiai^ cflle liellc
frise marine (pie liernard ' a\oil l'aile de hlaiu^ et de noir sur le iiiaiileau de la
clieuiin(''e, ut ([ui a ti'onipé t(ju» ceu\ (pu l'ont coiilempK'e. celte Irise, dis-je,
subsiste toujours et trompe encore tous ceux (jui la regardent : il n'y a ([ui que ce
soit il «pii de près aussi bien rpie de loin elle ne paraisse de relief, et eidiii tpn
I. (JtU'l est ce Bernard!' Ndiis ne ((iiiiiiiissoiis ili- l'i''|)(i<iii<' de Iticlicllcii tiu'iiii seul iiciiilii' de ce
nom, Samuel Uernard, père du trlébre llnancier, et (|ul lui nieiid)re de l'Vcaili'inie de |K'iu(urc.
Mais il e:>l né en lOi.'). il eut t'te' bien jeiine au nionieiit un le eardinal l'aisiil tléeurer M)n iialuis.
O'i I.E PALAIS-BO\AL
n'avoue que cette copie vaut bien l'original qu'on voit à Fontainel)leau. Mais lu
plus >u|R'ri)e partie de ce beau lieu éloil la voùle peinte et conduite par Cbanipaigne :
des blancs et noirs, des tableaux, des rostres imités de l'antique, et îles cliilTres
du cardinal de Hicbelieu, environnés de lauriers, étoient répandus dans celte voûte
sur un grand fond d'or feint en niosaùiue. avec autant d'ordre que d'esprit, et
toinposoient ensemble comme une sorte de panégyrique à l'honneur du maître de
la maison. Il n'y eut rien dans cette voûte de la main de Champaignc que les
tableaux : tout le reste fut exécuté par d'autres. Chacun trouva l'ordonnance
entière bien concertée, et les tableaux plurent à tout le monde, surtout au cardinal;
car on tient <pi'il pi'ciiait plaisir queUiucfois de faire réciter à Champaignc l'histoire
de sa \ ie «pie ce peintre a\oit re[)ivsenlée dans la \oùte d'un bout à l'anti'c. Mais
tant de belles choses ne sont ()lus et ont disparu i'i m» veux depui> iiucm a désolé
ce portiipie, afin tl'y pi-ali(pier un appartement [nmr le duc d'Anjou, ipii ne lui a
presque pas ser\i. et même n'est encore que commencé, et qui pis est ne sera
jamais ni commode ni achevé: en voilà déjà une partie de rétablie, faisons revivre
l'autre.
IMiilippi- de (;h;unp;ii;:Mi' ' fui de tnU". Ir- |H'iiitrcs de smi leiiiiis cchii ipie
Itiilii-iii'u hiinnra de la |llll■^ prr'-i'^l.iiite faveur cl (Imil le laieul (< >iiveii,iil
le mieux ii ses goûts. Il I av.iil prolé-gé dès sa jeunesse, alors (pie l'aitisle,
venu de Ihiixelles ii l'aiis, av.iiil à peine vingt ans, s't'Iaif vu liienbM coiiliei-
divers Iravaiiv i\f diruialidu au palais du I.iimiiiImmii;^ jiar \laiir dr Midiii^.
I.e cardinal r.iiniait pour son oiieissance ii suivre les progiamines de cnnipusi-
tiiiii ipiil lui ilonnait; il adinirait ses éloniiaiiles facullés de tijuail et tlassi-
inil.dioii, sa facilili-, sa niodeslic, la prultiti' di- son ciraitère et la dignih'
lie •'.I tenue, .\juuloiis il <-ela ipi'il ne le payait pas cliei', ((MUine 1 alteslent
quelques n rus du peintre à Le Masie, prieur des Huches, ipii n'-gla presque
toutes les ilé|>ciises du Palais -Cardinal. \ ces diveis litres, |in ilialiii'incnl,
Hiclielioii le pn'féra ii Simon \oiiel', ipii l'-lail poiiilanl alors le chef de m. Ire
école et diins tout Tt-clal de s.i ri'piilalion. I\ir une de ces faiilai'<ies (pu
ii'apparlieniii-nl qn'.Miv gr.'iiid-, il ne craignit pas de nieltre en conciiri'eiiie
«•l sur le iiiéiue pi<d lis deux aili-'lo : le pi-inlie glcuieiix ipi'on accalilail
alors de coininandt-s, i|ui vaiiileiisenieni se compar.iit an l'oussin, et le jeune
lioinine iMicore ignoii', cpiam ui livre lian^cendaiile n'avail encoïc signait'
il ralli-nlion. .Simon \ oint eut ii orner un des ciMt's de la voùtr de la grande
pilcrie des objets d'arl, laiidis que ranire ccMé- fut léservi' ,'i l'Ii. de Cli.iin-
paigne. (!e ipie loiiN diiiv lepréseiitèrenl dans l.ur conipo»iii,in, nous ne
|xMi%ons nous m undu- rc.ni|ili- ipie par les graviins i|iij ,11 funnl faites ïi
l'i-piMpie : eiicoif di- 1 elle-, ri m po^-idons - nous qui dt- ini.iicauv di'laclii's,
I. Nr l'ii 161», morl rii il>7i.
1. Kriiiiik^, Hnlrrlifiiâ tur /<•« l'ic» fl Ifi ouvnujf iltt /iIm esccHenlt iiemlrcM, i7aj, l. 1\. |i. ilii.
!<liii<iii ^iiiirl, iii( rn 1J9U, rut iiiiirl cii i*>\\).
Hl( 111 I I 1 I ll\S> SUN l'VI.VIS 55
t|ui lu- l'diii iii--ciit p.i'^ ait cuiiiiilil rinilii'.'ilioii ,\rs snjrls |ii'iiiN sur l:i miùIc.
Los l'cprodiiclidiis piililii'cs dans ce voliiiiic m (loiiiicii ml iiiic idi'c. Siinnii
^tlll^t. Iiiiii iiiiilah^iii- des arlisli's de la (l(''c;id('MC(> ilalicimc, s'aijpliciua à
iiiniilrci- l'illuslrc iiiiiiistic (•iil<nir(' de li^iircs sviiil)()li(|ii('s. de \ icioircs, de
\ crlus jiiKM'i'iî'ivs, do (i<'iii('s siihjii^iiaiil les l'assioiis (h'cliauK'os; (<mlc sa
rlu'l()ri(|ii(> d'omprunl, loulcs les ('■lo^^aiicos hoursnidloos do son rôporloiro
do iu}lli()lof,do siirannôo l'uronl oniplovôos h r('l('!)ror la frloiro du caidiiial
dniil il tiaca le poiliaii. dclxMit ou assis, la main appinûo sur la spliôro
ol UK'diianl dc\ant la (MiI<' du monde d('plo\(''o dr\anl lui '. \\vc aiilaiil
do rodondaiico ol (rim piii((\ni plus loui'd, IMiilippo do (lliauipaij^iio. Iiiul
aussi ampouli' d'aillours, appoila [ilus de pi('(isi()ii dans la si'iio de ses
panuoaiix. Los piinripanx ('vi'iionionls du mim'sh'Tc de HiclicHiMi ruionl le
tlit'ino sur ioqiiol il imiI à oxoroor smi inia::inaliiin mal (li'li(''o cl peu lailc
pour ce «icnio d"apotliéoso. (l'ôtaionl les piomioi'os coniposilions Av (pnlcpn'
importanro (pi'il lui arrivait d'avoir à oxôcutor. il dut on ôprouvor un pou
(rinipiiôtudo. Lo voisinage do Vouet, célèbre et sur do lui, n'était point lait
pour lo rassurer. Mais le cardinal le soutenait de sa confiance et, trouvanl
dans sa jeunesse la docilité dont il avait Ijosoin, s'ofTorrail d'inrukpior à
son peintre les idées qu'il souhailail \()ir oxprimor sur les miiiaillos de cotio
galerii'. Lui lil-il xraimonl, dans cr d(>ssoiu, apprendre par oieur, oomme lo
dit Sauxal, llnsloiro de sa vie? Cela sonihlo oxoessif. >Lus qu'il lui ait dicté
les sujets, (pi'il ait hn-nième lixé les scènes où il voulait se voir jouer les
grrands rôles, qu'il ait fourni et imposé à l'artiste des alléfrorics dont lo sens
vairu(> ol ampliigonriquo devait répondre, sans doute, dans la pensée du
canlinal, à des évc'iiemeiils pi(Vis on à do secrètes satisfactions d'aniour-
propre, on n'en saiirail doufiM-. Une de ces compositions df Pliilipi»» do
Cliampai^ne, o-rav('(> j)ar Michel Lasiio, nous montre Uiclioliou assis dans
un l'aiiliiiil, son coi-ps maiffre à poin(> dislinel sons la |)ourpre cardinalice,
lo regard perdu dans l'espace; derrière lui sont lo dieu do la guerre, coilVé
d'un cascjuo, armé d'un bouclier, et la Navigation, tenant do sa main gauche
une voile gonflée par les vents. Aux pieds du miiiislre, une femme à demi
agenouillée jette des Heurs et dos fruits, auxquels se mêlent les dépouilles
dos ennemis vaincus, dos cuirasses, une épéc; à droite et à gauche sont la
^ igilance el une ligure cpil doit ropr('senter les bieid'ails do la paix, car elle
s'appuie do la main gauche sur un lion, emblème de la force, et dans sa
main droite elle tient dos bijoux, ^olalll dans les airs, une Honomméo fait
I. l'aniii les '17X l;il)lc;iiix (|iii. à la fin du win >ir( li'. ruiciil \ lus eu \ 11 •.'!(• le no par le «lue
cl'Orlraiis (l'IiilIppc-K^'alilcM. nous MTiiin> li;.'Uii'|- un lalili'au i\r Sii 1 Nourl. I,i l'rililcnci- iimèm- tii
l'iii.r ri l.Miitiiilniitf, qui dcxail l'Irc piolialiinui'iil uni' ili'-- {■iiuipiisilii>us cmm ulirs par raillslc pour
celli! j,'aiorii'. où se trou\c-t-il aujourilliui, aprrs laiil de xicissiludcs.'
LE PAI.KIS-ROYAI.
releiitir sa trompette et apporte le chapeau île eartliiial, tandis qu'une Victoire
accourt, a^allt dans les mains la couroiuie ducale et le rameau du lri(»mplie.
Outre les meubles df pri\ (pii ivni|)li--.aieut cette galerie, on \ voyait
une quarantaine île sculptures, la plupart antiques et qucKpies-unes copiées
d'apivs l'antique: de»; huiles de hron/e ou de marbre polychrome sur des
piédestaux également de marbre île tpialre pieiN de hauteur. 11 y avail lit.
notamment, une Diane de cinq pieds de haut, une Junon de trois pieds
trois pouces de haut, deux Jùliio/iitiuus, dont la tète était de marbre noir
et le buste en albâtre; une /•'iiits/ifir. un /itirc/iiis, un Apollon, des tètes
d'enqu-reurs, tels ipie Marc-Aurèle, Adrien, (lommode: les bustes en bron/e,
moulés sur l'anlitpie, tle Stilnn, Marcellus, Diugî-ne, IMalon, Socrale, Démos-
tliène, etc. Nous re\iendrons d "ailliMu> plus loin sur celle adiiiiralile collection
d'antiques réunie au Palais-Cardinal.
(.M.KIUi: 1)1> ll(iMMl> II. METRES
\m Cdlfiif lies //((//////(S- tllii.\f/i"i Taisait suite à celle qui \ienl d'être
décrite et n'en était sé[)arée que par la chand)re du cardinal. Klle régnait le
long lie l'aile gauche de la deuxième cour, l u peu basse et étroite, elle était,
«•n oulie, insullisanniicnt ('clairt'e, cl riiiiniidilt', en ccitaines parlii'>. y cul
en ipielques années raison des motifs de décoration (pii y lurent jH'ints.
O'esl datis cette galerie i|ue Ilichelieu conçut le projet de faire repré'senler
l'imngc en pied di-s h('ros de nuire histoire, guerriers on hommes dl'.lal. île
tous ceux (pii a\aicnl conliibui- p.u- leurs verlus ou leur génie à faire la
France, l/idé-c ne manipiail pas de grandeur. ( !e (pii élonne, au premier
abord, c'est le choix des personnages auquel s'aiivl.i Uichclieu apics nnnes
n'Ilexion^. lin %oiei la lis|(\ suivant l'ordic nièuie occupi' pai' les porhails :
I. bidtlH' .Sii'^ir. iiiiiiisire iiriliil simis |r ini i.uujs \ II. — ■>. .^iiiMUi tie MimHnil.
«uiih|ii(Mn- ili'H AlhiKeiiis muin l'Iiilippe \ii;.'ii>le. — .'5. (iauelier .le ( liiilillon.
roniirlalilr de l'riuice Mins six rois. — V Herlnun! Du (iuesclin. cnimélidile de
Kranrc soiis les rois Jean et (Charles N. - .">. Olivier de (ilissnii. i niiii('liilile de
Fruiici- sDUs les mis (lluules \ cl (lliarle- \\ (i. .Iimii l.e Mciiiijie. -un né
Iliiurimnl, nian'chnl de l'ranee suns le- mi- Clunlo \ cl Cliinles \ I. -. .kan
llnslard d'Orléans, eomle de Dnnois. liciilcuiinl ;,'c'in'iid des années sous
Charles VII. S. Jeanne d'Vre. surniuiunée l'in i lie .1 ( li ii'juis. — »(. l.e cardinal
il'Anilinise. •.nus boni-. \|. CJiiirli's Vi|| d l,uiii> \ll. m. Louis de La Tréninjile.
KéniTnl de l'arniée du roi soiis Chm |r> \lll, Luiii- \li cl l'i ançois I". — ii. (.a-lnu
de Knix. général des années iln mi l.c.iiis \ll en ll;die. im. Pierre rcir;iil, ou
le rhovolier llnxnrd. sons <;harlcs \lll. I.oni- \ll cl |ian(,ois 1'.— i.?. Charie-
un: II II. 1 1' r n \ n :
1 > 1- \ I \ I -
(le Cossi', iii;iiv<li;il <lc Ii.iikc mmi^ llniii II. l'i.iiirni- Il il Cluiili^ l\. — i',. Aniii;
(le \|(M]liiHncii(N, (■iiiiiii'l.ililr (le l"r;mfo suiis les rois F,oiiis \l|, |-"r;iiic()i.s I",
llrini II, l'i:iiir.)is |1 ,■! Cliailr^ l\. i."). j'iMiK-ois ,|,. I.unaiiic, duc de fJuise,
iiriili'iKiiil -l'iM'ral du roxaiiiiic ^uis l'raiirni^ j . Ijciiri II. l'rarir, ijs || ol Charles l.\.
— ili. I.e cardinal lic [,.. naine, ^'laiid iiiiiii>trc <ri;ia( mmi> Henri II, l'iaiicuis II,
; .■•ll..i..\ IliolMO l'klNCll'l
CARDINALI DVCl DE RICHELflLV
DECOnATION DE LA. UALERIE DES OBJETS D VIIT AU PALAIS-CARDINAL
(Composition de Simon Vou.t. — Bibliothèque n.-itionaie. Cabinet des Estampes, D* 7)
t'.hailcs I\ cl llcnii III. — 17. Ilhiise de Monlluc. inar('ch;d de l'ranco sons
Fianenis 1". Henri II. j'rançois II. Ciiiiiles i\ cl Henri III. iS, Arinaiid Gnidaud
de liirori. inan'ciiid de l'rance sous Henri II, r'rançuis 11, (Miuilos 1\, Henri III
cl Henri IN. n). l'iiinçois de Hoiiiie, duc de l.esdiguièrcs, pair et coiuK'lahle
lie l-rance sous Henri III. Henri l\ cl Louis \lll. — :>.o. Henri ]\ . surnoniinc
le Grand. — 51. I.ii reine Marie de Mt'dicis. — v.i. Le cardiiiiil de Hicliclicii. —
2.3. Louis \lll. ■''). I.ii reine Anne dWiilriche. — :>.ô. (iasion d'Orléans, frcrc de
Louis Mil '.
Ainsi, poiir ces vin^rl-ciiKi u ilhislrcs », Uiclicliou avait fait choix surtout
dhoinincs de guerre, de capilainos. Le iiiiiiisirc, ne se nioiilraiil courtisan
(|iie dans la mesure stricte où il lui ('(ait dillicile sans iloiilc (\r ne pas l'être
à régaril de la lamille rcjvale, ii ({ui il t'-lail ic(ic\;d)!c de sa -itualinn, avait
écarté de sa lisle Ions les rois, sant" llenii l\ cl Lmiis Mil. Il n'axail l'ail
I. 1 ri \iii^'l-'-i\ii''iiii' |iiiilr,iil lui .ijeiili' cn^iiili', celui ili- l'iiiiiiiie, à In iiioit ilr ccl illusli'c liiiiiiiiii'
(Jf fe'unic. cil 11)7."). \()jcz IlciiiAii cl I'k.a.miii..
T. I. LK fALAIS-llOYt
58 it i'\i. \is- ao\AL
place ni à Louis \1 ni à l-ran^uis 1". Ce ii'él;iil pas 11- lan^', mais les
scnices qu'il avait considérés. Sélection étrange! Témoignage curieux de ses
pi-éférences intimes! Exemple nnianiiiahle irindépendance et iliiiiliiilive à
mie pareille ép.ique. «ni les lu.nnnages rendus aux glorieux sei\ileurs de
la France ne se traduisaient point par des statues élevées sur les places
publiques, et où 1 on ne décernait facileniiiil ([u'aux princes les honneurs
iconographiques. La (Jaleiie des llonnues illustres semble véritablement
comme la conception tl'un Panthéon consacré aux héros nationaux jiar le
patriotisnn- !.• |)liis ardent cl I.- plus dégagé de préjugés. Une faute de goùf
seulement, mais cpii ne pouvait i)as sur|)rendre les contemporains, est à
relever dans ces portraits adoptés par Hiclielieu : pourquoi n'avoir pas laissé
vide le cadre réservé à sa propre image!' Mais chaque âge a ses mœurs, et
ce qui étonne aujourd'hui était naturel en un temps on les honnnes de
marque préparaient eux-mêmes leur pro|)re apothéose sur leurs londjeaux.
lie furent encore Philippe de Clunupaigne et Simon \ ont I (jiii curent à
e\é<uter les portraits de la (ialciie îles Illustres. Nouveau mot if d'éMUilalion
entre les deux artistes, \oiicl. celte fois, s'appliipia, j)iit son temps, déler-
miné à tiioinplu-r- de sou jeune rival. Ce n'était point chose connnode que
lie reconstituer les portraits des héros désigiu-s par le (ardinal. Pour la
plupart, les documents authenliques manquaient. L(> pcinin' ne s'embarrassa
p.is |)our si peu. Son imagination suppléa à la diilirnlle de tioiner les
resseudtlauces. Il se contenta d'il peu près, lit les tètes de ( hie et ( lierelia
seulement il donnera ses personnages les vêlements, les altitudes, re\|ire>sion
ipii lui seniblèienl li- mieux approj)riés à lents (pialiU's. I n de ses prédé-
cesseurs, Jacipies Mimel', peinlre du roi Henri l\, a\ail dt'jà représenté dans
la petite galerie du Louvre, brùlé-e en ililio, ipiehpies scènes hisloritpies où
lignraient ipiatre ou einq de^ c, illn^ires » désigm'-- |iar Kielielien. Simon N onet
en lit tout simplement des < opies, qu'il amplilia. Pour les antres poilraits, il
eut reciiiirs il ses souvenirs italiens cl ^'inspira surtout des (iai'i'ache. C'est
ainsi, par evemple. (pu- pour l'image de (i<iii</iir tir ('/i(ilill<>n . ipi'on adiniia
comme nu ili- »es moiie.mv le-> plii^^ i)rillanls. il s'elVorc.a de rendre sensible
anv veux riiabilnde dn lit'ios de se sei\ii' de s.i main ganclie. Il \ parvint
avec une rare adresse, montr.nit le coimi'lable delioni et de dos. tomnani la
lèle. nppiivé fiirlemenl de la main ganclie snr ntie |iii|ne. (!ette allilude. très
rare dans les portraits. Simon Noue! fut si(iintenl de lavuii- inia-imc (jn'il la
reprit pour son modèle de tapisserie de Hiimntl ri Aiiiiiilf. Mais on reprocha
à son (iiiuvhfr de ('lialillun de li'moigner de pins d'habileti- cpie de lorce et
de vérité. Le corps n'i'-lait qu'un beau iiioreean crétinK' sur letpiel laitisle
1. Ml* PII |j.'ifl, iiKirl fil iiii'i
u I c II i: 1.1 1: r dvns son p \ i \ i - of)
;i\;iit mis iiiir Irlc (jii('lc(tii(|iu'. ( ic iiV'lait ([iiiiii iiii|i(is;iiil raiili'niic : l'àiiie
(■•lait al.sciili'.
Il sciait iiitc'rcssaiit tic (•(Uiiiallrc la part cxacle (|ui fut i'aitc ii Simon ^'ou('l
et iclli' (|ui r('\ii'iil il IMiili|)|)e (K- <;liampai>riie dans la (ialcrir di-s illustres.
Maliicmt'iisciiu'iil, OH fil est n'-duil, à l'ot égard, sinon ton! ii fait à dos
conjectures, du moins à des renseif,'nemenls insunisanls. Le volume publié en
iGC);) par \ ulson, sieur de I^a Colombière, « «fenlilliommc ordinaire de la
cliamlirc du lO}.» et (|iii a pour titre les Portraits des Hommes illustres
franrois (/ni sont peints dn-is la (lalerie du Palais-Cardinal de Hiclielieti,
ce petit livre in-douze de quatre cents pages, ne fournit aucune indication
à ce sujet. On n'y trouve (pie de mauvaises gravures des héros représentés,
avec leurs biographies ditli\ianibi(pies. Mais nous savons par Sau\al que
Philippe de Ciiam|)aignc. qui peignit ceitaiiuMiuMil une rpiinzaine de ces
tableaux, exécuta iiolaimuciii ceux de (îaslon de i"\)ix, de Louis de La
Trémoille. de Henri \\ et de Marie de Médicis. I)"autre part, nous pouvons
ajouter à ceux-ci les portraits de Jeanne d'Arc, de Louis Mil. (IViiiie
d"\ulriclie et de Gaston d'Orléans, grâce à un document extrait des papiers
de Le Masli'. que iiOTis reproduisons ici et qui nous iii(li(|iu' en même temps
(pielle faible somme l'artiste reçut en paiement de ces onnres :
Mémoire des porirets finvl en In gallerie île Vhoslel de Rieltelien par le eonunaiulenienl
de Moiiseiijiieiir. jiur l'Iiilippe de Chaïupabjne :
Piviiiiiic ni. le |)nilrrl ilii l\()\ |l,oiiis \ll!| grand coininc le iialurel,
accoiupii^iH' (l'iiiii' \ ictôire' i.io livres.
Plus le poil ici lie la Roync nicre du Roy. [xxir ce. . . . .")o —
Plus le pmticl (le la Revue régnante, pour ce .jo —
IMiis le poilrcl (]ii lin> (Icllinicl |lleini 1\ |, pour ce. . . ,")o —
Plus le porliel de Monseigneur IVere du Roy, i)()nr ce . . 5o —
Plus le polirait de la piisselle (rOrléans, pour ce .... 'm —
.le sniili^im' i-diilcsM' a\iiii- rcccii ilc Mi iii-cij^iii'iir le canliiial ihic
(le liiiliclirn. |iiir les niiiiiiv de Monsieur Picol. la .somme de sept
criis (|iiiilic \\\\'^\ ([iiiii/c li\ics ]i()iir 1rs |);iilirs ci-dessus dont je
suis colileiil.
I''ai(l à Pari-, i-c i(i m i\ riulirc mil six cciil liciilc ciii(|.
(lii \mi'\1(;m'.
(icitc soiniiie (Ir -ty) li\ics, doiil l'Ililippc de ( .lianipaigiii' se dé'ciarail
(( content n, ne s appliquait pa> siiilcnicnl aux six lalilraiix citi's, mais ciicoïc
I. Ce lal)l(Mii lui coiili-iinir siMi- 1,1 Uc\(iliili.iii. Voyez iiotir ilciiiii-i cli,i|iilic i Vnli. ii;il.. 1"'7
•i3, p. 7.1,1.
6o I. K P A I. A 1 s - R (1 Y A I.
aux porirails du rardiiial tk- HiclR-lieu. iloiil iiolri- (luiuiiuMit ' nous donne
l'énuniéralion sui\aiilL> :
Pdlais (lu Cardinal
i63j. Mémoire îles jxirlrflx itr Munsri'jneur le cnrdiiKil duc de Ixicliclicti. fuicls par
J'hilijipe de Cluimpttiijne. peintre, par le eominandemcid de mondit seiijneur :
Prcinièrenu-nl. un porlrel de Monsci^Micur, de sa hauteur, habillé
dune siniare «le routeur loiil couvert de i)roderie. . i5o livres.
l'lu> un iiullie |Mirlrrl de la iiiriiie hauleur, \eslu d une
.-iniare de -satin nuir avec une broderie sur les cou-
tures, pour ce '^o —
i'lu> un aultrc de la inesnie grandeur, vestu en habit de
eanipai;;ne d'escarlate. enrichy de broderie, pour ce. i5o —
Plu.s iMi aultre jKjrtret grand connue le natinel. assis, avec
le rochet et et le cainail, pour ce iJO —
(les portraits du cardinal-duc cm'cuIi's par l'Iiilipiic dr ( :hainpai;;nc, IuiimiI
placés dans diverses pièces du judais. Il y eu a nu ccprndaiil. 1res pr(>i)ai)linu'nt
le premier «le la liste. i|iii dut être lait pour la (lalerie des IloniuK's illustres.
La f,'ravure (pi'on lU liuiivc dans ronvrajjre de La Colon d)ièr(' nionti'e K' uiiiiisire
dans rallitiidr ipi'a le l.uueuv pnrtrail du Louxre. ( )n dirait le uièuie tableau.
L«' cardinal est debuul. \èlu île la siniarre dont sa main ;;auilie relè\e sur
le C()lé les plis abondants, tamlis tpie le bras droit eli'udn, dans un j^oste
large et expressif, «lessinc un anyle aifjfu dune étrange [uiissance. C'est le
portrait de l'honnui- illllat, du " sphinx rouvre», qui laisse à peine visible,
sous la simarre iinpnsjmte coniine un inaiilean royal, un bout du bbou
surplis de dentelle, tnnl ce ipii restait \raiineiil du prêtre en celle eili^ie
saisissinite. hichelieii s'était l'ait repri'-senler en même lemps. ainsi cpie le
|)r<iu\e noire dociunent, avec le costume nnlitaire iju il aimait taiil. » en
habit lie canipaigiic d'csrarlalle. » La peintm-e c'tait de ^.M.indem identirpie
à la pn-cédeiile et ainail pu s'i'iicadii'r ;i la même place. Le carditiaidnc
pensa (il d'abiird — (pii s,ii|.'' — (pie, pnur liLiuier a e(*i|('' des ci innelables.
il aurait bien ineilleure mine avee le vêtement ipi il puilail an siè;:e de La
hucliclle."' N'est-ce tpi'après Coup (piil se détermina ;i cet autie ptiilrail ni'l
il app.iraîtrail devant la pnsti-rité- in simarre. en bi>mnie d'I'.tal. nim en
guerrier.' Peul-ètre. V.n tiuit cas. im puinl es| buts de dmile. c'est le talent
diMil IMiilippi- de Ch.nnpaigne lit preuve en la circonstance. Il se ri'Vi'la
|Mirtrailisti- de premier nrilre, nii-lliui- en scène habile, dessinatem- ri;:i mr iii\.
l'nur les lidileaux oii il eut ii représenter des peisoiniages anciens, il rmiilla
I. <\rrliltni ilr 1' Vm^Iuiik' |iiiliti(|iii-.
lUc.ll 1.1. I I r 1)\NS SON !■ \ I. \
Gi
avec une cousciciicc s(iii|iiilrii-.c les |)iiii(i|),iii\ c.tliini'ls i\r l'aiis. clicrrliaiil
les (Idciiiiiciits ,iiillic'iilii|m's. s"('ll"()r(;aiil de |i(iii(li-o ses Ik'tos avec aiitaiil d.'
vérilô ot ircxaclitiidc ((uil élail possililr. ( iCsl ainsi iiuil |K'i^iiil le poiliait
do Henri IV d'apivs PoiIjiis, ccliii do Marie de Mrdicis d'apn-s Van Dyck, et
(|ii"il alla (■licnlicr. |i(iiir le (■(ipicr, dans la ((illcclii m du duc di- Sainl-Siiiioii,
LVDOVICVS IVSTVS
XIII REA GALLORVM.
=f])
Ponrait de Loiis XIII, p.ir Philippe de Ch.impaigiie
i'c.'LNOLA DE CHA5TILLON
COME5 JTABVUI
[ C11ATILI.OM, par Simon Vouct
UKCOR.ITIOX ni-: la galerie des hommes ILLUSTRE!
(D'après les gravures da volume de La Colorobiêre, 1669)
le ina^^nirapii' laMcaii de ilapliai'l irpn'scntant Gaston de Foi.v. La Iradiiclioii
(pi'il cil fil passa |)iiiii' cvlrciiicinciil icnianpialtlc.
l il des porli-ails de cette f^'-aiorio qui lui valut le plus d'éloges l'ut celui
de Louis de La 'ri-éni(jille. Non seulouieiil on a|!piaiidil à la jiriTision et
il la lidc'lili' f\f riiiia;:c pciiilc d'après un lalileail dalaiil du \l\anl de co
;;éuéial de Charles Nlli, non seulenienl ou adiuira a\ec (pielle sûreté de
|)inceaii il l'avait re|)iésonté donnant dos ordres, la ligure douce et sérieuse,
ralliliidi' ijolili', je \rlcincnl ma jcsl lieu \ , maison s'accorda, eu oiilie. à recon-
naître a\ec ipiellc adresse siirpiviiaiile l'arlisle avait su ('xiler cl faire tourner
au profit de -on «ouvre une de cc> dilliciiltés ipii s'oIVrent parfois pour les
peintures lixi'cs mît I,-. iiimailli'-. Lu rll'cl, ce portrait se trouvait plact' à
nu endroit de la galerie inlerroiU|)u par deux portes, de manière (pie, laiite
de liauteiir, la ligure lie poiuait être dolioiil. l'Iiilippc Ar ( .liaïupaigue sut
Ga lE P \I. VIS-ROY Ai,
lii-cr parti de ci* clésavanla{.'e : pour in' pas coupi r U's jaiiil)OS à son
La TiviiiuilK-, il le ivprt'sciila assis au luiliru diui pajsa^e, roposaut le pied
nMiiclialamimMit sur un de ses jj^^noux. ot son siège disposé do façon (inil
>einblail l'iiv caclié lU'nitTe rouveilure forinéo par la porto, si Mon (|uo
l'cvtréniité de celle-ci paraissait servir d'appui. Collo ingéniosité du poinlio
était d'autant mieux mise en valeur, cpie Simon Vouet, qui avait rencontré
le même inconvénient pour le portrait do Georges d'Amboise, faisant pendant
au La Trémoille. ne s'était pas donné la peine de le dissimuler ol l".i\ait
tout bonnement représenté à uu-jand)es. De là. pour los partisans do ("diani-
paigne. un motif de trionipbo dont lo< amis tU' \ ouoi airorlaioni do ne
parler (pi'avoc di'-dain ol ciiiniiio uno puôriiilt'. Il ii'oii o--l pas niuins vrai
qu'il partir do (■.■ nioim-nt, lo succès de l'liili|ipc de (lliampaigne, coiimu^
portraitiste, lo lit rorhorolior par tous les liants |)orsonnages do la Coin, ol
que oo fut il (|iii di-iiiaiidii ail désormais son ini.ige au poiiilro favori de
Iliclielieu '.
Les vingt-oinq tablo.'iiiv ropn'sonl.nil los jiuinmos illiisiros fnronl aooom-
pagnés li'uno décoration approprit'o, (|iii lui o\('oiili''o par ,liislo' ol ( '.haï los
l'oerson', eiitromèléo d'oinhlônios. do devises se rapporlani aux iu'io-; cl (priiii
s;ivant spécialiste nnniiiK' (iuisse, inloiprôlo roy.il. cumiiiwa à ^raiiijs frais
d'imagination. (le fui inrino l'occasion du |uiiilli' i'|)iquo doul nili' de
\adiiis et de Ti'issoliu m- piul nous doimor (|u'iiuo faillie idi'-c l".u l'IVrl. un
certain Montmaur, muni de i.i rii.irge iriiili-ud.uil (li"< devises, j.ilouv i\r voir
fiiiisNC désigné poiii' uiii- Iiosh^mio ;i l;i(|ui'lli' il |)rt'-|i'Uilail , aoousa oclui-oi t\r
lui avoir ompriinli- 1rs meilliiiî- di' oi-. ouililènios. L'inlorprèlo indigné réfuta
son i-iini'mi on piililiaiil If Ir.ivail i|u"il .ivail iMiIropris sur l'ordre (\r Uioliolion.
lUi'ii II i'>l plu> ruiii|ilii|iii'' ni plu-- lii/arro ipir oos l'inhlrinos ol dovisos dont
fiiri-nt gralilié-s los lii-ros de la galerie du l'alai^- ( lariiiiial : iU diuoul paiMÎIro
• ■vidi-minciil d'iiii-oMqiri''lion>iililos i-('|ius auv \ isiliMiis (|iii n'en .iv.iiiiil poiiil l,i
1 l.'f. (tu cil jii;.',i.i par nu «.cul cvciuplc. i.c |ioi|iail du c.inliuiil Kicliclicu ('lail
entouri- dos enililcnies siiivanls : Tinis ll.iii- i\f l\-, ave.' la dcvi-c: Sd/ii
niil\i mlnli-nt (\v\\v seule sonlenr m'o^l agnalilo: un icillcl incarii.il intMo
lie lilels lihmcs, avec la devise Vaiidorcm />iii/niiii srr\'tit (la Maiic licui se
ooiiMM-vo avec la p"iui|ii(): un ,ii^r|,. jcu.iul un l'niidic. ,i\co la licvi-c l\.i/i rtiis
I Oiir «ml ili'\iMiiiH ri-^ |iorlraiU ilc In Cnlrrir dos llliisircs? Il •a-nill inir-rossmil do lo rorlierrlior.
J'' iiKniIrrral |ilti« lnlii ijnc doux nii tiiolns di- coiiv ilo l'ii. ilo Cliaiiip.iiniio, coliii do /.mii.s A/// ol iiii
di-^ IMirlroll^ do Ilirbriiru, fiirolil di'-siuiu'-» |Mir l>lilll|i|M'-l':Knlilo |Muir iMio vondiis on \ii;.doloi ro.
Mai» lo l.niiit Mil, lo (iiitlun ilr /•Vi>, du im^iiio orlUlo, ol liiwrhrr tir CluiliUxn, ilo Simon Voiiol. ipii
•iibtUlalrnt piiroro, fiiroiit mUI» |Mr In Convonlùui et oii\(iyé. iiii Muvmiiii. iCf. An liui ^ nnlion;iUvi,
V '". — ■>^. p 7'i; Itirm tnin» lUr: diirUnnt, cmiiliiiwir.l
■». Il fui liiouiliro do rViniloinlo do |M'lnhii'o.
3. IVro eU- (:iiarliiil''riiiiv<>i< l'.M'nxui. i|ni fui dlniloiii il- T \i ;idiiuio do liiiiuc ii Uonio.
HIC II l'.i. I i:i nws S(i\ i'\i \is (\^
fulclctn Jupilcr (.hipiliT l'a r\|ii''iiiii('iitc lidMc): ciiliii, nii cadran (•\i)()S<'' au
soleil, avec la (lovise : 3Vr nuniifnlum sine liiitn [\\ n'es! pas un iiKuiicnt sans
inartiiUM- sa li>iiic). Tmil ( da axait la |in'liiili(m, dans la pciisiV do rautciii-, (K-
si^r'iilit'r l'cci : le -rand cardinal nninliait lanl (ranioiir ponr le scrNicc de son
inaitrc cl |ionf la i^lniic dt' llilal. (|ii"il ne pdinail scnlii' d"aiiliv paiTinn (pic
ci'liii (les l\s, el le iiielany-e de celle lleur a\ec l'd'illel in(li(piail (pie la piiich'
de ses iiileiilions avail ser\i à sa renonimée aulant (pie r(''clal (pTil liiail de la
pourpre roniaiiic. (Jnaiil à rfii;^lc, il (•lai! I;i pour ('jahlir (pic le roi Louis \1||
avant reconnu la lidéliU- de son niiinslrc, s'(''lail (lc(liai;:('' sin- lui du souci
des allaii-es el lui avail mis en main la l'oudrc. i"cv| -ii-djic rinsd'umeni des
récompenses el des cliàlimcnts. Hniclianl mu' le loni, li' cadran \oiilail dire (pie
le cardinal, toujours actif c me le scilcil. ne cessait de Iraxailler pour le bien
de l'Klal. Pour les \ini:i-cin(| pditrail-. (■('•laienl d'analogues puérilih's, d'un
symbolisme aussi (obscur et laborieux, d'im ampbi^durisnie aussi grotesque. Les
disti(pies (■laienl en lettres d'or au bas de clia(pic tableau, cntreiuèk''s d'aiiibes-
(pifs et de Heurs.
Pour compk'-ler la description de la (ialcrie des llonnncs illustres, il nous
reste à |iarler des sculptures rpii en constituaient l'oinement le plus pr(''cieu\. Il
u'\ en a\ait pas moin- de (piaranle denv : des bnste> accduipa^iiaient ehaciiue
dos ligures peintes, el de grandes statues de marbre ornaient le milieu où se
trouvaient égaleiiK-nt des meubles, des tables magnili(pies et des cabinets
remplis d'objets d'art. Parlant de ces marbres. Sauvai se borne à dire :
(( Quchiues-uiis ticiuicnt (pi'ils furent eMvoy('s au cardinal |)ar l'ablK^' Mazariii
et par le mar(pii.s ilc Frangipani : (l'autics, au contraire, veulent qu'ils ayent élt'-
tirés (le Fontainebleau; peut ('•Ire ii y a-t-il ({uc les meilleurs (pii soient venus
d'Italie. 1)
domine descriplion. c'est un peu bref, lleiireusement ipie V Inventdire après
(l(''C(''S de Uiclieiien ' nous peiniet de suppli'cr à celte fâcheuse eoneisi(jn. 11
iii(!i(pie comme se trou\aiil dans la grande gaieiie du Palais-Cardinal les
pii'ces suixantes :
l'^o i.'ji. Deu\ figures de femmes, l'une d'une Jtinnn et l'autre d'une Vénus, de
iiiarl)ie biaiie antique, de 2 pieds ^ 1 de haut; une partie du bras de la Junon est
reslainVe; prisi-es ensemble iS5o livres. ^ — iô.> ij3. Deux l(''les aiili(pics de marbre
blanc, dont l'une est celle de CoU'fts (!'). el l'iuili-e de lùmslinc, ^'arnies de leurs
bustes, porl('s de leurs |)i('deslaii\ ronds de inarinc blanc. |uis(''s -j.'io livres. —
I. SvuvAi,, Les Aixliimités de Paris, I. II. p. i.'i.S.
■i. Cfl Invenlnire psI ciirorc iiiL-tlil. Il est ciilrc les mains d'dii des (Icscriidaiils de la dii(lics.sf
d' Vi;.'(iilli>ii; \l. l'idd de Cliabrillnii. cl iiii «'•iddil ('iiiiiiciil. \l. de lloislislc, en pn'-parc dopais loii-flciiiiis
la pidilicalidii. Ce (|(ii sdil est <-iiijir(iid('' à une ('■Iddc panio dans les Mémoires de In Sociéti' des Aiili-
ijuaires iloiiic I.II >.
^5', m: PAl.AIS-HOTAI.
i5i-iJ3. Ueux IcMfs aiiliques ck- maibre blanc, repiést-iitaiil Imtr un l'Iiilippns et
raiilre un Fuune. a>aut les bustes nuicleiiies. portés sur leurs |)ié<lesluu\ .le
uuiibre rouge, prisées ensemble /|00 livres. — IJG- lô;. Deux lètcs gree.pies
antiques de marbre blanc, -arnies de leurs bustes modernes, portées de leurs
piédestaux de marbre rouge, prisées cnscndjle Goo livres. — lôS 1 3;). Deux tètes
anti(pies, de marbre blanc, l'une reproduisant un Anlonius et l'autre un Crasstis,
garnies de leurs bustes modernes, prisées la première 120 livres tournois, et le
Crassus ajo livres.— iGo-itJi. Deux tètes de marbre blanc, l'une représentant
un Triijait et l'autre une Uutne, garnies de leurs bustes et piédestaux de marbre,
prisées ensendde 220 livres.— 1O2 iG3. Deux tètes de marbre blanc, avec leurs
bustes, le tout moderne, lune desquelles est de Lucius et laulre de Funsline, portées
de leurs piédestaux de marbre rouge, prisées ensemble 3oo livres. — iG4. Un
portrait du roi Henri III' de marbre blanc, garni de son buste d'albàlre d'.\ngleterrc,
porté de .son piédestal de marbre noir, prisé 3oo livres. — iGj iGG. Deux lètes
aiiliipies, garnies île leurs bustes modernes de marbre blanc, lune d'un Caliijnld
et l'autre d'un W-simsifii, portées de leurs piédestaux de marbre, prisées ensemble
.'ioo li\res. — 1G7-1GS. Deux lètcs antiques de inarbre noir, garnies de leurs bustes
de marbre blanc, l'une de ihuniHns et l'autre i.\' Anlonius, portées de leurs |)iédeslaux
aussi de marbre, prisées ensend)le 2.'»o livres. — iCx) 170. Deuv lèlcs de l)r()u/.e
garnies île leurs bustes de marbre blanc, lesdilcs lètcs uiouli'cs sui- l'anliquc. un
\ tlilliiis et l'autre une Dlunr. portées de leurs piédesliiux de iiiarlirc rouge cl \crl.
pii-M-es eiisi-inblc '|oo Mmcs. — 171. In l'Iilliiiinix ayint la tète de bion/c moulée sm-
l'antique, gai'ui de son buste de marbre blanc, porté sur son piédestal de marbre
rnuge et %ert. piisé 2011 livres. — 17-.!. In portrait ilu roi François l" de lirou/c,
garni de son buste de marbre blanc, porté' de son |)ié(leslal de marbre rouge cl \vv\.
prisé 2IM) livres. — lyS. Une tète de bronze d'un I^'-tranjuc a\ee \\n froc, garnie i\r
son buste de marbre blanc, porté de son piédestal de marbre ronge cl vert, prisée
îoo li\re». — i7'|. In portrait de Jean de IJoulougnc, a\ec son buste de maibre
blanc, sur son pii'de>tal de marbre rouge et \erl, i)risé 200 livres. — 170. Une figure
de marbre blanc antique, a\anl le bias gauche levé, et a une dra|)erie sur ses épaides
pendant par derrière, de 2 pieds 1 2 de liaul. prisée 2r)0 li\rcs. — i-(i. lue tèle cl
buste en bron/e, moiili's sur l'antique, de 2 iiieds ■.< pouces tic liaul, iepié>onl:nil
un liomme duquel nous ne sa\ons pas le nom. prisés ôoo livres. — 177. l 11
lUicchn.i untiipie de marbre blanc, de 2 pieds 1 2 île haut, ayani la main droile
buitM-e, de laipicllc il tient un rai>iii. et de l'anlie h; pied d iiiic .(MI|ic'. appuNc
ronire un tronc d'arbre sur lequel est Mulpl.'-e nue vigne, pii-<é iJôo livres. —
17.S. (no tète de bron/e, garnie de son bu>tc de marbre blanc, d'un C.itminiiilns,
moulée sur l'antique, portée d'un pii'deslal dr luarlire blanc, |)riséc •),")o livres. —
179 iMo. Deux lètes de bron/e moidées sur l'antique, I Une d'un Anlonl/i Cdracdlta.
prisi^o i5o livre», cl l'nulre d'un Commotlus. prisée 2,"to livres, rc^cnanl ensemble
îi 'ioo livre». — |M| 1.S2. Deux lètes de bron/e. l'une d'un Jules Ciisnr et l'autre d'un
Scii>iini, nioulécH Aur l'anliipie, garnies de leurs biislr-, di- marbre blanc, et portées de
li-UTH piédeittnux de marbre, prisées ensindde V"» livres. — i,s;5 i.S'i, Dcu\ tètes de
marbre blanc, dord lune représenti' un \ilrien cl l'autre un [ui/usle. lesquelles tètes
■»onl modernei, portée* de leurs piédeslaiiv de ni.irlile ri.Uge et vert, et garnies ,|,
Himi II, I 11 DVN:
<<)\ 1" \ I. M-
fû
li'iiis biisles aussi de iiiiiihie Ijlanc priséos 3oi) livres. — iS.'i. Un piirlrail du rui
Cliurlfs /A' de marbre blaii<-, ffariii de son buslo d'idbàlre d'Aiif^lelerre, porté de son
pii'deslal de marbro noii'. prisé .'5oo livres. — 18G-187. Deux léles aniiipies de marbix'
lilaiic. lune n-jiri'senlaiil l.iifiiis \ crrrs [sic] et raulre \lys, prisées la |)remièrc
iioo livres cl l'autre iJo. portées de leurs piédestaux ron;.'0 cl \(^rl. — iN>! iS(). Doux
tètes niodcrncs de marbre blanc, accompagnées de
leurs bustes, l'une de Jutiit et l'autre de Sriiiii/n
IWfricain, j)orlées de leurs |)iédcslaux de uiarijic
rouge cl \erl. prisées cnscndile -.'oo li\res.
190. Lue lèle aiiti(juc de marbre blanc, Kupiclle
représente aussi une déilé grecque, (pii a les
cbcveux retroussés en liant dessus la tète, portée
d'un pied de marbre blanc, prisée 200 livres. —
191. Une tèlc anticine de marbre blanc et le buste
de marbi'e blanc moderne, rc|)résentant un Marc-
Aurclc, porlt'c de son piédestal de mari)re, prisée
3oo livres.
Toutes les sculptures de cette fr;il''iio auraient
dû passer aux licritiors de lUcliclicu, car celui-ci
dans sou tcstauicnt ii'cii ordonna aucune dis-
tractiou'. Mais Mazariu eu usa avec elles aussi
peu scrupuleuseuieiit que pour les deniers
inèuies du graiiil nuiiisirc, ainsi qu'on l'a vu
plus haut. A la mort de Kicliclieu, il les lit
réserver, avec un certain nombre d'aulics, /xiiir
If service du roi; aulicinciil dil, il li-oina bon
de les garder pour l'orucmeut du palais où
lui-même comptait prendre résidence. Ouc! l'iil leur soil.'' La plupart des
bustes rcslèii'iit au Palais-Hovai jiis<pr;i la K('\olulion, dans celle même
Galerie des Illustres, sans ligurer dans les Ifwcnlaires des ducs d'Orléans, et
considérés piobablement couuuo des accessoires décoratifs du monument,
l/arcliilecle PiMie, à la lin du xviii" siècle, avant eu îi Iransformer la galerie,
exécuta à cette épocpjc cpicKpies jolis dessins au la\is, (pii sont conservés au
ums('e (iarnavalet et oîi sont iiidicpiées plusieurs de ces sculptures du cardinal
de Hiciieliiii. M est prouvi- (pie cerlaiiK'S d'entre elles sont aujourd'liiii au
miisi'c du Louvre. Louis (if)urajod en cite trois : les bustes de llcini II. de
Clidrles l\ et de Henri III. a sculptés, » dil -il, " p.ir (iermaiii Pilon, » (pii
«se trouvaiciil nu cljàli'aii du ilaliic\ ( apparlnianl :i la l'ainillc d Orléans) au
I. 1)K Hoisi.lsi.K, l.cs ^'l)//(•(■/ifl/l.^■ (/<■ aciiliiliirfs dn canliiial île llirlulii-ii, cli[|i> les .W<mi>i(V.< i/t'
la Société des Antiiiiinires, I. \l.ll.
ARAIANDVS lOANNES CV
ll'LESblS CABDINALISDVX
LE l'dllTRMT DE lll<:IIELIEl
Peint dans h Galerie des Hommes illusti
Par PU. de Champaigne
(Fac-similé de la gravure du volume
de La Colombière, i«9)
(JC I.E PAI.AIS-KOYAI.
,„..i.K-nl de la IUA..Iuli.... ..'. Lei.oir. conservateur du Muse-e des Mouunuuls
fraiirais. les a.h.-la à ui. semirier (lu villa-e de Monceaux, qui les avait a.(iuis
au nioin.iit .!.• la x.-nle d.s nuni.l.-- ordonnée par la Convention. A ces trois.
proNonant de la CJalerie d.-s Illustres, on pourrait ajouter c.'uv (piI sont
.M.M.tiuniiés .lans les dossiers des Archives nationales relatifs aux objets d'art
trouves .hc/ les .Mni-rés. notanuueni un Ih'mosllihie, et un Knipereur, avec
leurs -aines de diiréreuts niarhres, cpii avaient été enlevés du Palais-lloval pour
être transportés soit au Muséum, soit au Directoire, et le Henri /l'en marbre
blanc trouvé au .bateau d.- Monceaux'. Combien d'autres sont maintenant
,lisper>és dans les nm-ées ou dans les collections particulières, .|uil est devenu
|,res.|ue impossible didenlilier et dont ou ne saurait plus allirmer l'ori-ine!
LES Ai'i'\Kri:\ii:\Ts. -Li:s collections d'ORJKTs daut
In lies soucis de Hicbelieu avait été (|ue Louis Xlll et Anne d'\utricbe
eussent dans son palais des appartements evclusivenient réservés à lem s
majestés rovales. Il Mv;iil vuidii (juils fu-^senl pins riches, [)his ma^niilicpiemeiit
décorés (pie tou> les aiilres cl aména^'t'-s avec loul ce (juc le hi\e de l'épotpie
pouvait donner. A Kueil aussi, le roi et la iviiie avaient leins appartements,
ainsi ipi'aii t h.'iteaii de Kiclielieu. ilaii- le Poitou, oîi les tentures de tapisserie
lie soie et dor alternaient avec des marbres anticpies (I(> ))remier ordre et
des peintures des plus friands maîtres. Au Palais-Caidinal. les appartements
rovanv l'imMil installés îi l.i pl.ice dhomienr : celui du roi dans le coips de
Ioj.'is cential avant vue •<ur le jardin, îi i iMi' de la (iali-rie des llliisires:
celui de la reine, plus va>le. occn[)ail la partie opposi'e du même bâtiment
et s'i'-lend.iil dans l'aile dioile de la seconde coin' jus.pi ,iii\ arcades à
jour oii connneni.'.'iil le p.u'c : l'air et l.i lumière v pi'-nc'-tr.iienl ii Ilots: c't'tait
le plus ;;ai de tout le palais, (les app.utements coniprenaienl une inilnilt' de
pièrt's, pbisii'ur^ cb;md>i'i's el ■^.deiies, ^Tands cl pelils cabinels, (H'.itoires,
rliii|H'lle, cbandire du bain, etc. .^auval, ipii avait visili- laiil de demeures
Somptueuses el ipii - s coim.'iiss.'iil , li-s dtVril sur un Imii Ai- vi'rilable
enlhousiasme. Il e>l vr.il ipi'ii la dali' oii il parle, \ il \iilii<lie venait
de sin;;ulièreini'nl \v~. endicllir.
I.'.ippiuirineiil ilr l,i iiiiic ilil il r^l de lieaiicnnp phi'< jri'anil. i)his coin
I Il-, pins ^'id.Ult ri pin- -lipiilii- ipii' (l'Illj (lu lldi (illi' Imi^Mie sllilr lie ^allrs,
I LotiU l.<M ktiiiii, Ufxitnilrr l.fimir ri ttinjuiirnnt i iHH-, rM, |mi- Ciivmimoni, I. Ml. p n.s.
I \ri'liltin iialiiiiinli-< lli-((i<lri' ilr r<'i')>|iliiiii ili-» njijrl-. d'iirl ri aiiliiiiiiir's limiM-s tlnv lc~ iiiii^irs.
I •" .> Il -1 vl ÏJ.l.
Il II II ll.l i:i' DANS SON l'AI.AIS fi-
lle cliainhrcs. ilc ciihiiifls, >aiis lc> aiilifs inciiiliics cl (li'|iiii'l('iiii'iil> mi|)('|'I1ii>. l'inil
ciiiiie (jiio tiaiis loule l'Iùiropc il ne se |ii'iil rien Miir tic plus ample, de si accuiiipli.
ni lie si majesliieiix. I,e l'ai'dinal de Kieiieiieii le eoiiimeiiea el le lit peiiidi-e par
plusieurs: mais il ne lui «Inuiia pas ri'leiidiie (pie ihhis ailiniiotis : ce lui la i'(';.reMle
ipii s'avisa de ra^n'aiidir, el. (piaiil au dedans, en aiiandonna la e(indiiile à Noiiel,
(pii passoit pour un des meilleurs peinires de l'iùirope, el lui même le erosoil si
bien ([u'il ne faisoil aueiine dinieulli- île ^'eti \aiiler. La Keine, donc, el \iniel
aussi se |)riiposoienl de remlre ee iir'pariemi'iil le plus lielie cpi'ils pourroieiil . el.
lie l'ail, le eaiiliiial n'\ a\iiil lien l'ail l'aire i|u'mi ;jiaiiil laiiiiiel. .i la xi'iili'. ipii
n'aMiJI pas son pareil en l''ranee. exee|)li' celui ili' la Heine à l'cintaiiiehieau,
ipiiiiipie |iiiurlanl dans les anires pièces il s'\ liuuMiil ipiaiiiili' de hoinies choses
exécnlées par des peintres clioisis, enire aiilros cet Hercule, de l.ehriin', cxéculé
devani (piil allai en llalie, qui rappelle loules .ses forces el sa cnlère [lour achever
dassoininer ses eniieinis. où la inorl, le couraj,'e. la furie et la >ij.Mieiir sont si bien
exprimés que Poussin lui-même dit au cardinal Hichelieii ([ue Lebrun cloil un
jeune homme de grande espérance el tel cpic si Jamais il iiassoil les monis quelipie
jour, ce seroil un excellenl pcinlre; et de l'ail ce tableau tira Lebrun do l'obscuiilc
où la jeunesse le Icnail caché.
Quant aux olijcts d'ail, talilcaiix. tapisseries, sciiliitiiivs, |)ièi'es d'urfè-
vrerie, cristaux, porcelaines, olijets de la Chine, etc., qui {^aniissaieiit le.>«
divers appartements du Palais-Cardinal, on ne saurait en avoir une idée
précise que par V hivcnlaire déjà cité. Les sculptures, prisées par Jacques
Sarrasin et Simon (jiiiliain, sculpteurs ordinaires du roi, étaient au nombre
de 191, dont quarante ou ciiupiante statues de grandeur naturelle et près de
cent tètes ou bustes, sans compter celles qui étaient amoncelées dans les
sept salles de la Conciergerie et ipii ne furent pas inventoriées, ayant été
Tobjet d'un legs particulier du cardinal. Ces i()i sculptures ne furent
estimées que la somme de 9/1,708 livres, chilTre dérisoire même pour l'époque
et qui est très loin de re[)iésciiter leur valeur véritable. On a vu plus haut
cidles qui ornaient la (ialerie des objets d'art et la (ialerie des Homme."*
illiislies. Il faut cncon' iiieiilinniier les suivantes :
l)(ins nue elifinihre Jniijndnt lu pelile ijulerie. — À'i '.'1-. (>iialre tiMcs ili' luiuhre
noir. accom|)af.'nées de leurs inisles, donl deux de mailire iiiiij,^' el ili'ux li'alliàtre
oriental Iransiiareiil. purti'es chaiinie iluii leruie de uiarhre f,Mis cnmuieiiçant par
une tête de lion el finissaiil par une palle, de .'i pieil> 1 > de haut, \alanl
ensemble i,^!uo liMrs. — .'iS. | n crucilix de bmii/e sur une croix et piédestal
d'ébène, dans lequel est ciselé un pélican de bas relief, '.ioo livres.
Dans un cnhincl hlnne proelie de lu elt/iinhre de Ixiiii. — 'Si)-\\. Six têtes niiidernes
1. Il s'.nuil lie ]'llcrriilc ildinplmil 1rs rlieriiti.r ilf llionirdr, iiii (les piomuMS hihliMiiv de C.liailcs
Lcbniii. iilno IdiiI jcime, ijiii (■\(TuI;i ndssi |niiir le carilliiiil de Hiiliclieii cl il sa (IciiiaïKle : le
Hnri.im'ini'iil ili' l'insniiinr cl lliTiiilr sur Ir Imchrr nniriil. ("es! ce f|iu' hoiih iippri-ilil ('iiiillol «le
Sailli -ficei ;.'!•> iMéiiioirrx iiirilils. i-le.. iS.'.'i. i Mil. iii-.s. 1. l". |i. ."i).
C8 I.H I'ALAIS-Rf)Y\L
•le marl)re. accoiiipagru-cs île leurs bustes tie marbre rouvre et l)laiif d llalie. ixulées
.le leurs |)iéilestaii\ <le marbre afrieain cannelées tle /| pieds de iiaiil. (l()lll^|ualre
rem|.li^ «le marbre jaune et <le l)r<Katelle. et les deux autres représentant une tète
de tfrilïon linissant par une tète de lion île marbre gris, 3,ooo livres. — 45. Une
lêlc de Minerve de porphyre, avec un piédestal rond de marl)rc de Dinan et
rouge, et le pied de bois, 5oo livres. — V». Un petit ISaccliiis enfant tenant une
grappe de raisin en la main, et de laulre un godet, de trois pieds de baiil.
'loo livres. — '17. Un Hercule de trois pieds de haut, de marbre, aussi en enfant.
tenant dune main sa massue, et de l'autre bras s'appuyant sur sa hanche, iJo livres.
— VS .'19. Deux demi reliefs de marbre blanc, avec leur bordure au.ssi de marbre
où est sculptée une femme de satyre, avec un mâle et deux femelles, et dans raiilre
csl .sculptée aussi une IVinme portée <!<• Imis tritons marins, .soutenus de leurs
piédestaux de marbre blanc et rouge. 900 li\rcs. — ôo-j'i. Deux ovales de marbre
blanc ou pierre de touche de ■> pieds de long, sur lesipiels sont rapportés deux
demi reliefs de marbre blanc antiipics. l'un représentant un cavalici (|ui clia>>f un
lion, et l'autre un cavalier poiu'suivi d'un lion, ."ioo livres.
I)tms le euhinel île la chamlire île t'aiiparlemenl eerl : 5i. Ln Crucifix d'argent doré,
de S pouces de haut, monté sur une croix cl au pied d'ébène. dans Iccpicl pied il > a
une horloge sonnant, et au-dessus de la croix un globe où il \ a un iiKunciiunl (|ui
marque les heures, jGG livres. — 't'i. Un .Moïse de bronze, de i3 pouces ilc haut,
copié d'après Michel Ange, 370 li>res. — .")'|. Un Sainl Sébaslien de bronze attaclic
à un arbre fait de bois, 05 livres. — 55. l n Hercule de bronze, de i5 pouces de haut,
ayant l'une de ses tnains sur son épaule, et l'autre étendue tenant sa massue,
j.'i li\res. — Jl). Une Tele île Marc- [urèle de bronze, d'un pied de haut. '|5 livres. —
57. t ne petite tcle de Juiiiter de marbre de touche, antique, i)orté d'un petit
piédestal de bois doré, 200 livres. — 58-ô(). Deux figures de bronze de 11 pouces
de haut, lune d'une Flnre et l'autre d'une Diane, 'm livres. — Go. Un Ccnlaure
raeisximl hêjanire, de bronze, les ligures de iS pouces de liant, le modèle fait jiar
Mcsser Jean de llonlongne et réparé |iar du soucine, 600 livres. — (ii. Donneuse
rouefti'e et im sat>re ipii la regarde, de i5 |)ouces de long, le modèle aussi fait
dudil Mc>«>er Jean de ISoulongne, réparé du soucine (Susiiii. ('lè\c de ,1. de Bolo
gnc."") a.'io li\res. (\>. I ne femme accroupie, du même (pu- dcs.Mis, ii>o livres.
— CI. L'n Tiijre i/ni lerrasse un laareau. le lonl de liioiuc de 1 •> pouces di- long, de
Mii^nie que dessus, 1 .'.o livres. — (l'i. In Tain-ean de bron/c. ,1c niriiir (|tM' ilr-xus.
70 livre». — (i,"». lu rjieral ilv bronze, ipii a une jand)e nniiinii'. ,\r nirinc (jur
de^^us. 70 livres. (»(i. t ne li^^ure de Céoinélrie de bronze, d'un pied et 1 2 de haut.
de même que dciiNus, i.'.o livres. (i7. Clailialeur de bronze, de i '1 pouces de haut,
ile même que .lessus, 1 -jo livres. — C.S. t n Cheral de bimi/c. di' la façon <l<s mêmes
qui- ile-suH, 1,0 livre» (1,,. j,,. Haris.senienl des Sahines, dt broti/e. de •) > pouces ,U-
haut, de la fiicon ilr^ même» (pie dessus, (i.'m livres. — 70. I n t.inn i/ai li-rrasse un
rheeiil, le tout de br.)n/e. de» même» ipie de»us, j.io livres. 71 I jie \ ,'iilis de
hronu-, de !.■{ pouces de haut, de la façon dudit llonlongne, et n'p.ii.c du soucine,
lïM livre». - 71. ( Il Saiiijlier, de br..ii/e, au>si de Mes^r Jean de lioiibuigne. et
réparé ilii Miiicine, lio livre». — 73. I.e groupe d'un Taureau de rarnèse. avec toutes
le» «Klllr» qui .11 dépriid.iil. \r |,miI .Ir b|,,|,/r. d<' 17 pou. es <le liMld Mil lA poilC.-s
Kl I. Il i;i.i i;i II V N s SON I' \ I
69
lie l;iij,'r. aussi ilo Mcsscr .li'an tic I>iiiiIum;.mii'. n'pan' du MHiciiic. i..').'i(i livres. —
7 '1 . 1 II llrniili: de hnni/.e unir. a\ee une peau de limi sur xiii l'iiaiile droile. tenant
de la iiuiiu une massue. 1 ■> li\ les. - - 7,"). La liffuro (11111 l'hilun. de bi(jn/.e noir,
(le 10 pouces de lianl. a>aiil le cliien Cerbère à ses pieds. .").'» JiMcs. — 7(1. La lij,nne
(l'un Écorché, de hroii/e noir, 100 livres. — 77. 1 ti Ilcrmlr. de iinm/e noir, assis et
tenant sa massue de la uiain droite, et l'autre main
ap|Hiyt'e sur sa cuisse, .m livres. — TS-yç). Deux
(i;,niies, cle bron/.e noir, de 7 pouces i •> de liant,
l'une repr(?sentanl Snliimr cl ranlic un Ijin/in.
3.") livres. — (So. l ne petile li^^ure de liinii/e \ert
anticiue, de G pouces de liaiil. i'e|)i('sentaiil nue
Miisi', à qui man<[ue nue main. i|i' !i\res. —
81. Une petite Pallas de bronze noir, de ."> pouces
tie haut, tenant de sa main ;:ancbe sa rondaelie,
■il livres. — 82. Une autre petite tifjrure de bron/.e
antique vert, représentant la diîesse Cylirlr. hupiellc
n'a |)oint de bras, 'io livres. — 83. I ne fij,'Uic
de bronze noir couchée, de 20 pouces de long,
rcpri'sentant la Nuit, de Michcl-.Vnge Huenorotta,
•!oo livres. — 8f\. La tète de Sénr<]iie, de bronze,
de '1 ])()uces i 2 de haut, 10 livres. — 85 8(i. Dcu\
tiMcs d'enfant de marbre Idanc, antiqucs,'8o livres.
— 87, Une tète et buste, de bronze noir, d'un
jeune homme, de 6 pouces de haut. 3."t livres, —
^8. Une figure antique d'un jeune iiumme. de
bronze vert, avant 11 pouces de haut, lecpiel n'a
point de bras, 70 livres. — 89. Lue Cérès dalbilre
blanc, d'un pied de haut, 70 livres. — 90. Lnc
ligure de .\ei)tuii<', assis sur une coquille, accom-
pagné de trois ciievaux el un triton marin, de
21 pouces de haut el 2 pieds en carré, 282 livres. — <)i. I n nidiislre nu iduh
Indes, de bronze noir, 120 livres. — 92. Vnc tt^'te de terre. (|ui est le porirail de
IMeliein (le seulpleiii- l'ieeiiii!'|. m livres, — i),'!. I n pelil caiicni sur smi mIIViI, le
ImiiI de lirmi/e. > 1 livres, (j'i. I ne ciiiiinne el pic'deslal d'i'lièiie. |Mirl('c île ijniilie
consdles, sur laipielle eolonne est portée nue boule (Jii il \ a des igines el jiavsages
figurés en dedans, qui est le nidnrel d'une sorte de niailMC (pii einil ,'i l^'loi-ence,
la(pielle boule est rcteiiiK' par ijualre mas(|ues et (piehpies autres (uneiuents de
bronze, 120 livres. — (),'). l 11 vase de terre, (i.") livres.
hfuis lu salle basse, sous la cltfunbre du C(U'di/i(il : (jCk Lnc figure de bronze
représeiilant une Némis moulée sur l'antiipie, ipii est au palais de \lédiei^. à linine.
avant '1 pieds lo pouces de liaiil. 1 .Nno livres. — 97. l n Silène, de luailii'c blanc,
aiititpie. avant .'! pieds 10 |)onces de haut, restauré, Soo livres. — 98. I n (jifiiiloii,
avant 3 jtieds m pouces de haut, moderne, .'loo livi'es. — 99. Jeune homme appiivé
sur un trcjiic d'arl)re où il y a un cnjcodile sculplt', de '1 pieil> de liani, li' iMips
aiitiipie, la t('tc restaurée, G3o livres, — 100. lue Miaerre, de muibre, de \ |iii(N 1 •>
LE l'OnrnAiT de gaston de fou
Peint dan« la Galerie des Hommes illustre
Par Pli, de Cliampaignc
(Fa.-sii
c de la gravure du vohm
l.a Colombcrc. i(.6g)
des
«O I-E PAI.AIS-ROT AL
Je liaul, les ileii\ lnu» i-l la lèle ie.s(;imT>. le irsl.- aiiticiuc. S.u) livres. — loi. Une
\.'/(/M houleuse, de 'i pieds de haut, de niarbir Miiiic aiiliciiie. reslauiée, 700 livres.
— ni!. Jeune lioiiiiiie. de marbre blaiio. de 0 [lieds i !> de hatd. lenaiit en la main
une forme de bàlon el laulre main lendne, le eorps antique, le reste restauré.
i.jiM» lixres. — lo.J. l n liiuclitu^. de mariire blanc, de .') pieds de haut, aeeompa<.Mic
d'un lijiiv, le eorps el la tète anlicpies. S.'io livres. — lo'i. l ne \cntis hnnirusc.
lie marbre blane, de G pieds \ ■>. de haut, avant nu (lau|)hin proche (l'ille. le
corps el la lèle antiques, 1,100 livres. — loô. Lu l'àiis. de marljrc Idaiic. de
.') pieds 1 •• de haul. aulique, restauré, 1,200 livres. — loG. l ne figure de r(iimu\
en marbre blanc, de '1 pieds de haut, ayant la main droite sur son telin gauche
el laulre sur sa partie houleuse. anli([ue, restaurée, ~'io livres. — 107. ('•UuUaleiir,
de marbre blanc, antiipie. de 7 pieds de haut, tenant un coutelas en sa main.
a>anl lc> liras t-l Icsjamiies restaurées, i.î'm livres. — 108. In Mercure, de marbre
blanc. >aus talmudères, de '1 pieds de haut, antique, rcslimré. (loo li\res. —
KM). Miiierre, de marbre blanc, anticpn-. de .") pieds 1 > de haut, restaurée,
i.ioo li\res. — 110. Mercure, de marbre Idanc, i\c (i pieds .i jiouees do haut,
a\ec taloniiicres aux pieds, aidicpie, restauré, i,3oo livres. — m. Une Cérès.
de marbre blanc, antique, de 4 pieds i ■_>. de haut, i,85o livres. — ii.!. Un .U«ra.
de marbre blane, anli(|ue. de (i pieds 3 pouces de haut, restauré, 1,200 livres. —
ii.r I ne \énus, de marbre blanc, aidique, de ."> pieds 3 ponces de haut, ayant un
dauphin prcs délie, icstaurée. (S.'io livres. — ii'|. Un jeune homme, de marbre
blanc anli(|ue, i,j,">o livres. — 11."). Figure de femme \rliic de gaze, antique,
rolaurce, i,t)oo livres. — ii(i. Un Pilris, de marbre blanc, de (i |)ieds 1 2 de haul.
antique, restauré, i,.")oo livres. — 117. l 11 jeune houuue, tie marbre blanc, de
.'» pic<N de haut |qui' V Inrenlnire attriliiie à Haccio Hnndinellij. i,()00 livres. —
iiX. t lu- ti^rmc de inaibic IiImmc. de (i pieds 1 ■.> de iiaiil. (pii n'a (pic le corps
antique, i.-i.'in lisies. — iiç). t ti Murs, de mar'liic lilaiic. de (i pieds 3 potices de
haut, avanl h* cascpie en tèle. aidicpie. ii'>laiin'. i.mik livres. — i->i). I 11 liarrlui.';. de
marbre blanc, de '1 pieds 1 •.• de haul. anti<[ue. reslaiirt'. Sno livres. — 1 •> 1 . l ne ligure
repréftenlanl un ('.nusul tenant de la main gauciie un rouleau de papier. aiili([ue,
i,3i«i lixres. — \-\-f.. I n {jinUon, de marbre blanc. anti([ue. de '1 pieds 1 ■> de haut.
ajnnl sa Ivre pemhie à un tronc d'arbic |)ro(die de lui. aniicpie. reslauii'. Soo livres.
— la.l. I n autre I/10//0//. de mariire lilaiic, de (i |)ieds de li;iiil :ip|)u\('' sur sa lyre,
antirpie. re-laiiré. i.liot» livres. - \ <\. I ne ligure de mariire Idaiie. de (> pieds de
haul. le bras élc|idu «'t tenaiil un li.'ilnn. aiiticpie. l'cslanrée, i.'i.'" Ii\rcs. — 1 ■'.'>. l 11
lUicvhuM, de uunbre blanc, de '1 jiieds S pouces de haul. antirpie. restauré, 1 .o-'io livres.
— iili. I ne l'.ërvs, de marbre blanc, «le .'• pieds S pouces de haul, aniicpie, restaurée,
L.'i.'io livre». — I-J7. In Faune, de mariire blanc, de .") pied> de liaul. auliipie.
renlauré, l.o.'io livre». l'X. I n llueelius. de mariirc' iilane. de (i pied.N de liant.
lenoiil de ia main f^nilcbe un aili< haul. aniique. reKlann-, i.'|.'>'i li\res. — i'>i|. I ne
'.Vr^.f, de marbre blanc, lenani un speclie el de> épis de blé, antique, icstauiée,
i,.*M>ii livre». — i3<>. I n Ihreule, de .'i pieds de haut, de marbre blanc, aniicpie,
re»lauré, i.^oo livre». — i3i I ni" ligiin- de femine tenant nn sceptre, anticpie.
reolaiirée. Iï.'mi livres. — i3'i. I ne ligure de Murs, de mariire blanc, antique, de
r» pied» X poiiiro de li.nil. ri-lainée. i.'."hi liMi-s. — |,{.{. 1 n,' ,S'/7.v//c. de marbre
Il IC II Kll I I l>KNS SUN l'VI.VlS "TI
liliiiic, (le II i>it'(l> (|4' hiiiil, :iiilii|iK\ it'sliimro, i.ooo Hm'i's. — i.i'i. l ii lldcrliiis, île
iiuiilno, appiiyr sur un tronc (rail)i('. iiiiliiiiio, rcslaiirr, i. ■.>,">») IImos. — i;}.'). Lu
Mt'rruri', ilo maihro l)laiic, ilc G pieds do haiil. a\aiil niic iiianic sur les épaules,
antique, restauré. i,5jo livres. — i'M>. In petit Hitrclius, de iiiaii)ic lilam . de
S pieds 'i pouces de haut, antique, restauré. .s.")o liMes. — t'A-, lue (j'-iî-s, de
niari)re l)laiie, de (i ])ieds •> |)Ouees de iiaul, leiiaiil des pavots et des épis de l)lé,
antique, restaurée, i,.')oo liMes. — i.'iS. lue tète de liriilus. de marbre i)laiic. ayant
sur l'épaule un hoiiton jaune, anticiue, i,r)00 livres. — l'.U). Ine tète d' Xçiripiniu-.
en marbre l)laiir. aiili(|iic. i .."njo livres. — i '|0 i 'i i . l)eii\ hiislcs ilaljjàlri' uriiiilai,
sans lèlcs, 200 liNres.
Une telle iiomonclalurc peut paraître raslidieuse, mais elle donne Tidée
(le toutes les merveilles entassées par Hielielieu. Dans le jardin, on admirait
égalonuMd, outre les .sculptures ipii entouraient le rond d'eau et (pii étaient
au nombre de seize, une statue de (ildilidteiir, en liron/e, de si\ pieds et
demi de haut.
Quant aux tableaux, on n'en comptait, d'après M. de Hoislisie, pas moins
de 300 dispersés dans les divers a|)partemeiits du l'alais-dardinal. Malheureu-
semenl nous n'en avons pas la liste complète, et nous ne pouvons, comme
pour les sculptures, indicpier les endroits où ils étaient placés. Nous savons
cependant que dans rappartement de la reine se trouvaient la Sainte Anne
de Léonard de Mnci, acbetée en 1 (!•:>() par le cardinal en Italie, et la Famille de
la ]'ierge d'Andréa del Saito. (pii sont maintenant au Louvre. D'autres pein-
tures encore, provenant de la eolleetion du Palais-tlardinal, sont également
aujourd'hui dans notre grand musée. Telles sont : les Pèlerins d'Emmaiis
de Paul ^éronèse, lùiêe et Anchise du Spada, attribué, à l'orii.'^ine, au
Dominiquin ou à Louis (iarrache": deux Bacchanales du Poussin, Saint
Sébastien de Louis Carrache, domié à Uicbelieu par le duc de Montmorencv ^
et (jiii demeura lon^^lemps à ^ cisailles dans le ^^raiid apparlemeril du roi'.
( hic|(|ues-uns des plus |)r(''cieu\ tableauv, ncihIus après la moil de Kiclielieu,
l'urenl aijieli's par le H('';;('nl et rexiureni dans l'ariciemie demeure du cardinal,
puis |i,is>-èieiil rii \ n;.; lelerre, lors de la Ui'\ olulion, dans les conditions (|iie
je dirai. ()nlre ce cpii \ient d'être cil('', l.i colleclioii comiMcriail de> o'n\res
di'-. plu> ('■miiienl-- maîtres. || \ cii ,i\ail de Kapiiai'!, de .Iules Hoiiiain, du
Titien, de Sol.irio, ,!,• Luini. de .|..;,,i Hellini. d.- \icoll.p dril' \l.l,ale. ilu
C(jrrî'f;e, de 1" Albaiif, du (iuide. de (ilaude Lorrain, de L(d)run. de Kuliens. de
1. Ces <li'ii\ l;il)li';iii\ n-lrhics liiiriil llaM^[H)l li's /i l'iiiihiiiicbliMM. apii's l;i iiuiil du cardiiKil.
par iirilrf (l'Viiiic il' Viiliiciic.
•I. Sm.nt-Simon, Mt-niiiires, I. I".
:i. Inventaire des tahleau.n du mi, par I(am.i.y. |)iil)lir par !•'. l"s(;rniNii 1 i.Si)i). iii-S"'). p. l'i."?. <"i'
lalilcail .iNail rlô crnovr par le cardinal an rliàlcaii de lUclii'licu rii iiic'^mc li'nip> qui' li-^ ik'iu
Captijs dr Miciicl- .Viigu.
-, I.E PAI.AIS-HOY \L
I ■"
l'niliii^. i-lr. Le resle se LOinjx.-iait do Bolonais et de Loinhaids, très en laveur
au \\i\' siècle'.
J.A CIIAI'KI.I.K
l,a tlia|>flle se trouvail dans l'aile ^aiiclu' de la dciixiruic cour, (Icn irii'
la (lalrrie di-s Hoiunies illushes. Elle était oiiire de belles seul|ilMr(-s ; il \
a>ail nutaiMiuiiit uni- Vierge tenant l'Enfant Jcsus, et un Saint Jean-Uaptistc
avec iaancun, par l.e Meiiiin, toutes deux déeorées des armes de Son Knii-
nenec. Mais ec i|iii en l;ii-ait une des prineipales curiosités di' Paris, celait
In ina^'iiilicence des objets ser\ant an culte, ([ui étaient en or massif et enrichis
de «rros diamants.
Ou roniar(|uiiit — ilit l>iilaiMc" — parmi ces précieux objets, deux cliandeliers
d"éj;liso enlièreinenl en nr. éniaillés, enrichis ilc ■.>,.")iG dianians... On comptoil
sur les burettes, pareillement d'or cniaillé, \.:>Xy> diamans. La croix, i\o io j)ouces
9 lii^nes de lunitenr, portnit un christ en or massif, doiil la ciuiruinie et la drapei'ie
éli>il garnie de diamans. Les Ileiirrs du cardinal faisoient partie de sa ebajjelle...
loi couverture, en maroipiin, était entourée de lames d'or; sur une de ses faces,
on voyoil lUi méduillon en ur éiiuiillé, nirrant la li-^ure de ce cardinal i|ui. à
l'instar «les em|K'i-eur>, tenuit en main le jrlolie du monde: (pialie any:es venoieiit,
des (|ua(re coins, poser des eouromies de llems sur sa tète.
.\u-dessous, uni" inscription laline : Ctu/iit. Uii a \u(|). ,'{())(pie Hiclielien
nvnit, en lU.'Wi, donné au roi celle s|»lendide chapelle et le bnll'et d'argent (pii
raccoinpa;.'nait, pe-^ant troi^ mille in,i rc>i : il conlirma le don |)ar son leslament.
Kn iti'i)'.. Amie d'Aulricbe i rui devoir i.iire faiic l'inNentaire (It'laillé' de ces
merveilles, et ce document nous e-.t par\enii. 11 i'--! assez curieux pour
inériti'i' il'ètr'e reproduit ici':
Aujounlbui \\NI auril lO'iC), le llny c^liuil ;i Paris, de l'axis de la Uu\ne
FW>K»*nt«' '*» mère, et en présence de Mon-ienr le l'rincc île Coudé, premier prince
du sîinj.', et lie M. Se^'uier, chancelier de !• ranci-, commis à eel elle!. Sa Majesté
Il fait procéder à la xerillicatioii des |)ifires précieuses, diamans. lubis, a;.'altes
cl perle» 4pn .se sont Irouxées en jibisieurs pièces de la <liap|)elle donnée '.\ la
(ioiiroiiiir pur le feu sieur cardinal iluc de Hiclielien |iar (onir.il du i ' j de
juin lli.Wi; tIcHipiflles a esté dressé le piv-ent iineidaire, el l;i pri-i'e l'aiele jeu-
l-'riinvoJ!) ilu Jurilin el Miv.mdi.' (:..ml..i-, ni|dii"\i«-< il joailliei> de Sa Nhijesli'.
riiinnio itVnRuit :
l'rennèrenieni : </ iinr nniinlr rnn.r : •> i •. «Mamans espoin -oui autour des trois
Krandes fleurn île lis, i-<.liMii's ensemble à i t livres pièce. i\ '.."l'i'i livres. —
I. Fil IW»«»»»ri. Ilri-hrrt-hfi «iir /ri cuUrctiuii» i/r Itii-lirlini ( iS,s:l. in-N'i, ji. -jo.
I. I>i i.«i nr, lliihiirr itr l'uriê
3. iiti>itoiii<i|iif iiaiinii.iir MM rr iH.:,:<i. ua. ih.
Il I C M I I I I (
IN !• \ I \ IS
73
I) (liiiriiaiis riiccllf au iiiilii'ii des llciirs di- lis, à ooo IImcs piôco, cy a.oj-.! livres.
'.\'A (liamaiis à ri-crilun- di- la croix, à (5 livres |)ièee, cy kjS livres. — 3o petits
(liainaiis au\ lettres, à '1 li\res pièeo. cy luo liviis. — i.i'i iliamaiis au soleil de
la cioix, à G livres pièce, cy Oyo livres. — -.fi'i mu- la croiv cl Mir jjied, à 'i'i
iJNi'cs pièce, cy r),i,"î(i livres. — 11 ,m la cniiromic du rrucilix. '1 i(i li\rcs pièce,
La Trémoillk, par Ph. de Clumpaigiic
U CarJiiial G. L'Ainoiit, par Simuu Voucl
DÉCO II \T ION ne I. A GALEUIE DES HOMMES ILLUSTIIES
{D*aprés Jcs gravures du volume de La Colombièrc, 16^9)
cy l'itj Ii\res. — '.\ aux deux uiains cl |)icds, à .Ki lisics |)iècc, cy loS livres. — lo'i
au linge, à 9 livres pièce, cy i.'}.-'.î livres. — 12 diainans faibles au-dessous des
pieds, à 10 livres pièce, cy 120 livres. — 792 en toute la croix, (pii valent
i3,3o/| livres. — La façon de la croix 3, 000 livres. — Soinine à quoi monlc la
croix: 20,162 livres.
Deux cliundt'licrs : Ils uiduIciiI à la somme de 'ii).7'|3 livres. — Le cdlin' et
la iiiilèite : les dianiaus, l'(u- et façon: '|i|..'ii li\res. — Les deux burelles : les
dianians, l'or et la l'açnu : i.l.iC.j Hmcs. — Le eihoire de dianiaus el rubis:
monte à la somme de H, 289 livres. — Le gnuiiilloii d'un bénilier : diamans, or
et façon: 2.7()2 livres. — ]m figure de lu Vienje : '|3,5()3 livres. — Lu figure de
saint Louis : monte à i '1,777 livres. — La Paix: 2 agallies, l'une duiii» \ icrgc,
l'autre d'un saint Tiiarles, estimées à 100 livres pièce, cy 200 livres. — i.l grosses
perles plates, à 10 écus pièce, cy 38o livres. — iG plus petites, à 3 livres, cy
/|8 livres. — i grand grand rubis table, 100 livres. — i3o petits rubis à 20 sols
pièce, cy i3o livres. — 2 colonnes dagallie, de Go livres jjièce, cy lao livres.
^I.AI^-HOTAI.
-/| i,i: V \ I \i>-uriY VI.
— Lo ii'sic des af.'all.es. li^iiin-s et cornalines, i5o livres. — iùi ci et ar-eiit doré,
aoo li\res. — La favou, 2<>u livres.
Toules lesquelles pierres précieuses ont été commises es garde de M. Alexandre
Courtois, pour en repondre à Sa Majesté.
Siijn<' : Lotis. Dk faKM-G.vLn.
On sait (jue ces piv.ieiiv ..iijcts, (|iii li^iiraiciil encore ;i Vlinwntdirr de
Iti Couronne en i;;)!, ont disparu iieiidanl la K(''\(.lulinn. La croix copcn-
ilanl a\ait été pn'serxéo; elle était restée à rarcln'vèciié de i'aris, où <'llc iïit
xolée lors du pilla'.'e qui eut lien en juillet iS.So. On lappelail la Cmi.v
/Ktlatine, parce tpie, dit-on. lU.li.licii s'éiail lail (.iiviir Ions les saiulnairos
de l'Kurope poni' composer ce reiiipiaire, en l'orine de croi\ latine. Lois(|n"ello
sortait de léj^dise Notre-Dame, elle était portée sous un dais par si\ chanoi-
nes ipii ne de\aienl jamais |;i pcrdiv .le \ne. Kllc élail escoih'v jiai (piaraide
fjrenatliei-s au\ ^'ardes françaises, et les lron|)(s présentaient les armes sur
son passaj,'e'.
i.\ nii'd.ioTiiKtu !■:
La liil)liotliè<pie était oint'e <le cincpiaide-huit portraits d'hommes illustres,
de den\ pieds de haid sur \in^'t pouces de larj.'e, copic's d'après divers maîtres^.
C'était la plus riche tt la mieux ami'na^éc de l'aiis avant celle de Mazaiin et
ipii a\ait é-té' instalh'e dans lui corps de hàtimeni spécial, joi^naiil le palais
du côti- de la rue lUcInlirii, poin- cpie le pnlilic. jtlns tai'd. put y avoir |)lus
faiilemeid accès. (!e hàtinH'iil devait rire complt'lc' par I'IkMcI (pie projetait
de faire construire le cardinal, et on il voulait (pilialiitàl son |)elil -neveu.
héritier de sun nom. ^Llis ses intentions, si formelliMnent stipuK'es dans son
leslameiil et ipil mari|ualent daris tpielle lilic'rale et j.n'né'rense prc'vovance
il avait voulu ouvrir sa hililiothètpie aux .savants. ,in\ liommes de lettres, ne
fun-nt pas respectées. < In verra pai- l.i suite (pie l;i ::aleiie ( oninienc('e |)oiir
contenir li's livres lesl.i Inaelievé-e et reçut nue Imil aulre deslinal ion . irniielieu
n'avait rien né-;.di;.'i' pour ré-unir une <ollcc|ion d"ouvraj,'es de choix, lin
i(ijf<, «près la prise di' La Mochelle. Louis \||I hii avait permis de semparer
de ton! le ipi'..n .ivail trouvé- dans |.i hililiolhèipii' pnlill<|ue di' l;i ville. IMns
l.iid. le ministre avait envové- les savants .laccpies (i.illVel en Halle, el .le.iii
lileman Stella l'U \llenia;riie. pour ) ac(|uérii Ir.iites sortes de inamistiilb
I. Sam>ntir$ lU In iminiiiitr ilr f.'rA/ii/, I. Il, p. ï^ï.
ï y.i\ \U>^y\rtf., Urrhrrehri âiir In rullfclioiiê île Ilirhi-lirii. p. u.
il ICII l:i.l l:l DANS SON l'M.VIS
nuTS cl (ic \(,liiiiiis iinViciix. ,. cir il ii"(''|);iii^iii.il licii |)Miir- ce (|iii pmivuil
COilCCnu'i- rcmlicllissciiniil cl ,iiiMiiiciil,ili le v;i l)i|j|i,,tli,'(|uc'. .. Il |);irviiil
ainsi ;i a\iiir nciil' cciils iii.niiivci il> cii\ii(iii. <|iil riirciil rclii'-- |i(piii- l.i iilii|i.iil
liKni.ULE AdbUMMANT LES CllEVAL'X DE DIOMEDE
fît DES PIIESIIEIIS TABLEVIX DE CHAULES L E B H L N
(Exi-cuié pour le cardinal Richelieu)
i-ii iii;ii()(|iiiri niiiffo à ses armes. Iji ilidu, un aircl do ParlciiUMil lit liaiis-
|)(iilcr Ions les li\i-cs de Hicliclicii ;i la liil>lio||ic(|iie de la Soihoiiiic, dont
le Iniids a i''((''. iciniine ou --ail, r(''mii, sons la ni''\oliil ion, à la liiMiollitMjnc
liai i< iiialc.
I. Doin U. Mil. Ti'iHr ilrf plii.t hcllfs bihlinllininrs, ilVl'i.
-G I-E PM. MS-IiOVAL
lUClIF.LIKl l'HdlKCTKL H DKS MITS
CoiisicK'i-L' nmiiiif aiii.ili'iir <rart rt ciillciliMmicnr. le ^raiid iiiiiiisiro
incritf uiio plaio à pari et duil ùliv mis an piviiiirr raii;^ parmi les hommes
do ju'oi'il qui. au ^^"' sit-cli;, ilumàri'iil l'i'xcmpk- do ce ([u'oii pdunail appeler
lo sauvctajirP des cIicfs-irioiiMo dr l'aidlipiilé. (lo ne l'iil pas chez lui ciitiaî-
noiiieiit ol pour céder à la mode, hieii (pie dès celle épixpic commençassent
à se consliluer à Paris ces cal)incls de cnriosilés cpii aliaienl de\cnir si nom-
breux dans rarîstoci-alie cl lo monde de la litiance. (l'étail le lemps où, sous
l'impulsion do (iathoriuo do Médicis, les cliàloaux de Fonlainehlean. tle Saiiit-
Maur, do ( !lienoiicean\, île Cliaud)ord s'omplissaioid des merveilles arrachées
il rilalio. De ;.'rauds scifîucurs cc)unue lo comu-tahle de Miinlmoreiicv, les
Neuhillo, les (ioidVier décoraioni dos épaves do l'arl du passé leurs châteaux
cl leurs hi'ilols. On cilail les colloclious savanlos de Peiri'sc ou de Fiau<;ois
lillhd, en province. I!ii An^dolerro, les antitpies du comie d Annule I. du duc
do huckin<;liam, du prince do (îallos, jonissaienl d nue n'|uil,il ion uuritée,
ol la l'"i'anco send)lail se laisser- devancer dans une \iiie on il elail élraiiiio
ipi'ille ne lût p,is ,111 pri'inier lan^^. (iràco ;i llielulieu. le lorrain perdu lui
\ilo roj;a;:né. l'.n (piohpies aimées, il sut ordexer ;i la (irèco et ;i lllalie
plusieurs ooiilainos de sculptures, dos moreeanv sans prix, des morveilU'S
de liMis genres. Aus-il.M (pi'ij eul <'n main lo |)ou\oir, il son servit avec une
passion vi-rilaltlo et acharnée jxiur se former des colloclious, lançant j)arloul
dos émissaires, dépoiisanl l'ar^roul sans compter, tantôt envoyant son lldèle
l,o \lasle. prieur di-s llochos, en mission à Florence ou îi lUime. pour
couunandor dos copies de hron/e et do maihro d'après les statue-; anlii|ne<
(dès i(;-j."{); l.iidôl cliar;:oanl le juif Lope/. on Mazarin, on lahhi' Mnndini. on
l' lanchip.nil. i>n encmc si-s procurems. les l)an(|iiiers ( lanlariiii el Seranluni,
• le liiiie des a< ipiisilious pour lui'. Dans ce chemiu, il ne sairèta plus, il lut
insatialilo ol no cessa p.is de saisir loiiles les Dccasidri- ipii se ren< Iraienl.
Même après ja ii„,il du c.ndinal. la .lueliesse d" \ij:uill onlinnail d.' rc'-lor
I. \. Lopo» t'Inll un Juif uinriMpic vi-iiu iri:«|wj.'nf i-n riaiirc vers iC.o'i et <|ni v lil ra|)idcmciil
fotluuo ilani Ir conum-rrr <li>» iliiuiiuiili. Il ilrviut un di's faniiliiis ilc IlirliilitM. .pii riippHiiil le
êttgtttiir llrhriii,. Tnllt-ninut ili» ilinux ranuilp un lM>n lnur (pic lui jnii.T le lardiniil un jour (|Mil lui
nvall n-iiilu »l«llr n lliioil I..>|h/ rnilini^w In roiiKi.in riilholiquc, il fui consiilliT du roi.— I.abhû
MimUinl riait l'Iiiiinnlni, dnrininr. .. Un, rus.'-, «innil nii-iradanl à li.M|ncr. acliclcr. vciidiv et
rcTrndrr, -dit (iu) l'nlin. I.r i ardin.d |ki>a -m"» wnin-i iliinr alili.ivc il il'uii raiioniral. — riaiiclii|iaiii.
iiu>rl rn IUlirrn ttan, rt a|>|>.irli<naiil il la uoIiIi-m- loniaiiH'. a\aii (<| dani le t;iailedc inam liai de
rnuip liant li-^ anni-r% dr t.<>ui« Mil. Il n doniii- mui nom à lui iiarfuni dr son invonlion. — OiianI au\
tMni|iiirr*r:anlaHiii cl SiTunUmi, on li^» rtlrouvr dnnçi IVnlournKc di- \la/ai in. I.i- mtoihI fui conlioliMir
«t^ni-ral iIp la mai*iiii d Anne cj' Siililrlif, i|ul lui ItKun jo.imh. liMOiiMi nioil Ml \l. i.i ltoiM.iM.K,
V<-/il>iir<-< Jf tu Sitiflf (Ifi ii/ilii/iiairri.)
mcii ii.i i:i i>vNs SON i'\i,\is
(les acquisitions qui anivaiiMil cmoiv au l'alais de s, m iinclc, tclli' (|iic la
niajruilique lète (V.\lc.van(/re. eu poipliMC, (|ui fut (Iouikm- au sculpicur
(lirariluii pour \)\i\ tics tra\au\ cxt'cult'-s par celui-ci au luausdh'c de Ilicliclicu
il la Surhonuc. cl tpii csl aujouidliui au Loumc. La duchesse cul de uicuie à
verser en iG'|3 au cardiual Mazariu une picuiièrc fois 8.r)0(j livres, cl une autic
lois une \iu;,'-|aiue (\<' mille livres pour (claire
paver dans Houic ipii'lipies restes <le statues de
niaiiire ipic l'eu Monseii^iiciu' le tlardiual v avoil
l'ait acileler >) ' .
Lu Irait ;i signaler dans celle iulali^^alilc
chasse au\ olijets dail que liiclielicu t'onliuua
jusqu'au bout sans se lasser, uièuie au uiilieii
de ses plus grosses inquiétudes j)oliti(pies, cest
l'espèce d'àpretc qu'il apporta souvent ii se
l'aire doniKM' eu cadeau ou uicuie ii solliciter ce
(pi'il ne pouvait ac(iuérir. Ou sait avec quelle sin-
gulière facillh' Il acce|)la les cliels-d'ccuv l'c^ (les
(leu\ (\iplij's de Michel-Auge, cl le lalileau de
Sdiiit Sebastien de Louis (lariaclie. (pii soni
aujourd'hui au Louvre) (pie par dc'li g('u('reu\ el
suprême lui légua le duc de Monhuorencv lors-
(pi'il envoya cehii-ci ;i l'échalaud. (le n'est pas le seul e\euq)le (pi'ou |)uisse
citer. L u jour, en iCaj), visitant Sainte-Cécile d'.MIti. il demanda ;i voir un
portrait de d'Aniboise qu'on lui avait signalé. Ou le lui présenta, et quand il
l'eut admiré, il le « demanda eu don (pi'il porta à sou hôtel à Paris avec
un grand cadre doré»', lue autre l'ois, en i(i'|('. H ne se gêna pas davan-
tage pour prier la ville d'Arles de lui accorder trois lomhcanv de niarhre
de l'ancien cimelière des \liscauq)S, (pi'oii s'enqiressa d'ailleurs de lui adres-
ser, sans même lui lalre paver les l'rals de port : la correspondance échangée
il ce sujet a'été conservée'.
La passion de la collection et du hilielol leriail dom' lilen le cardinal.
c le oir voll. Mais cire/ lirl ('lall-ce pai' '•errie salisfacilorr de posst'dcr' de
heiles choses el pour savoui'cr la joulssairci; (pil, cire/ cerlahrs airratcur's,
loiniue le hit par- cvemple Ma/arin. va prcsrpie jnsrpr'ir nrre espête de d('licate
serrsri.rllle.' Norr. Iilchellerr ire paraîl pas avoir apparlenu ;i celle caté'goric
di' cmieux (|ni aiinenl l'art pour l'art, (à-rlaines Icllrcs de IrrI. corrrme celle
r. I)K ItoisLisLE. Mrmiiircs île In .SnriV/i- tifx fiiiliiiiinirr^.
■j. Cf. Mi'inoires iiianii.scril». cilùs par M. U. Tvir.iivrjiis. de (lasli-cs. ilaris la './irn/iii/iic ilfs nrh
de mai iKMu.
S. \iihives du imi.sée du I.DiiMe. Z".
I.E CAIIDIMI. DE niCIIELIEL'
\ E II S l'ace de y i; a n a X t e a s s
(D-.irrcs l'imjil Je Pctitot)
i.i: p AI. vis-nnv vt.
qiril tVi-iMiil à Le Masli- on iCu,')'. trinui^nntil cin'il nin.iil pjis, ,iii (hliiil,
un jruùl bii'ii sur ol l'u-irô. Si, au contact de \lazailii [rmiI-OIic et de quelques
autres, il accpiit peu à peu une certaine expérience en ces matières, ce fut par
la ff)rcf (les choses plus cpic par inclination vérit;il)!e. En se mettant en tète de
réunii- autant de taMeauv i-l de statues anli(|iiis (|ii"il poiniail. il ne faisait
que suivre la lendance de son esprit qui le poilail à lunl voir (>n lionnne d'Klat,
à reclierclier rc qui était -.'rand et niaj,Miili(pie, à vouloir pour la Trance
ce ([ui lui paiai^^ait propre à accroître sou prestijre, à d(''velo|iper la culUiie
inlellecluelle, à répandre le sentimeid de larl ([ui devait, il le conq)renail,
cou(ril)uer à policer les iuomus et à evercer, connue en Italie, une heureuse
iullueuce sui- les in<In-liies de luxe du pavs. 'l'el l'ut, sendile-l - il, le \érilalile
niohile <pii lit du cardinal le |)remier et le pins considérable collectionneur
de sou lfuq)S. lionnne daclion avant tout et de calcul élevé, aux idées larf,'es
rt de lon^^Mio prévoyance, il ti"eiili-.'|>renail jamais rien sans hul. l'oni- lui, le
luxe, les hàliineiits, un faraud train de maison, ce faste cpiil aimait, c'était le
si;:ne evié-rienr de la pniss.nice. un in^linnieid de domination. Il fui do même,
"Ml pent le criiire, ciilierliMiniein- par pulili(pie.
Il e>t certain, eu ellet, (pie son exemple fui elTicace à cet ('gard, ef
d('teriniii:i l'admirahle en;.''onenient en faxein' do lieaux-arts (pie Mazarin
de\elii|ip;i enioïc .qiiès lui l'i (pli alioiilil au ina^nirKpie ('■panoiiissement flu
iv;.'ne de l.ouis \l\. De i(i,'{() à if)'|('. Paris vU surj^ir (pianiilc- de heau\
li(*itels d('coi('s de peiuluics par les artistes de cette épo(jU(\ aménajrés h
riiiiil.-ition du nouvel InMel lî.nnliouillel e| ornés, connue le Palais-C^ardinal,
lie statues anliipies et de collections de toutes sortes. C'est en iG.'^") que
J.-H. I.aiiiliert lit hàtir par Le Van son fameux Ii(*>tel de la rue Saint-Louis-
l'U-l Ile, d.'iMii- (pielipio ;um(''es plus lard par les plus ^■•ramls peintr(\s.
Ncrs cette iiK'ine date, nireiils construits IIkMcI La \ rilliere, rue des Pelits-
(;li:iui|)s. (lexeiiu eiisnite IIk'iIcI de l'oulonse, puis la BaïKpie de France:
l'l"''lel de Cl. de jtidliMii. |,iiiii-lie di:i;i| soUs I.,,i|i-, \|||. doill Le \ AU
fui lari liilei le. el (pie siiiion Noiiel et lllaucliard ornèrenl de peintures';
rii('>lel de La Moche- ( hinoii. rue des Uoiis- Lnfanis, el (|iii ('lait ap|)n\('' sur
li-« hàlimenls du l'alais-( Ijitdin.d : l'InMel «Il lu, ipiineourl, pivs la porte neuse
S,iinl-||(iii(ir('; s.ms p.iilei des InMels (■•|e\('s ,|,,i,s le xoisinaf.-^e de l,i demeure
I. Cl. b'VveKKI., Lrllrri i/ii rnnlinal ih llirhrlirii, l. I", p. 77.'.. CcMc lillio. iid rc.'vVf 11 l.c Mnsic i\iw
RkliHIrii Avail rnvoyi- rn iiil«li>fi 11 lloinc cl 11 l'ioicriic, (loiiiic » (•«•liiiri «les iiisliiiclidiis IW-s précises
an Mijrl ili-« nripii<llinii« m M.iliii-'. il .nl.rc .1 ilr Iikiii/i- .pu- .li>iiiiil niiii-lc ciiidiiiiil. Il y (M cpics-
lioii iMiLiiiiiiM-iil iriliir -liil 1 il Mil I iiiilitiiiil vitii ili- (.iiil^iiiii- pniii II- » hiittiiil «le l.iliinui :*. cl
iUrlicllcii ii'lii-^ilc |in< a ni oiiiiii,ii|,|,.| ipic In ilaliic ipii iIcMiil Iciiii le li,is>iii ;! dciiv mains fût |«ncr
piiur nue Iran put rouler. !.«• MikIc ne «• n^na |Ni5t, diiiis sa rcpoiiM-. poiii icicvci ic ipi'il y .ivail
(il) iiiamaU kiiCiI ilnii» iiii |Mrcll iiir.iii|{ciiii-iil.
1 (•■'tiii.ilii lUnr., /V(rri/</ii>n </<• l'nriâ, ■'■ililimi ilc ili."*;. p. .1,
:i.ii;i 11 AN:
> 'V'M^ 7()
(If KiclicliiMi j>;ii- les couilis.ins cl K-s (n'iitiiics du mi;, ml iiiini-liv, ,|iii s'ciii-
pn'ssrrciil di' se i;i|i|in)(liri- de lui {k.iii' iii1i'ii\ r:ilr(> leur coiif, cuiihik' (ciiv
de \:iriil. du coiiscill.r d'i:hil l'.aiihii. (•(iiistniils par Le \aii: de 'l'iilifiir,
iiic drs i'i'lils-CliaiMi)-- ri iiic \i\iiiinc. !,a maison de ce dernier int aclidée
pins laid par Cdllx'il. TonI à ciMi', Ma/arin devait liicnltU se l'aire construire
la inaiinirnpie liahitation sur reniplaaMueiit de lacpielle est maintenant la
Hihiintlièipie nationale. Ainsi, ^rràce à Ui(li(>lieu, se Ibrmait rapidement
toni un (piartier nouveau, tpii avait d('jà Mia,,,!,. alliiic et ipii amenait le
prompt d('veloppeineul de la ville de Paris dans la direction nor<l-onest.
l.a plupail de ces Iiahilations se disliiiMuaienl par uu(> arcliitectiire parti-
culière, Iranchant sur les lial>iludcs et le stvie du siccle piV'cédcul. roimnc
aussi [lar l'appareil d(> la constructinn. Ce n'i'lait plus le caractère pittoresipie,
mouvementé, du \v siècle. La méthode (|iii, sons le rèf>-ne de Henri J\',
dominait encore et avait inspiré ces maisons oîi d(> l'association de la liriipie
el de la pi<'rre résulte une impression si aimable et si ^nxc, était é^^alemenl
abandonnée. Avec l'étude des monuments aniitpies, ou s'était adonné exclu-
sivement an régime de la picMie. La pierre permet plus de solidité et de
force, donne plus dampleiu' au\ constructions et lait à rornemenlalion
sculpturale une place qu'elle n'a pas avec la bricpie. Or, à la lin de Louis \lll,
on voulait de la sculpture, des façades nobles, riches, imposantes : on eut,
en revanche, de la lourdeur. On avait été élancé et fluet, on se fit court
et trapu. « Les arts procèdent assez souvent par ces extrêmes, » ainsi que
le dit fort justement le comte de Laborde'.
Dans ces demeures spacieuses, aérées par de larges fenêtres, où tous les
appartements étaient distribués symétriquement, ayant vue d'un vùlé sur
une cour d'entrée, avec une porte coclière sur la rue, de l'autre sur des
jardins, la mode voulut qu'on ('lahlîl à proximité des grands appartements
de réception, et des petits appailements d"un confortable très relatif, de la
salle des bains et d'une oiangerie, des grands ou des petits cabiiu>ts de
curiosité qu'il devint de bon ton désormais de garnir d'objets d'art. Tout le
monde ne pouvait pas s'olfiir, connue Kichelieu, des antitpies h profusion.
On commença d'abord par les médailles, les tapisseries, les tableaux, les
orfèvreries. Plus taid, vers ifitio, s'ajoutèrent les laipies ou les porcelaines de
la (lliiiie. Pour les iiic'daillcs. re\empl(! partait de liant, car le propre frère
du roi, (Jaslon d'Oi'léans, occupait les loisirs ipie lui laissaient la cha-<sc el
ses incessantes intrigues de révolte à en n'unir une collection doiil un ^lainj
amalciir de rouliiii-M'. le savant l''rani;oi~^ l'illiol. lui apporta d'un seul coup
les plus riches ('léments. On citait encore ;i Paris, ii cette ('•pocpn-. les coller
1. I.e l'alais-Mazariit, i845, iii-8*, p. ON.
8o LK !■ VL VIS-HOY AL
lions «le liil>l.aii\ ou li'S Ixaiix moiiltlrs de M. de La \ rillit'iv. du duc de
rliauliR'S. di' M. d." Clianlelou, dr lioiillv. du surintendant des bâtiments
Des Noyers, dont lli.Mel de la iin' Saiul-llonijié était rempli de merveilles;
du inar(|uis dT.lliat, des frères Des N(euds de la Noue, qui possédaient
surtout de superbes médailles; ou encore de Micliel de MaroUes, dont le goût
i-oiumeiK.ail à iiiau-jurer une uou\elle I)ranrhe dans la curiosité, celle des
estampes. C'est du cardinal de llirluli.u ([ue vient également sans doute
Tusagc qui, tiès le milieu du wir sièch'. siuipo-e aux gens de (jualité d"avoir
elle/ eu\ une bibliotlit-que. Pour Ion! lionuue ([ui se respectait, avoir une
liililiollièqiie dans son hôtel était une olili^Mlion alisolue, un li'mnii^nage de
son mérite et de i)<>nne lenni': n'en pas avoir était une lacune et prouvait
ipi'on n'aurait pas été capable de s'en servir. Ménage raconte cpie Sorvien, (pii
oicupail im em|»loi «'levé dans l'I^tat, voulait s'acheter nue liililiotliècpie
avant île mourir et lui écrivait: u Oui' diroit-on de moi. si on ne trouvoit
pas de bibliothèque à mettre dans mon I/ii-e/i/ai/e'?)) Bautru, homme d'es-
prit, ipii soignait sa léputation, avait dans la charmante maison que Le\au
lui avait bâiie iiie Nen\e-des- l'etits-(!hanqi>^ cl (pi'on appelait la ^rntilli-, une
chapelle ipii Inmbait en ruine, mais sa bibliolhèfpie jrullVail prise !i aucune
sorte de critiqii'.
l'.n css.ivant d'indiquer ici la pail (pii revient à Kiciielieu dans le progrès
lies «il> en l'iancc. cl le niouvcuieul (pie la construction et la dc'coraliijn du
l'alais>( iardinal cnntriliuèrenl à di'vclopper. il ne fan! pas ouldier les [ap-
ports du mini'^lre avec les artistes. De nicuie (piil -- a|i|ili(|iia à encourager
les lettres, il fonder 1" Vcadé'mie française, loi.ric Imil ijalidid pivs de lui,
.'i rinMcl Mé-ln-iiie. -i formel- iiiir bihlidlliciiue d.nil il Vdulnil ouviir l'accès
au monde >a\aiil. de même il s'éveiliia. aulaiii ipie le lui peniiirenl les
abritai ion-, de sa vie -in;:iilièreineiit tionbli'e. à i'.ivoiiser les pciiiires et les
■^culpleiirs de 1,'ilciil qui lui ('taieiil signalés. Ce ne l'iil pas sa faute s'il
ne p;ir\iiil pa> ii llvcr ."i Paris, loi-ipi'il v vin! en ili'io, lilliisliv Poussin,
qu'il reçut en reniiu.iss.int et en le i .niililaii! d"('-gards '. Mai-, il lit venir
d'Vuvers le sculpteur (lé-rard \aii ( Mi^lal. et, après l'avoir l'ail travailler au
Louvre d'après les modèles de S;iir.i/in, lui coiilia divers ouvrages de di'co-
ralion au Palais Canlinal. Il coiiviit d.- sa prole,li.,ii .le:iii W.iiin. le C('lèbre
graveur en ini'dailles. lequel, né- ;i Lii"-^r,. ,.,, ,(;,,', ,|-,,|, .„•.,.,, ||;,,,,.;,|s, ,'|ait
venu II i'aris en i(ii(i, el se voyait p suivi sons r.icciis.ition de faii\-mon-
iiayjii:!' |ois<pie Michelieii le sauva, lui doiui.i ]y evéciilei l.i iné'daille de
h.iiis Mil ,1, i(;.,„. la sienne en id.io. et h' levélil de la charg.' de garde
I ilrimiiiiiiin, I II, p. \i.
t. litufllr iIp |lr^«iiM>T. 17 diVciiiliri* iCm, p. »i8.
CAIIUI>\I. I>E nICIIELlEU DAX» »0» !• A L A I »
(Gnvurc c«lrailc Je /■ I'' irKi.Muu. p-ir Aabcry, l((o)
T. I. LE p^I.AlS-lll^T^
gg l.r P \l, \IS- HOV M.
fl roiiilu.t.-iir (le la Moiiiiai.', ••ii iviai.lac'mnil de Unir ()li\icr, qui \iMiail
(If iiioiuir. On a mi plus haut coimni'iit K- cariliiial avait soiilciiii l'liili|)|u'
d.' Cliampai^Mi.'. quil a\ail \ni<. a ses (It'bnls, alors qu'il rtail cuqjlovô par
Marii- dt- M.'diris au l'alais du Luxeiuhourfr. Si celui-ci osl dcveiui rua
des plus -irands porlrailislcs do son siccli-, s'il nous a laissi" des clligies
riMuanpial)l('s de tous les Ikiuumi's d'Klal de sou épo(|ue, depuis Louis Xlll
jusqu'à Culberl, c'est parce (|ue Uiclielieu su! uieltre sou laleul eu xo^ue uoii
seideuieul eu posant pour lui nouilire de t'ois, mais ni lui fai-an! faire les
pnrlraits des uieud)res de sa lauiille. de sou livre l'arclieNèiiue, de sou jeune
fousiii de La l'orlc. de sa nièce la diicliesse (rVi^uillon. il est à reinanpier, du
rfsle, que le cardinal-duc eut le lion e-piit de faire appel au talent dr la plupart
des artistes (pie la reine Marie de Mi'dicis s'élait ellorcée de jLrrouper pour
la décoration île son palais du Luxeinhour^'. Ils n'étaient pas très nonibreux,
car notiv école rrançaise ne brillait pas alors d'un bien \if éclat. Pour la pein-
ture, qui n'en était (piii ses débuts, il y axait une véritable pé-nuric d'artistes.
A paît Siinoii \oiiet, dont le noiii éclatait au inilieu de ce néant, et (pii ne
hiillisait pas à rorneinentation de tous les InMels neufs ([non lui demandait,
on ne con)|)lail ;,'uère cpie de pauvres talents : Simon François et L. de La
Dire eurent leur part dans ces travaux du Palais-Cardinal, car ils y déco-
rèrent la salle des ^'ardis de trois panneaux'. (lotelle et Testeliu remplissaient
de leurs interprétations in\tlioloj,'i(pies l'iiôlel de M"" de (iuéinénée, place
llovale: Moi'lon li^^Mirait dans le vestibule de l'aimable maison du pacillipio
Maiitrii les h'.irnins ilr la \'ir i^in'rriiif : Pli. Knxter miiail le cliàleau
de Cl. de Knllion ii \N ideville, en Seiiie-et-Oise: Lrrard, le futur académicien,
pn'-ludait par des es(piisses sans ^'ràce aux Mi'tamiii plmsrs t/'()it(/<\ cpiil
allait peindre ii l'In'itel Le ( lliarron ( le père de M Colbert), situé' ipiai Nolre-
|)ame; \li;.'naid, encore adolescent, était en Italie d'oîi il ailressait au frère
de Kielielieu. arclievèqne de Lvoii, des copies des (iarraclie du Palais Fariièse,
et Lebinii s.qiprètait ii .iller ii Uoiiie. Dautres, plus obscurs, n'ont point
laissé de trace: tel ce Dncliesne par ipii l'.iclielieii lit décorer le château de
Linioins ol sa cliainbre an Palais-Cardinal, et auipiel sans donli' il donn.i
des liesoffiies (pie les .iicbives ne nous ri'\è|enl point. Le caidiii.il de Kli Ik liiii ,
(pii avait fait In connaissance de Hnbens ipi.iinl ce peintre l'-lait venu à Paris
en ifiii, appelé- par Marie de Mi'ilicis pour la di'cor.ilion de la j.';dt rie du
Paliiis du l.uveiidioiir;,', ne manqua poinl de demander ."i l'illuslie artiste
quelque niorceau de lui pour sa collection personnelle. Le 'i février ili'."!.
I abl»/- de Siiinl - \nibroise, en é-crivaut îi Hiilniis de se bâter de venir mettre
en place les dernières compiisilioiis de l.i siiiic (Ir 1,1 \ i,. ,1,. \l.iiii' de Médicis,
I. CcLinii.^, I. II. |i .Vl'i, l'I (iiii.i.i:! iii. S\iM liciiiii.i N. W.'iii'<i/vi ini'-lils. I. I ". p. iiK't.
HIC. Il F. 1,1 l:r DANS SON l'M.AlS 83
lui donnait « la mesiuc (rime piîcc (|iie lo cirdiii.il de IU( lidicu voudroil
(le sa main, huiue-llo lui di'pl.itt n'iMio [)as pins ^riandc ciii- Il n'a ;rardo
di> iiiancjuer à son service». Mais Hiclielicn, une l'ois Kuhcns à l'aiis, ne
vonlnl point poursuivre ses relations avec l'artiste, car le cardinal, (jui a^ait
une |iolice fort l)i('n laite, ne l'ut [)as l(iiij,Meinps îi ap|iicndre les menées du
peintre-diplomate et ses conciliabules secrets avec Hnckiiipliani, lequel venait
d'arriver à Paris au mois de mai i (!•.?.">, pour cherdier Henriette de France,
la femme de Cliarles 1" d" \n;.;leterie. et il ne piil lui ('cliapper (pie le nolile
lord meltait une sin^nilière insistance à se rencontrer avec le maître d'Amers,
(lelui-ci, en effet, poursuivait alors d'autres négociations que celles (|ui abou-
tirent d'ailleurs à rac(|uisition pour 100,000 llorins par Buckingliani de ses
collections d'objets d'art.
Les sculpteurs étaient plus nombreu.v alors à Paris (|ue les peintres.
Maintenus en baleine par des travauv permanents, comme ceux du Louvre,
ils gardaient des traditions cpii les rattacbaient à un passé glorieux dans
le pays de France, (luillauinc l?eitbelol', auteur d'une fontaine de bronze
dans le Palais du Lu\embt)urg, fut beaucou|) employc par le cardinal, pour
ipii il exécuta, notamment, au cbàteau de lliciielicu, dans le Poitou, outre
la statue en marbre de Louis \III, une figure de la liciioniiiicc, passée en
vente îi I'IkMcI Drouot en i8r>'i, et (pii se trouve maintenant on ne sait où.
Parmi ses confrères, il faut citer en première ligne, le vieux Nicolas Guillain,
l'auteur du monument du Pont-au-Cliange, élevé à la gloire de Louis XIII
et d'Anne d'Autriche: (ulles (îuériii, occupé surtout au Louvre; Pierre II
Biard, à qui le cardinal-ministre commanda la statue équestre de Louis XIII
érigée sur la place Royale: ,Iacques Sarrazin, élève de (Juillain, qui devait
devenir par la suite le sculpteur attitré d'Vniie d' Vutricbe, pour qui il fit
un buste en bronze de f.onis XIV cnjimf. (pi'on plar.a au Palais- lloyal,
ilans les appartements de la reine.
Après ces maîtres, il comient de nienllouner cncoïc d'aulrcs artistes moins
connus, dont seuIeMicnl les noms, la |ilii|);irl du leiiips. cl poiiil les onivres,
.sont désignés pailuis dans le^ duciinienls d.' Ic'iKMpie : Clirisloplie Cochet,
auteur d'une statue de Didnii (|iii se Ironx.iil dans les collections du cardinal
de Richelieu: Francbeville, (pii ne (piitlait pas .leau de Hologne. dont les
petits bronzes étaient si appréciés «lu ministre, comme ou a pu le remar(|uer
plus haut dans l'énumération des sculptures du Palais-Canlinal : Thomas
Boudin, qui fut (•Iiarg(', avec BarlIn'IemN du 'l'icinbl.iy et l'raïK.ois Bordoni.
des bas-reliefs en bronze du |)i('-deslal de la st.ilue de llemi l\ : Mi< lui lioin-
din, à ipii on commanda en i(i'|t) le mausoU'e du comm.uiiiiiir Vmadt.r de
I. Ne vol» ijt<0. iiioil le 3o juin il/t>S.
g^ i.i: 1' \i. \is - no Y. M.
Laportc. oiidc »lii canliiial. (jui est maiiilcMiaul au l.ouvro': lUiNstcr. (ioniiani
(;iiu\, Fraiiiiiii, iiii d.-s \iiHi\ sculpteurs de lécolo de l'ontaiia-ljleau, qui Nivait
eiKr)ri' en i(J'|S, et aNec leipiel llielielieu était en nlaiiou. car il eu parle dans
une de ses lettres à Michel Le Masle. etc.
Ix* condc de Laboiile. dans le voliiiue si cuiieu\, si saxanl. cpiil a consacré
an I*(tlais-.Miizaiin\ lait honneur au ministre favori d" \une dVulriche, avec
une indid^'ence (pi'il est |M'rnns de ju>;er excessive, de heaucou]) (rinuovations
au jiuiul de \uede l'eiici xua^iciueul des l»eau\-ails. dmil le UK'iile rexieut. eu
hoinie justice, au cardinal de Kiclielieu. (Tesl ainsi ([iiil alliii)iie à sou héros
la nioile de se faire peindre, mode, dit-il, tiui a \alu » ;i la l'rauee el au\ aris
un l'liiii|.|ir de ( :haiupai;:iie. un l„ii'^^iHière et les ^naveurs Nauleuii. Masson,
Andran. etc.». Il ajoute: o L'impulsion l'ut donnée par Ma/arin: IhiuMieur doit
lui en rester.» Or, il est indubitable (pie ce méiile apparlient précisément à
llieh.'liru ipii, habile a pi(|iaier sa ^d.iiiv p • la pnsli'rilé, assez vaniteux de
sa tournure élé';.rante de ^^enlilhonnue, préten«lait entrer dans riiistoirc non
connue ime .ibstraclion, mais sous les espèces réelles (piil lui plaisait prendre
et dau> 1rs mulliplr-i ;illilu(les nù il lui ciiiiv iii.iil il'v païaîlre. Il ne se l)orua
pas aux divers portraits peints par Philippe di' ( lliampai^:ne. Tous les artistes
en renom de son ('-poiiue fnrcid conviés ;i icproduire la lionne altièrc du
cardinal -ihic. |)is iii,(|,iill<'> uondii ciisc-.. prestpie toutes des cliefs-du'uvrc de
W.nin, racontent les principaux ('\iiiiinenls de sîi vie. Lue sorte de catalo^^ue
en a élt' dii'ssé (peul-èlic par I r M.i-le), doid le manuscrit est conservé à la
Hibliolhéipie nalioiialc ■'. I.e luème ,lcau Wariu evécida SOU buste en bion/A-, (pii
fid terminé- dans le conraid «le I aunt'-e id'ii. (lest ;i son suj(>t (pie le ministre
ndresx.iil, le .{ dt'ceud)re de cette ■nuK-e. le billet snivaid à Mazarin :
Mciii-jciir \!.i/aiiii fciM p;iver, >'il lii\ plii-l. Ic^ ilriix mil livres, (pii smil ileiilz
ù celui ipii nous a vendu la Vénus de bronze et les huicl testes, s'il ne la ile^ja
eslè... Il se sfjuviendra «les lioisles avec des dianians pour mon poiiraii (
Si le sieur Loppe/. a de petites eliaisues, il les aelieptera connue |ioin luy. aliii
«pie ji- n'avo rien à «lemi-sler avec le si'i;.'neur Ileiireo.
Il rmnjr.i Voir i Inv. \aiiii si sou Ihis|c in plaslii' est miIicv é ''.
|)e Cl- busir plusieurs épreuves ru broii/r oui ('lé lirérs. \|iivs la inori du
nirilinnl, la «hi« lirssr d' \i;.Miilloii, s.i nit'i-r. p.ivait aux fondrurs le prix «le ces
épreuves, ainsi «pi'en t<'iiioi;:ne ««•1 «'xtciil «le son re^'islre dadministratiou :
An sieur lliilifil l.r Sintir. luallre sriilpliur, |ioiii- i|ii,ilri' Imslrs dr Son
l^iniiii-iice, Huiviiiil ipii(laii«-e du i-i juin t(i'|3 : iS.ouo li\rrs.
I. Slaiii<la« l.iMi, liiiliniiiiiiirr ilf tcnlfilfurt, p. H.V
1. < jiiiilr m. I.AuoHbi:, l.r l'iiliilt-Mii:tiriii, i{(^.'i, \iiK-, \t. lO.
3 \t>lr a lu llii ilr if \iiliiiiic 11-» l'iiV)-! juvIlliciiliM-s. llililiolliùi|iii- ii.ilioii.ili . VIVI. Clair.. 1 13."), I «'i,
i I. li'VtrMl.. ','>r»v«/>..;i</ii/irr </r UiihrUru. I, \l. p. ^f<(,.
ui(:iii;i,ii:r dans son palais
85
Au siciir lli'iiiN IV'ilaii, sculpteur, pour deux bustes de bronze; item. sui\anl
quittance du 17 octobre i6'|.j : ■>,()(•() livres.
lu do ces bustes, de deu\ pieds cl demi de li.iiil. se iruux.iit au Palais-
Cardinal, dans le cabinet de la elianibre verte, et liyurc dans V Invriitnirr
de la dueliesso dAijjruillon sons le n" ()S/|, prisé ôoo livres'. In autre fui
donné à Le Masle. prieni- des Uoclies. et se
trouve mentionné dans V Inventai/ c après (h'Mès
qui l'ut l'ail cliez celui-ci en i().5'>, '. Anjouid'bui
on c(imiaît trois exempiaiics de ce liroiize mé-
morable : luu est à la Hibiiollièipie Ma/.ariiie,
l'autre chez M. le comte de (lliabrillan, le troi-
sième chez M"" E. André. Il en a\ail été Tondu
un, paraît-il, on or, du poids de 5.") louis, pour
M. de Ménars, président à mortier, dont a parié
Perrault-'; mais il a dû être (K'iruit avant la
llévolution.
Au milieu même des luf.rid)res lui'occupa-
tions de la dernière aiiin'e de sa \ie, Hicbelieu
trouvait encore le len)ps de doiuier des séances
auv artistes qu'il chargeait de po|)ulariser son
image, et appelait ceux-ci autour de la litière où il agonisait, (le n'i'tait
pas assez pour lui d'être représenté dans des tableaux, des médailles, îles
bustes, des niinialures de Pclitot entourées de diamants, distribués comme
des bijoux ou des amulettes à ses amis et courtisans. Il désira le grand
yiwr de la place publique, la statue honorifique, Irionqjliale, cl cette statue
il la demanda au sculpteur italien le plus renommé de l'Europe, au Bernin.
Ce fut Mazarin (pu se chargea de la négociation. Il écrivit au sculpteur,
lui promettant de lui envoyer des documents précis, des dessins de N an
Dyck, qui lui permettraient de donner la reproduction exacte des traits du
cardinal.
Uuoil. iS (léccmbrc iti'ii-
...Le cardinal duc a vnulii nie doruier un cadeau pour l'cnvover à Madame
votre épouse, altendaiit. i)OUr vous récompenser digiiciucnl, l'occasion (|uc lui
fournira la statue <pi'il ccMuplc recevoir de \ous...
Un presse Van Dyck de venir ici, comme il l'a pronus, afin de tracer dans la
perfection les profils de .Son Kniincnce, sur lesijuels \(jlrc .Seiyncurie pourra
KEIIS DES HELIl IlES
i:aiuiimi. de Richelieu
1. P.a|)icrs (If la diiclicssc (l'Algiiilloii apiiarliMiaiil à \l. <li' Cliahrillaii. cciiilii's .1 M ilo llnisli^lj
2. Iiivenlairo de l.r \laslc. pricm' Ats Uoclics. AkIiIm-s de j'Hoti-l-Dicu,
3. l'KniiAUi.T, l.et llimimes ittuxtrm (i7i>()i. I. II. p. Sti.
Pg l.i: !■ VLMS- uo\ u.
IruNuilIcr uvcc rassuraïue ilaxuir sous les yi-iix les portraits les plus ressemblants
de Son Émiiicnee.
Kii invocpiaiil votre hienxeillance. je ilemeine ili- i<jul eour. ele. '.
Mais le IVriiiii iieut pas le temps do faire la statue. Au mois ilaoùl lO/ji,
il envoya à Paris un buste en marbre du minislrc, de deux pieds trois pouces
de haut. (|ui lui plaeé «dans le pelit cabinet de passage pour alln m lappar-
lemenl \erl «. Il lut lies admiré, (pioique n'étant pas ressemblant. \ la jnort
de la dnelicsse d" \i;:uillon, il Hj.Mnait dans \' Inventaire de celle-ci sous le
n 1)1-, et clail e>.tiiné i.vno lisres. On ne sait ce (pi"il est devenu'.
LE TllK.VTl\r.
« Essentiel!. -ment iinmine de lettres \ » Kichelicu. (pii. on le sait, eut une
véritable p.i>i>ion pour le lln-àtre. lit un r.'-ej acte de nouveauté en créant dans
son Palais-Cardinal !:i salle (pii devait dcNenir le Tbéàtre-Krançais sur la scène
diiipiel niuiniit Miiliir.'. I"n ecla encnr-e il l'ut initiateur et donna revemplc
d'une coutume (pii allait |iorter ses fruits, car l'art dramati([uc en Krance prit
dès ce moment un rapide essor. Les poètes, ses prolé;:és. ne lui en surent pas
ni.invai-> •iir, connue on pense. Collelel. I'ai»;inl ;illn-'inri ;ni ;:(iril du cardinal
pour les \ers et la comi''die. S('-cfiail :
hune, ce ^'laiiit lanliiial. nui' lo TilMe tli'-siio,
fjiic \n Seine retient, (jue tmil le monde admire.
Iticlielicu, dont l'esprit pénètre l'univers,
FIsl épris de In Mum' et ra\i de nos vers!
l'.n i(l>(), ('.orneille a\ail (li'iiiiii' par- s;i pièce de .]fi'l/fi\ dont le succès fnl
inmiense. Il semble (pi'ii cette epo(pie la liberté- d'esprit, ebassée du monde
n'-el. ainsi (pion l'a reinar.pu'-. ait cbeiebc ;i se relu;:icr dans le drame d'intri-
;:iir. I.r mini^tii- ipii \ciulait loul (Ininliiri- iiil I aiuhilion de < iiii(|ncrir aussi CC
ro\auinr di' la lantai-^ie et de s'y l'ombii ilc^ arnic- |)oin- ^mnxerner l'opinion.
Il lui falLiil polir cela des drame»;, i\<- arlcnr^. un liieàlre. Les drames, il en
diela le^ .ncenarios ,iii\ aiilrni-- ipi il rhoivil. Les aeleins. il les Iniiiia en
entrelen.'iiil il l'aris trois troii|)es de conieiiieiis : la première ii 1 In'ilci de
Hoiir;.'o^'iie. la diMixiînie an M.iiais. la troisième ,111 faubourg' Saint -( ieniiain.
(cillant il la siijji' iji- sprelaelf, il l'installa < lie/ lui.
( \u lii»!-' du mini-lrri' ilr< \(Tiiiri-« l'Iriiiiyrri--*. — Voyi-/ inis>i li-s li'Uri'<i <Vriles ii cclli" iM'cnsion
|Mr |r llcriilii il lli( liclir I |iiililiri>< |>nr Itnliliiiiirri diiii* •«•h Vii/i:i> dr' prufrasuri itel disfijiui,
Mtlmi. i»i]. ( \IV, |i. '|.l.
1. Iaiiiï» OiiHAJou. Jriin Wiinii, te* <rwvrf* i\c tmlitlurr, rtr. (l'aii... Iiiiiilnnc iii-S', i!<8cK
pp iS-V*.
^ Mkhiikt. Ilitlnirr ilf I niiicf iiS:>H>, I \ll. |> i>i\.
un 11 i:i.i I I i> \ \v SON !• VI, \ I s 87
Dalxird, Il UN iiil au l'alal'^-Caidiiial i|ii'iiii jiflll tliràtrc— il ni a rit'
([U('>li(iii |iln> liaiil' — |i(iii\aiil ((iiiti'iiir (|iii'l(|iirs ri'iilaiiic- di' spcrlalnirs, l't
ijiii l'iit (icriut' par l'liili|)|)c de ( :liaiii|iai;iiic '. Ccllo salle ne siillil |iaN an
cardinal, (|ui dcniaiida à snn arcliilcclc, Le Mi'icicr, d'en ('•IcNcr iiik' plii>
vasto, cclli' (indu inan^ma en i(i'|i, aM'c Miia/iir. (i'csl dans la |)i('niit'ri>
(•('pendant cpie l'urenl i'epi'('-sent(''es. d,' id.'i,-) ;i Hi'id, la pinpail des pii^'ccs
— l)allels (Hi tia^M'dies — ddiit le nilnislre it'i^ala la (icjiii- dans des ieles
(|ni, par leurs dates, (Uit pi-es(pie tontes nne sigiiilicatioii. (le n'es! pas
soinent le hasard (pii rt'^lait les actes dn cardinal, Onvcrte pendant riii\er
de i(i35 par le ballet oll'ert à Mademoiselle et où parurent les oiseaiu (|ui
firent tant de peur à M" de l^re/.é-', celte petite salle lut réellcineiil iiiaii-
jrurée le i(i umII id.iri pour la repivseiitalioii de la coiiK'-die des 7'iii/cn'cs.
C'était le jour inènie (lù Uiclielieu laïK.ait à l'ilspa^^ne sa di'claration de
guerre, tpii était en nièiue temps la guerre à la reine, la guerre à la (iour,
la guerre à tous ses ennemis. Le ministre, par malice, exigeait qu'à cette
minute nu'me on rit à Paris. «11 Miulut xoir la mine (pie l'eiail cette Cour
l'unemie, et si elle oserait ne pas rire.,. Mais le drame était l'aiiditoiic, et
les spectateurs étaient le spectacle. Devant la face pâle du pénétrant esprit,
du revenant (pi'on voyait an fond de sa loge et (pii surveillait tout, on
travaillait à être gai''.» En iG.'UJ, autre re[)i(''sentation sensationnelle. Cette
fois, c'est le Ci// (pi'ou joue, le C/'t/, ce cliel-d'^euvre de Corneille (piDn
\enait de donner cpicKpies j(jms auparavant au Louvre avec un succès fou,
1-' Cil/ ipii, en gloiilianl les l'^spagnols au moment le plus criti(pie de la
guerre, au lendemain di' l'invasion, alors (pie la l'"rance entamée doutait du
génie de son ministre, semblait un coup de massue applicpiée à sa politi(pie,
à la France même.
'l'oiit l'iitis pour (;iiim('np a les vou\ de Rodrigue.
Clnni('ne, ('('■tait Viine d' \iit riche, respi(]|iiie de l'Espagne, ipii correspon-
dait a\ec les ennemis de la l''ianee, leni- livrait nos secrets, et (pii. mainteiiaul,
grâce au |)ftMe, allait voir \einr à elle, la faveur populaire. Sur elle, aiiv
représent.itions, se liv.iient Ions les yenv. ( )n se drapa à l'espagnole poni- lui
plaire, Uiclielieu \it le danger de cet eiigonement. Fut-il vraiment jaloux du
succi'S de (>oriieille!' Peiil-èlie. Mais ce (pi'il redouta surtout, certaineiiieiil,
1 . \oyc/ ci -dcA^ii^, p. i(|.
■I. La qiiiltaiici- dr !( ^. mniic reçue |iiir le pciiiire |>oiii- cp Iravail se trniixnil ilniis les |iapiers
de Le Masie, It'jjTiiés .1 111. ■Ici liicu. cl (jiii ont cl('' |jr['il('s. Noyez Arcliivtw de r.\>sislaiicc jiiilili(|iic.
188',. t. II. p. 0.-6.5.
:!. V(iv(v plus liadl. p. .'{il.
4. MiciitLKT. Uii-Mu-u et /u l'nnitlf. i«.')S, p. r,ii.
88 II-: P M. A 1 s - H O Y A l.
ce qiK- riaigiiit son ^M-iiie sérieux et .itleiitif, re liiiviit les conséquences
(les liiùlaiites stmplir^ du Cif/. « De quel cieur la noblesse allait-elle se
lialtiv loriliv les ilesceinlaiits du Ci'/, ces Kspagiiols aimés et admirés'?» Le
eaidiiial crut (|uil pourrait réagir eu faisant représenter cette tragédie sur
son propre théâtre, au Palais-Cardinal. (Icsaiif lui. Là, du moins, pcnsait-il,
sa désapprol)alion souveraine, son attitude di- glace tueraient la pièce. Il iiVii
l'ut rien. Le génie de Corneille grisa toutes les Ames.
V.n 1 (>.!-. entre la naissance du Dauphin qui devait être Louis \l\ et
la mort du l'ère .loseph, le cardinal-ministre oiïrit encore à la Cour une
grande IVte dans son théâtre. Il y lit danser le J{a//c/ de la l'élicilé
/nihliiiiii-. («Chose hardie, au moment où de toutes parts il axait des
rexeis'.» Mais alors toute sa polilicpie se trouvait retournée à l'égard d'Anne
d'Vulriche. dont la grossesse inespérée alTermissait désormais d'une façon
aussi solide i|ii"iii:ill(ii<liie la siluation sur le trône de France. 11 n'était plus
(pieslion poin- l.oui^ Mil de divorce possible. Il fallait prévoir la puissance
iinvilableuienl durable de la reine (pie llichelieu avait humiliée. Dans ce ballet
de la Filititr, le roi l.nui^ Mil liausa. l u des personnages disait ces jolis
vers de Desniarels :
l'ai'le/., mes yeux, découvrez mon niarlyrc
.\ Tobjet i\\\\ m'a su cliarmcr;
Puisque mon cieur ose l'aimer.
l'oun|iioi ciai;;nei!-vous ilc le dire?
I'!lait-ce nue .illu-ion diivcle à la passion allribu('e ;i Ui( lielieu ])our la
reine, passion qui peut-èli'c eu elVel exista un moment, car il v eul. eouune
r.i fort liiiM dil \liehelet, "du jeune honmie en ce grand Inmune it de tories
ehaleurs de eour',» mais sur la(pielle on n'a (jue de vagues iii(ii« es, eouune
le ranl.'isniagori(pie récit laisst' pai- Lomi'uie, dans le(pie! on voit le c anliiial
due se (lé-gins,inl en baladin et dansant une saialiande |iour |ilaire à Anne
d°\nlriehe. Il l'.iut dé-daigner ces contes dépourvus des gaianlie^ ([ue n'el.uue
rhi"<loire. ( !e l'ut eneore à r(jccasion des njouissances au\i|iielles doiiua lieu
In naissance de l.onjs \l\ (pie Kichelien lit jouei |i,n des enfants, en iG38,
•tiir son llié;^lre, niu' li-,igi eomé-die de Seudi'i \ , inlilidi'c /'.\/iinnr ti/rdnnii/nc.
el il propos de laquelle se piodui'-il un iiii ideiil ipii nieiile d'èlre rapport»'-
iri. Parmi les eiilanls ipii avaii-id pi is la jiiaee des acteurs, se houxait
une jeune iill'- '\i- liii/e ,ius, disliu;^ui'e déjà par ses talents, el que sa
I. Miiiiii.r.r, Iti'lirlii-ii fl /<! l'ruiiilf, \t ii|<i.
1. Ihiil , |l. il'i.
3. Ihi,l . |i. i^.
nicnKi.ii'P nws son i'm.\i;
89
ijc/i<-r,i/ i/,;i- illofu/.ûi/e<.t '/<
■• O II T II M T DE J E V S « \ Il I
(D'jprts U grjviitc a'ICdcUiuk)
gentillesse, son cspril (li'si^riiririil aiis-^itiM ii r.illi'iitiini du iMiiliii.il : ("l'i.iil
Jacciucliiic l'.isc.il, la sii-iir de railleur (IfS /'/tn'i/iiiti/rs. (IdiiI le |Mir avait ('•té
exili'-. \|)it's la rcpn'-spiitation, if niiiiislrc dcinaiiila ({ircilc lût ainonéo pivs
T. I. I.K l'Ai *I>.-I10T(
0"
I.E PALAIS-ROYAL
.1.' lui. I.'.nliiiit iiiruiiiiit c-l, avec assurance, lui débila le plaoel nuisant,
(ju'cllf a\ait l'ciit iraNanco :
Ne vous étonnez pas, incomparable Armanil,
Si j'ai mal conlenlé vos yeux et vos oieillcs;
Mon esprit, a^'ilé de frayeurs sans pareilles.
Interdit à mon eorps et voix et mouvement.
Mais, jjour me rendre ici capable de vous plaire,
Kappelez de ICvil mon misérable père.
C'est le bien (pie j'attends d'une insigne bonté;
Sau\ez cet innocent d'un péril manifeste.
Ainsi NOUS me rendrez l'entière liberté
De l'esprit et du corps, de la voix et du geste.
Sui|)riN ri cliaruu', UiclicliiMi piit l'cMlaiil sur ses genoux, l'cuiltrassa et
lui tlii : „ \||c/, je vous arconle tout ce (|ue vous me deniaruiez; ('crivez à
\iilic pi'rc iiu'il revienue eu toute sûreté'.»
j.a ;.Mau(le s;il!e de speelaelo du Palais-Caidiua! a nue liisluiri' |ilus
|.in;:ui' 1-1 plus l'ilalanle, |iuis(|ue ius(iu"à laïuK'e ijd.'^, oîi un iiircndif la
rédui>il en cendres, elle Fut successivement le berceau du riu'àlre-Franrais
fl de lOpt'ra. La descri|)lion la plus complète qui en ail été donnée et (pii
nniulre ce (pi'elie était à l'origine est celle de Sauvai, (luil faut eiu-ore ici
citer littéialement :
Ce lieu est une longue salle parallélogramme, large de neuf toises en dedans
(l'uvre, que le cardinal et Mercier s'eflorcèrcnl de rendre le pins admirable do
I Kuropc; mais la petitesse du lieu s'y opposa, car comme ce ministre avait résolu
de faire au roi un pré-senl de sa maison, il était bien aise ciu'il s'y tiouvàl quebpie
grande partie et cpielque chose qui lui digiu- d un grand moiiarcpie, et pt)ur cela
il lit faire par plusieurs' divers desseins et élévations pour ce tin'àlrc, mais ipii ne
furent jias reçus pour être trop enjoués : de sorte qu'il se tint ,"i (clui de Mercier
connue plus solide, plus connnode et plus majestueux tout ensemlilc.
I.a manière de ce lliéàlre est moderne, et occupe ainsi (pie j'ai dit niic iiuigue
snlle couverte el quarréc buigiir. I.a ■^(■ri\i- ( -t i'lr\('i' ;i un des bmiN, cl le rolc
occupé par -jy degrés, (pii monlcnt innllciiiiiil d iiiscnsiblcmcrii. cl cpii soiil
tcrniinéH par une espèce ib- porti<|Mc ou tiois gramies arcades; mai^ celle salle
est un peu défigurée par «ii'ux balc(»iis dorés, posés l'un sur l'anlic de ilia(iii('
rôle, et (pii ciiinmençant aux portiques \ieniiciit linir assez près ijn lln'.'ijrc. I.r
tout eiiHeinhle est couronné- d'un plafond en pcrspectiM- m'i le mailic a feint une
longue! ordonnance de ctilonnes corintbieimcsi ipii |iorlcnl iinr Nnùtc fort liante.
onriciiic! de rozons; el cela avec tant d'art, tpic imn ^i ub nn'nl ( elle mh'iIc cl le
plafond •temident vi'ritables, mais rrliau'isenl i\r licoKiMip le cihimiI de l.i salle
l't lui doniHiit touti- rrb'>alioii qui lui maïKpir.
I. Vlclor (;of»lsi, Jnrqurlinr l'ntrnl, p. j(0.
t. \Ur i|iil vriil Irl (wrlur .Saii\ul'> (,)iirji riir'iit Iri nnliilci Irs :iiilii's i|iii' l.i' Ucnin à ipii
llirlii'lirii «'ailrr«w> Wvy rc-i Iiiti lio ii'niil (liniiir mu un ii'miII.iI mu- ii> poinl.
HICII i:i.I i;i DVNP SON l'M.MS QI
Mais si Sauvai adiiiiic riiip'uiosilr de raivhilcck' (|iii a iiiia^'iiK- tviW
peint lire ou porspeclivc du |»lalurul pour d(jiiiuT uuo apparoiico dV-lcvalioii
à la salle trop basso pour S(jii élcnduo, on rovancho, il roj.Melte forl cpi'il iio
se soit pas inspiré dos llu'àtres anti(|uos pour les portos d'onlréc et de sortie,
ou le nonihio dos escaliers qui sont d'une si ^--laudo nécessité quand s'écoule
le Ilot dos spectateurs. Il reconnafl que la place mancjuait. .Ne valait-il pas
mieu\ cependant faire moins friande la salle et plus connnodes les déga-
gements!' l ne particularité do la disposition do la salle sur laquelle insiste
le ])lus Sauvai et qu'il signale comme une innovation (jui rend le théâtre
du l'alais-tiardinal supérieur aux théâtres de l'anticputé (point de comparaison
suprême pour notre écrivain), c"(>st la disposition des :>.~ dogi'és cpii, parlant
de l'extrémité du théâtre et arrivant successivement par imo ponte douce
jus({ne près de la scène, permettait aux spectateurs des derniers rangs île
voii' ;nissi liion (pte ceux du premier.
Les degrés même, dit il, ne sont pas arrondis en circonférence, ils régnent
en droite lij,'ne sur la largeur entière de ce parallélogramme; et, de plus, Mercier
leur a duinié moins de hauteur et de largeur que les Anciens ne faisaient. Vu
lieu d'un pied el demi de haut sur trois ou deux et demi de large que portaient
ceux des lloinains, chacun n'a de hauteur «jue cinq pouces et demi et vingt-trois
de largeur; si commodes pourtant <pie jamais ceux des Anciens ne les ont égalés
en ce point; cl de fait, par ce même moyen, on y monte et descend avec une
toute autre facilité. Là s'assend)le à la comédie, dans cet espace, trois fois ])Ius
de monde qu'il n'y en aurait eu si ce théâtre était conduit sur le dessein de ((uehpie
architecte de Rome et de Grèce; les spectateurs même n'y sont point assis, ainsi
qu'à Rome, sur la pierre toute nue, incommode en certaines saisons, par la
froideur, et ils s'y trouvent bien plus à leur aise : un même degré à même temps
n'y sert jjoint de siège et de marchepied à deux files d'auditeurs, ({ui pourraient
gâter leurs habits et s'entrccrolter. Notre architecte ingénieux, afin de i)ourv<)ir
à cette incommodité, s'y est pris assez joliment; car peut-être est-il le premier
qui s'en soit avisé. Pour mieux comprendre ceci, il faut savoir que connue il
est impossible de s'asseoir sur des degrés qui ne portent que cinq |)ouces et demi
de haut : aussi ces degrés si bas dans celte salle ne servent <pie de marche-pied
et ne sont faits ainsi (jue pour porter aussi chacun une longue suite de formes
de bois (ju'on y place aux jours de comédie, mais qui n'en couvrent guère (pie
les deux tiers; ainsi les spectateurs rangés le long du vingt-septième degré par
exemple, cpn est le dernier, ne scjnl élevés <pie de trois pouces el demi pardessus
ceux ([ui occupent le vingt sixième, el de même en csl-il des atdrcs; si bien <|ue
quand la salle est pleine de monde, on n'y voit ([ue des lêles rangées par étages
les unes au dessus des autres et (|iii rainpetil inqx'i-eeplililement...
F,o bon Sauvai, dans son eidhousiasmo pour colle disposition on amplii-
Ihéâtro, <iui nous parait si simple ;i présoid et (pii, do son lein[>s. était
()2 1 K I' M \IS-n(»YAl.
toute nouvolli-, va juscm'ii diiv .luc le grand llK-àlri' du Palais-Cardinal
contenait plus de .S.ooo siuMlalniis. L'exagération est évidciilo cl l'acilo.
d'ailleurs, à \erilior avec les cliill'res que noire auteur lui-rnènie ioiirnit sur
les dimensions de la salle. Celle-ci avant environ i8 mètres de largeur et
contenant 27 gradin-, nu peu! admellre que sur elia(|ue giadiii il y avait
place pour 3;^ speclaleurs, soit pour 8G'i personnes sur tous les gradins. Si
l'on lient compte, en outre, de l'espace laissé libre entre le premier gradin
et la scène, ainsi ipie des huit loges et des deux rangées du donhle
balcon s'élageanl à dioite el à gauche, sur toute la longueur de la salle,
r»n arrive à un lotal maxinuun de i,;h)0 places pour tout le théâtre. On
coneoil, (raillems, que iCiVcl prodiiil ail alliié à rarelut<'ele les éloges
dont Sauvai ne s'esl pas seulement lait l'éclio, mais <pii ('lail encore, au
moment on il écrivail (vers i(i(iS), l'exijression do l'opiniim du public tout
entier. 11 ajoute :
Il est constiiiit qui' Merciei'. dans la distrliiiilidn des parlies de ce lliéàlre, a
passé Tcspéranec de tout le inonde, el lail heaucoup plus qu'on nallendail, n'y
ayant point d'apparence qu'un quarré long, renferiné cnlrc une rue el une cour,
dut iMre si aeconq)li : <ar enlin, malgré les pelils dél'atds cpi'on y remar(|ue, il
n'y a personne (jui n'avoue que c'est le Ihéàlrc de France le plus commode et le
plus lli(\al'.
I,a tuilinc en mansanle idiixcrie Ai' plondi de cel ('diru'c l'iail un prodigO
d'habileté cpn, im sièclr |ilii> lard, ;i r('|iii(|ii(' nîi rllr fui di'liiiite, faisait
encore rt'tonncincnl des an liilcclc-. Iliic l'tail |his('c -ni' une 1res li'-gèrc
l'Iiarpi'iilc (pic sullisaicnl ii pnilci- huil pniilivs de chruc d'une iougucur si
«•xiraordinaire « cpie jainai- «m u"a\ail \u, ni lu. ui ouï parici'" (pi'il pùl y
on avoir «le telles, l'illcs ne nie-inaienl pas moins de vingl luclics de longueur,
cl il a\ait fallu fciuillcr dans lunlcs les forêts royales poin- découvrir des
«l'bifs capabli'- de les fdinriir. Kicu (pic pniir les amener ;i Paris, il eu
«•oiVa S, 000 li\res au cardiii.il. Lm-xpic. apiv-. la mml de Picliclieu. on
Miulnl pi'ali(picr eciiaines ri'par.itiipiis daii- la loiliin- du lin'àlrc, les cliar-
penlici> demandèrent '1.000 li\rc> pniir riMiiplaccr une seule de ces poutres.
On y renoiK,-.'!. Cela i-nl r\r ( cpcndaiil m'ccssaire. car ne -^'l'Iail i>u p;is -.wl-^c
de charger celle curieuse loitiin' de plaiicliei- cl (ra|)paiieiucul- (|ui liàl("'!('ut
H» ruine I
(!e fut le I '1 j.iiivier i(i'|i (pi'eiil lieu l'iiLiiignialion de ce lli('àlre ,i\ec
la rameuse rc|iresriilali<>ii de Mil, lin, . dicli'c par Uiclielicii ;i DcMiiaicl-». (pie
l'oiileiiell" appi'lle plai-ai II iiiei il ic le pi-eiiiier cnimiii- du caidiiial dan- le
I S»!»»! /.,• l«/(,;m(,-. ,lt l'iilit, I. 11. |i. i.H il ■.uiMiiil. >.
liicii i;i.i lu i> \\s M)N !• \ r. M> g3
(lt''|);irlcinoiil des .illaiics |)(u-li(|iics » '. (ii-llc l'ois cncoïc, ('(•tiiil uni' Irlf iiis|iiive
par la polilitjiic, mu> macliiiic de ^iit'ii-c, une csiiôcc de rcxaiirlic. I.i- iiiliil-lrc
M'iiail (ri''(lia|)|)('r au plus faraud dangci- (pic peu! -rtrc il cril cuiini. I.c-
I',spa;^ii()ls i)alliis avaioiil i(>;j:agiK' par rintrigiu' le k'iraiii pridii par ioiii>
LE THÉÂTRE DU PALAIS -CABDINAL : VLE DE LA SCKNE
(Gravure de Slcfino Jclla Bclla, dalic 1641)
armées. Tout ôlail pivl pour une in\asî(tn tic la 1m;uiic, (pi cuciiuia^'-cail a
Paris luôiiic une pailii' de la ijoiilossc frauraisc. I n imidciil (il i'cIkuu'i- ii-
(■(iiii|)lol. UiclicliiMi ('lail nui' lois (le plus vaiiupuMii . mais son Irrilaiicui cnnlrc
(•(,Mi\ (pii l"a\ai('iil rniiicnh'. ciinlrc Vmic d" Viil riilii- cllc-mrmc ([ui, sans
doiilo, s'y était compromise, s'exprima très violemmenl dans Mi/anic, pleine
trallusions à sa xictoire, « iiisullaule surtout pcjiir la reine (pi'un y reeonnaissail
dans mille traits inJllrien\^ » Tonte la Cour y assista, et \niie d'Vuliielie an
premier rang, a\ee le roi. Les auteurs du temps nous ont dtriil nlle icpie-
sentalion. On ap|)laudit. \urail-nii osé ne pas le faire.' Mais le ( aidinal ne
dni piiiiil se uK'prendre sni' Ir mensonge de <'es applaudissemi'iils (piim|>i>sail
t. KojiTK.NBLLE, Vic lie l'iiTre Curitrillc.
■i. Mic.iiKLKT. UiclifUvn et la l'nmde, p. 2\'S.
q'i I.E l'Ai, aïs- ROY ai.
la pour. «< Il est facile de jii;.'er, » dit un léinoiu, l'abbé Arnaud dans ses
Mémi>ires, .. >.i r(niMa;.'e (rnn premier niinislre, représenté dans son palais,
sous ses \eu\, au milieu de tous les rourlisaus, dut avoir du succès. Au bruit
des applaudisseineuls qui retentissaient dans la salle, Richelieu plein de joie
s'agitait, se levait, savaiu.ait en dehors de sa loge pour se montrer à rassem-
blée. » Plus lard Pellisson rapporta les mêmes récils au sujet de cette Mirante
qui coûta, assure-t-il, deu\ à trois cent mille écus au cardinal, ce (pii paraît
beaucoup, et montrera le ministre imposant silence au public « pour l'aire
entendre les endroits encore plus beaux». Ln autre contemporain, Michel de
Marolles, nous fonrnil sur celte Icte des renseignements plus précis. Quand
Minnnr lut a<he\éc. \nni' d" Vulriche — était-ce ])ar biavade et [)our l'aire tète
au ministre (|ui Nenail de la cingler d'allusions blessantes? — laissa le roi partir
seul' et resta dans la salle où u M. dcNalançay, alors évèque de (;llartres^
(pii faisait les hnmienrs de la maison, \itil. en habit conri, lui pivscnlçi- la
collation, avant à sa suite plusieurs olliciers cpii portaient vingt l)assins île
vermeil chargés de citrons doux et d(> confitures)). Puis les toiles du théâtre
s'ouvrirent de nouveau poiu' faire paraître une grande salle de bal, où on
dansa, lors(|ue la reine v l'ùt pris place sous nu dais. «Son Kminence, qui
étoil il un pas dei'rièie elle, avoit un maiileaii long de talVetas couleur de
fi'U, sur une siiii.iiri' (['('lolVe noire, avec le collel et le bord d'en bas foni'rés
iriierniine ''. »
ln mois aprt's cette fête, le théâtre du Palais-Clardinal s'()uvrait encore
avec éclat |>oui le mariage de M"' de Bre/.é, nièce de Richelieu, avec le duc
(rKiighien. On y donna un i)e,in i),illet inliluli' ht Prospcritc des armes de
la l'ranir. Le roi, la reine, loiile la Corn- y pairrl. Puis les jours sombres
reviinent : la coiispir-aliori de Cinq-Mars, l'agonie de Tarascon. C'était la
fin de cette \ie de billes du grand ministre alTainé de gloire. Au début de
l'hiver de ili'r^ à bout de forces, alVaibli par les abcès qui lui venaient ii la
m.'iiii. .111 bras, ailleurs encore, il essavail di' 'se délasser en ti-availlarrt à la
«MiiK-die d'A'///'>/;c, \\ iiiesnie (pi'il léirivail , Desmarcls f.iisail les vers. Klle
fut jout'o devant lui, le i .'"i novembre, sur- son Ibéàtre... Le mois suivant,
Richelieu n'éluit plus.
I, Il pnrflll «iiio I.Diil* Mil IroiiMi i(ui- In s<x-|i'ir- (|iii (onipowiil la salir rl;iil liop mrirc. ■ lln\i
ilr iiliinr Ir rnnliiinl. . ilil Inllfiiiaiil dos Hraiix. Il lui i-ii (Il rohscrvalioii. cl \lc>^^i^•llI prit la
Imllr nu ImiiiiI, ilti jnra i|uVii rird II ntail n|MTvu -In |HliU- Saint- Vinoiir ... Uicliilini ne Mil <|iii-
iliri- .1 lit r.iirr uni" riii|iii'tiv !.«• niiipalili- m- Iroinn iMri- lalilM- (liaiK»- îles iiivilnlions, qui rluil Inip
Kal.iiil. rt a«nlt rlTii li\>'iiiriil iloiinc plan- ilaiis In >;illf à inirli|iics jitini-s hcaiiti-s un |k-u lr}.'<M-<'s : il
fut i'i|*<'ili)'' fil priitiiKi'.
1. \>^^vl In noir ipii li- rc.ni criir, rl-ili-5Mi». p. 3i. — Il rnisiiil parlio «le In maison cli- iliclii'licii.
I'lu«irnr< iHiU"» ilr la main du rardinnl ri>nlii'iini>nt Ici moU : "... M. de Oliurlrcs |>H)Ci-a il ... ■> clc.
Il fui fnll nri'lic>i\pic dn llclni* icllc niiMiic anntr ili'ii.
3. Mirlid m. M«ii>>i.i.i:i, Mniioirr».
UICII l'I.I 1 r DANS SON
95
I.E rUAIN DK \1 \l>(t\ 1)1 (;\KI)I\ W.
LES DÉPENSES DE TABLE, DE TOILETTE, l>E Di >MEST1QI ES, ETC.
Maljjri' la jH'imiic des (lomnioiils sur la vio iiitiiiic du cardinal, il faut
rliorclicr à so ropirscidcr (|iu'l pouvait rire son <>viirc (rcxislcncc dans le \as|c
palais cpi'il lialiilail. 'raille dcsciiplinii rcsic iiicoinplrlc cl iKiiilc (jiii ne
restitue pas autant (pio possiljli> la piiysiononiic des choses par les nieims
détails dont la coiuiaissance peut seule nous faire pénétrer dans la laniiliarilé
des êtres.
Richelieu, on le sait, rechercha le luxe, le conforlahle, la pompe d'un
train de maison imposant, toutes les somptuosités extérieures qui accompa-
gnent la richesse ou la puissance. A cet égard, il l'ut complètement de son
temps et se laissa aller aux caprices de la mode, comme la plupart des
grands seigneurs qui vivaient sous Louis Xlll, admettant volontiers ses
bizarreries, ses extravagances même, sensible aux ralTmements de la toilette,
connaissant le prix et le charme des colifichets d'une femme, aimant la
parure, les parfums, les tapisseries, les beaux meubles, les mille riens qui
rendent l'intérieur d'une habitation agréable et riant. Ce génie sévère, cet
homme d'Etat implacable et profond ne fut rigide qu'en politique.
Au Palais-Cardinal il introduisit le ton, les allures, de la société d'alors,
le faste mi peu froid d'un palais de souverain, les rouages aussi nombreux
que compliqués qui n-gissaient à cette époque la vie des grands châteaux.
Chaque hôtel un peu important, à Paris, dans la première moitié du
xvu' siècle, était organisé comme une administration. Depuis l'intendant
qui dirigeait cet ensemble, jusqu'au dernier des laquais, les diverses branches
des services se trouvaient sous les ordres dun chef d'emploi hiérarchi-
quement responsal)le : c'étaient non pas des domesti(|ues, mais des <( oilîciers »
de telle ou telle maison. 11 y avait d'abord le premier gentilhonnne. sorte
de chef d'un état-niaj(jr de parade; les capitaines des gardes, Tanmônier
du maître et le trésorier ou l'argentier, le secrétaire, les écnyers, les aumôniers
du « commun », le médecin, les premier et second valets de chand)re, puis le
premier et le second maître d'hôtel, chargés île tout ce qui concernait la
« bouche )> ; le cuisinier et ses aides, le sommelier, le chef des (•curies,
les cochers et muletiers, etc., sans compter les honunes de lettres, les pages,
les musiciens, les apothicaires, brodeurs, lingères, lavandières, les gens de
uK'tiers spécialement attaché-s au maître et (|ui tonciiaienl des gages annuels
que l'argentier payait non par mois mais par « cpiaitier ». Chez les simples
«)6 l.E 1- M, \IS-1(0\ M.
particuliers, le iii>ml)iv des « olliciers » élait couimiiiH'iuenf (liiiie viii^laiiie.
Chez 1111 iniiiee du sang, ctunnic Gaston d'Orléans, il élail de plus de trois
cents, et le montant annuel des gages atteignait près de Kdo.ooo li\res',
alors que ce prince était à Nancy, en lOa;). Ce cliilTie lut dépassé (piand
(laslon se tri>u\a à IMois avec son énorme personnel de chasse, ses pi(picurs.
palefreniers, valets de chiens, ctc.\ Le cardinal de l\i<lielieu. lui, cul aulaul
de serviteurs cprun prince du sang, à la lin de sa \ie. An (Itluil de sdii
ministère, en ilifti. alors (pie sa maison n'était pas encore moulée sur le pied
qu'elle eut |)ar la suite, elle n'en com[)renait pas moins une dizaine de premiers
oHiciers, cpiatre valets de chand)re, trois unisiciens, ciucj cuisiiuers. six
sommeliers, deux suisses, un ((nlici-, (piatorze postillons, ciii([ muletiers,
sans conqiter les garde> qui lescortaienl. Létat nous en est fouiiii par les
papiers de Le Masle, ainsi qu'il suit :
Muisoii du riinliiinl. (iinjrs des dtiinrsliijiirs dr Mdnsihjnciir ]iiiur raniirr ICr^il :
A M. du Mont, pour une i/:» année, 3ot) livres. — A M. de Hcaunionl, poin- une
année, 3<j4> lÏNres. — V M. du Chesnoy, id. — A M. de Saint-tierniairi l'aisné, pour
une i/a année, joo lixrcs. — \ \l. de la (louriieurve. pour sept mois, '\'.\- livres. —
A M. de la l'elilièrc, pnm- inie i > iiiinée. ."iod li\ies. — A M. Besnard, pour une
aimée, 3uo livres. — \ M (!<■ La lintdi-. pour une année, ooo livres. — A ^L Gitois,
pour une année, 91)0 li\rcs.
Vidi-ls (/<• flitiinliri- : .\u sieur ilr la \ atciiiu', ion livres. — \u sieur îles liDurnais,
/'(/. — A Sénéelial, /(/. — \u (;nii-.iii, /(/.
il/H.v/'/HC .• .\u sieur Ikiilletle, l'u) livres. — .\u .sieui lupin, id. — Au sieur
llucberi, i<t.
Cnisinirrs : A Laforesl, mo livres. — A Dassonville, id. — .\ Mi( lui. ;'(/. — \
Laurans, -j livres. — Au lluilciiv. '|.'> livres. — .Six sommeliers, /|8.S livres. — Deux
suissi's, loi) livres. — lu eoilicr. 70 lixres. — (^)ualor/e i)oslillons, Ô3G livres. —
Cinq muletiers.
Cnriirs : I.a dépense des gardes |)(iiu li- uiois d'oelolirr, iidMiuhre et décendtre
de la présente année i(Ja(i, suivant li> rolles signez de M. <le la lîdide. iiinnle à
la Mtunue de 2,037 livres''.
r.n ili'i'. la maisiin du r.uiiiiial, dont M. dr Si.urdis é'Iail riiiliiid.iul gé'ui'-
ral, avail uik' hien aiilic iuip< n lance eucurr. (Iii pcul s'en laiic uni' lailile
I. Vi>yrj le IJc'KMrc ili- In Trftnrfrie gênèrnlf ilrs nini'xn/i.t rt finnnces de MDnseiijneiir. frère unique
ilii roy, fmnr \iii\nre /«;•.':», un ^ lil i|c 1» |lil)|i(i||in|iin i|i> r.\i-s(.|ial. \t\o. Cnsloii ,i\iiil «lois dans son
|H'r«inni-l un cunli- <lii ■. niliinil ilr<s inn-lrs cl nnUi|nll(''S ■. (Itollin. 1.200 liM.silc «atti-sl: un j;ardc
ili-» ralilni-l* (II- Inltlivnix Jullot dr Dolnliillr. l'ioo ll\ii>); un K"I"I In rnliincl des ninii-s • 1 Louis
I'ohIi.!. .'1.M1 llvrr»!, un •• livlrni il Kiud.-<li- In l>lldlnlli<'(|Ui- ■. (1..S00 livirsi; deux liouiiucs de l.llns
il'lliird ni Jran dr l.n llii^M-. .'..h. lixiis «lincuni: un nirliilcrle iMellzcau, (.00 llxiesl. rir.. etc.
ï. Vo>r/ rrr,„rfni- ilrt wni.iinn ri Jii,iiiin$ tir Mmiiriiinriir Ir iliic (/'(i;7,-.i«.«, „nrle ilii r»v. l>«iir
Vnnnrr H.'ii). innuMv rit dr* .\r<ld»r» nnlionnliii, K. k. o-jy
.1 1nu-nl.drr di-s |ui|iifrH de l.e Masle, DiKiiinfiilt iiniir trrrir <i VhMoiif ilr Illillrl-Dirii, par
nmkiiR, I |\. II. ii|i. '
Il icii i:i. I i:i I) \ Ns s(t\ I' \ I. Al!
idée par la lislo des lo;^6 que loiitioiit son Ti-hlaiiu'iil. .t dans la(|iiflli' suiil
iiôiiiiiiéiiuMil désignés ses principaux doiiiesli(|iK's. \«)ii i l.xlrail de ce d.irunicnt
LOUIS XIII DAXS
CEsîampe anonyme Je l.i sér
I.LE DU THEATRE Oi: FUT JOUKE « MIItAMC »
Hiiirti .fil jour.— Biblioihèquc luiioiulc. Col cclioii Hciitàii.)
où Ton Iroiivc les noms de plus d'un des si-ix ilciirs de i ()•>(), c'osl-à-dire (pii
ik'piiis seize années an moins lui ('laienl atlaclK's :
Pour maïquc de la salislaclioii (jue j'ai des services (|ui ni'onl élé reiulus par
mes domestiques el seivileurs, je doime :
Au sieur Didier, mon aumosnier, i,5oo li\res. — Au sieur de I5ar, 10,000 li\res.
— Au sieur de Mau/.e, G, 000 livres. — Au sieur de lialeshat, parce que je ne lui
ai encore rien donm', m. non livres. — \ Heaufrensy, 3, 000 livres. — A Esloublon,
.'{.ooo livres. — Au sicni- de Marsal, ;?.iioo livres. — .Vu sieur de Palvoisin, parce
(|ue Je ne lui ai justprici rien domié, 12.000 livres. — A fîeuillé, a.ooo livres. —
Au sieur Cilois, (>,oo«) li\res. — .\u sieur Uenaudot, 2, non livres. — .V Herlereau,
(1,000 livres. — A niouin, (i,ooo livres. — A des Hournais, mou valel de chambre,
(1,000 livres, et désire i|u'il demeure concier^'e dans le Palais-Cardinal. — Au
Cousin, (i,ijoo livres. — \ l'Iispolelle el à Prexost. chacun ;{,o<><> livres.-- Au sieur
Eugenol. iiinii ai-j,'-enlier, 'i.imh) livres. - - \ iimui Miailre d'hùlel. (i.diMi livres. —
\ Picot. (i.Doi) livres. — .\ llohert, .i.ooo lixres. .Vu\ sieurs de (;ra\e et de Sainl-
T. I. LE PALAIS-rOTlL. '^
qg LE PALAIS-UO\AL
Lé^'iT, iiifs t<ii>tr>. cliacun ;>,ouo livres, el. on ouIil-, iiu's cKux Ciinosses a\cc les
doux utleluKes de chevaux, ma litière cl les trois mulels qui y servent i)our èlie
partagés également entre mes deux écuyers. — A Chamaranle et du Plossis. rliacuii
:i,ooo livres. — \ N ilandry. 1,000 livres. — A de Roques, iS chcxiniY déiole,
après que les 12 meilleurs de mon écurie auront été choisis par mes Parents,
plus 0,ouo livres. — Au sieur de Fort, écuyer, 6,000 livres. — A (irandpré,
capitaine de Richelieu, 3, 000 livres. — A la Jeunesse, concier^re de Richolicu.
.{.000 livres. — Au petit Mulot, (pu écrit sous le sieur Ciiarpeidier. mon secré
taire, i.5oo livres. — A la Garde, iî.ooo livres. — \ mon premier cuisinier.
a.ooo livres. — A mon premier crédencier, 2.000 livres. — A mon premier cocher,
i,5oo livres. — .\ mon premier muletier, 1,200 livres. — A cliacun de mes valets
de pied. (>oo livres.
Et généralement à tous les autres olliciers do ma maison, savoir de la cuisine,
sommellerie et écuries, chacun six années de leurs gages, outre ce qui leur sera
dû jus(pi'au jour de mon décès.
Je ne doimc rien au sieur Ciiari)enlier, mon secivlain", parce cpie j'ai eu soin
de lui Taire du hien pendant ma vie... Je ne donne rien aussi au sieur Cherré,
mon autre secrétaire. i)arce que je le laisse assez acconunodé, étant néanmoins
satisfait des services (pi'il m'a rendus.
Dans Mlle maison connue cclli' de llirlieliou, le service do la lal)l(' et dos
ni-c>visions ili' iiDUilh' devait jouer un iiMe assez inipnriani, ('lanl donné le
pi-rsomiel (|u"il \ a\ail à nouirii'. Sons ce lapporl, il conNii'iil de donner
ii'i un rensei^iu'nicnt luiiciix siii' les hahiliidcs suivies au l'alais-( lardiiial,
comme, (railleurs. ;i la niai-on ilu roi' cl clioz les riclics seigneurs ilo
l't'pixpu'. Los cui>iiiiirs n'avaient pas ;i pourvoir' aux provisions et il
s'enquérir des fournisseurs clio/ (pii achoti'r au ,joui' le jour ce (pii l'Iail
iiéccssaiie. I/inlend.int passait un inarclié général pour un. deux, (rois ou
ipialro an- HM-r des poui\o\curs. hoidaugers, houcliors. niarcliand- do
\in, etc.. qui (ir\aiiid appoiler (piolidionnoincul. au tarif neltcMioMt li\i' à
ra\ance, et -uiNaiil lr> (pialili's cl qiiaidilés spi'cilii'cs. louirs les piii\ isions
do laltle. Si le niaîlie se (li'plaeail, allani ■-(lil à la caïupagiie. soil en sovaiie,
les pourvoyeurs avaient r<d)ligalioii di- lui l'aire pai\euir niniporle où il se
trouvait les niarchandisi'>* coii\eiMie-<. (ienv (i venaienl iU ;i niani|iier à leurs
engageinenls? On avail le dioil de |ii.iidre à leui> i'iai> (lie/ (nul antn>
fournissiMM- les donn'es non livn'os par eu\, <. des lueillcures (piil se pouvait.
«•I on telle ipiaidili- dont un avait iiesoin. » Les UM'iuniie-; ('laienl ri'-iih's
on-uile par \<-- inlendauU, ;i éclu'ancos régulière-. I.e nianlii' pa-x'. au
nom du cardinal, le i(\ novendtie i(i,'{.'(, avec les pi miM iveors. porlait une
durée de qiiahe années. Ces pourvo\eurs élaii-nl : .leau el Uiiie l'iron pour
I, Jnl lroil>i'' cUvt un lutlulrr ilr l'iirl» li- Irnllr imt-i-, iiii i i ir\iiiii' iT \iili ic lie. imt Ion- les
iiiarcliaiiit* qui clrtnli-nl runniii In iiitii'uiii ilr lu n'Inr ili- |kiIm. i|i- tjiiiiilc. ilr vin. ilr imissons. cU-,
la Niaiidc i-t la (iiaïKli'llc; SiiiKni h'oiiiicl cl l-'rain.ois N'in-ilial [KUir le \iii
do hoiiclii'. iIl' Miiti' cl (lu <iiMumiii. le Ixiis cl k- cliaihon, la iiiumiluro
dos ilievaux ol la rouiiiilniv dos ohovaiiv do cliairoi ol mulots; Môdard
Moroior ot (ilaudo Mauponin pour la I)()ulan<.fono, lo pain, la l'ariiio: Marin
FdUipiiôic poui' la pàti^-l•|■i(•; .Icau .lnuau |)iinr les (>i-aM;:os ol los (•iliHjns:
Klioniic \riii(iitiir pdiir l'i'picoric; Aiilnino llounlaull pour les Iiabils de
livroo. ilr. \ (11,111111 cii^uilc : Crcssc, tapissicc: jacipio^ de l,:iiiiiu\, ui'i'rMo;
(jiiN Pncpicliii. drapier: Ndricii (luiicr. -cllicr; Viilniiic Saiisciii. (■arr(i'->i(^r, clo.
Lo S jauviri- ili.'iç), 1111 iiiariiii' l'ut l'ail a\iT un pi iiuxoNciir |)ciur ruuruir
«on 1(111-^ lieux, de \iii piii' et li'':j;d >i la iiiai--iiu du caidiiial, sa\(iir: puni'
*;a liiiiiclie. (< du meilleur (pii ^e IruiiNera à dix liiiie^ à la rondo à six sois
la pinlo; » pour sa Miile. «du meilleur ipii ^e lr>iu\era dau< lo (piarlior à
(|ualro sols la |iiule. n el pnur le eummim, kiIu meilleur qui so IronxiTa
sur les lieux après lo pi-(''0('dont à Irois sols la piido. <> l,o prix du Imis, n un
liois hnoho, nu tiers oo(teret<, mi tiers fagots,» osl llxi' ii » :>.'j livres ■>. sols
G iloniors par joui' t\\i \" iKixemiire à Pà<pios, ot à i ;>. livres i sol pour lo
roslo do l'annéo»' .
l-o cardinal xoyaijcail soineid, ol il euliaiiiail a sa siiile tout un (■ortèj.''0
do ser\iteur>. I ,e (i di'cendire Hi.'ii). se pri'paraiil à pailir à l'arnH'O, il l'ail
passer luarelii' a\ee li' \ale| de Cii.irles Si'ui'clial ipii doil l'ouriiir -ei/e mulets
noirs a\oc leurs muleliers poiu- porter ton! le lia^a^c ipi'on était acooutiuuô
alors d'emporter a\ec soi, c'est-à-dire mouhlos. tapisseries, vaisselle, etc. Un
aidro marché lui assure la nourriture de seize cliovanx do selle, de deux
grandes cliarretles attelées do (piatro clie\aux pour les ljaf,Mj;os dos domes-
tiques, un fourgon attelé iW (|nalro cliovanx pour la cuisine et cpiatio
sommiers, etc.
La table i\v Kicholion el.iil, eu ^^l'iii'ial. a-^e/. I'ru:j,de pour lui. si elle était
copieuse pour ses gens. Pres(pie loujouis malade, il de\ait l'aire alleiiliMU ;i
■iipii ri'';jime'. ( )ii Iriiuse. par exempli'. dans les p.ipiors laissi'S par Le Masie,
le> meun^ qui lui l'uienl ser\is ,'ui mois de juin i("c>(). Le canrmal mangeait
il sou dcjeuiiei- lui ^eiil pl.il. ,111 diiier el au souper deux |dals el mu' --alade.
Son secrétaire i^o MasIe n'avait ipinn seul plat. Toid antre était la tal)lo île
I. liil)lio(li('-<|iic iiiilioiialf. Ijii|irinii''. pircc iii-S", l.'ii; .Sij. Vicomte de (H'oii('ii>. d'apn-s les (lapicrs
ili; la duchesse d'Aiguillon, coMuiiuiii(|ués par M. di: lioisi.isr.i;. — Voir aussi Papiers de l.i' Maslo
dans les Vrcliives de l'.Vssislance publique.
a. ()\i le voit, dans les papiers laisst'~i par Le MasIe el où fifiuriMil les notes des nii'dicanienls
fournis par son apolliieaire l'erdrcau. Ainsi, pour l'année id.'l."), le nu'-inoire de eelui-ci se moule
à i,'ioi Tnres l 'i sols, pour-.") elysléies el 1^7 liols de casse, sans coinpier les niéd<'ciues laxalives
el les bouleilles de liMine.s. Au mois de jan\ier de celle inmée. Ilielielieu fui en j^rand dan);er.
Le i", il absorbe un bol de casse avec sirop, ci .'1 li\ros. Le 3. le 0, le 8, le 10 el le 12, le nu^me b<)l
de tisane ipii coule chaque fois 4 livres. Le 12 <•! le 1 1 de ce moi<. ■ un dyslèrc, i sols ■>. On peul
desccndie à ces vulgaires el intimes détails: <piand il s'aj^it d'un lionnne comme celui-ci. aucun
document n'est iiiililléruiil.
1 OO 1- E 1' A I. A 1 S - 1\ ( ) \ A t.
riinlii'M'iiiir lit; Lmiii. vu ^isit(• à ccllf ilalo (lie/ son livie le luiiiistn- : on ne
lui s.T\;iil pas iiidIiis de lreiile-(ltii\ plais, plus tpialic salades. Le service des
paj^cs élail des plus planlureuv. 11 se eouiposail, les jouis ^nas. pour le
inaliu. di" deux eluipuus bouillis, de deuv (|uoues de mouton, d'une pièce de
hu'uf df ipialie livres, d"un plat de six lann;ues di' uinulnn. d'une c panlc de
nioulon, d'une salade, l'our le soir: deux chapons iVitis, deux potages, une
cùle do nioulon, un jarret de veau, un alovau de (piatre livres, un ^nyot de
inoulon, nii pl:il de lapin, du Ncan nMi. une don/aine d'aUjucItes, une salade.
l'our les jours niaij,Mes : tlenx lions pota;.'es, deux c.irpes d'un pied el deux
doi;rls, riiiie à l'étuve, l'autre rrite: deux jilals de huit omiI's chacun, un hou
plat de luiiiui-: deuv duielettes de liuil leul^ cliaeune, une salade, (li's menus
étaient servis sur deux tables rondes, chargées de (juatre plais de Irnils soir
et matin. Les pajres, au nombre de seize. ;ivaient un j:ou\eiiieur, cpii ('lait
M. de La l'oite, un maîlre d'armes, un mailre ;i danseï-. A leur service il v
avait douze v.iKMs, un cuisinier et son servant. Tons les (piinze jours, on leur
donnait des divips blancs. La nappe de la table l'Iail ipiolidiemiemeul renou-
vel(''e. ainsi (pie les serviettes. Les panes de Uiclielieii, on le voil, elaieiil l'orl
bien lrail(''s. Il est vrai de dire (pi'ils apparlenaieni aiiv meilleures r.inulles
et (ju'ils l'-laienl coiili(''s au cardinal dans l'espi^jir d'un brillani avenir, \insi,
en l(i3.'L il |)rll |iai'iiii ses pa^^es le jeune de Navailles. bien (pie ci'lui-ci i'i'il
protestaul, comme tous ses p.irents. A la mort (je son illustre patron, il élail
meslic (le camp el devint par la suite maréchal de France'.
Avec de telles char-fs el de lelies dépenses, on COïK.oil ce (pie (levai! couler
l'entretien d'une semblable maison. Le compte de recettes du cardinal s'élevait.
pour r.iuiK'-e i().'{H à la somme de i .'i i,'L.")00 livres l3 sols '\ deniers, el son
romple de dépens, s (•tail de i,:>^t-.i~-2 livres .') .sols'. Chose assez curieuse, les
mémoires des .icipiisilions laites en l'année iG'ii par Kichelieu pour les meu-
bles, r;u-;.'cnterie, le lin^'e, la toilette, sont visés par ( :iii(|-M.irs. le favori de
L'.in» Mil. le pelil-nuiiliv es ('lé';:,uices. (pi'on ne s'allendrail pas ii voir jouer
un pareil i-Me d,■|Il^ les .iiraires intimes de celui ipii devait si peu de temps api(s
leii\(.\er il r.'chalaud. M.iis le cardinal-duc moiiIra toujours mie ( crlaiiie
coipiellerie d.iiis ses cosluines. |'onli>. laconle (pi'.à l.i campa;: le Savoie il
étonna lis plus vieux mililaires p.ii' l.i f. braveiie.. de s,,ii .ijii>lemeiil . rev.'lu
ipi'il élail d'une ciiir.iss,. d,- e.,nleur d'e.in el d'un liabil (!,■ l'euille mode s,ir
leipiel il v avait une p.lil,. biM.I.Tie d'or, .avec im.' \n\\r plmne au chapeau.
I'.'|.ée ;ui i-.W,'. d.iix pi.lMJ.K ;, r.irçon de sa selle, (hiaiid les snidals Irauclii-
i> ni la riM.'ie |)..ii,,, „ Imsipi'il eut passé sin- l'aulre bord, il lit cent l'ois
i. Uriwiirft lin )|ii, ht: > vv vii,i,»;!i, 17.. i, lii-ia.
1. I'.l|.iin .II- I ,• M.„|r
lui: H I II I I II \ N ■
-ON r V I. \ I s
vulli^^cr siiii clirval ili\;iiit raniiiv, iiiiiiiiir >il cùl |ll•i-^ |il:ii-ii- ii faiiv voir <|iril
sçavuil i|IkI(|ii(' rUo^c dans ccl cxcicicc '. i, Ka|)|)r. hIh/ i iIIc Inilelle ■.MiiTiiri-i-
(le riialiit salin j:ris di- lin. m hiDiictif tini- i-t (iar;r,.,i|, )|,,iil parle ^rallciuaiil ',
(liiaiid le cardinal i|nillait ses lial>il< de |)ièlie pour rcccxoir Marioii de Loriue.
Sa lauieuse S(Mitano rmif^i" élail liiienienl liiudéc,
et lions voyons même rr (pi'elle eonlail |iar le .-.•:■ -n..
mémoire suivant pa\é par I.e Masio ' :
I" I II iialiil (lesearlalte rouye en hiiKlerie de
so\e naccaral; 2° deux habits de salin, Inii nuii^e vV
ciamoisy. Tanlrc viollet en hruderie île snye des nies
mes coulenr> : .> une >iiuaiie de ^aliii par escailles.
à Ibiil \iiilli'l en hioderie de .so\e : -îho li\res.
H DtClIESSE D Air.tlLLO.>
MKCE DU CARDINAL DE niCUELIEI,'
(D'jprcs l'inlail de Pclitol)
I II antre mémoire, n pavé à Nicolas l'arisol.
laillenr d'Iiahits, à Paris, y demeurant rue Vieille-
liouclerge, paroisse Saint-Severin. » monte à la
somiiie de yiS livres pour ranni'e \G->.-. La
litière, la célèbre litière dans laipielle le eaidiiial
se faisait transporter |>iini- ('viler le ealios des
calèelies, est é;,'alemeiit notée sur les reirisires
des dépenses. On voit que le drap dmit (>Ile l'-lait recouverte eu fut renouvelé
en lO/Ji, et c'est Poquelin. probablement le père de Molière, (jui le fournit :
ili'ir. — l'oiir le scr>iec de Monseigneur ri'iiiineiilissiine cardinal duc de
Richelieu, foiirin par Guy l'o(|ucIin ''. diai)ier à l'aris. pour l'aire une lillière à
Monseigneur, div aulnes et deiu\o (|uarl de drap de MDiisicur esearlalte d'Ilullande,
ti'è- lin. il .i.) li\res. l'V .'«."iii li\rcs 1 •> sols.
Kicliclieii ne m'gligeail pas les moindres accessoires de sa toilette. Dans
sa correspoudance, il parle des gants « ipii sont beaucoup mieux cousus
à l'anglaise))', des mouchoirs que les femmes se inellinl siii- la gorge**, de
bijoux, dont il iic semble pas avoir fait dans son costume 1 abus auquel les
seigneurs de son temps se laissaient aller, car il n'eiil jaiuii- qniin gros
diamant an doiglT.
1. I'dmis. W/'moircs, 1. II. p. 'i.
3. Tai.i.kmam iit:s Ukiia. Ilislorii-lirs, t. I", p. 3.S7.
.'<. l'apii'is ilr l.r M.isic. Airli'ni-i ilr 1' \sNlstiiiici' piililii|ilf.
'i. I.r prie (ir Molii'ii' s'uppclail .liMii l'iii|iii-liii i-t iiiiii pas Ciiiy. Mais ilaiis la li)ii;:m' ^'l'iii'-aliiKie ilos
Poqurliii iliimiiV par Jal f Iniliunnniro i-rUuim-J, on n'cii Iidiim- pniiil du nom ilo (iin. Jt-aii l'oi|iielin,
(IrapiiT. (|iii fut l<; |ktc «le Molii-iT, scinbli- le seul <pii piiissi' «'Ire ili'-si'.'ui- dans lu docuiuriil lilé ici.
5. Lettres et papiers d'Étal, l. III, p. a.S3, 'i'|t<; l. Vil, p. aâ'i.
•i. Ibid., l. IV. p. «'|.3.
7. lOiil., l. V. p. .').■). cl Henry Hwaiiu, llistnire de l'orfrcririe. p. IW3.
I. E P A I, A I S - R O Y A I.
Pour l'argoiit quexijreaiont les dôpenscs iiiiprévues. non sciiloniont
l'inlondant général mais les « oHicicrs » placés à la kMc des prineipaux
services élaienl munis de sommes plus que sullisantes pour toutes prévisions.
Ainsi, à la mort du cardinal, son secrétaire de Loyne avait en ses mains,
comme le constate l'Inventaire, 70,000 livres: Eugénol, lar-renlier, j)(i.oo()
li\res'. Au château tic Hichelieu, dans le Poitou, on ne trouva pas moins de
aaij.ôoo livres. C'est avec ces réserves qu'on payait les eni[)lettcs courantes, les
fantaisies de .*^on Éminencc, les cadeaux qu'elle faisait. Un jour, c'est une
sonune de -'A7t livres (pie le valet de chambre des Hournais paie à une
« M"' Sauvât, pour une chesne d'or que Monseigneur a donné à M. de Jolyca>ur,
qui est h hi royne d",\ngleterre » \ lue autre l'ois, c'est une soninie de
71M livres <iui est portée à Boulhilier. h pour donner, connue on croit, aux
gens de M. de \ illars ap|i((rt.int un iniieid)lenienl dehene''. » Tantôt c'est
rauuji'mier (JubcrI qui aehrti' im luth <■ pniir >er\ir à la Nuisi(|ue du cardinal,
et il en reçoit le prix, (J8 li\res, des mains de Picot. Tantôt c'est 700 livres
pour une « tapisserie de Flandre contenant huici pièces, de ;«.") aulnes de cours
qui- M(iM-icigneur a donné à Maileniniselle l'ilandie (|iii est à la Heine
U(7,'enle», ou hien ."{oo livres à « M. Losier pour deux paravents veinis de la
(ihine », ou encore So livres (pi'Eugénol donne aux sieurs Médard, Mercier, et
(ilaude Maiipeiin, Imnlanger, « poui' deux couverlincs aux armes (!<■ Monsei-
gni'ur (pi'ilz ont fairi faiic et payé'es [)()ur leur servir à couvrir le pain de
Son llniinence. »
Le cardinal, connue on sait, aimait heaucoup les animaux: il avait auloiu'
df lui nombre de chats, de chiens, sans |)ailer (l(>s oiseaux (piil elail de
niodi- alors, parmi les gens «le (piidité, de collectionner. La dé|iense de cet
arlielf est consignée dans ses comptes. Ndiei nue somme de ij livres iT) sols
pour la nourriture de deux cicognes destinées sans doute au rond deau du
Palais-dardinal. et uni- autre de (ioo livres pour n des aygrelles pâlies et
autlrrs oisi-aux " cpi il a\.iit l'ait M'nir dr Hionai;c. H 11 r-l pas (jueslion des
canards du l)as>in di'crils par l)esmaret>'' dans les vers (piadmirail lUi liclitii
et où l'on Miil
Ijt ciiiie >'liiuiii'i'tfi' (II' l.i liiiiiilii' (le l'iMii,
D'uni- voix (>iiriiiii'c cl il'uii hatlfinriit (failo
Aniiiii-r le cnonid (iiii laiif.'iiil aii|iri''s tl'ellc...
M. lis on lii.inc qu'on l'aioail pa\er ii >oii lùiiiiicnc r .. Iicnlc cl inx' li\re>
I. l'.t|iliT« ilr la tlll^lll•^v■ il' \ii;iiilliiii.
1. Kii iliiti. rd|il(.-r!t lie Ur Ma.ilf.
^. Ihiil.
\ D«n< le Monoliiyur dri TaUrrirt. On roiiiinil r.iiiiTilnti- rclnlive il Cfs vers qui- Ir caiiliiiiil
triiiMB «i liniiix i|irll (loiinn .m> |iI*IiiIi-< ilf ii'i i>iii|ii-iiM- un |iiM-le.
lUCII l.l.l II D^NS SON l'AI.MS in.S
la iiumritnif i\i' doii/c pclils cliitMis |)i'ii(laiil cioiizc joui s, i-l (nialic livn-s i)uiir
la paille IVaiclic Ions les deux joins ". (ics ciiiciis riirciil cmvonc's à Uiicil.
noiiiiail Mil une fiMc an l*alais-( ianliiial. les iiK'iiioircs tles rournissours
nous Inditiiicnt l('-< di'penscs fxcoptionncllrs ([u'il fallait faire à celle oecasioii
el le |iii\ des choses, la location des chandeliers d'ai'^'ent ou de cristal au
joaillier do la reine, Pieno \ crgne ('i livres par chanilelior), le snppli'nient
aii\ innsiciens, les collations à Anne d' \utiiche. ipii adorait les friandises,
priiici|ialeiiieiit ceilaines peliti'S tourtes dont le cardinal la régalait xolontiors,
ainsi cpie les coidltnres sèches (pie Le \oulte, chef des ollicos du Palais, se
procurait chez l'épicier Henry Sauliiiei :
i(i,'?ri. Du (liiuaiulie >> juillel. ])uiir la colassioii de la Hexiie. ciii<i douzaines
de petits fonds de tourlte de toutes couleurs, neuf livres.
\\\ livres de coiditiire fine à quinze sols; Wllll hoistcs à les mettre, dix livres
Imict suis. Soiiuiii' (uni (luarautc sept livres'.
Ilichelieu cpii s'ingéniait à être agréahie, savait être galant ipiand il le
voulait. 11 était charitable: le budget annuel de ses auuK'iues latlesle. 11 ouvrait
aisément les cordons de sa bourse: la liste des gens tpi'il pensionnait le prouve.
Pour les enfants, il se plaisait ;i leurs jeux et les comblait de cadeaux : il
doiuia une fois, en manière de plaisanterie, ii sa nièce, \1"' de Hrezé', ipii
devait bientôt se marier avec (londé, et (pii avait I air d'une gamine, une
petite chambre avec six poupées (pii ('taiciit des merveilles : l'une repré-
sentait une femme en couches, l(>s antres la nourrice, la sage-femme, la
gran(rmaman% etc.
La gi'ande directrice de la maison du cardinal, (|u'on reti'ouve ;i tout
instant el |)ailout, ;i Uiu'il comme ii Paris, conlidente du ministre, avant
poui- lui le res|)ect d'une lille, le dévouement iiupiiet et tendre d'une fennue,
c'était sa nièce, la duchesse d'Aiguillon. Pendant toute la vie de .son oik le,
on la voit à ses côtés, depuis les premières heures de sa haute fortune jiis(|uau
moment de son agonie. Une telle all'ection, (|ui domia [)rise à lanl de médi-
sances de la part des contemporains de Kichelien. a pu paraître susj)ecte, mais
il faut recomiaître qu'aucune ])reuve formelle n'existe ii l'appui de l'assertion
de (iiiy Patin, le(pie| a dit :
l.e caiiliii.d. iliiiv an-~ avaiil de mourir, avait encore (rois iiiaiiresses, dont
la |)rciiiièic l'Iail ^a nièce, hi seconde était la Picarde, ^cavoir la l'emiiie de
M le mil l'i liai de Cliaulncs. la Iroisième était une liclle lille |iarisiemie iiciimiu'e
Maiioii l),l(.iine:t.
I. l'.ip'.cis (le I.c M;isle.
■j. Tn.i.KMvNT DKs KÉvux, IHslnrielles, I. Il, p. jiC.
3. (luv I'min. Lettres clioisies, 'i novembre iti'ii).
lO.'l I-K PAI A13-H() Y\l.
L.i (liitlicsso d" Vi;.Miillon l'tiiit l.i lilli- (if la sti-iic aiiu'c dr Uicliclicii, ([ui
a\iiit t'puiisé l\ené de Wignerod, seigneur de Pontcourlav. l'ai la niurl pivma-
Imve do sa nu-iv, elle l'iait resiée de hoiino lioiiro orpholiiic et sc'Iait liahituce
Iniito jeune à toiisidérer son oncle connue un père et son uiiiipie guide.
(Jii.iiid celui-ci arriva au\ allaires, en 1G20, il pensa servir ses desseins
de polilitpie en mariant sa nièce, qui n'avait pas seize ans, au marquis de
C.iudtalel, hupiel mourut à rarmée au lioul de quekpies mois. Dès lors,
iUclielieu ne se sépara plus de sa nièce, la laisanl admeltre à la Cour, lu
dunnanl connue dame d'iioimeur successivement à Marie de Mi'dicis et à
Aime d'Autriche, l'introduisant dans la société de l'hôtel de Uauii)(millet. nù
elle se civa des amitiés solidi-s, et où elle l'ut ((luriisi'e, cliauti'e, letée par les
poètes, depuis NOiture jus(pi"à (ioiMieilie. Illli' eût \nulu eiitici' eu l'eliginu
et à plusieurs repiJM'^ ell<' se >au\a de la \ie nimidaine ipie lui inipnsail s<iu
oncle pour se réfugier au eniivi'ul. (llia(pie l'nis celui-ci, ii l'nree d'iuslaiites
sup|ilicalions, la ramena. (!elle (pi'nu appela l(iugleui|»s M"" de (luiuhalct, ou
faniilièrement la (lomhalette. a\ail prè-~ de vingt ans de umius (pu' le car-
dinal. Klli- l'iail le l_>pe de la l'eiiuue aiuialile et disliugut'e de la preuiièie
moitié <lu wii sièele. don -e, hiiiuie, intelligente, dun jugeuieul m'u' et droit.
Mlle était lulle. tous les auteurs cimteniporains soul daccord ii ce -ujet :
.^a taillr. ipiiijipie l'IfM'e. élail t'it'^aiite et liicii prniii.rtidiun'c. l-.lle a\ ait de plus
(ratliniraliles ('iiindes, et ce genre d'allrails ipii. a\ee de licaiiv liras cl ilc lielles
mains, élidt alors foil admiré elie/ la reine Aiuie d' \ iiliiilic . . A|>iv- la réiiularité
tics traits. (•!• (pToii admiiail lc|ilu.ilan^ sou \isai:c. el ec (pii en lai-ail le chaiiue
raraclérisliipie, ci-lail le eontrastr (pi'ollVail levlivine doueenr de ses v'u\ bien-.
très elaiis. a\i'c de- iil>, des .somril- il i\i'^ clicNeux eliàlairi fonci''.
I.e porliail île relilot, ipu es! au l.oiiMr i| ipir nous re|)|-oduisous. leud
il plaisir 1.- eli.ir de eelte iii'ature aiiuaiite. Ililr l'Iait sans ili'l'eiise.
Kiclielini mort, elle eût l'ié' iucapaiilr de 1 l'-islei- aux rmips de srs eiiuiiui-.
(^0^1 ponnpioi eeliii-ei di'iuanda pour clic au roi. eu ili.'IS, de iiici' la
diirlié-paiiic d' \i;_'uilloii. litre cveeplionnel. laveur sans evcuiple poui' une
femme, et ipii la proli-gi-ail louln- toute calaslrophe .'muIiicIIc. (tuaul au
n'sle, son oncle \ axait puiirMi eu la coiulilant de hieiis. eu lui douiiau! le
relit l.iiveiidxpiir-, avec liiiiies les richesses ipii s'v liouvaieiil el la li'rre de
hlleil, eu rilislilii.ini eiiliii liiliiee du liU de sou frère (pi'elle ailiiail i.iiulue
<*oii propre eiiraiil, \riuand de Wi-ueiod di- l'oiileoiiilav . -on p.lij iic\eu
.'1 lui. par «..1 s.eiir alii.-e. iii' eu i(l'|( d dont 11 lil I'Ik lilicr de sou iioiu
coiniiie de h;i riiliinie.
I. I.<i|lllr l>l lli.NM u \\i.inM. /,,! iHuUfêse lIMilllilli'll. iWi. lu uS, p. II,,.
nicn i:i.i Kl' dws son i'\i. vis io.j
\a- cardinal de Uiclu-lifii cvpiia le 'i (li'cciiilnf Hi'iN dans celte cliandue (jiie
nous avons dt'çiile <■! on l/mis Mil. hien malade liii-niènie. vin! le voir. La
duchesse d'Ai^'iiillon, en larmes. l'Iail lii. l/assislaiice, (|iii ('lait nond)roiiso,
ministres, man'-cliaux. |)arenls et (lomesti(|iies, tout le monde pleurait'. Co
ne lui i|ue le i il di'cendire ipie le curp^ <ln ^j-rand linnnne. après avoir c'Ié
expos/' pendant di\ jours dans la galerie du l'alais-( Cardinal, lut |)oi't('' solen-
uellonuMil à la Sorbonne. ■•ni- un char couNeit d'un pnèle d<' \elours noir,
croist' d'ar^^cMil, aM'c les armes de lliclielieii au\ ani;li's, et Irann' pai' si\
chevaux. Les maréchaux de Hre/é il île La Meilleraye conduisaient le deuil
en tète des parents et des amis. Puis venaient les «olliciers», les serviteurs,
les pages, îles cierjres à la main, les dii^nilaires, mi corlèj^e énorme ;i pied ou
eu voilure, la Ibule curieuse des l'arisiens venue l.à comme au spectacle \
En moiuant, Uichelieu avait renouvelé le don du Palais-Clardinal au roi,
ipii «eut riudignilé lie s'en em|)arer sur-le-champ et d y mettre des gardes»^.
Celui-ci ne devait pourtant jamais s'y installer, car il ne survécut que cinq
mois à son ministre. C'est Anne d' \utriche (|iii allait désonnais habiter la
demeuic de riionmie qu"ell(> avait si prolondément haï.
1. Di'inii'rs niomoiils de Riclii'licu. .Irc/urcs curieuses, 2' st'rii-, l. V, p. 358. Bibliothèque
nalliinalc.
2. Voyez Archives nationales. K"t»6. n° (lo-Oi), dossier IV, lettre 11° (ili. i', janvier it)'i3 : nCe qui
s'est passé en la pompe fimèlire de deffunl Monsieur le cardimd de llichclii-ii... ■■
3. MiciiELET, UicUelieu el la Fronde, p. «71.
LE scE.vr Di c-vnniSAi. de niciiEMEi
T. I. lE l'AI.AlS-nOTAL.
LE> AiiMi s m:
CHAPITRE III
A^^E DAUTRICIIE ET MAZMUN.— LNE ÉDlCMKiN lun VLE
Le Palais-Cardinal devient le Palais-Uojal. — Les IraiisTormalions qn'y fail Anne d'.Viilrichc : ses apparlemciils,
SCS Bains, son Oraloire, la Salle dn Conseil, lu Chambre de Louis XIV. — La " maison » de la reine. — Mazarin
s'y installe. — Démolilion de l'hôtel Sillcry. .Vc(|iiisition de l'hôlel d'Eslrées, etc. — Poiiniuoi est vendn
l'hôtel Ricbclieii où devait être la Mibliothèqne. Les embarras de la succession du cardinal de Uiclielieu.
— Histoire du procès du niarédial de Uiclielieu avec les propriétaires des maisons du Palais- Itoyal : l'arrêt
de 1755. — Éducation ipie donne Ma/ariu à Louis XIV, au Palais-Itoyal. Les exercices militaires, les jeux,
le fort, réquitalion, les spectacles. — Premières amours du roi. — Le dénùmenl à la Cour. — La Fronde. —
La Taniille royale abandonne le palais.
V,C flll SfMlIcillCllI le 7 (ictdllic l(i'|.'>. ciiKl
mois ;i|iirs 1,1 miiil df smi (''ikhin. (|iic la l'finc
\iiiii' (1 \iiliiili(' aiiixa de Saiiil -( iciiiialii |iiiur
siiislallcf a\i'c ses crifaiils dans le palais de
Kicliclicii, ipic d("s lois (III piil riiahitiidc dans
le |)ulili(' (ra|)|icl(r le Pti/itis- /{ni/ril, l)ioil
(luaii-dcssiis (!<• |;i [Mille (ri'iilfi'o coiiliiuiasscnt
à li;:iii('r cii Icllri's d'or riiis(ii|ili()n Palais-
('(tidiiKtl cl les iiisii^iii's cl ai'iiioiiics (|ii'\
a\ail l'ail lucllic, sur une j)la(|iic de iiiarl)i'e.
le |ii(ipii('laiic (U'Iiiiil. (a'Ilc inst.'i'iplioii, an
liKHiieiil iifi clic l'Iail apparue, !i\ail l'ail
Djprij Bciuiitu (Chiicogrjpiiic du Louvre) conicr rciiei-c dfs ^'la II III laii'iciis, iiolaniiueiil de
SvnnÂ, ù'^ ti/TTLc/u:^
SES ARMES
Io8 LK PAI. VIS -UO\AL
Balzac, qui cliicaiia sur la juslrsse du litre. Ce puriste ne Noulait ,i(lmellre
que Palais du Cardinal i-t glosait sur ce point. «On dit bien la place Mauberl, »
ivpliqua-l-un. L'inscription resta. Peu de temps après avoir pris possession
de sa nouvelle demeure, la reine la fit enlever, ne se souciant pas de vivre
sous une pareille é-ride. La duchesse <rAiguilloii supplia Aune dAutrirlie
de la rétablir: «Il est peu séant,» lui dil-clle, h de l'aire injure aux ninils
parce qu'ils ne peuvent la repousser: en honorant la mcMmiiie du cardinal de
Kiclielicu. vous innnortaliserez votre iionr.» Anne dAutiiciie accéda de bomie
grâce \\ cette prière, et dans les documents olliciels, dans les actes notariés
que nous allons avoir à compulser, le nom du cardinal restera accolé à celui
du palais assez lon{,'lemps. Puis, ci.nnne rc'pilhèli" de cardinal sendilait prêter
h la médisance à cause de Ma/ariii, et ipie le peuple disait (pidn Tavait
donné à celui-ci', l'inscription hd elTacée, et l'usage adopté déjîi par tmis de
r.i|ip.ler le Pahiis-Koyal prévalut dénnili\enient.
La reine entra-t-elle de gaîlé de cn-nr dans celte maison (pi'a\ail hahiti-e
si longlenq)s le terrible iniiiisln' ipii l'axai! tenue sous son joii':? Nallail-elle
pas y retrouver son ondire!' lUclielicn absent, son l'anh'mie ne reviendrait-il
pas tnîubler ses nuits? Au premier moment, en |)ar(onranl dnn pas hàlif
les sombres galeries, les interminables appartements de ce |)alais vide erdin
di- son ennemi, peut-être ('prouva- 1 -elle comme un soulagement. Mlle était
ilonc bien leine. |)nis(pii| n'c-lait pins là ! Pnis, par mi capi'ice de fenune. elle
iMjidevcrsa tont. ehan;:ea la ili--l liliulion des pièces, mil le jeune roi dans
l'ancienne ch.unhre de Hichelien, à l'aile gauche, et lit aménager j^nir elle,
h l'aile droite, de spacieux app.iilemenls (pi'elle se mil en devoir de rendre
aussi magnilicpii-s (pic |)ossible.
\ime d' \ntriche avait, à celle ('pcMpie. |)ass(' la (piarantaine ; mais elle
avait toujours une gran<le fraîcheur : » Ce n'c'loil (pie lis el inses. " a dit
(luehpi'nu (pii pomiiud ne l'aimail pas. <( \(v blonde, elle lirimis>ail un peu
df cheveux, é-tait un peu plus Msp.ignole, mais connue elle elait giasse. son
incDinpiirable blancheui- ii'av.iil fiiil (pr.mgmeider. l'Iore devenait ( .('•i("s. dans
r.inqileiir et la ph'nitude. le royal ('•clat de l'éU'-. » Tempérament indolent,
niidgré des colèri'S sid)ites, cpii, surtout (piand elle sortait de table. I Clonllaient
ou s'échappaient eu explosions violentes; nalure volnplueuse el molle, avtc
lies enlèlenieiils iin loy.ibles, clic ne larda pas ;i s';dourdii' : «C'est une
gro?»s«* ."^uiss^'sse, n di>ail Ucl/, ijni niirni irait p;is cond)ien elle aimait faii'c
bonne chère. On sait l'empiti' (pie |>rit sm ille Ma/ariu. (Jiiand Loui- Mil
le lui pii''«nl.'i, il lui ;iv.iil dit, îissure- 1 -«m : ((Nous r.iimcie/. cai" il ressemble
I. Ontiilp nr. Itox^r*!;- Avr.xtfir. l.n Imcheitf il'Mijiiitlnn, cl S\t\\i., {nluiniti-s itc l'nrix.
1 l>ii>M>«r i.r.t lli'.Atx, IliMlorirlIn.
AN Mi IJAUTIlJClIi: liT .MA/. Mll.N
"-*!>
■Ph . Clujjn^-ujru- j„„jc
\E Ii'.M TRICHE A 43 AS3, AVEC SOX VÛILE DE \ELVF.
D'ipr^s le portrait peini p^r Ph, de Cliampiii^iic
il lîii(-kiM;:li;mi. » l'I'.r m" (il |);is innillilf lui. Celte reiiiiiif iiii|i('rieiivc iillielia
luiil il (OUI) pipiir !'• ^'.ll.iiil ll.iiieii, lin el mis.'. r;ill'i'eli.iii d'iliie ('|i(.il-e
docile a\cc une assurance ([iii délia toulcs les satires de la l'ntiulc cl i|iii
serait extraordinaire, élaiil donnée sa réelle dévolion, ^i î un ne savait pas
110 LE PAI,AIS-tVOYAl.
aiijc'iiiirilui (iniiii maria^'o sccivl ' \'u\;\\\ unie au iiiiiiisliv par les mains
de (lui i-Ue se laissa aveuglôinciit (•(iiuliiiic. Mazariii roiuplit, non sans
discrétion, mais sans non plus y mcltrc loujours do la douceur cl de la
délicalesse. ce nMe de mari non avoué, ([ni faisait de lui une sorte de caidinal
consort. Il s"arran^a^i po\u- vivre au Palais-l{o\al. ;i cn[ô de la reine, en
achetant, pour sauver les convenances, riiùtel Tulx'ur, situé tout auprès, do
façon à pouvoir pénétrer (juand il lui plairait dans ses apparlemeuls par une
porte dérobée. La princesse Palatine, mère du Kégenf, (|ui l'ut eu silualinu,
à la fin du xvii' siècle, de connaître bien des secrets siu- les i)eisuunaj,fes
de la Cour, a écrit dans ses Me moires :
La rciiie-nière. veuve de Loui~ MIL non eonlciile d'ainicr le cardinal Mazariii,
avoit fini par l'épouser : il n'étoil \)ns prêtre' et n'avuit pas les ordres qui pusscul
l'eniprtlier de eonlraelcr ularia^'e. On en eonnoil maintenant toutes les circons-
lances. Le chemin secret i)ar lecjuel le cardinal se rendoit chafjue imit chez elle
se voit encore au Palais HoyaP. La vieille Beauvais, première femme de chambre
de la reine-mère, avoit le secret de son mariage avec le cardinal Mazarin: cela
ohligeoit la reine de passer par tout ce que vouloit sa confidente. De Là est venu
que les premières fenunes de chambre de ce pays-ci ont taid de droits dans nos
appartements...
Le cardinal fd mieux. Soit cpi'il ne se tr(iu\àl pas encore assez pi es de
la reine, soit qu'il ne se soucia! pa'~ d'rtic lecoijuu par les pronieucurs du
jardin ipii ranr'aieid vu pi'iu'lirr' ;i de- heures iuducs dans le palais, il ii'snlul
de s'y loger tout ii l'ail, \inii' d'Auliiclic encouragea ce jjrojct ; peul-èhe
même rinspira-l-cllc. D'abord, ou pensa (pie le mieux serait d'i^tablir une
galerie couveilr par bujuclle le ministre aurait pu veinr sans être apeiçu;
c'est ce <|ui résulte d'une lettre de tiaudin ;i Servière, qui est au luiuistère
«les Affaires étrangères'', l'our que son ministre habitât t(jut ;» l'ait a\ec elle,
la reine déclara à son Conseil <> (pi'altendu l'indisposition de M. le cardinal
de Mazarin, et qu'il falloit tous les jours passer .avec :.Maud'|)eiiie au travers
de ce grand jardin du P.ilais-Hoy.d, i-t vo>ant (pi'ii Imile heure il <e pré-
SClltoil nouvelles ;d^ail-e'^ pour lui eciuiiuuiiiipier, elli' IhminmII ;i |ii'opo> de
lui donner im logement d.in-' le l'.ilais JuiNal. afin de cc unei-er plus louuno-
démenl de ses alVaires». L'intention de la leiue. dit le doruuieut ' ampiel
I. \a- fait ni iiiiiinli-tiiiiil pruiivô, p( <'<<ta n tVIniiri !■■ innliii i |iii- >'r'l;rn'iil poM' li'S hislorirtis
li-^ |ilii< M-rii'iii. — (;r. lUvKM.i., I.rllrrt: W w.vw.skvm. Srviiiiu-, pailii- II. p. .^71; Ciilsin. Ilitiilrfurl.
p. ij'i ri 471 -iNj; (:iu:iii;i:i., ilnii^ ri^lllioii «If Siiiiil-Simun, l. \ll; Mic:iii.i.i.r. etc.
1. Mil «ait ipril n'i-liilt tiu'iililmlr, cl ipir In i|iiiill(t- (lu CiiKliiiiil |m-ii( iMrr conri-iV-c viii-^ ipi'»!!
»<>i( ilan« \i-% iirilri-^
3. lui priii('i-^«' l'nliili 'IjiII irmilniil iiili-iiv pinci'i- |nuii' (-niiiinllrc rt- di-lnil (in'ullc liabilnil
rllc'iiii^iiii- !•• l'iilaU-llii>iil.
V ïaI. t'iiL'Nxr.H, l.r l'nInU ■ Hnynl ri ift envirtmi. Pari». Diilol, p. 17.
5. \rrlii«<-. ilii iiiiiiUli'ri- (!<•« Virilrr^ (.•lrniijf"''n><. rllr |Nir foi hmiii nuis itidiiMlloii do rolrii.
\ N N I l> \ 1 I 11 H 11 1 I r M \/ \ U 1 N III
est OMipillliti' et" ili'lail, lui ;i|)|uiiii\i''i' par tous 1rs iiiiiii^l ii-s n cl a\cc annlaii-
disscmoiitsi). On aiiaMi:fa (lune ra|ipatl(Mii(iil du ranlirial Idiil prrs de rrlni
(lu roi, dans la parlio ■^aiiclR' du l)àtiinetit ceiiira! ; il ('lait racilc d'aller di' là
elle/ la reino, dans la cliambri' ^'risc, v[ à la salle du (luiiseil, ou Iraversaut
une petite j^'alerie. Mazariu amena tout smi UKmde. dllirieis el seivileurs, (uiil
logea sous les eondjles. Au rez-de-chaussée, il mil ses gardes et ses ('curies :
il y avait de la place dans le palais, liie jiareille installation ne dut pas peu
contribuer, tnulel'ois. :i en augmenler l'insalulirilc' el à amener' les dc'LMailations
(|ni. en dix ans, reiulirent la demeni(> de Uiclielieu pii-(|iie mécnmiaissaljle.
l n des premiers soins de Mazaiin en arrivant dans le palais (pie Uiclielien
avait donné à la tlouromie — avec ime générosih' iioui- Kupielle il cul ('xidcni-
meid ses mobiles, mais cpii est incontestable — fut de l'aire main basse sur les
plus belles sculptures qui s'y trouvaient', sans tenir compte des dispositions
très précises qui réglaient le partage de la succession. Son clioiv fut
excellent, car il s'y connaissait. On a vu dans le chapitre précédent avec
quel sans façon il fit mettre à llnvenlaire des précieuses collections du
cardinal la mention «attribué •■ni min sur ipianlih' d'ieuvres d'art (pii
auraient dû être restituées à la ducliesse d'Aiguillon, cl (jue re!le-i i lui
obligée de laisser, n'emporlant dans sa demeure du l'ctil-l.ii\eud)iiurg (pi'unc
partie de ce qui lui revenait. Queltines-unes de ces sculptures iudùmenl
retenues furent expédiées par ordre d' \nne d'Autriche à Fontainebleau, et
nous savons par le document suivant' (un des très rares (ju'on ail sur les
dépenses des Bâtiments royaux h celte époque) ce que coûta le trans|)ort
de seize statues qui entouraient le bassin du jardin :
A Pierre le .leune, marchand, la somme de quatre cens quatre vingt dix neuf
livres dix sols six deniers, à luy ordonnés par ordonnance dud. seigneur cardinal
Mazarin de lui signée, pour les journées de pUisiems ouvriers sculpteurs, cliar
penticrs, menuisiers, qui ont vactpn' cl tiaiiaillé tant à descendre seize figures de
inarhre blanc aiiticques qui esloieiil dessus les picdz cleslatix qui sont au pourtour
du Uoiidcau dans le jai'din ilu jjalais roïa! à paris, (pie pour tailler et assembler
les caissons pour enchâsser les ds figures pour icelles conduire auee roidleaux.
i;(iuipagcs depuis le dt rondeau jusqu'à la porte dudit jardin. Le tout afin de
Les pouuoir conserver et commodément enlcucr ^ transporter au dt cliasteau
de l'ontainchleau, suiuant le commandeuieiil exprès de Sa Majesté. [Suivent les
noms des marbriers, eliar[)enlicrs et nieiniisiers'.J
I. ArcliiM-s nnlioti.'ilcs. O"^ ^ij.s. K\li:iils des dc'peiisi's des lt;Miiii<'iils, i('i'i:< • ifiSi).
•j. Il .scinlilf bleu (|iii' le d(>m(''ii,i;."'iiiciil de tes slidiii's fui fait en iC>',:i. aiissiliM apii-s l'inslallalioii
de Mii/arin au l'alais-ltnyal. Toulcl'ois, raulciu- d'iuic ciiiilic-iiia/ariiiado parui? eu lO'iç» fail parler
il ccUc ('poiiur les sUitucs cjui iHaii'iil aul • du rnud d'eau. Celle pièce csl iiilitidi-e : l.a plaiiilf <lu
l'nlms-IUiynl sur Vabsence du ruy, avec un itialoijnc du ijruud Hercule de lirnu:e et des i/ui/.v sMues
d'uUiiitre ijui sunl à l'eulour île l'iUiiuj du Jurdin (déceinhre iCi'nj). Ce ii'i'lail pas un Hercule, mais
un CIndinleur de bronze, el ce u'étiiil pas douze, mais seize slalues (|u'il > a\ail aiilour du rond
d'eau; sans doute le poète rimait alors de mémoire.
112 1,1. l'Ai. AÏS - ni) VAL
(Juaiit au\ (Irpensos l'aiU's alms par Amio (rAiiliiilK- pour ramônagemont
<lu palais ot surtout pixir rt'iiilK'llisst'iuont de ra|)parteinoiit spécial (pfeile se
ivsorvail, je n'en ai pu Inuiver aucune liace, pas plus aux manuscrits de la
Uibliulhèque nationale, où il v a cpiehpies leuillels de comptes la concernant',
(luauv Alt lii\es natiuiialcs, où l'on peut consullcr un curieux registre des
dépenses de sa maison- pour Tannée iG'r'- <>ii > voit, enlre autres détails,
la dépense cpii fut laite pour la première cliaise du jeune roi Louis \IV
ipie livivifiit ('Jean Babouvv et Menoist Leroux, tapissiers ordinaires île Sa
Majesté», pour la somme «de ciinj cent dix livres dix sols». On y trouve
aussi la mention particulièrement intéressante du priv de S.ôoo liMcs payé
tiji Jean \ariii, garde et conducteur de la Monnoie du Uoy pour jetons en
argent et jiour les hoiirses de velours qui les contenoient, y coni[)ris colliers,
liroderies d'or et d'argent doublées de salin, el pour la gravure des carrez
d'acier faites auv armes et dexises de Sa Majesté (pi'il a l'oiniiN pendant ledit
Miiarlier île jamier, f('\iier el mars itiV^»^- ^'■<' nièine rcgislrc nous duniie
un état de la maison d' \iiiie d' \ulriclic à celle ('pixpie. avec la liste
de ses noiidirenv domestiques et olliciers, médecins, aumôniers, huissiers,
valets de cliainlue. tailleurs, « verduriers, w pâtissiers, fruitiers, «galopins
ordinaires.» etc.. qui absorliaienl un lolai de 7'i,o()o livres de gages pour
trois mois seuienienl. Llienne .loliaimol, sieur' de Haiilillal, simph' couiiier du
ti'é'sorier général, recevait la somiiie de 'iTio li\i;es loiiriiois pour son «droit
d'Iiabit d'Iiiver». Michel Daussi, m .ipolliicaire du turps de Sa Majesté,»
loiicliail S-."» livres loiirnois pour reinlioursemenls des médicaïuenls spéciaux
il son emploi, el. pour le même molif, son confrère ■loza|)|)hal .\olin
«apothicaire du conniiiin. » axail 1,000 livres. Le nain de la reine portait
des souliers ipie ■■ \MLMi--liii Mtisnier, cordonnier de .Sa MajesU' n, complail
'l<J livres, et M"' de S.iiiile-Maiive, comtesse de Hrassac, dame (riiomieiir. se
fais.-iil remellre 'ili,"» livres tournois «pour ses li.ahillemeiils de jaiuiei. I'('\iiei-
l'I mars». La femme Modernigaiid, "lavandière du coips <le la Koiiie, » ne
dé'pensait qm* ."m livres pniir s.ivon. loije el lioid.ige. c. l'omiiy |iom' l'aiit- si'ilier
el blanchir le linge d.' S.i Majesté. ..
I. llilillollii-i|iic nnliniinli-. Miiiiiis<-ril^, fonil?» rniiirais, lo'ii'i, p. joS.
1. Arcliivi>4 iintioiinli*4, KK, ^lo.t.
.1. I,liir «Mit ili-M-iiii^ n-s ji'Ioiis ri ces rniTi/s il'nciiT jrrnvi's \K\v \\'iirin ? Iii rxcmplnlrp en nrupiil
ri un rxcniplalrc ••ii riiivn- 1 17 iiiillinii'lr('<ii «le» min» iriicicr ifiii mil servi i\ frnpprr les jetons d'Anne
irVnlrii'lic |Hmr InirniV iC'n soiil eonM-rvés iiii CnMnel îles Médiiilles (Cf. CVi/n/or/iir ili-s jrloiis île h
IliMMhniue luilinnnle. — lloU ri llrinm ilr l'niwr, pur II. I.\ Tdiii, pp. •iH.S-aH;), V 131;)- 1320 ol
|itanrlie \\l\. n' M). \|. reriiiinil Mii/einlle, de riidniinislnilii)n iln Musée de lu \lr>riniiie. dnnl j'ni
iiii« |ilii«ii-iir< fiiU rernddlnn j'i pnilll. me dmnie Ut descripliciii siiivniite des jetons de Jeun \\ min :
lu oui, nu driill, l'éinis m nu\ armes de lu reine, n\ec l.i l«'';;ende : \v>v. ma. i;ii\. mvNc.. i;t nvv\. i\k<:.
Au rp»cr«: triiiiQL»'.. Lri:iiivs<.iui'.. Lr.wui.x. Doux riKoKiies volant et ein|)orlnnl rlincnne nue im'IIIp
cluoRtiP. A l'oirruup. la ilnle. Il.ins «on hifUuiiiiiiire criliiinr, Jal (a' édition, Viil, Wariii. p, 129."». i"col.}
p.irlc mml de Jetons d'Anne d'Sntricln- |Kinr l'année ilil'rj.
\ N N i; Il \ r I m I II
Il M \ / \ Il I N
II. S
TA 4
On lien tiiiirall |)as ili- iiiriilioiiiirr lt>s IniiMiiilinihk's i udi iiiii.'iiii'rs ilc
payciiii'iil ([ii'mail ;i si^'-ncr Viiliiiiic (]ii(|ii('l, ciniInMciir ^rt'.ii,'.|;il ,|,. |,, iii;iis(jii
(rAiine irAiitriclii'. A tiln- d iiulitalion, ics t'\('m|il(s siillisciil pour iIdiiiici- un
apcn II (le ce quclait lo personnel (pa-liiiies mois ;i\aiil la mort de Louis \lll.
I ne l'ois réj:eiite cl iiis-
lalliH' au Palais- Uoval,
ee fut bien autre chose:
le nmiibic (les servi-
teurs l'ut plus roii-idi'-
raltle assui'éuienl, et mi
peut reiiiaiipier ce (|ue
lepii'-seutait un paicil
enlri'lien à une époque
où l'argent cependant
était rare et où Maza-
riii laissait lenlant-roi
manquer dans sa eliam-
bie des objets de pre-
mière nécessité.
Pour les transforma-
tions et les décorations
nouvelles apportées par
la reine à son appar-
tement particulier, il
tant encore consulter
Sauvai, car c'est à lui surtout qu'a ('lé empninl('' li» peu (|ni a été dit à ce
sujet par la plupart des auteurs. 11 en a parlé axcc une \i\e adiiiiralion, et il
est à croire ([ue de son temps on en faisait le plus f,nan(l cas. car il niiilliplic
les épitli('les de ((commode», de (csuperbe», de ((galant h, pour le dépeindre,
ajoutant ipieodaus toute rEuro[)e » il ne se pouvail lieii \oir "de si accoui-
|ili. ni (if si majestueux ». L'appartement, (pic (icj;i iUcliclieu avait poiirtanl
dé(;or(' avec beaucoup de !u\e, occupait un anj:le du corps central du bàliuienl
et s'i'lendait le lonj.-- {\t' l'aile droite, dcriicre le llit'àtre, jnsipi'à la balustrade du
jariliii. \iiiic (I \ulriciic lui doiiiia loiil le (l('velop|)eiiii'iil possible, et le divisa
en une inlinilé de cliambres, de ;;aleries et de cabinets disposés avec iiii liive
diyne de son ranj,' et de son nMe de r('f,'enle. (l'est là (pi'élail la cbanibre du
Conseil, où se passeront les épisodes les plus l'anniiv de la l'ionde: l.a sa
chambre, qu'elle meubla de gris', car ce fut la couleur (piClle adopta pour
1. I.o canliii;il de lltlz parle souxciil, dans ses Ménwires, de la .■ pelitc chambre tjrise ■> de la roiiic.
T I. I.f. PAI.&ia-UOTAL. *.*
"^"ià*^^
A X \ E D A l' T n I C II K ET LOUIS XIV
(Médaille de J. Wariii)
j I /J I. K P V l. A 1 s - H O Y A I.
porter k- d.Miil ilii roi: là eiuoiv une belle ^nileiie remplie de tableaux, son
Oratoire et la salle des haiiis. Ces diverses salles i'urent ornées de peintures,
dues pour la plupart à Simon \ouet. Dans la salle du Conseil, située en un
endroit très retiré, près du jardin, et où le bruit du dehors ne pouvait par-
venir, le peintre exécuta un plalonil d'une extrême riebesse, tout rutilant d'or.
Trois lustres de erislal pendaient de ee plafond. L'ébéniste Macé fut chargé
du parquet, dont il lit un chef-d'œuvre de maniuelerie. La salle des Uains
fut revêtue par Nonet d'une série de panneaux d'ornements, d'enfants jouant
au milieu des feuillages, connue on les aimait à l'époiiue ; la gravure nous en
a conservé le dessin, et nous reproduisons ici (pieUpies-unes des planches
de Michel Dorigny, tpii parurent en iCo;, sous ce titre: Livre de diverses
Grotesques peintes dans le cabinet des Bains de la lîei/ne rei^ente au
Palais- lioi/at. par Simon Viaiet, /leinlre du roi/ ( l 'i composirKHis). Tout ny
est pas cependant de la main de Youet, car celui-ci piit des collaboiateurs
pour les ornements: les llenrs sont de Louis, et les paysages de Heliu'.
Mais ce fut principalement l'Oratoiie cpie la régente se complut h orner et
pour la décoration (hii|nel elle lit ajjpel au talent de plusieurs artistes à la
fois, en leur demandani de représenter la Vie et les attributs de la ]'ier£^e.
Les peintres Philippe de Champaigne, Simon \ouel. Hourdon. Siclla, La Ilire,
Corneille, Dorigiii et l'oerson rinciil chargés des diverses compositions, et
s'en tirèrent avi'c le snIViage <ie Ions, car, dans leur travail, dit Sauvai,
((il se voit tant d'('miilal ion qu'il ol (lilliciir de juger l;i(|ii('ll(' de ces
histoires est la pins achevée; car enfin si ce ne sont pas leurs chefs-(r(euvi"e,
au^^si ne sont -ce pas leui- coup d'essai.» N('anmoins, les comiaisseurs accor-
daieiil l<ui pn'l'i'reini' an taliliaii de HoiikIoii, /h Iiiite de la \ie/-^'e en
h'f^i//tte'. L'Oratoire l'taiit ('ilair('' par une seide fen(^lre, on ciaignil de
le rendre trop obscur pai- mi \ilrail d(> coidenrs. et on n \ eniplova (pie
«les carreanv de mmic blanc ou de ciislal, iiiclià^-i's d.iiis de r.ii^iciil
d<'coup«'- en hjs.inges, triangles, ros.ices, et on usa il ce travail plus de
\ingt marcs de nx-tal, dirent |)lns tard, non sans complaisance, les auteurs
des (iuides du \-<n/ai;eur à l'aris, trl^ ipic l'iganioi, (icnuaiii Mricc ou riiiniv,
«•n ne faisant ipn- n'-pi-lcr S;in\al. |)c s..ii gi;nid cabinet \inie d \ntriche lit un
vi'-rilable nms('i- di- piiiilurc, dan^ le(piel on adnnrait les l'elerins d'/./nniaus
I. Eli'»!' lie J. !■ |iiiin->. |Hiiilii' IIiiiii.iikI. Ili'liii l.ij>.iil cli's diiii iils cl des |>.iy>jit'(»s. Il
IravnlIU nil\ Tilili-rii-*. viim lu iliin limi ilc- S IIoiimI.mi. (hi.iiil .'i l.iiiii^ ^ill lic-ii mit cri iirtMc.
1. Kii 171)'^, lu CoiiMMiliiiii lit <iii«ir <i(i l'al.iii lluxal cl lraiis|Hii Icr un Mii-mihii ili\ li),Miics mit lH)ii
lie SclNi«licii Ittiiiritiiii. lu l'ii-ifiiliiluiii >iii Ifiiifilr, i|(ii |ii'ii\ciiiiiciil pciilclrc ilc roriiloii'C irViliic
il'ViiIrli lie D'niitrr |Mrl, ilnii« la ll^lc (Ic^ InliU'iiiix vciiilii^ l'ii 17.S- pur le iliir d't Irli-niis cil ViiKicIcrrc,
nii Irniitr un Inlilcmi ilc Itoiinlnn. In l'rrurnlaliini an rrni/ilc, iiiii'>l ijnc ccnx de l.ii Iliri-, In \ isilnUnn
lie In \irr>if. cl de Sarr.i/ln. I<i Mrnje nn lil ilr In inurl. <|nl a\nicnl ('•li- |H-inlH [iiinr roriilniii- d'Vniie
il' Villrli lir an rnlnii' lli>>nl.
AN m; Il a i lit m: Il k i;r M\/\iun iio
(le P.uil \ (''roiirsi', une Fiiitr ru ]\i^iiplt- du (liiidc, la l'dinillr <lc l<i Vicri^e
il" VikIiim (Ici Sailc. MM !>i'i)iiar(l de \ iii<M. deux Poiissiii, Eiu'-c snin'nnt
Anr/iisf, d'AiMiilial (larrachc, un Saint Jeun intuili- sur un u/i^/f, allriltiié
il Rapliai'l. tic. La |ilu|iail ilr ces talilcaiix ruiciit lraii^|iiiîli'-s pins tard à
l'diilaini'hicau par la ii'iiK', dans rapparicini'iil <pi clli' se lil anii'na;:i>r dans
ce château, cl clic les i-cni|)Iaea par des copii's an l'alais-Hii\al ' .
Tous ces travaux riiicnt coiiduils par l,e Mciciei-, raîcliilci le du palais,
dont la ii'iue ne se st-para pas. (piui(pi'll lui \fnl i\r Uiiliclicu. l'Ile lui
deniaiida aussi de Iraiisforiiier la galerie de druite doiniaiil sur la rue Saiul-
ilDiioré, ipii avait été la Giileric ilrs Ob/rts d'uit du cardinal, pour en faire
un appartement îi son plus jeuue lils le duc d Vnjiiu. Mais de ce Cfjlé la
jjosojiriie. si elle l'ut couuneiuée. resta toujours iiiacliexéc. Kiiliii, pour ajouter
au cliaiine de sou apparlenient à elle et pouvoir yoùter mieux encore
la IVaîclieur du jaidin. elle lil disposer en lialcon les arcades ;i jour ipii
reliaient par derrière les deux ailes du palais jusijuau bàtiiiienl en retour
ipielle occupait, et ce balcon l'ut oriu' dune j^racieuse balustrade que le
serrurier Etienne de Nevers' exc'cuta en pcifection : elle ('tait cimiposée de
pilastres de six pieds en six pieds, garnis chacun de grandes lleurs de lys, entre
lesipiels étaient des panneaux l'orni('s (renroulements de leuillages rehaussés
ddr: niic frise encadrait cliaipie panneau de lleurs de lys découpées h joui',
petites et dorées. On eùl dit une dentelle en point de (ièues. L'effet était
des plus heureux. Sur la i'ai.ade, le palais pouvait garder son inscription d(>
Piilais-Cdidi/ifil ; par derrière, grâce à ces lleurs de lys. il avait un
cachet xraimeni royal.
Ce. n'est pas tout, l'oiir ipie la dcmeun- — dont le dél'ant ca|)ilal, dètiv
trop liasse et écrasée, apparaissait de plus en plus — prit un aspect acceptable
et digne de rhabilalioii d'un roi. il aurait l'allu y\i- toute nécessité la dégager
des masures en mines ipii l'enserraiciil . \ dmile cl ;i gauche, on ne pouvait
guère Y songer. \ Taiigle de la i ue r>iclieiieu, i! \ avait les liois bâtisses
dmit se cdiiiposait rancieniie Mui.son île l'Ours: du ci'ité de la rue des
l'.Mii^-lùilants, de minables ( . m^lruition^ aux loilurc^ longées, appuyées contre
le lli.'àtre. Mais lunt cela était ;i i\v< paiticulicrs (pii \ teiiaii'iil. Il fallul un
siècle pour en venir à bout. I ii peu pins loin, ii langle incme de la rue des
l?ons-Kiirant>. il restait (pichpic^ méchants bAlimenls entre cour cl jardin,
adossés à la ruelle «le la Court Orris, dont la famille d'Estrées était encore
jiropriélaire : on les aciicla (acte du n^ décembre i(j.'i3) pour hi somme de
1. SvLVAi,. I.ctt \uHquilé* île Purin. — F.a nipic «les Pèlerin» liEiiiinniis. (U> Pnul Vitoik-so. fui failc
jKir Le Maire.
2. Élicniiv Doynl. aiiliciiioiil a|)|H'lr mallif ÉliniiR' de Novcis. avail lo lilic do «cniiritM- nnliiiaiii»
des llàliiiieiil^ du roi.
I iQ I.i: I'.\I.AI.S-HOYAL
90,000 livres. Il > avait par là un assez vaste jardin de plus de cin(inanle
toises, appartenant à la dame \ollanl de IVaneière, dont la proximité avec
les appartements de la reine était gênante : on en fit aussi l'acquisition
(Il avril i(J'i'i) movennant l'i,");)^ livres'. Du moins, en face de la porte
d'entrée, il v avait possiliiliti- de déblaiement. Le cardinal de Richelieu y avait
songé. C'était pour cela tpiil avait acheté en iG'n l'iiôtel Sillery, dont la
démolition n'était pas achevée ((uand il mourut, lequel hcMel « j'ai acquis »,
disait -il dans son Testament. « pour au lieu d'icelui l'aire une place au-devant
du Palais-Cardinal.» Anne d'Autriche s'enqnessa de le faire mettre à bas, et
de la sorte, elle obtint un espace vide d'une centaine de mètres de large
(exactement cinquante -trois luises), (pii mit un peu d'air, auiéliora l'aspect
de celte entrée. Il est vrai (lu'elle laissa construire un peu plus loin, en
recul, un corps de garde (pii, par des adjonctions successives, autorisées ou
non. linireiil par constituer un fort vilain amoncellement de baraques qui
ne disparurent cpie soixante ans plus lard. Ce fut ce corps de garde qui.
pendant la Fronde, protégea utilement le palais.
Hcslait la question ilc l'InMcl Hiilielieu propremenl dit. c'csl-à-dire de
cet h(Mel (nous en avons parlé dans notre jiremier chapitre, page 37) où le
cardinal avait résolu d'établir sa bii)liotliè(pie. et dont, par son Testament, il
avait chargé expressément son héritier de terminer rt-diliraliou. Il lestait
inaclie\é, faisant connue une échancrure sur l'aile droile du l'alais-Uoyal
et avaiDjant sur la rue Uichelieu (à l'endroit où s'ouvre aujourd'hui la rue
Monlpensicr) la seule de ses galeries (pii fut construite, encombrée de maté-
riaux, entourée de charpentes branlantes, et voisine du passage doimant
accès, de ce c<Mé, sui- le jardin.
Mais, avant d alliT plii> loin, il est nércssaiie de fournil' ici (picjtjues
explications sur un des piobji'mi's de la succession de Kichelieu (pii est lies
peu comm il se lie étroitement ii l'histoire du palais dont j'ai entrepris de
retracer les phases.
hmni'ili.ilement .iprès la morl de rilinslre caiilinal. la duchesse d' Mguillou
déclinée iulriee de rih riliei- piiiirip.il îles biens el du nom de KichelieM, se
vil assaillir jcir d'inevlrieiddes procès. Ce ne fiMciil pas senii' ni l> s nn'm-
bres mèniet de sa lamille. tels (pie les Coudé-, qui, se jugeant iesé-s d;ms
leurs droits par le 'i'esl.imenl, les lui jnteiilèienl . ( ie funnt principalemerd
Irs (Ténnciers du dé-fiml. Hieheljeu. «n ill'el. i|iii av.iil |)ii se croire très
iHl-dctHUH de ses .-dTaires il avait largemenl ilisli iliin- auloui' de lui des legs,
laissa en ré-nlil»' un passif île ■i,7>('ii\.~l)'\ li\iis. ^i l,,,, ^ compieml s, s ilelles
livpotlii'i nin-s e| chirogi.tpliaires {i .'i-'[}.\\.i lixiesi. les diveis legs en ii.ilme
I \nlii»r< iialioiiiili-4. Il'i, jNj. Vi i|iM«ili'>ii- |ii iiiiiIim-^ p.ir li' mi.
ANNI-; I) Al riticii r. i r m\/\hi\
pEnTtHE i>K<;on»TivE E\h;i:iTi.K i-in simo.\ \oikt
DASS L\ SALLE DES DAIMS D'aSXE D'aITHICIIE, AU PALAIS- 110\ AL
à S(>s scrviltMirs ^^)^7..'î(Kl li>rcs), los liais liiiuTain's cl d'iriMMilaiio. les
IjàliiiiriiU (11' la Sorlxiime (S-j!o,no<i livn's), cli-. iVnir cniiMii' ('c |>a>-ir. la
(1m( lusse (I "Aiguillon avait, il osl vi'ai, <riiii(' |)arl rai^fcnl laissô par smi oiii'lo,
daiilrc pail les rcvciuis des bû'iis en terres (]iii (■tuu-iil an'oriiu'i's. Mais j ai dit
1 iS I.K l'Ai. \ IS- |UI\ Al.
nlus liaiit (1 li.i|iitr<' II. [la^'»' ■")"> <1>"' Ma/aiin s't'tait riiiiiMn'' dos soiimios
trouvées an guiufriicmont du II.imv. et ((iiil no rondil pas los avaiuos failos
par ilioholicu au Trésor : suit à pou i)rôs doux inilliùiis, qui firoiit singulio-
ivinont ii('laul à la succession. Il ne roslail donc à la tutrice, pour accpiiltor
los doflos. (pie: i" rar^'oiil coinpiaiil. !i pou près i.Tioo.ooo livres; a" les
revenus annuols, 3^7,000 livres: .') les nioulilos, estimés par VltHcntairc
(;.'>3..'")00 livres. La duchesse vendit partie des inenhies (pour «rïrt.'iSo livres),
ol. friàco aux rovoiius dos |ciih-s. ollo serait paivonuo ou très jiou dannées à
réjrler au mieux los aiVaires do la succession si elle n'avait eu ;i complor avec
Sun jeune no\ou, lé;.'atairo du cardinal de Hidiolicu, dont les dissipalinus.
les folios. riii;.Matitiido ompui..(miiiiviil la llii de ^axio'.
Armand di- \N i;L,Mierod do l'onlcourla_\, doNoiui par suhstilulion duc i\i'
Kicliolioii ot ro\ôtn ilo la dij.Miilô i\\: pair do l-"ranco par lo loslamonl do sou
grand-oncle, avait ;i prinr tivi/.o au- à la inoil dt- colui-ci. Illové soigneusomoiil
avec ses doux iVôros, sous la direction do la ducliosso d" Mguillon, cpii avait
|toiir lui une préférouce nianpiéo. sa jolie (igure, sa lailio ('■ii'^^anlo, sou esprit
\ir p.iiaissaioiil ju>lilior los (•sp(''raiic<'s {\v poslt'-rilé cpio sa tanl<- rmiuail |)(iMr
lo nom du mort illuslro ;i cpii elle avait consacré son exislenco et voue un
\('iilal)le cnllo". Mais lo jouiio duc. se Irouvanl lout à coup en possession d'une
iuiMiouso iiirluno. entraîné par dos ami- (li'liaiiolit's. lourour do l'ommes.
d('-p«-nsa iullcmoiil, lit dos dollos, outra on ri'\n||c contre sa tante, à qui
il diinaiida hrulalemont sos ciMnpIosdo lulollo, (I. a|)ivs avoir contracté avec
sc.indalo mio nn'sallianco. engagea coutro ollo procès sur pmci-s. ('.'est dans
cos conditions (piil fut ainoné- ii si- rofusor ^\^' remplir (l'itaines oMigations
(pie lo lostaiiKMit du c.udinal lui Imposait, notammenl in ce qui coiicorno la
COIlstruelii.ii i|i' rih'ilrl de Hieiielieu. ot il Neiidre autinir du l'.il.lis - l\i >\al
plusioui-s lots iW loiraiiis (pie la provo\;mco do son grand -oncle avait f.iit
ri'-vrMT. On va voir loules los con-('quonces (pii on (U-conlèront.
I!ii pieiiiier lieu, i i- jiiienl les dii( teuis de la Siirlii'imo qui. ne p.uNoiiant
p.is il iililonir le paNomenI des soniuios ii oiiv li-guées jiar lo cardinal pnur
la construelion do leur colli-ge. commonci'ronl le- lid-tilili'- e| ,iccal)lèronl le
ji-uiie diii' lie Uli jielieu de -aisios, coiiti .linles. aiièt-, ci|ip(i-ilii)n-. iimii 1 dliligor
I. Cf. l'opliTH ilr lulrlli- ilr lii iIiuIic'm' il'Ait;iiill<>ii. fl Wt-»i..i;v< (/#•« /)n>/)riV/(iifvj i/r» mau>ms
du l'aliiit lliiyitl.
1. Im iliirlii-tw (l'.\iK<iilli>ii, aprt*!! In iiinrl de llklirlii-ii, »'nii|ilo>n ilc l<iiil<~« so^t roici-!i à la
Kiorillcalliifi lie «XI niiclc Kllr «'ikciiiui il)' rciiiilr ■■! do imltlicr ^<-^ ii-inri'^, lii>liliin d<~< inrvv» i|ili
•Irt.ili'iil l'Iir illlr< .'i |M-r|H''liiili'-, inin viilriiH'iil ,i l'.iii'i. iiiiiU iliiii« dUcr^'i l(Hnlili'-«. Kiillii. i-lli-
r<iiiiiii.iiiila au « iilpIriK IiIlikIiiii Iv li>iiitM..iii du uidiilid |Hiur lu SiiIm>iiii(<. Ce IoiiiIm'AU ne fui
■( lirti- i|irrii i)Mj|. t.'.iili<l|. Iiiiiili.i iHiiir VIII ii'inir ii..'i<><i litres. l'C *itu* diiiiti- roiiiiiii- Mippli'-iiiriil.
U durlu-vv lui diuiiiii |r Im-jii Iiu^Ii' fii (MirplMn- iV \lrxiinilrf U tirnnii, (|tii' luiii «iiirle ii\ail arlirlù
ri ipiVllp iir rr^iil au l'i-lil - l.iiiriiilMiiiri,' <|u'aprt><> ta iiiorl. (ilrarduii revendit ce liiule au iiiiii'«.>cliul
dK«lri'«'«. il 11 mI riilic drpiiW nu iiiUM-f du l.iiiiue.
\ \ m: km r h uni' i' r m \ / v iti >
' M)
il s'ai(|iiitt('i- niNCis eux. \.r jciiiir (liic. aliii ilc K'S siitisfair.-, lit diilitinl la
\iMitf d'iiin' |iaitit' (Ir tniit et' (|iii lui (•tait irvi'iiii (li'> Ifiiaiiis cl liijtrls situés
autour (lu jariliu lie son f,'raii(i umir. Ou se rappollc, en elVi'l, (pic le cardinal
iU' Uiclidicu. a[ncs avoir vendu, le iS mars ili.'iti. îi !,ouis Harhicr. pour
*^Ialai5 du Cardinal CM la ni ^'Honore.
Pj.ild.huni C'ai-JjiiaIi/
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n rf n ml fi S :ti e^ « ' fîfeî In n n ! B Q ï e « « >n M'- !
^HMTOI
Q a ]B Q |E B iS fe
iffkilMMMJi
m iM.\
(D'apriî ,
io.Tjoo livres de reide, les (piaraiile deux " |)l,iei's à liàtir» sur les (|uaraule-eiMi|
(piil avait fait liaeor autour de son jardin (chacune de ces (juarante-deux places
mesurait se|)l loises carrées), reprit h cclui-ei. le •.>.o mai id'ii, sept tie ces plaees
pour la constrintiou de l'InMel de Hiclnlieu en dt'char^'eanl Harbier de la
portion de rente (pie pouvait supporter ce terrain retiré, et en n-duisant celle
rente à 8,'>.o8 livres. Eu outre, le cardinal était lesté pro|)riétaiiv : r de la
maison de l'CJuis, au coin de la lue Saint Honoré; -X' de I'IkMcI des Monscpic-
taires, rue des Hons-Knl'ants; .'{ de l'InMel des Hons-Kiifants; V «h's t''»'^
portions réserv('es sur la rue Richelieu, sur la rue des l'etits-Gliamps et sur la
rue des Hons-Hnlants, pour y l'tahlir des passages donnant accès dans le
jardin. Tout cela n'avait pas été compris dans le don fait an roi du l'alais-
(iardinai. Le jciuic duc de Kiclielien \endit donc, le -jaj mai iti."),'!. pour se taire
I30 '-'■■ P AL\IS-RC>YAI.
(le l'argent, la maison de TOurs, plus 3,71'» livres de rente foncière à jjreiidre
sur dix -sept maisons construites à cette date, sur les terrains dont il t'tait
possesseur. Afin de mieux comprendre ces diverses explications, le lecteur peut
consulter le plan ci-joint, établi par le géographe Beaurain ' pour les procès
que soulevèrent en i-'S-j ces ventes. Trois acquéreurs se présentèrent : Simon
de Lespine, maître des œuvres des Bâtiments du roi, Claude (Jauldrée Boileau
et Charles de Flacourt, directeur de la Compagnie des Indes. Mais le produit
de cette vente ne sullit pas à satisfaire les créanciers de la succession. Par
un autre contrat, du .Jo janvier i(tj8, le jeune duc de Ilichelieu céda encore
aux mêmes Lespine, Boileau et de Flacourt l'hùtel des Bons-Enfants et
l'hùlel des Mousquetaires. Le tout ensemble fut payé 188,000 livres. Ce
n'était pas encore assez. L'héritier du cardinal demanda alors au Parlement
le droit de vendre la partie construite de I'IkMcI de Uichelieu et de l'allVanchir
de l'obligation d'achexer ce bâtiment, faisaiil NJiloir combien lui était onéreuse
uni- pareille charge. In arrêt du Parlement, en date du i.'j février HKlo. lui
donna l'autorisation demandée et permit aux ilocteurs de la Soriionne de
prendre les livres de la Bibliothèque, en se chargeant de satisfaire aux
conditions du legs de Uichelieu. La vi'nle inl lit 11 aussitôt, toujours à Lespine,
Hoileau et de Flacourt, pour 120,000 lisres. Mais, deux mois plus tard, le
•j(i mai i(i(io, survenait im arrêt du Conseil (pii subrogeait le roi aux accpié-
rcurs et ordonnait le payement i)ar le Trésor des 120,000 livres à Messieurs de
la Sorbonne. I^a sonune fut payée le 8 novembre iGGo\ C'était l'époque
oii l'hôtel de Uichelieu s'appelait le palais Brion et où Louis \IV y conduisait
son intrigue amoureuse avec .M"' tle La Nallière. Il n'avait pas paru bien-
séant que des particuliers en devinssent propriétaires. Un verra par la suite
ce qu'il devint.
Pour en ti-rminer avec les di'niêb's anxipiels donna lieu la succession du
cardinal, il <i)ii\icnl di- fain' roruiailrr le conlr c-coup bien inallfinln ipiils
l'un-iil ^oivaiili' (li\ an-> pln> laid. V.n ly.'S."). le inan'clial df Uichrlini, lils
tic (-«-lui dont on \i<til de lire l'aMnlui-t-, s'avisa, par (.ipriic ou iiesoin
«l'argent, di- sn-^c il< r Ir pbi^ -ingnlifr drs procès an\ projii ii-lairc-i des
uiniHons <hi Palais- Uo\al bàlirs sur l<-s terrains Mndns par son prn'. Il iniit
In pn'lrntion tpi'en opi'i.inl rclt»' vi-nti- If duc .•iviiil ouliepassi' ses iboilN. et
que la loi cniici-riinnt les biens li-gné-s |)ar snbslilnlion ii\ail en cetli- < iicons-
inuco éli* alisolnnienl \iiili'e. <i Lu elVel, » .allinnail il, i> la \enlr ii'anrail l'-li'
n'gulièrr que si le due n'axail p;is lron\e dan-- l.'i sueeession de siiniiiies snlli-
I nil>l)nlli>s|iir iialloiintp, K>Uin)|ip«. T<>|Hi({ra|ililr ili' ta Fraiici- I.'uriKiii.il iln |il.iii ilr lliMiir.iiii
nt ac<'iiin|M|(iii< an ilm iriiiii' imlr riplii .itltr
1. Arrtiltn iialt<>iiatr«. KV iMi
i£-^3i
^■3 3
" =2 :;
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C "3 -5
anm; dvutukhk i;t mazauin
>^ !
sautes pour l'aire face aux cliarges (|iii lui iu.uiiil,,ii,.ul . ( »i . IImm ila-.- du
cardiual était jjIus que sullisant pour les couvrir. Doue les veules laites ru i(ir>5
et i658 sout uulles; les propriétaires actuels de ces uiaisous doiv.ul .Mrc
déclarés déchus de leurs droits de propriété,
et les maisous faire retour à uiou patri-
moine.» Ou couipreud l'éuioliou (|u"c\cita
uu pareil procès, qui ue dura pas moins
de vingt et uu ans, avec des |)éripélies
diverses. Toute la basoche entra eu cauqia-
gne. Ce fut une guerre de mémoires pour
et contre. Les pro|)iiétaires des maisons
du Palais- Royal répondirent aux revendica-
tions du maréchal, eu disant: «Non! il
n'y eut pas dans la succession du cardinal
de somme suflisante pour payer les créan-
ciers. Ce qui le prouve, c'est l'examen des
comptes de tutelle de la duchesse d'Aiguil-
lon. Les chiffres que fournit, pour les
besoins de sa cause, le maréchal de Riche-
lieu sont fictifs ou erronés. S'il eu avait été
autrement, les créanciers de la succession
du cardinal n'auraient pas pu obliger le
duc à la vente. C'est sur leurs instances
([ue fut rendu, en i(j55 et en iCàS, l'arrêt
(jui permit l'aliénation. Donc la \eule est
bonne, et les prétentions du maréchal in-
justifiées. » Tous les mémoires 'du temps,
toutes les gazettes parlent des incidents de
ce procès fameux, auquel ou ue conqire-
uait pas graud'chose, car le fond restait ojjscur à la fouie. Le Parlement
n'aurait pas tardé si longtemps à rendre un arivt, mais des dillirulli's nais-
saient des parentés et alliances des parties en cause avec leurs juges. A la
fin, comme il fallait aboutir, le roi décida en Conseil. le :>.- février 175.5,
que le jugement serait rendu nonobstant les parentés, poinvu (pie celles-ci
fussent au troisième degré ou aux degrés plus éloignés'. Ce ne fut pourtant
que le 9.8 août 1705 cpie le Parlement fit paraître un arrêt qui déboutait le
maréchal de Richelieu. Ce fui un soulageinenl pour les propiic'laiies des
maisons du Palais- Royal.
I. Archives nationales. U'i, 282.
Ttipi>titi...iinv4[. I**
0> HE I. \
VOIET
,33 I.K I' \I. \IS-HO\AI.
Si Ir ilur fût ^Mgiié son piocî's, dil uiir unie iiiaiiusi riU' (lini coiiteiiiporaiii.
familier avi-c les ciioscs du Palais', vai»"'» t'ié un objet de quatre millions de
restitution de fruits, et la propriété de toutes les maisons, ce qui auroit ruiné
quatre cents familles.
Hevouons à riiistallatioii tlo la reine Aime dAutricho au Palais-Royal. Dès
la fin de l'année i(i.',:<. elle y a pris ses habitudes, y donne réception aux
ambassadeurs, prend plaisir à se proinonor dans le jardin où. parfois, elle
s'attardera des nuits enti^res sous les arbres \ L'Anglais Evolyn, âgé de
vingt- trois ans. ayant ret.u do Charles I" la permission de voyager sur le
continent, visite le palais à cette épo(iuc et s'extasie sur ses beautés. Il dit
dans son Juurruil. ii la dale du (i .i\ril iCi'i'i :
Je suis allé souvent au Palais -Cardinal... C'est une fort belle maison, quoique
un peu basse. Les galeries, les portraits de gens de distinction des deux sexes, les
bains de la reine, le .salon d'audience et son plafond ridiiiuent sculpté et doré, la
salle de speclacle, le jardin, qui est fort grand, et sa belle fontaine, ses bos(picls et
son mail sont dignes d'attention...
Les dt'-lais réguliers pour le deuil du roi étant passés, on y donne des
fêles. Lu iCi'i'i. il > eut un l'eu (rarlilirc lin'' sur la place. La reine y assista
sur le balcon de la rue Saint-Honoré avec ses enfants. Un dessin de la
collection l)eslailleurs^ reproduit plus lard i)ar la gravure, nous donne un
tableau très iiitt'icssaiil de celte cérémonie. Mais la It'gciulc ('■ciili' dans le
carlouclie est manil'csiemeut erronée, car la daU- de iti'ii est en contradiclion
llagranle avec linsciiplion ipi'on lil au-dessus du balcon: i'. Paldis-Hoi/dl. »
De plu-, Louis Mil ii'i'Iait plus de ce monde (|uan(l le monument recul ce tilre.
( )uoi qu'il en soit, le morceau est curieux. L'hiver de iti'i.") débuta par de
brillantes fêtes au l'alais-l\oyal. à l'occasion du mariage de W ladislas \I1, roi
d<- Pologne, avec \Iarii'- Louise de (ioii/ague, lilli' du duc de Nevers. cette
Louise ipii avait aimé- (îasion d'Orlt'ans, cl s'était ensuite compromise avec
(;in(|-Mars. La cérémonie eut lieu dans l.i chapelle, cl pendani trois jours, il
\ cul bal>, sKiipcis. ji'uv scé-nicpies. coini'die fianc.iisc et comédie italienne.
Les ambassadeurs polouoi'-. dit unr rrl.ilion du lcnq)s. s'y IrniiM'rcnl a\ec
les principaux di* leur suite cl ll•.^ princes, p^inces.^cs. seigneurs cl daines de la
Cour: tous si ricbeuienl veslus et parés de tant de pierreries, (pi il cs| r,Ml mal
nii»é de voir rien dr si beau. I,e Ibéàire éloil couvert d'une loilc. Ia(iiiell(> estant
liréc, il parut une table garnie de fniils i-l de toutes sortes de conliliircs. vers
laipii-llc. par un ponl. furent condiiilcs Imilcs les princesses el ilaïues du l>al. le
I M.iiiiiu ni iiK'-lil i:<ill>'i li.Mi \ i:tiaiii|>i<r.
j M~* iii Mdiiimiii. Mi-iiinirrt
l llil.lr.lli..|ii.' ■ ...1. ( .I.H..I .1.-. FMotllIK-».
l >K IIX t: VTION HO\ VI.K
a
roi cl k's reines deiiuiiraiis en leurs places, où les gaides a|i|)i>i l("i<iit à Leurs
Majeslez plusieurs plal/ de eondtuies. La table estant levée, le mi', axer la giàee
qui reluit dans toutes ses actions, prit par la main la reine de Pologne et la
mena par le mesnie pont sur le lliéàlrc, où Sa Majesté
commenta le hransle, qui fui rempli de la plu|)arl
des princes, princesses, seigneurs et dames du i)al. Le
hransle lini. le rni. ;i\ec la iiicsmc grâce et son port
majestueux, coniiuiNit celle reine en son siège; cl
estant retournée sur le théâtre, Sa Majesté s'assit avec
M. le dui- d'Anjou, sou frère, pour voir danser les
cmnaiilcs, ipii lurent coniniencées par le duc dlji
guien, aussi doux à la danse que rude dans les com
bats, et continuées par les autres seigneurs et dames;
le roi y dansa pour la seconde fois et prit M. le duc
d'Anjou avec une telle adresse, que chacun fut ravi
de voir tant de gentillesse en ces deux jeunes princes.
I)K(;0IIAT10> DE l.\ SALLE DES BAI^Ït
IVMV SIMO\ \OtET
Aussi bien, puis(iu'il est question ici des fils
ilAnno d'Aulriciie, esl-co le moment de dire quel-
ques mots de ce qui fut fait au Palais- Royal pour
ces princes, ce f|u\''tait leur « maison », ce tpie lu-
rent leurs jeux cl \vy\v éducation. La reine, qui
aimait ses enfants et leur donnait par accès des
témoignages passionnés de tendresse, acceptait
qu'ils fussent loin d'elle, dans une autre partie
des bâtiments, restait des journées sans les voir
et montrait à leur égard une incurie qui paraît
extraordinaire. M"" de Motteville a raconté dans ses
Mi-mnires^ par cjuclle négligence on laissa le futur
monar([ue, à Tàgc de cinq ans, tomber dans le
bassin du jardin particulier qui était sous les fenêtres de son appartement, ce
(|iii faillit lui couler la vie. Nous avons, d'autre part, les récils de ses pugilats
a\cc snii jcuiir IVèiv, cl Ciioisy nous a narré loul au long la dispiilc (|u il lit
au (lue (1 \nj(iu pour un poêlon de bouillie, dispute dans lacpielle ((Monsieur»
lil iniue do frapper le roi. Il est \rai (|u"oii leur doiuiail le fouet ^ à tous deux
pour les corriger, mais un peu plus (l'allciilion pré\enli\c auiail iiiicux lail
l'allaire. On sait enlin par La Porte, \alel de cliandire de Louis \1\ . ce (pie
fui lenfauce du jeune roi. l'our (picl(|ues historiens, il est vrai, La l'orte.
I. C'él.Til le jcimo Louis \\\ . Il n'avait pas alors i-iicore loul i» foil wpl ans. l.'aiidMir ilu rciil
lui atlriliiji' un ri'ilc bii'ii brillani |Minr rcl Age.
3. M"" i)K MoTTKviLLK. Uriiniires , t. 1", p. î6i.
.1. Cf. liiiii:\M . M^iiiniris. t. I". p. ii|r) cl siiivanlci
ia:J i.r l'Ai.Ais-noïAL
liuslile à Ma/ariii. csl suspect. Mais tous les contcinijoraius (pii oui liaiti'
ce sujet sont unaiiiuics à signaler, avec un ('■lonucnienl doulouicux. le soin
avec loijuel ce prince l'ut volontairemeul détourné de toute étu<le sérieuse,
de toute culture intellectuelle. Mazarin. cpii s'était adjugé la surintendance
de l'éducation royale, disait parfois: «Il eu saura toujours assez',» et voilà
(|iii constitue de gra^es prést)niptions pour les calculs (pi 'on lui re|)roclie. 1!
lui donna connue «rouveiuein-, eu iG'iC). le marquis, depuis maréchal de
Villeroy. qui était un liounèle lioniiue et Ibrt capal)le de lui incu^pier des
seutiuienls dlionneur, mais non le savoir (pi'il eût fallu. D'ailleurs, le
maïquis se plaignait de n'être |ias maîtie de la manière dont son élèxe était
in^liiiil. ajoutant (|ue, pour lui, » il n'auriiil pas laisse'' un aussi bon l'oiid
.sans le culti\er. » Huant à l'abbé llardouin de Heaumoiit de l'éiélixe. prc'--
<'epteur sous lui, il aurait été bien empêché d'enseigner à Louis \1\ ce
dont lui-même axait si peu de coimaissance. Dans les premières années,
Louis Mil, (pii, lui aussi, avait eu à souIVrir d'une éducation négligée et
de risolcmenl. a\ait \oulu inslituer poui' ses (ils une conq)agnie d'enfants
d'Iioiinnir. (ictie jeune gaide, (|ui jouail aux soldats et (|ue M de Lassalle,
feuuue de cb.imbre de la reine, dressait elle-même îi porter le mouscpiet et
il saluer de rt'iiée. ne resta pas longteuqis aiqirès des jeunes princes au
Palais-Ho_\;il. L;i coiiip.i^iiie l'ut dissoute p;ii' Ma/arin, peu après les fêtes
oigauisées le i. "5 janvier itlôo, par le gouverneur de \ illeroy, pour l'ormer,
<lisail-on. le roi ilaiis nies exercices de la guerre'., et (pii sont lorl eonuues
p.n- divei-si's ^r|;ixii|-,.^ iiililuli'es : If Fort ilu Palais- Roi/dl ' . Il en exi-le une
notannuenl d'Isiail Silvcsiie. dalc-e ( i('»."Jo) et signée, ainsi (pi'une estampe
allemande (pii n'oll"i-e avec la premièic qu'une insiguiliaiile dillé-icuce, et
que nous re|iroduisons (page \'.\\). Lorel a parle' de celte fêle <pii inspini peul-
èln' au jiimc nii l'id.'.' des mri\eilleux cairousel-i (|u"il oidoini.i plu- lard :
Je \is ji'tulv l'aiii' la f,'iioiri'
Au fiirl (-niiiilruit dans le j)arliMTc
|)ii jinliii (lu {'.liais- l(ii\al'i.
I ne pièce de \eis. iclalive .ui même sujet, ru.iis (l.ih'-i- (!.■ id.-ii, cl cotiser-
>ee à la Hibliolhètpie nationale'', est pailiiiilici cniciil iuh'rcssimlc eu v^' ipTelle
1. \|-' i>i MiiiTiMi.it:. Vr;ii.iirc«.
ï. \ «iikIIi- iliilo iiil liiii iv.K trmciil ri'llc pclllc fiMc mililfliio.^ IM-ce le ilt jiiiivior ifi.'io. coinnic
Ir <lil l.orrl ilnii* v\ \lii»r /iiWi)ri</iir :' Il (iiiivii'iil <lo irmim|ii<T (iu'à ic iiioinciil on dcvall t-lic
iH. 11(1.; nu l'.il.il«-ll(i>nl .1 liiiil (iiilrc cliiHf i|irii iIim ivi.ni.miiv. ilc ce j.'ii"»'. |)nis(|vic Ini reslnlion des
ptiiiii-» ptit liiMi II- m j(iii\icT ill.'io. y.tUr plilt.M en rli.".!, c.imiiie le ilil In desi lipllon en vers que je
repriHliii« Irl .'
3. I.iib»:t, Wiuc liiilnrùiiir, I. I". p. ij- i.'t, jiin\ier ifi.lo.
i Dapreo celle pif.e, •m peiil Mip|M>MT que le forl, grasv par Sil^e^lre en it'i.'io. ne servit (jue
i|iii|i|ui-^ moi* pliH liiid mit ji'iiv du ri>i.
t N r iiirr \riii\ l^n^vl.t^ lu.i
nous doiiiH' les iioiii'^ (les jeunes ;;tiis el des ciilaiils cjiii compusaiciil celle
coini)a;.''iiie (lliuiMieiir du pelil lui :
Jr Mi\ (ir-jà iiiairlicr en tc>lc
In rexilu petit u Monsieur d,
("est le plus petit de la Keste,
Mais c'est l)icn le plus firand de ririir.
(Vcst le i)ctil Monsieur (r\MJoti.
(hii me doit un petit bijou;
S'il est tel en faits qu'en paroles,
Je seray le \{o\ du Pérou.
C'est le Pérou cpic dix pisloles
A des gens cpii n'ont i)as le sou.
Puis \ieiil la doscri|)li()ii du corlè^.^*, conduit pat- M. de ^ illcroy ru
pcrsouue :
Pour le rrouvorneiir di' la place,
C'est Monsieur de \ illerov,
Noble seifineur de noble race,
Très digne gouNerneurdu roy.
(lliariMi des jeun(>s preux a un cosluinc (•ara(l(''iisli(|ue, cl le nairateur
leur (liiiiiio des (pialil('s (pii lui l'duinissenl ses làuies :
\oicy belle troupjjc de princes,
Monseigneur de Cuise et d'KIbeuf...
\ous ne pouvez dedans 1,) \ille
Trouver un plus brave sergent
(hie Monseigneur le duc d'Anville
<hii vaiid un nuiid de bel argent,
Ny (juc le comte de Nogenl.
Trois fois plus docte (ju'un régent.
\rii\eiil alors les freiis d'aiines velus en \uiiiiiis : le pelil Saint - Ai;.Mi,iii.
le jeune l'.splandiau , el d'autres dunl le rinienr esliupie pailuis les noins. Il
en es| un (pii niauipie poinlani : c'esj celui de Ittienne li|s, ipii d'Iialiitnde
avait sa |)arl dan.s cc.s exercices :
Le généreux duc de Candale,
Landtert. Coiuiuinge et Hicliclieu.
Signerau, Koucaut el l,a Salle,
Vax .sont aussy, grAces à Dieu :
Langlé, Du Plessis et Cbauniont,
Maginin, Lognac et d'Obelerre.
\illarceau, Monloit el l)'(»r\al :
Ce sont gens qui vont à la guerre
Connue Apollon alloit au bal.
I2fi I,E PALAIS- no Y AI,
Ijiliii. on voit cil (iii.'ui- los seijriieurs plus mi moins coiiipalriolos du
iniiiisirc on cour :
A\ec le piincc de Taronle,
Jy vois Montijrni, Maïuini.
Magalali cl plus de Ironie
Dont lis noms linisscnl en i.
Le jouiii" Louis \1\ . ;i\aiil de fairo son appifiilissa^'c de la •tuerie, avec les
petits seigneurs de son cnldura^c avait eu. coiuiiie tous les enfants, des
miniatures de soldats en métal : ces jouets étaient inajiniii(|uos. Loiuénie de
Hrieimc. (|ui rommeiiçail alors son métier de rourlisan, dévalisait pour son
petit maille les mafjrasins du l'auicux ilohcrdel. (.iIcm-c alors si rc-puh' (\uo ces
mots <• façon Roheidcl >i s,- icncontieut durant un demi-sièele dans luuubre
d'/niTfi (aires'. Aune d' Viiiiiclie donna ainsi à son Mis un petit canon en or et
des soldats ([ue le célèbre Merlin l'oudit et cisela sur les modèles du S(iil|)t(Mir
Jules (ihasseh.
r/cst avec ce genre île l'êtes cl «rexorcices que Mazarin se l)orna à instruire
le roi. Parfois aussi il le conduisait lui-même à la chasse, où reuraut faisait
«léjà merveille. Les gazettes du temps sont remplies de ses prouesses, et son
courage, son adresse étaient excités par la présence du cardinal. La chasse
à courre du cerf, du daim et du sanglier, à Koiitainehli'au, était accompagnée
lie la (liasse ii tir. ou Louis \l\ ne se montrait pas moins adroit :
Dinianclic, le roy bien nionlc
llovint en la prande cité
.\vcc la romaine Kininence.
Louis, lecjuel tire à nRT\eille,
Envoya du plomb aux oreilles
De cent cincpianle-six lapins;
D'un fusil au bout de ses mains,
11 abasourdit trente lièvres •''...
'•n iir;;aiiis;nl même des cli.'isses eu miiiialure jusipie dans le jaiiiin ilu
Palais Hii\;il, aiii-i i|u'iii ti'mnignc le nVil l'ail |iuur celle i|iii eut lieu le
juiir de la Saint lluheil, le 'i novembre i(3'|i), et »pn a été publié sous ce
litre : /.ts ptirliruUiritis île ta i/iassr roi/nlr, faite par Sa Ma/cslè le Jour
de Saint Hnliert et île Saint lùistiu he. fiatroiis îles c/iasseiirs, aeconipagnês
de plusieurs seigneurs île nia/f/ue de lu Cmir. (;«• jour- là on (niirut le
lièvre, puis ini «-erf fut l.iiic('\ et même un sanglier forci'-. Pour liiiii . 11 \ ciil
ib.il l'iilir im lanii'aii <•! des chiens. Le > iiani|i clds de celle liitir lui
un (
I. Ilrnr> H«v«ni>, Htttnirr df l'Orfriirrrif, p. \o-].
1. On iir |Niwic<ln nucuii reiiM-lKHvnifiit »ur ccl iirlisir.
■\. I.ii Miitf rurale.
t N I-: iiDic \ rioN iici'v \ i.i;
tliH'ssé iui|)ir!> (liiiii' (k's coui-i liilt'rali's, siii- riiiiplact'iiiciil d une do ain itinies
Idiirs (le rinMcl d' Vii^M'imcs. Ma/aiiii suivit la cliasso il clii'val. a\aiil dc\aiil
lui le petit duc d Anjou ([u'il lit ainsi ti<itter par tout le parc.
Le roi apprenait en nn'ine tein|>s à nioider à clieval, et nous savons par
certaine épître de Scarron (pic sa jeune uiajcsti' ne l'ut pas c\eiuplée tic cette
expérience iudispensaMe à tout lion
ea\alier, et ipii consiste à être jett' par-
terre au moins une l'ois, (^l'iait dans les
nianè'jres alors ii la mode de Mémont, \t-
noin ou Deleamp, (pi'il pienail ces leçons.
Loret dit dans sa ^'a/elle :
Pour aufrnienlcr du roi l'atliesse,
Le vieux ,\rnollini le dresse
Dans Bourbon, nianèjîe royal,
Kii l'art de monter à cheval.
Mazarin lui donnait le goiil des che-
vaux cl riialiituait ;i reehcrclier les races -^
les plus distinguées. Aubery raconte ipie
lorsque le roi était en convalescence de la
petite vérole, cpii l'altei^^nil le i i uo\em-
bre 1(547, "" désira passionnément xoir
le cheval anglois dont le cardinal .Mazarin
lui a voit fait présent, et qu'il fallut mon-
ter exprès à sa chambre". » Le jardin du l'alais-Uoyai lut aménajifé à souhait
jiour ces exercices. Devant les arcades à jour sur lesquelles la reine avait fait
placer le balcon doré, on établit la carrière oii Ion courait la bajrue: elle était
dissimulée jîar une haie de verdure assez haute. Sur les trois autres ct'iti-s du
jardin, le jeu de mail longeait les murs de cliMure. Enfin, le petit bois, tout
au fond, servait |)our les chasses enl'antincs.
La danse surtout n'était jjas négligée, et c'était une des distractions favorites
du piince, ipii excella tout de suite <lans cet exeicice. Lorel dit encore :
Notii" niiin;iiiiiii' lucnil la |i('ine
De danser Imis fois l.i semaine
Son baitel, f^i'on nomme en viii^M lieux
l,e ciiarmant paradis des veux.
Min que plus de mundr mim'
(le rare speclacle de jove.
I.RS A»ME^^ I>L IIUC ni: HICIIELIEL
l'tm ■ M-;\ ni' i»i cviii>n\i., et son Mi'niriEti
Louis \1\ n'avait pas encore <piinze ans cpic
I. .VuuKHY, llistiiire du atrdinal .\lii:iirin, l. l". p. ^t;;.
M.
(luisait
,.,S 1-E PALAIS-nOYAI.
lui-iiiCiiie lion seuleincnl à ces fêtes, à ces danses, à ces ballels, un le jeune
-arçon, dun li-iniKianu-nl ankiil et (ini avail drjà le -oùt de la femme, ne
ilL-\ail pas \uir sans énioliun
. . . briller ;nj\ cliandellcs
Des gorges passablenicnt belles,
mais il IV'ntraiiiait aussi à toutes sortes de spectacles, lui iinHiliail Scara-
mouche au cliàleau de \ iu( eimes, le conduisait lui-mrme à la toiri> :
>()liv iiiniiarque et IKininonce
Ont honoré de Iciu présence
Les ilanscurs tic corde... '.
Comment s't'-ttuuier qu'avec un pareil système d'éducation le jeune roi,
iiuand il ne jnuait pas et (pi'il passait ses journées livré à lui-même dans
son appaitfmt'iit du Palais- Koval, avec les feuunes de ehaïuhi-e. iaisanl la
dilVéïeuce tic l'ahandon dans lequel on le laissai! et de la ^-^arde nondjreuse
liuiil s'entourait Ma/arin — cpie pour cela il appelait aie (irand Tm-c » '. —
connuent s'éluuni r. dis-je, si, avec les dons réels (piil avait, sa jolie ligure,
sa grâce, son enjouement, son besoin d'expansion, sa virilité précoce, il fui
si vite evposé an\ accidents que nous fail entendre à demi-mots son \aiit
,U- rhainiir.- l.a Porte :
l.c roi avant illné «liez Son làninence et étant demeuré avec lui IMa/.arin]
ju.xpie >ers les sept heures du soir, il m'envoya dire «[u'il se voulail haififuer. Son
bain étant prêt, il aiii\a tout Iriste, cl j'en connus le sujet sans (pi'il fût nécessaire
qu'il nie le dil ; la chose élail si leiiihle, qu'elle me mil ilaiis la j)lus f,'iaii(lc p<'iiip
iiii j'aie jamais été, et je deineiii'ai lirui Jours à i)alaiicer; mais eonsidéraiil iju'il
\ allait tic mon lioiibeur el de ma conscience de ne pas |)i'éveiiir, par un averlisse-
iiiciil. de >ciuldal>lcs accidents, je la lui dis eiiliii. dont elle fui d'abord salisfaile. el
me dil ipic je ne lui iiv.ijs j:iuiai> rendu un >\ i^'i'aiid service; mais comme je ne
l'ii nonim.ii p;i- r.Mileuc de \:\ eiiosi , n'en a\aid |>as de cerlilude. cela fui cause
de lii.i |icile, coimni- je le dii'.ii en s<pn lieu'.
^^^^^;^^àr:c^jUt^ûr^^
( Signniurc ilf l.n l'urlr, vulrl ilc •■Iniintirf de l.miU \IV*.)
I. Sr»n«osi, 7" épllrc, p. .'ift.
». Mii.xKT, Inlrudiii-linii rrliilii>e à la $iiei'fii»iiin d'llfjmi\iif, (. 1". p. \i.i\.
3, \.\ l'iiiin. Mriiiiiirrt, l'iiii'«, 1711». p. ntx.
\ Olli' <ixii>il>irr ilr l.ii l'nrlr eil rrpr<Hliiili- il'iiprri lui iirle iioliirié itii ji février 1(170 <|iie j'iii
Iroiité cliri iiii cli-H iioliilrfH itr lu liiiiiillf il'l li Iriiiii. cl pur le<|ucl .. l'irrie de Lu l'orle. coiisi'iller ilii
lliM en «■« CKiiM'll», r> <lr«iiiil pn-iiiirr vnlel ilr l'Iiniiilin- île Sa Miiji-sl<'> o. domif à un reriniii lli'iiri île
llltriiidien. udiiviTiii-iir ili-n riliiililli-i ili- Marn-ille, In Miiiiiiie de ï'i.imio liviei pour se coii.-ljliier
l.jiH) llvrt-1 de rrnie.
l N r. i: u u c A T I ( ) \ u () ^ \ 1. 1;
I2(,
l'en (le lcm|is aprrs, k' roi (''(ail atloinl (l'iiiic « liiiiifui- si|iiiiicusL' au soin
droit fl (le dartivs par loiit le corps. Il en lui ^urn à Taidi' (riin cmplàln;
par son luédociii ^ allot »'. A (iiiiiizo ans, il ivcovail los premières leçons dr
lil)(Mliiiai.'c de M'" de Heaiivais. leniiiie de eliaiid)re (rAiiiie (rAulriclie, (pii
'l.iil \iiilli', laide, borgne et débauchée, mais (pii sut iiéauuioiiis soll'iir, par
surprise, dil-on, celle lleur royale \ Elle iTeii
cul (|ue plus de crédil à la (lour, malgré les
brocards qudii lit [ileuvoir sur elle:
Si la Beauvais b à cent ans,
l'oiiniuoi CCS jciincs clames,
IMciiios (le jeunesse et d'appas,
Pdiiniiini ces jeunes ilanics
No 1) -elles pas?
Miclielet-^— |tailaid de la vie (pie menait
Louis \IN au l'alais-i\oval — juge sévèrement
la conduite de Mazarin (pii dirig<'a si mal son
élève.
A>NK I) AfïIllCIlE
(D'.iprés VimiA de Pciiioi)
\(>iH amie/ <lt''ciiii\orl. dil il, dans i|ii(li|ni'
fialclas riu'i'iticr, le jeune maître, joli ^^ar(j'i)n. mal-
pi-i>pre cl mal pei;.'nc. vautré tout le jour mii- iim
lit dont les drap- passent ;i l'c'lal de <l(iilcllc. à (pini tra\aille de son mieux le
jeune sei;,^nenr. prenant i)laisii- ,"i ai^Mandir les trous. \ pa-sanl le pied ou la jand)e,
ou enfin .se levant le soir |)om- s'anmser à rpielipie farci' ofi il jouera Mas<'arille
ou Scapin. On lra\aillc. du icsic. à son cdiicalion. l'ithlialc le n'iralc de contes
|.'ias. cl. le Miir. l'iuli iHJaul. s'il ne lui l'ail courir les tille-, le lra\e>lil eu tille ct
le mruc je u'o>e dire où.
1,'lii-loiic de- draps Ironi'sdn roi csl liicn connue ct paraît incrovalilc laid
elle send)le imompalihic avec ce qu'on sait du lu\c de ec temps, de la poinpi"
evlérieure ipii rc'gnait malgré tout à la (lour. du liain de vie, en sonuiie,
(piini menait îi celte épocjuc au l'alais- Hoval. cl dont ccriaiiis comptes de
d('pcnses Unû loi'. Tons les Mr/noirrs de ri'pocpie rependanl parlent du
déinnuent dans leipiel Mazarin — dont la fortune personnelle ne cessait de
I. Cf. à ce sujet ri pour liiules les aventures .luioureuscs de I.duIn \I\ duiaiit eelte piriodo
le Ciiliinel sdTfl lie l'hixlnire, par le doeteur Caiiam':s (icS(|."i. in-iSi, p. i-ili.
■1. ('.(. Oirrrxponiliinre de MwUime, p. 'il'ir, Svim-Sivion. Mémoires, et ninnuscrils fran<;ais à In
l)il>liollir(|ue nationalL-, i-Jif)i-. p. \-x'i. el ijCnN. p. •.>'i|l- '•'> ''"e de M"" de Hciinvals épousa, plus
tiird, il quinze nii.s, le marquis de Hirlielicu, l'rèie du ilue <li' Kirliolicu. hi''iitirr du cardinal.
."J. Mii^iiKi.KT, llisliiire île l'riinre, t. Ml, p. .'di'i.
'i. CnnsulliT. par evenqtlc, les Cuiiipteit île iléiieiises ilex Hiiliiiienls ilii mi pour les années i(!|;i,
ifi.'i'i et ifi'i.'i. \nlii\c's naliiinali's, ()'* ^i.'iS;. Nojc/ aiis>i Vlilnt îles (lépeiisee (l'inné ilWiilriehe pour
le Val-de-(nàce. llililiotlii''ipic nationale. Maïuisciits. l'I'. mii'i.
T. I. ir. l'AI.AI>-IIOTlL.
l3o I E !• \I.A1S-1U)\ AL
s'accroître — laissait la fainilK' loyale. Les tômoigiiagos al)oiKlent. Je iieu
citerai ([iie deuv, mais parlitiilièroiiieiit dignes de foi :
L'avarice du canlinal, dit M"" île Mulleville, était telle ([ue la reine navail
pas d'arj^eiit; toute la dépense de sa maison se Taisait par ordre de Colhert,
créature du cardinal, (jui épar^mait sur tonte ciiose'.
l)ans mi des curieux agendas où Mazariii écrivait au jour le jour ses im-
pressions et ses pensées les plus intimes, dans le langage semi-italien, semi-
français qui lui était spécial, on lit, à la date de idjo, les lignes suivantes:
La HcNue pont tlirc en diseonr à S. A. FI. |le iliic (rOiiéiuis. omlc de
Louis \IV] (pielie ua pas trop songé à ses alTaires, veu cpie 8 mis de rcgenze
»ont en pire estât que n'esto\ent devaid. Klle n'a pas auiuenl(' il'iiii sol de
revenue; elle doit 200,000 escus plu- (pir ne drxovl; dlr n'a l'a\l atTairc
cvlraordinaire pour lui snl ; s;i nia\>nn. depuis .'i ans, tia pas en le tiers de ce
qu'on est accousluim'' lui dunner: Inu-i ses servileurs se plax^iieril a\ec raison
tle niorir de fayni, ce «pie n'a |)as euipèclié. dans le inesnie lernps, (pi'elle na\e
\olu faNi'e <les gratiticazions, cl en duns d'ar^'-ent coinplanl. en revenus el |);u'
ilanires inoNcns. à S. A. \\.. el nidountM' (pie >a nia\MMi auuienla de .'ido.ooo livres
fort ponluelleinenl pa\é^
Lu i()'|(i, lexistence domesli(pie au Palais- Uoyal t'"lait i-éellenient fort
|)récaire, et la table l'Iail si mal servie (pie l'e'clio de cette misère l'ii allait jiis-
«ju'au dehors. Loret, dans im volume de trois ans antérieur à sa Muse liisto-
rlijur. nous donne la Hff/uestc ilcs scii^rwurs, d aines et (lemoiselles dit petit
cimelier de lu reine à monseigneur le cardinal; on y voit (judu mantpiait
de vin, (ju'on n'avait pas de serviette, el (pie les vivres étaient si peu abon-
dants que les convives se précipilaieid eu alVamés pour en avoir leur part :
N(jiis (lu petit ciiiieliir, laiil malles ([iic feiiicllcs,
Kscuyers, clicvaliers, dames et dcmoisetles,
N'avons le plus souvent, alors qu'il faut souper,
M cliaisc pour s'asseoir, ni couslcau pour couper.
Ilice niisirc nioiirlioir nous sert de serviette;
L'un n'a point de cucillcr, ni faulie de roiirclielle.
Al(jrs (piV)n nous présente un cliiipun, un iioulel.
L'un le prend par les pieds, l'autre par le colel,
Clia.scun dessus son corps exerce tirannie,
Li- tout siuis préférence et sans et-rénionic;
Kt r<jn diroit de nous, en celte extréniilt!',
(.»uc nous n'avons jamais jeu la (•i>ilil(!'...
1^ Heync a rehaussé d'ini pain nnslic unlinaire...
Si nous avons du pain, nous n'avons pas de vin...
Ce bien coii>idi'Té, l'Iiiisc à son lùiiiiifitce,
<.>ui elle/, imstre iii.u'liessc a l;i >^ui iiili iid.iiice,
I M-' t>i: M.irrtvM.ii-, I. \l. p. (il..
» llilili<>nir<|iii- ii.iliMii.iJ.', M.iim^ril,. ImiiiiU |l,il(i/e. ii. i, p. ,,7.
IM; KDICVTION II (M M. F. 1 .'{ |
Nous ordonner du ^i^ par bonlô, |)nr pitit'-,
I\ir belle courtoisie ou par pure nuiilio...
Si nous en parlons bien, ipiand nous n'avons point bu,
l'sant par son moyen de ce charmant breuva;,'e,
Kt de bouche et de coMir, nous boirons sa sauté,
Après celle de l'une et l'autre niajesté.
Piiranl ces jours de iiiisî-ri', les réceptions sont rares au l'alais-Hoval et
il iï'\ est point question de iètes. Le baptême du jeune duc d'Anjou, retardé
J7 Fort RoyalJLi^^»^^
Jim\\^\i!nc (u|t(il)anti
LE PETIT FOnT CONSTBl IT E\ 1 fiôo n\\< LE ]\RDIN Dl PVLAIS- HOTAL
POLU LE JEL>E LOLIS ÏIV
indi'liniiiH'iil. \\\\\\ lieu (pic le ii mai iG'|S (il avait alors huit ans) dans
la cliaiiilli' (lu l'.il.il-^, rillc I li.ijicllc (|ii(' TAiiplais Evelyn nous décrit dans
son Juin nul. ()n y cnliail par une pculc iiliui'c ;iii niilicu de la ^ralerie des
lioiiiiiii'-; illii-ilii's :
|)ii Miilii'ii ilr la ;.'alcii('. un <'iilr(' ilaM> une Julie rlia|ielle, a\('c nn pa\t' om la^'i'
(le tonics Miile> de inarlires, (iiimnceii esl an>^i l'anlel el deux -laines du elii'\alier
I5ei'iiiii : une de >ainl Jean el l'anlic de la Sainte \iei''e'.
Nous a\(iiis, ponr celle i''p<i(|uc. un l!lat des j^af^es payés au personnel
ipii ^Midail le l'alais- Hoyal. Un ny tiouM- aucun des noms des ser%ilcnis
I. Knklyn, ,/oiir/i(i(. i8 no«eNit)ru lO'ii)-
l3îl I-E PAI. AIS-HOY \L
(lu <anliii;il de lUclifliiu. \y,\s int-iiK> cdui (le sou \al.l .Ir .liaiiilnc Dos
Boiiriiais, iju'il avait (Iciiiaiidi-. dans son Tostaiiii'iil. (|ii"nii iicininàl .i ((.iicii-rge
dans lo Palais-Cardinal». \ oici ce docninont :
Aiiin'c lij'i') :
\ i'ianvois Seiicschal. coiiciorge du l'ailais i\(.yal. pniir Mois (iiiailicrs
df ses ■;ai;.'Os 'i'"' Iim^'s.
A Fiaiiçois lliief, ayant la c-liar^' du iifltoyoïucnt des
fliambres cl soin des cM'/. dudil palhiis. |i(iiu- trois
(|uarlicrs de ses gaij^es 2a.>
A Maillet, ayant la charge et garde des salles et machines
dud. pallais, pour Irois quartiers de ses gaiges aaâ —
A Toussaint Duiuée. ))eiutrc, ayant la garde et entrele-
nernenl des [jcintures et dorures. p(un- trois (puntiers
de ses a|)poiiiteiuents '|JO —
A Jean (inctiii, pmtier des portes ties rues des Bons
Eniants et île hiehelieu, dud' Pallais Koyal, poiu- trois
(piarticrs de ses appoinlcnients i.Jo —
A Jean ^hlnsset, portier de la graiulc i)orte dud. Pallais
Royal, pour trois (piarticrs de ses appointements. ... i5o —
\ l'"raui.'ois Dcsnioulius, concierge des corps de garde
Irançois et suisses dud' pallais, pour Irois (piarliers de
SCS ajjpoirilciiK iiU i.">n —
\ Nicolas HiiuliroLii I. jardinier des jardins diid' |)allais
tant pour linis (piai'tiers de ses gaiges ([ne |icnir ICiiIre
lenemeul des dicts jardins fioo —
Siij/ir : l.iiirs cl (!mm'(;\ii>.
Les fêtes donni'es à rolfe (''po(|ii(^ à Christine de Su('d(>, ([ui visitait la
l'rancc, ne rni-eid giit-re hrillaides. dette pi-incesse ivgai'da sans nml dire' les
appar'tenients ipic lui nniutia \iirii' dAiitriciie, ses Haiiis, sim ()i:itiiire, ses
peintures, apprt'ciaid loid sans rien l'aire paraître, l'tonnant un peu par ses
hrnsqueries cette (iuiirde l''rainc (pii n"('lait point liahilui'e à des allures aussi
cavalières, l'illi' .dla au lln'.'ilrc, el ou l.i \il a\ec stup(''l'a(!itiu poser, nue t'ois
assise, ses pieds sm- la haluslrade de la galerie (pu ('tait dev.nil rlle. di'CdU-
vrant ainsi, dit la chiniiiipie, au publie place' eu conlie-lM^, la uuditi' de
ses dessous. Mlle -e luoipiait des dames de la Cour (pii ui.iniaieut a\ec des
ffrAces niignariles leurs é\entails à lespaguole. — u l'ouripioi des ('veutails.''»
dit-elle: K [.es feuimes de ce pays-ci snul assez. ('veut('es sans cela. » On la vil
pailir sjms regrrt.
Le Fronde allait ('ilaler. l'ij.i. daii> If |ieuple, <>ti ne se gênait pa>^ pour
I M-' i.i MuTTKVli.i.K, ilfr/iiiiirri.
t"NF. i:nt'f: \ iihn u.n \ i |-
:\:\
ASSE IIAUTHICIIB a CIIC.XWTE AS»
(Gravure de Nanteuil, d'après le portrjjt peiiK pir Mi^iurJ)
lil.'iisatilt'i' cl <li;iris(
; CN iilc|iii'
sur l:i I
(les s.ilirv
M jDiir,
iiiiici' M,i/;iriii. ()ii s'en pini.iil ;i l;i iciin' clK'-iiiriin', cl d.iiis
-, i>ii |).irl;iil I )ii\crlciiiciil i\r --es jimiiiirs .ivcc le iiiiiiislcc.
\nrr \<ilrc |);iiiic, uii \imc irViilriclic a\;iil rmiliiiiu' de
1.3 I M' P AI. KI?-ROV\L
><• ifiidiT liiu«i lf^ liiiiili- [tiiur ciilriiiliv la int'ssf, ilos lillrs lui ciit-iviit ; "A
N.i|ilc^! " < )n ihaiilait ~iii' lair : Ali! ffite j'dimf ma ber<;i-re ! dos vois «sur
I ainilit' t|Ui' la iviiir puiU- à Ma/ai in ". l ii tio tt ^ HIr-IIos ilisail ' •
Pour iiioy jf suis sans cliugrin
Conlri' Julie» Mazariii :
C'est un élrant^er
Oui >eul se \en{.'er.
Je purdunne à sa liaiiie :
Mais je Nuudrais bien étrangler
Notre |) lie revne, o yuay!
>ulre, etc.
Dos l'yôiu'iiiciil-- dont le Palais- Koyal fui ali>i-s lo lln'àlio, fi i|u"ou lit)u\ora
dans ii'iiii|)<irlo (|uil li\ic d lii^luin'. il ii y a pas lieu de |iail('r ici. i)\\ so
nippollo los ôpisodos do oollo Irislo t'-itoiiuo, rarrostatioii di' Uruussol ol do
SOS o()llt';^uos du l'arlomoiil (■.«(! août i(>'|S), la di'iuanlio l'ailo lo loiidoiiiaiii
au Palai^-Uosal |iinir los ili'diMoi-, ol la I('|M)U<5o do la roiiio i|ui. mii.uiI de
pi'iMidi'o M>ii c.iiiiiMix ii'|ias iU' midi, s/'oria, iiiuf.'o, oiupurlt-o, a\oc îles
;;o»los di' l'uiio : i. .Ir los l'cudi'ai. uiais mii>i-|s,» ol so l'oliia dans sa oliaiuliro
grise, ou faisaiil <-|aipii'i' l,i pmli'. \ p.ulir de o- MKMucid i-l poiidani los
iiou\ auin'os ipii suiM-iil. du m- ic^piir plus (pi'odcui' Ai- j.nii'iic oivilf dans
la iiiaisoii jadis si paisiido liàlic p.ir Uii licliou. I,i' i •• siptcndui- i(i'|S. la
n-iiii' l'iuuit-iio SOS lils il Saint -( iciiuaiu, sous lo pi-t'lt-xtc ipic li- Jouim' duo
d'Anjou a la politi' M-roIo ol ipi il lui tant oiiaii;j:<'r d'air. Kilo n\ioid ;i la
lin (r<iol«)l»ro. mais lo pciiplo ^'londo ol Paris no somlilo pas sur. \u Palai--
ll)i>al, liiiit l<- inoiido oiiusoillr la l'iiili-, Ma/aiiii ipii Iromhlo ol |H'io, (îasldu
irnili-ans. riinclf du mi. ipii csl Idrmc dr piui . iit-mirtlo d' Anj:lolorio ipii
a Ml ,'i l.iindirs une r(''\iiluti<in rcumuriioor oummc l'ollo-i.'i ol oxoipic di'xaiil
lo oariliiial li- doslin do Slrall'oid. I.o di-pail lui dooido. Dans la iiiiil du ■'> au
li jiiii\ior i')'i<). il oiiu| liouios du m.diu. \mi<' d' Vulrirlic s°i'\ada, o ist lo seul
iiiiil ipii oniivicnt ipiaiid un lit !•' ri'< il iji- M di' M<>ll<'\ill(' :
|.i"> |i<iilr- ilu l'al.ii» Itiiyal se rernirn-iit aM-i- «'nnMii.UMii-nii'iit tic ne le- pln-
niivrir : la reitir t rele\a; lo inaii'-cliai de Nilli-iny, à qui lui dniina onniKiissanoo
de ortie ri'«nliili<iii ipiaiid il fut iiidi«pen«alilc qu'il la sût. laissa tlnriiiir lo roi
juMpTù lnii<> lieiiri'H ilii tniilin. puis le lit le\er. lui et Stmisiriir. pour les faire inonlri'
liant le ('arrn>tiie ipii le« alleiidoil ù la porto du jardin du Palais Itoyal. I..1 reine
M' Jui;riiil nii mi •■! ù Mon>>ifiir : w* Iroi» |M'rMiiiiu's royales furenl suivies du
inarériiiil de Villeroy. de \ illeqiiier et de (iiiilaiil. rapilaine des ^'ardes de Leurs
Miiji-^lé* ; lie (ioinilice*, lieiileiiiuil des ^Mil'iles de la reine, et de M" de lleau\ais.
sa pn-iiiivrc friiiiiir ilr clinndire. lU deseeiidirenl par un |H-tit escalier iléroln' qui
I Chanmn alIrIbiliV i, |ll<.l |llt>ll.i|>i<i|ii>- luilloinli- ll<su>ll ,{,• \taiirr|M«. t Wll I i>i.
1)1 <; \TioN iim \ i.K
i35
(le r;i|)p;nlci!U'iil dr la iciiic allnil daii'^ Ir jardin, cl. sorlaid par celle pclile ])i)rlL'
(jiii C--I pal' delà le imid d'eau', iik iiilcrciil daii- les cai-|-(>sses ipii les alleiidniciil . La
roiiio étaiil au Cours, (jui cloil le lieu du reudo/.- \ nus. >'\ air-èla pour allcndrc ipii>
le (lue d'Orléans. a\ee loulc la uiaisou royale, lui \cimi la joindre. Ma/aiin -c mil
dans uu earrosse à .six chc-
\au\ et s"eii alla Iroiner
la reiMc, cpii raKciiiloil. l,c
duc d'Orléans, ((ui a\(til
.soupe chez le maréchal
(le (JraininonI, élard arri\é
au Lu\end)oui'ff, lit éveil
1er Madame, (pu se leva
toute lroid)lée : illil aussi
lever ses fdics, cl tonlcs
ensemble s'en allt'rcnl oi'i
la reine les altcndoil. Ma-
(lenu)iselle, fille ainée du
duc d'Orléans, (pii avoil
été avertie par la iciiie
même, alla se joindre,
selon l'ordre (picdlc en
avoit ret'U. a\ ce la l'amillc
royale. Le prince dcdondé
en fil autant dans sa mai 1^*^^^
sou; la ])rincessc sa mère
prit la princesse sa belle-
fille et le petit duc d'Kn
glîien son pelil tils, cncoir
au maillot, et \inl de
même j,'L'Ossii' la lrou])C du
Cours. Le prince de Conly
fut aussi de la i)ai'tie. et
t(jule la maison rovale élaid assemhli'c.
en Lave.
MMti.lCIIOi; IlE l.OllUAINL', HKMME UE <! VKTOX D'oULËWS
(Grjvurc a.- S. A. Bjlswen, Jjpris le por.rait pcim p.ir V.m Dycli)
lie piil le chemin de Saint-Cermain
Ce ne fui encore (ju'iin fau\ départ, car la Cour rtîviiil hiciitùt au Palais-
l\oyal cjuand rarni('e de (laslou d'I^rléaus et de Coude lui ont préparé une
reidr('e tri(iniplial<'.
Il \ eut encore (luelqucs jours de calme — calme iulerinilloul — pendaid
Icxjiicis eurent lieu diverses réjouissances au palais et les exercices doul jai
parlé [dus liaiil. dcslinés par Mazarin ;i anuiscr son royal élè\c, la |)iisc du
fort, la (liasse dans le jardin, la liiillaiile i<'pr<'senlalii iii au llu'.'ilic d'un
I. I.ii i>i>i(f (lipiiiiaiil ~iii l.i 1 Uf (lo l'ilil>-(;iiaiii|>.-^.
,36 '-<• i'\i. Ms-nov u,
liuUet des ÉUincnts. clans k-quol k' juuml' roi et sua IVÎro a\aiL'nt uii lùlo.
EvL'lyn on parle dans son Jintrnal :
L't'k'iiniit ilii lin l'Inil adniiiiilili' : puis Ion vil \c'mii> (Icscriidiv di's iiuay:es, et
la t-niuliisitm lui k- siK-clacli' ilu ciel, où Ions ees divers peisoniiai;es se Iranspor
tèrenl. Mais ee cpii laisoil la gloire el le niérik de cet opéra, cétoieni les aeleurs
qui néloienl rien moins «pie le roi de France, son frère le duc d'Anjou el tous
les t:rands île la (lour. Le roi .sac(inittoil de son rôle à laduiiration de Ions. La
musique eonsisloil en vingt-neuf \iu|()iis, \èlus à lanliipie; mais ks lialiils des
princes cl sci;;neurs ipii y juuoieni (.'li>ii'til d'une l'ichesse et d'une splendeur
ailniirahles '.
Km'Ivii donne comme date à cette représenlalitui If ii mai idru. lue
trampiillili' rrlatisc ri';.'nait ii laticim-. l/arrcslaliori des princes un an a\ant.
le i() jaii\iei- id.'io, coup de surprise accompli dans la galerk du l'alais-Uoyal
préeéilant la salle du (ionseil, avait marqué le second ado de la Fmnde
et rassuré la (lonr. Mais le n pil fui de cuoitc dnii'e. Ma/ariti du! (piillcr la
France, laissant la famille loyale sons la ^^ucle île (iaslwn ir()il('ans. C;"est
alors <pie se passa l'incidenl de Louis \1\ (pie le piiiplr ;ill,i Miji- dormir
ilaiis sa i-liaiulirc. Il a été coulé en di'lail par M" ilc Mm||,\ llli'. l ne lunicnr
montait menaçante sous les fenêtres ilu palais. Anne d'Autriciie, déjii concliée.
se Irve, fait donliler les f.'ariles ;i toutes les portes, puis dédaïc (pi'ellc n'a
nidie i-UNii- de partir ii Saint-liermain. (pic le roi doit d'un piMl'und soiimucII.
Les énieutiers ne se tifinirnl pa> poin- salisl'ails :
lU |-é|>iin(lir(-nt (pi'ils vindiiicnl eux niéuics \i>ir le roi. Il \ en cul dnuc (pii
i-iilrèri-nl jii>ipi<- dans le Palais Houd. criant (pi'on Iciii michiIi.'iI le mi. cl ipi'ils
le \ouliiienl Miir. La reine, le sacliani, counnanda aussitôt (pr<iu iiinril Imiles les
|Ntrle.4, el ipi Un les uienAl dans la cliainlire du mi. ItaNis de celle francliise. ils
M- mirent tous ,iu|>i'ès du lil du mi. dnul nu ;i\iiil iiiixerl je- liileaiix; el reprenant
idi>r<« un esprit d'anioui. lui <l ii'.cid mille l)i''u<'ilii lious. Ils le i c^.'ardèrenl
liiii^'letupt donuir el ne pnuMiieul ■,\--v/ laduiirei . (lelle \ ue leiu diiiina du icspect
pour lui .
lue pareille «.cène n't'-tail pas f.iile poin- rassurei Vinic d'Vuliiclic. Flic
partit de nou\ean à Saint-(ù-riuain. avec ses enfaids. eu seplendue iCi.ii. el
ne riMilni ii l'mis (pie le 1 1 oclolire itJô-j. (lelle fois. ( c ne lui pas pour
•t'inslaller au Palais Itoxal. File en avait assez decid.'iinnt (!.• nlle demeure.
plus agréaltle sans doute que le I \re. mais que de loMs c.Mis |;i l'diile
|Niii\ail trop racileiiieiil envidiir. La reine se resnlul ii domiei .m l'.dais une
«li-Hlinalion nouvelle.
iir»Mi/.
o
s.
m
S'
o
^
1^
B
tn
^
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■O
VIGNETTE COMl'OÎSKE P lU i:il. I.EIIUIN, (;HVVI.IIE HE s. I,E CLEUC
CHAPITRE IV
LI:: SEJOLIl DE LA WlAW. IIKNUIKTTK DANCLKTF.IUU-
LK PAL VIS niilUN
id.'ja- I (i(in
lleiiriilk' tl'An^'^leUiTO au Palais-Uoyal. La iiiiMro île la reine. — Dolabrcmcnl du monumciil. — I.o l'nlais-
liriiMi Uoiiiaii ijrs prcmièies amours de l.diiis XI\ . — Les aooiicheiiii'iils claiidi'sliiis do M"" de La
Nallière. — Rôle de Colbert en celle circonslance. — L'AïadéMiie des lteau\-.\rls iiislallre au l'alai>-Hrion.
La première exposition de tableaux.
i; Ifoitvaiil l)iiis(|ii('iiiciil aliaiidoiiiK' par la Cour, le l'alais-
IlovaL à partir de i().")2 jiiscpi'à LaiiiK'c iCiCio. lut ;i peu
près désert. (Tesl la période la muins lnillaiile de i'iiistoire
(le ce monument. En s'instailaiil au I.(iu\re. loixpi'elle
rentra à Paris, Anne d" Viiirirlic \ prit la place de sa helle-
sieur, Henriette dWii^Klenr, ipii \ ('lait assez trisleiiieut
logée et qu'elle envoya iireudre r('>sideiiii' dans la dciiu'itie
il la(|iielle elle-iiièuie renonçait conniu' noIlVaiil point assez de sécurité pour
le roi. Ce lui un cliassi'-eroisé. Depuis iti'i'i. éloi^iu'e de Londres par la
révolution ijui dexail coûter la vie à Charles I", son mari, la reine Henriette
d'An"lelerre vivait à la Cour de France, d'abord niaj.niili(iuemenl traitée, puis
peu à peu laissée dans le plus pauvre isolement. Le cardinal de Uetz a raconté
dans ses Mémoires ce fait, si souvent cité, ipielle inaïupiail il.' <pioi s.' faire du
l'eu dans ses appartements en iti'i"):
r.iiHi ou six Joins axant que le loi sortit de Paris, Jallois elicz la reine
dAii'jlelcric, que Je Irouvois dans la clianil.re de Mademoiselle sa lillc qui
|8
T. I. LE l'.VLAlS-UOÏ.M..
l38 1-E PALAIS-UO\AL
a été depuis Madaïue d'Orléans. Elle me dit d'abord: «Vous voyez! je \iiMis loiiir
coinpa},Miie à llenrit-Ue : la pauvri- ttiiaiit n'a ])u se lever aujourd'hui, liiiilc de
feu. I) J'cxa<.'érai encore cet ai)andonncment. et le {iouvernenicnl envoya /io,ooo livres
à la reine d'Anirleterre. La poslérilé aura peine à croire (lu'une reine, rdle de
Henri le Grand, ait manqué dun fagot pour .se lever au mois de janvier, dans
le Louvre et sous les yeu\ d'une Cour de France'.
C'était pendant les années de si grande pénurie, où l'on ne pavait pas
même les gages dos serviteurs du roi. Toutefois, sans méconnaître la réalité
de cette détresse en ce qui concerne Henriette d'Angleterre, il l'aul si' diic
que ce moment si pénible no fut (pio passager, et qu'on aurait lurl don
conclin'c, comme \oltairo, (|uc la reine était absolument laissée dans la
misère. Ma/arin lui faisait luie |)onsion de '|0,ooo livres par mois, et dans
son agenda secret, à la date do i(i'i(t, on trouve cotte note' :
(Jeiilu mHu lire (illa rcyina d'iinjhillcrnt, c J'urlu jinijarc dcllc '/o /nild //;<• // incsc
[Htnludlinenlc.
^l>il,■| pour coiiv (pii no se ((nilontonl jias dos légendes dinil un llciiril
si volontiers riiisluiro, ot (|ui rocliorclioni avant tout ia virile''. La vouvo
de Charles 1" ne mena d'ailleurs pas grand train au Palais Iviival. Tout
entière à sa douleur, indill'éronlc désormais au monde, fuvant les fèlos.
enfoncée dans la religion, elle ne se souciait guère de co cpio l'aisaienl les
gens de sa suite, i)armi los(|uels il v avait beaucoup d'Anglais, tpii mirent
sa maison au pillage. Les chronicpies du tonqis sont vides do détails sur la
vie ipi' lenjiil ainrs dans le palais. On no sail ((nnnicnt Ih inielle d" \nglo-
lerre y passa son existence, ni on (piollo [)arlio elle' l'i\a son habitalion.
Sans «loule, elle dut loprondre l'apparlomonl d \inii' (r\nlri(ho, (pii était
le plus commorle et bien aménagé. Le reste i'ul ,ili;nHlMinH'' ;i ses servileins,
«•I peut -être aussi v laissa-t-on loger certains « olliciors » do la maison du roi,
pniM niiliseï' ces vastes locaux (|uo le dt'méiiagomcnt précipilt' de la (lour
axait dégarnis. ()\u<\ cpTil en soit, il os! ceil.iiM que. durant les rapides anni-es
du séjour lie la nitie d' Vngloterro. le Palais- Uoval lui endonunagé. nullement
onirelemi. .j qu.' |<,ul v srnlail à eello époipie ia .h'solaliou et la ruine.
On a lin a]ii'ri;ii de l'.'lal dans li'qnel il puiivail èliv par le rivil de deux ll.)||aii-
dais qui \i.\ageaienl alors en l-'iance ol qui. ;i la d.ile du 17 l/viier ifi.i;.
écrivent ce ipii suit dans leur Jounidl :
Le 17 fi-Mifi, III. Ils liisiiirs voir le Palais Canliii.il iiuHii iiniiiine ."1 |iri's,ii|
le l'aJuii. Hi.vaJ... La ivj 1 \ii;:lelei le v deiiieme avei (mil Iiaiii. ipii .1 lail un
I. 1/<^/n'<jrr< ilii Ciinliii.il m. Ili.i/, I. |'. p. i ',,,.
I. llllillMni<'i|iic iiiiliotiiilf, fiiiiili^ Itiilii/i-. ir N. |>. 7',.
l'UlllIlill Ht I.A llLl.VL lILMULliL ll'AM.I.tVblUlt
U'april un ponrail de Van Dyck
(BiWiolhciiue luiioiialc, Cabincl dts EsianiptJ, Colkciion llcniiiii)
i',o it: iv\i. ms-rot vl
l'oit ilé{,'asl 011 la iloniro et au\ rclii-ls de Imites les ehambres el de ecllc raiiiensc
jralerle oii les {rrands lionmies de France et leurs belles aelioiis muiI repivseiilées
avee leurs devises el leurs hiérojrliplilfpies; e'est une pilié de voir que pour avoir
(piehjues sols, ils ayent enlevé des pièces qui ont coulé de bonnes sommes... Leur
avidité et leur avarice les ont poussés à nu Ici puiiil (pic ne se ((Jiilciiliiiil pus
de ce qu'ils eulevoient les dorures relevées en busse, ils oui cassé les \ilrcs pour
avoir le plomb'.
l,c j.udiii a\ait liMijnurs son mail, ialléc p(^Mr counc la l)ajiue, avec sa
iloiibic baie verte devenue de plus en pins liaulc, el les deux bassins où l'eau
ciiiislaiiimeiil jaillissanle dniiiiail de la iiinciitiir aux pronieiuMirs (pii ne
se l'aisaienl point l'aille d'\ \ciiir. Nus deuv Ibillninlais lacnnlciil le S|H'claclo
(pi'ils \ viieiil le ■>.- mai de celle même amn'e ili^y :
(.ioiunie il étoil encore de bonne liemc, imhis l'u-nies au Palais l^ival. où nous
V ismes nue as>e/ iolie citasse dans l'cju. d'im liarliel ipii {ii>ursiii\ dit im canard.
Mlle dura près d'ime liemr cl Ml ipie c<' j^iaiid niiid ilii bassin se bordii de loules
parU de niondi', ipii Miiiloil iiMiir sa i)ail du speclacle el du (li\ cil is--emenl.
Le iiièine lablean se nnoiivela mie aiilre l'nis: mais, en vi'iili'-, K' diverlis-
seinenl manipie de piquant el ne |)i(iu\e ipi une elinsc, c'esl (pi'à crlle ('pocjuo
la bailaiiderie parisienne s'anmsail di' !<>iil. aussi bien (|ii an ji niiil lini.
La salle du liiéàlre était plus déseilc eiu nie cpic le palais. Plus de fêles,
plus de balb-ls. (i'esj à peine si de leinp^ ]\ anin' un \ enlend (piebpies con-
certs avec 1. llK'cirbes. Iiillis. \i<i|rs, \oi\ », comme dil Loicl. l'endanl di'iiv
saisons, en \i.\'û\ el iliôli, une enireprise pari iculière lui aiil(iri^(''e à \ (Imiiiu'i-
des représeiilalions. Un pavait Irenle sols par place.
...( tlilif.'(Mmiiii'iil on les iliiiuic
l'uni Innlc Mils eliacinc pcr.-onneî.
l.,08 evéciilanls se paila-.'aiml les Imik lices. Cela ireiil pa- de snile\ Ce
n'est (pii> le M jan\ici i(i(ii ipic Mulièrc, mis par le roi en possession du
llié-àlre, lui domnia la \ ic .1 l'cilal auvipiels il dni sa i.doire.
Le jeune n.i | is \|\ \ciiail imicoiv pailuis an l'alai^- Ui i\ al \isilcr sa
litlde el sa C(>u-.ine llenrielle- \nne. Il donna iiièine dans le jardin, en id.Mi,
une série de luillauls carrousels. Mais c'esl dans celle depeiidamc du palais
(in'on avait noiiimé' liin;,deiups " l'Iic'.ld ,[<• Ui( licjii'ii „ ipiil se reiidil priiici-
paleinent et oii sa roiuain-sipii' avenlnre -.wrv M de La \ allièrc lil à celle
époque jaser loiile \iv Cour. On se lapp.lle ce ipii ;i e|e >|i| p|ii> lianl de
I. I)K Vit.i.iKii», Vuynijr it Pari», ilitîi.
■>. l.iiHKr, Miiif hitlnriiiiii; t. Il, p. iti.1.
3. Kilt RMiKN, /.«• l'nliiu-Hiiyal W tri envinmi, p. i.J.
i,E sr.jov» nE i.A ukim: iiKMtiiir ti; n \n(;i,i:teuui-;
l'H
i\IM- JEAX DANS I.E DKSEIIT, Plll I.. i:h1I1m:|IE
(Tlblcau <lill faiwil pjrlic Je la Galerie du Palais- Royal)
rii('>lrl (le lUcliclicii, (Idiil iiiic fj:;ilcri(' sciilt'inciil ii\ail l'Iô bàlic, I,i(|iu'll(' rcslail
iiiriiir sans ('iii|ili)i l<ns(|iii' li's (liirlLMii-s de la Soi-lxmiic, à la suite de leur
ariaii;:ciiiciil a\rc la (liiclicssc il' MuniH' ni , en ciili'xri'.'iil la liliiliut iir(|iic
«jux a\ail ii'iiiiir \r ranliiial. ('.elle paierie, aiii-i (|iii' Ir ci iiisl.ilciil li'S (oxlos
aiilln'nli(|iics (iiic j'ai cilt'S ^^«>y. p. 19.0), fut aciu'it'r par lo roi en iGCo seii-
icMU'iil. Ci'|ii-M(laiil, tous les auteurs de l'épocpie et les historiens venus à la
suite tlisfiil (|ii'illr ;i\;iit été eédée vers ifi."),") par Annr (rVuliiclic ^ an due de
Daiiiville. autrefois ap|)elé Hrion»'. Y a-t-il là erreur de date ou confusion?
\i\m' d'Aulrielie, eu elVet, ne jiul pas eéder à Daniville eu i()55 ce cpii ne
fui a(t|ui-^ ipiCu ililio. Daulre pail, la Gdzctlc de Loict [)récise fornielleuieut
que dans ectle lialiilaliou, le i5 mai iGÔô, le duc de Daniville reçut le roi, le
cai'diual Ma/ariu, toute la Cour, et que îles fêles furent alors doiniées au Piihiis-
liriiiii, aiii-i que tlijii ou la dt'-si^uc. l'jilre de li'lie^ atlirrnalious i-l lauloiilé
d'un doeiuueul aussi <at(''^'^oii(pie (pie l'arrêt ro\al de ititio, (pie conclure?
Faut-il cioire (pi" \nue (l'Autriche avait disposé de lliôlel en l'aveiu- du duc
di' Daiiixilli' sans eu avoir le droit et sans savoir (pic le cardinal de IWciiclicu
eu a%ail fait la réserve pour ses héritiers!' Kùt-ce le motif (pii dclermiiia si
rapidcmeiil le ^'ouvernemeul, au luomeul delà vente de l'InMel, eu ititio, aux
trois associés Ay l.i'spine, Hoilcan cl de f'Iaconrl, ;i sidiroi^cr le roi à ceux-ci?
D'un autre c(Mé, esl-il aduiissihle (pie les créanciers du cardinal, (pii surent
iiicn ohli^^fcr le jeune duc de Iliclielieu à vendre cet IkMcI, auraicnl accepté
sans proleslcr de le voir- allrihiier par \iiiie (rVuliiciie à Daniville.' Il \ a
lii un point ohscur cl un pelil prohU'Uie compli(iué à iH'soudre. (Juoi (pi'il en
soit, il esl certain (pie c'esl hieu I'IkMcI Kichelieu (pi'ou appela le Paldis-lirion
il pailir de i(),")5. Les plans de l'aris, ci la ^laviire de .1. Maint, (pie nous
reproduisons, ne laissent aucun doule à cel ('^'ard. Celte dcrniî're esl iiililu-
li'-e : Vi-iir du Palais Pichtlifii ilit à /)/rsi'/i/ le Palais Hrion, du sieur Mercier
i-iinuiie il ileiHtil esire, estant atlieur. Illie iiou-< inonlie — -ce (jui esl iiilé-
l'essaiil — le |ir(ijcl (pi'aviiit cou(;u l'arehilccle cl ipii ni' lui pas e\(''cul(''. Mais
nous restons loujours dans ri;,rniuance sur ce i|iii' lui llialiilalioii (ju "y dut
auiénaf^er le duc de Daniville, car il n'est ipie Imp i''vl(leiil (pie ce n Csl pas
dans i'uuitpie ^'aleric de la hihliollhMpic (pi'il aurait pu se lo^^er et d(Uiuer
des fêles à la (lour. I*eut-êlre. aussi, celle hahilaliou compreiiail-elle le hàlimeiit
(pie, il;nis SOU 'j'eslamcnl. Ui( IhIIcii lic^ii^nc sous le nom de » ( !oiicier;.''erie ))
ou de (( Capitainerie », dans ie(piel le cardinal avait place' les objets d'art
lé;;ué» à sou h('rilier. Celle hvpolhJ-se me paraît la plu- plaii-ilile.
Lilissoiis lii, p<iiir l'iii-lanl, celte ipieslion à laquelle il nie |iaiail diilii lie
de floinicr 1 solulion ceilaine, cl arrivons ii l'épisode ilnnl le l'alais Hiioii
fut le llh'àlrc cl Louis \l\ le hc-ros. Il se Iroiive loni au lon^' laconlt' dans
une csprce de loniaii ipic l'aiileur un r, uiliiiqn ii ain - a ;;ravemeiil iiililiile :
Itislnire du Palais- l{ni/al {Vnr'xs, in-i-i de (|li p,|M(w ; i(i(i:, à iiidyi. .I ipii
rinula durant la liii du \\\i' sii-cle. Tous les princip.inv pei suniiaps de la ( iour
I. l'iiMMoi., lifArriiilinn liUloriiiiir tU l'uri». i-K, p. .lijN.
i.E sijoi 11 i)i: I. \ ui:im: iiemviktti: d \M;i.ETi;nr«E i '|3
s en icpassÎTcnl les cxcmiiliiiics. (|iii turent rc'iMipiiiiK'S en i(i<)'|. l/itiitciir. i|iii
iTol |);is Uussy-i\ai)uliii. Iiicii (|ii"mi ait iV'iini -on (riniv ii Vllistoire iuiiku-
reusf {/es Gaiilrs, «savait lR'aii(iiii|i de choses, et sur toutes rlioscs il savait
Pcîiil par Gucr
D*V1|> ET AllM.WI,
(Tableau de la Gnierio du PaUis - Rcy il)
pjf .\Us-Ji-l ft;c
(|uel(|ue cliose: mais, ne sarliaul pas tout. Il ajoiilail par forme île eouipen-
salion'.'i II parle toul il'ahonl de l'amoinvlle ilu roi pour Marie Maiicini. la
ui.^-,- ,1e Ma/ariu :
Sa prrtMJèrc ; iiclle. ilil il, lui pour Madeiiioi-clle Manehiiiy, l.ude. ^i()v>e
l)rlite. l'air d luic caliarellière. luai^ de res|iiil cim un aui.'-e, (pu laisoil ipi'ei
rcrilc'Milanl nu nuhliuil (piillr l'Injl laiile el l'on -'\ plai^oil v i il<inlier<. Comiueelli
aviiM'il le I'kin. il |)a--uil ^(uneril de iiiiiuir^ lieure-. el souveul M de \ enel le:
suipicuoil eotnnie iU >'a ppii'>l(iii>nt à ;^(iu-ler de -lauiN plaisir-, inai^ il l'aul dire
I. I.'>iiilc iii I.MiDiiDi.. /.(' faillis -MiKiiriix. iiok' l'i!. p. rili.
I 'l 'l Le P.VLAlS-hOYAL
lu vérité, que leurs joyes n'ont e»lc qu'imparfaites. Le Roy Iniimlt espouséc sans
les oppositions du Cardinal, (jui estoit persécnté de la Reyne. (|iii liiy lit proincltre
un jour qu'il souhailta d'elle des marques de son amour, ([u'il enipesclicKiil la
chose : a Ce que je m)us demande, luy disoit-elle, n'est pas une si ^nande prcino de
vostre passion que vous pense/ : car èfin si le Roy espouse vosire niepce, seurenuM il
la rcpudira et vous exclura et je vous jure que celle chose m'in(juiestera d■a^anlalic
que le mariage. » Notre prince pleura, cria, se jeta à ses pieds et l'appela son papa;
mais enfin il « csloit destiné que les deux amanls se sépareroicnl. Le Roy faillit à
mourir de chagrin de celle séparation. «
Puis le récit contimio par rintrigiio du roi avec M"' de La N allièro. montre
If jeune nionaniue en cocincltcric avec sa cousine, Madamo. (jui s'amusait
à jouer a\e(; lui le jeu (lanj,'ereu\ de l'amour, et s'aperçut que Louis \n ne
venait auprès d'elle, où il ne restait que quehjues instants, (jue pour avoir
roccasion de renconlrer dans raniiehambie sa demoiselle d'honneur. Son
dépit et sa colère éclatèrent. Elle mit avec hauteur son cousin dans l'ohli-
;.'atiou de choisir. Ce l'ut vite fait. Le roi, très amoureux de La ^allière. lit
qiiilltt à celle-ci le service de Madame et l'installa à deu\ pas de sa ri\ale,
tout près du Louvre aussi, c'esl-à-dire au Palais-lîrion, << (piil alla lui-nièiiie
voir meubler des plus riches meubles (jui soient en France. » Il \ \iiil Miuxcnf,
fil dresser un liillard au rez-de-cluuissée, car déjii il praiiiiuait ce jeu. (l'est
là (pie La \allière mil au monde deux eid'anls, iii i(iii.! cl iii i(i(ir), (|iii ne
vi'cm-eni pas el précédèrent les deu\ autres (prcllc cul du mi ri i|ul liiiriil
li'-;(ilimés (M"- de Blois et le comlc de \ ermandois). Le n'cit de ces accou-
chements clandestins nous a été laissé par le grand Colberl lui-même, (|ui l'ut
en celte circonstance le conlidcnt de Louis \l\ et (jui. «pour se ralTermir au
pouvoir, oîi il s'é'tonnait sans doute encore lui-même d'être» arrivé». ac<'epla
;ivec empressement « de servir, de favoriser ses amoius»'. Le -jraiid minisire
a il ailleurs consigné de sa propre main ces évériemeids dans un manuscrit
intitule : Jittinnil Jait /xir iIkkjuc siiiiiiinc ilc ce f/iii s'est /)(/ss<' t/iii jx-ut
servir à lliistiùrr ilii n>i. du / '/ curil IfifiH (tu 7 /luivirr ICCr," . Louis \l\,
en guei-re a>ec le dui' de Lorraine, avait dû partir |ii (■•(■i|)ilannuenl pour
Marsal le •>."> août i(i(i.'{. laissant sa ni.nlic-^-c dans l'i-tal de grossesse ipii
ne lais.s.iil p.is de l'inipiiéler. M" Colbeil. (pichpi.' peu compatriote de La
Nnllière. el qui était .. cxperle .11 nourriture d'enfaiils » ■' en a\.ud élevé pas
moins de M-pl poni- son propre ccMnpIe. so chargea de Idiiinir l.s (,,iiv,iUdo
xon .xpérienc.-. On chercha mik- fille .. |iom' seixlr il- Icninie de chandire eu
qui Mn pi'il se conlier », el nn prit une demoi-eil.' Dm l'le-H<. Pour la garde
I. (:i.iur>r. I.\ilmmii,lriiliim dr Culhi-rl.
». I.r nVIl iJr I iolU-i l a l'Io |iiililii'- ilnii» In llfilir rrlrogiirrlirr, I. I\. p. 'h .1 -i,,\ .
.1. I.wii. I.iiiiêf lie l.a lallirrf et In jttmrtsr de Luuis A/1, p. i:'a.
I.K SKJOl'U l)i: I, A l\KIM-: HI'.MtlKTrH I) V N C M; 1' K U U IC
I '\.>
«If ronr.iiil, (".uIIrmI li\a son clioi\ sur un de ses anciens \ak'ls <le clianihre,
lo iiiinnMt' Meauchanip cl sa rcnniio. «' auxtincls, dit-il, j"ai ili-claiv pdur sccicl
(|ii"uii (le mes IVtTi'S a\anl l'ail un ciilanl :i iiiic lillc i\r (pialili', |Hiiir saiivrr
son liontR'nr. jt-tuis olili;:!' de jiicndrc soin de 1 fnl'ard et de leur en conlier
la nom lituic. ( c qu'ils ont accepté a\ec joie. » (le lui Boucher, raccoucheur
^ ■>> - V--,-.,., V-.*- ■
jflllli
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^^E Jk m m iM >ML ^
è jfei^^J.,^y^
tUÉ^ft^3Hl
■ ■ '^^l^^^^ii
■.• /JUt^fiar ■
PVBTIE DE L'HOTEL DE RICHELIEU DÉSIGNÉ SOIS I.E NOM DE " PALAIS -niliON' »
Comme it devait £tre apris son achivemciii sur l.i rue Richelieu
(D'apris une gravure de Marot)
de la Cour, (|ui lit Ic^pcTalion. Le j.Tave conseiller (rOiinesson a parU' dans
ses Mcmoi/cs des précautions tout \\ l'ait rcmarqnahles piises pour cpie le
ni('decin ne sut pas où on le conduisait. On vint le clierclier dans ini carrosse
au milieu de la nuit, un lui liauda les mmi.v. et on l'introduisit dans une
cliatniire ofi, apiès (juil cul (''lé' di''uias(ju(', il \it inie douzaine de personnes
autour du lit de la jeune t'enuue (piil axait à d(''li\rer. ('.'('tait le ri) décembre.
1. l'iir.Hil .l.ill un f.;,'U'(on. Koiichcr appuila lui-nièiue Icidaiit dit travers le
jaidiu du l'aiais-Koval, dit (iolhert, et le remit j)ar mon ordre entre les mains
diidil lîeau(liani[) et s.i l'enune ipii matlendaient au carrefour vis-;i-vis lliiMel
Hduilji III ,. I . |,c uiéuii' jiiiir. le m iiiveau- ni' é'Iail pcirti' à Saint-l.eu et baptisé'
sous le nom de (iliai'les, n lils de monsieur de l.iucour l'I de danioiselle
Klisabelh du Meux.»
I.c diriiici ai (uiirliinicnl de M' de La ^ allière s'accomplit dans le- mêmes
CMudilii'ii- au i'alais- lliimi le - janxier itid."), à midi.
I. C.'l liok'l M' linin;iil.. i'.'ikIiuII u>i rvl ,nii.>uiininl r.'iiliv,' (!<' lu nii' <Il- I.i H;iiic|iii>.
T. i. Li: l'ALAIS-HUlAL. I9
I ',G LE PALAIS-ROTAL
Le soir, à neuf heures. CoIIkmI atlendnil {|uoii lui niiiil ICiil.uil. (|ui ;Mri\a
aux bras (liiii xalel île tlianihie. passa de là eiilie ceux de ('.olluil d |).Mlé
à un sieur lîeriiard. mari d'une deuKiiselle Du Coudray, aueien serviteur du
ministre. Le lendemain, l'eidanl. ([ui élait eiuorc un parçon, était porté sur
les fouis l)ai)lisniau\. en l'éj.'''-'' ^^i'"' l>Mslaehe. et l'aele de liaptènie était dressé
en ees termes :
( Du S jainier ititi."). jeudi, fut liajitisé l'Iiilippr. til- de l'iancuis Dcissv
le l)ourt.'eois et île Marie Bernard sa fcnnne. demeurant rue Moidorj^ueil. Le
parrain (Uaude Tessier. pauNre: la mari aine Maiguerile liicl. tille de Louis Miel,
bourucois. „. , r n
" >^ Sitjne : L. Bif.t. »
Les lieux premiers enl'atds ipi'ait eus Louis \i\. l'Iiilippc cl (liiarlcs, son
aîné, ne vi-eureul pas plus d'im an'. Le second mmirul piv-,|ni' ^idiitciurnl
de la fraveur (pi"il icsseiilil dim coup ih' loiiiicii'c. dll Madcun liscllc. dans
ses Mi/noiifs. I.KpiclIc ajuulc nialicicu>cniciit ipic u cette peur ne convenoil
pas au lils d iiii rni ».
Tandis (pie ces événomenls se passaient an Palais-Brion, dans le liàtiiniMd
aniénafri'- par le duc <le Danivilli' pour son loi^cnicnl lanciciinc <i (lapilaiiierie »
du l*alais-Uo\al ou paxillun construil |)af lui. jnii ini|Hirlc). la galerie
élevée du Icinps de Iliclielien recevait une destination plus iduionnc au carac-
tère de son l'ondatoui'. Cl'esl là fpi"an mois de septembre i(i(li lui transférée
l'Académie des Beaux-Arts, fondi'-e depuis le 3o janvier ili'iS. avec les tableaux,
plillrcs, etc., (pii servaieid de modèles pour l'enseignement des professeurs'.
Félibien y eut un appartemeid, et le brevet cpii le nomma « garde- magasin
(les Antiipies » indiipie ipie les plâtres venaient dètic tiaiisférés «dans lune
des galleries du l'alais-Uoyal rpie possédait le sieur \i\ol ', dernier possesseur
(l'icelle... » \n milieu de la coin- du Palais-Biion. on plaça une si.iinc ('(pirstre
en bron/e de remperi-in- Marc \urMe; clic y Tcs|;i jusqu'au m .inùl i()()>'. \
celle dati' r.Acadi'nne fut iiistallt'c au \ieu\ Louxre. où elle resta jiis(pi";i la lin
(In Wlil' siècle'', (l'est diuis cette citiir cpiCut lieu, en idy.'i, une des picniicrcs
expositions piddiipies de tableaux (|ui aient eti- faili-s en l'iance. ( >n \ \il
tiolauuneid le 'l'rimn/ihf (/'A/r.rancirc. la lidldillc tiAilu'Uc, deiib. Lebrun:
les Vi-lcrins d'Iùniiiiiiis, di? Pli. de Cliampaigne: Dcilnlc et Irtire. de Boulogne;
I. ToiK re^ ilrldils Miiil ■■iiipriiiiti'-'i il l'i-vrcllonlc «'•liiili- piitiliro p:ir le W Caliniii-s dans son
riirlcil\ (Utbinrt lecrrl dr lllitlnirr ly mtU', iî<rj7, in-iS).
1. \rrliivfi df V \rt fniiirni», I. I". p. l'i.
3. O Vlïol. lin (lr< • u<'nlil^lioniiiii-H oriliiiiiiri's ili' .Sn Maji-slé", aviiil eu la cliarp' de K-irdr du
ninun«iii ili'« aiilli|iii>?i, inniil Andri' IV-liliii-ii. Il l'iirciipu du i^i M-pli-inlin- 1(1711 nu 10 mars ili;.')
(rf. \nlilw<i uni,, K. 91N1) ri Z. i.t'ii). \iiilir I-Vliliien, qui lui Murrda. la rrinplil dr i('>7.t à i('»i'i. tlale
cm ■■lli< |M«n il fu>ii lll«, Ji-aii rraii<,'c>i^ l''rllliii-n.
\. t:>,mi,Ui lift llilliiiiniln ilii roi, li> lioùl i(ii|i. Noie il.- la s<.ii • duc à Iriilu pi ciicur Jean
llrnnlit, rliarui'; (J'riilrvcr Ir (-Iif\nl dr liroiizc.
5 Vim. l.'.Wadrmif rnyalr dr /leinlurr et de tmlfdurc. l'ari.s if<8o.
LE SKJOl 11 DE l.\ niCINE IlKMtlKTri: l> A Mi I. ET E UU E
i'i7
le liu^lc (11' l,.iiii('ii:ri(iii. |i;ii- ( liiaidoii. rli'. I.is (al)leau\ étaioiil e\|)u.sOs i-ii
plein air. «1 Wni |i.iil mriiir \><\v (l.mv m, |,|;ni cavalier tlii l*alais-Huyal de
l'iyi) (il t-.| il \.[ ( ilialcograpiiii- du i.iiiivic, ii' -t'A ■>.■>.). ('claiici par le plan
inamisoril liié ilii Caliiticl des i;slaiii|Ks de la Hililiullir(|iit' iialiorialc (iiuiis
les reproduisons Imis dcn\ dans ce li\re). nn j^iand niiii' sans l'enèlre de la
Cdur (\\\ l'alais lîriiiii. .. (pii l'Iail nierxeilK ns.'nienl picpre îi recesoir des
lal)leau\ cl un les l)alailles de Lebiini uni dn s'élaier (du! à leur aise'. » Ti'ois
Expositions semblables avaieid d('jà l'It' oij^anist'es en idliy, iG(i() cl lOyi, dans
ce Miènie local, ainsi (pie le ((ni-laleiil les Proccs-vcrlxniA- de l'Acadcmie.
V.w i<M)!, le Palais-liiion lui denidii |i((ni- l'aiie place, comme on le verra plus
loin. ;i la ^'alerie en retour sur la rue Kiclieiieu (pii lui construite à celle
('■piKpie par les ordres de Monsieui', l'ivre de Loiii-- \l\.
1. Viiiilolf uiL MoMAïui.cjN, l'rijarc de l;i n''iiuprt'b>i()ii du IJrrcl de l'Exposilitm de 1673. Paris,
iJSJj. iii-iïi.
i.i; iiiKHi'; DK i.oi is \iv
(1660- 1701)
Philippe lie Franco, duc il'<)rli'an>, fnrp ilr Louis \IV, aprcs son inariajre avec Ilcnriclle d'Anfrlcterrc. en 16C0,
esl untorisé à liabiler le Palais- Itoyal. — l'orlrail île ce prince: ses roùIs ilaliens. Sa froideur pour sa
femme. l,e problème historique de la morl de Madame, — Réparations fa i les ait Palais-Royal de lOCn à liioa.
l.e mobilier de Madame et son Inventaire après décès. — La seconde femme de Monsieur. — La vie au palais;
les serviteurs, les dépenses de la table, le prix des \ivres à cette époque.— Louis XIV doime à sou frère
le Palais-Royal en 169-1. — .\u;.'nienlation et embellissinient du palais par Ilardouin Mansart. — Magniticence
de l'habitation. Le luxe de .Mwisieiir. Son Inventaire retrouvé. Ses tapisseries et ses parures; sa vaisselle,
ses table luv.
J^0^.f^y
I,c jciiiic (lue ilAnjou — qu'on appelait
<• Miiiisiiiii 11 à la Cour, et qui, de par les
règlements de l'éticpielte, avait le droit de
se «lire « fils de France, frère iniicpie du
Uoi « — - allait avoir vingt et un ans (piaiid
Ldiiis \l\ le maria à la fille d'Henriette
(!' \iii;ielerre, qui, elle, en avait seize, et
lui appelée «Madame». Pour denieine. on
alliilxia au jeune coiqile le Palais- Koyal'.
(iVlail un prince fort séduisant, le visage
iiii peu 11 Min. (les yeux 1res grands, des
clieveii\ iiniis (■(iiiiiiie du ,jais, I air \ if.
mais trop joli, trop niignard, el ipti a\ait
plutôt les manières diiiie leiniiie tpie (rtiii
Vignette anonyme (Chaicognphic du Louvre) homnic. Oïl a laissé ciilendie que peut-
être du sang italien s'était glissé dans ses veines (|)ar Ma/ariii). En tout cas
il iiiiiiilrall Mil ;:()i'il singulier pour les iiinMirs ilaliennes, s'Iialiillait soiiveiil
fil lille, se CDUViait de hijoux-, el, sous le rappml de la \iiili((', resseinhlail
I. l.e mMri,it:e fui (■«'•lél.ié le .il mais ilîlii, .l.iiis la cliapelle ilii l'alai.s-Uoyal, ilcvaiil Louis \l\
cl Marie- rii.'ié»!-; les (■•|i<>ii\ fiiii-iil bi'iiis par l'évèinic Daniel «le Ciisiiac. Cf. .1 M. : Dirlionnaire tTi'/it/iK-,
|iriMiiiéif i!>iJilii>ii. |i. yali.
,5o I-E PALAIS-ROY AI.
aussi pou que possible à son irère, car il l'iivail les amours i'éininiiies et
passait pour n'être porté qu'à des tendresses contre nature, comme Henri II.
Le scandale de son amitié avec le chevalier de Lorraine, installé et iliové au
Palais- Hoyal, logé à Saint-tlloud, ne donne que trop créance à cette accusa-
lion. « Le miracle d'enllaminer le cunir de ce prince. » a dit M"" de La Fayette,
an'éloit réservé à aucune lemine ilu monde'. » (hi.iul ;i Mndaïue. nature line,
nerveuse, un peu inélancoliipie, très iiitelligenle. cllf iii'l.iil point belle dans
toute l'acception du m<il. mais elle avait un charme cvtiaordiiiaire. Llle était
assez grande, un peu maij:re :
Klle avoil le teiiil tort déliiiil et lilaiie; il étoit mêlé il'mi incarnai naturel, com
paruble à la rose el au jiismin. Ses yeux êloienl i)elits. mais doux cl liriliaiits; son
nez néloil pas laid; sa bourlic êloil vermeille, et ses dents a\oieiil toute la lilaii
elieur el la finesse (ju'oii pou\oil leur souiiailer; mais son \ isajre. Irop Uuxy: el Uop
maigre, semhloil menacer sa lieaiili' il ime protiiple lin. V.Uv s'Iiahilloil el se coill'oil
«l'un air (|ui comeiioil ;i limle sa persunne; el eomiiie il y a\oil en elle de ipioi se
faire aimer, un pou\oil iiciire (prelle y devait ais('iiiiiil n'ii-sii'. el (piClle ne seioil
point ràeliée de plaire. Klle naMiil pu êlie reine, el pour réparer ee ehayrin, elle
Miuluit ré^'uer dans les ea'ur.s el linu\er de la gloire dans le monde par ses
eliai-mes el par la beanlé de son espril. On vovoil déjà en elle lieiinicnip de lumière
el de raisKH, el, an lra\ers de sa jeunesse, il ('loil aisé de .jui^ei- cpie. lurxpielle se
veiinil -m- je llié.'die de la Cour de l'ranee. l'Ik' y leroil mi des principaux rôles*.
l'.n elVel. Madame exena bienliM autour (rtric une iiillueuce très grande;
recheiihée par le roi ipii parut avoir p(jur sa belle-so-ur une alTc^ction (pi'on
disait pi'esipie tiop lendre, admirée poui" son esprit, aimée [lour sa bonne
grtkce. « Mlle a nu eerlain .lii' lan^Miissanl. » disait un ('onlem|inraiii : « (juand
elle p.iile il ipiehpi'un, connue elle est tout aimaldi-, on diroil (pielie
ilemande le (iiMir. (|uelqne indillérenle chose ipi'elle puisse dire." Chose
étrange, son m.iri. qui ne l'aimail pas. i|ui la Irait.iit iliiiiinenl et pn'l'eiail
ù sa société celle du che\alier de Lorraine. Iiiuoigiiait la plus vive in(|uieludi'
de ses co(pielt<'ries et lui imposait une vérilable txramiie d'époux Jaloux.
(hiaiid |iaiiil le r an llistnirr ilii l'alnis- Kni/dl . don! Il e-.| (jucsiion |ilus
haut et oii elle est monlii'e avec des allures .issez libres, elle lui epou-
xantée. LUe dit ;i (iosnai'. juemier .lunn'inier de Monsieur, el (pii a parlé'
d'elle dans ses Mititniiis a\ec une admiralion allemlrie : << \'(i\ez, toutes ces
fausses horreurs ipie Monsieur ne croiia que trop '. » Toutefois, sa conduite
n'a pas doinié- pi ise ii des crilicpies sérieuses. La seconde femme de Monsieur.
cell.' ipii lui sine.d.i. i;iis;d)elh ( .iiarlot le (le |!a\ière. a écrit elle-même: » .l'ai
I M— I» \.\ l»<i,rr(, lli*l;irf île Mnilniiir lliiinrllr ,1 [iiijhlirre. inimun- fi-mme </-• PliiHi>l'(
Je t'riiiii-f, tlue il'iirIfiiÊit, 1710, In- 11.
1 M"" i>r. Mi>rn «ii.i.K. Mèinnirri.
3 Mfiiwircê <lc iMiiii-l ni: (;us.<<.«i:, iirtlirM^j \'\i\. l'aris, iS.'»;, t. I".
i.F. ruKJir. i)F. i.nris \iv if>i
toujours ék- poilro h la croirL' jilus iiiallu'urcusc {[uc coupable. » Au surplus,
après sa mort trajjrique. ou itiyo, au bout do neuf ans (h- mariage, la fij^urc
de celle cliarmanlo femme sembla grandie cl sa mcnioirc comme prolégéc
par Icloqucnle voix de lîossuef, dont radmirabio oraison l'unèbrc est restée
pour elle une auréole : «Madame se meurt. Madame est morte!... Madame
a passé du matin au soir, ainsi que l'herbe des champs. Le malin, elle
fleurissoit, avec ([uelles grâces, vous le s.ivez ; le soir nous la vhiies séchce...»
On soupçonna son mari de l'avoir fait empoisonner, et celte opinion a fort
longtemps prévalu. Louis XIV lui-même, dans les premiers moments du moins,
partagea ces soupçons. Le marquis d'EIliat, attaché à la maison de Monsieur,
était désigné comme celui qui avait fait le coup, lui ou le chev.ilier de Lorraine.
\ Londres, ({uand la nouvelle y parvint, ce fut une stupeur. La foule se
répandit dans les rues en criant : « A bas les Français! » L'ambassade de
France dut être protégée. Tous les mémorialistes du xvui' siècle ont parlé de
cette accusation". On sait aujourd'hui que Madame est morte d'une périloiiite
suraiguë' résultant d'un ulcère de l'estomac.
L'installation do Monsieur au Palais-Royal n(> fut pas précisément chose
facile, car les appartements étaient dans un étal pitoyable après dix années
d'une incroyable incurie. Il fallut procéder à un nettoyage général, reprendre
de fond en comble chaque partie du palais, refaire des fragments de la toiture
qui, en certains endroits, laissait fdlrer l'eau, ce qui avait fait pourrir les
planchers, procéder enfin à une nouvelle distribution des appartements, car
il s'agissait de pouvoir loger non seulement la domesticité cxtraordinairemenl
nondjreuse du frère du roi, mais encore les seigneurs, les duchesses et
marquises, les dames d'honneur, qui comi)Osaient sa maison. La Cour de
France prenait alors des allures fastueuses coumie on n'en avait jamais vu.
11 fallait faire figure. Dans sa Correspondance, la princesse palatine parle
de l'état dans leijuel était le monument lorsfjue le frère de Louis \1V en prit
possession, et ce (|u'elle en dit n'est pas fiatteur :
AmiiiI que Miiiisii'ur cùl l'iiil arranger le Palais Hiiy;il. siirloiil le ;.fiMii(l iippar
lenienl, ce lieu étoil. à mon ;i\is. lioriihie. Ccpciiiliinl im j'avt)!! admiré du temps
de la reine -mère.
1. Sainl-Siinon, d'\rgcnson. l'abbé de Choisy, D. de Cosnac, Voltaire et bien d'autres ont discuté les
causes de cette mort. Voir aussi les Mémoires de M"' de Monipensier et Vllisloire de Mttilame llenrielle
<l'.\nijMerre. par ta comtesse do La Fayette, latiuclle était allacliéc à la suite de Madame. Ce dernier
ouvrage a été réimprimé en 18S2 (Paris. Charavavi. avec une exciuise préface de M. Anatole l-'rance.
2. Il n'y a plus de doutes à re sujet depuis les savants lra\au\ publiés par Littré et surtout
par M. Irantï l'unck-lirentano. {'.0 dernier, dans son volume//' Drame des pDisoiis. 1893, iniS.
p. 25i-jSo, établit le fait d'une fai,-on absolument péreniptoire, avec la collaboration et l'autorité
du D' Brouardel. Depuis ces dernières années, ce problème hislori(iue avait préoccupé do nombreux
et savants historiens, tels que Monmerqué, VValckenaer, V. Clément. P. Lacroix, Loiseleur. (îbcruel.
le D' Cabanes, de Uoilisle. A. l'raiici'. etc.
làj I.E l>AI.AlS-KO\AL
Pour nous laiiv um- iilée des iéj)aiations qui furent faites en i()fii et les
années suivantes au palais, nous n'avons que les Coniptrs des Biititiwnts du
Hi)i, publiés par M. (iiiillVe>; mais ces doeunients ((nilienneut si p(<u (Tarticles
concernant ce monument (piil semble fout à fait impossible (pie Monsieur
se soit borné au\ travaux tpii v sont mentionnés. C'est parce que le Palais-
lloval rentrait dans la catégorie des Bàtimenls du Hoi (il y fut maintenu
jusipi'en iGf)!î) ipie les dépenses faites juscpià celle (lal(> y li^Miicnt. Mais
n"e>l-il pas permis de su[)|)i)ser i[ue Mousicur, de son <(M(''. p;i\a sur ses
revenus personnels certains des ouvrages ipi'il lu! plul (In eiilrcpiciulic!' On
s'e\pli<pierait alors la modicité du budget absorlx- <lc ililii à i('m)'.> |);ii' le
l'alais-KoNal sui- les Comptes des liàlinients. D'autre pail. Il laiil :imiuim (pic,
les registres de la Tré-soi-ei-ie de Monsieur ne nous ('laul puiiit paiviMiiis. il est
matériellement inq)ossible d"a|)puyer d'aucun(> preu\(> ((Ile ( (nijcclurc Dans
les nond)ivuses liasses île papiers concernant la raiiiille (!"( )il('Mris (pii se
troiiNenl auv Arcbivcs naliouali's et d'oii jai pu cvlraiic laiil de ddails inédits,
il \\'\ a lien sui- celte épocpie. Ce n'est tpic (lan< le- ('Indes de (|iicl(pii's unlaircs
parisiens, dépositaii'cs des actes concernani ((Ile illiisirc t'ainillc. cl ({iii m (ml
('•ti' libi'ralcniciil ouxerles, (pic j ai pu d(''C((iiviir cerlaiiis des reii^cii: iiciiicnls
dont je MIC >iiis aidi- pour celle p('Tiii(lc. li"///iv'///(^///v' apivs (U'cJ's de Monsieur,
si iinpiii'Iaiil il Ions l'-gaids, don! il sera l'ail pins Idin d assez larges cxliails,
\icîll Ar l.'l.
Ceci dil, c( moulions d'abord les Ciunples des lifilimrnts du /{ni. Nous
n'y voyons pmlt'es, pour les aini('es i IlOo- iGti::! — (pii Iniciil celles pouilanl
f)ïi les lia\aii\ diirciil l'tre |iai I icidièicincnl inqx nlaiiis, |>nis(pie c"esl le
nKinienI de rinslallatiini de Mun^ienc. apiv^ son niarla:j(' (pie (jnchpies
sommes insigniliantes. l'.iicorc ne riircnl -elles [laNiv-^ (|iie pln^ienis années
apivs. en l(i(i(i, \(\('>-. HiliS, etc.. dates oii elles Solil ineiil idiiin'CS ■ .
\ititrr Uil'tl : \ l)<iri)ay '. iiinronnerie. ySi livres. — \ ,l(an bdinceini, rliurfirn-
Irrir. •j,o'|i livres, — \ ()|i\icr l'oiissiii, serrurerie. y'iN Mnics. - \ Sci;:iieiiN\ ,
srrriirrrir. \-\ IImcs.
Xnui'f ti'iHU : \ l'iaiiç. Dmiiax. miirniiiirrie. i.doo ii\|■(•^. \ l,('-diiai(l .Viibi),
pdiii son paiciiieiil (!«• ses nMMa;jc-. t\f \ti\\r. pciidanl l'aiUM'c iCiCi.'i, i.-'S.") livres.
\ Nicolas MiiiilicDiirl. jardinier, pniir Joiiiik'cn d'diiN i icr^ pinn la i('' para lion
de ralli'c du pniiituni (lu ;;iaiid niiKicaii du jardin du i'alai> Cardinal sir .
ifi'i livres^,
I «liirm»:». i:»mi>li-» .//•« luilimfnh itn tloi. I. I", /msjtim.
1 llii|i|iriK'liiv ce iiiiiii lie relui ilr ilCJilmv, liiK liilii te bien coiiiiii doiil «ii \i)il la siiîiialuio
«iir un |ilnii ilu l'nlnl^-ltuviil iliili- de il5i,j cl i|uc ikmh rcpioiluisoiiN. \o\cz pour In j{i'uriili)Kic «U'"
il'OrlM). niaroiK cl un lillc. I.-^ ihi ml, liiiliclc ilc Jnl / Diilioiiimirr rriliiiurj, ipii i>l lii-s idinplcl.
.1. 1> ilcriiliT niiuplc ii'c^l |ui« cxirnil ili'» (;.>iii/)/cx (/<•« llillinifiils ilii Uni, piililio pur .M. tii unii:ï,
malt (riiii rcK^lrc ludiiuvrlt ilc« Vi(lii\c» nallounlri. itunpiciianl le Sk/./Wi'hi.vi/ ilrs ilrin-iisfs îles
UiilimmU, i)'\, iiiM.
KinCUE DE LOUIS XIV
i53
Année ItlH'i : A C.hai'los BreiiN, pour ()iiviaf,a's de mnrnniwrie, .'î.lino livi'cs. — A
Pierre Dionis, pour ses ouvraf.'os de meniiisrrir. o.ioo livres. — \ i'icnr llcnnier,
pour menuiserie, 35 livres. — \ Coipel. fifinlrr. iimir ses ((ii\iaj:cs du peirituie et
doiure. i3,2oo livres. — .\
Coipel. pour payement de
ses i>uvrafres de |>eiiilure
dans la cliaiidirc de Mndc-
nunseUf, au Palais UoNal.
600 livres. — V l'aM|iiicr.
marbrier, pour pai'l'ail pa\e-
nienl, 200 livr. — V Claude
Goy. ])iinr a\iiir ihiri' ht
hnltislnnlf du l'alai> l\n\al,
100 livies. — A Jean Macé'.
pour son paye m (Mil des
ouvrages t'I r(']iaralinii> i\f
bois de raporl par lu\ faicls
en la {.nande fralleric du
Palais-lloyal. 4X8 livres.
Année KHI.') : A Cli. d(^
Bressy. maçon, à coiiipU'
de ses ouvrages de ///'(
ronnerie par lui faicls en
l'année i664, 1,100 livres.
— A Ch. de Bressy. ('/..
2,000 livres. — \ l'iciic
Basiard, à-eomiile, pinii- hi
charpenlerie, 600 livres. —
\u même, poiii' pai'fail
paxcmcnl. .")S<S li\r('>. — \
I iliain Cuflaid, poiu' ses
ouvrages de serrurerie fairis
dans la grande galerie du
Palais-Boyal. f)')!) Ii\i'es.
— \ Moyiebel. pour aMiir
relevé et reposé le pun/nrl de la salle des garde
.SCS ouvrages <lc serrurerie, 1-0 livres. -^ A Noël Coipel. peinlre. pour ses ouvrages
de peiidure et dorure. 800 livres. — Au même, 782 livres. — \ llirard", pour parlai!
payement des ouvi-ages de |)einlun' et dorui'c [)ar lu\ faicls dan^ la chaml»i'e-aleô\e
lie Monseigneur le duc d'Oi'léans en iWv}. et i(i().'). — A LaurenI cl .la<(|nes l.efel)\re,
|»our leur perle de temps pour délogei- du Palais- lloval. ."loo lixics.
I. ("est lui qui av.-iit déjà fait pour Aime (IVulriclic lo paii|U(l 111 rnosnï(ino dont il a l'-li-
(|Uo>lion plus liaul. Il avail uu lofîouii'til au I.oumi-. Il luourut li' i.'i mai 1(171. Agé de suivaiili'-
di\ ans. !i\('r le liliv de ..pi'iiitic cl sculpteur en uiosaicpic ordinaire du Uoy".
•.:. I,c travail dont il osl (|uc-sti(jn ici dut i^tre un des derniers i\\u- (il Krrard. à Paris, axant
de partir comme directeur de l'Vc.idi'inie de France à Unme. posle au(|u<'l il fui iiDunué eu ilitili.
IS li\l
\ l.egrand. pour
T. I. LE PALAIS-nOTAL.
l5'| LE l'ALAIS-hOYAL
\niu-r l'HH: : \ Nicolas Mesiiais". marbrier, pour une année dv rciilrctriu'nient
(le la chapt-llo du Palais Royal, iJo livres. — Pour les vidanges, le jiirdiii. ormes
plantés. Ole. 2,000 livres.
Année 161)7 : A Ch. de Bressy. pour travauv de inaronuerie, /j.ooo livres. — \u
même, pour les réparations des années i6G'i et 1G6G, ■i,5:io livres. — A ,1. Bastard.
pour travaux de chaqienterie, 5.000 livres. — Au même, i.ôoo livres. — \ \aleiilin
Dersigny, pour avoir fourni et mis en place plusieurs glaces dans les appailenu-nts
du Palais-Royal, aotj livres.
Année JiJtJS : \ Noël Le Maisire. maronnrrie, j.-joo livres. — A Pierre Le Basiard,
à compte pour ses travaux de chftrpeiilerlc, i.ooo livres. — A P. Chevalier, à-compte
pom- ses travaux de meiuiiserie. 800 livres. — A Paul Goujon, dit La Baronnière',
pour les ouvrages de peinture (pi'il a faits à rapparlemeni de Monsieur, au Palais-
Uo>al, i,.joo livres.
Année HiGO : Conslnielioii d'une cuisine du coiiimuri. |)oiir Moii-icur : charpen-
lerie, menuiserie, cou\ei-lure. (Les dépenses ne lurent soldées ([iie on/e ans après.
en iliSo^!]
A Macé, éhénisle, pour le parquet de raport avec cuivre et eslain d\i pelil eahinel
de l'apparlemenl île Madame, nôo livres. — A Marsy'', sciilpiriir. pour lesouxrages
de stuc au pelil laliinet de .Madame. :>.jo livres. — A ( liie\ icaii. iiiirnilicr, pour avoir
estamé el mis en place les glaces de miroir de raiKuleiuent de M. le duc d'Orléans.
et à luy poui- les glaces du eabinel de Madame, S-') ii\r(s''.
pour iii(()iM|)lels i[iio soient 1res prohabiouiciit ces comptes, ils nous doniuMil
Idutelois un apor(.u des cliangeincnts apportés an Palais- Royal duraiit les
huit pieniières années que le frère de Louis \I\ lliahita. (le ne fut pas d'un
seul coup cpioii piali(pia les grosses réparations. On \ init plusieurs anui'es.
Monsieur n'était sans doute ni presse ni exigeant. 11 pouvait, au surplus,
attendre, car il n'avait (pie l'eniharras du choix pour se loger. N'avait-il pas
pour lui l't les siens les soin|)lueu\ appaitenuMifs do \ ersailles, où se tenait
la (lour el dont le scjour lui élail iniininieni plus agriNihie (jue celui de
Paris.^ N'av.iil-il p.is Monlargis. \ illeis-Cotlerels. ,,11 il allait paifois cliasser.''
N';ivait-il |)as son cliàle.iu de S.iiiil -( Moud, i|ii"il ne cessail d'agrandir el d.uil
il fais.iit une merNeille, en y dépensant des sonunes folles''!' Nous voyons
I. Ce Miola* Mriiinrj fut cnvDvti par Louis \IV eu llalic, eu l'rovpuce. eu Lauf;ueiioc. pour
choisir cl recevoir les ni.irbreu qu'on rnlsiiit cxlralre pour li's HAIiimiils du lldi. Il Inuihait ilo le chef
i.aou litre* (rappointeincuLi.
j. Paul (;ou«i-on, sieur de Ln Barouuièri-. (lunlillé de . pcjuire du Itoy ■• dans eerlains acte?.
e>l uiori le Mi diVeinbre itlyo, rue Sniul-\uloiue. Il eut un lils qui eul é;.'nlemeiil le litre de « j)eiulre
de» Ihi^liiiienli du lloy .■. — (;L Jai..
3. (;tirniei. i.uinpiff itrs luitimmls ilii U„i, t. 1", col. is'ii.
V \*-* lieux friTi-t (latiwnd ri Kalllui/ar Marsy, qui fureul iiieiulires i\<- I' Vcailéiiiie, liaNaill.iieiil
loujour» eniu-iiihle. lU déronr.iil la Calerie d'Vpoll..u. Les ouvra-es quiU (ireul pour les jai.liiis
cjr Vrrwllle» «onlbleu ronnus. Leur |m iv. uiori eu if.;', (paroisse de Saiul l:u^!aell.•l. fui eKah-uieid
M^HlpIeur. inaU re u'e^l ,M,|ei eul pas de lui cpiil sau'il iei, lar il élail d.j,. lorl A;;.- eu H'.d,,.
'1. Ari'lilirnt nallnunle*. O', jiji),
I. Le» i-IuiIm de imlnire.. lu'nnl fourni la \U\v r.uupl.le dis ar<|uisili..us de terrains laile> p.ir
M.iM.ieur iNMir le domaine de Saiul-Cloud. !> <uinl d.» .I.>runienls inléressauls, mais qui noul pas
Irur pimr Id. Je Ips ulills«rnl mu!! dnule un jour pour un li\re sur le.s auileinir ilef fUirs tlOrIran*.
i.K i'ni:iu-: i)K i.oiis \i\
('0|)('IiiImiiI (|ii':iu l':il,ii- - Iîc i\,iI sdii pivinicr sdiii lui ilc ri-niellri' en t'iat les
iippailciiu'iil-' (le |i,u;i(li'. la -;i\\r di's ^aidcs, sa cliainliic, celle de Madame,
«•elle (le son preinier euraiil, ((Ile paiiNie Marie-Louise (jiii de\ait épouser
Chai'les II d'Kspafrue cl niniuir si ci iielleuieiit en i(iS()... (hw ces divei'scs
chambres aient éh' liciieuienl (h'corées, ou n"eii sauiail di)iilei' (|iiaii(l on
conslale (|iie le peiiiliv Not'l Covpel l'ait pour
(ioo IVaiics de Ii:i\;mi\ dan-- la piT-ce rt'sei'vée à la
pelik' lille (|iii \enail de iiaflre, el pour j)his de
l."{,000 Iraiics dans une aulrc (|ni n"e>t pas iii-
diipiée. mais (piOn i'ehdn\e dans les plans de
rouNca^e de Hloudel', ainsi (pie dans un anire
|)lan iiK'dit (1*1111 livs cnrieii\ album du C^abinel
des Estampes, intiluK' : Plans des Bâtiments du
Palais- lioi/nl et des logements des o/J/eie/s^, et
cii'i on lit : (( (iliainbi'e on --e troii\ail ancieime-
menl un plaloiid peint jiar l(> sieur (loipel.»
Celte chambre, assez vaste, était sitin'e dans le
corps de loj.ris ceiilral, à divjile, sur la liu.ade :
c'élail là (piétail rappartement de Madame, (pie
Macé orne de pai(piels axcc cui\re el (''tain, el
que le sculpteur Marsy décore de ses skies. (Jiiaut à la chambre de Monsieur,
ornée par le peintre Errard, racadémicien, elle Taisait \is-?i-vis, sur raiitre
aile (In iiK^iiie corps de lojiis central, cl contenait une iirolbiide al((')ve où
('•tail le lil. Les cabinets attenant à cette chambre i'urent peint-; par (iou-
^(•oii. -ieiir de La Baronni('re. Enfin, les appartements de parade on ;.;iaii(ls
appartements se lionvaienl dans l'aile droite donnaiit ^nr la rue Saint - Honoré,
c'est-à-dire raiicieime (ialerie des objets d'ail du cardinal de Uichelieu,
«pi'Anue (rAiilriche avait commenc(' d('jà à Iran-I'oiiner pour v lop'r Mou-
sieur (piand il ii'('lail eiicoïc ipic le loni pclil iU\e d'Viijiin. La Calerie des
Homme-- illn>l!vs fut érfale ut restaiin'e, car c"(^sl elle cpii avait le plus
soull'cit (on l'a Ml dans Sainal), moins par les (K'jiradatioiis des serviteurs
— l'Ile l'iail rest(''e déserte dniani le -i'Jmiii- de la ivine d' \ii-lelen( (pie |)ar
I'' r.iil de la toilni-e à mollit' crcYt'i' et de i'Inimidih'. L('b(''iiiste .leaii Macé l'ut
app('i(' à po-,1'1 de- paKpicIs aiti>lemenl lia\aill(''s dan-; la faraude j,'alerie. (>t
d impoilaiils lia\au\ de seirniviie a(li('M''riiil celle n^l'ecl ii m . Dans la clia-
P'Iie, ('iiaia le mieux po-^'silile la belle Neiiitre à oinemenK d'ar^'-eul (pii
avait ete biisi'e, et les re\('leiu('nl- de marbre (jiii ornaient le- murs hneul
MUMr, IIEMlli;TrE d'ancletehbe
iiLCKESSE i>'ohli-:a\s
(D'.ipris l'énuil Je Pelilot)
I. hi.oMiKi.. Xnltileclnrr J'rnnrnhe. t. III. IImc- \. p. .{S.
•.;. l<il)lii>llK'(|iii' iialioniilc. Cihiiicl di's i;sl;iiii|iis. \. 3H.
l56 lE PALAIS- HOYAI.
ivpris avi'C soin. Eiiliii, la baliislradf du cùtr du jardin lui iidortV, il le palais
|»iil dans son L'nsi'ndA' un aspi-cl df boniR- lonn.' ipTil na\ait pas en depuis
des années. Onanl an nioliiliei-, je tlirai plus loin cniniiiiiil il lui composé.
Le nonild-e des >ei\ items de Monsieur, ainsi ipie de la maison de Madame,
eompienail des cenlaines de [lersoimes : beaucoup élaienl lo^;t's an l'alais-
Uo\al. Mais il est ;i renianpu'r ipie tant (pie le monnmeni lui classé paiini
les hàtimenis du Koi, <"esl-;i-dire jus(in"à lOi)'., les ■>a<>:es des trois portiers,
.•.•u\ di> diu\ ^Mides du tliéàtie et ceux des jardiniers lurent payés par le
Trésor. Voici Télat di- ces ^.■•a^--es, avec les nnni- de- titulaire-, (pi'on tiou\e
dans les Cumptfs, en iGOS, et ([ui revient cliacpie année à peu près sans
clian{,'euient :
Pillais- CarJiiitit : \ Nicolas ISoiilicoiul. ((Muicri^c ilndil l'alai-. |).iin le- Imis
(juarliers de ses •.•a-res, V""' li>res. — \ luv. au lieu th' I rançois lliicl '. ilil t'i iili\ in.
pour le nettoiement des eliandirc-, •.>•»,") Ii\r.'s. — \ ll(iir\ .l(i-e\ el ( liiicliant,
garde salles el maeliines diulit Palais, -.e.ij livres. — A .leari (iuérin, portier des
portes de la rue des Hoiis Kidauts et Hichelien, ijo livres. — .\ Jean Mousscl. portier
(le la j;raud"porle, iju li\ res. — Aiidil houlicuml. pimr l'eiil iilriiiimiil du jardin
(ludil Palais, (iou li>res.
HeleMuis an passaf.'e cette menliou de l'altiis-Ccadiiuil qui lonlinne à
li::iirer dans les Compft's^. (ie n'est (piiii i(i7> (pie le titre de l'alais- Ko\al
lui l'ut subslilui". A cette d.ite, ("e-l toujours ce nièiiu' per-Miimcl ipii ('inarf^c,
-ans mdie auirmeutat ion de traitemeid. L'année sui\ante. .lean (iuérin dispa-
rait it l'ait |ilai 1- ;i Le \a(lier aiiv portes de la rue des Hons-lJd'aids et de la
rue Hielielien; en itiy."», on (■r('e un emploi de portier de la hasse-coui- cl du
ma^'asin des auti(pii-s à 1' Vcademie des lU'auv-.Vrts ; en idyTi. le \ieu\ .Nicolas
Honticomt, (jui é'Iait déj.'i janlinier au temps d'Anne d \ulriclie, se voit
allouer un snppli''meid de l,.")oi) livre-, rt le poste de concieriic e-l allriliU(''
il un de -e^ parents, (irali;in Koulicourl. l'.n i(iSS, la porte des cui-ines, du
ciMi- de la rue des Hons- Lnl'.mts, est conlice ;i un serviteur sp(''cial, et celle
de la rue de Itielielieii il un autre, ce (pii indi(pie ipie le miunenienl devienl
plu-, iiiteii-ie d;ms le p.ilais el evi^n- mie surveillance plus elinili'.
On ne trouve rien, bien entendu, dans le- (inupli-s t/r.\ /liifi/nr/i/s iltt liai
ipii soil relatif il l.'i doiiiesticiti- du l'alais-Uoyal rais.int paille de la maison
du duc et de la diicjn'sse d'( )rli''ans. Mais les ('tudes de notaiiis ne l.iisseni
pas de nous t'oiiiiiii ipielipie- reii-ei^mements ciirieiiv --ur ce sujet. .Il' me
iMirnerai an i-esiime de cerl.iiiis actes, (pii l'clairenl d un jour a--e/. xil
I lii- fii-iM wrtilriir. i|iii. (lu li-iiips il' \iiiic il' \(ilrii'li<>. iiMiil lu <'li,ii';:i' lll■^ clrTs ilii l'alais >.
i'-UU |irMli.ilili'iiii-iit iiinrl On ne ri-liniiM' |ilii« i'-k,iIi'i it (liiii:< rcl i''l.il de» gngcs ilc ilili.s \c> noue do
Malllrl, lie Si-iii-v liiil l'I ilr lliliiirf. i|iii > l'I.iii'ill l'Ii ili'i.'l.
1. Ul.l»>hl:l, i:<>iiiptrt itrt lliitiiiiriill i/ii Uni, I. I", riil. jifo r| luissiiii.
i.i; iui:«K DE i.oris \iv
1MI1J11\II l'i: Mil\Sli:ill. PHILIPPE l>B FUANCE, l'UKIlE DE LOI
(Gravure de Nanicuil)
1rs iiHiMifs (lo r(''iiu(|iic. 1,1's |)iiiiri|i;iii\ ( illliii'fs (le la in.'iiso[i. tels (|iit'
J( larliiiii (le Sri;.''lii'ii', n coii-^i'illcr' ri scri't'laii'r ilii lui, (lirccliMM' i.i'i'-Mt'iai lies
liiiaiirc- lie Mun--ii'iii'. llls (le l'i aiicr, " lie loi.'-i'ail pas an palais, pas plus
ipii- haliaiici iii. H Cl iiili'.Mciir ;ji'iii'Tal ijc la maison.» un ipic llaniiilial ili'
l'utlinlul. H |ni'inii-i' cliaiiiliillan. " cl les picinirics tlanii's dln inncnr-. 1rs "^M'ands
srij^Munits i-l ^laiidrs (ianirs puniMi^ il'ini ini|)liii ipii l'Iail •-nrldiil Ik mi iiiliipic
,5S >^: !• M.AIS-HOV VI.
aii|nès d'un prince du sanjr .t quiMi anibitiuniiait à cause des avanla-es
,1.' toutes sortes qu'il niuléiait. Mais la majorité des serviteurs, di'puis les
^'eiitiishomnies servants, secrétaires des connnandeuients, trésoriers, écuyers,
aumôniers, médecin, etc.. etc., jusqu'aux valets de cliambre et de ffarde-rohc,
liuissiLMs. maîtres dli.Mel. écuyers de la bouche, chefs des cuisines .1 .le
l'é<hansonnfrie. sommiers, •rarde-vaisselle. etc. (c'était luie véritable arnitH'),
avaiiMil soit tout un appartement, soit une simple chambre au Palais.
Lr moulant di< j:a;:i-s annuels pour les den\ «maisons» de Monsieur
et lie Mailame allait à plus de 800,000 livres. Le tiaitemeni d'une pnMiuère
«lame dlicimeur t'iail de S, 000 livres, celui des dami>s d'atour de (i,ooo livres,
celui (le> demoiselles d'Iiontienr de .'îoo à .")oo livres, celui du pri'mitM- nK'deciu
de (i.ooo livres, du mi-tlecin ordinaire el du cliirurj^ieii de i .'nH> ;i ."{.ooo livres,
du pifinier aumi'mier de .S, 000 livres, du conl'esseui de i.iîoo livres, des
chapelain^ de ,!oo livres, île raum(')nier du « connium » de 100 livres, du
-onnniei- de chapelle de .'ioo livre-, du premiei' mail re-d'iK'itel de '1,000 livre-,
tli-s mailles d'hiMi'l ordinaire- de lTioo livres, elc. Lt'S ^a^'es des ^cu- de
sj'ivice elaieiil, pnui les l'-ciiveis de la bouche, de .'<oo à .5oo livres: pour les
huissiers, de 100 îi i .")o livres: ixmii' le- -onimiei- des cuisines, des broches,
de la IViiilerie, du ;.farde-inaiijrer, de la lanUMiH'iie, de •i.^o a .i.'x) livres: pour
h-- piiile-l.iliie el cli;ii-e. poile-cli.iise d'allaires, faloliers, valets des pa^cs et
des lilles de chambre, fourriers, muleliers, etc.; de .'in à 1 ,")o livi'e- par ,111.
(les emploi- é'iaieni comme des bi-iK-lices (Ion! la joiiis-aiice app.trieii.iil
aii\ lihdaiie-, qui ('■laieiil leur pi'opri('-t(' el (piijs revendaienl (piaiid il-
voiilaieiit on ne pmiv.iienl pin- en l'cinplir le- obliMalion-. I.e niailii'
d>'-cid.iil - il tie leiivovei- un de -c- .( olViciers n'.' || roblineail U cedec -,i ciiari^c
.1 lel on Ici. niovennani linances. I ne charge de valel de ( lianduc v.dail
tic S,(MH) à -M 1.000 liv ri'-: celle d'un auiuiNiiiei' ordinaire, de (i.( à -.< liv res.
I.e nioindi'e de- v.del- ne vendail pa- la -ieime moins de .'i.ooo ;i '1,000 livres.
I..'- miniile- de- Mol.iiie- de la l'aniille d'Oil.'aii- -oui ninpiies de marchés
-in;:ulieis de celte naliire. el non- n'.ivoii- qn'Ji le- l'enilleler p.nr en linnvi'r-
d'amu-anls e\em|ile-, d.in- celle peiiode ipii va de ililiri ;i 1(170. parmi le-
j(ervil«-ui- du hvr.' de | i- \|\. \,,i(i li.nicje Tiinioii. ipii. ii la dale du
■jS janvier 1(170, vend -a char;.'e .. d'.ivde de fourrière » ;i un certain l'r ipprihe
polir la somme de ."),i.t« livre-. \ oici Clanile Ceirnonl. ..loiirriei des
n-iil Suissrs de la ;.',ude du coip- di' \|on-iem . » qui vend la -ier îi
Jean Maiiclair de la (ialiiie moveimani '1,000 livre-. Vnloim .Inlliol, m po--
lilliiii illl carrosse di's fille- d'homieui' de Mad.rnie, .p conliacle nn eiii:a::i'rnenl
d'un aiiliv iifun' : .e n'i--! i|ne |H'ndanl nn ;ni qu'il d.lai— <• -on emploi
Il un -ieiii I..1 (i.iide. -ans donle pour c;ni-e de vova;:e loi( ('■, i\,- ni.ilidic
i.i: lit LUI. r>i, LOUIS \iv
109
[■^à-
-Mj^A'^.j
MOSsiEiii, nu; i>'oni.KA>s, ex hoi des i-ersans alx fktes ul c\i\kolsel ue iCOa
(D'.iprcs U gravure de F. Cluuveau. — Chalcographie du Louvre)
(III .iiiliv, cl >."cii;:,i^'-c à p.iM'i- M ccliii-ci h i(i sols |iiir jinii'. plus les li.il
ri li\ici'> .1. .Ii'iiri |);i\iil. » r;i|iil.iiii.' df- iniillcl icis de M(iii>i('iii-. " Tiil
liirliic. Mai- le |ilil- riiiiiii\ (,1-, de Mille ili' le'tlc .-<(ill(' (|II0 je liuiivc
l6o LE rAI.AIS-nOYAL
le sui\aiit. \ la tl.itf du ad janvier lOyi). nicssirc (iiicliin', m coiiscilliM- du
r.iv, iiivinit-r iiir-dcciii df Sou Altesse Royale Madame, dciuniiaiil à Paris, dans
le Palais-IloNal, itiomct à la daine (rObamio de lui lournir dans le temps
d'un mois |)rr)eliain, la démissiim en bomie forme de la cliaijie (raumos-
nier par (pialilex a|)partenant à Mniisieur Cliar|)outras. dMi|ii(l il se fait et
porte fort en eetle partie, et ce le nom du démissiomiair-e en blane pour
^tre rcniplaré au nom de tel di's enlanls du sieiu' .loudol cpiil lui plaira
el en jouir i)ar reluy qui en sera j)our\eu en tous "âges, fruits, proflits,
revenus el émoluments y altriliués. à eonunenccr la jouissance du jour de
sa réeeplion. Kl neanlmoius tous les •.-•aiies de la présente année appar-
liondronl enlièienienl .ludil .londol. Ie(piel ■^era lenu des frais de |)rovision,
réri-ptioii cl ajrrémeut. dette promesse faiete mo\ennant la somme de sept
mil livres de priv principal et de cent trente deux livres de pot de \in. les-
quelles deux sommes revenant ensemble à sept mil cenl trente iii'u\ livres. »
Que dire de ce mi-decin qiù vend ainsi à un tiers la charjLre de son conlVère
ranmi'inier.' (hiel m\sli'rieu\ pouvoir messire Guéhin avait-il donc conquis
sur le mallieuren\ ( iliai piiiilias. pour pouxoii' ainsi csconqiler avec tant
d'assurance sa démission.' (Juel trait de nveurs. et comme il nous fait pénéln>r
dans lintimile de ce petit monde ipii sajritait alors au Palais-Uoyal !
Dan>. mi autre acte not.iiie. date du .'! mars itiyo. je trouve que « messire
Joacliim de Sei^'lière. ancien directeur f^-i'-néral des maisons et liiiance< de
Moiisiiiir, fière du Uoy ». vend, moyennant .{.ooo livres de rentes, lune des
diiiv maisMiiN qui lui a|i|iarliinneut. sises iiie des Saints-Pères, ci dans laquille
il liahile, «à messire (le La Porte, di-meuiaut ii Paris, r\w Saint-Père, à Saiul
<ii-rmaiii-des-Prés. cy-de\.inl valet de chambre de S,i Majesté, n On comprend
p.u- lit que i,:i Porte .ixail de (pi.ii Ni\ri' ipiand Ma/aiin lui eideva linilal.iiienl
ses fonctions. In autre document n'est pas moins intéressant; c'est celui
où l'on >oit " très puiss.uil et très illustre l'rince Monseijrneur Philippe.
elie\,dii-r di- Lonaine, i\],\,r connnandalaire des abbayes de 'l'iron. Saiiil-.lean
lies \ i;;nes et .Suissons. Saint - Uenoisl sur L<iiie el Saiul-Ui\e en \alée
de Chartres, demem.iut à P.iris. au Palais- Koy.il. lequil .1 reconmi el confessé
devoir h';.'ilimemenl an >i .lean 'l'ancrède. preiuiei chirnrjrien de Monsei-
gneur, lils di- l'r.-mee, demenrani au«.-i ,,,, l»;dais-Uo\;d. la sonnne de
I '1.000 liMvs p.,iii pivl d'ar^'eiil. f;iil par le,|. siem- 'l'ancrède and. sei-neur
iheN.ilier lie I.Mii.ii,,,.. iiiipir! il .1 |;i ■.,,iiiiM.' .uiiq)li'e. tiombré(> el d.'livrc'c... »
'•'••••<• '•^' •' l.-.eiidire 1701. ( ti-, M,,iisi,.|,|- ,'.|;,i| |,,,,i| I,. 1, iiiin ,|,. jj
I M" ili- I..1 hiM.II.'. r.K .iiil.iiil \a iiii>rt i\r Miil.iiiir-. >lll . S,,,, piviiiici iiiitl.'i in. \l. r>|>iil... •
Il ni »r.tl t|iii- iVlnll .1 S.iinl Clniiil. .V l'nrU. ci- |>oiiviiil .''li irs>iit. iHioliiii ■ Iji loiil <wis. lailc
noUrli- i|iil lliiililiii- nliiid .1 i|iii >•»{ ii i .il... r<tl |,i. >,,ii> n,,, mih. il la i|ii..lili- ilr picmi.T
tnôflpriii ilr Mmlaiiii' ■• > i-*l |i.'irriiil<>iiii-iil »|mV1I1i:iv
r.K Kui.iii; m; i.oi is \iv
iCii
SAINTE MADELEIM;, P.VIl LE UUll»;
(TlblMil igili fjiuit pirlie Je la Cilctic Jii Palais - Royal)
„.„.. y« ^■•w
iiriiic .iiiiii'c. l'"aiil-ll ((iiicluiv (|iic ce hc^diii ir.iii^viil (|iii |)iv>vnil le (■li.'\;ilicr
!,■ |,.iMMiiir N.ii.iil (le (■>• i|in' --lin liilMc iMuIccIciir ii"('l,ill |ilii-< l;i pdiii- lui
Imiimci ilr- li'iiHii-M.i-c^ iiimiiii.im'-- lie ^;i I l'iii I iv^^c !' Il (•..iinIi'nI .r.ijdiilrr
juil s'engagea \is-ii-vis <lc -mhi invlciir en ili hhimiiI [ik m m ;iI i< mi \\ <iliii-ci
-II! iiMc soiimii' lie .")().()(»> Ii\ii'< (iii'il (li'\,iil Iniiilirr, (li-;iil-il, de la siicri-s-
i: l' Al. \is- u()^ Al.
siuii ilii iii;ii.|iii-. «If lîounli'lli". 11 IjiuI iiiciilioiiiiiT, ciiliii, dans un l<ml aulro
oniri' d'iilrt-s. piiniii les aclis ijnc j'extrais de relie mine >i liclie des niinnles di>
notaires parisions, pour relie période de Tliisloirc du Palais-I\n\al. la piocu-
ralion donnée le lU jainier 1(170 à .loacliiiii de S(>i<rlière, par Leurs Altesses
Uovales Monsieur et lleiirielte de France, d.' veuille » nue grande maison
size à C:oulond)0. consislaiit en plusieurs haslimenls, grand clos, jardins,
tonvs et liérilages en dt'pendant. ensend)Ie toiiles les antres maisons et
Ih'-rilages sis au lieu île (loulondie, sans anenne ehose en excepter, qui
appaiiienneiit ;i Leurs Vitesses iloyales, an moyen de don ijni en a ('It-
l'ail à Madame la Dueliesse d'Orléans par inessire Hapliael de Mnnla^nt,
amliassadeiir, et axant pouvoir de Sa Majesté l)rilannii|ne, le mi d' Aimlelene,
auquel ladile maison est échue, i)ar le décès de la leiie Hevne d'Aii^lelene. »
Il s'agit là, eoiiime ou voit, de la maison de (J)lonil)e on s était retirée
llenrielle il" Angleti-rre après le mariage de sa lille avec le *hir d'Orléans,
L'acte porte les denv signatures que nous reproduisons ici.
SiKiintiin- il'llciirii'lli'- Viiiic. Mnilniiir. U-
ilr riiilipiM- ill II II ■11^. rii'ii- ilr l.oili^ \l\ .
SiL'ii.iliiic ;iiilo;.'ia|iln' ili" .WiXi.viVlir,
l'liili|i|><' lie l'niiUT. liiii' iIDrlraiis.
l'ant-il inaiiileiiaiit, pour aelie\er de peindre la \ ie (|n'oM menait ii celte
«'•piiqiie an l';ilais-Ho\;d. iiidiqnei le> dispenses de la lalile, dire eominent cl
il quels pri\ on si- proenrait les proxisious de Imin lie!' l'oiir la talile et Ion!
ce (pii eoni-eriiait la liouelie. le Imdgel mensuel, rien que pour la niai-on de
Madame, était de 10.000 ;i 11. livres. (^>uaiit aii\ pi on i-iniis. elles ('taieul
itpporlées cliaipie jour au palais, loiunie ,111 leinps du laidin.d de loclielieii.
par de.s pouiMoeins a\ei' lescpiels les eliel's de service cnnli .iclaieiil des
liinrrlii's. Les minutes des iiolaires que j'.ii pu consnjlii- iiuus loui nissenl
pi'i'eisi*iiienl tous les marelié-s passé-s en iCi-d |i(inr le pain, la vi.inde. le \in,
la nMisHerie. le poisson, etc., et nous donnent les pri\ ,{,■ tuutes les demies
■ I • lictAlirr ilr I.Drriiinc inniirill en 1710, .. >i pnuMi- ipi'il a fallu i|iii' sis amis payas^ciil li'-
fiji» ili «III i-iili-rn iil. .. ilil Mncliii Inii« *» >:i,rrrf.fiuwUiw;\ Kllc ajiiiili-; •• Il a\ail ('ciMMiilaiil
KMi.mio iVii» ili- n-iili-». niait il l'-lnil iniunait adiiiiiiislnili'iir : ses (.tus I'iiiiI loiijdiirs xoli'. roiUMi
■in'ilt lui iliiiiiin^wiil iiiillr |ii«l>ili-t i|iiniiil il m avait lic-uiiii |iiiiii Jouit <■! |miiii' x's ilrliaiu lies, il 1rs
I«1m.iII ilIwiiMT l'I pillrr siiii liirii il li-iir faiilaisie... Il ,1 fail une liieii vilaine lin." Il iiiiiiiiiil an
l'ilii^ Il .% ,1 f,..|i|M'. <rti|Mi|i|e\ie, l'oiiiiiie Miiii«ii-iii. .t;r, l.nrn-fimnilimie <lf Mii'himr. l'dil. Iliiiiiel.
M': riiiuU'; \u\ i.oi is \i\
i(i3
iTjWcau Je la Gjlcric Jii P..l.us - Roy.il. — Faisait parte de la ColU-cl on de .Monsieur)
."illirlc |);n .illiclc. ( )ii lidiiNcra ces (lociliiiciils ;i l.i lin ilii xdliillH' {l'icccs
jusd/iralncsi . l'oiir ic |i.'iiii. ji;ii- cvciiiiilc. le iiiciiiicr iii.idii' d'iK^ilrl i\i^
Miiihiiiir. (ilaiidc 1)1 iiiiii.'iii, ciiiilriiclc iimiiIk' ,i\ic l'r.iiii i lis l|ii\,iii. ., iii.ii^lit'
iMmlaiiyer à l'aris, (U'iUi-uiaiit rue Fioiiuaiitcaii ». cl cflui-ci s'engafiO à livit-r
journrlloineiil au Palais- lloyal tout le pain (jui sera nécessaire « pour la
provision de Ixtuelie de Son Altesse Royale, son train et suitte, suivant les
menus qui luy seront baillés pour la distribution d'icellny..., sravoir : les deux
tiei-s de pain de bouehe du poids de () onces et liiulrc tiers iUi cnininun du
poids de 9 à lo onces bien cuit et rassis, lequel pain sera prizé à raison de
Irei/e sols pom- cbacnne don/aine de pains. » (l'est Michel Petit, premier maître
d'hôtel «le Monsiem-, (|iii passe marché pour le vin avec im crriain .Iules
Crousv, demeurant inc ili' la .luixciie. ;i reiisciirnf de la l'ominc de Pin. Tout
le vin de bouche cl de talilc doit cire li\ré au pri\ i\v i l 'i livres par muid,
jauffé à la mesin-e de Paris tenant trente-six seliers' par ninid, « sans (pie
ledit Crousv puisse i)ailler d'autres vaisseaux (pie tnuids, » leipiel \in de laide
((Sera du meilleur (|n'ii ><• pourra ti-onver». Poin- le (icomninn.>, le \in dnit
t^tre de .O'i li\res par nniid tenant trente-six seticrs. ((bon, lovai et niareliand,
et sans ancim \ice d'ossanx n> desboire » (sic). Le marché potn- le> viandes,
poisson, volaille, etc., était plus compliqué. Il fallait spécifier le pri\ de ( liaipie
pièce, avec sa qualité, sa {grosseur ou son poids. Celte obligation nous vaut les
renseignements les pins pr('(is sur ce (pie coulaient à celle é|)o(pie, ;i Paris,
toides les espi'-ces de \ landes, la charcuterie, lo poisson, les leul's, le beurre.
La livie de li(eid' ('lait cot('e 'i sols, le porc frais 6 sols, le petit salé 7 sols. On
avait trois poulets pour .'!o sols, un chapon gias pour /|o sols, une poularde
grasse pour /|.'{ sols, nu lii'vre pour '|(' sols, un cochon de lait pour '|0 sols,
une l)écasse pour a'i sols, une don/aine de grives pour '|(J sols, une (imi/aine
de c;ulles grasses pour id x.l-, une oie grasse pour .')o sols, inie livre de laid
(Ml de beur're ponr 11 sol>; le cenl d'(''crev isses se vcndail .'!o >ol>. Le poi>>(jn
de mer l'Iail relaliveineni cher. I n pelil saiinioii de deux pieds de long se
pa\ail iS livres 10 sols, un grand sainnon .'{.") livres: une helle linile \>. livres,
un ;.'r,ind Imbot |S livres, une grande sole .'< livres, une -oie ordinaire 10 -ois,
l.e poiiivovenr s'oblige.iil :i faire la fourniinre de ces viandes el poi— -ons aii\
prix lives, cil telles (piantiti'- ipi'on lui deinaiiderail : anciine excuse n"(''lail
admis»' de .s.i part «-oit pour la >aisoii. -oil pour la . Iieil.' de- deinves. Dans
lo eu» où il n'aurail pa- livr(' celles-ci dans le- e lilimi- |u/viie-, les olliciers
du duc d"» )ili'ans poiivaieni en prendre nimporle oii il- en Iroiiver.iienl an
compte du poiiivoyem-. l.e poi-soii dev.ill ('lie appoih' chaipie .jour. ;i -epl
heures du malin en hivei', ii ciii(| heure- du malin eu ('•l,', d,. j.i, ,,n .'1 ce i|ue,
s'il arrivait (pie |,- toi uni turcs u.- Iii--eul pa- .. lrouv(''e- l.oiine-. lov.ile- cl
1. Il fiiiil %f ra|i|M-lcr i|iii< le «-lier <li' l'nrU «nliiil 7 IHks \-i icnliiiK-lrc- ctih.^. l'ai i..iim'-
i|iiriil. |r iiiulcl ilf Iniilr <ii «•llcM ((iliU'iiiiil ïliN lilics. CViall donc du \iiià ', • ( cnlinKS le lllic
iin'oii liinnll «iir lii Inlilr* |irliirli<r(>* nii 1(1711. ri ii m n-iiliii|i>„ >,,r Ich lai.l.^ dr Mi\i(c.
I.I-: I it 1 u !■ m: i.ni i -; \ i \
idi")
niar<'li;iii(l('s <>, ,t\\ ail
(laii-- 11' inaiclK', c^l
t'aii'i- (l'aNaiicc piiiii' I
II' l('in|)-' lie -('Il |ii(Miin'r daiilir-;. I ii arlii'lc à iKitcr,
le ial)ai> (le .!. 11(1(1 ll\ic^ (|U(' le |i( im\(i\ciir (•(iii<ciil à
ciisciiililc (!('>• Il iiiriiil iii("~ (|iiil livrci'i (laii'< le (■(im> ilc
I vi'i>sEiui-; HKS (;i)iiELi>ii comi'Oske paii cm. i.kiihi n poi a i-\ ix (:(.m\TK)\ nr pala(^-i:u^ \i,
(Série Je VWsiolrc dr MMigr,, sîi pli^cs. a'.ip(i>> la gravure dt B, ['i.art)
(■Iia(|iic aiiii('c. ()ii l'ii pciil (l('(liiii'.' sans ddiil' (|ilc le-- |iii\ s|i('(ilii's clilciit
au coin- (irdiriaiic lies \i\i(~ ii l'aii-^. en ili^d. cl (|iii' le laliais de ."{.oiio livres
i'c|)i'('scnlail le vacrilicc (( m-^crill |i.ii- le |i( uii\ ( ixciir jMtiir ul)l('iiir les a\aiila;^('S
d une tuiiiiiihiiv aii — i ali< iiidaiilc cl ii'-^nili("Tc (|ilc celle (|ii'ii dcxail l'aire au
l'alai--K..\al.
iRC, I.K l'AI.\IS-I»OYAL
M.iis laissons ci's (li'-l.iils de la \i(' il()iiifsti(|iu', cl iweiions à riiistnitc do
iiiilrv iiiuiniiiii'nt.
Ia- fiviv dr Louis \i\ |)iit (If plus cil plus ^^oùt à (k-scrlci- de temps ou
temps Nfisaillfs poui- M-iiir ;i Paris ddimci' ipichpics ivccptioiis dans ce palais
où il se sentait (hnaida^'c son maîtir. sans linipiiétudo de porter ondjratre
au loi, et lieiireii\ <le se former mie petite cour (pii lui liieu à lui, où il trô-
nait >eiil. (losiiae racoiiii» dans ses Mcnwires que Monsieui' ni'tail jamais si
satisfait que loisquil pouvait, les soirs qu'il passait ainsi dans sa maison de
l'aris, 11 demander à di\ ou dou/.e peisomies en particulier : <<E/i bien ! n'ni-Ji'
pus bien lin inorulr (iiijimrd liiii .' ^^ Mais sil y avait foule dans ses salons, il
le de\ail moins à lui-même (pi'à sa fcniiiu'. celle aimahic, spiiituelle et e\(piise
llcnrieltc d" \n^lctcii-e, ipii sut ^idiipcr auloni' d'elle une sociélt' d'i-lili' i|ii'elle
cliarmait par sa •.M'àcc. Sainte- HciiM' a exccllcnmieiil (h'Iiiii l'espèce d'alliac-
tion iprelle c\erça et le i^emc d'inllucncc (piclle eut sur celle pelile cour du
i'alai^- Ho\al où elle donna le Ion, réyla les dixerlissomenls, fut \raimenl
1 l'ine. cil un un il ' :
Mnrle à Niii},'! si\ ans. dit il. et ayant l'Ié |)en(lanl neuf ans le cciilre de
ra^'iviiieiil et (les plai>n's. Madame iiiar(pie le plus licaii ou du nioin-. Ir plus
^.'laeicuv ninineiit de la cour de Louis \l\ . Il \ ciil apic> clic, dans celle eoiir. plus
de >pleii(lenr et de ^'laiideur iinpiisaiite pcnl clic. niai> Mi(iiii> di' (lisliiieliiin cl i\i'
liiie.s.se. Mudaine aimait l'esprit, le disliii^.Miait en Ini-lucinc. l'a Ma il cliciciicr. le i'i''\cil
I lit chez 1rs vieux poêles eomiiie (iorneille. le ra\i)ii>ail l'I l'eiiliaiili«>ail elic/ les
jeunes eiiiiiliie Itaeilie : elle avait pleini' à Aiulniliiiuiiif. dès hi |i|-eiiiièi i' leehire (pie
le jeune aiileiir lui en lit : <■ l'ardoime/ moi. Madame, disail Itaciiic en Iclc de ^a
Itajji'die. si j use lue \aiiterde eel lienreux coiimienceiiienl de >a (lcsliii('c. ■ haiis
toute* le* coiii> ipii a\:neiit pii-eédé de peu celle de Madame, à (ilianlilK, à riiùtel
Itanilioiiillel et ù l'cMitour. il y avait un ni('-lani.'(> d'mi •'(lùt di'jà ancien, et (|ui
allait devenir suranné: avec Madame cumnieiice proprcmcnl le lhu'iI iiiiulcinc de
Luiii-* \l\ ; elle eonlriliua à le lixer dans sa pureU'.
Le «lue d'Orli'-ans fut insensilde à laiil de ^jiàce. Ses di'saccords avec <a
femme, la liitle sourde qui exista enire eux. sa lirul.dih', pour ioul dire, se
inanifesl.'Tciil piililiipi<'iiieiil . \ii l'alais Ho\,i|. i| s ,iit drn\ iaiii|is. l'un poui-
Moiixieiir. raiitre pour Madame, contre ipii le clicvaliei de Lori.iinc ne ( css.i de
fomenler liaHscment les calomnies. La princesse p.'irvinl ;i olilenif li'li liçiie ni
lie cet ennemi à lan;:ne de vipère. M.iis I (• lui pour Ii lai incn roiiil, \ii
Hiirpliis, loiil l'-lait contrasie entre elle et s ,ui. d<>iil l'i'diK al ion av.iil et.'
sysli-iualiipiement réduite aux fntilili's. en vue de snn IVèie. .1 ipii on avail \onhi
laisser Ions les presti^^es. ( ielie àmc .. d'une liililili' desespei ;uile ... ce c.cur (|ne
I s«iMi lin w , '.VtiMcnVi i/ii l.iiwli. I \l. \i. iim
1. 1: I u I u I II I 1(1 1 I > \ 1 \ I {(-
iiMiiinia jaiii.iis « licii de Iciidic ni dr i^raiid ", ciil cmiiiiih' un l'clair di; /Me
et d'aiidiiliiin lnis de la ■iiiiMic de iCidy. Mais I is \l\ jcla xilc inic douclic
sur SOS vc'll(''it(.'s (l'Iu>iiri('iir. Il lui dit un joui-, au sit"':^!' de |)iiiiai: n Mon l'ivre.
V(tns poinc/ aller vous (li\(tlii-, cac iidiis alluns Icnir ((Hiscil. » Traili' aiii-^i en
eid'anl. Mnnsieur se laissa aller désormais aux prnclianls de sa cinule inhlli
^:('n((>. Il niMil en lèle, (piaiid il In! :i l'aruiée, h (|ut' de faire faire des ienles
|)i(i|Mi's cl ;;alaules, a\anl ^^laiid siiin (lu'elh^s l'usseut remplies de mimiis cl
de chandeliers d(> erislal ' . » I.iirs(|ne. [Xiur se di-lasser <le celle cam|iaj,'-ne, il
rc\inl il \ ill(Ms-( jtlleii'ls. pour mouli'er (pi'il aurait pu rau^cr une ar(uée en
halaille, il se mil ;i ran^ci- des fauteuils, « lil meliic loules les chaises sui' une
uiènie li::iie, l'orlilia les iiielles de lalileaux, taiilelles. placpies, plaça l(>s miroirs
dans dos poslos a\auta^(Mi\, llauipia chaque lahie (K- (pialre guéiidons, enfui
dis|)osa fj:('iiéraleiueiil de (oui le cor|is de ses meuhles avec un ordre iiier-
\eilleu\ '... » L<' naliirel avait repris le dessus. Monsieur ('lait ik'- ordomialeur
de fêtes. Peut-être eùt-il pu faire autre chose, (lest à cet l'inploi ipiil dut se
résigner, surtout après sa conduite ;i la lialaille de (lasse!, où il se permit de
se distinguer, ce (pii, sous Louis \l\, n était pas admissible.
Apiès la mort foudroyante de Madame. siii\emie le .'!o juin 1670, le
i\[\r (l'( h liaiis. porta loiil juste le deuil de sa femme le temps exigé par
reliipiette et se remaria rannt'e sui\arite a\ec l'!lisalietlr-( lliail(jtte de Ba\ièi'e,
lille <le rKlecleur Palatin.
han^ riuter\alle, il fallut régler les alTaires de la succession dllein ietle-
\nne d" Angleter're et faii-e le partage des liiens, grosse (piestion dans une
famille |)rineière, et épineuse surtout cpiand il s'agit dune forlime énorme
représent(''e par des propriétés avant les formes les plus diverses. Ij'Irnc/i-
Inirc des hieiis personnels de Madame, — dressi' par- Pierre (iillot et St^liastien
Mollel. maîlrcs tapissiei'S, Anhertiu (iaudeion el Pierre (iolle, maîtres menui-
siei> en l'iiciie, Thomas Mei'lin, orlê\re du roi, Pierre (lom-tois et .lean Pitan,
rnarihand joaillier-, Airt. Ilrrrcari. nrarchand lapidaire, et J.-M. Picard, peintre
du rdi. — nous donne le relevé de tous les heanv meiililes, tapisseries, tahleaiix,
ipiille avait dans ses diverses résidenrcs. Uieii (prau l'alais-l\oyal ou ne compte
pas moins de Hii) laiileauv (du mirni'ro ,')o'i de V lin'i'ntaiji- au riuiiK'ro \-'.\),
dont (pichpies-iins de tout premier ortlre. A oici la lisle de (|uel(pres- uns :
l'viii.Lu \ vi'1'Aiiti:na\t \ llr:\riir rrr; i>' Vmu rrrrruu : \ari Dvik : /.(( l'uniillf royale
d'Afit/lcli-rrr (csliiiii' i,>n.i IImcs). — l,'K>paj:iicilelle : l'clil Uov.sc (Son li\res). — |,c
(iuiilc : ^7(''(/)'i//v' (.')oo livi-es). — P. \ (M-orièse : Jinjciiifiil ilc Paris (Cmhi |j\r-es). —
I.r (ùiiile : CniiUUm, de toute sa liaiiteiir ('n»> livres). — Paul IJiil : (Iraïul Paysage
I. (;i)s>m;. Mi moires,
■i. Ihiil.
idS i.i: i> \i. Ms- nov \i.
('ioo li\ics). — Le Tilicn : Portntil du Comiitaiideur (3oo livres). — (.orièjrc : Madc-
An/If (i.iHRj livres). — I.e Titien : Porlrail de femme (2Ôoli\vcs). — Aimii)al Canaehc :
Sun |ii>ilrail (i.'io lixies). — Tinlmelle : Son |)orliail (25o li\rev). — Van Dyek :
.5 porlrails (rintinnie.^. .'> pmirail.-^ de femmes ((ion livres); pelil lalilcaii k |ii('>riilaiil
les princes cl priiK'Csscs d' \n;.'lelcrrc (."lo li\rcs). — Le Titien : l'orlrail de I \i('lin
(lin livres). — Mifinard : i'urtiait de feu M. le canlinal Ma/arin ((in li\r('s). —
tliorfiione : l'tirirait d'un loiiiiiic illnslre (."lo li\rcs). — l\ii|diacl : - I ne Ir.-lc iicinlc
à frcscpie (|ir(iii dit c>trc de llaphai-l ■> (Go livres). — IN iii-iii ; l'ililc \i(t-c
(fil. Ii\res). — Paid Brij.de: Petit paysajrt* ('-îo livres). — l'nrhns : La liiic li(\nc
Marie de Médieis ('|o liNres). — P. dr C.oitone: Porirail d'une sainte (ixi li\rc>).
— Piirlius : portrait dn l'en mi i.nnis Mil. — \ an Dxck : . Dinx purirails ihi tVu
roi d' \n;:lcleire, dont l'un <'st armé, et le troisième d unr fcninie d (-j'nt liMes).
— (Jnentin Metsis : .Inpiter en amour (loo li\res). — L'Mlianc : \ iei'^ie (loo li\res).
l'arnii les tapisserii-s. ('■^-•.ileiuent ln"'S iicllcs, (|M'll(ini(l li' il' \ n;:leli i re
a\ail au l'alai>- Kii\al, il faut citei' : Kilaiis la i^rande ;.;ali'iii' cinln'c. d Vllis-
titiir il Al liinisr. eu sept pièces, de la lahriipir des (ioliclins ((i.ooo lixics),
el V llisliiirr ilr saiiil l'uni, eu sept pièci'.s ^S,()eK) li\r<'s): <c(laiis le ^laiid
caliiiiil dcirièic la cliaiuliic de Monsei^'iicur lo (lue dt )ili'atis, » Vllistitirc
ilr iniivirilr cl Chuindr, fal>ri(|ue de Mandre (.'{.ooo livres): ndaus le
(ianle-MeultIc, » llislitirr dr Sci/iiofi. fahricpie de Ki'iivelles, eu sept pièces
(.'{,i)i)(i li\ie-»: y hn/iit/iiffi/ <!' Ilrlrm-. faliriiine Ar IWiivelles, eu six pièces, elr.
\u uoinliii- des olijcts (l'ait, il \ ;i\ail uu ;:iiiu|)(' de lirou/e rejiri'scidaut
lliitii l\ a ili<iiil («'iM li\nsi, des uiosa'iiiues de iuarl)re. r\f. (hie de\iu-
n-nt CCS curiosités? Dan- V linrtilnirc <le .Mousii'ur. drossé en 1701, nous
rolrou\erous ipiclipics-uiics ilcs tapisseries, cnnnnc V Ili^to/'/r de Scij>i"/i on
V Enlnruiriit d'Ilrlrnr. Mais les tahicaux u"\ liuun ni pas. l'i-ul-èli'c rnrcnl
il» Nciidus. Cependant pln-iciu- il'cnliv eux il non di- inuindivs — Ici ipic
la l-'iiinilli- iDifiile d'Air.;lrhrn\ dr \an l>Mk — 11 pai aihiMil dans la cullcclion
du Uét:cut aM'C colle iuilicaliou : .1 prnvcnaut de Mnn-ieui '. .>
Lu it.71, Mi.n-icuf épousa en sccuidcs uiiccs l';iis;i|i,.||i -( ili.uli .tle, (ilii- do
rKIccleur du l'alaliual ipic l.i paix de Wesiplialle a\ail ii'lalili dans se> lllal-.
Celait MiiiipioiiienI ini uiari.i;,'e pnlil iipi.'. .. \.,ns cnniprene/ hieii.» dis.iit à
celle occasion M" di- Sé\i;.'ué', 1. la joie (piaïua Muiisicin- d'axnic .a -e niaiier
en céivmoilie. cl ipielle juie encore d'avoir nue U- ir ,pii n'enlend puini le
rraiKois. Il La jeune princesse u'.ivail que dix neiif an>. \ la MMiti'-. elle u'c-tait
point Im'IIo. mais c'é-lail une rouii l'opiil el de linii sens, (pii sid très \ile
I. \jk rnlIiTlinii ilr Mniliiini- iiu-rilonill iiiii- l'-liiitc à |i,iil, (|iii m' r.'iilic \k\s iIiiiis le cadre du
|ir.-Miil iiinniuiv Jf riiiii|ilr |iulilirr un jciur I7;iir/i/rii(v ,lllrnrirllr iC (/ny/r/crrc. dmil \u. de
MmiiLiIkIiiu un rllr i|ur i|ii('li|iii-« liKUi-s ri'liiliMN luix liiiiiiaiix. diipii'-s mit! Niuiplc iiolo nianus-
rrilr. llriV i\r Ji- m- «ni-. i|iii||i>, ,. \rild».-i dr la iiiaiMiu dOriniiis.. (l/v/n" .v ,/,• /• |/-^ fninnm.
1' «éri«, I. I", p. lui), *«u< iudicnlliiu di- «lurir. l.liirrnliiirr nriuiuiil ('«iii|ii.'ii<l iliiix kik^ \»\ o.
II. I u i.ii I. m, loi is \ I V ifn)
s'imposer et |iii'iiili(' de r.isccinl.iiil Ii l,i Coin- de l'"i;iri(i'. Iiicii (|iir son iiwiii m-
l'v aidai irnî'ic. Dans sa Corrrs/xiniliini-f . d"iiii loiir si alnlc, -i vif, (,îi elle
parle avec laiil de hoiiiie Imiiicur- el de liiiesse des lioimiies et des choses
(pi'elle voyait à Versailles, à Saiiil -liloiid ou à Paris, elle a tracé d'elle-même
un portrait où elle apparaît sous les plus fran-
ches couleurs :
.le suis iii'e à licidcllicr-;.'-: inn mère ne m'a
poili'i' (|ii(' s('|)( iiinis... .le ne suis \ ciiiic cil l'iaiice
(|ii(' [lar pure ulK'issancc. Dans ma prcmièic jeu
liesse, J'ai licaiicoii|) mieux aiiin'' m'amiiser a\ec
(tes armes. Iillrs ijnc do rii>ils, des ('|){'es, des
pistolets, (pi'aNec des cliilloiis el Ai-s poupées. Je
ne désirois rien laid ipu' de poiiMiir è.tre fj-arvon :
et ce désir a l'ailli me couler la \ie: car. a\aiil
entendu couler iiiic Marie Germain l'Ioil ilr\emie
garçon à force de sanler. je me suis mise à saiiler
d"nne telle façon ([iie c'est un vrai miracle (|iiejc
ne me sois ])as cassé la lèle cciil l'ois pour une.
\ mon arrivée à Saint -Germain, j'y élois comme
lonil)ée des nues : la princesse Palatine m'y laissa
toute seule et s'en alla à Paris, .le \is hieii ipie
je déplaisois ii Monsieur, mon ('poux, ce rpie je ne doi^ ]ias Iroincr merveilleux,
laide autant (pie je le sui-^; mais je pris dès ce iiniiiiriil la l'eiiiie i('s(dillioil de
vivre avec lui de lelle iai^-on ipi'il s'accoiilumàl à ma laideur : ce à (pioi j'ai
enfin réussi.
I.i DLCIIESSE DOL lIHIKnE 11 ORLEANS
TANTE DE « MONSIEUR »
(D'.iprès rénull de Pclitot)
CoiiiiiKMil s'y prit cette étoiiiianl(> feiunie, (pii avait dans l'inlelli^'-enCO
et dans son style tout raj.''r('iiieiil cpii iiiaiiipiail à sa ligure, pour n'aiiser un
tel tour de force:' Klle ne le dit pas pr(''cis(''ineiil . (le ne diil jtoiiil être
chose facile de parvenir à \i\re en bons ternies a\ec son t'poux. ;i (pii elle
déplaisait el (pii ne le cacliail pas, comme aussi de prendre son rani;-, de se
faire aimer el rechercher par cet essaim de reiniiies aiinahles el coipielles de
Versailles, si dilTérentes d'elle sous le rappoit de l'i'diical ion el des fjoùls.^
S(jn ainm'iniei', l'alil»' de Saint-tieri de Marnas, a rendu, avec raison,
liomnia;.'-!' à la " dioil me (pii l'a si l'oii dis! in;;ii(''e pendant sa Aie». (Test à
celle xeilii ipi iMr du! d'a\oir raison des dilliciilles dr sa silnalion. Iniroduile à
la ( ioiir de l'iaiHc par '<a lanle, I iilii^lie piince---e palaliiK' \niie di" ( ion/a;.;iie.
elli' ne lui i'e^«'in|ilail pas pour rempli!, pinii li- don d insinuai ion adroite.
Siic((''danl . en outre, ii la piviiilèie Madame, elle en l'Iail evacleineni tout
le contraire pour les nïanières, le lour des peii>ees, la (U'-licalcsse des ^^oùls ipii
étaient si t'raïu.ais cIkv llenrielle cl (pii resli'-rent ( iiinpli'lemciil allein;nid>.
T. I. LE l'Ai. Aïs- nom.. j 1
J-O Lk l'M.AlS-HOS \i.
jusqu'à la lin flu'/ la seconde. (Jii ne put tout daboril seni|iè( lier de les
conipaivr l'inie à lautre. « Hélas!» séeriait M'"' de Scvigué, en parlant de la
iu)u\elle >enue. « hélas! si celte Madame pouvoit nous bien rei)résenter celle
que nous a\ons perdue! » Au lieu dune lee légère, on vit la leninie épaisse
«pi'a dépeinte Saint-Simon. « bonne et fidèle amie, sure, vraie, droite, aisée
:i préxenir et à choquer, l'ort dillicilt» à ramener; grossière, dangereuse à faire
d«'s sorties publiques: Iml \llemande dans toutes ses mo'urs, et franche,
ignorant toute eonuuoditt' et tonte délicatesse pour soi i-t p()ni' les autres, sobre,
sauvage et avant >.es fantaisies. » l'".IIe aiioi,iil la chasse, les cliicn'-. les exercices
violents, et tandis (|ur Moii>;ieur se coiniiiaisait aux réceplioiis, aii\ bals. an\
travextissemenis, an\ jiuv de caites oîi il passait tout son leiii|)^. elle, en babil
lit- ebrval et en perriKpie d'Iionnue. ('lait i-onlinnellenienl ii cliasser. l'.lie a
rai-onté ipTil lui était iu-rivé de tondu'r vingt-cint] fois de (licvai; nn join' elle
se démit le bras. Cel.i ne r.arrètail pas. Sans aucun sonci de jilaire. n"avanl pas
la moindiT eiMpn-tteric riKuinrlrli' int'nie. la lidélitt- et riioiniein-. elle avait
préciséniiMit le tenqiérameni viril i|iii nianipiait à so[i mari. ( >n lui demandait
un Jour pouripioi elle ne doiniail jamais lui roiip d m'II an iniroii' en passant :
«C'est.» répondit-elle, i< parce (pie j'ai trop dainonr |iro|ire pour aimera me
voir laide connue ji- sni>;. » Dès la naiss;mce de son |)remiei' iiilanl. ii- duc
d'Orle.'Uis lui demanda Ar l'aire cbambi'c à paît : elli' accepta avec liunnc hnnicni
eelle séparation, d aniani plu-, dit -elle, tpie «ec'toit fort ennuvenx ipie de
dormir au|>rès de \lun>icni': il ne |ioiivait sonll'iii' (pidn le troublât diu'aid son
soimneil: il falloit donc qnc je nie lin^v,. sur le bord du Ml, au point ipie parfois
je siii-. tombée comme un sac»'. MeiianI de IVoiil les piall(pies de dévotion
i-t celle de la dé'bau<-be avec si's mignon- comme le chevalier île l.oriaine. son
i-poiiv .ivail, an lit. des babilndes siiii^ulières sur le>i|iielles M.id.nne nous
donne un ditail bien piipi.'inl. \ oi<i le nVit (|n'elle en lil. longlenips a|irès
la moi I du duc d"( )r'lé'aiis, i-n i-->(,:
Mi.ii^iriir .1 luiijoms lail le ii<-\n|. Il ma lail rire une fuis ilc bon (oui. Il
ii|>pi>rlail lonjiims au lil mi chapelcl dni'i |)i'iiilnil une (|iMiitité de médailles, cl i|iii
hii scrvnit i"i r.iire SCS prières ;i\ uni de s inilorniii . (Jnaiid cela éloil lin! . j'ciilcndois
un Kros fraciis ciinsé par les méilailles. ciiniiin' -il les pionienoit -on- le- (.nivcr
lurrs. Je lui dis ; <■ Dieu me le panloiuie, mais je soupçonne ipie vous laites pro
imiirr MtH reliipifs rt vos images de la Vieiî,'e dans un pavs rpii leur est iiieomm. ■'
Monsieur répondit : ■ l'iiisc/ voii-, donne/: von- ne -ave/ ce ipie vous .lil.- I ne
miil, jr m.- Ii-vai tmil doiicemrnl, je plaçai la bunière de inaiiiéie à <•( lairei I..11I
If lit. et au uioincnl on il pKMnciioit -es médailles sou- l,i 1 omm rliiic. je le -ai-is
par le hiii», tl lui dis i-n riant : . l'oiir le cou|>. vous ne sauriez iilii- le nier. ■>
Mon^iieur se nul luis.i à rirr. et dit : .. Nous (pij jixcz été huijuenolc. v.m- ne savez
I. <. irr.'t/MMi id/inr df \lii'l'imr hi liiirh,-»tr ililrlr'iut», rilil. IIuim.i. |. \\ u. ;tiMi.
O'jpré» la plinclic publiée p.ir Blondcl { L' ArthllKlHri franfalit l
I.K PM.AIS-nOYAL
|)a> le pouxuir des reliques el des images de la Sainte Vierge. Elles garantisseiil de
loiil mal les pallies (jiion en fiolte. » Je répondis : u Je vous demande pardon,
Monsieur, mais vous ne nie persuaderez point que c'est honorer la Vierge <pie de
promener son image sur les parties destinées à ôler la virginité, 'i Monsieur ne put
s'emp.VIier de rire, el dit : > Je vous |)rie. ne le dites à personne'. »
l'dur aclicM'i- le taldcaii du méiia^'O priiii-iei- cl le iiKuiliir dans le cadre
(le la \ic iiitiine, il laiidrait parler tics visites l'ougucusos que faisait parl'ois au
I•alais-K<»^al M"' de Montpciisicr. latpicllc. fuyant le Lu\cnil)our^^ (piClle
habitait avec sa hcllc-nicrc, \ciiail prendre son cousin, Monsieur, qu'elle
alVectionnait. à léiuoin de ses ipicii-llcs doiueslitpics.
La grande Madeuioiselle, lillc de (iastou d'Urli'ans, axant piis S(Mi parti
tlo tous les mariages ro\an\ après Icstincls clic avait couru pcndaid sa
jeunesse orageuse et (pie successiveuieid elle avait manques, était toujours
un peu agitée et en l'air. Son raracicrc entier, hicn (pi'il se calmât, la
mctiail siiUNcid aii\ piiscs avec la (liiclicssc . || l'allail a|>aiscr ces (lis|)utcs.
Klisahclh-Charinllc jouait qnchpu-fois le nMe de médiatrice. Hlle y réussis-
sait. (In l'appelait la /'tn/J/'f/nc. Malgré tout sou eU'ort et tant de (pialités, il
lui falliii iii-anmciins hicii tics amices pour ai river à sempaivr tout à fait de
l'c-pril de smi mari. Kilc a dit cilc-mcmc :
l)an> les Iriiis dernières années de mon mariage, j'avais entièrement gagné
Monsieur, mon époux; je riais avec lui de ses ])etiles faiblesses; il en hadinail
avec moi >ans colère, sans la moindre aigreur; il ne soiiirrail plus (|ii°oii me
calomniai auprès de lui. Il avait eu moi une parfaile coniiaiice el pn'ii.iil Imijoiirs
mon parti. J'é-lais précisi'iin'nl eu liaiii ilèlii' hi ikinuiiiic du iimncli' la plus
heiileusi' loixpie Dieu m°a ^é-pali'i' de ir lion piiiicc. \ii nidinciil de sa lllnrt,
je vix s'évanouir saii> rclnur la ii'compense de licidc aii^ de pciiii"-.
l)iii.inl I aiMicc- di' son second mariage. Monsieur ne lll pas cM'ciiler
de nolahles Ii.iv;mi\ an Palais- Koval. I'"aut-il pi/'^iimcr ipic sa iiiuivclle
é'poiisc se contenta de n-prendic, sans v rien changer, rappartemcnt Av lelle
qui était morte!' (iette ii-signalion n'.iurait pas été li.iiialc. Les Co/ii/ifi-s ne
purleiit, |)our iti;.!, (piuiic di-prii^c iU' lo, >i)(i livres, n-parlic cuire le maçon
(lioo livres), les charpentiers {ii,-]-]'.i livres), le inarhricr, le scrniricr, le peintre
I. tjiirrrifHHvlitnef tir Minliimi- lit luiehrttr il'Orlnins, l'-ilil. Itni >Kr, I. II. p. i-t'i.
a. La MH-onilr rniiiin- ilc (liiiloii irorluin». MiirKUcrilc ili- l.ori'uinc, iipiv.i lu iiiorl di- son iiiuri
Ji IU<>I<, rUIl vfiiiic hnlHliT li- {tnlait du l.iixciiilxiiirK'. i|u'iiii (li-si;.'na aliir<i sons le iioiii ili- l'alnis
ti'tirf t (Iriiv lllh-^, l'iuii- (lilc Mnilriiiiiisfllr ifllrlnins, iii;iriri- ru il'ilii îi Cdmiic ilc Mi'iliijs.
«ran inr; l'iiiilri'. Mmli-m'iliii-lli' il' Mfitron. iii:ir'ii'-iMiii iliir île (iiiJM' ni itit'i^. Sa licllc- lillr.
la kc ' < iiv'lli-, linliil.iil atrc rll>-, <•! iiichiiiiI nu l'.iliiis il'l Ii'Ii'mii> |r (liiii:iiii'lii' .'i loiil iii.,:i
Qii.iitl .. Vl.ii.u' oli- lll- l.orniiiM-, •• dm li>~.«- dniiiilriiTi- d'Oili'aiis i-l ir\lrii\-4in, .. clic l<-iiiiliiu iViil'Ui'nl
«■« |oiir> au l'AlaUd'OrliMiM cil itl;!. I.i llllilliil|ic(|iic de l'Vi>ciial ioiimtvc U'iiilcnssjuils iiiaiiux ril.s
rciil|ilU de ilclallt «iir le. il p ii* •■« de m nuis. .11. -es do Iic|iie>. se> riiiirnis»eiiis. ><■> a< liais, de.
Iiimiiirarll liili.
i.i: lui. itK i)K i.oris XIV
173
La BaroiiiiitTO {'y>.'t livres) cl Ic-^ lii la-^sicis, (|iii loimiu'iiccnt à « l.iliouicr » de
IViiid en comble le jardin (jif i-e \n\ir va, in i(iy'|, ('lahJii- sur sis dessins.
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Piii.l p..r l<: Tilicn
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(Tahlcau Je la Cli-ric Ju P.ilaiî- Royal)
liii'ii i|ii(' le iKiiii lin ri'IM)!-.' arlislc n'a |i|iaiaissi' à aneiin inninciil dan-» les
f<)Ni|ili- (lu l'alai- IÎM\al, (-"est à ccllr dali'. à iMdii a\is. {|ii"un ilnil piaeer
les lra\aii\ (jii il lil dans le jardin et (|n"()n peni lui allrilnicr a\i'c ccililiide
non sciili'iiu II! parce que (ierniain Hiicc ralliinii' , mais parce tpi il e\islc
I. Dans Sii Ih'srripli'ii, ./.• /'/iri.-. (irmiiiiii liiicc ilil ilii j^inliii du l'.ilaU-UiiNiil ; •• Jardin divsst-
par l.o Notic. sur lu iiKHJrli' dcu Tuillui n^s. - ii;dili..ii Ar lùH-. p. .'if*.)
11^', I. E r A I. \ I s - Il n Y V I.
(le cette époque une gravure représeataut le Ptirterre du Piilnis-lîot/al,
du dessin de M. Le .Vautre, gravure dout nous publions une reproduction
mluile. Andi-é Le \iMre. ou Le Naulre", était alors âgé de soixante et un
ans. H jouissait »le toute la grande réputation que lui avaient procurée ses
In-aux tra\au\ des Tuileries, des bosquets de Vcrsailli's et d ailleurs. Mais
il n'était pas retiré des affaires et ne s'était pas encore eonliné dans les
reclierclies des médailles et curiosités au milieu desquelles il ne termina que
vingt-six ans plus tard son heureuse vieillesse. On ne peut donc être suipris
i|n<' Monsieur se soit adressé à lui pour transformer l'aspect des alentours
lie sou palais de l'aiis. Les dépenses furent d'abord réglées par le service
do Hàlimenls. et l'on \ peut relever le détail de ce (|ue conta l'ensemble
»lu travail. On Nuil ipie c'est De Marie ipii le dirige (il louche pour cela
iSu livres); Houticourt, le vieux concierge du Palais, i|ni pendant dix mois
suiNcille les ouvriers, reçoit 600 livi-es de gratification. Les alignements sont
tracés par Dupuis (.'ioo livres). On lait venii- des (|uantilés de tond)ereaux
de terre, du terreau. ■>.")'i voitures de fiunier, du gazon (à Orieu et (lourals,
'n)(i liNres): on it'-laiiiil le rondeau (à Duez, 5oo livres): on fait le « régal le-
nient » des allées ^l^ \annier. ()oo livres) (pie Ton gainit de sable lin de
rivière (:i Ledru, 8S1 livres: à Uaubert, i|).'( livres); puis on arrose le jardin
pemiinl cpiatri' semaines (."ji.") livres) et on l'ait diverses sortes de claies d'osier,
berceaux, treillages (à Lespais, 1 '1 1 li\res; à \atebant, 92 li\res). Les parterres
sont boidi's de buis (le jardinier La Koche reçoit a,i9.'{ livres et, en outre,
ponr l'oniiiiluies de 1 .STit) bottes de buis, -\->. livres 8 sols). La dépense totale
du jardin alleignil iTj.ooo livres', l'onr en achever la décoration, Louis \l\
permit il son frère dv Iran^por lei-, (pnhpies amiées après, diverses statues de
pieiie (jui >»e I loii \ aient daii^ le parc de \ei-sailles, représentant des nymphes,
-.ilMes, l'ail, ete., due- aii\ ri>iean\ de Leramberl et de Ibiyster.
Lu inèiii'- temps divers aintMiageinenls lurent entrepris dans l'intc'! ienr du
palais. soii-< 1.1 direellon d.- rareliiteele Le l'anliv'. C'e-^t (lab.)i(l le lli('àlre
où Molière venait ili' moinir (ly iV-v 1 iei ifiy.'S) (pi'on restaura, l'onr \ jouer
ropé'i.i, l.nlly et \i;.Mioiii reioiveiit nue subvention de ."^.ooo livres, l'iiis.
Monsieur lait iii^lallri un siipeibe a|ipai'leineiil an eli<>valier de Loiiaine. —
loujniirs -m les fond- de- llAlinienls du Uoi. — (|,)ii| un nii'inoire de Le
l'autre, se inontaiit ii l'i.'ioo livres, ne nous donne jias la dexi iplioii, mais
I l.ii vtTilahli- «rMiiij<ni|ilir l•^l /.c \„>lrr. (:'.•^l lllniiilfl qui. >,iii^ iiiolil. iTiil /,<■ \iiiiln-. ilaii>
Mtii iiiivrnuf f l.irrhilfliirr j, le 11 Ir l'arlMi' ^uv lu |ilaiii-|if que iioii^ ii'|ir<Mliiisi>ii> il'aini". lui.
». «iiirrNKt. t:i,mi)lr$ ilrt Itiilimnilt ilii Uni, I, I". col. 7'|,'>.
.1. ;*>ii/ , I I", r<il. -\i\. \iiliiiiK- l.p l'iiiiiln, anliil.M l.-. nr i-ii nlji. v\M W fn-ii- ilr Ji'im. li-
nlflirr «rn»r(ir, ri pliii jimir i|iii- lui ilr Iriil* nw>. 1 ii jk li- ili- ililio le i|ii:ililli- il'., iiirliilrclc. iiiyiiili-iir
ibi iNKlIiiiriK ilil llciv cl iniilioli'iir u'-iK-ral <|l'^ lia^liiiHii^ ^\,■ Mniisiriii li- diu- il'Oili'aii'- ' Il .1 M .
IHrliuimalrr rrtliiiur , i" l'ilil . ml. --\.
i.i: inî. KI-: 1)1 i.ori> \iv i-fi
doiil on pinit >-(• li;jiiii'r les ('•Irj^iiiii-i's |i;n- l;i (|ii,ilili' des ;;oiis de int-licr
appi'lt's il \ li;i\,illlcr. \)i- l'aiiiu'c itjyd ;i i(i])i). rr iir soiil ;;iirrf (|iic des
réparai ions peu iinpoilaiito au l'alais l\u\al. ( )ii irlail. par ('M'iiiplc. Tappar-
Icniciit (icciipi' par le clicvalirr de Kcinidii cl (('lui de \l"' lic lilois; le scmI|)-
Iciir ( iliariiit'Ioii ' ('\(''(iili' le lialii^lrc de la ciiainl)!»' de \li iiisiciir (•?().") livros),
cl on diiic celui t]i' la cliaiiilirc de Madame Cdi'i iixrcs). (Jn(_'l(pics dt'cora-
lions Sdiil pcinics par des ai listes tels (|U0 A. Carnot (aao livri-s) ou (ioi^iiel
(.")()() lixKw). (pii lie noM-i -ont pas connus. Des glaces sont posées dans les
pelils apparicnienis. dii liieii des foyers (\v niarlirc sont ajoult's t;à cl lii
par \l('Miai'd ; des par(|ncls soni n'Iahlis par \la((''. I",n rt'sunié, des hagalcllcs
(■(ininie ((inslrncliiin moiincIIc: ('(ininic Iransloianalions iinpoilanlcs, rien, lin
i(i(;(. le cliapiire Ptildis- /{oi/ii/ esl ni('nic coniplètenicrd supprimé dans les
('o/ii/)/(s lies lifitimcnls du Moi. el sous celle rubritpic, mise une dernière
ibis poui' mémoire par les sciibes, on lit cette phrase:
Le l'alais-HdNal a clé l)aillé à M. le dnc dOiléaii-: pallalil. c> : iinnil K
I.i: l'Vl.MS Ho'i M. noNM- KN M'WVCK M HIC noiti.ÉWS (i(i(,M
I, année idi)'' mar(pie, en cll'el, une dale cajiilale dans lliisldire {\\\ l'alais-
Hoxal. C'est alors qui! lut donné en apanaj^e par Louis \1\ à sou Irèic, lecpiel
jus(pic-là ne lavait occupé (pie par une sorte de l'avcui'. Le roi a\ail d('jà
comliie (je liiens Mdiisicur. Lors de son mariaj^'c a\ec lleniiette dAnjrleterre,
il lui avait doniK' à litre dapauage les duchés d'Orléans, \ al(jis et (diartres,
cl la sei^ncnrie de Monlaij^is. Lu iGj;»,. il y ajouta, comme supiilémenl le
(IucIk' de \enionrs, le coiiih' de Donrdan cl Komoraiilin. le manpiisal de
(Joucy et Foleml)ra\. Le chef de la maison d'Orléans ('tait ainsi eu posses-
sion de la plus colt)ssaie fortune (pi'il y eût dans le ro\aume, avec celle des
(idiide. Ldiii- \l\. en an^incnlanl ces richesses par le don du l'alais-Koyal,
olx'il ;i mic arri('re-pensée : (■'('•tait une récompense et un reinerciement. Mon-
I. (.In isloplic 1 lliarriiclon esl moil en 1708, avec le litre Ae •• sculpliiii «lu Unx .. s,,,, 11,1,.
(jL-oi'gos clail iH'iiilic l'I fui noiiiiiit- niciiibrc de l'AcadiMiiic i-ii ililii.
■1. (il iKutKï, Ibiil., t. 1". — Un fail est à noter ici : en lOS.'i. Louis \l\ iioiiiiiia à In cliar-fe
«le capllaine concierge (lu l'nlais- (loyal le duc de Kiclielieii. en icinplaccniciil de l'aiicieii sei\ile(ir
du cardinal de Iticlieiieu. Vnloine de l.esliiihlon. (|ui reiiiplissail cel emploi aupara\aiit. el s'en
di'inil à celte épo<|uc. I,'arii"'l esl dali' de "\ cisailles ;io' feviier il)H3 ». On lit dans l'acle dont
une copie est aii\ Aiclii\es (ll'i. -.1811 : Louis, «...ayant eu agréable la démission ([ue nolie hien anié
\nloine de Trille, sieur de Lestrublon, a lait de sii cliarj^e de capitaine concierffc de nostre l'iilnis
Ijinliiiiil en fa\eiir de nolie bien aiii»; cousin Vrinand-Jean Dnpiessis, duc de lliclielien. pair de
l'rance. ilie\alier d'Iionneur de notre très cliere et Ik's aiiiee lille la Daupbine... •. Ainsi, encore
il cette c'poijue. on disiiit le l'iiUiU ■ Cardinal dans les actes olliciels. La i«''lle\ion (|ne su^:t;(i'e celte
noiiiinatioii est la suivante: conuneiit piil-il y avoir, à aucun inonienl. un autre capitaine
concierge que le duc de Kichelieu ? L'acte de donalioii du cai'diiial ("lait pourlaiil assez l'oriiiel à cet
C)l,aiû. Noyez cet acte an rlia|iilii- I '. pa^e W.
1-G l.E P\I. VIS-KOYAL
sieur, en t-IU-l. ik- vciiait-il pas do consentir. \Hmi- lui plaire, au mariage de
son fils lMiilip|)e. «lue de Cliarhvs. avec M"' de Blois, lille légitimée du roi
cl de \| d.' MMutespau!' Cette union projetée, caressée par le luunarque,
réaii>ail un di- ses plus cliers désirs; il le prouva.
Il \ a\ait pouitaut une dilliculti' dans le cadeau du palais iiièiiic, ;i un
prince, ce prince lut-il île sang roval : c'était l'acte de donation de Uichelieu.
Kn effet. l'acte (\oyez chapitre I'. page ."ÎS) portail e\pr(>ssénient comme
couililiou que >< l'IuMel demeurerait à jauiai- inaiiciialile de la Couronne,
sans même pi>u\oii- «'Ire donné ;i aucun piiiice. seigiirnr ou aiilies personnes
pour N loger sa \\i' diuante ou à leuips : rinlenlion dudii M'igiieur' cardinal
(■laid qu'il m- sei\c (pie pour le logemeid de Sa Maji'^li' (|nanil illc l'aura
agréable, ses sncci'ssein's lloys de France, ou de riiciilicr de la Coinoiuie
si'uleuieiil et non autre». Il fallut cherclier des e\pédienls cl jougler avec
11'» Ifxli's. I,;i clioNC ii'.dla pas toute seule el pii'occupa le roi. Dans sou
Jnitrftii/. Dangeau lui-niéuie coid'esse (pie, ((sil n eùl compté sur les habiles
(bi (Jon-icil. il n'aiiroil peut-être pas troiiM' heaucouj) de l('galil('' dans cette
affaire." Vxcii naïf. Mais les ((habiles» ne inaïupii'iil jamais auloiir (11111
tîc'dic. I.oiii- \I\ t\\-{[\ pas grand mal ii triompher des sciii|)ules des h'gisles.
(lu ^iit aicommodiT les argunicnls à son gri'. el il eut \ile sa! isl'aclion. f^a
petite comédie (|ui >-(• joua ;i cetle occasion tient loul cnli('rc en deux notes
iiiauu><crites coiiser\ees aux \i(ln\es ualioual(*s ' . Elles ne sont pas signées
et n'ont ji.is besoin de l'èlre. ( )n \ reconnaît, sous la pliiMséologie gouvei"-
nenientale, r(''ternel jeu de la nmse.ide (ju'on cheiclie ;i escamoter... a\ec
dignité, .liii'.i qu'il sied en po|ili(|iie. 1„| piemi("'re de ces notes est une consul-
talion et eoiuuie une demande di«-cr('tc a(lrcss(''e [)ai' i|uel(|u"un de renlourage
de l.oui> \l\ il un iuri>le eu (pii il apparaît (pi'on a\ail conliauce. Klle est
ainsi eoneiie :
N'i/c sur lu rnnrrssioii ilii Pdliiis- Royal à Mnnsiear.
\.r Hn\ (loiine il Monsieur le l'alais-Hoyal pour aiigmeiilalion d'apaiiai^i' ; il ot
(|lirMli(in (li-ii cxpi'dicr \r- i.cllics iialcnles (|iii (liiixenl èlic \i'iilii'es au l'ai lemcill.
< 'liaiiiliri' ile> ('.iiniples, rie.
Il -eiiil,],. i|ii<' |i,ii la (loiiali pii a l'Ic' l'aile à S,i Maje-li' ilil l'alaisKoxal
p.iiM le(.Miliiial (le Hicliclieil , (pic .Sa Majotc' u'cii peut disposer. Neiiiliv. ali('iier.
ni iim'iiic en «loiiiici lialiilalioii (pi au plus proclie Inrilicr de la Coinoniie Moiisieiii
n'a pa-. hii>Hr ,\s jnp-r depuis la nais>aii(e ,\i- Mmisri-nein le Daupliln
• ■.KiiiMM- !•• Hoy ({('•«.ire le (loiuicr à Mmisieiii el à >es mk cessein -. (I i|ird seroil
Imiii de donner (pirlipic fondcnieiil. Irniirrr iiurh/iir hniinr niisnn. <|iii iih II, 1, lloy
cil clnl (le faire celle donalion en apaiia;,'e. on deiiiaiide sur cel.i axi- .1 un projel
Kl (•(iliinii- il ne faut pas i|iri| paruisse (pic je Hoy d<uilie loiil son hieii. e
I \rrlii«<-« iiiitidiinlcs, l(^. jNi
i.i: riiKiir. ni: i.oris \iv
ELIS^BETHCH^IRLOTEP^^I. '3TI\t.
Crl-^irl&jLoiUJ Pt ulceP l/afirl -^/i I
C/iafiaCeJ- die ^e Çut/ÙJt^neZyijri^r \ -^
i^-j matin àe /ytfcAc'cjtiji^c)6lrtilifuut
/Sri^ertiaui So/i yfûe^j'e ftoya/^ Afonj
f^hufu^ âuRoy Louuf /e ^raiic) / „j„.
(^"l ( Ht J-^F DOR1Jl4NS FiHf 2e.
j -v /v<f^( ffes^ e Ce ftc? Prince jjeNatfufC
S*A ' '/^cittrriSt-eir ;'j^Cc£jjjaiKra /&.
J-'hilyj-^ 3e ft-ati£c? Dite dOf ïeariit FyofV
Gn.iVLiii; popiLAiiiE ni. poutbait nr. L.v duchesse doiili:\>s, seconde iemjie iie mossieih
Nciit |(:iN l'iiirr miiciiiic ^I i |)iihil ii m <|ui nssiiiT (iii'cii r:is (|iic les siicccssi'iirs do Sa
Miijolt' \ciiilii--(iil \ ciilici-. iK lie le poiiiliMil (in'cii iciiilMUii-saiil hi somiiu' di-...
Kiiscinlilr II- ili'ptii-i- lie- li.'iliiiicnls (|iii- Mimsii-iir \ va l'aire r:iiic. cl ijn'il y
pourra l'aire à ravenii'. ipii imnl \\ plM< île .'î (oo li\res.
T. I. le palais- nom.. '^
,.,§ LE PAI.AlS-nOY\L
Mais, pour opposer la même chose, on propose de mettre cette clause que,
arrivant le cas de reversion à la Couronne, faute dhoirs niasles, les successeurs
Rovs seront tenus de rembourser les dépenses, améliorations, bâtiments et acqui
sitions qui auront été faites par Monsieur et ses successeurs, suivant les étals et
coraptcs qui en seront rendus à la Chambre.
On veut bien accorder cette dernière, laquelle, quoi(|u'(llc no paroisse stipulée
qu'en cas de reversion à la Couronne, assure en quelque façon (jti'oii ne pourra
pas retirer le Palais-Uoval pendant que la Hifuée masculine durera, sans au moins
faire le dit rendjourseinent, qui est un moyen tacite pour assurer le Palais-Roval,
parce que le remboursement de cette dépense approchera presipic du pri\ <pie
le Palais-Royal pourra valoir dans ce temps-là si on a envie de le lelirer.
Voir! la réponse qui fut faite par le jurisconsulte anonyme auquel on
avait fait appel, et dont le Mémoire est résumé dans la note que voici,
déposée aux Arcliivcs :
Mémoire relalif au don du mi à Monsieur, qui a pour ohjet d'apliuiir les difjifullcs
naissniiles des clauses oi>posces pur Ir Cardinal à la donation qu'il en (trait faite au
liai en lti3G.
La condition de la donation du l'alais-Hoval. d'rirc inMliénal>le à la Couronne,
ne fait aucun obstacle à la donation qu'en veut faire le Roi à titre d'a|Kma^'^e,
puis(|ue les aparuif,'es ne sont conq)osés <pie de domaines de la Couronne.
Mais la seconde condition par la(|uelie le Palais c^i liurim' |i(iiii \ 1(il;ii' la
personne du Roi ou.au moins, l'héi-itier de la Coinoiitu'. (|ui n'en puurr,! luriiie
avoir ((UC l'usage et l'haliilalion. sans en rece\()ir le don. pourmil l'uiie nailic plus
de dimcnltés.
La condition posée par lUriiciicn. (pic le l'alais- Royal devoit ser\ii' à Io;_fer
If Roi peut être considérée connue inexécutajjle. Mlle a i)u être ninplic sous
Louis Mil, parce <|ue le Louvre étoit alors peu lof^eable; mais aujouidliui. c'est
\k Palais- Royal, au contraire, qui. p;ii' sa petitesse d \.\ (|iialili'> de ses liàliiiiciils.
n'est plus une demeure convcMaliJi' ."i la •.'randeur du Uoi cl de riKrilirr de la
(Couronne; tandis (pic le Louvre, pai' sa grandeur et sa inagnillceru c i.'|himiI .'i la
Majesté du Roi. Il y a donc connue inie impossibilité nuirale et de bienséance dt-
|iou\oir exécuter cette eijudition à la lettre. Llle doit être considérée connue celles
qui, en termes de dr<iit. sont réjintées non écrites.
C'est encore une maxime (pi'une chose soit donnée avec une cerhiiiieileslinalion.
la donation n'i-n est pas moins valable, fpioicpie cette desliiiiili.ui n ;iil pas élé rem
plie. Ce niisoiniement peut s'a|)pliquer an Palais-Royal.
Cependant, ipioiipie ttmles ces considérations paroissenl indic ieuses et foiles, il
fuiil nranmnins eon>eiiir que si. nii jour, les sner-esseurs du mi on l'hérilier de
In C.ouronne vouloient contester l.i donation du P.ilais Roval. Ii m aiilorilé, jointe
aux terme» préciH do l'nele de don du Cardinal. |ioiirioieiil jaiie naître de séi ieuses
(linirullé.H.
Au«i.i. ponr donner pin- rjc Inndenienl et dr e.adenr ."i celle an-iuenlalion
I.K l'ItKIti: 1)K LOUIS XIV
»79
PHJUP£,S DE. FR^I\( ^~':<C>fc(>:xA;''^
frffe l^ttif^e 3e/. cuis leÇranà (. r ^^r^/y
France erà'ûnrie d'Clutfiche Nacqui.^^, / 1 V^ )^
jà^4-o, a€,<poiise'enPKem'''/^opcc}^^;\ * ■»^'
2pf/nHjjà^a,Srer2Sé'r<7ndeJVi?i^rc'J\é^^^<^ -
CcPrijce'J donne dej Pretu/e<f Bel^j/enrJ-^^'^ -^
_ _' Z ^uiuf /e/iurte Ji oy àe/
aS'^errrKMri cv7 /Oye /<? z/, c^e ^, *
f/!;r>i-iette Siuardp//e de Char/e^
/71i7r-.r jâo;, /iicjue//e ejtùecedeé (à
i^jpoiujr- 'iT/uaùef/i C^'i''/ott&. — __
Je Siiç/e C'cnidiMte datiii taufeJ /ej Canj =
viiiK l'oi'i i.AiiiE ni loiniiur dk Mo>sitin, uic i>'oiili;\ns
(l'jijiaiia;.'!'. il scinil rirrcssMir (l'i\|,liiiii(i , dans les I.cllics patoiilfs (|uo le Hoi.
cinisidriaiil la -laiidour Av hi Mciiiarcliic cl d(> sa Coiinmiic. lï-tat llorissant du
RoNaiiiiir. bien siipriiciif à relui (jnil avoil xMis snii |)ré(kri'ssciif; el voulaiil donner
niDNcii a Mdtisiiiii-. IVi'ic iini,|ii,' ,],. Sa Majcsh-, cl à ses successeurs inàlos de
soutenir la ;;randciir de leur naissance, a. |)iinr <cs raisons, lail d..n du Palais-
,So LK PAI.AIS-nO\AI.
HoNul i'i Son AHi'sse. On pounoil encore ajoulor (lue le Iloi a pris g;arclc(iuo l'apanaoo
primitif qu'il lui a (loiiné, éloil peu eonsi(lérai)le: el si Sou Miessc ou ses successeurs
él..ii-nl oI.II^h's ilaclieler un i)alais <pii répoudil à la ili-ruilé de leur Maison, ils se
Irouveroient hors d'étal de le l'aire sans sincoiunioiler uolahleuient. Kii sorte cpien
eel clal de choses, on ne peut mieux faire, pour salisfaire à riiilciilicm du Cardinal
el faire honneur à sa donation, que de concéder ce [)alais, à litre d'apanage, à
Mons'eur. frère du Hoi et à ses successeurs.
Il sera au.ssi à propos d'expli(pier (pie le Roi donne le l'alais-RoNal a\er lnules
les aut;nienlalious el amélioratiousWpie Sa Majesté et la feue Heine mère \ (Uil lailes.
Il sera encore à propos d'insérer que Son Allesse Ho\ale el ses succes.seurs
|>ourn)nt l'aut^menter et l'améliorer, comme ils le Jujferonl à propos, el (pi'au
cas de reversion à la tloiMimne. par défaiil d'hoirs mâles, la \aliiii- ilc^ aiiiiiiirn
talions, améliorations el (MMl)(lli>scmeiils, sera rendue aux hérilin- du (Kiiiier
mâle décédé.
On pourroit même insérer (|ue si les successeurs du Uni vdnliiiciil iv|)i(ii(h('
rapanaj.'e. ils ne le poiuidieul faire sans donner au piiucc (|ui tn jniiiioil nue
sonuue à fixer pour i'aiie racquisiliôri d'un aulre palai> (|m il po>>éder(iil à même
litre d'apanage.
Celle clause peul sei'\ir à deux lins: elle l'ail Miir (|u'ciii a\oil coiUKiissaiice
(pir le Palais ne pou\oil èlie doiiiié. à cause de la ili sliiialinn prc'cix' imliquée
pai- II' < !ardiiial ; en oulre. clic dninic ime sûreté aux p(i^-r-.-iiir-. du l'alai> l'xixal.
car l'iuilemnité étant réglée par le Uoy, pour le cas oii l'apanage siroil re[)ris à
Son \llcsse ou à ses successeurs, les héritiers tie Sa Majesté ne |)ourroul se dispenser
régulièri'miui de la payer.
H faut aijiuiii'i" 11' pclil clii'f-d'irux re de casiiisl iipir cl l'auihuc IraïKpiille
n\«'c laquelle laulrur aniiiixnn- du inriudiie suggèic les iiiolils (|ii'iiii devra
iiiNdquer pour dnniirr ii Moii-iiiir le palais, tout eu lais^aiil "\iiir i|iiiiti
a\(>il cdinmissaiicr (pi'il ue piiuvoil rlii' dninii'n. I.niiis \|\ ne s'cinliarrassa
pas (le ce griuinji'i'. n'eu liul iiid cninplc l'I lil Mrii. il lui >id1i'-.iil d'iiiv i npicr
sitii lion plai-ir. I.cs Icllics p,il,ii|cs ipTil niidil it \ci-aillcs iii jcvilci i(i(|''
el par lesquelles il dniiiia il son frère «la iiiai-nii el li.)v|,.| du I ':il;iis- ( :,ii ilin.ii
eu tiiiite sou eslrndui' el Ci )iisis|;ince, laiil en liasliiiieiils. (mius. jd^enniils,
jardins, eaux pniir les f. mlaiiies, (pi'.iulres di'qteiidances... ». iiMlii|iienl -nu
ciiinplel di'daiii des \aines pivcaulinns juridicpies (pi'mi lui imi-eillail.
I)ès ipi'il fui prnpiii'-l.iire en litre du l'alajs -Huv.il. le diir d"( )ili'aiis y
cotiuiieiiçn les grand- liav.iiix ilniil le pmjel a\ail ili' dija |iai lui arrrit-
el (|u'<jll esliniail ile\oir s'i'-leser ii plus île .'înn.dun liMcs, (■uiuiue le dil le
iiiéninire «lié plus haut, il lil snigneiisriueiij relever lui plan du palai- il de
.H4'H ili-|ieii(laiices, indiipiaid avec exaeliliide srs ijinll- de jUMpiiili' |hiiii
fliaqiie pnriie. car depuis le cardinal de Hii ji< lien il v avail une lelle iMidii-ii m
(. l^lHi|ilM niilriir» ont dit l.- ■, j,iinaM. I.m I.- i|iii ol iiii\ ViTliivr> ii;ilii>ii,ili-s poitr I, nlii'ii
du liioli lie fr>riiT, Mtu> rollr du jour. Vo)c'i niu l'item jiitlijh-alirrs, ii In lin du voliimr
Jll.E» lltllll<>ll> MA>!.AI1T, M HISTK.VCIAM- IIUS IIAIIMEMS DU IlOI
(Cliargc par le" Duc J'Orlans Je l'agraiiJisscmciil Jii Palais- Royal)
l8a LE PALAIS-ROYAL
dans les conshinlioiis adjacentes qui s'étaient élevées autour du jardin, du
cùlé de la rue des Bons-Eidants cl à l'endroit du Palais-Brion, qu'on ne
sa\ait pour ainsi dire plus reconnaître en quelques points les vrais proprié-
taires des terrains, (le plan fut dressé par Farchitecte D'Orbay, ([ni semblerait
avoir été cliarjré îles rcjustmctions nouvelles, si, d'autre part, les lustoriens
du \NMi sitM-Jc, tels (pie (lerniain Brice, Blondel. etc., renseignés sans doute
par la tradition, n'avaient cité Mansart. Ce plan est à la Bibliotbèque nationale,
niarniscrit ': il n'a pas été gravé, (le (|ni le rend particnlièrenient précieux, ce
n'est pa-i seulcinciil parce (pi'il conlieiil des renseigneniciils ([u'oii ne trouve
nulle part aillcins. coiiuiic l'indication de l'emplacement des écmies de
Monsieur on (■cliii du junlin des princes, situé alors derrière la grande
galerie de l'aile droite, mais aussi parce (pi'il est accompagné d'iuie note
signée, (jui nous donne avec la plus grande précision les éclaircissements sans
lesipiels il est impossible de comprendre la topograpbie du palais à rcllt-
époipie. ^oici cette note, (pii permettra au lecleiu' de suivre les cxpiicalinns
(pi'elle fournil siu' le |)ian (pie nous reproduisons :
Mémoire sur le plan yriirnil île luul le ]*((liiis-lii)yal cl des environs.
Preini(''remeiil, toiil ce ([ui est colorié de rouge .sont les l)asliiiieiits à (K'tniiro
(lu jardin du Palais.
La place luanpiéc .\, sur la rue de riicliclicii. Csl la li(Milii[U(' cl lo;;eiiieiil on
logcoil le sieur nrinict, charoii du Uuy, «imil le lenaiii c^l du Palais - Ho\al. Ia(|ii(llc
pince est à coslé du nasliiuenl oii esloicTil les Vcadt'niics de Pciiiliirc il liVirhi
lecture, et nii Son Altesse Uovalc fait faiie un iHunean a|)pail('iii(iil. (.clic place
est environ à .'< toises 12 de distance diidil apparlemeiil.
\\\ Ixnil (le (l'Ile place du eliaron est une maison iiiarquc'c li. a|)|iarl('iiaiil à
MM. des (^)innze \ingls, dont la dernière n'est éloignée t\\u' de >rpl pas de dislaiice
diid. appnrienieiil, el (pi'occupoit encore le charon connue élan! du Palais lloyal :
celle ninisiiii a einiron /| toises i/a de large.
La inuison ensuilc, inaripiée G, encore de '1 toises r/2 de large, appai lirtil à
M. de ltoin\ille. ollicier de Monsieur, dont le corps de logis de (lerri(ie n r^t (|ir.'i
li pieds de dislance dud. apparlenienl ; el dans celle dislaiice de (i pied-, il \ a lail
de pelils nppenlis, ii|ipii\é.s .mii le iiinr de l'ace de cel a|i|iaileineiil . ic <pii riiiin'
led. innr, el ce (pu est emilic Iniilie des mai>iiiis royales. Ce lenaiii de (i pieds
)lnil du moins appartenir au Palais H()\al; de nièine (pi'au derrière de la iiiai>nn
appartenant aux (Juinzc \ in^rls. et peni èhe d' lislaiice pareille ii la place du
elioron de .'{ luises l'-j.
J'ai denuuidé à M. de lloiiixjjle s'il a\oil des lilres de sa niaiscni (pii i ipia-si ni
in dinlaiire précise ipi'ij doit y avoir entre le Palais Hoyal el le den i(i-e de sa
nialMill. Il ma dit ipie e'.l..il sou p(*T4- (pii avnil \endu à \l. le caidiiial de lUclielieu
I. (jibliicl clc^ K>liiiii|H-i. T<i|M)^ra|)liir. l'iilnit-lloyiil.
I.i: FRKRK ni-; i.ouis Xiv
i83
et (in'il ne cidNiiit \y.is (|iril n :iil t\r (lisliiiicc iiiiircim'c sur k-s coiilrals : c'est ce (|U('
l'un |)(vnri;i >;i\ciii- en \ii\;iiil ir> ciiiili'.ils ' .
Ivn siiilc (If la maison tle M. ilo lioiinille est la maison inarfjuc'c I), ai)|)arlenant
aux hériliiTs ile M. de Flacouil, d'environ /| loises de larjre, d<jnl le derrière es!
éloif.Mié d'environ 3 loises 1/2, comme à la place du charon; ce deirièrc est occupé
par les frens de M. le marquis d'HIlial. (pii y a fait baslir tm petit logement
marqué E, aussi apjjuyé sur Ir mur de farr du nouveau apparlcmcnl. Il y a en
cet cudi'oil uiu* ])clitç cour (pii (Idiihi' .-ur \r l\ii:iis l(()y;i| et par oi'i on y Piitr(\ cl
aussy uiH' siirlii' sur la rur
Saint -Honoré par la luai^ori
de M. de Flacourt.
La dernière maison mai'
(piéc F, d'environ i.") |)ic(!s
de large, adossée sur le mur
du Palais Royal, esl de \l. de
1/Kspiiie. un des conlrùlcurs
généraux des Bastimenls%
qu'il a bâtie avec celle de M. de l'iacourl en nu'smc temps rt dont la ])lacc leur a
été vendue par M'"' la duchesse de l'Aiguillon (sic), qui eu a conuoissance; une
I)arlic de celle |)lace, ou j)eul-èlre le loid, pouvoit bien être encore du Palais-
Kiival. piiiir V laisser luu' dislauce ser\aul de passage.
Au lidid (lu cid-de-sac de r()|)éra. il y a eu ictnur une pclile cour marquée G
où S(uil deux petits corps de logis marcjnés 111 que l'on m'a dicl appartenir à
M"" la marejuise de Francière, où logent les gens et équipages de M. de Cbalillon
qui ont un passage par dans le Palais-Uoyal. Ces deux corps de logis seuddeul
(Mrc de la suite des vieils bastimenis marqués K qui sont restés de l'ancien
hôtel d'Fstrécs. qui a été acquis ]iour le Palais-Royal, ce qui est vers la rue des
Rons Enfanis.
\ costé de ces vieils biislimeids, il y a la |)elile ruelle marquée L de 3 jjieds
de large, qui a une entrée sur ladite cour de M"" de Francière, et la sortie sur la
Si<riinlurc autographe de De L'Espiiie, contrôleur
clos bàlimenls du Roi, architecte employé au Palais-Uoyal.
1. Voyez aux Pièces justificatives les .{cquisilions du cdrdiiud de liiclielieii. (Icllc iiuri.soii avait
été vendue le i8 novembre iti/|i à Richelieu pour la sonune de i3,3oo Ii\res. Le contrat de vente
spéciliail ncllemcrit les limites dn terrain acheté. le(iuel était de 43 toises, derrière la maison du
Cliapeau- Rduge jusqu'à une marque que rarcliiteclc 1-e Mercier devait lui-même tracer. Le contrat
dis^iit : " Pour séparer laquelle place vendue d'avec le surplus de ladite maison du CliapeanlidiKje,
il sera fait un mur. aux dépens de mondit sei^rneur le cardinal, dont toute l'épaisseur sera i)rise
sur lui, lequel nuir demeurera néanmoins mitoyen entre ladite place vendue et le surjjlus de ladite
maison du Chapeau-Rouge. » Il est probable (|ue l'on ne vérifia pas bien en itiga — malgré la note
de iJ'Orbay — le contrat de vente de M. de lioinville. car longtemps après, en 1-53, un héritier de
celui-ci ri'clania à la famille d'Orléans une somme de 31), 000 livres comme indenuiilé. parce que.
disait il, le duc ri'Orléans avait acheté en lOiiz une aile de cette maison, qui fut alors estiiui'C à
valoir 'i5o lixres de revenus annuels, sonune, ajoutait-il, (pii ne fut jamais versée. Pour répondre
à cette réclam.ition, le chancelier du duc d'Orléans à cette date de 1753, n'aurait (lu'eu à se référer
au contrat primilif de vente. Il ne le retrouva pas à ce qu'il parait, et préféra invoquer la pres-
cription.— Voyez Vrchives nationales, R'i, 281.
2. De L'K^piuc élait fils de ce- L'Kpine qui, conjointement avec de l'iacourt et Boileau, avait acheté
du duc de Hichelieu plusieurs des terrains à bilir du Palais-Royal. Ce fut un architecte de mérite
et qui construisit à Paris nombre il'hôtels renianjuables a la Un du xvui" siècle. J'ai trouvé de lui
quel(|ui>s devis curieux de maisons dont la construction élait projeté-e à Paris el à Versailles. C'est
d'un ^\l• CCS dix iiruiMils (ju'ol tirée la signature de cet artiste reprodiiiti- ici.
1 8i L E P A I. V I s - n O Y A L
riK' (li-s ISoiiJ. Kiifuiil>. liKiiulk' riK'lIt- e-l (li'pciuliiiilc du INilais linvil. Di' 1 aiilic
cosU- (II- lad. luilii' sont pliisii'iirs maisons appailciiaiil à tles parliculicrs.
Au-tlevaiil d'une partie de la façade du l'alais- Royal, sur la rue Sainl-
Honoré, est la plaee inar(|uée M, où esloit autrefois Iholel de Sillery et
d'autres maisons cpii ont été acquises pour faire celle place entre les deux rues
Saint-Thomas du Louvre et de Fromentin, pour y baslir au IVnid des corps de
yarde maniués N. Ces cor|)S de pude ont été accordés depuis très longtemps à des
olliciers par Brevets, cpii y ont fait baslir en ce tcmjjs des logements au-dessus et
ces deux petits pa\illiiiis (pii avancent sur lad. place. — Ce i/i avril i('nj2.
ironiiW.
Il ivssurt avec la dernière évidence de celle note cl des doi iiniciils
iraiililvcs ipii nul été cités plus liaiil (jue les travaux d ai^randisseniciil du
Palais-Uoval ne furent eidrepris par le iluc dUrléaiis qwoii ilicja, ccsl-à-
din- a|)iès la donation (pii lui fut faite par le roi. Tous les auteurs (|ui,
au win' siècle, otd (!('•( lil li' niuiuMnenl, el tous ceux ipii un! suivi, ii avant
parlé «pu' par ouï-dire, sans avoir sous les yeux de reiiseigncmeuts ceilains,
ont pensé cpie ces tiansforniations «lalaieid daiuiées antérieures cl ([uelles
avaient été oidonnées par Louis \1\ . • hi vnil (jue c'est une erreui'. Lue
preuve plus |)osilive encore nous est fournie [)ar un ex! rail des (\)iit/)lfs de
lit Trrsitrrric <li- Monsieur, pièce absolument inédite, du plus vif iidi'ivl, (pii
est aux Aiiliives naliun.iics', el dans Lupn'ilt' se liduve intiiipice la --onnue
«{«'•pensée par le frère de Louis \l\ |)our les nouveaux iiàliiiuiils du Palais-
Koval. (lellc souune UKjnla à '^!)7.(Î;)'S livres i(i sols m diiiiiis, i coni-
piisi- celle de \-).,<n)\ livces pour entretien-, nunliles ou r(''paralioiis. ainsi
«pie «-«-11)- «II- i.Soo livres pour ac«iuisilion en idij.'i d'ini petil terrain appar-
tenant aux (hlinze-^ ingts, leipiel aniicipail sur la couretie ajoutée al(us près
de la galerie de gauche, sur la rue Saiul-llouoré, <'l (pi'ou aj^pela Cour i/c
la Hinirhf. De pareils li'nioignages ont uiu; autre xaii'Ui-, on li' recoiniaitra.
«pie les assertions des l'iganiol, (ierniain hrice, Thieirv ou Mlondel, «pii —
( hn.niipieuis (r«-s souvent mal doeuiuenlt's — se sont hornc'-s ;i accueillir celle
lt''gen«le. sans «loide admise «le leiu' lem|)s, «jue ce hd l.miis'MN cpii. «sur
les «inssins «le Jules Ilardouin M.uisart, lil consiruire sm un euiplaeement
«pr.n-cupMil le Palais lirion. » et .ijciuli'nl ipir la galeiie el les .ipparlemeids
(loiuKint sur la rue Uiihelieu «ifmcnl «'levés par les «udres de Louis \l\
en itijj'j». En noln- siècle, l-'ontaini'. \ atout, l'.d. Kouruior. M. Cliahrol'. se
copifMil le.H nus les aidies. oui a.lopl.' .le conli.uire la h'-gende. Sui' ce p^inl
connue sur lieaucoup d'aulres. les alliinialions se soni produites et traus-
nii.Hf!* un p«-u au lias.inl. N'osl-cc pas «le cille fai.oii «pic .se fait le plus s«)uvenl
I \rchlti-4 ii.ili.>ii.il>'v 11^ i..<îli, niliii 1.I1.
1 «ill.riMl Ciuiiu'ii ;;iivn/i,r^ lie» riclteuct darl de Ui Intncf. Vini^. l'I.ui. in S'. I, II. p n«,.
iMiilM
I.E l'IU;UK DF. I.OiriS MV
i85
riiisloirc? Sans allaclior à la (|iicsli()u iiiio iniportaiico qu'ollc n'a pas, il me
scia |)(Mini-- do faire remai(|ii(i- in passant an lectein-, luie fois pour loules.
(|iie si je relève aver (|uil(|iie insislanre celle crrenr parmi i)icM d'anlres,
cesl poiM' évilei' dèlrc
obligé (le répi'ler à
eliaqne instant dans
le cours de celle
élude — et l'occasion
s'en présenteia sou-
vent — cpie tous les
faits arlicuh's dans
ce volume, l'I qui se
trouveraient en con-
tradiction avec de
précédentes monogra-
phies, ont été sévère-
ment contrôlés par
l'auteur, sur des piè-
ces originales ne piv-
tant à aucune conles-
tation jjossihle.
Jules Ilardonin
Mansart. à (|ni !<" duc
d'Orléans s'adressa,
dit-on, poui' les nou-
veaux hàlinicnts (pi'il
désirait ajouter au
Palais-Uoyal, était déjà alors le grand Man-arl. larrliilcclc le plus en vue
qu'il y ent en Kurope, cl jouissait à la Cour dnn(> aiiloiilé extraordinaire
que lui valaient non seulement son savoir, son adniiralile talent, niais aussi
ses qnalilés de courtisan et la faveur sontenue de I.ouis \IV. Petit-neveu de
Frarw-ois Mansart. qni avait été l'arctiilecle de Gaston d'Orléans , puis «des
hasiiments de Sa Majesté», il avait éponsé, en i()()7, à vingt-d(>M\ ans. la lîlli'
(l'un trésorier de la prévôté de France. De la sorte, larici' dans le iiiunde
à l'âge Mil (i'iirdinaire on a encore à vaincre mille ililliciilli''^ poin- \ pé'iii'l ivr.
.lides Ilardonin Mansart s'était tout de snile iini)osé par linnpleur de son
I. Jfi (l.imio. on passant, ce rensei-mMiieiil i-iion- <li' .lal. car je IroiiM- l.- ii.>m tie l-raiiyois
Mansarl, et le cliime de ses gages annuels sur les registies de la Tn-sorcrif <j,m,raU- des maison
et finances de Monseùjneur le duc d'Orléans, oncle du roy, pour l'année IMO (Arcluves nationales,
KK. 27.")).
T. I. I.E IMI.AIS-nOÏAL. '
ETLDK ORIC.INAI.E D ANTOINE COÏl'EI.
POUR LA DÉCORATION DE I.A «GALERIE D'ÉNÉE » AU PVLAISHOÏAL
(Dessin incdit du Musée du Louvre)
,36 l.K I>AI..\lS-nOY.\L
■'t'iiio qui cadrail si Ijion avec les goùls fasluoux do Louis \I\ . A \ingt-luiit
aus, il t'iait uouiuié pioiuior arcliitocte du roi et se signalait |)ar la construt-
lion de Ciagny. le château de M"'" de Montespan. Les écrasants travaux de
Versailles, de Marlv, de Triaiiou, sans parler des Invalides, allaient porter le
cond)le à sa réputation. 11 avait à peine trente-sept ans quand Louis \IV,
pour le réconi[)enser, lui ciinréra, en i(i83. des lettres de noi)lesse, avant de
•Lûotun^A
Si^iMliiii- aulii^rraplH- de Jules llardDuiii Mansart
le nommer intendant de ses bâtiments, jardins et manufactures'. Mansart
ne put refuser au frère du roi le concours (pie celui-ci lui demanda \)0\w
les travaux du l'alais-Ku\al. mais il tint trouver sans diuile la hesof^ue
bien indigne de sa siluatittn et de ses talents. Il ne s'agissait, en elTcl. (pn'
de restaurer quelques a[>partements et dajouter au vieux monument de
Le Mercier ime galerie. Larcliitecte fournil (pickpies dessins, et tout porte
ù croire qu'il abanilonna la direction des travauv à dOibay ou à de i/l]spine.
contrôleur des Hàlimenls, tlonl le nom se lit sur quelques plans, (pii sont les
urii(pics cl très incomplètes traces subsistant des travaux de cette épocpie.
Aucun devis, point de cro<iuis, pas une ligne qui soit de la main de Mansart.
Dans les énormes dossiers qui, aux Archives, fournisscnl pour ime jx riodi"
dr plus dun siècle toute l'histoire des comptes si coni|ili(|U('s de la lamilli
d'Orléans et du l'alais-Hoyal, lien ne décèle la participalion de le miiiciil
artiste. Force est donc de s'en rt'fé'rer aux maigres indicalitms cpii mms
sont parvenues sur cette galerie, di'-lruite ;i la lin du \viii'= siècle, pour savoir
ce cpitrlle était, (iermain ilrice «'sl. dr Inns les anlcm- ijui en (Hil ])arlc. le
plus explicite. Ils'exprime ainsi:
Xxs ni)UVr-au\ a|ipai'li'Mii'iiK ipii- l'un a ajoiilr/. ;iii l'^ilai> loliil dans l'ciiciniil
(III IfH Ariiili'iiiies (l'an'IiilecliM r l'I ilc pciiiluii' l'Iuicnl lii;.r('<'-- aiiliclnis muiI iiicniii
parulileiiiiMit pins Ik-miix cl |)lii> Ih^^imMi's i|iji' lo ;iMi'ii'ii>. il la (ii'ciii'iilioii ilii
hàliliK-iil pour le ilciiurs en csl \t\v\\ \\\w< ciHrcilr cl pins iéj.'Mlièic. Ces ,i|i|i,irlc
mnil.H l'iiiiHitliMit dans un ^.'liiiul cmps dédilicc ipii Icnnini' à la i uc llii lu li( m .
\m fiirc lie ici édifice es! oriu'c kV' driix nidics d aicliilcclui i', Av I ji>iiii{iii (I du
ooriiilliicii, il culniiiicH ciif^a^jéu-s d'un tins dans li- \ir de la luaç im . mi l.c
1. Kii ifilV C;f. J«i., HieiiftiMMùrf crHii\ur.
i.K riiKui'. i)i; i.ot is \iv iRt
Moi-ciiT ;i (Iiimik'- des pleines de s;i (Mimciti' ; :iiissi peut on diif (pic licn nCsl |)|ii,s
oorrcil ni iniciix ciilriiilii. . . ce ipic l'un m icidiiiiii en (•(iiisci\ :iiil cxiiilciiiciil les
mesures l'I les s\ iii('lrii-~ iiii\(pirll('- (Hi n'a i iili ilianL:i'': un s'esl •^rnliinclil eciiileiilô
de raf,M'i'cr l'onNia^c el d'ailic\ci- qnilipn's |iarlic's (pii \ iiiaMipinicnl ,
Donc, le vieux liàliiiieiil (lù ('lail la liiliiii illièi|ii(' de lîiilieiit'ii, el iiiie nous
avons vn dans li-slanipe de Maiol ip. l'iTii lut laissi' delioiil. (lninine coiis-
Iniclitin enlièrenienl niMivo, il iiy ciil que le bout do galerie sur la luc
Kiehellen, longue d'environ (piarante inMros' ol qui ne peut pas ajouter
grand'ehnse à la gloire de Maiisait, si e'esl vraiineiil lui ipii on es! Taulenr.
^(^i(•i ee ipien dil (ierniain ni'ico^:
l ne iiiiiixelle «raleiie a ('li' ajoiiléc on roloiii-, dont r<'\l('rienr np répond pas,
à la Ni'iili''. au pii'iÈiiiM' oiniai^c. mais ipii l'ail ecpeinlanl un ell'cl passable, |)aroc
qui' la déeoialion eu es! yraeicusc, ipioitpie d'ailleurs les leiièlres cintrées ne
plaisenl pas à (oui li' monde. L'archlleclurc de celle galerie est tout entière de
Jules llardouiii Maiisarl...
CoMune appi(''cialiou, cost pluli'il froid. In dos avantages do la noiivollo
ilisposition du palais ('-lait do lairo l'açado sur la rue Iliclioliou ot ilc Ibrnior une
sorte (le (piadrilalère ouvert sur le jardin, ce (pii pcnanit do créer un autre
pelil jardin en reliait, (pi'on appela jai-iUn de pra/n-ctr. l ii autre a\aiitago
oucoro, c'est (pie oos nouvoauv liàtinienis aiigniontèrent sonsiblomoiit le palais,
ce {pii (létoianina Monsieur à modillor son installation dans les a]i|iartoineiits.
Il délaissa quelipie pi'ii la |iarlie du c(">l('' droit, où axait été autrefois \iino
(rAiitriclie, pour se loger do préféronco dans la partie iumivo ou rostaun'o du
côté' gauclio, ipii ])rit grand air ol où les chanibr(>s, pourvues do dégagenionts
ii!dis|ieiisabl('s el coiniiiodes. fiireul aiii('iiag('os avec le luvo et le confortable
quo les |)lus récents progrès avaient fait adopter. (Test lii (pie furent t'tablis les
grands appartoinouts, la cbambro do parade, avec les divers cabinets ipii
reiiloiiraieni , celle de la (hiebesse (l'( )ilt''aus. (pii doiiiiait sur \o jardin i\c
pru|)rel(''. La collei lion de tableaux occupa principaleiuont la galerie de la
rue ilicholieu, ipie, dans V Inventaire de Monsieur, ou désigne sous le nom de
Galerie -Neuve, qu'elle garda pendant plus do vingt ans. Elle fut d(''corôo
par Antoine (loypel. le peintre favori du Hi'genl. f|in rominença cet important
lra\ail en i<ii)'i, et le lermiiia en 170,"), comme le |)roii\('nl les Coni/>lcs de
la Trésorerie de Mnnsiriir citi's plus liant. Dès idl^^i), Antoine (]o\|)el avait
I. CeUe (limonsioii nous est fournie pur les pl.iiis di' D'Oibay ri de lU'auniiii. iiiic inuis lepii)-
diiisoMS. On y voit, i-n clTc'(. que, sur la rue lUcliclicii, la (.'alciic occiipail prcsipu' l'iilièn'ini-iil trois
dos emplaccnicnts léscrM'S en ili.ili par Iiî carilinal pour la conslruction de l'Iiolfl ilonl il préxoyail
la conslruction. Or. chacun de ces eniplaccincnts avait sept loises de largeur, ainsi ipron l'a conslali'
dans li's chapitres précédents.
a. fîcrniain liitiu:. Drmriiilwn dr tu riV/c <!<• Paris (huitième édition, 172Ô, iii-ij). t. I '. p. Ji-.
,,v<f5 LE PAI.AIS-KOV AL
pris l.' titiv tic /iremifr pcinlir de Son Altesse Jîoi/<ile Monsieur'. A|)i);iivni-
iiu'iil, ce u't'-tait pas sans iiiolil'. ]a' duc il'OrU'aus. ipii axait l'ail diroicr |i;n-
le pcii', Noël Coypel, plusieurs salles ilu Palais- lloyal, avaul ijuc celui-ci
pailîl pour Uouie connue dirccli'ur de rAcadéniic de France, continua sa pro-
tection au lils, d'autant plus (juc le jeune arti-te, rcveini d'Ilalic vers 1C82,
était dijii en réputation, et avait peint à (^laiiu\, <omine il devait le laire aussi
à Nersailles, des compositions décoratives dont ou disait l)eauc(Hi[) d'élo^n-'s.
11 le nonnua même, ou le sait, professeur de di'ssiii de -mu liU le i\{\r d(>
Chartres. Coypel l'ut avec Mignard, Nocrel et Colelle, parmi les peintres
préférés de Monsieur \
Le Palais-lloyal, à celte épotpie, ('lait comme un icnet <le la Cour de
N'ersailles, et étalait toutes les majiuiliceuces de la mai-ou de Monsieur,
lequel aimail aulant, sinon plus encore que sou l'ivre, les cérémonies fas-
tueuses, el \cuail assez souvent à Paris In'mer à sou aise au milieu de ses
courtisans. On \ avait, comme le reiuanpie Saiut-Sinioii ', plus de liberté
(pi'îi \ersailles: mais c"i''taienl les nièuK^s prodigalités de liive elTrt'ué, les
mêmes richesses de costumes et <le pann-e-. La iioiiilniMisc -ociT'Ii' de sei;:;iieurs
élé^'ants ipii y frécpientaieiil l'oimail \i\\ centre di' hiillanle el lmiinllueu<e
ffaieté', où venaient ahoulir. en i\r<. couNersalioiis assaisomuTs i\r l'oiuil
du leuqis, les cancan- di' la \ille. \ cl^Kpie iii<lant, ce sont des l'èle- dans
lescpielles on dé[)l()ie louti^s les iuijéuiosilés sonq)tueuses, tous les ralline-
menls de la splendeur. Monsieur n'('lail plus Jeune alors. >>ous ne sommes
[)lus il l't'potpie 011 Philippe, iil- de l'ranee, d('^uisé eu roi d(>s Persans,
pren.iil la lèle d'un des (piadrilli- du i'ameuv carrousel orjjfanisc'' pai' l<' roi
en ifili.*', ni .iM lenip^ où, rexeiianl des eaiiq)ajin<'s de la l'Iandre. le peuple
de Palis racchmiait . Mai- (pioiipie alourdi par l'àiic il ^;arde loiijouis. ;iu
milieu <les plaisirs de la (ioiii-. ramoin- de soi-même, le soin de -.on \i-ai:c,
de son li'inl, de s;i pi'Mii liiii'. Il adore loiijoiii- le- iliaiiiaii I -. les liejles
parures. || donne, en ii>f<i), au Palai--hoval. une loleiie de l.lJMnv donl le
I. Iluii-. Miii iK-tf «11- lllilliiljjo illl 7 l'cM-ii'l- KiScj. Il iiviiil iilnis \iii;,'l-liiiil ni\<. (,l. .1 \l.. liirliniitiiiirc
iTl/il/IK-.
1. MiKHiinl liiToia, n\i'c Jcitn Noirci, le rliàU-nii tic Saiiil-Cloiid. Jimii NockI fil iiii porirall de
Mmitiriir • ili'lmiil. r<ni\i>il d'un iiiniiUMii loynl. Iciiaiil une couronne sur une tiible >•. fjnuideur
n.ihiri-. Il (-litll |>lnré iiu l.ouxre, dans l'appiu Icnicnl de ht reine mère lliirriilniri' îles lahtniii.r ilu
r<,r, rMiijr jinr IIiiHIy, pnlilit- |>ar 1'. Kmîkiiwo, i.Sç((). In-,S\ p. .imi). Nocrcl lit aussi tin porlrail
d«' la diiclicMc d'Orlcnns, \n\\v joo li\rc.s le jN mars ifil») itit iihiky, '.nm/i/cv drs ll'iliini-nls, t. I'.
col. .T>«() l.c llls lie teliii ci, ( IliarIcs Nocrel, avait la cliarj,'c tic premier \alct de naiile-iobe tic Monsieiu-.
3. S\|%T Siuo?i. M^moiiTt, l. \, p. rji], s.'îk, •i.'t'i. -j',!.
4. \o>e/.a la r.lialroKiaphie dti l.otivie. la série des (piatre-\in);l (li\ plai:<lics repicscnlanl ce
rarri.ii») .|..,,|i„.,., ,.i ^nivé< l,-i sons la tlircclioii de Henry de (ilssey. I.a «ra\ine reprisenlaiil
^' ""■'"' iMi^.nt le cpiadrille «le» l'ervms, avec le maripiis de Villeroy. le o>mle du l'Iessis, le
'""•I '•■ •' " ' i"!' le clie%alier de Holiaii, le prince île Marcillac, etc., fsl de \\ Cliauvcan. Nous
ri'l fi-ii iini tf fi-rn j,-tidy \ Jiiillfl ilaiis In iilnrr du l'idiiis-Huyal pxnr VUciiniisc
' ,■■,.■ m i' de ', p. iltililiiitlié<|iie Ma/aritte. IlisI de I lance. looi i.
HISTOIRE DU PALÀIS'ilOTAL
/
.''V
'.-^-r^^'T ~ ■';? ■•'1 ■':''"''.
' -^^TSW- ]•>'.'■!'•" "-'.'.'''!W;
\M(iiNi: luvi'Ki. : lirtDEs l'Ouit l.v décoiiation ui. l\ galeiue u i'.néi;, au i-ai.ms hi'^m
Fac-similés des dessins originaux de l'artiste, conservés au Musée du Louvre
i.K l'ui; m: di: i.oi is \ i \ ,j5q
Mercure rend compl,.. m in,nli,,,inaMl l.'s (.l.jrts M,.,n.,|,'.s |..ii- Irs ;(iin;.l.l('s
invitées ■ :
liniiK (les Diiiiirs à (pii It' 1ki/:i
II' l:i Chine, uni' porrolaiiu' c
lis a l'ait écheoir :
une autre parnic
0.1 m (ics l)ilK.ts à ronlinaiio avpc ,1,-s iimii.'rus. ri voiry les I,,|s i|iii ,miI esté
lirez selon t-es nmni'ros aw
Madame, une table roi
d'or. — Mademoiselle.
un cabaret jj;ariiy de
sept porcelaines cl
d'un éventail. — Ma
dame de Ventadour,
un cabinet de la
Chine, une porce
laine, une boète d'or
et un éventail. — Ma-
dame de Chasiilloii.
une porcelaine, un
gobelet et un étuy de
vermeil. — Madame
de Chateautiers, qua-
tre boutons de dia-
mans et d'émeraudcs.
— Madame la mare
ehale de Grancé, im
cabaret de la Chine
garny de dix pièces
de porcelaines et d'un
éventail. — Madame
de ÎNocé, une choco
latière d'argent, une
porcelaine, sept bon
tons de chocolat, et une boMe de llié. — Madame de (oancé, une cave de cristal
de roche garnie d'or. — Madame de Mecklembourg, un bandège garny d'une
porcelaine violette et une bleiie, une paire de gands et un éventail. — Madame
de Grandmont, un dé.shahiih'' de satiné gariiy de trois pièces de rubans, une
paire de gands garnis, un évcidail et une petite boète de la Chine. — .Madame
d'Armagnac, des paravents de la (lliiiie. — ^ Madame de Valentinois, une sous-coupc
de la Chine garnie de deux porcelaines, deux paires de gands et un éventail. —
Madame de la Ferlé, une belle cornelle d'Angleterre avec son bonnet. — Madame
de Montauban, une table garnie de son tapis, une bourse de jetions de vermeil,
une boète et quatre livres de bougie. — Madame de Foix, im cabaret garny de ses
porcelaines et un éventail. — Madame de Porlsmouth, une écriloire de la Chine
garnie de son encrier et poudrier. — Madame la princesse d'Fjjinoy, une paire
de pendeloques de diamans en poire. — Mademoiselle d'Espinoy, un bandège
I. Mercure (jalaiil, juillet i(J8(j, p. 178-18O.
1:11 DE dastoim: cotpel
l'OUn H DKCOK VÏIO.\ DE L\ I GALERIE D'ÉXÉE »
(Dessin iiiidit du Musi^c du Louvre)
\l l'M.Al>-li
iqo 'K PAi. \is-noYAi.
garny dune porcelaine et de la soucoupe, deux éventails el deux l)oèlcs de la
Chine. — Mademoiselle de Melun, un cabaret garny de porcelaine, el un éven-
tail. Maiianie d'Alleuy, une étoile en poinçon. — Mademoiselle de l'itiuie, une
busquière de toutes pièces. — Mademoiselle de Clisson. deu\ petites jattes de
la Chine, une paire de flambeaux de vermeil, et quatre paquets de bougie. —
Mademoiselle de Rou\ray, une samaritaine émailléc d'or, enrichie de diamans.
Madame de Liscoiief, six plais de porcelaine. — Mademoiselle Soucelle, une
f'rande cave d'argent garnie de plusieurs pièces d'argent. — ^tadame Mcnneser,
un petit cabinet de la Chine, garny de ses tiroirs, el un éventail. — Madame de
Beauvais, un coffre de calembourg garny d'argent, plusieurs piùvcs de gans et un
éventail. — Mademoiselle des Hordes, une boète de la Chine et deux éventails. —
Mademoiselle de Busca. une étoile en poinçon. — Madame de Furstemberg, une
boète de la Chine garnie dim étuy de vermeil, de deux paires de gands, d'une
petite boète de la Chine et d'un éventail. — Madame de la Kare, un diamant
incarnat. — Madame de Hullion, une jupe de brocard d'or. — Mademoiselle de
Nentailour, un llacon d'or. — .Mademoiselle de Mennehnil. un liaiidèi^'e garny
de deux lasses et de deux soucoupes, une paire de garnis et un é\entail. —
Mademoiselle de Fontenay, une agaçante de diamans. — Madame de Tamboiuieau,
une r<d)e de chambre île brocard d'or. — Madame du Rduvre, une croiv de rubis
et de diamans avec son coidant.
N'v a-l-il pas do ([uni rire l'hloui de la ricliesse île laiil de cadeaux.^
Iavs loteries de Monsieur, au l'.ilais-Uoyal, valaieiil, certos, celles cpie le roi
doiuiail il Nersailles. Collo-ci, outre (jii'elle nous monlro très au coniplel
la société de feuimos que rocevaieul le diK et la duchesse d'Orléans, nous
renseigne sur la nnido qui Taisait alors fureur de colleclionnei' des porcelaines
(!'• la Chine. Le frère du roi avait éli' tui des premiers à en donner l'exi-inple.
et son palais était litté'ralenierd r(Mnpli de ces objets de iiniositi', ainsi ([u'eu
lé'nif)ign(' son /firc/itnirf. floniiaissanl celle passion, ses llatteurs ne cessaieid
de lui en envoyer. 'l'anlcM c'est M de ( Jninliii. femme aimable el spirituelle,
<i magnifique eu tout, en poi-eclaines. in diamants, en ('lolVes des Indes',»
(pii lui en adressi" un Inl, cunqilanl liiin, dit Saint-Simon, » sui' nu relom'
avantageux". » D'.aulres l'ois, il m aelirlail lui-inènu' clie/. les mari liaml- (|ni
é'Iaieid le mieux achalandi-s, tels (jne Durignv. rue Onincam|i(iix. nu l.aillier,
r)n M l.i'linm. ehi'/ (pu s'apprusisiiinnairnl t(in< les lurienv du l(icliin(iL;i\
comme lUi disîiit, dnnl If nmnlire deviid lil. cl (|ni liniil l.inl de folies,
qu'une déclanili<ui roy.de du :>. juillet 1 701) linil par défendre linqiorlation
elcs fn'fem'cs, j)orcel«ines et poteries étrangères \
I. Le «liir m: \.\^^^r.%, Mémoire», I. \V, |). t-TiS. 5."i.,.
ï. SuiHT-SmoN. Mhnnirrt (l'-ililloii lliiihcUi», i.ssd), I. V. p. 33.
3. Cf. p«iur celle inotin du « lnclilrinK<' •>. le» l':i>iijraiiimrs t\v ,Spnec6 (1717. in- 11. p. t-i) l'I le
Vnyaijf ilii l'nrnatte de l.inioiijnii <ic Saint -Didier (171(1, iii-ia, p. 17^), mi il csl i|iio.stioii d"iin
utnii (nul Iniidiri'iu' de |{|(|iii'<.
i.K KHKni; i)K i.oi'is \iv
'9'
Ll' « lacliiiia^'-c >) n"r(;iil |i;is l;i sciih- piission tli- Moii^^iL'iir l'ii tant (luc
collectioniu'iir. Il en a\ail une plus IdiIl' encore, celle des bijoux, des
diamants, des parures de tous yenres, qu'il aimait «si excessivement», a dit
la princesse Palatine dans sa Cor/rspn/itlnnec. « ([ue nous aurions eu mille
disputes à qui anroil mis les plus li.lics pierreries. On m- m'a jamais parée
de diamants (pie Mnnsiem- n'assistât ;i ma
toilette: il me melluil lui-même du roUf.;!'. »
Ce y:oCi[ enrai;'»' |i(iur les diamaiils, l'liilip|u'
tle France en a\ail lit'iili' de son a'i'euli'
Catherine de Médicis el de sa mère Anne
d'\ulrielie. Toule la société d'alors en suliil
d'ailleurs rentralnement. .\"a\ ait-on pas \u
déjà, sous Louis Xlll, des hommes •rraves.
comme Sully ou Ajrrippa il" Auhi^ni'. se mon-
trer en public avant à leur chapeau des bril-
lants de toute "frossem-i' Anne d'Autriche,
dit-on, ne pouvait se distraire des soulTrauces
de la maladie qui leuqjorta qu'en se faisant
apporter sur son lit ses noud)reux bijoux. Un
rapporte qu'elle expira les yeux fixé.s sur la chapelle de diamants (|ue la leine.
sa belle-mère, «avoit fait faire avec tant de soin et de plaisir'.» A la vente
de ses pierreries, on vit Monsieur disputer avec acharnement à Marie -Thérèse
et à son frère môme les perles de leur mère, cpie Louis XIV trouvait si belles
qu'il voulait «qu'elles demeurassent ii la tige royale». Aucun prince de son
temps, h l'exfeption peut-être du duc de Modènc, n'en aecpiil autant que lui.
II i'aul lire dans son Inventaire après déccs la description de Joules les parures
en diamants, rubis, perles, topazes, etc.. dont sa cocpielleiie ineroxable ne
pouvait se lasser, qui formait connue un arsenal de loilelle auquel il avait
recoui's selon les occasions, clioisissanl avec des cai)riei's de lenuue, an
milieu de celle eolleclion. celle (|ui lui si(Mail le mieux. La pris(''e de l'enseudjle
de ces bijoux, l'aile par le joaillier \i\au\ de \aremie, si- moula, [lonr cent
trente-neuf articles, !i la souuue de i ,(i>,>,j)>'. lixres ."> di'iners, plus de
huit millions de noire monnaie! II y avait des diamants d'une valeur énorme,
connue celui (pie lui avait légué M"° de Montpensier', (jui fut estimé
LV CHOIX DU S\1M -ESI'UIT
ET LKS AUMES DE a MONSIEUIl 1
I. M"' iiF. MoNTi'ENSiKii, Mémoires, l. IV. p. iili.
3. La Grande Mademoiselle, fille de Casloii d'Orléans et cousine de Monsieur, niourul en lOip,
on faisant cclnl-ci légataire universel de son immense fortune, n Je donne, disait-elle, ma maison
de Clioisy à Monseif^neur le l)aii|(liin, et du surplus de mes meubles el immeubles el pierreries, je
fuis mon W'Kalaire uniuTsel Monsieur. I'liilip|ie de France, duc d'Orléans, dont j"a> l'honneur d'estre
cousine Kermaine, el (|iii me fait celuy de me témoigner beaucoup d'amitié.— l'ail à Clioisy. le t- de
réxrier iiis."i. — \nnc-Marie-Louise d'UrU'ans. »
iQà I.K IVVI.AIS-ROYAI,
i3o,ooo livres. In aiitrc, apjirli' la liosc r/'. l//;>/(7r/7r, valait à lui seul
100,000 livres; celui qu'on (lésij,Miait sous le nom de la Hcitte mère était
de 70,000 livres. Parmi ses noiuhreux pendants d'oreilles, il en avait une
paire formée de di\ diauiauls, estimée 'i5,ooo livres. Ses hajiues étaient
do toide beauté; on en comptait plus de trente. Les boucles, ajirafes
et boulons pour orner ses cliapeau\ dominaient : il y eu avait de divers
"enres, avec îles perles, des lubis. des (■nieraudes, etc. l)an> les ^^randes
occasions. Monsiein- portait au col une croix de clievaliei- du Saint -Es[iril,
où il V avait plus de ceid diamants de «rrosseurs vaiiées. ipii valait
80,000 livres, et Ir tnnid avec le(|uel ou atlacliait celle croix élincclanle
était de 5o.ooo livres'. Connue disait le Mercure, parlant (Tune cérémonie
où on avait vu le frère du roi dans un de ces costumes avcnj^lants de
pierreries, «il n"\ a point de leiiues (|ui [Uiisseid en cxpiinicr la licliesse. ))
(Juaud il réalisa la succession de lEIecteur Palatin, il \oulnl absolument
oiTrir à sa fennne — tpii n'aimait pas les diamants — des pendants doteilles
lie '|0,ooo écn^. I!n ilij]), le roi (rKsi)ai.;ne envova en [ir('sciil de noces ;i
Mademoiselle d'Orléans ime « tabatière de diamants faite eu lozau^e, soutenue
d'un nu'ud de diamants de sept on luiit brandies, avec le portrait du roi».
()ii l'estimait •>oo,ooo écus. près d'un million et demi de notre moimaie. Il es!
certain ipie. dans les l'êtes cpiil «loimait soit à Saint-Ciloud, soit au Palais-
l\oyal. Monsieur aurait pu aisémerd, avec ses pierreries, éteindre les feux
de la diicliesse de Kinj,', laipielle ne paraissail jamais en [tublii", si I on
en croit le ga/etier Métra, sans avoir deuv ou trois millions de diamants
sur sa personne'. Tout le monde, à la (lour, montrait une é<i:ale frénésie
pom- les bijoux. (!eu\-ci n'alli'ilaieni plii^. d'aillems. les mènn's formes ((u'à
l'é'pocpii' pi ('■(■(■(lente: ils ue (K'iiolaienl pas, connue dans ceuv de Woeriol,
des intentions d'arcliileclure et de d('corati(jn. se (dnd)iuanl avec le costume.
( )n IciM' (Ii'Miandait smioul de luilirr. de couvrir de leurs scinliilcmenls les
babils d'('tolVes claires, et l'est ;i (pmi s'emplovaieid de leur mieux les joailliers
les plus cil vo;,Mie : L<';,Mié, Daniel \li;,Miol ou Pli, Pourdon.
hiUis \ Inviiiliiirr de Moii^ieui', on ne Ironvc pas beaucoup ddiTi^v relie.
el ••(•la ne doit point étonner, car peu de temps avant sa mort avaient paru
I. I.n «cille clc^ iliniiiniil> cl |iicri'cric» do Monsieur fui fiiile en juin cl jiiillcl 17111. un nn apn'-s sa
iiiori; une pièce des \i'clii\c5 iialiniiiilc^ (KK, :i.S,Si uoiit en founiil le di-lail. Je donne ce ducuiucnl
daiu le» l'ifi-ft Jiitlilli-tilii'rt, à Ki lin du viiluinc. Il cr-l inh'rcssiuil. On y voit les iioiiis des nc(|ucicurs.
Mai* Il esl il reinari|iier (|ue, limdj> (pie l'estiniiilion de ces piericries monte, dans \'liireiilii:rr. j'i In
-oiMine de i,Ii-j:{,.'<i|3 li\re<. In »eiile ne pi(idiii>il (pic .'i S„i li\ii-s. C'csl ipie. ninsi (pi'oii pomin s'en
rendre roinpie en coiiipnrnnl In li-le de» piericries inenliniini'cs 11 Vlwriilmrr, cl (■clic des pi('Ccs iiiiscs
en »eiile, li-» plu* lielles pnriire» ne piis.v'i'enl pns iniv eiicli('res. On n'y Iroiix- ni le diiiinnnl de
i.1<>,iNM> ll»ri-*, li-Kiié |»jir MiideiiHii-a-lle, ni la Itittf <l' KiiijUUrrf. ni la ;<ci/ic mrre. i)\\v sonl de\cnncs
ri-» Ih'IIi-* pierre» > On ne les \oit pns llKurer dniis l7/iii.-;ifrn>r du lliV'eiil, en 171:1. C'c-I ipic Moii-
•Irnr le* asaW Ii'-kik'-cs il «•« llllcs cl à sa reniiiie 1 Vieillies nnliiinnlcs. U', lolili).
i. Vli.tnt, r,i,rrr$iiiiiiiliiiirf trcri-tr, l. V, p. i."iV
I r. l'iniii' m loi is \iv ,,|;î
li'S (l(''s,is|ivii\ (■(lils par l(s,|ii,.U l.diii-. \l\ iii\(,\,i r,,n(lic ;i la Monnaie
1 -l'nicincnl I. s l)i',iu\ ninilili'- il.u'i;cnl massif (|ni (li'coi'aiciil le cliàlrau
TAPissKnii; iiKs lifiiEins tx lussE lisse composée v\n cii. lErnits l'Oi ii i.i dfcoihtics du PkHis-notAL
Si'riC lie YHiiloirt Jt Mrlingrc (mx pièces), d'ipris 11 gravure de B, Picjll
(le Ncrsaillc-. mai-- an^^i Ir- ( In |V-(r(rn\ ir du iiièini' lii'iirc (|ni' |ii iv>,'ilaicnl
la pliipail (les ^raiidi^ raiiiilli> d'alnis cl don! la iiia;:nili(cn((' inouïo ik)US
csl allrslrc siiilonl. Ii('las! |:ai- h s |ir< icrs - \riiian\ de Icnr dcslrnclidii . < )n
sail a\('c i|iiclli' iiii|ilaral>li' ^i'\('iili'' l'nrrnl a| |ilii|McN le- ruiic'-lcs urdirv ilii
r<»i. Ll'S iiia;.rasiMs <li'-- inlcxio rmcnl iii<'lli(idi(|n('iii('iil rimillcs: des ciim-
missaircs s|H'riaii\ |iaiiimruiLiil le pii)-. prin'lrrrciil cIk-z les pailiciiliors.
T. I. I.E I'4I.AIS-II01 IL.
1 ,.', I.E PALAIS- Il l.)\ A I.
saisirent tl;iiis k- li.Mcls, dans les chàli'aiix. loiil ci- (piils |miciil lioincr
il'argcnlorif, cl li- liri'iil ji'toi- à la l'oiilo. I.o IVriv du loi. du le coiiiiuvikI.
loin «le sonj,'or à se souslraiie au\ exigences d'une telle liécatoinhe, dul
le premier, au contraire, quoiqu'il lui en coûtât, se résif;nor et doinui
l'exemple. Il possédait des merveilles tlorrèvrerie. Au l'.dais- lin\al. il a\ail
des services de table de toute beauté, des meubles tlargeul massif en ^rand
nond)re que dnieni l'aire poin- Monsieur les illuslies orfèvres (|ui travaillèn ni
au ui.T\ril|( ii\ nidbilier d'ar-^^'iil île \ er'^aillcs. Ic^ Halliii. «iiaxcl. riidmas
Meilin, \iau(()url, (iérard Deliomiaii'e, (llautle de \ illcrs, (liiillanMic l.dii. ilc.
Liirs du mariajre de Ma<lemi>iselle d'Orléans avec le mi d'ilspa^nc. en 1(171),
tin Vdvail dans la salle damiicnii' du l'alais- 1 lnval (c'e^l le M< rente (|ui le
dil) <• im miroir orné de liyures irar;.ïeut d'un pri\ ivIraMidinain'. Il v a\ciil
dou/e ^'rands liias en l'orme de pla(|ues, un j:ian(l liislic à ddulilc raii:i.
ijualri' Miirciiis moins grands (|ue celui doiil un xiciil de |iarl('r. phisieins
{,'uéridons avec j^'irandoles, loul cela d'ai'^cnl .. . \iiisi on |icul diri' (|u ou ne
voyoit ipi'or cl ar'^^'iil dans ce cabinet'.» I,c ici lui-iiirinc. \\ plusieurs
ivprises, donna en cadeau à sou frère des cliefs-il (eu\ rc d aii^enlerir. aiii--i (|iie
le prouvent les re^i^islres diuveulaire ilu Mobilier de la (lomoime, où on lit
souvent, eu re^'ard de cei'Iaius arlicles, celte annotation: « Descliar^é' ; doniit'
pai- le rov à Monsieur.» ( i'esl ainsi ipic l,oni'~ \l\ lui lil |ii('scul de i;iiudoles
d'ar/^'eul, de coupes de vermeil, de calebasses ' d'or, de lasses daf^ale, elr. .
.\ l'occasion du maria^^e de M"' de Biois. sa lillc. avec le duc de (lliarircs, il lil
e\(''culei- par le fainenv Dclauu.iv une ^^aiiiiluic de loili'lli' (jni lui ^ahu'e par un
cri ^.'éué-ral iradniiration. La décoialion de ces jolis usleusiles. couqiosés pai'
les premiers artistes du temps, icpi('senlail la FcritiuUlc. la Fiilclilc. \,'itus
servie />, Il lis Gniics, etc. IMiili|ipe di' iMaiice aimait Irop le lu\e poiu ipie
sur sa table ne paiùl point la plus s<uuplueuse vaisselle platt". C'est lui >pn
connuenra à nu-lIre .'i la mode les suilouls d'aimenl. connue le constate l<'
.]fiii iiir •^iiliiiit\ eu «.'•li'lMant la comuiodili' de ce- mnneauv objcN. .■ Il
sont.» dil-il, <. souveid envaliis de li;.unes et portent (juaidilé de choses pour'
l'iisa^re de l.'i lable. Kn sorte (pie l'on ne peut rien -oïdi.iilei' de iK'cessaire
il un repas ipie r..ii n'v Iroiivi-. » C'est au festin i)|V,i| ,n i(h,S par le duc
d Orlé-aiis il miloid l'orllaiid, ambassadeur de (niillamne III. ipie painl le
premier siirloiil : il avait .'li' e\t'-cuti' aussi par Delairnav. \ni i de ces mei-
vcilli'n n'esl menliomii'e dans V ln\riil<iii, de Monsicin : mais on v liouve
I. \Urriirf. iiiiiinn)'* <lr miimiiiIiii- 1(1-.,, d ilc \uu\ iCSi,
1. «;f. Liirriiii. Ii„fi,l,tirr du Mohilirr ilr In Cuiinmne m88."i-8C., 1 miI ). V<.\./ tinl.iiiiiiiiiil ii-
lomr I". p. 171, IV I ; |, -.(. „• ,-; ,,. ,H.i. ,,- KS cl «', ; p. i<M. Il* lï.'i; p. i.).s. M" i"i|..: p. ti.S, n •.'.:
p. iii., Il- \^; p. ,.1.,, Il- ,„-, I.,,,, lia, ,,.t, ,,-, ,,,s,.( ,,|, \|,„„i,.„,. ,,.,.|,t ,'.„ ,r.,s;i "plu^ioms iiulc.iiiv
ilr o- «riiri-, iloiil VIII pifiiiiir »alrl il>> rlmiiiliif. ili- IWiiiilii-ii. liii>Mi If .ui IIIIimI.
'■ V I iirf ijiititul. ii\iil iiii)M.
1. 1 r II I II i: i>i i.iii I s \ I \
I i)i)
(•(■|iciiil,iiil IdiiI ce (|ii'il ,i\,iil |iii iciii-iT\ci- (le -a li.'llc \,iisscllf .lin'
et (l'aiiii'iil. en sa (|iialll('' de |iriiiic du saiii:, laiil an l'alais- 1 U i\;il i|iio
TVI'ISSEUIE DES GOBELINS COMl'O^LE l'Ail Cil. LEIIKIN l'Ot- K l.\ DECtUlATlOX i)t l'AL IIS - UOÏAL
"LV IIUIIE IMIÉSEMÉE l'AIV MÉl.ÉAGIlG A AÏALASTE "
Série de VHitloire lie Mêlèagrc (six pièces), d'après la gravure de B. Picart
dans SOS ailircs résidences: cllr i'iil cslimi'c. an puids du inclal. à eiixiiim
100,(100 livres. On rii xciia \i- di'iail ii la lin du \n|nine. dans uns /'irccs
/IISli/lc(ltl\'fS.
(ilàce tiiiijciiirs à re |ii'('ricn\ I iniiilriiri' . nii |hiiI ai^i'iiiciil rcii uisl il iiiT
la |ili\~ii iiiMniir de-- a| ip.ii himnl s du l'alais - H(i\ al , Iris i{iii' Mmisiciii' les
a\ail di--pii^<'--. a\<'r le niiiliilier l'aslnenv ijni les {h'ci irait . les adiuii'id)les
jqO i.i: l' vi.vis-iun \i.
tapissi-rifS iviinifs «laiis It- ^^anl.-- iiiciiltlr ilii palais cl iiu'oii Inidail. siii\aiil
li-s raisons, dans l.s (liviis.-s .liainhrcs. fiiliii Ks laMcaiiv '.
Les loaliufs de tapisseries étaient au n<)nil>re île ciniinanto ■••rnupcs cnvi-
ron. eoni|)rcnanl cliarnn six, sept ou Iniit pièies, ee qui faisait, en r. aillé,
trois à (piaire cents sujets. Il y en avait à peu près autant à Saint-Cloud.
Nni.i (pielles ét.ueul les principales à Paris:
L no lenlure de tapisserie, lai)ri(pK' de l'iaiidre. représenlaid Vllislnirc i/c Tohie,
vu neuf |)ièees de deux aulnes 3 'i et iIcimn de coins sur aj aulnes de lai'^e,
prisée i.aoo livres.
Lue autre tenture de tapisserie. liii)ricpie de liruxilles. rehaussée ddr cl dai-^i-nt.
représentant Vllisidirr d'Aiiuiilis des Gaiilcx. eu cinq |iièces. l'oruiaul une -ride
pièce de '.U> aulnes i \ île cours sur 3o aulnes ■' pieds de liaul, prisée (i.nuo livro.
l ne autre leiiture de tupis.scrie, représeulaul la Clnirr de Sri 1)11)11", l'alniipie
de IJruxelles. en sept pièces, et une coupée eu ilvns. qui siml unil'. rehaii-sée
d'or et dinj.'enl. prisée ,"),un() IImcs.
Une autre tenture de tapisserie rehaussée d'or, représentant YUisInire de
Hiiiiic, en Innt |)ièces eonteiund 3'i aulnes j '3 do cours ou environ sur '\ aulnes
de haut, aNoc les armes de l'eu Mousieiu' dans les écussons, j)risée la xiniiue de
3,riiii) \\\ le-i.
Ilciii, «piaire petili's pièces de lapisseiie tai>aul parlic d'une leului-e (k- lai)i>serio,
fuhricpie dOudenaiilé, ichaussée d'or, représentant aussy Vnisloirc de Diane,
ciiutenaid six pièces entières et une coupée eu deux, faisant ■j.-.i aulnes 3 '1 de
(•ours; le surplus tio latpielle teuliuc un riiiu'~ a déclaré esire préseiitiuieiil au
cluisleau do Montar;.Ms, la totalité de ladile lenlure prisée 3. '100 livres.
Item, une tontui'e de tapissei'ie de haule lice, lehausséo d'or, repit'>enlanl
VHisloire de Mélémjre, on six pièces de trois aiducs 1 W ou emiron de liaul -ur
H( aulnes nu environ de couis. prisée 2,000 livres.
l no autre lenlure dv tapisserie, fahricpio de Hruxellos, représentant aussy
Vlitsliiire de MéU'dijre, reliausséo do soye, on sept pièces, compris une qui a esté
I. l.'liwi-iihiirf iiftrt» dèffi île Monsii-iir est un (Idciinu'iil liiidil <lii plus liniil iiiliicl II ii'i'sl
|>3!i aii\ .\iTlii\cs iialiiiiinlcs. Je l'ai troini- ilniis IVliidc <l'uii des aiuii'ns luitahcs de la raiiiillc
il'Drlrain. Il fornic un rt-KUlrc ili- plus ilo deux ((Mils pilles, adiiiliablcmenl con.spivr. d fcxameii de ce
Miaiiu«:rit iMtriiifl de ciolrc (pi'il n'eu n i''li'- jamais Tail iVi-j-pi-ililiini, car il n'est pas revèlii du sivriie
<|u"y iiianttiniciil le» iiolaires ipiniid ils dressaieid copies de leurs minutes. Dans son IlisMrv ilii
l'iiMs-ltoyiil iiHM, I \ol. in iJ. p. loi i-l .i'-i. \atoul, ({iii axail trouM- dans les papiers de la
rainille (l'ilrl<'-uii« un résiniu' S4<nnnaire de rel Invenlnirc. l'a pid)lié, croyant (jiie c'(''lail l'acte entier;
rr n'e»! (pi'une note tout ii fait ('•coiirlt'o et sans aucmie pri'cisioii. I.e manusciil orij,'inal porte à
la première |>og<! le litre sui\nnl :
" Invrniiilrf dei meiitiUn il^ l'Uilii>iir iliirlriiiin.frri;- iittiiiiii- ilit ItoY, muri If U Juin nul.
.' KuMipenl \n iiieuliles i>«lanl daiiH le l'alaisHoNal représente/, par C. Hoidricoinl ipniniir
liuixler ilii rnliinel «|p feu Monseigneur 1, concierKe. K'U'de ineidiles et ({arde-lit.s du Palais-jlojal. >
demrur.inl. et |iar Krançolt Millet, tapissier et (farde n Iiles de .Son Allesse Itoyale. demeiuant
.>u«.> .01 l'alais llo>nl. |Niur ce comparant, prise/ par led. \rnould. Iniissier. as^i^l.■■ de Paul \i>au\
il- Xarenne. inarriiand Joaillier. iMMirucois di- Paris; de llarlliel > ( iliarles Ciroull, peiidr.- onlinaire
du H"i . 'i iii SmliMuii' llo>alle de peinture, de uraul a la poiide de lisl.. du P.dais; Pierre
''•'" ' ■ Kupré, marcliand* InpiMiers, demeinanl, le premier rue des Pi.iux.iiie-.
I"' '■• »ecoiid rue (.^). |>nnil«e de .Saint Jean -en (nvve. "
I ilnii» In clinndue du duc- île Cliarires ( \/<Tc-iir-e, fi'xrier nli|3).
1. 1" inr.nr: nr i.oiis \iv
If)-;
rtMi|R'i', (!•• o aulnes i '\ tic liiiiil mit .i.i iiulnc^ i 'i iiniioii du cmirsi, piisce
;<....)(. lixres.
Ilriii. iiiK' aiilro liMiliiii' de ln|)i>-<'iii', iciirc'^cnlaiil V llislairr ilf Triiiisr \ \v[{']\\\sc],
Peint p:ir Kciubr-iiJt Gr.ivi par liigouf it Wjy
l'OltTItM'l' It'L'Mî l-L\MiM>IC
(TiHciu Je la Galerie .lu Palais- Royal)
rcliaussco d'or cl (rar^^cnl. fii m'|)I pit'io tlf .i > aiiliifs i ■> de fciiiis sur 'i aiiliifs
(le iiaiil, piist'c (i.ooii li\n>.
lue aiiln- Iriiliiif tlf hipi^^i'i ic. ral)ric|iif tic llriiM'Jlfs, rcpivsfiilaiit ï llislitiri'
de Snlomoit. en -i\ |)ircc~ il mn' (■diipi'c m Imi-. pri-.!'!' 'i.cKii) lixifs.
Luc aiilr.- Ifiiliiic d.- lii|ii-.-.iTii'. r.dn i(|iir de UniMJIf-, ri'iiii'^fnlanl VIliatoirj
de Jutes C.ësitr, |)riscc .">, > livres.
l ne anire tenlni-e de lapisserie, li;jiirMiil l llishiirc </<■ ihniilinuU . prist'e '(.ikid li\ res.
I ne aillle lelllilli' dr l.i | li --i lie. I;dirii|iie ili' l'aii-. re|ilt'seill.l lll le^ llniniltfs
illlislres lie I-rmur. tu Iniil |)it'ii>. |n i^i'-f i.iiiin li\i'e^.
I ne anli'c lenture de la|)is>eiie. repiéseiilaiil V lùilrmiiinl il'Hi'Iriie. en six
pièce-, pri~i'e i , 1 1 » > li\ rc^.
inS > K P VI. A IS-U(i V M
Nuil-i Ml- (•i>iiiiiifii<>ii> |i;is dans relie lisle soiiiiiiaire la leiiliiir de V ///s/tu'/r
tr.[lf.Ki/i(hr (dii/e pièees de ta|)is>eiie des ( ;()l)eliii-, dessin de l,e liniii), ni
la lenliire de YHisldire ilr .IA<//.sv (lal)ii(jiu' des (M)l)eliiis, dessin de l'onssiii),
doiinées loiiles deu\ par Louis XIA à son fVèro, coimiie rindii|Meid les
ivffislivs du Mi.hilier de la ( ioin oinie ' . La |)reinièi-e n'était pas an l'alais-
llnval, mais \\ Saiid-dloiid, *'l lut osliiiiée G,ooo lixics. Il conNienl do
leniaïqiier ipie dans Y liivfiitdire de Mo/itiriir ne li^niv pas une ienlin-e.
de la s,'.|i,. de> Mdisniis /oi/tl/cs, iepii>v,nlaill , ponr le llhii-~ de li^ lier,
un lidltcl iloiiiir jKii- le Hoi/ (iii l'ahiis- Hni/nl . et (pii sendile anjuni-d'lnii
perdue '•■.
\.i\iins nialnlenani d'un (unp d"(eil rapide eiinnnent ('(ail nieiihle le
palais. Api-ès a\oir ;,na\i le j,'i'and escaliei- (pu se lionxail dans la x'Cdiide coni-.
il droite, ou p(''uélrail dans la salle «les j,'ardes. ofi n'élail rien de reinar(pial)le:
ou pa>-ail par une -(''lie de cliandires, — (pii. pliisienis aniK'es auparavant,
.-iNaieiil l'ait parli<' du lojrenieiil d"! leurietle d" Vn^lelei ic. et oii Tun adinlrail
riieoiv un plalnnd peint par Not'l (;o\|)el: — puis, asanl Iraver^i' huMicniic
^MJerie ipii (leeiipail la l'aïaile dn corps <le lo^is central, un airivait an\
^.'raiids cl petits a|iparleMi< iit^ il à la i^aleiie conslinile par Mansarl.
Le petit appai-tenieni iHinpail. dans l'aile i^anclie, toute la Innijneni-
des j^'aleries ipii. iNuinnemanl ;i la iiie Sain! Iliinm-e. alu uit issaieni an jariiin.
Là «'-laient les eliainho^ dn dm et de la duchesse d ( trieans. a\ec la -.cii,. d,.
eahinets (pii en ('taieid le i MnipIrnienI et ipidii avait anu'iiatic's en iinpielant
un peu >ur la fialerie des Mdinnies ijinsjres. sensilileimnl diiuinnee. el en
coiilitiiruaiit la chapelle. La eliandire de la ducliessi'. ;i jaipielle (Hi parMM.'iil
après avoir Iraxersi- den\ anticliainhres, uni' petite i;alerie el un ;:raiiil ( almiel
doiniaiit siii- 1.1 III,- Saint - lloiiiiri', ('lait nienlili'e d'ui i Imiumii iIc mai i pieleiie
il l'oiid noir, de i\i\\\ ^^ui-ridons en liois de noyer, d une pemlnli' ■< sniin.nile
par ifiires dans s.i Imi'tte de inarcpieterie, sur sa cmmsiiIi- d,' IkiJs (iiiii' i. il
dÎM-rs i.hjets de pciicelaine de (iliine. Le lit .'lait ;i H h. mis pllliers „ e| „ d,'ime
I. Cf. (MiiniK», litreiiliiin- i/ii Miihitii-r ilr t(t Cmiruiinr, I. I", p. ;iii ri p. 317.
■>. Il iii'ii lUi' illl|lll^^illll■ (II! rclriiiner cclli- liipisscric au (iaidc-MiMibli-, où rnii l'ii a pciilii
In Irnrc, l.'iiiliiiiiiinlratioii m'a (loclarô (|uc, di-piiis le coinnii'iu-cinciil <lo ce siiTlo, cllf ne (i^'iiir
|iliu claiK |p« liwfitlairrt. Un ne sail ce i|ii'ctl(,- est (leveiiiiu. Il est iiiniii qu'on ni" puis,sc pas (lirr
BU mollit 011 i-llo fui cinoM'i- (|iinii(l i-llc ipiitla la (IciniÎTr fols le (ianlc- Mcnlilc. In cxiMiiplaiii'
ilr If* iloïKi- tpiitiiri"! ri-piV-M-iilant les Muisuiiii rnyiilrs avec les doii/o mois de l'aniHM- fut doinir
jwr l.oiil< \IN an roi d<' DaiicinaiL rn iIlNi. (Voyez CinniKY. l. I", p. Kio. 1 Os loiituios <\i( nlrcs
»n wtf >WiU\ dcnv foin rn Imiili- |i»c d riiii| fois en liasse lisso, l'Iaioiil de la coinposilion de l.c
Hruii. Li-n doii«i- iiiimIi-Ics ihIuIs d'après Ini soiil ronseivés an Miisi'-i' de Versailles (n" V'"'<-"> à '|.'".l'''
du r»lnli.!>i(e de >^Milié,, hinis la liiirdiire, en liant, élail un (-iitoiirlie i'epré.sentant les ariius de
^• " ' «'Il ilevMmt, roiileiir de bioiize doie, on élail le Sicile de rliaipie mois de
' " leiil le^ sni\anls: pour jaioier. l'O/imi ihiii.i If l.itiirrr: pour février. Ilullr
''"' . IHinr mars, li- Clullraii tir Miulriil; pour avril, le tjtiiliiiii il,- \ i-rsnillia:
fHiur iiini, .•>innl-i,frmitiii-rii-l,ayr; |Miiir juin, l'niilniiirlilraii : pour jnillel, ri'fiivvi/ie.s ; |>oiir août.
MarliHonl ; {xuir M-pteiulire. I.hamlnird; |Miiir iiovenibre, le Cluil.aii de Itluin; |i.>in iléieml)ie,
Slnutraus
t.i" rni;n i: uv. i.oi i > \ i \
100
illl|ici'ial ". «iMiM'il (lr s.iliii lil.ilH', ,l\i'C SCS t'iil<';ill\. priilcs cl cinih iiillicics
(Ml \cliiiiis ciaiiinivi rliaiiiiiriv de ^ralims (Tin-, rriiii;.''cs en iriolcllcs et cri'iiiiics
(l'or, aussi liicii. (raillciii-^. (|iic |i'> rideaux des l'ciièlrcs, les laiileiiils cl
(li\crs pliaids |iiiiii > a-^i'oir.
I,a ( liaiuluc di' Muiisieiir. an
iiiilli'ii de la(|Uelle |ieudail iiii
liislie de crislal. t-lait teiidiie
dune i.M;uidc la|iisseric ;i \ci-
dmv, de seize aimes de lt)ii;j:
les sièi^i'^^ élaieiil de dama-
\ inlel cl lilaiie. jailli- de deli
telles dai-;:ciil : les iidcaii\ des
rciièti-cs. de damas Itlaiie, i;ar-
iii-, dil iiiilrc linrtUdii c, n de
l'iiiiij.^cs l'I iiidlels l'aiiv. » l.c
lit « de eoiilil » l'orl simple.
disparaissail sous mie eoinci-
liire de iaiiie hiaiielie. ( lomiiK'
nieiiltles, lieii iiii'uii e(ud'e-
sion lia I ((de Imis ion ^c a
liiels d"or. counciI de ncIoui-
roii'Tc. a\ee S(Ui eaircan >■.
deux tahics. I imc de iioxci.
laulre de huis peinl. cl deux
miroirs «de lreii(c-six pouee-
(jc liaul ", avec cadre d'elx'iio
cl en i \ re doiM'. Poiii I de
lalileaux. poiiil ddl.jels d"art.
ICii resaiiciie, atteiiaiils îi celle
rliaml)re. deux cahiiiels eu ('•laieul lilli'ialemeiil rempli-. Dans le premier.
un \ovail un linrcaii « avec son ;:iadiii ^arn\ de liidirs ". mie pciidule
«sonnaille irAn^leterre avec sa l)o."-le en Imi- de (iren.iMc, ornée diin pelil
Amour d'argeiil » ; une ^Miiiide (piantile de lablcaux cl niinialnrcs don!
\ linrntiiuc iic nom niallieurense ni pas les auteurs cl (piil ne d(''cril
que trop sommairement jxiur ipron puisse les identilier: eiilin. nue ipiantitt-
de porcelaines de la Cliine. Dans le second cahinet. Monsieur axait iIoiiik'
pleine carrière à son fjoùl du o lacliina;;e ». I.a corniclic l'Iail composiV de
(luarante-dciix |ii'!ce.s de porcelaine loule- de dillV-renles coiilenrs. cl les
divers meubles ipii s"\ trouvaient étaienl remplis de cou|)es, de tasses, de
ÉTinr. d\\t. cûiPEL
POtll \.\ DÉCOllATIOX DK I.A aCALEIIlE D'ÉNÉE J> Al PALAIS- HOï Vl,
(Dc-.iiil iniMit Ju Music du l.onvrc)
aoÔ 11" l'AI.AlS-R(l\ AL
pagodes, etc. Puis vouait une longue gak'iii', dans la(|nelle, oulie de innuliiiux
cabaivls de la Chine, il y avait encore beaucoup de tableaux pres(|ii(' exchi-
sivcment des maîtres liollaudais D. Teniers, Gérard Dow, Metsu, Micris, elc..
ce qui prouNC que M(>n>ieur ne partageait pas l'antipathie do Louis VH
pour ce que celui-ci appelait des « magots ». Parmi ces toiles étaient aussi
diverses «euvres du peiidre dolelle', ]'i'-/u/s et Ailuni's, Flore, Vcnua, etc.,
des copies de Mignard d'après llaphai'l. etc. L'estimation en fut des pins
modestes, de 3o à 5o livres par (enNre: elle dépasse rarement loo livres.
Ce n'est qu'e\ceplionnelleni<'nt (pie le nom de railleur est cité, et le plus
souvent c'est pai' dis di'sign.dii)ns en Mue (pu- procèile Vhncntaiic, dans
le genre de celles-ci :
Deux j)elils laliicaiix de forme longue, |)eiiits sur cuivre, représenlanl l'un
Noire Si'i;.Mieur au pit''loiic i-l Tauli'e .lésus Notre Soigneur allant au Cahaire.
j.'arnNs de leur hurduic ddii'r. piÎM'-. la smuine de ."m IImcs. — ('.iii(| aullres
tahleaux dont trois |)L'iul- >ur Inillc cl deux |)cinls sm iniNic. l'un rcpn'sculani
l'Kulèveiuenl des Sahiiies', deux des Paysages, un aiilic iinr Siiiiilc I aniille a\ee
deux an^'es et le cinipiirnic No-liv Seigneur en croix, j^aruys de leur honlure de
bois doré, pri>és eiiMinlilc i.xi IImcs. — Dix-sept tableaux de niignalure de dif-
férentes (fraudeurs, garnys de leur bordure dorée, piisés ensemble la somme de
5oo livres. — Deux autres tableaux aussy en mignatme, représenlanl iim IKnlève-
inciil (?) (le sain! l'.ud. laidliv de Ma;;ilclaiue. prisés So IImvs. — t ii autre luoNen
tableau manière lii' (it'uMil Dmi. re|)iésenlaiil une l)ouli(|Me (r(''|)ieiei-. |iii-é lii> IImcs.
— I II autre petit lahleau li'piH'-eMtanl une Sainte I aiiiilji'. t;iil |iai- Stella, pii-é
ao livres. — Lu autre tableau de- l'orme longue, repiésenlant la l'nile de Notre
Seigneur en K^NpIe, prisé ■.>,". liMcs. — Ouareule petits tableaux sans sij,Miature.
tant nu;.'nalures (pi'autres. garnys de leurs boidures de iIIIIVk nie- taeim-, prisés
ensemble (oo livres. — //.•//(. Irei/e tableaux de i)aNsagcs tant roiuU ipie carrés.
;,'aruys de leur burdnre «le uiari|iielerie sir , prisés ^j'^ livres. — Six petits talileaux
oxalles, repré'si-nlaiit .les ,1; > ,|c la (',(.ur. |)iisés iM livres.— tri -rand laiileau
repirsenliml M..N>e an linissoii aideiil. i.ii-é livres.-^ I n autiv laliliaii repiv-
'rnlani la \ ieige <pii lirnt limitant .l.'-us. a\ei- >aiiit Séi)astieu. prisé 7.") Ii\res.—
D<-u\ uio>ens lableauv lepiV-eutant nn ealiinet de taltleaiiv, |)risés i3o li\res. Un
f;raud laide, m peint sur luile. reprt'setdant l,i Ciirri.stiii du iiiiriilyliiiiK-. prisé
i.)<> li\ri-.. I ri autie -rand tableau peiid -ur toile, rei)iésenlaid Noire Seii:neur
rbnssiuil les luiu-cliands du tem|de. |)risé aoo Mm-cs. — I n anlcv IiIiI.mii npiV-eii
tant l'rnnirHirr sur Ir iimnl Cniinisr, prist' 100 lixres. — lu antr<' -.'land tahlrau
peint sur loile, représcnlaid la dél.dl.- des l'Inlislius par Samsoii. prisé 100 li>re-
' ''"■ Kiand (abli'.ui repu'senlaid la Saiide \ ier;.'e a\ee les apôlii's. prisi' 100 li\ res.
Lu n'-alilé. Monsieur possé-d.ail. tant :m P.dais- Uo\al .pi'.-! ■^ainlCJoud. à
Monliugin l'I il Nillcrs-Collcrels, quatre cenis lableanv. \l.iis .m \^^r^u\ par
I. V> fil ilM i,,rl m i7,.«. r«\ii ù l' Vrmlriiilf c-ii 1(17».
' '■"•'■■'■' ' ■■■• 'pli l'orrii; on rctronv.- n- IhIiIimii <1iiiis l.i lull.. li.ui du llii;iiil.
r.i; iiiiMti; m; i.rn is \iv
CCS (|iicli|ucs cilaliotis coiiiMcii il i'v| dillirili', ,i\cc riii\riil;iirc si (lcrccliiOli\
(luCri ih-cssa le pciiilic Cli.nlcs (iin>iill. irt'hil.iir lent- iiiciilili- cl (ICm appn'cipr
TAIMSSEIili; UES COUELIXS COMPOSEE PAU CM. LEHUI >' POLU H DECOIHTION DL PAL VIS • IIOÏAL
Scric de YHiiloiri de MAùirt (six picccs), J'jpris la grivorc de B. Picirt
la xalciii'. I,cs |iii\ ({'('-l iiiialii mi siml si lias (luils ne saiiraiciil ikhis «guider,
ilaiilaiil |iliis (|ii à celle û|)0(|iie. iiimik' les (cinrcs des iiiailics n claieiil
|ias pa\i'cs ilier. f!e (|iii v( nilileia ^iii |)ieiiaiil , ce--! (|iie |iai ml ces |ieiiil lires
(■Il ne leli'oiiNe |ii>iiil relier i|iii axaiilil li;jill(' liall^ la culleelioii d lliliiielle
d'All^li'Ielie. |Meiiiicie reiiillie de \|(iii--iiiM. ( ('l lei niai 1 1 , il cil c^l une luill
au iiiiilii> (|iii dcxail i-ii l'aire pallie : c'e>l le célèhie tableau de \au Du'lv
I. I i.i; PU. >r»-no>Ai.. aO
/jOa lÉ PAL AlS-ilO Y.VL
représcnfaril la Famille d'Angleterre, car dans la cDllcction du Uéy^cut nous
le verrons catalogué avec cette uiontiou : «Provient de la galerie de Monsieur. »
La même remaniue s'applique à cpielques aufies (i^ivres, telles que : une
Femme (mi-corps, avec bonnet de toile) el une 1 <7/ir, du Titien; une
Sainte Famille, par li. (iarofalo: la Fileitse, de Dominique Feti; les Vendeurs
chasses du temple et la Piscine, par Luca (lionlaiio: Moi/se sauve, de
I). Velasquez; le Titien et l'Aretin, par le Tinlunl. de. \n\vv in\(iilairc ne
nous en signale pas rexistencc. L'expliealioii de cette lacune esl (|iie la collec-
tion d'Henriette d'Angleterre lut vendue auv enchères, sa succession a\,nil éti"
partagée entre ses deux filles, (le fait nous es» attesté par un docunieiil iiu'ilil
des plu- iMi|)orlanls, ipie j'ai dtgh meniionné. \éiital)le mine non explorée de
renseignements précieux, les Comptes de la succession du lîégent, conserve
aux Archives nationales', et qui comprend un résumé des régis! res de la
Trésorerie de Monsieur, et de l'étal des biens de tous li- iiinnlire^ de l;i l'amille
d'Orléans juscpi'en ij'?!).
Le grand a|)|)ai'tenieiil CdUipreiiail UU(^ aiiliclianihre. ini snlmi. une salle
d'audience, la cliauilifc du lit, (li\eis cabinets. Tout cela t'Iail iiieiilili' a^ec
beaucoup de luxe. L anlieliaïubie était oi'uée dune lenlure di' cuir doré,
fabricpie de Flandic: la salle d'audience égalenienl axail des tentures, des
girandoles de cristal, des consoles chargées d'objets de curiosité. Dans le
salon, on admirait ((deux gi-ands cabinets d'ébèue. a\ec oruenieuls de (iu\re
bronzé, les panneaux eu |>ierres de lai)is et les pièces de bois sculpli' et
doré». Lu troisiènu- cabiuel d'ébèue, plu- petit, ('tait (hVnn'' d orueiui'iils
d'argent'. La salle d'audience, a\ec ses tentures. se< i:iraudi>le< de eri-tal.
8C9 bureaux de mai'tiueterie, ses porcelaines de la (liiue (|iii j:ai iu--aient
les meubles, a\ait ras|)ect le plus brillant. Les jours de tète, du > pLuait
im dais de \elours ci-;nuoisi rehaussé d'or, aux aiuie- du due (l'( IiIimii-, une
dou/aine de fanleuils cl nue \inglaine de pliant- (niixeil- de la|ii--erie ;i tond
d'or iluiddi- di' velours el oin(''S de g.don- d'or(le toul pi i-i' i,"),o(n) livres). Dans
la cliandire du lit, il > avait deux table- Ai- lapis. a\ee des orneuieut- de liioii/e
doré, une .-nilre table l'ornu'e de maibie- de dilTéreute- eoulcin-. ili mi\ h ( ajiinets
di' la <ibini- ;.'arn\s de pistil- tableaux iii rnign.iture » (pri-(''s i.,-)oo livres).
Lf lit, qui n'i'-iail dres-i- qu'en ceilaines oecasions, était de velours bleu IimmIi'
d or et d'.ngeni, .avec h-- cou-sins, pentes, canloiunères. sonba--i iiieiil-.
I. l-lnoriiif vnliiiiii' iiiiiiiii-x-ril ilf plus dr i,i«i<i pii^rs. (riiiic Icctiiii" niiilc. ciir iVs( VlUtil des
hUni ilf la ciimmimtmlf rviil.ml i-iilrr li- Hr({<"iil cl si fniimc, i-liil ('oiniiii-iirr m 17:1'! cl Iciiiiiuc
Ml 17.I.J Mni» (III y Iniiivc ilc-t iI/IhIIh iiudh iIick licr.iil \ai nul iiillciirs .sur l;i Imli Ic> iliics
irOrli'iili», li"i (lc|XMi-M>>i (le leur MiiltDii. de. (\r(lil\i~t ii.iliniialo, ll'i. nirili.)
j, (>» (Irin mliiiicl*. prulNihlciiicnl cvcriiU'-s |Nir IWiiillc. le (•(•li-lin! (•Ih'mmsIc, (pii (Icvniciil <Mrc
de la p|i|< «rniidc rl( liciv cl ric vi-iilnhlc» nbjcls irnri. m- miiiI c^liIn('•^, dniis Vlniu-nlnirr. Ic.t pre-
mier* qiir '>f»i livre», le Iroiojéme .H.».. Toiiles le. e.liiiinli.iiii -.ml lemie. il:iii- res Iwi!. prix.
i.K iiii:ni; m: ions \iv 2o3
(•(iml('-|)uiii|(' cl (|i(s-ii'|- iiiiu's (le pairilli' hi. xliiii', ,iiii-i i\\\r les rideaux
ri Ic^ r,iiilfiiiU (h' tiiiil |tiis('' i'.,(>oo li\n's). \cii,iil ciiMiilc la Galfrie neuve,
(li)iil laiiiiMibliMiiciil (ra|)|)aial ('lail aussi souiplueux. II j avait un peu
partout (les <rlac('s lnrmaiil liimicaux, car ee lu\«' couiniençail à se répaiulie.
.Il' hume dans la ci im|ilalillil('' de Mcuisieiii- (|iie de i(if)a à lyin il lil plaecr
pour 11.717 livies de places et luiioiis au l'alais-Uoyal. Dans la oiaiide
fralerie. \iii^d-(pialre j^iraudoles touihaiil du plafond, et rpii élaieul syinétii-
(pii'iiiciil espaci'es, snilisaieril, a\ec le scini illeineut de leiu's cristaux, |)our
\ i-c|)anilre A^' la hunière cl de la fiait'lé. lailie les- fenêtres, appuyés à la
luuiaillc, neuf nia^^niliipies dcahinets eu laipu» de la Chine de (lin(''rentc>s
(pialités, sur leurs pieds de bois doré», portaient de grands «i-ouleau\de
porcelaines, des «jattes» et des bouteilles de toutes dimensions, h' Inventaire
constate cpie beaueoup de ces objets, qui dovaieiil être des raretés du plus
trrand prix, étaient cassés, ce qui indique beaucou[) de négligence de la part
des ser\iteurs. ou leur maladresse ]\ manier ces fragiles merveilles. D'ailleurs,
la dépréciation exIraMidiuaiic (|ue les tapissiers l'allico et Dupi'i' tirent subir
à la pliq)art des poicelaines chinoises montre combien ils étaient ignorants en
celte malièi-e. et (|u"il leur auiait fallu laide d'un s[)éeialistc tel (pie Dorignv
ou l.ailliei'. Mors ([ue la moindre girandole de cristal est prisée par eux de
.'io à (io livres (ce <|ni, au surplus, semble peu), h^s plus grands vases de la
(Ihiiie ne sont estinu's c|ne ,'îo livres, l ne xinglaim^ de tables en inar(|neterie
et de consoles chai'gées d'objets d'art alleiiiaieul avec ces cabinets. Sur la
première, eu enhaiil dans la galeiie. on vovail nu grou[)e de bi'onze repré-
sentant i.(.C(>lli/i-M(iill(ii(l sur un pied de inaicjuelerie » (prisé (Jo livres); sur
la seconde, «un grand bron/e du Taureait Farnaizett (prisé 4oo livres); sur
la troisième, un ginupe. Conilxit d'un lion avec un cheval, a sur un pied
de luanpieterie » (l'io livres); sur la (luatrièine. un autre groupe (prisé
(io livres), etc. Tout an fond de la galerie, la cheminée était surmontée d'un
grand groupe en bronze de fenmies el enfants'. Enliii. rameublemeul était
conipli''t('' par les rideaux, portière, fauleuils, sofas et baïupieltes couverts de
velours à l'oiid d'oi- brod('' de lleurs. Dans V Invcn/aire après tlécès de Mon-
sieur, ceux des meubles (pii, poui les néci^ssités de la succession, axaient été
(l('sig-iiés comme devant être vendus, furent prisés /lo'i.'G.'i livres. La vente
jiiiMii|ue pKidui-il 'n)'),\)')'\ livres 8 sols |) deniers. Etant donnés les faibles
prix d'alors, on peut se faire une idée de la valeur véritable île ces objets,
d'après ce cliiirre.
I. Os divers bronzes p.irnissoiif rire les mêmes que ceux de In si-rie de Jean de Bologne que
nous ;i\oiis sit;n.ili''s dans In colleelion du cardinal de Hichelieu (Voy. page 08, les n'* 70, 78. elc). cl
comparez les prix d'estimation.
C'esl ail inilii'ii de ce iléfor t|iic ruiviit (loiiiu'fs les dciiiirics IVic- (|iil
(•mviil lini :iii l'alais-Uoval h la lin de la ^i'■ de Moiisiciii'. \ii n uni i\\i
niariaj:f du j.-iim' duc de Charlivs a\.-c M"' d<' Hlois. lillc l.-iliin,v de
M- de Monk-spau ri du roi, le palais a\ail pris l'aspcl des ^ranils jours,
tt «liuanl (pi.-itpa- louips ce ut' iurcul que ivroptious, bals, collalious. (Juaud
la iioiiN.llr lut olliciclk-, lo Daupliiu \iut au l'alais-Hoval. f( le duc dOilrans
— dit k- Miicuir" —k' Iraila «aM'c la nia'^uilici'UCL' (|ui esl ordinaiiv à ce
piinn-. il alla i'aprî-s-dîuéo voir l'opi'ia d". I/7///VA-, apii-- (inoj il n <'iiI -rand
jeu au l'alais-Hoval, el le jeu fut suivi de Bal où l'on iv(vnl loiilo les
personnes de disliiieliou, il tous les uiasques, île soite (jue plusieurs appar-
leiiieuls s'en tiou\îicut remplis aussi bien (pif la j^rraude gali'rie. Il \ eu!
^'raude eolalioii, et le hal duia (pichpie |irii axant la nuit.» Le uiariai^v eut
lii-u il \iM-aille<. au inilifu de luaLinilirenees iui|)osautes. Queltpies mois
après, eu juill.l, Mon^inu- tond>ail malade . à Paris. I.Miii- \l\ \iiil \(iir --on
Trère au Palais- Ko\al, |)uis le Dauphin, puis le roi d'Angleterre. LcMuncnir
de ces \isites a été coiisorvc par le Mcntirc. Le i\\u- dOrléaiis se ri'lalilit. Il
lU' MMiail eu soiuiue ipie di> IVaiieliir le eap île la limpianlainc: mai-, connue
sa mrre, il l'-lail f.Mo^ mau^'-eiir, el déjii l'apoplexie \v ^imllail. Mal^n'' Imil. il
j:ardait eueorr riiahiliide n'-pu^uaute di's amitii's suspeetes a\ec les lionnni'S.
Le «-iievalier de l^orraiue ne lui siillisail plus. Eu itiijS, il lui adjoii^nil un
uoineaii ra\ori. La(!arli-. « ^i-utilliouuue du Poitou l'orl minée cl loi I |iaii\ie,H
dit S.iint-Siuioii '•, pour Icipnl Monsieur n prit un li'oùl ipie sa ii^nre des plus
eommuue» ne mi'ritail pas ^V' celui de ce prince, qui -en culTla cxliaordi-
liairemeiit, el qui de cliaiire eu eliai;je elle/ lui le lit i a|iiilcmciil mouler à
celle de premier ;jeritilliomme de sa cliamlde el lui lit lieaticoup de iiràces
prciiniaires ... Monsieur liiiil p.ir m.iiier ce La (iartcà une liile de la ilncliesse
de L:i l'erti'. ipii avait quelque peu .. nMi le h.ilai >i. A celle occasion, il \ eut
au Palais-Hov,!! soiipei- el s\ iiq lioiiie''. Les Mi'iiioircs de Son ici k- lii-enl
ciue ((la nia^'iiilieeuce de celle lèle alla presque au--i loin qn'.ini lieiil pu
aller les noces d'un ;.M.ind prince». Mais ce iiVlail ipie par cxceplion que
le Palais- Hii\al elail li'iuoiii de pareilles njouissaiiccs. car l.i plupart du
ti-inps, \ers l.i tin de sa vie, I»! duc d'Orli-aiis restait .ivec sa ramillo dan- -on
cliàle.iii de Sainl-Cluiid, donl le si-jour lui ('tait de plii>; en plus aiinalile.
I> .liliiiii-, le Pal.iis- Hoval n'en re.sl.iil pas moins nioii\emeiile el luillant.
>*jnis cesse rempli par les ■.'eiililslioimues de Moiisiem qui v loMvaienl ,i\ec
In fiMile (les servilcnrs. qiiolidieunenienl mis en iiimcm par le service des
I. Cf l« roll<«-(i.«ii>)ii Mrrrnrr fliiliitil, de illici l'i iligij. Vrivc/ iiolaiiiiiirnl jiinin i(ii,'|. p. .tij.
> M.' , il,,,,.
* •"'" "lili Il'» liniriiU ih-riviiiiit, Marin Ile, |. V. n. ,(„i.
\ '.'. , lAII
i.i: 1111:111: Di" i.(M is \i\
5!05
(''(■iirifs (|iii (■l;ilili--^;iil de ci iiivlaiilc-; .illivs ri xcmii'S riilic la me Saiiit-| |i moiv
et Saiiil-Clciiid nu \ ci-aillcv. ,|,. Idli- -oilc (jur. s.iii- li.iliil.T rircclix . ■nient
l'aiis. If diR- ilUili'-aiis si'iiil)lail \ rlii' pivsriil. La saiilr de IMiilippc de |-'iaiu-c
ne sciidilait pas allôivi-, cpiaiid à la siiilc (riiiic altercation a\ec F>ouis \IV,
an snji'l i\r la inauNaise idridnile du duc de (iliailfes, l'apiipli'xie le leir'assa.
(l'était le j) jnin 1701, ;i Saint-( di hkI.
i'.v fnf. d'aillem's, la (Icsliiiôc des dncs d ()il(''ans ([u aucnn dCux ne nidinùl
an l'aln--- lli>\al.
^lurtdihrvniTnutiUn/oiijMjt/J^^iicJOrîtiUïiffTTrvntijacJit
LES ARMES DU DUC D ORLEANS, nEGE>T DE FRA>CE
(Frontispice de l'ouvrage de i. Couché: Galerie des tableaux du Palais-Royal)
CHAPITRE VI
Lir PALAIS ROYAL SOUS LA RÉGENCE
L'enfance <ln Régent. Son éducation. Ses prcmiiTcs amours. — Il loge \inc de ses maîtresses à la '«Chancellerie
d'Orléans » : histoire de cette habitation. — La vie de famille au l'alais-Iloyal : le train de maison, les dépenses
annuelles. Portrait de «Madame», mère du Uégent, dans ses appartements; le nombre de ses domestiques.
Les jeux qu'elle organise pour ses petits-enfants. Ses écuries, ses frais de toilette. — Luxe de la duchesse
d'Orléans, femme du Régent. Description de ses appartements au Palais-Royal : ses beaux meubles, ses riches
tentures, son goût pour la broderie. Sa collection de tabatières. De quelle manière, ii la mort de la duchesse,
ses serviteurs, suivant une coutume princière, se partagèrent ses toilettes, ses chevaux, son argenterie. —
Le genre de vie du Régent au Palais-Royal. Portrait de ce prince. Il s'occupe de chimie, de musique, de
peinture, etc. Ses relations avec les artistes. Ses tableaux sur le sujet de Duphnis et CIdoé. \ ipicl moment il se
lance dans la débauche. Sa passion pour sa tille, la duchesse de Berry. Les petits soupers. Les bals de l'Opéra.
ni i\ rolcr (l;iiis 1rs liniilcs de nuire Mijcl. Il l'uni |ilns
ipic j.nnais, ;ni [miIiiI m'i ,j l'n ;nii\(' de ci'lli' rliulc, se
^(invcnii (|n'll >",ij:il de l';nii' riii>|iiiic d'nn im inMini'nl . l't
nnn |i;is ccil,' dc< |H'i-i)nn;ii;i'S ipii lOnl lial)il(''. l'iciicil
dilliilli'! Tcnt.ilidn ini'x il.diic. (|n,ni(l <>\\ liasse à ciMt' do
j. 2^^ I. , :fa li^nii-es de preiiiiei- |)l,ni. un d'i'\('neinciils d'ini iid('rèl
^■•('iiérjd, de s'y ai'rèlei- el (["aj.Taiidir le hdilean uii IHn xundiail leni-
duinier place! IIIToicuiis-ikmis ceiiendanl de ne |iuiiil smlir de nolie cadi'e.
et elicti-is-oris |iaiiin les mille del.iiU eoneernaiil les lidUinie^ el les elioses
ddid n(in> avuns ;i |iarlei-, eeuv-lii ^enl^ (jin se ia|i|n )ilenl sliiel. 'nient il
2o8 ï- E I' A I. A I S - Il O \ A I.
lOhjfl |iiiiiri|i:il (le ci' liMf. INiiir (cllc (''poqiu', les ilocuim-iils inédils alxm
(Ifiit, i-l jo ii";iiirai iiiic rciiihanas du rlioix.
(Collection Je» rictrc» grj\cc^(
La Régence est la péiiode la plus luillanlo di- riii-lniic du l'alais-Uityal.
C'est riioiiiv lie supiviiu' ^^raiidi'iir qui ne reviemlia plus, (l'est là (juc
diuaiit plusieurs années se Iioum'uI à la fois le
sièfre véiilahle du iiuuxcriicuicnl <l le IVi\er des
^^^ ^ ^ plaisirs, voire de la di-hauciie. (l'est lîi ipie suij;it
(^^I^Bin. J; V % \ \ loul uu esprit nouveau. (|ui va trausloruier le
■^ ,'^^^^ ^WÊÊ j j nioude, cspiil de laiiic loli'iaiice. de lilire diseus-
ImJ^^^VA ^^r // et, hélas! aussi île lieeuee; esprit de créai iou
eu mille choses (les «iraudes loules. la ciiculaliou
de pi'o\iuce à piosiuce. I iii--l iinl ii m i;ialiiile. la
coniplahililt', etc.). C.'esl là (pie iiais-~enl cl se
développent des aris charnianls, tous ceux (pii l'onl la ^n'àce et i'ai-auce de
l'intérieur. Mais c'est de lîi, ég'aliMnenl. ipi'au uiilleu d'une socit-h' trop Imij^-
lenips énervi-e et lyraunisée parles loulrainles de la roin de l.miis \l\. \n[\{
être (lonm's les plus dé-leslahles exemples de corruptiiin (pi nu vît jamais
aussi cMiiipii'uieid l'Iaii'c. l'"l les sou\euii's laisst's par celle ('piMpie ^(Hil
tels, riiua^-'inalion en ilemenre encore si ('lraiii:<'meiil trapp(''e, (pic ce uml
« l'alais- Uoyal » siillil à évoipier et à svmholiser liieii moins le- iioii\ianli's
généreuses et les progrès en Ions genres dnn! la ll(''genee essa\a de dnlcr la
France, à travers des ilillicnités iuextiicahles. ipie de^ ima^i- de \(]|iiple
é'iéganles. de murs iiupudicpies, de pelils soupers ciapiileiiv à la soilie de
l'Opéra, et de lilierliuage éhoiité. I/li<imme ipii persoimilie ce UK'Iauge de
(pialités aimables et de vices, celui ipii semble eiidiis>ei- drvaiil l'Iii-lciire
la l'espousaltilili'- des goùls e\(piis ou di'pravi'-s, de res|)iil l'I des l'oliis de
celle i'p(i(pie. c'est |e Hi'geul. Ironie siuguliî'i'e des choses! De Ions les
princes de s.i famille, parmi tous ces ducs d'Orléans (pii icmpliiciil du luull
de leur noiu nu de l'éclat de leur forluue les xvii et wiii -ici le-, i c lui
le uiilllcur. le mieux doui', le plii- i II I cl ll;^ci 1 1 . (i('uéreux, il alla jii-(pi'à la
prodig.ilili-, don rare dans la dvnasiie! Il iiit lamoiir aidciil Ar^ ,irl-. iimm
pus celui (loul l.'i plupart des grand- -ei;:iieurs s<' l'oiil une alliludc cl
ipii l'sl nue n»'ces>it(' du r;m^r_ m.ii- im amour r('el, sincère, (''cl.iiii'. (pii
le poussa même ii eu |irali(pier plusieurs, s.ins alVeclalion. en lonlc -iinpii
cité l'I avec un vr.ii lalenl. l'.spril souple, alVami' de s.ivoir. dune mémoire
merveilleuse, il -emlilait nimii lou- li- don- ipil j',>nl les hommes supé-
rieurs, cl I. l'ainiiilile ;,'(-iiie de la l"'ranee. I incnv, liutnaln. iVlal.iil en lui ".
rninuie clie/, ijenri l\ , son ln'ros favori, dont il cnl la lnavoiuv.
i.K iiti; m: cimniiK'^, i-i n u iiki;km i>k fiusck
failc à l'occilion de son mariage .ivc< M.iJcmoisclle de BIoIa, le 18 li'
(Bibliotliéqiic lulionalc. Collcclion Hennin)
T. I. LK lv\I.AIS-nOTAI..
t.i: 1" VI. \is-uo\ \L
lu IIM U-llt'.<)|»|Ti:
{Collcclion de» pierres grivéc»)
Cfl liuiiime \icieu\, a dit tl<' lui Miclielet, était riiomuif de- l'raiice. non pas
le meilleur, h coup sur, mais, ce qui est tout autre chose, le jilihs l>nii. I.a hoiiU'. la
bienveillance universelle, c'tait le fond de sa nature, brillail. cliariiiail eu luut.
Itien de haut. Uieii de dur. Pas nicme d'humeur dans les plus j^iands liraillenients.
I ne patience merveilleuse, excessive à écouter, à supporter les impertinences de l'un
ou de l'autre. Ceux mcmes qui souflVaient le plus des honteuses misères où il noya
sa ^ie. le sentirent, à sa mort, irréparaldc. unifjue
pour la douceur du cu'ur et pour la lumière de
Irspril'.
i'.v prince, si Jit'in'ciiscMictii doiK'. iH' |i(iiii'
"circ le clu'r-dd'uvre dinif ('(liicaliiiii ». siiixaiil
rcxprossion de Saint-Simon, lui la \i(linir Ac.
-i- mailles, de son enlourajife et des circons-
lanccs. Son |)èi-e. (|ni l'adorail, lui passait lont.
Sa mère, la sévère Palatine, ciil pour lui loiilrs
les indulf^ences, ajuès lis diircs cdi 1 1 rlimis dr la
premièi'e enlaiici', ipi (Ile rappelait volontiers
plus lard-: " (juand ninn lils était petit, » éerit-cllc dans sa Corrr.tpo/x/n/icr.
«je ni- lui ai jamais dumii'' de siiMlIlcts, mais je lai l'onetlé si l'ml ijnil s'en
souvient encore! » Il aval! riiKj ans ipiand. rii l'iyi). la man|iiisi' d l']riial liiviiit
sa ^'iHivi'i-n.aidi'. l'ru dr Icmp^ apiè^, Miuivicin' lui rlmisil un i:nii\ri iniir : re
lui \r dur dr La \irnvilli- ipii. ;i sa nKul. en i(i!^]). lui rcmiilace par Ir inmle
il \iiv, Iripii'l st'lait distin;,''U('' dans les ainliassades aussi liii'u ipi à ia i^ui'ire,
cl -ni incnlipier ;i son é-lève de sé-rieuses eoiniaissaiieos mililaiirs. I.r jcinii'
duc df (Ihartrcs, cnnniH' un lappclail alnts, — c'est li' lllir ipir piiirul après
lui siiccessivenient Ions les lils aînés des ducs (rOrlt'ans, — l'-lait un ( liarmant
curant, enjnni', ricin-, plein de vie. en ipii Imnillonnail dc'jà ranlrui de l'ado-
lescence, et ipii .111 plaisir mi an lia\ail mnuliail nu zèle ('^al. Snu piiiipieui'
en litre rut de Saint -Laiiri'iil, exielleul liunniii'. au|iai'avaiil snii- iuli i Hlucieiir
des ainliass.ideins ehe/. Mnnsiiiir. <|iii iiil le Iml de prendre idiiuin' auxiliaire
l'alild- |)idiui>. piiiir II pri'par.itiiiii des devoirs du prime. Ce lu! le mallieur
lie cilni-ci. Didiojs que Imis les liisluriens, avei- une remarqnahie miaiiimile.
ont lonveil de llitrissiires. l'iail le Ivpe de ces aventuriers sans sciiipiile- qui
n'ont ipiim Iml : parvenir .'i tnnt prix el par ii'impurli' ipiel mnven. (lu
I. MiciiKLrT, lliitnirr île Vnmcf, l'-dll. l'Innimaiioii, 1. \1\. \\. nj.
t. r.orrftiHitultiner itr In Dwlirur liDrlrani. l'ilil. Ilniiii'l. l. I"r, p. i-j."!. ~ M.iil.imr ciil pniir ses
iiir.inl» urir nlTivliiiii |iriifiiiiilf ; •■ Jr riiiiiic <lii rnml ilii rniir. .. l'ci iviiil -cllf on 171(1. piiiliiiil ilu
•(•'•Ki'iil M"" rir i:iinr(ri>^, i|iii ilfvliit (Jnclicw df l.di'iaiiK*. i-iil aii»9l fonli-.s ses (i>iiilrcs.srs. In lrc.H
« iirniiv l.itilrniii ilr l.i iii||i>< liiiii du cliàlfuu d'Iiii, dmil lu topic ol à Vi-isalllrs ui" H'i;! du calnldRUi-
.Soidir'-i, rr|iri'-wiili' la priu(-i<^<4- nvi-c rw* dLMix ciirnnU on ht» Ayc. Kilo r>t iis'.iM'. poiliinl un maiiloiiu
ncuriJi-lyW-, Un In iiinln «11111 lu-, ollo llrn( M"" do ClinrUvo. Sou DU do fiilur HokoiiIi est dolKiiil do\«ul
rllo, ci\ ttoniii-l pt on riilnv
I K p M. V is-uMVAL rtous I, \ ni';(:r\f:K
'W^
^^^
nOIlE t.oM>Lls.\.M' LKs CHEVAUX DU SOLEIL
(Collection des pierres gravées)
• ■ ;iîl l<' pci-oiiiiiii^c. Iiiiilllc (riiisislcr. (IV'l.iil .ihns un |ii'lil liuiimie iiKii"re,
cllili'. .i|i|inirli,iiil (le l;i (jiuii aiil.iiiic. .- < liiillc liii. ;i |ii'iiii(|ll.' Monde et à mine
(le luiiiiif. )) qui avait ilrljulô d.iiis do emplois obsciiis vl loiiclies. En dernier
lien, il a\;iif ('k' foniniis clioz le niailic de la ^'-.irde-rohe du l'alais-l\oval. C'est
aillai i|u'il ^e poussa ;nipivs d.' Sain! - Lamcnl . Poin- le ren<liv pn-senlable, on
riiidtilia conven.ahltMuenl ; on li'icliii de lui laire
une \raie lijrure d.ibhé. Onand il i'nl dans l;i
place, hnliois (dn<lni-;il si bien ses .ailaires
ipi il la inoi'l du pn'-eepteni' ce I'nl Ini (pii
lui SMieeda. I, i idl nenee (pi'il piil ^ni- ^nn l'Ièv (
fnl inero\alile el dnia loujour--. I)einii'' de
prc'jniii's, il en iil un -ceiilliine pii'eoee. ini
;i|)piil le ni('pri> de la nmiale. le deièiilenieni
des mœurs. « A treize ans. mon lils (''l;nl d(''j;i
ini liomnie : une dame de quidili- Fiivail ins-
titiil." dil la durliesse d'Orl(';nis'. \ (piatorze
;uis. le jeune due de (>hartres enseiguii à son lour à la petite Léonore, fille
t\t\ coneii'ii^e ilu Palais-Hoyal. ce (pi'il a\ail appris de la i^raude dame, et
en enl lin <'nranl. ce (pii li| scandale'. Monsieur se i'àclia i'oil : Madame ne
(Mcliii poini sou irriliilion : niiiis le jeiiiie prince nCn conliniia p.'is moins à
\i\re à s;i ;;iiise, iiussi \ile éiuiuicipi' ipie l'axiiil ('!('' son oncle Louis W\,
l't tout !i tait libre de ses actions. ( >ii lui a\ail dis|)os(' au l'alais-Roval un
appartemeiil à p;ui, (|ui formait coiuine im pelil pavillon, avec dégage-
ments disliiicis. ce (jui lui p(M'niellail d enli<'r on de ^oilii- à son gré, sans
être \ii. ( )n peut cioiie (pi'il en prolil;i. Ses premièics inlri^ues avec les
ai'trices de l'i )p('i;i d.ili ni de celle p('iiode. Il rii''i|neiil,iil ipii il xonl.iil,
les ;^ens de lelli'es, le- -axani-, les ailisles... el les demoiselles du corps de
li.illel. l'iien ne le ;jènail. \\ec une |iareiile ('ducalion uior;ili\ on sexplitjne
(juil se soi! proinplemeiil l.iissi' eniranier à des mieurs di-n'^lées. Il lui eût
lallii un tempc-rinnent d'eumupK' pour ne mettre point à profit h>s occiisions
(|ui s'ollViiient si iusémciil : or, il en a\ail un tout coniraire. Kn outre, ([u'on
s'im;ij:ine ce (pie dex.iit être poui- l'espril dun jeune prince, à cette époque,
une cour connue celle du Palais-Hoyal, le conceit de niitleries (pii accompa-
gnait ses faits el prestes, les iiilrignes noiK'cs anlonr de celle \ilesse Uoy.ale
p.ar de- imiilii's inléi-essées, les serviteurs c(Mnplices, les conrtisiuis [irovoca-
leiiis... \liii diicliever r(eu\re. on l'envova à dix-sept .ans à rjuinée. II assista
an siège de \lons, cl loixpiil reviul. (pidipie- mois pins l:nil, ei' fut pour se
I. Corrrspondnnre, l'dil. Briinrl. I. II. p. iji.
ï. Maldepas. Mémoires, 179^. iii-ii, I. I". \t. loCi.
■j 1 •, I,E PALAlS-nOYAL
iiiaiitT a\oc la lillo It'-ritiiiuV do Louis \l\ il de M de Moulcspan. lu
llaltiiii sWria :
l'riiu-e iiiorvoilicux! (Jiu'l ]H(><lij;c à Mitro âge...
Apn's une caiiipagiR- el si longue et si belle,
Revenez Uiut biillanl dune gloire iiiunoilelle,
Avant salislait Mars, satisfaire l'Amour...".
I/.\iiioiir! (0 nVlail pas 1(> ras. Lliistoiro de co maria;,'-!! a ôto racontc'e
par Saiiit-Siinoii avec iiin' mtvo t-t des mois si :\])vr< (iiroii dirait dos
morsures d'oau-lorlo: la pcinlMi-o est saisissaiilo. Sa liaiilcssc ducalo ne
marohaudo pas les loriues poiu- dire (pic cfllo union lui une lursallianco.
Mais il nrn iiiui pas rosponsahio son ami, ([u"il savait iuoapabl(> de has
(aiiul ol ilout il naccusc (pio la laiblcsso. Cost à Monsieur soûl (piil
impute h bassesse du marelié do ce mariage cpii coud)lait les y(imi\ du loi.
(Juel tableau ipio eolui où l'c-ciivain nous montre Louis \l\ en pnsciKc de
Monsiem- et do Madame, l'aisanl valoir les avantaf^'os (pi aiiiail pour ou\ une
Irllc alliance! La réponse de la duchesse, se crovani sûre du ici'us de son lils:
<< Il décidera! » puis la fiueur do la lière l'alatine après le c oui » liinidc du duc
i\f ( iliaitres di'coiieerlé; son silence atterré, le soir, à Abulv. pciidanl le s(ni|nr
du roi, alois ipie, recevant les félicitations de la cour, rllc ne pai\iiiil pas
;i dévoroi' ses larmes: enfin roxaspéraliou de (■clic inric se traduisaid, le len-
denuiiu, l'u pleine ^/alerio do \oi'saillc-, |)ar un rriciilissant souine! sur la
joui- do son liU; tout cela est peint de main do maître, avec une l'orce de
coloris (|ui ne lai->e rii n dans l'ombre. (Juatit à la lianeée, M"' do Hlois,
blonde Ibiette au\ veux noirs, à ràine {jflaci''o% elle nontrevovait dans lavon-
Imo, en di'pit de son extrême jeunesse, cpio lt> ran;; ipii, par ce mariajro,
all.iit lui être assiU'é à la cour, \aiiiemeul ou lui reprt ''sentait rinililliTcnco
ipi éprouvait pour elle son futur maii : u ,1e ne me soucie pas (|u'i! nriiiiiie. j)
repliipiail -elle, <( je me soucie (|i:'il m'épouse. » A iiarlir deiillc anniv idi)'!
jii«-<pron lyrn, le duc de Chartres, foicé à l'inacliuM par les oud)ia;;cuses
appreheii-inris de I is \|\ ipii, connue il l'avait l'ail pour le pei'c, refusa au
'd> le ihoil d'allir .'i l'armi'O, se l.uiia ;i coip-; perdu d;ms Ic-^ jtlaisiis. Sa
fi inmo, n-oide el h.iutaino. no tenta rien pour le retenir. Il eut successiv(Mnonl
lies enfants de la f'Ioicnci-. danseuse ;i l't (pir.i (illjiS), cl de la comédienne
D.-smares (170a). De tous les tils ijui lui n.Kpurent ainsi hors du maiiai^o, il
lit des .ibbés. ,. M. m |i|^ 1,,. \enl p.i^ ipii' i|e se- b.'itards piovienrK' une race,»
I. Mrrcurr <<«• l'ranef, iioveinhro Mij)î.
1. I.!- porlniil ilVIIf i|iii ni nu inusi'f ifo Vrrsiiillis In ripn'Mrilr à peu pn'-s à t'A;.'!' ili' son mm iafie.
Moi» «iii >UjKr nijoiir, imv ji- m-/ à In Hoxelnni'. In hoiidic m-iimu-IIp, les yeux noirs, rii-ins. lis die
\ru\ nintr.-.. oriii-^ il.' |H-rli-5 ri ili- riililv i-l loin <le Iniilulre le rnrmière «lu'on voit 11 In <IiuIics.m' .laii>
hiii« li>« Mftuiirrt ilii ti'iii|n II i-il \rnl ipiVii peu diuinées la pi-lile m'toIc nllérn bcaïuiiup ses Iniil».
MADLUUl^ïELLL DE IJLOIS (lILLL UE LOI IS \l\ )
I.c jour tic ion maruge avec le duc de Chirtrci (iS février 169a)
(Bibliothèque nationale. Collection Hennin)
31 ', LE PALAIS-ROYAL
l'ciivail la priu.ossc Palatine'. Dînant c.ttc lu'iioil.-, sa g:rande passion lut
pour M"* tic Sérv, une des «lonioiseilcs d'honiu-nr de sa mère, jeune personne
d'exeellenle laniille, qui n'était point absolument belle, mais (|ui avait un air
\ir et modeste à la lois, une extrême douceur et une tendresse inlinie pour
son aman! : elle n"aima que lui, et l'aima ardenmient ^ IMiiiippe semble avoir
eu pour elle un sentiment plus profond que pour ses antres maîtresses. II
donna vraiment à eelle-ci (pielque rliose de son ((eur de \ingl ans. N'y a-t-il
pas dans «os vers ipi'il rimait à son intention plu-^ de naïveté qu'on en atten-
drait de lui. et la déclaralion cpii les termine ni' donne-l-olle pas à penser
ipie la jenni- lenmie. ii ci' monieiil, lui faisait oublier ses rêves d'enqilois
andiilienv ;i l'armée?
Tirci;; nie disait un jour :
Je no connaîtrais pas t'aniour
Sans vous, IMiilis, je vous le jure,
Sans vous, Pliilis...
Je ne demande aucun emploi,
Je ne voudrais point être roi
Sans vous. IMiilis.
I n eid'ant naipiit de ces relations, ijui fui le cboNalier d'Orlé.uis cl dexini
gé-nt-ral «les galèi'es. puis j^rand-prienr. Sun pèie le lé'^ilima. li' lil lirillaïu-
nienl é-lrNci'. le lo;,fea au Palais- Ki )val. ce (pii t>sl un Ir.iil paît iiiiliri' des
nururs liizarres de ce temps, (le lils nalincl, \i\aiil ^nns le luit conjugal.
l'é'lait une sitnatiiui ipii ne cluxpiait personne. Louis \l\ n a\ail-il |ias
diiimi'- de paieils cvcnqtles a\ec ses maîtrc'sses? I ,a l'.d.iline, si si'xère ])our-
lant sui- le point ilbonneur et restée intraitable pour ce (|ui toncbait ii la
• lignite- du foxer, n'éle\ait elle-même aucune objection, eulonrait le bâtard
des mêmes soins (pu- ses aiilie- prliN-cnfanl^, allai! le voir au collège vi
applaudissait à ses succès. <■ ( l'c-l un bon eid'ant, n disait-elle. " et il ne
manipie pas d'espiit. » (hiani à M Af Si'ry. elle faisait ouxeilenicnl la loi
au Pal;iis-Ho\;d. Pliilijipi' lui a--Mra, par coiilral du ,'îo juin lyoli. une |HiisioM
lie y.'i.ouo éeiis, obtint poin elle, cette même auiH'e. un bre\el du roi la
nonunaid comtesse d'Vip'nlon. il l'.ix.iil installée toul près ilr lui. d.ins un
biMi-l de la me de> iloiis-linfanls qu'elle babil.i jns(|ii;i l'c'poqne de s,i disgrâce,
loisipi'ellc qnill.i P.ni», en lyio.
I. Cormpomlnnruli- Mniliwif, diuUrste iTOrlrant, l'dil. Uruiii-l. l. I". p. a.'ig.
ï. 1.4 Mi»TMr, Vir ilf l'hiliiipr «iOr/nm». \-M>. ■> \i.|. in- id I 1". p ii - \| I i<. i m In \/,n-
trrttn du ItnjrnI, p. C'i et 73.
LK P AI.A1S-UOV \I. sots I. \ lli;(iKNCK
i;ii()TF.i. DK i.\ (Il wci.M.iiiui: !)"(»r,i,i:\\s
\ii ■~\iy\ lie ni InMcJ. je lin' |Hinii| I r.ii uni' (lij.T<'ssioii
|i ■ li\cr un |iclil pciiiil iriiisluirc ic^li' olisciir par la
l'aiilr (les i'(ii\ aiii< du wiii >ii'rlr >|iil en ont |iail(' sans
|in''ii>i<iii siil1i'«anli'. l'Ji cil'i'l. <m"i ('lail l'xaih' ni lliajil-
laliiMi (Ir la CMiiilc^so d"Argciil(in'' Ce (ii'lail a son iiili'-rèl
iiMii viiili'iniiil a rauso des si)ii\ ciiir-^ (|iii jhmimmiI \ rester
allaclK's el de la valeur aili-li(|ue de cet liiMcO, (liH-ori' |iar
(Coiicciun .:.- 1 .rr.siravtcs) Covpi'l, iiials eiicurc parce (jifuiie Iratlilioii sesl établie à
ce sujet, à propos de laipielle j(> puis [)réseiitiT iei un euseinhle de iloeuineiils
jii-(pi";i pit'seiil ignorés.
La tradition en (luestioii Neul que la demeure de la comtesse d Argcnlon
ail été reprise, au moment de sou dépari, par Tahhé Duhois. le futur ministre,
qui N aiirail \u'j:v duiaiil plusieurs années, et (piCuMiilc l'Ilc --erail dcxenue
riiiMel de la Cihaueellerie d'Orh'aus, alors (pie le inmle d' \rgeusou élail titu-
laire de celte charge. (Ici iuMel existe encore aninuKriiui. au numéro iq de la
rue des Hoiis-Kiil'ants, et a conservé, au-dessus dune de ses |)c)rles d"enlrée,
rinseription en lettres d'or sur marbre noir: Chancellerie (l'Orléans. Son
autre façade sur la nie de Valois, a\er scm puitiipieà colonnes, donnait jadis
de plain-pied sur le Jardin du Palais- |{o\al. Mlle a le caraclère des construc-
ti(jus du xvnr siècle. Les a|)|)arlements, (juoi([ue pliisiems fois remaniés, eu
oui gardé le style, et le plafond du grand salon, représentaiil le liioinphe des
Aminirs sur les Dieux, paraît bien être l'oinie de Coviul, dont il est parlé
dans les auciennes descriptions. L'IuMel di' la ( llianeelleiie d't )ili''aiis. après
avoir servi do magasin, sous \a[)oléoii III. au l'abiiraiil de piaim-^ l'ape. et
ensuite de bnicaiiv au jdurnal le ('nti:-ililiitiiinnel . a r[r occupi' en i SS i par
riiil'èxre (Hi-la\e Saiido/, ipii. a\ec beaiiroiip de goùl et de soin, en a entre-
pris la ri'stauralion et en a l'ail rcNivre le- |ir(''eieiises peintures (pie cacliaient
d'alîrcuses courlic> de poussière. Il appartient aujinii d'iiiu a la baronne
Tluînard, (pii l'a loue de iSi)(; ii iS()i, à la Si>(ii't(- de II iiion centrale dv<
Arts décoratifs pour l'adinini^tratiuii de son miisé'e. Dans une iiuuiograpliie
agré-ahlemenl ('crite, liiMieiisenienl illu-tri'e, mais non iiii<e dans je commerce.
(Iiistavc Saiidoz a donué' nue desc ri|ili, m delailh'e de cette liistoiiipie demeure :
il s'est a|)pliqué à démontrer ipie la tradilion ('lait aiitbenti(pie. et (pie e\'st
eneclivement la flliaiieellerie d'Orléans ipii avait ('te I'IkMcI de l'aimable Séry.
comtesse d'Argonton.
2l6 I-E PAI.AIS-ROYA I.
'IVIIf est la It'^cmle. Nous allons voii- ce iiiicllc \aul en l'ace des piÎTOs
(l'îircliivt'S (1111' j"ai à prodiiirt'. Mais il couvieiil lout dabonl de iiuMitioiiiior
K's textes sur lesquels elle s'appuie. Le plus ratégoriquo est de Germain Hrice
qui. dans son édition de lya"), écrit ceci' :
Il se liome une fort jolie maison dans la rue Neuve (les-Hons-Enfiuits, à côté
du l'alais Uoial, conslruile on lyo'i. dont les apparlenionis jouissent dune ajrit'al)le
\ue sur le grand jardin de ce Palais. Les dedans sont fort ingénieusomenl dislribiiés
et décorez a\ee beaucoup d'art. Klle est du dessein et de la conduite de (ieriuaiu
liollrand, arclutecle de l'Acadénne. 1res hahile et très emploie dans sa profession.
Celte maison, ci-devant occupée par la comtesse d'Vrgenlon, l'es! à présent par
.M"" de Monlauban.
De sou côté, rarchilecle BofTrand, dans son ouvrage puMii' en \~'\^>. où
se trouvent les planches consacrées à cc[[v liahilation, sous le litre dJ/iifc/
d'Ar^eiison . dil, dans la notice ipii les accompagne:
Les chambres sont ornées de sculptures, de dorures cl de glaces, cl le iihirmnl
du snilun, peiul pai- .\idoinc Coypcl. pi-emier jicinlic du Koy. cl de S. A. il. M le
duc d'Orléans, csl un plus beaux [ia\;ui\ de ce famciiv pi iiiln ■ .
Cle (jui est Coiilliiiic plu- laid par d'AigciiN illc, li'ipiel, dans son Voi/nge
pillon-si/iii- (le l'firis. ('ililion de lyli."), sCxpiimc ainsi:
L'hôtel d'Aigenson, rue des Bons-Lnfanis. csl du dessein de BolTrand. <>n \
remaiipii- le plafoiiil oii les Anu)urs i)araissonl désarmer la troupe céleste : c'est un
des meilleurs on\ rages d'Ardoiue Coypcl.
.lu-(pr;i pri'scid, point de place pom- le doiiic : IIkMc! (l'Argenson paraît
indubilaiilt niciil èlic la même demeuic (pic la maiiresse du l\('geid. l'aimable
cuiiile-sc d'AigenInn, a\ail (iccu|ié'e ii la d.ilc li\('c pai- (Icrmain liricc, c'esl-
îi-dirc en lyo'i. el qui a\ail cb' .l.'ci iréc par le peinlre l'axciii du iluc d'( »rli'aus.
On en ol pbis consaincu cncurc (piaiid nu a sons les yeux les lellies de la
niar.pnve d'Ilnvelles. a»nranl qn'xori \a \ oir cdimnc imc i aide la maison de
^1 d' \i -eiiloii. (ii'i Cuypel a p>-lnl le l'iixni phe ,1,- / Amour sur 1,-s Diru.r.
conqiaialilc .m l'rslin i\x- Itaphacl ... <.ii hirii luis, pi, m cmslale que le grave
Daugean, pailanl de la iii|.luie d,- \\ d"\igeiilnii avec s, m .imaiit. (•ciil
eu 1710: <i |-:ile \riid sa mai-,, 11. ipil a\.iil r,iilni' dans |e l'.ihds Hoyal. cl
«pii es| luil pejil.-. Mi.iis r,.i| magnili.pie. .. \ cis di\,.|scs aiildiile- \i.nl -e
joindre un lé-ni..igii;ij..,. pbis f,.rmel encniv, ,v|iii ,!.• Charles (Msp.l ,pii. ,laii-
Vhlof;e di' son pérc, \iiloiii,'. bi ,'i 1' \cad, lui.' le (1 mars 1 7 'i.'i. di.mic d,s «iclails
I. l'.IKi- i.'ii ■,■,■>.
i.i: 1' \i. us-ttn'» \i. snis t. \ UKfiKVCK
317
JLI'ITEK i:r l.KUV
(Tailc.iii qui fj s.iit p.irlic Je ran.icnii; G.il,ric Ju Pjlaii-ltoyjl)
Grave par baiul-Aubin
ininiilieu\ sur Ii; phifoiid L-x^'cnh' (l.iiis lluMil (i((ii|ir> .ilois. <lil-il. |);ii- l'aliln'-
|)iili()is ((-"i-sl-à-dii-c en lyoS. il;ilc im'i. ciihikI.iiiI , la criinlcssc il' \ |mi>ii|i ,11
(levai! I lialillir cMcorc). Il l'ii iluiiiic la (lr^('i'l|il i> >ri :
()n N reniai c|llr un île 1 e^ |ielil- ilieilX i|lli ~i'lè\e en liaill >iir rai:;le lie .ill|)ik'r;
mais celui i|ui ii>e eiilie|irenili e lie M' .•-aisir de la Iniiilie se iirùle, >e re|ieiil et
T. 1 I r lAi Ais-iuii \i 38
3lg LE PALAIS-HOYAL
s'enfuit. In autre, plus npiniàirc. s'aperçoit avec (K'pil. i|U(' tous ses tiails se brisent
contre l'i-yide de Minerve, et tente inutilement de nouveaux etl'orts. Le T('iii[)s
arrête par l'aile le téméraire qui vient d'enlever son horloge et sa faux. On \<iit la
balustrade (pii règne sur la eorniehe sécruuler sous les pas de ce deslruclcur
impitoyable...
Charles Coypel nous apprend inèuic (pic son père Iciiiiiiia ce liavail vu
1708 et qu'il en avorlil son prolecleiir. \r (lu<- (rOrh'-aiis. (pii se Inuixail alors
à rarniéo, en Espagne. Le prince répondil par le liillil <ni\aiil. dalé du camp
dWgramont, le 8 août 1708 :
Voire compliment est bien reçu. .Te vous remercie de plus du >al(iii (|uc vnus
avez achevé. On' me mande qu'on en est fort content. J'espère (pic je ne le serai
pas moins, et j'ai inipaticiu'C de le voir, Je vous assure.
|]n présence de documents aussi nets et aussi prol)auts, on j)ourrail croire
(piil ne .saui'ail exister aucune incerlilude sur l'iiisloire et la situalion exacte
(le la (iliaucclli'iie d'( )il(''aiis, puiscpi'i! païaîl (K'iin iii(i(' (pic ccl IkMcI csl liicn
le même qu'habita la comtesse (rArgculuii l'I cpie (ioypcl décora. Mais les
pi('ces d'archives que jai niaiulcuant ;i l'aire coiuiaître. mises ici au jour pour
1 1 pri luièi'c l'ois, viciincul protncr (pic la (picslion n est pas aussi simple (|ii il
sendile, et (pi'au sujet de cet li(')lel surgit un assez iutéressaiil prohlciiic (\i'
topog'rafihie parisieime.
I!u cll'ct, le i-egistre manuscril (pic j'ai di'jà plusieurs l'ois cih'. cl (pii csl
consacré aux Conq)les de la succession ilu Uégenl ', coulieul. au l'ciiillct .'ioi),
sous la ruhricpie: (( Chancellerie d'Orit-aus, )> l;i mention d'un acte passe devaiil
Lelèvre, nolairc, le 17 a\iil 17-^), par Icipiel la pi'inci'sse de Mi mlaiihan ' » avoit
vendu ;i S. V. II. delTimt Monseigueur le duc d'Orléans une i^rn/K/f nittiso/i
appi-li'e l'hiMel de M(Uil;mhan. silu('e à Paris, rue îles lîoiis-Kiifaiiis, pour en
conmicncer la jouissance du joiu- 011 la princesse de Moiilauliaii (li'ccdciail .
s'élanl réservé l'usufruit de ladite niais(ju, el ce sans païci de loyer ». I.c |iii\
de M'iite fut de 100,000 livres comptant, plus une peiisi(ui viagirc de
10,000 livres, cl la pi(unesse d'une autre j)cnsion de 2{),(»oo livres (pic dcvail
faire le roi. ou, îi d(-l'aiil du roi. le duc d'< )rl(''aiis. Dans !,■ mènie ivgisliv, ou
lit iMicore, im feuillet ((87, rpic, la [)riuci"sse de Monlaiihaii elaiil île le
I. Ccl on voulnil dire : o lii romlcssc (rArgcnloii, .. bien «•xidcrmiunl.
a. i:int<le heotnmtinaiil^ il,- l'Iiilipii,- (i-llrlrnns ai-iv son qioiis,... Ariliivi-rt iuilioii;ili's. Il 'i. lufili.
3,(:iiai|i.ll.- ilr It.niliii. priii.v,^,. ,lr Mi.iitaiil.iiri. Klail-c le lillc de <e favori (lu .aidiiuil (le
HIrli.li.Mi, (Jiilllniiincdi- ll.iiiliii, un des prciidcrs moinhir» du r.Vcadriiiic française, doni lli.Mel, bàli
riio \i>ii.iini\ comme nous l'avon-i vu (pages /i'i, 751, 80 cl «ji, fui réuni ensuite à eelui de Vanel, el
fornin lliAlel Çolherl, nclielé par le Ilé«enl en i7i.( pour y niellre ses éeurics? Ce UaiUrii avail une
fpmrnr (!<«•/ légère, ipn fui Miirpri>e un jour axer un de ses \«lels. Ie(|uel expia aux «ali-res sa lionne
forUnir CVlnil elle .pie la reine Anne dVulrirlie, pronorii.aid m)u nom à IVspngnole. appelai!
M— de Itnnlroii. le ipd rniiuiil rire loule la Cour.
1 i'\i u^-iuM \ I. SOI S I. \ tir (iiNcr
m ili'ciMiiltir 17'''. Il' Mis (le (■(•Ile <i iir |iciiiiil ;i l;i r,iiiiillc (!( )rl(''aiis (|"ciilroi-
CM possession tir 1 lii'ilcl (|ii"a|)irs xciscinciil de la muiiiiii' de 'ly.Doo li\i-('s,
jvpivsoiilaiit les anvrayvs de la pension promise. Celle condition a\aiil élc
remplie, le comle d'Aiiicnson s'établit, avec les bureaux de la (lliaiicellerie.
Peint par Fr. Alb.ii
Grjvc'par Colinct
SVI.MACIS ET IirR\HPin;ODlTE
(Tableau qui faisait partie de rancicniie Galerie du Palals-Koyal)
daii'^ la m;ii<ori dmil I aiiliilecie du (\[\c d'Oilt'aiis, un rcrlaiu rje^rand, lit
restimalion, en lyo.i, lui allriliuanl une Mdcur de i;î '1,000 livres, ce ([ui
était mince.
La |)iciiii(''i-e piMisi'-e i|ui se |)r('senle îi Tespril, après la iccluic des actes
notariés cpie je \iens de citer, cesl (|ue, connue nous l'a cxplitpié (îermain
Hrice, la |)rincesse de Montauban avait du ac(|U(''iii- I'IkMcI autrefois occupé par
M d' \i';^i'ntoM, remis à iicui' eu i~c)'\ par lînlIVaiid, illustré par ('ovpel, et
(piil «''tail assez naluii'l cpie le Kt'^enl ail voulu raciieler celte demeure l'emjilie
pour lui d'anciens souM'uirs. Mais, d'après les aulcuis contemporains, Danire.iu,
la maiiiuix' d IIumIIis ri les autres, la maison de la condessc (rArj^cnton
était petite. Or, llnMel Munlauliiui ('t.iit très '^rand. I']n outre, on sait cpie
celui-ci, indi(pié avec ce nom mu les plans du xvir siècle, avait été construit
asses
I.E P\I,AIS-ROVAI.
z ivci'iiiiiKiit >'"• l'-^ niiiios de l"aiu-irn li.M.-l l.,i U.mIu'-(;ii,\oii, I(i|iu1
servait oiicoie, en i(ii)a, au\ écuries de Monsieur, comme on luiil le ^()ir sur
le plan de d'Orbav, reproduit plus liant (voir page i8>). Il e<l \rai (jue sur
ce plan on renianpje entre les écuries d.' Monsieur ( IkMcI Iji Koclie-Cuvm ou
Montauban) et riiôlel Mélu>;ine, cpii y touchait presque, nue >. maison parti-
culière» petite et qui avait \ue également sur le jardin du Palais- Koyal.
.N'esl-on pas autorisé à ci'oire qiif lli.diilalioii de M" d" \rgcnlori ne dcxail
former qu'une parlie, probaMcmenl la façade, de ce qui axait été an|»ara\anl
riiôtel l.a Hoclie-Cuxon. puis IIkMcI Montauban:' En tout cas, il est étrange (pic
rarchitecle liolTrand, avant constrnil eu lyo'i l'InMcl de M d" \rgenlon. en
pid)lie les dessins, en i;'!."), sous le titre d'Ilàtel d'Argcrison, Chancellerie
(l'Orlcans, sans rappeler pour qui il Pavait élevée. Or, il est avéré que ce n'est
qut-n x-i'i — deux ans après la niorl du Kégciil et \ingl ans après son édili-
caliiin — (pic iill'' iliiucnre fut attribiu-e par la famille d'Urléans au coinle
d'Ari:cnMin poiii \ l'Iahlir sa cli;incellerie. (Jiioi (pi'il en st)il, il résulte de ce
(pii \iint délie dit cl des documents nouveauv appoili's ici. (pie si ccl IkjIcI est
iiii'u ni cllèl, coniine une cerlainc tradilion le pn'lciid. le nièiiie (pi'occujia
la maiircsse du l\(''genl. du moins il ne saniail \ axoii- coufiision sur l'Iii-loire
de son emplaccmcnl (pii esl rancicn hrilcl l,a lloili(^-( iuxon cl ihmi I ain Icii
liiMel M(''lusiiic. aiii-i (pie l'onl cru (piel(pies liisloiieiis. (!e (pii a pu accr(''(liler
celle erreur, c'e-l i|ii";iii siècle dernier il \ eut. nie des lîons-l'.nfanls. deux
li.'ileU d" \igeiixon : rnii ('lail l'ancien InMel MMiilaiiliaiii on l.a Uoclie-( in\oii )
Iransformé en clianeellerie et tlonné par la Liinille (r(*il('aiis au conile Maic-
l'iei'iv d'.Vrgcnson ', l'autre élail l'ancien luMel M<lii-iiie. de\eiin llnMel
Duplessis-Clialilloii. -ilm' loiil ;i c(M(', cl (pii lui un nnuiienl. de iy,')S;i 17(11.
la prf)pri('l('' du manpiis Marc-Uené \o_\er l\iiiliii\ d Vigeii^nn ((|ii'on
appelait le nianpus de Noxer), neveu du préc('(leiil . < e (leriiier lui ac(pii~ le
'1 nu\einl)ie |-j(ii p;ii' le dur (M lili' ins. movenii.inl la --oiiiiiie de I So.ooo livres,
et n'-niii ii l'apanage du l*alai>>-Ko\al ' en lylili. piii^ vendu en 1 7<)( par
riiiioii des civ.iucicrs de l'Iuiippe-Mgalilé. C'e-l l,i ipie de|inis lui iii>la!lé
le n>slaiiranl cunnii di' loiil l'aiis sous le iniin di' Unul à ht hki'Ic. \ngu-lc
Nilii, ipii a eu eu main les lilres de propriélé de ccl IkMcI. a pni)lii'' ;i ce sujet
une note des plus explicites dans le ISiilltliii île l'/iisloire de /V/r/.s \
(Miaiil il rinMel de |,i ( li.nieellerie d'( »i l.';n!>i. il fui repris le ■>.] aoùl lyS'i
aii\ d' \rgeiison par le duc d'Orléans, ino\ennant io,o()(i livres île renies non
I Ni' cil ilMirt, iniirl l'ii 17C11. CVl.iil le (Inixiriiic UN île riirirlcii lii-iiliMiaiil «k- ixilicc i-l «iinlf «les
wiiiix fin lir'Kciil. Il |irl( lu . liiir;;o di- «liiiiiirlIiT «If b r,iiiiill« il'l Irlrims en si-ptctiihiv 17 i;i cl la ;;iiidii
Jiivim'cii 1711.. c|HM|iic il liii|iicllc il ilcviiil iiilciiiliiiil ilc l'aii.'.. Ce fut son frcrc «lue, k- iiian|iils IU'ii(>-
Uiiili irVructiwiii. l'iKilciii (|i~, Mfiiitiire», i|iii le rciii|ilai;a.
a. Aiic ilo vciili- |iaiHc ilaiit IVliiik' (le M' Doyen, iiolaire il l'arls.
3. Viiiii'f i8^>, loiiic Ml. |i. oit.
I.i: 1' VI. \ IS-HD Y \1, s DU s 1. \ UKliKN Cli 2UI
racliL'lal)ks, puis \oiiilu [lar II iiion dos créanciers do Phili|)]);'-Iv_^dil(', le
i3 soplcmbrc 17!).^, au citoyen Vimndt. roules les pièces, au inniilire de liuil,
concernant riial)ilali(in, anciens tilies de pi(.pii(>l('. l'ials de lieux, etc., furent
l'ti.ii r.ir 1 cu,,jra Je V,
(Tableau .lui fiisait panic Je Tancicnne Galerie Ju Palaislioyji)
remises alors à rar(|iii''i(ui- jiai' liielial. ;:ai(le des ai'(lii\es des d'Orléans,
c()unne en {l'innij^nr mn' nulr de celui-ci (|iii' j ai icIrouM'e ' .
(iille di;rr.'^siiiii -iir riiii dis IkMcIs a\iii-iiianl le l*;dais-Ho\al pioiiNe une
lois de |)Ins coinliicn il c»! raie, ipianil ou coiiInMe les clironiipies avec d'aii-
tlicti(i(pies (lucunienls, de ne pas constater (pi'elles ne son! le pins souvent
I. Iiivriitnirc des pd/iiers d'Orléans, cundamné. Arcliivi-s iiatiuiinlcs, I. i05.'). li.issi- iii.'t.
LE PALAIS-nOYAL
(in'iiii ti^sii il"('rreurs. L;i i)liii);irl des inoiimiH'iils do Paris mil iiiio hisloin^
coinoiili iclli" cl appioxiinaliNC, cinniiir l'a l'it' jiis(iii"iri crlli" du iiKniii-
iia-iil (lui l'ail l'olijel de ce livre.
(Colltction Jci pierres gravées)
API\r:s LA MOUT Di: MONSIEUR.— LA ML DL FAMILLE
Le malin mémo du jour où l'apoplexie terrassa Mon-
sieur. Louis \1\ avail l'ail à son IVère uue scène lerrihle
;iu sujel des dérèylenicnts du due de (iliailies. son liis.
I!sl-ee celte (|uerelL' cpii avail délerniiui' In crise par
Kupielle le prince fut emporté? 11 send)K', en tout cas,
(|uc le loi eu ail eu Cduunc uii remords, car sou allilude
il ["('iiard de Sdii uexeu se 1 1 ;uisr( uina lirus(|U('incnl cl
dc\iul Idulc j;('ui''i-osiU'- cl loule liiiiih'. La douleur du
jeune lionune, (pii adorait son père, le loucha. Il le
combla d'honneurs et de biens, lui promit un couuuan-
dcineul à l'aïuK'-e îi la première occasion, déclara i|Ui' le iiouvi-au duc d"( )rl(''ans
aurail le litre de f)clit-Jî!s île France, ce (pii lui C()ur('rail à la cour une
snpiémalic sp('ciale, ainsi cpie sa mère se plaît à rc\pli(|ucr dans nn(> de
s<'S lettres :
.If Mii<. (lit rllr. (|iic vous eroyc/ (pic mon lils est un prince ilii saiif,',
mais il ne l'es! pas; son lang csl celui de petit lils de l'rance, ce cpii est plus élevt'
et lui donne les plus. grands privilèges: les petits fils de France s'asseoient devant
les reines cl moulent dans leurs carrosses, ce ipie les princes du sang ne peuvent
faire; ils sont servis par (pjartier, c<nnme les enl'ants de France; ils ont un preinier
écuycr, un premier aumùnicr, nu pieiiiier niaitre d'iKMel ; ils ont des garde-- du
corjjs cl des suisses de la garde; loiil cela élalilil une giaiulc dilléreiice'.
Par brevet du •.>•> juin 1701, Louis \l\ . (c\oiilaiil donner à sou neveu
des mai-tpies de son aniilii- cl de sa bieineillaucc. et je mcllre en ('lat de
soutenir la dé'pcn^e à laipielle sa naissance el son rang rengagent \ » ordonne
ipi il lui sera pa\(' nue pension de (ilio.ooo livres. c(Mumc à Mon»iiui . cl
tpi il aura droit, sauf (pielipies dilTérences peu imporlanli'^. au iiicnic liain
de mai«^ou. Le jeune duc d'( )rl('aus cul doue, ce (|ui ne s'c'lail jamais \ii
«pi'anv lils de i'"rance, 1 omme l'explicpie livs bien SainI -Simon ', des garder cl
des suisses, sa salle des gardes au château di' \ cisailles, un cbancelici . un
procineiii' gi''U('i;d au iioiu diii|ni'l il devait plaidi'r an lieu du sien propre, et
I. CorretpimiUmer île Muilamr, iAW. nriiiK'l, I. I", p. 97.
». Arrlil\i-4 iiiilliiiinlirK, K. f)'!."*, if rifi.
3. S»uiTSmiisi. Mrmoirrt. Mil. \M»\Mr. l. Mil. p. 3.">8.
i.i: !• \i. \ I s-noY M. sous i. v ni:(;i:Nf:i-: a 3.'^
la iioininatiiin di' Iniis Irs hciifliccs de son apaiia^-'O, (Accpti' li>s (Hrclii-s, ce
(jui iL'\i('nl à (lire (|iic tous li-s tiliilairos des emplois soumis !i son |)ouvi>ir,
ses servileui's persumii'ls, les j^^ens de sa maison, doid le mindiie cl le tilrc
élaienl détermines par la \olonlé rovale. les innonihiahlcs oriicicis de ses
yoinernemenls. axaieid ;i lui |)a\ci' h' pii\ i\f leurs cliai'^^cs'. ( Jiul'uinK'nicnl
aux usages, la maison de Monsieur s'i'lail trouvée lieeueiee de lail. le jour
même de son décès. Mais Mousiein-, dans son tevlanieut. avait reconiiuandé
à son lils de conserver tous v,.s serviteurs (ju de eou^liluer des rentes à ceux
qu'il ne \oudiail ou ne pourrait gai-dii'. I.e jeune due d'niiran-> eut à cœur
de respecter ce di'sir. Il maintint Terrât connue eliaueelier en ciiel" de son
Conseil, aui. appointements de 8,000 livres, (lelui-ci avait sous ses ordres im
premier conseiller et six conseillers, six maîtres de requêtes, etc. Ce personnel
lut réduit à trois conseillers et deux maîtres de recpièies. La charge de pro-
cureur général, qu'occupait le président l'remyn de .Moras, lui suppiimée,
ainsi que celle d'avocat général. Tliesul et Douhlel resièrent secrétaires
du commandement. Le duc d'Orléans leur adjoignit Dubois, son ancien
précepteur, (|ui présida aux n'ioruies de sa maison et dirigea ses choix. 1/elat
complet des otliciers et serviteurs couqMenait plusieuis centaines de per-
sonnes : la liste en est donnée jusque dans les moindres (h'tails par les
documents trarcliixes^ Il serait sans inli'rèt de la reproduiie ici.
Pour l'aire lace aux dépenses qu'exigeaient sou rang, lentreticn de ses
châteaux, le service des pensions annuelles et les appointements de cet
immense personnel, quels étaient les revenus du duc d'Orléans!' .l'en trouve
le chirTre exact dans ses registres de trésorerie. Avec son apanage, la pension
que lui taisait le roi, les recelles du canal de Loirig, du canal d'Orléans, le
droit de coches et carrosses, etc., le total se moiUait à plus de cini| millions
de livres. Pour raunée 171(1. ])ar exeuq)lc, le compte de la iccctte l't de
la dr>|ieuse, rendu à la ( Jiandn-e des ('om|)tes par llariague, <( tr(''Soiier gc'Ui'ral
des maison et liuanees » du duc (!"( (ili'ans. atteint ."),S'i 1 , i(|(! iivri's 1 (1 sols
S ileiiiei-;. ce ipii i'eiail uue li'eutaine de niiliions de notre nioini.iie d'aujour-
d'Inii. \eiilalile liste civile de souverain d'un gi'atid l'itat ! La dépende allait
il pareille' connue.
Ce n est pas tout. Pour avoir (uie idi'e conq)lète de ce que pouvait être
le train de vie de la l'auiille (l'(»rléaus, il faut ajouter à ce chilTrc respectable
les reveims particuliers de ses |iiineipaux membres, (pii venaieid contribuer
aux dép«uses générales cl au luxe comnuui. .\iusi, la leunne du duc. Marie-
I. J';ii ilil |iliis liaiil (voir ii;ij,'r i."iS) ri' (|iic vahiiriil (|ui-li|iics-iiiirs dr n-s cliarf.'cs. Ci'lli- df
(-.i|iil.'iiiii- ilo-- ^.-anlcs Miissc>s de Mciii>iiMii' lui |iav(''0 3('>,ooo livres. (Arcliivcs rialioiialcs. U. '1. luCWi.
fcuillrl 717.)
■j, \iiM/ iiotaiiiiiieiil l'L^liit tic la i'raiirr, année 1702.
g-j/, LE l'AI-AIS-HOYAl,
Françoiso de Bourbon, toucliail pcrsoiiiu'lk'imiit rlia(|ii(> aiintV 'iTio.ooo livres,
se décomposant ain^i : 100,000 livres pour les iutéivls de la soninie de deux
millions que lui avait constitués connue dot Louis XH ; i5o,(uio lixres
pour la rente éjjalement constituée par le roi à son contrat de ni;uiaf,'^e;
300,000 livres pour la rente ajdnlée ensuite par le roi. De son vn[r, la prin-
cesse Palatine, mère ilu duc. avait, du vivant de son épou\. iîjo.ooo li\res de
revenu. Kn 1701, Louis \I\ y ajouta 'lO.ooo livres, en s'evcusant du peu. et,
[)lus tard, son liis au^.'inenta celle pension de lÔo.ooo livres, ce (pii ireiiipi'clie
[)as Madame, ilans lonte sa Corrcs/sondiinrc, île se lamenter -iir >a misère,
sur l'impossibilité on on la met de tenir bonor.iblement son raim. cpiehpie
économie (pi'elle fasse: «Je nai cpie '(Ô'i.ooo li\re< de pension." dil-elle le
"i'S septembre 1719, «et, si Dieu veut, je ne laisserai pas un lianl de dettes'.))
Ll, de fait, de tons les siens, c'est la seule dont la succession n ait pas clé
obérée, comme je le monirerai plus loin. l']lisalielli-( liailolte était une
fenmie d'ordre.
F^a dncliosse d'Orléans avait sa «maison» <li^liiMte de celle de son mari,
son conseil, ses écuvers, ses écuries, son service de la lionclie. son tr(''sorier,
ses ser\iteurs. De même, la douairière, la Palatine. Au Palais-Uoval, bien des
choses étaient eu coninum, meubles, tapisseries, tableaux, etc., dont les inven-
taires après décès diiiinenl le classement. indi(pieiit la valeur, et cpion était
obligé de vendre an\ enclières pour le par'layedes successions. Par eveni|)le.
-Madame laissa pour iS'|.f)'|'i livres (1(> in(>nbles doid la prisée l'ut faite, et pour
i;(j).-<7o livres dont la prisi'c ne lut |ia< l'aile, car iN re-tèrent à son UN. (jiiand
le Pé;:ent, ii son tour, mourut, ou dut vendre aux enchères', à cause de la
division de riii-rita^'c entre sa fenune cl ses eid'aids. deux lots de meubles,
l'un de vi)o,()(i'| livres (la piis(''e n'en avait été (pie de i()i.i)(io livicsi, raulrv
de (ii7,7()7 livres. Le reste revint à sa l'einme et à son (ils. (pii. daillem-s,
avaient préalablemeid choisi cen\ (piils tenaient ;i garder, l'.idin. loixpie
»lé<-éda la l'ennne du R('';.renl. l'n i7'|(). une partie du ma- iiiliipie innliilier du
i'alais-Hoval dut encore une fois èlic dispersée à l'encan.
On devine ipie l'evistence de tant de ;:ens eidassés dans le palai- n'allait
pas sans .picl,pies lii aillenients. Les serviteurs et loinlisans epon^aienl les
• pierelles dr lems maîtres, et cela faisait autant de clans oppose-, la (lu( liesse
douairière n'ainiail passa belle-lille et se souvenait lonjoins de lallront el di-
In colère «pi'elle a\ail «'pidiivrs lois de son maria::.. \près viii;:t si\ ans écoules.
file f,'«rd«il sa nuicnne. Il |;ml lire dans les M.anbreiives lettre- (pidle e. rivait
I. ^'■)^rf«/l""'^l/l"•<• </.• Mmliiiiif, I. II. p. i,.'i
1. |ji «oiiiiiii- i|>- :i.H, \,\ir-t fui n-iiiiso aux <• kiik,"!)» iIii l'iiliil.s-lloviil piiiir t'iiililkolioii il ciiiiso ilii
lr«*iiil i|iir l<i vriili' leur iivult iini«'.,. .\„\ Knrvoim di- Siiiiil-CUmd, on iloiiiiii ino livres. Voji-t:
Arrlil«r« iinlloiinli'». Il'i, icidl'i.
I.I-. 1' \ I. \ is-ui)^ \ I, SUIS I. V iii:(ii. Nci: 220
tons les Jouis ;i ses .-imis .■! |i,iiviil s d" \||cin;ij:iM- li- lalili-.'iii qii'rllc Iraco df la
\'\o (liiilciiciir (|iioii Miciiail au Talais- |{o^al. on clli^-nuMMc, iiui. (rordiiiiiiir,
Kl.l^lllKril'<:il\KLOrrE de UAVIKIIC, I>UCIIE!•^■i; hohi.k.vn
(l'.ir Rig.iua. - iU^U ai- Versailles)
liii'IV'rait le ;:iaiMl air de Saiiil -( iloiid, diil idiii|ili"'li'iiinil sinslallfi' (|iiaiid la
Hr';.Tii(t' lui |)iiMlaiiii T. ( !(■ lui liicii ;i >.oii coiii- di riiidaiil :
J'ai. Iiicr sdir. dii illr. pa^M* iiinii lcmii> à pliiirci-, cl je nie Miis iIchiik' iilic
luiU; miyraidc. Mon lils m'a (loiiiu' un appailtiiiiiil iidiivraii, (|iii csl, sans compa-
raison, hii'ii sniirriiMir à l'aïK-ifii: jV-sprif que ma santé s'en trouvera l)icn ; mais
je luc (li'piuis i)canc<iu|i ici'.
1. (^iiriesjjondancc, m -ciilcniliio 171."!, rd, Itiiiiii'l. t. 1". p. i8.t.
T. I II: I Al *I^-1U11 \i '9
226
LE PALAIS-ROYAL
Elle est assaillie toute la journée par les visites, et .ela .lu.v juscju a lunt
heures du soir. Peudant ses repas, qu-elle pn-nd ^.ul.. plus de .vut personnes
sont autour d'elle, et il faut qu'elle leur parle, aussi peu denv.e quelle en
ait Rien ne lui est plus insupportable, a Kn somme, je n'ai que vexai..,. .1
ennui,,) s'ccrie-t-elle. L'apparteme.U que lui donna son lils était s.tné dans
l-aile droite du palais, très loin de eelui de .sa belle-lille, lacp.elle se tronxa.t a
l-aile franche; sa ehambre avait vue sur la fara.le, et était adossée an ti.eaire
de rOpéra. Madame faillit, une nuit du m..is dr janN.er 1710, v élre l.rnlée
vive. Nuiei cunnneid, d'après son pn.pre réeit ■ :
\ Irois heures du matin, jentends un ^M•and bruit; je pense que cela va passer
el que je pourrai me rendormir, lorsque je vis entrer dans mu ehambre le
laquais qui vient habituellement allumer mon feu; je lui dis:
-Evin, que vcne/.-vous faire? Vous rêvez; il s'en faut bien qu d soil st-pl
heures; trois heures vicniunl dr sonner.
il me répond :
— Je le sais bien. Madame; mais il faut pouila.il «lur vous vous levu-/. s .1
vous plall, ear lOpéra brùK-; heureusemenl le vi-nl porle la lla.nme du eôlé du
cul-dc-sac; mais si le vent ,-!.an-eait. et s'il portait la llamme chi nMé du tliéàlro.
Il- Palais-Royal serait tout cm. Iliun.u.-. (pu- nous n'auiic/. pas \v l.u.ps .le vous
chausser.
Kulendanl cela, je me levai et i.il.abillai hien \ile. lomme vo.is i>,..ivez crou-e;
rOpcra touehe presque à mon appartement: le l'eu aurait dévoré le théâtre avec ses
décorations, ses huis el ses toiles, comme un morceau de paille. In des premiers
valels de ehambre du roi, revenant du jeu cà deux bernes de la nuit, vil des llaunues
sortir de lOpéra; il cria au feu el lit réveiller mon lils: on sonna le tocsin; plus de
(leiiv cents tra\aille.iis li.ieiil ii.issitôt ré.inis; on se piocna de T.mu de lo.i> e..tes;
enfin, {,''•"«■<• '• '>'t^'"' "" se rendit maître du fe.i, (hiaiid je nîs .|U.' t. .ut ,ia..-er était
hni.je me rends au lit et je dormis jns.|ii à une i.ein-e: je me mis a taliie a trois
heures, cl je revus heaucoiq. de NJsilo. <|iii ...étaient faites à loccasiou de eetle
aventure.
l/apparlenieni de la ducliess.' ..était pas -rand : il ne o.nqirenait .pie trois
cabinels. mie ;.rarde-r.d)e, sa eband.iv et mie j.ièce p..nr s.-s femmes. Mais d
était Mipeil.emenI d.'e..ré de tapisseries illistnirr dr Sulomoii). d.> trumeauv
de filaees, de lableauv el de meubles remplis de curiosités et d.< mé-.lailles.
Lors de son inx.'ntaire apn-s d.'-cès, ces menl.les axaient et.' enlcNcs; .1 .estait
pourtant m. ..petit l.meau .le iH.i- n..ii. \\ lilejs ,1 ma.queleiie .le riiJMe,
coulenanl six tiroirs i-l un ;,Miicliel dan- le .nilien. .11. ...t.- mii -on pi.d a jour ..,
ipi'on avait laissé là pe.it-étre rommr un -...x. •!.!.■ de- l..il.iludr- jamii.e.vs
el .l'iiitimilé .|<- Madame, «pii axait di'i |.i . .I.al.le.oe.il x .•eiiiv les imioml..al.les
I. Otrrfêimnilancr, m «•pli-iiilirr 187.'», <'•<!. Hi •. I- 1". |>- jo'»-
I.K P M. MS-ll()\ V I. SOl'S I. \ KKliKNCi: atiy
lollres quclK' iiiiiutit laiil à composer pendant (luaiiloiii' délie on jasait, on
jouait, on faisait tie la innsiijne, et <|n'elle envf)yait, connne dit Saint-Simon,
« îl sa famille d'Allemagne qne jamais elle n'avait vne. »
L'admirable portrait (|ne lligaud a l'ait de (■ett(^ |iiiiieos.se Élisabelh-
(Iharlotte, et qui est au nuisée de \ersailies, nous la nionlii'. en vérité, sous
ua aspect moins défaNorahle <iwe la fâcheuse dcscii|)l ion ([ii'eile s'est complu à
nous donner (relle-nièine, ver-^ cette i'pn(|uc (171(1), dans les lignes suivantes :
•le n'ai aucuns Irails. île pelils \('U\. un ncv. c(jurt et gros, les lèvies longues
cl plates; tout cela ne poul l'oimcr une jolie ligure; j'ai de grandes joues pendantes
et une longue figure; je suis très petite, grosse et épaisse, le corps et les jand)cs
courtes; en somme, je dois être une vilaine petite laideron'.
Ce quelle ne dit pas, c'est cpie sa [lerscMme respirai! un air daulorité,
de dignité, et que ses yeux, d'une e\pi-essive honte, san\aient le reste du
visage. Elle ne transigeait pas poin- ce (pi'elle estimait (pie l'on devait à son
rang, et les questions d'éli(pietli> ("taient pour elle mieux (pie pai(iles d'évangile.
Avec elle, il fallait tenir sa cliandelle droite. sui\aiil le mot de son pJ're, l'élec-
teur palatin, qu'elle se plaisait ii répéter. Elle ne pardonnait pas îi sa helle-
fdle de ne point venir manger avec elle, par paresse et pour s'épargner les
fatigut's de l'apparat, l'accusant de sa\oir u \ivre comme \tt)(' sinqile duchesse,
non comme ime petite-lille de France». Le défaut d'enlenle el d'intiniilé au
Palais- lloyal lui arrache cette plaiide ;
La cour n'est pas connne en Mleinagne et n'est plus ce ([uelle était du temps
de Monsieur, lorsque nous dînions tous ensemble et que nous étions réunis chaque
soir dans les grands appartements, aujourd'hui, chacun vil à part; mon lils prend
ses repas de son ciMé, moi du niicn: sa femme en fait de même.
Kl aillem-s :
C'est par pure paresse que M'"" d'Orléans ne dîne pas avec nous à Paris; si elle
mangeait avec moi. elle aurait à se contenter dim lahomet, tandis (pie, lorsqu'elle
mange dans sa cliaiuliic avec son lils et ses favorites, elle est coueliée sur un canapé
ou sur un grand laulenil, ce (]u'elle trouve hieii plus agi'éahle.
Dans un autre |)assage elle dit encore : « Depuis la mort du roi, elle ne m'a
pas parlé. » (;e|)endant les relations ne rest('i('nt pas toujours aussi tendues
eiiti-e la duchesse d'Orlt-ans el -^a helle-mère. Ma<lame avoue, dans ime lellre du
mois de mars 1716, (pie sa helle-tille lui t(''moigne des t'gaids: (|u elle, de son
c(Mé, lui rend mille politesses, el elle |)rend son parti de ne l'aNoir point à sa
table: «Elle n'a pas pu ^e ré'soiidre ;i dîner .isec le roi. son |)èii': ain>i. elli'
I. (lorrespiinildiifr, t. I". p. 'l'i''-
5,33 IF, PAI.AIS-HOVAI.
lit' >oinlr.i i';i> iirciuliL' («•Ile pi'iiii- n\cc moi'.» (Ida ii ('iii|ir(liail pas (|ii'(iii
les \o\ail tli- Ifiiips ii aiilrc ciisciiililf. ilans la mriiic lnj^c. à lOixTa. où Madame
se iilaisiiil t"i>rl. la dislraclioii iK' la coim-clie a\aiit rciiiplacv |)()iii- clic relie de
la clia<i«;e. Dans ces cas-là, il lallail (|iie «Madame d"Oiléaiis » se ((inlenlàl
d'mi laiuMirel. V.w outre, la loye ne eomiioilail pas de lajiis de pied, c.imiiie
dans celle du duc. sou époux. Très alTeclueiiso avec ses pelils-eidanls, Madame
leur permellail toule liceuce avec les animaux variés (pi'elie eulreleuail aupivs
d'elle, dans ses appaiIcMU'uls du l'alais- l\oval. cl dnnl la lamiliai ih' clail Irllr
t|u"uue (le ses eliatli'S, uu jour, ne se j;èua pas pom l'aiiv -(■< p,liU jiiMpic sm la
traîne de la belle robe de brocart de sa maîtresse, pendant le lcmp< ipi clic clail
occuiit'e il écrire. Parmi ses ciiiennes. il \ en a\ail une, iionuuée liadinc, (pii
connaissait tonlc~. le-^ caries. Klle a\ail aussi deux pcnoipicl-, I ne luis, après
dîner, elle lit venir son petil-lils, le duc de Chartres, et lui donna le s|)ectacie
suisant :
C'étoit un char de Iriniiiphc cpie liaîiiôil uu j^ros clial. el où éloil iihui'e une
petite chienne nommée Adrienne; un pigeon sert di- cocher, deux autics tout les
pages, et nn cliicn sert de hupiais el est assis derrière. Il s"a|)pelle Picai'l. el. (piand
la dame descend de voltme, l'icarl ahal le luatcliepied. Le chat se iumune (lastillc
Picûi'l se laisse ainsi seller : on lui mcl inie p!iu|)i'e sur le dus. el il tait loul ce (piHu
fuit faire aux chevaux de manège .
Le tableau n"esl-il |)as plaisant!' On peut cinire {piime giandiuèic (pu n<ail
ainsi sa patience îi di-esser des bêles saxanle- pour l'amn'^emeni de -on pelil-
lils ne l'iil pas une UM'eiiaide l'enniie. I'!lle paiall. du re-~le, a\oii- (''piniiN(' mie
pri'dileclicin pom- ce! milipie rejeton iii:de. Son ironie l'^l -oineiil ariilie pour
«M"" d"((ileaiis, (|ni n'e-l pa^ dan^ rii.diihule de l'aire des garcouN el a ^ix
lilles et uu >-eul lils'. n lllleen donne !<• diMiombremenl sni\anl din- uni' lellre
ilalé'e du 'i /|aii\ ier i 7 H» :
l.a preinièic est morte à l'âge de deux ans; la seconde est la dncliesse de bei r\ :
la troisième est âgée de dix-sepl ans, on l'appelle M" de ( Miailies ; c'est elle ipii
doit (Mre religieuse '1, el, puni- la ligmc e.aiiiiie |)uin l.i l.ùlle. c'e^l la plu- J..lie de
loules; la qnalrièm*! se nomme M"' de \,doi>, elle a ipiiii/e aii> aeeum|)li> au mois
d'iiclolirc. Puis vieil! le due île Chai Ire- ipù. au mois d'août, a eu doii/e ans. l.a
cinipiième. M"- de Montpensiei . ipii e-l dans un coineiit .le lie.iinai-^, a eu .-ix ans
II- Il de ce mois. Nous axon- eul'm M" de Heaiijolai-, (pn .1 un an. . Il la duchesse
d'Orléans e>»l encore emeinte!
I ',V,/-;v«/,i,(i(/#i/i rc, l. I", p. mp!!, II).!, l'ii.
•i. Ihfl.. I I", |i. itl',.
3. //<ii/ , t I"
i Kii-i.r.ii a ;ii.iM»s.Mir(;iifiicH...
i.K p \i. \ is-no V V I. SOIS r. \ i«i;(;i:n(:
■Jîi)
Qiii'lciuos mois a|)ivs, le Ti jiiillcl, M.iiLiuir du |)l,ii>-;iiiim.'iil If n'siill.il
lie rollc (l(M'iiiÎTf j^i-osscssc :
\ll iiliilii'lll lin Ji' Iriliiilir Mil Irllli' h l;i |)ri liri'^Ni' ili' <;illr>. ntl csl \cmi
ni'aiMii iiK rr ijur M il < lili'.iii^ l'iail rii mil il riitiiiils. .. \ iiiiiji huis i|ii:irK. j'fiilitiis
Pcinl pir le Ti
( l'iblcau Je l'jiicicniic Galerie du l>.tkis-Roy4l)
<l:ins l'aiilirliMiiihii' cl mi mr dit à \i)i\ liasse : n H \ a piès (riiiii' liruii' inic Sun
Mlessi- Uoyal»! est acciMicln'c tirs liciiieiisoiiiciil. i Mais cela lui *lil (l'iin Imi si Irlsle
(|iii' je ne pus douter qur- M'"" d'Orléans nail mis au monde une septième lilie... cl
c'est nialli-nii-n--i'mi'iil ir ipii est arrixé'.
I. t.iirrraiiiiirliiiir,-, I. | '. p. j.'mi.
■tliit
I.K PALAlS-nOYAL
Miulamc. on li' vdil. axail li'spiil ^iF, et s'exprimait finement, qnan<! elle
le ^<lnlail. Son lan;ja;,'e n"a pas loujoiirs pareille délicatesse, et les mots i ins
l'éniaillent IVéïpiemment.
Quand la dncliesse douairière n'était pas occupée à son éternelle corres-
pondance, ou (pi'elle ne lisait pas la IMhIe, qu'elle ne classait pas son cher
uiédaillier, ou bien (|ii"(lU' n'était pas à la coMiédie. elle \érilîait les mémoires de
SCS foiunisseurs, et à celle besog:ne elle était de première force. Pour s'en
convaincre, il suilit de parcourir avec quehpie attention les vin^rt-trois volumes
Miaim^crits, conservés aux Archives nationales et (|ui t niiliemieiil : VEsidt dit
VI ay lie rrcrttes et dépenses faites par le conseiller, trésorier général des mai-
sons et Jinanres de Madame, di'puis l'année 1701 jusqu'à sa mort en i~-?.?>^.
On \ voit avec i|iicllt' |ioii(liiaiité la lionne Klisabclli-( '.iiailotli' aimait (pToii tînt
ses conq)tcs. l/année 1707 lui parliculièremenl terrible pour les l'ournisseurs
de Son Altesse Uoyale. i|iii s;i|I(M(;uI (pi'eii dé[)il de sa vifrilance son trésorier,
lu'iii- Davonsl. sei;,Mieur de Ilaiilel-inair. la volait iiidii^ncuieiil. Aussi écril-elle
de sa belle v\ terme écritiue, ii la lin du volume, en mois sijiiiilicalil's :
Simuiic Inlailf (le la l)éi)ciise du présent estât: Trois cent quaire-v ingt mille
tiiiil 1 1 ni Itcnic liois livres, un sol, onze deniers. El la Recelte monte à la sonune
(le (".ini| cent nii mille sept cent cinquante livres, trése sols, huit deniers. Partant
(loil)t le eoniplable la sonune de Cent dix-neuf mille neuf cent viiifjl et une livres,
onze sols, neuf deniers, (piil remetira incessamment à {cliiv ^\\u• nous auroiis
conunis pour faire l'exeiciee de sa charge de nosire Trésoiici' (|ii'ex( renil ev (levaril
li'dil sieur Davonsl (juc nous a\(>Ms itilerdil des Iniulioiis de ladile charge pour
liiiimes raisons à nous connues, cl on! cslr les |iir((-. jn-lilicaliviv huil de la iccclle
qnr (|r la dépense du |)réseiil ('hil |•(•l^i^(■s ciilif lr> mains du >iiin- \N iilc <lf la
(jarde, secrétaire de nos conuuandemeiils, et inliiidaiil de nos mai>nns cl liiiiuices
pour y avoir recours toutes fois et (luantes.
:ijas
Dans une de ses lellics. 1,1 duchesse l'ail alliiHoii à ccl ('M'ncni.'nl cl
assure (pTclle se (.|rou\e dans un giaiid l,il.\ 1 iidlic ... car -mi InM.rici lui
a v(i|<- Kio.ooM écus et la laisse san- un ii.ird, .liiisj ,|iic ses gcn-. i'.l clic jclle
ce cri de dé-tresse, tpn fait sourire: 1. l'.ii allcndanl qu'on lui l'a-sc rctnlre
t,'oi-c. il ,-! impossible de vivre sans une obole... \oiis rie saxons pas si
Il poursuivi; ee qui est ceilaiu, c'est <pi<' M.hI.huc (..ndui-il si
I. AnliUM ii.iiloiioli-». 10, iii7i-io{|3.
i.K 1* A I. \ is-u()> M. sors i.\ uimv.yc.v. a,"?!
Iiicii r^Klmini^l i;ilii'ii de ses liiKiiircs (|ii';i |).iilir' de ce iiioniciil ses l'cccllcs
ruiciil ri)ii>.|;mnnciil ^ii|M''iiiMiics ;i ses (li'pi'iisi's.
('(' Ml"-! \\:\< (■(•|icii(l,iiil (|ii elle l'-ci un Mili^Ml sur les IV.iis de pcix imicl. (■;il'
sa lliaisuli lU' (■iiin|M('ll;ill |ia-- iiiiMli-^ Ar criil liTiilc-dciix sri\ ili'ins, cl \\l;\[
des gages aniuii'l (ini'llc paxail iiii inl.iil ii\::ulii'i ciin'iil ,"i i)'i.(i'ii) li\ics. Dans
ce nombre, ligiireiil : son premier aumùiiier, ral)l)é Oastcl, a\ee .'t.ooo li\t(s
de gages; son eonressem', V'Iienne Degascc], i(Mn|ila(('' en 1701) par le H. I'. di-
Lignières (1.280 lixrcs); un second aimii')nicr sciNaiil pai' (piarlicr, dcii\
ehapelains. raiiimniii'i- du connniiii. Ic^ cicics cl le summicr f\i' la cliapcllc. le
conlessenr du c(iiiiiium. l'uis \ciiail le ser\ice de la iliainhi'c, a\cc la dame
irjioiiiieiii'. la dncliesse de ^ entadoiir. remplacée ensiiile par la dncliesse de
Uranca- (a\ec S.ooo li\res d'apiioiiilemenls); les dames d'atom', .M""' de (ilia^-
leanlier el la iiianpii-e de (lliàlilloii (^(i.ooo livres): trois demoiselles d'iionnciir.
doiil \Iarie-l,(inisc-\ icloriiie de Séry (\h maîlresse du i\\\c d'( •rh'ans), avec
chacune i5o livres, cl leur gouvernanle (800 livres); seize l'ennnes de chambre
(100 livres), <pialie lilles pour servir les demoiselles d'homieur (80 livres),
(piatre huissiers de chambre et di' cabinet (yoo livies), (piaire valels de
chandjrc (-.îoo livres), trois garçons de la chand)re (100 livres), l 11 autre
service compreuail : le premier médecin, \rlol ((J,ooo livres); un niédeciu
ordiiLiiri'. un a|M ij liiiaiie ( 1 ,.")oo livres): le cliirurii'ieu du corps de Son Altesse
iloxale, François (larè/.e (1,800 livres): le chirurgien du connnnn ( lÔo livres),
den\ valets di' gaide-robe (100 li\res). deuv tailleurs ((io livres), le porle-
manleaii ilioo livres), la lingère, etc. (hilre leurs appi linleiuerds, ceux (pii
avaieul iliiiiuiiin d'èlre préposés à la saul('' de Son Allesse Kovale loucliaienl
des vac.iiinns (pi;nid on réclamait leui's soins, ,1e liouve. par evempie, dans
les coiu|iles de laniu'e lyo). (pu' lapolbicaire re(;oil :>.,.")oo livres poui' les
drogues el médicaments l'ournis durant les six derniers mois de rannéc.
I-e dentiste Forgerou, ."joo livres annuellement pour «entretenir les dents de
Sou Allesse Uiivale». Le nu'deciu Havinond d'Vilol recoil '|(>" livres ((pnui'
1 indemniser du bouillon (jui devait rire donne à Madame".
Le service d'Iionnenr elait dirigé par le manpiis de la Uongère, remplacé
en 1700 par le maiipiis de Solière ((i.ooo livres de gages), ayant sous ses
ordres: cin(| ;jentil^|iouunes (i.")o livresl et deuv huissiers de salle (Go livres).
Le sei'vice di' l.i IimucIic il.iil le plus cliai-;ji'. \ pail les (),5oo à 10,000 livres
.au\(|ne||es uiiini.ill cli.iipie niiiis ]\ peu prè< if^julièremenl la dt'peuse de
la taille de Miid.uni'. il v a\;iil. eoinnie Irais de pel'souuel. olilie le picuiiei'
uiaiire d'InMel, l'Ii. de Collins ('|.,„hi livivsi, le uiaiire dlnMel ordinaire.
.1 . de (JiiHieii (i..")oo livi-es). cl deuv aiilies ( l .000 livics): le cliel' de la
j).iime|erie ( '|uo livres), el dr\\\ .lidcs ( 1 00 livres), un souiiniei pniir la
2;{a i.i: p.vi. \ is-uoY \i,
laiiltM-iiiTR' (.'ioo li\rcs), un clu'l" tlcVliaiiMUiiiciie (i^oo HmcsK il Mois aides
( nKi livres): oiifin le souiniit'r de récliansoiiiieiic (.ioo lixi-es). l'nin la ( iiisiiie,
il V axait deux « éouyers de la bouelie» de Sou Allesse Royale (aoo lixres).
et U'uis deu\ aides (lOO lixies), liuil porteurs, liiiissiers. enfants (on ne
disait pins >:;alopins, comme du temps d'Anne d" \iili iciuM : den\ i;arde-
\ aisselle, un sommier du ^arde-man^ei', deux sonunieis des bioelies (cliacnn
.■{oo livres), vordurier (Go livres), deuv perdeanx (loo livres), un ehef de frui-
terie (500 livres), son aide (100 lixres), et le sonnnier de fruiterie (3oo livres).
Tout cela, sans compter le service de ladmini'^lraliDn : le secrétaire des com-
mandements. Jean Dusour, remplacé par J.-I5. \(iille ('1,900 livres^ le con-
IriMeur ^'•énéial d»: l'écurie (1,000 livres), le trésorier fiénéral (."5,000 livres"),
le contrôleur de l'ollice (Goo livres): ni les p(>tits emplois tel-; ipic ck^\\\ de
porle-lahle-; el chaises (il y eu a deuv à noo livres), le mari' -liai cl les xalels
di'N iill.-s |(iu livres\ le garde-uieuliles (100 livres), le lapissier (I'Mi livres),
le falot ier ( '|o lixres), les deux portefaix de la cliainhre i .'io li\re<). v\. ciiliii.
la chai'ge di-liiale du pnrlc-chaisi' t/'tiff<iircs. leiuic loti^lenip< par le ildèle
Jacques Ganlliii'r, (|iii ('-tait en uième tem[)s le " purU-niaiiU'aii » dans les
frraiidi'S cérémonies, et touchait, outre ses Stjo lixres de j.;ai.;es pour ce cuuud.
la somme de 3o livres, tous les six mois, «pour les fournitures ordinaires»
afîérentes à son service.
l/(''cnrie de Madame (''lait diii^c'e ]iar le cmnle de Mi)ilaii:ni\ (pii
axait de ce ehci' (kdoo lixi'es d a|)|iiMnleniriil-;. (H ne roùlail pa< iiiniii-. df
G7,oo(i lixrrs par an. Mlle coni|ii(iiail (piaraiile-i|Malre rlie\aii\ inii laicnlail
alors 'i.")o livn>s de dépen.»*e amuielle pour la iiomrilnre d'iui rliexal), axée
le personnel varié de cocheis pour le premier, le denvirnie el le IrniviJnie
carrosse, les pi(|ueurs, les xalels de f()Uirière, les hum 1 elic 1 -. île. Celle
écurif i''lait inslallé'e non ,111 iVilai^-lioval. mais nie S.iinl- riionuK-iiii- l-oux re.
<pii lui fai>;;ul faec. d;m-< le ;:t;mil lu'ilrl de 1 .oniiiiex illr. (|iit' la iliiilie-->e
douiiiriérr liHiail p.im' |,i -.umnif dr 11 . 1 N,') li\ie>. el (|ii'illr ;i\.ill a hall.
(;'t'-lail uni' xieilli- h,i|)ilaliiiii. ipii ax.iil son lii-loire. l'.lli' ax.iil a|i|iailrmi
anlri'liiis ,111 due dr l,a \ irii\ illi'. i|iii l.i vriidil en l()'>i) .111 iliii ilr l,iixiie>.
Ic.pirl r.-mlirjlil r,,i|. SiMls l.i l'iuiidr. I.t dlirlics>,. <|e Clicv i vii-i' x Uni ses
' diufs >éan<-es de conspii'ation. l'ni-. tllr p,i-.s;i .m dm (i'i;|)i'i ikhi. --erxil
de demeure )hiv e.ii'dinanv de Janson. .Ir l'i.lii;riae. cl lil kImih .'i l.i m.ii-i)n
di- Luviies. (hi.iiid l.'i duchesse doiiairiirv d'( (ili'.ins m<cjiiil. il n-l.ill cmnrc
près de deux ans de hail |ii>m ThiMcl ,U- 1.,.m-iicx illc l.e Ue;.jcnl en cniici'd.i
la jouissance U M. de .Sii,,i;,,,,._ |,|-ciiiicf ^jcnlillmnmic de <.i ^li.nnliic. ifinxeii
nimt un modeste |o\er de S, 000 lixres'.
I. Arrhhr* nniioiuili-^. Compte» île nuccriilonitii liàji-nl, HV loCiO.
i.i: p \ I \ is-iun M. sors i.a luu; knck
933
UAnS ET VÉMl'S LIÉS PAH l'aMOUR
TâblciU provenant de ChrUtinc de Su*dc et de l'ancienne Galerie^ du l'alait-Rojal
(Appartient attocllcmenl 1 M. Cli. RoMigntui)
Si j.' il ici liiiis CCS <li'l,ii|s. ce ii'ol |i.is sciilciiiciil jiMiir liivr de l;i
poiissicic (le- ;ii-clii\>> (1rs (l( iciiiiiriil - ciiiiciiv siir li's luiliitiulis jJiiiicu'iL's du
3o
T. 1. Li; IXI
23/| >'E f alais-iuiVaI.
xviii' siî-clc ot (jui pennelfeiil do pénétrer au \ if les iiiunirs ilc réi)i)t|iiL'. Je clioisis
siuloul ccuv (lui pouNL'ul, à ce qu'il me semble, projeter une lumière nouvelle sur
l'existence familière de la société du l'alais-lloyal ri iimulici- ,i\cr (jiicl(|ii(' pri'ci-
sion, connue en un kaléidoscope, ce qu'était celle demeure, le iin'( aiiisme inté-
rieur, vraiment gigantesque, et les rouages de cette cour reuuKiiile et hrillanle.
D'après ce que comportait seulement la maison de la duchesse douairière, on
se figurera, sans qu'il soit besoin de prolonger la descriplion, ee que devaient
être, dans cette même habitation, les services de la maisdu de M"" dOrliMiis
s'ajoulant à ceux du Régent, qui étaient bien autrement ((nuiihiiués iMieoi-e et
infiniment plus nombreux. Mais, avant de quitter la giandinèi-e. Illis.ilxth-
Cliarlolle, empruntons encore à ses registres de trésorerie un .qxn n de cer-
taines dépenses caractéristiques, celles du deuil de Mun^-iein-, par e\enq)le. liien
que les frais de la cérémonie funèbre, (jui lui inqiusante, aient ét('' pa\es par le
roi, il ne fallut pas moins pourvoir aux tentures du Palais- Kosal, aii\ \ètements
de deuil dn persouni-l, etc. Aoiei nu résumé des Iduiiiitme-i lixiées ii celle
occasion :
Drpciises jKtiir le deuil di' Mo/isietir.
A l'raneois Millet, tapissier ordinaire de Monscijiiienr, pour laïuii cl loiniii-
lure de deuil (|u'il a fait à cause delà mort de Monsieur: '|,^>•^') li\rcs. l 'i sous.
.") deniers. — A J. 15. Cloigiiard, niarehand-libruire. pour fournilure île li\rcs de
deuil, .Si li\rcs.— Au sieur l*"r. Cîaullier, pour (lra|)eries j)ar lui lomiiies pour le
deuil de Monsieur, C,35<) livres. — Au même, pour luarcliaruliscs de t^ios de Tour.
.")■.> livres. — Au même, pour draperies, ooa livres. — Vu >ieur l'ininias, uiareliand
de rubans, pour les nœuds d'épaules pour les pages et lu livrée, .'loG li\res. — Aux
(iniciers de l'écurie, en rcmbourscmenl des frais du deuil fait pour le décès de
.Monsieur, i,3ao livres.
On sait p.ir ."^aint -Simon ' (pie Miidaine, a|Hès la nmil de mui mari, oiilinl
de ne pas portei' les \èlemeids de deuil a\ee loide la rii:ii( nr du eei l'iiuinia!
d'al(jrs. Louis \I\ drapa siv nmis, et tonle la eoui- porta le mantiMu loni: cl les
m.inclictji-- plaies'. Sa \euve auiail dn avoii' le \nile enu\ i;nil le froid cl la
maille <( atlaehée au IkjiuI du corijs du grand haliit d'une ('paiile à r.iiiliv .1
trainanf si loin par derrière (pi'ime dame ainsi ehaigt'c était ohligt'e d'attendre
que celle ipii l.i prccidail fut soilie de la pi(V(> où se faisaient les révérences»'.
Mais Klisahelh-( ihailolle, ipil aimait .ses aises, prélendil ipie cette coilViire lui
faisait m.il ii la lèle. cl (-"est, en ellet, s;ms liaiide.ni. s.nis m.inleaii. sans voile
et sans in.iiilc, (pi'elle est ligiin-e dans le porli.ill qui -.c trouve an (ahinci des
I. S«i>T-SiMi>jr, Mfmoirn [M\{. i\r*(,niml» fÀ-rimim). t. VIII, p. 3(ij.
ï. Mfrriirr, oimi'v 1701, p. 33a.
3. (ja:rlle de iC«3, p. W-.
IF. !• \i. \ is-i«()Y M. SOUS I, \ t(r:(;R?«<:E 2.'i5
Eslanipcs v\ i|ui lit rt'[)r(''S('nl(' en li.ihils di- deuil'. NiMiiiiioiiis. la princesse
iMil Mlle loilcllc a|)|)i'<)pi'i('-c ii la rii'coiislaïK'f. rniiiiiii' en {(''iiioi^^iio ct'l autre
l'xliait (le SCS CDiiipJcs :
Tdili'llr jitiiir II' ili'iiil lie .Monsiciir.
\ (ilaiiilc i.aiiiy, manliand pillcliri , pniir I i rciiiiiiiliirc do la cliamarnirc d'iicr-
iiiiiic pniir une garde robe de deuil, c(»rps de r()i)e et jupe, pour le service de
S. \. l'i.. 2, .")()(> livres. — Au sieur Houclicr, marchand drapier, |)Our fournitures
exlraortiinaircs pour le deuil, y.');)») livres. — \n nicnic. [)'M> livres. — Au sieur
Franc Dul'<jur, marchand lionnctier. pour sa l'ournilurc extraorilinaire, 266 livres. —
A .\ntoine de La Uoiic, pour rouriiilures extraordinaires pour la toilclle de Madame,
à cause du deuil de Monsieur. ■>i)'i livres. — A damoiselle ("lande Cordicr, femme
Gaucher, morchandc liiii:ère, |inui' façons extraordinaires et nieruics fouridlures de
linge |)ai' elle faite j)oui- le deuil de Monsieur, i.yyt) livres. — .\ Louis llatanville,
marchand de rubans, pour f(jurniture extraordinaire tie rubans et crêpes, 1,200 livres.
— A Catlierine Chevalier, pour coclfures de deuil, 280 livres. — Aux sieurs Perri-
chon et Pierre Foin, pour paiement des clolTes d'or et d'argerit, i, 000 livres. — A
Pierre Loupin. [)()ur rniuiiiliirc evliaoï'dinaire d'('])ingles pour le service de S. .\. II.,
2().i livres. — Au sieur Fannion. brodeur du ri>\. pour avoir brodé un bonnet de
cièpe noir pour un de ses hupiais, 1 1.'{ livres. — A .1. I.emci\iie. pour la peinture des
caissons des carrosses, 3'|2 livres. — A la demoiselle Lemoyne pour raccommodage
et entretien de la collerttle de Madame, .'^'18 livres. — .\ la même, pour fourniture,
ûoo livres. — .\ dame .Icanne l'eiel. pour le linge fourni pour le deuil de S. .\. H.,
r».6So livres. — .^ la même, .'îyS li\res. — A (lalherine (dicNalier. pour- marchandise
de deuil [)ar elle four nie à la demande de la dame de ('.lialiliini, 1.1 pi li\ res.
Il laiil rceoiiiiaîlic, an surpin-^, ipie ce nV'Iail pas en (l(''|ienscs de toilclle
personnelle (pie la ilnelie^^e. en lenip^ (ii'dinaii'e. pnuligiiail ses rovcnns. IViiid
cocpioltc, clic iraiiiiait gucic les coliliclicts. Scni vald de ganio-robe et tailleur
ordinaire, .l.n. Francini, n'avait guère, avccelle, dehesogne. (À^pendant, on la voit
assez IVecpieiiiineiil ael lel iT des él( )l1es ( le M' et dargenl pi un' .'),()()() (d (5, 000 livres.
Ouoi(pie deleslaid les parl'inns, (piainiail laid Monsieur, les factures annuelles
du parfiiineur Serrigon inonteiil rc'gMiièreiiieiit îi '|00 ou 5oo livres. Parmi les
iiieiMies d(-peiises (pii ie\ ieiiiieiil eliacpie aiHK'e, il en est une dont la répétition
jns(|irji la moi! de la piiiicessc est constante. l'.lle ap|)arait sous cette forme :
<( \ Mcoilas \allaroii, pour avoii' mon I ré îi jouer la guitare ii Son .\ liesse Royale.
5oo livres;» et ii cet arliele \ieiil loiijoius s'ajouter cet autre: «A Jean Iliirel,
pour rentrelien de la guilare, 1 'o li\rc^. >< La princesse Palatine jouait donc lie
la guilaie! Le (ail inc'iile d'anlaiil plus ilèlre ((Ui^lale ipie. dans ^i'S Lcftffs, où
(die est si |)ro(ligne de dilalN ■-iir hml ce ipu l'i-ldoiire. elle n'en parle Jamais.
I. V..I. O' .'il, |>. Sii.
>.36
1.1; !■ V IMS-UOV AL
i,\ 1)1 (iir.ssi: Doi'ii.KWs dws ses \ri' vi'«ri;\ii:\rs
Dans le' lal)li';ui de la \ir (l<' lamilli' an l'alai-lui\al,
M"" d'Orléans ji^nc un vn\c assez cllacc'. ( )ii aiiiail (oit,
ponrlanl, di' piondre trop à la Iclhv le porirail [ion
llatli- (jn'à diverses reprises a Iraeé d'elle sa belle-mère.
C.elle-ei di'elare (pi";! ipiarante ans sa hni parai'^sail
vieille, avec le ne/ el les jniie-^ peiulailles, la lèle lnaii-
laiile. la deniaiclie vaeillaiile. " M" de hal/enliaii^-eii. n
dit-elle, « a|)pelle eela aller sut iiiie (iicille'.» Il e>l
eerlaiii (piCn 1 7 1 ■ > M' d ( hleans n'avait pin-- la iiràee
n'était point laiile, tant s'en i'ant. e lllle avait de la lieanlé. » dit M d(>
Cavins, «de l>ean\ hras. de belles main-, mai- pen de pinpoilion dan- les
Irails. » Elle é-lail devenne replète. La petite vérole Ini avait nn pen abînu' le
visao'C, et. à la -niti' de ses conciles snecessives, sa sanl('' ('tait rt'sti'-e allc'rée.
Le pire, c'est ipu- le j^cnre d'existenee (prelle avait adop(('' m' conlribn.iit
"•nî're ;i la r(.'mettre. (>n ne la \ovail nnlle pari, lonjonrs enleinn'e (pi'elle
était dans ses appartements, se lev.int à midi, (pieiiinel'ois pins tard, conti-
nnellenient éten<lne sni- nne eliaise longue, s'eniviani lonle >enle Iroi- t'ois
la semaine (dil Madamel, avaid îles vapenrs, des nni:raines, ipie le mampio
d'exereiee, ;i delan! d'aidres causes, snllirait h e\pli(pier. (l'était la paresse
même et la nonclialance. Ses lilles, à (pij liji' n'avait l'ail -enlii- aneniK"
antoriti', la traitaient sans lespeet. Non .-enliineni la duilie--e de lierrv et
l'ahiiesse de ( '.lielles. ces den\ delia(piéps, osaii'id l.i (pienller ont rai^cn-ement ,
mais les antres, les pins jennes. n l'Iaient pas nnenx ('levi'es. M" dr \ alois,
il ipiin/,i' ans. passait -onvent.elle an-si, tontes ses jonini'es sans s'iiabiller
.111 l'alais-l\(i>al. restant ju-(pi an diner. ;i {\i'\t\ lienres, sii/is ro/yis il'liiihit,
ce (pii indi;.'nail sa •jrand iiu'-re, hupiellc avait danlie- li.diilmle- el d.' pins
séM'-ies principes.
I.a diiclir'sse d"nrl('-ans é'i.iit cepetidanl nne l'ennne de beaiKonp d<-prit,
à ce (iiTassiire Saint-Simon. Mai- elle .ivail (|nel(pie ( lio-e de sec e| de liaul.iin,
dans sa laii;;iienr all'ecli'e, ipii Ini enlevait le ( liarme. l'aice ipi'elle el.nl nne
hAlanle de l.uiiis \l\ . elle se ciovail d.> race <ide-te, et allait jn-(pi'.'i pi (■l'i'rcr
le ran^' de ses frères an sien piupre de pelile lille de l'iance. I.i' i\[\> dn Maine
n\ai( loiil son «-(l'iir. l'oiir lui. elle intiiiin.nl. elle lialn--ail -un m. ni, .'1 qni
oIIp se croyail .siipé-rienre cl (pi'. Ile n'aimail pa-, ne sonll'i. nd c|ne dans son
I. Oirrripimilaiirr ilr MmUtinr. I. II. p. ai).
M HUE m: iioinoux, iuciiessk mmiKiss, kpolsr ou «HiKST
•Û\S I i: PAI.AIs-nnT \I
orgueil ili's iiiliili-lilés dmil clli' se plaijiii.iil (|ii;iihI elle se |i<is;iil en victime
auprès (lu roi aussi bien (|ue de ses l'eiiiiiies de eluiiiilire, (|ni ;i\,iiiiil ses
ci)nfi(loiR-cs. Ia- duc d'Orléans, s'il eiil des inaîlresses, nCsl (l.uic pas
pivriséiueut inipardoiuiable a\ec nue reiiiine de ce caiaelère. il la iKniimail,
eu riant. Mndoinv Liivi/er. Mais, après ses incartades, toujours liou dialile,
incapable de rancune, il revenait à la princesse (le tinmlne de ses entants
le prouve), ol, comme le dit sa mère, celle-ci faisait de lui » tout ce (pTelle
voulait»)'. Dans les premiers temps de son niariap-. (piaiid elle îri'tail pas
rr-lé à Sainl-dlond, elle s'installait au milieu du parc de \cr--aillcs. dans
une cliarinaide liabitalion dont le roi avait l'nmiii le terrain en ijo.'), et
(pii ('tail soniptnensemcul incul)i(''e. d un lu\e inouï, à en jni^cr par les
inxentaires cpii en donnent mie ('blouissaute idt'c. < hi l'appelait /'AVo/Y/c.
I.M maison l'nt cédée ;i Louis \\ en ly.'îi. l'ai lois, la dnclicsvc, (pii (■lait
tiès pieuse, se reiir'ail an monastère de la Madeleine de 'rreuelles, rue de
(iliaronne. dont elle aimait le calme et oii elle respirait l'air ]iur avec
inlininient de plaisir. Mlle \ avait des appaiiemeuts poui' elle l't ses dames
dliomiem-. la ducliesse des l'oi'C(>s, M d'i!piiiav. la ducliesse des Anbie/.,
son cliiinriiien VminLMK', ses l'ennues de ciiandiic et ses brodeuses, (pi'elle
ennnenait toujours avec l'ile dans ses diveises i(''>-idences. l'Ile les faisait
Iravailier à ses tentures, à ses dentelles, à sou liui:i' don! elle avait i^rand
soin. ;i ses loileltes. car elle ('tait cocpielle. La duciie-se ailmail le- bijoux.
I.e loi Louis \l\ lui en avait douin'' de spleiidides lors de son mari.ii^c,
nolammenl ipiatic parures evlraordinaires ipi'elle avait souvent portivs
il Nersailles, à Mailv, à Paris, dans les b.ils. et dont elle avait même perdu
pai' iH''j.'lij»-eiic(î un certain nombre de pierres, aiii-i (pie le prouve linventaire
ipii en îi été- conser\é', et (pie \l de Saint -.lii-t, (pii eu avait la ^^arde.
a soijmensement notées^ (Test .m moiia-~l('''re de 'l'i-eiielles. s;ms doute, (pie
M"" irnrli'-.ins prit ri(l(''e, en iji^". d ac(pi(''iir lîai.'^iiolel , sitiK' non loin du
conxciil, et oi"i elle constitua de joules pi(''ces un domaine coii-iderable. avec
un cli.'ilfaii (|(ii lui lit t'aiie des folies, car c'e-t eu |)ailie pour cette cous-
truclioii (pi'elle >e trouvait endelt('e en I7'>,'i de la somme de '|So.o'i() livres.
Sur ro cbillVe, il \ .iv.iit pour plus de .■'io,( livres de meuble-, dont
beaucoup evéculés par r(''bénisle Crescenl^ Klle vivaii l;i retirée, comph'-
Icuieul i-liez elle, .ivcc les personnes (pi'clle aimait, ses table.iiix à elle. ^e>;
ciM-iosilés. cl disposait de ses jonriKvs suivant -es n-,,ùls (l'indoleuce. Il u'v
avait point d'apparlement pour son mari, m.iis de- cliambi-e- -iiperiKiiieiil
I. l.i.rirtiiuiulniu;- ,lr M.nliimi-, I. II. p. Ji).
■I <;f, Htliil tirt iiirrri-riri île Sun A. II. M-' lit iliirhrxsi- ilr <:hiiilris fnil h- 'i frrrii-r HW . \n iiivcs
nnlliiiialcv. K. y.<'.\, 11° ij|.
3. Èlal lie la cummuimulf il<- l'h. ilU irlmn» «ii'<v son rpniifr. \iiU\\r- ii,ili..ii.il< ^. U'i, i>.(Hj.
I.i; i'M\is-R()\M. sors I, \ iiKcr.NC. 1*. yîîg
auuMia'jc'os pour M des Foi'ci's. di- ( lliàlillnn. df (ioidlaiis. de Nt'vci's, di-
ToiiiU'rri'. de CIci'iiKtnt, des Vid)iiv, t'\i-. I.c mniihrc des servilems (|tii y
é(:ii('iil Iciiii's clail 1res l'Iexé'. Nalnn'llriiniil . le-- lui kIcii^c- a\aiciil aussi ;i
IJagmilet leur iiislallatioii, (ini était toiil ii l'ait CdidoilaMe.
Au Palais-Hoyai, les ap|iaiteuieiits de la ducliesse d'Oih'aMs. aduiiiai)leMH'nt
nieniilts l'I tivs ^asll•s. axainil l'Ic ili-|)(is(''s dans rciidrnil Ir plus caluie. au
rez-de-eliaussée île la i^alciif de laile ;;auelie laisaut l'acM.' ;i la i^dlfric nctivi'
consfruite. on i ()()(. sin- la rue Richelieu. Ils dounaieul de plaiii-pied siu'
le pclil jardin iuli'ricur (|u'iiii appelai! "le jardin des l'rinci's.i d (pii (■lait
siiij;iieuseuieut eidivteiui. a\aul au milieu uii bassin dont l'eau jaillissante
répandait de la IVaîelieur'. (jnand ou axait franchi une «rrande aidichand)re
et un saliui où 1' -cniai^piall . outre les liinneaux de places, (piatre lieanx
painieaux de bronze doré', ddr moulu, litinrant des dra^^ons et des oiseaux
en relief, on pénétrait, par un cabinet encoiubié de poi-celaines de la Chine
et de curiosités dixerses, dans la chand)re ;i conchei'. De lii on |)assail dans
une pièce, (pu ('tait désijjiiée sons le nom de n chambre à niche n, oii la
duchesse axait t'ait |ilacer un lit de repos, et (pii était son jietit salon de
réce|)lion. Puis venait une assez loui;iie ^aleiie |tleine d'objets pr('(ieu\, tables.
cabinets. j)orei'laines, tableaux, etc. V céit(' se tronxaieni les petits ap|)ar-
tenicnts de la duchesse, comprenant un salon, une antre chaudiic ;i iiiclie.
un oratoire, un ^arde-meuble et dixerses (h'pendances pour les l'einnies de
eliandire.
l'iuir d(''crire en délai! nniipiemeiil ces ap|iarl('menls, im xojume eutiei'
serait nécessaire. Je me borneiai donc a im i-apide résume dapivs l'I/ivc/iftii/t'
dressé en I7'>.'^ (pii peiniel. ipiand on l"('tndi(> axec attention, de reconstituer
dans leur merxeilieux en-endile les dixerses ])arlies du Palais- Uox al à cette
époque. Une renianpie s'impose tout d'abord : c'est c[ue les pièces de l'appar-
temeid de M"' d'( )i-l('-ans étaient déponrxues de <"es teidures d(> ta|>isserics
ipii oruaieni jadi- en si ^rand nondire le Palais: appareimuenl . la piiucessc
ne les aimait pas. Ici. on ne xoil (pie boisi-ries scnlptivs cl trumeaux de
;.daces dans leurs cadre- tinenient dorés et ornés. Il faut noter éizalenieni
(pie toutes le- ihemiiK'es. su, inoul('es de places superposées, aussi hantes
(pi'on .savait les fabri(piei- alois (il y en axait de soixante-ciiK] à (pialre-
vingl-cin(| [loiices de haut sur (piarante à ciiKpiaute ponces de larf,'e), étaient
décorées de beaux chenets eu bronze, leinres d'art dont riinenlaire ne (K'si^fiie
I. Invenlniri; îles incubtei du Hèijenl. .Vicliixes iialioiiiilcs, X'a. «jiOu.
1. Ces a|i|)iii'l(>iiicrils. (|iic> la cliirlicsso (l'()iii''.iiis n'ii.-iljita (lu'à parlir de fniiiii'e 171-1, lois<|uVlli'
(|iiUla ceux (in'cllc ncciipail auparavant dans une aiilrc pailio du l'alais-Hoyal, nvnicnl l'-U- alTccli-s
pi'(''('i'-(lciiiiii('iil à M Ii; Cli.ilillnii. une do d: s d'Iioiincur. (|ui y avait fail. à ses frai», de ;:raiids
(■(nliclli^MMiiiMiN. l'oiir indciiiiiiMT «■clli'-ti, on lui constilua une reide vin|,'èiv de ii.immi Umi-s (pii lui
fut paxce jus(prà si nioil, eu I73.'>.
a4o LE PALAIS-nOYAL
poiiil l'autour inalheurcuseineul, mais qui évoquoiil tout di- suite les noms do
maîtres Comme Callieri. l'armi ces garnitures de t'oxei . je ( itérai les suivantes :
iMins lu chambre ù coucher de la duchesse : L ne ^mIIIc de feu jraniie de deux pié-
destaux sur lesquels sont deux lijfures, lune représentant 1' 1j/' et l'autie le l'eu, le
tout de bronze »ioré d'or moulu, avec une pelle et tenaille de fer poli, garnies de
leurs boulons de bron/e doré d'or moulu; prisées la somme tic -jou livres.
iJans la chambre à niche : Lue grille de feu, de fer, ornée de piédestaux sur clia
cun dos«|uels sont deux ligures représentantes les hJlémenls avec leurs attributs, le tout
de bron/c doré d'or moulu, une pelle, une piiicette et tenailles de fer poli, j:.uiiie< de
leurs boulons aus>i dt- broii/.c d'or moulu: pi'isée '.>'>o livres.
Ikms le cabinet ajirès la chambre à nicli- : l ne grille de feu ornée tie piédestaux
sur lesrpiels est un petit groupe de deux ligures cliacuu, le tout de bron/e doré d'or
moulu, avec pelle, pineeltes et tenailles de fer poli, ornée-- de liur> boutons iK- i)roii/e
duré il'or moulu; prisée r.'o livres.
Dans lu galerie: Deux petites grilles de fer garnicN ili.uuiie de deux piédestaux
sur eliacun des<juels e>t un petit dragon, le tout de bronze doré tl'or moulu a>ee
une piiicctle el tenailles île fer poli, garnies de leurs boutons de bronze doré d'or
m >ulu; prisé-es enseud)le i.'to livres. — Sur les deux ebemiuées. (pi;ilie bias à deux
brandies, cbacun de biunze doré d'or moulu; prisez loo livres.
Itims le salhm des iietils aiiimrlcmenls de lit iluchesse : 1 uf grillf de l'eu nint'i- di-
deux piédestaux ^ur iliaeuu des(|uels est une petite ligun- eoncliér i cpi é»inl:Mile des
Fleures, le tout di- lironze «loré d'eu- moulu, une pelle cl uni' |)initlli- ili- Ici poli.
ornée» df leur-' boulons de bronze doré il'or moulu; piisée loo lixres. — llcni. ipialre
brus à uiH- brani'be eliaeuu, de bronze doré d'or moulu; prisi-z enseud)le loo livres.
lirms la chambre à niche des i>elils aiifiia-lenwnls : I ne grille de feu garnie d(- deux
piédestaux sur ebacun desipiels i-sl posé nu petit groiqte de trois petits t-nfants doni
un sur un boue, le tout île biiui/e doré d'or moulu, avec ime pelle de fer poli, g.ii nie
■' !■ ■iloM di- bron/e aussi don- d'or moulu: |Hist'-e ifio livres.
Im'> uii-ubles l'iaienl du plus li.nd prix. Les l'-lulles lu'nili'-es (|iii les i"Ccou-
>raii>nt élnienl si ilélicales qu'on les euM-luppait dans des liousses et i|u'nii les
«lf'|Mts(ii( iliuiH le {;nr«le-ineulde spécial ib- la dm lir«.sr, lursiprelle m- ^ijc nirnail
|uis an l'abus- ibival. Dans sa chambie, li-udue de s;i|in blanc broili- d'iu. ilail
un ;;nind lil ti riuqtériale de six pieds i-l dmii de long sur ciin| piid^ de l.ngi-,
dniiH un l'iirunrenienl romunit alcôve, encadré par um- i'-tul1'<- il.- valin lilauc.
il broijrrir d'or, de soie el de clii-iiille, avec rond !i l'inquriale. pintes cl sou-
l>nsM'ni<-nl de nième tissu. Il i-lail accimqiagné d'un paravenl ii six feuilles, cga-
Iciiicnl «In %aUu lilani'. avec pareille hnnli-rii- ipn- le lit. 'roub- i .-lli- garnilur.- «-1
lii» quatre rideaux îles reiirires élnienl eslino'-s. dans l'invenlaiie. au prix de
.'•.V»«» livri-« !.. ~ l.d...iirel?*. le.'» cliuisi's, les raiiteuiU de coiiimodili-. ii pii-ds de
bii'lu' «'M b laieul t'uiiverl.<( de lapisM-rie au petit point, ii fiuid blanc.
(•rneiiienl!) il> iKui^ mup's i-l verles. |>aiis un roin ib- l.i . b.imbir si- liouvail le
I.i: P AT. \ls-HOYAI, SOLS I, V l( Kli K N C: E
2'|I
famouv lit de repos quaiinail si l'oil la (liiclicsse : il n'avail pas moins de
si\ |)i('ils cl demi de loiii;-, sur li'ois pieds el demi do lar^'e. el élail en Ixiis doré
cliaiildiiiiK'. Le iiiiiclleuv malelas (pion mellail dessus ('lail aussi de salin l)lanc,
Pcim par André dd Sane
JUPITER ET I,KDA
(T.ibLau de l'ancienne Galerie dn Palais-RovaD
rliarp-é de Iravcrsins à tapisserie de clienilli-. à fond d'or, et ornés de housses
(Tor lil(' aux deux extrémités. Des eaiicaiis. des coussins, des carlouclies, un
t'ciau à cdidissc. sur son pied scidpit' et doit', tout C(>la assorti aiiv Itrilures,
com|)li'tail ce meuMe extraordinaire, ,1e ne parle pas des petits uiidelas d'a|)pui
des l'enrlrcs. ni des autres accessoires (pii ('laieid en liarmouie avec celle
riclies^c. ()Mand \\ d"( >ri(''ans ('lait lasse de cet anieulilcmcnt lilauc et or, elle
n"ii\ail (pi'un si;,nie ii faire pmn- ijur de son ^ju-de-niiulilc le tapissier Millet lui
T. I. Il; PALAIS- I10Ï*I.. 3i
qJ»! I.r I' \I. MS-MOY \L
eu sortît un autiv tout aussi cuniiiliquô ft il luu- •'•;.mK' iH-aiil»-. Un sait, i-ii cIVcl.
tjue lu nioiK- voulait à icile époque (»•! depuis déjà assez lou^'leiups, car
M"' de Si'vi{,'né fait allusion daus ses Lettres à ce détail). {|uc ilans les seijjfueu-
riales demeures ou changeât, suivant les saisons, la couleur des tentures daus
les chambres. La duchesse en avait plusieurs de rechanj^re. L'un de ces anieuhle-
ments était en f,'ros de Tours blanc, brodé eu partie de uu-uds de soie bleue
siuudant une niosaïcjue, et en partie de no'uds de soii' de plusieurs couleu.rs
furmaut des ileurs ipi'ou aurait dilc-. naturelles, avec un serti d"or couché. Les
siè"es étaient décorés de cartouches au milieu descpiels on voyait reprc'seulés
soit des lifjuivs. soit des animaux bmdt's eu soie. 1 u autre était eu talletas
rouffe, blanc et vert, l u autre encore clail eu mIouis bleu, avec ib-urs de soie et
broderies d'or; les pentes et bonnes •,Màces du lit, la comte-pointe a\aient
comme motif piiucip.il de ilécor ties cartouches ilétolVe à fond ilor. Il v en
axait une particulièiemeiit >-pleii(!ide. (pii ('lai! ■< eu tapi>serie de la ( !hiue, ;i fond
d "or-. Iiorilé-e d'un f.'alou d"or lin ». Les siè^^es «le cet ameublement ('■taieul
euc.idriN di- veloius bliMi ;.Mlount' d'oi-, de même cpie le matelas du lit de n'|io>;.
Ou u"eii linirail pa- di'iMUui'rer ces merveilles. Il est ('\ideul (pie M"" d't »rl'''aii-<
sasait faire tr.i\ailler les brodeuses attacln-es à sa persouiu- et (pi'i'lle avait le
j^oùt ili's belles l'-tolVes. Sou j,'.irde-meidile t'tait rempli de <dupous non utilis('s,
de tissus somptueuv. de di'iitelli's, di- coussins, de carreauv oi'uc'S avec un art
ipie fait pressentir le soin qui, daus sou iuventaiic, préside ;i leiu' di'scriptiou.
Ouant auv meubles proprement dits, oii devine lem° perfection. Ils ne sont pas
estimés poui'tant mi piiv bien l'Ievé' d.nis Ihiventaire. Tri (|iii. aniciuKriiui. serait
dans les ventes poussé ;i 100,000 francs pour le Keusiii;,'ton Muséum ou pour un
amateur, est coti- .'loo ou .'|oo livres, pas davaula;.^'. ()u ne voit pas non plus que
clintHH! pièce en ait /•!/• encombré^'. |)aiis la eliandire ii < 'oui 'lier, ou eu li ■ nive lii lis
ou «piatre, tout au plus: mie grande n table de marbr<> d' \utin, sm- son pied eu
console de bois sculpté' et doré-; une conmiode ii trois tiroirs, de (pi.'ilie pieds
qunin' |M(Uces de long, sur div neuf pouces de l.ugi-, placpiée A\- iini- de- Indes
et orm-e de cartouches <le luanpielerie ; une l.ible île nuit triangtdaire, à pieds
de biche, plaqui'e de bois de violette, (. ;.'arnie de ses pieds de biche, chutes.
et un ch.indelier pliant ii deux bobèches, je Imil de bron/c don- dur moulu. »
Niiilli pour In ciKuubre ii coucher. Je cilei-;u encore : dans la chambre :i niche,
une |M'lile table ib' marbre de (ianqian i-l un petit é-ct.ui d'osier moule sur
pied de fer poli. Dans le cabinet adjaceid, une .> t.ible de marbre S.'iinle K.iiune.
ronde n; u une lubie \\ écrire plaquée de Imis des Indes, avec inciuslatious de
liiets de eiiivrr, rtiules de bron/.e dori' d'<u' moulu»: un «petit c.iban-t de
vernis noir «invriigé, en n-lief dore, d.ms le ;,'iii"lt du .l.ipon. sur sun pied veini
nviMiluriiie «»nié de pied>« de biche et 1 Imles de brou/e en couleur ». garni d im
LE PAKMS-nOY VI. SiOL'S I. \ UKGKNCK 3^3
service à ral'é en poreelaiiK- du Japon; puis uii autre cal)inel de laque rouge
ancien du Japon, etc. Dans la ^aleiie, où les croisées allernaii-nl avec de fausses
porli'S enlièrenu'til eu j^laces. il nv a\ait ;:uî'r(' (|iie des tables de marbre saran-
coliu clh'u lit'-es de porcelaines. Le petit salon i\rs petits a|)parterneuts était
meublé axcc plus de Naric'té : on v voyait, notamment, une |)etile table de
marbre de bi( icilrllc pla(|nt'' sur marine blanc, munli'c sur son pied <'n console
de bois sculpte et doré, et ((uatri' tables l\ jouer, garnies (1(ï velours vert, sur
pieds de biclie, et de diiVérenIs bois, dont trois pciur le jeu d'iiombre, et l'autre
à cin(| pans, l'ailnul des porcelaines, des objets dait, des curiosités de toutes
sortes. L'Oratoire de M dOrléans ('tait non |)as une cliapelle, mais un véritable
musée, h son nsajj:e persoimel, cousacn'' surtout au culte du Idchinage. Il y
avait des ci-ntaiues de bibelots rares, de pots ;i tabac, de jattes, de services h
thé du Japon, de boîtes de laque, de farauds vases cliinois, etc. Dans un petit
cabaret de bois de violette on voyoit une aignicM-c de toilette, avec son plateau
di'niail bleu aventurine cloisonné' d'or. H y avait des lasses d'agate orientale
godronnées, montées sm- pieds d'or. Lu coll'rel a de bois violet» renfermait
un petit cabinet du Ja[)on, avec deu\ gobelets et leurs soucoupes en cristal
de roche, i:aiiii'; d'or.
Parmi tant de merveilles, que je ne puis qu'indiquer sommairement ici.
la (lucbesse avait aussi une colleclicjn de tabatières remarquable, .le n'eu
compte pas moins d'une soixantaine (bms riuventaire de 179.3, qui sont toutes
intéressantes. .\ ce moment, la mode s'était subitement et avec une sorte
de fureur portée à ce gemc de curiosité. Est-ce parce que Louis \I\ n'avait
jamais soullert <[n"on primât devant lui. et par une sorte de réaction;' Toujours
est-il que l'habitude de priser, rc'pandue parmi les gens du bel air dès la lin
du dernier siècle, connue ou le voit dans le Clic^'alicr à la mode de Dancourt,
s'était tout ;i fait inq)lantée. Dans le livre publié |)ar Du \ivier en lyij), sous
le titre Maitifirs cl Jarniis dniit les trthatii-ri's snnf Jai/cs. on lil cpi'il s'en est
t'abiii|ne, durant les deux amu'es pr('c('dentes, (( un pins grand nuinbn' que
(le|iiii-- i|n (III a e(iiiiiiieii(i' ;i en poiler. >> Il v en avait de Ions genres cl du plus
ravissant liavail. ( ielies ipie la duchesse d'Oih'ans semble avoir recherchées de
préférence, pour en l'oiniei- sa collection, étaient piimipalement en pierres
dures, dans le goût de celles que fal)ri([u;iient llolTiuanu et Joaguet. La prin-
cesse ne possédait t|ui' très peu de ces boîtes à poilraits, si en f.ivem" alors
et dont quelques-unes valaient des piiv l'abnleuv, connue, par e\enq)Ie, celle
(pi'exécula Massé, oiiiée de (pi.'uanle deux lu illants et ipiin/e diamaids, (pii bit
oll'erti; en i7'>.o au maiipiis Scolli. einove de l'arme, et (pii coûta la sonniie
de 139,8."):». livres', \oici, an siiipln^-. rinvenlaiie iiK'dil de la colleiliim de la
I. Mazk Sk.xcikh. Le Livre ilii rollerliuniiciir.
CU(.\EIICLE DE TkllATII.IlE CIt OH
q4'i i-e p.vL,vis-n<n Al.
(Imhi'ssi- lie hlt'-aiis, iloiil suii yar«,ou de cliuiiiluv. l'ulliail, ;i\ail la ^anlc. a\cc
les i>ri\ (iVsliiiialioii :
Talxilièfes de la iluvlicssf d'Orléans.
Tahalirri' ilOr, à ciiuj labars, pesante six imces; prisée 'l'i'i livres. — Taliatière
d"or. à trois lahaes en Irèlle. pesante si\ onees. 'l'i'i livres. — (uande labalièie d'or
quarrée, à (piatre tabaes, pesante sept onees, '.ûût livres. — Tabatière il'or ronde
éniaiilée «le vert, pesante trois onces six gros,
■1-- livres. — Tabatière d'or à eoquille gravée,
pi >.iiilc ipiatrc onees, atjG livres. — Tabatière
il'ur en eoipiillc unie, pesante (piatre onces
<piatre gros. 3.i3 livres. — Tabatière il'or ronde
à ebarnière, pesante deu.\ onees (juatre gros,
|S.') livres. — Tabatière d'or à coquille éniaiilée
• le vert, pesante deux onees un gros, i.")7 livres.
— Tabatière d'or à soleil éniaillé de vert, pesante
une iinri- si\ gros. \-m\ livres. — Tabatière d'or
iDiide à filets, pesante une once trois gros,
loi livres. — Tabatière de citasse d'or en goii-
dollf à (l(ii\ tabaes, pesante ileux onces deux
gros, iGG livres. — Une boi-tte ilor à deux
portraits, pesante deiiv oiicen, i'i8 livres. — Une tabatière d'or en eocpiille,
pesante deux onees il«n\ gros, iGG livres. — Tabatière d'or avec un pot tle lleurs
au milieu, pesante deux onces (|uatre gros, i8.") livres. — Tabatière d'or avec des
rnosaïi|Ues dessus, pesante ileiix onces deux gros, i(>G livres. — l ne petite laba
lièrc tl'or ronde avec un portrait en dedans éinaillé, pesante tieiiv tunes (piatre
gro», iS.'i livres. — I ne tabatière de jaspn à deux tabaes garnie d'or éniaillé,
•hkj livres. — rubalit-re de jaspe gnrnie tl'or avec des couleurs, aoo livres. —
Tabatière de jaspe garnie d'or, avec des étoilles éinaillées, -joo livres. — L ne
petite tabatière de jaspe à co(piille garnie d'or, loo livres. — Petite tabatière
d'agatlie en coipiille garnie d'or, i>m. li.res. — Tabatière de Prime d'aniatiste sic
garnie d'(»r, aoo livres. — 'Tabatière de lapis garnie d'i>r cpianée, xk) livres. —
Tulmlière de lapis ronde, garnie d'or, joo livres. — Tabalière de cristal de roclie
m trèfle garnie d'or, i.".o livres. — lue boette de caillou (piariée garnie d'or.
70 livri'K. — I ne grande tibatière d'agallic en trèlle garnie d'or, 100 livres.—
I ne (abulière de caillou h puns garnie d'(»r, loo livres. — Tabatière d'ugatbe garnie
dur éniiiillée, i.'>o livres. — Tabulière d'andire cpiarréc à gorge d'or. 70 livres. —
\ulre tabatière d'ambre garnie d'or «piarrée. S» livies. — Tabatière d'ambre avei
de la Cliino de>i!iuit, garnie d'or, ijo livres. — Tabalière d'ambre garnie d'or.
.M» livre*. — Tabatière de nacre de perles ipiarrée avec de la (Iliine dessus et cor|is
il or, -I. '10 livret. — Tuluilière d'une coipiille de nacre garnie d'or. 1 ao livres. —
rolNilièrr en r<M|uille de nacre de perle» garnie d'or, So livres. — Tabatière à deux
IuInic* d« dent rtH|uille)i gurnie» d'or, 80 livron. — Tabalière en eiMpiille de manteau
ducale garnie d'or émailléi-, i.'i.» livre*. — 'Tuiiatière en ct»(piille de Magellan garnie
S?ÎJ.t'!''lïS7r3T'ï"'Wffi''^^
16
LK l'ALAIS-HOYAl.
il'ur, >i> li\ii>. — I .ihulii'iv en roijuilK' blanclic avcf une losetle \erle dessus
éinailléc, giirnie d'or, ôo livres. — Deux très pclites coquilles blanches jaspées
de couleur garnies dor, '>o livres. — Deux autres très petites coquilles blanches
jaspées de couleur yarnies dor, ."lo livres. — Tabatière de coquille appelée
Cassandre garnie dor, 'lO livres. — Petite tabatière d'aventurine. garnie dor,
fio livres. — Tabatière ilécaille piquée
{garnie à corps d'or. \iin livres. — laba
tière (l'éfaille piquée l't doublée il'ur avec
uni- idiiiluif en dedans, i ao livres. —
Tiilialièie quarrée d'écaillé à corps d'or
avec une picpire coulée dessus, loo livres.
— Deux tabatières décaille noire piquée
à ;:orf:e dor, itio livres. — Très petite
tabatière d'écaillé verte, doublée dor,
'(o livres. — Petite tabalière d'écaillé
bliiihic à j.'or-.'c (l'or, 'i'> livres. — Taba
Hère de pierre de la\e iL'arnie il'or,
'io livres. — lioètte à portrait tl'yvoire à
gorjic d'or, r>o livres. — Tabatière il'y voire
de \enise avec une peinture, à pirge
iloi. ^o livres. — labatiere île cristal
fondu à corps d'or, 70 livres. — .'^epl tabatières d'écaillé rondes cl (piarrées,
II».'» livre». — Deux tabatières de caillou ;.'arnics trarj^'enl, .'>u livres.
A l.i nii'i'l lie «Ml mari, cii i'->.\. la diirhc-vc (M )|'Iimiis |)iiI ( ||i>i->ir paiini
les nicubicN .qipai li'tiatil ;i la ci iiiiiiiiiiiaMb'. ain^i ipic 1 il.i a\ail i-tc -lipide
dans smi cniihat, ceux qu'elle voulut jii'>qii°:i cuiictiireiice iriiiic valeur de
.'{iMi.ooo livres, (iniiiiiie criiv qu'elle avail .'qi|ii ii'|i'-< lui reslaieid en priqire.
elle cul cloiu" |K'i>oiiiii'lli'iin'iil lin iiiiijiiliii I iiii-idiT,iMe. >iaii>> cmiipler le-,
«iiriti-ilcs cl objets d'art. Sa \ai-xlle il'or et d'ar;:eid «'-tail spliiidide. M.iis,
lor>4|ircllc MiouruI, la plus gi-.iiiile patlie eu revint à ses dames d°|iomieiM'
l't h HC9I ruillllie» (II* cliambir. il muse des dt'oils atlaclies à leiii cliai';.'e.
(i'é-ldil. en elTel, une coulmiie rovale et priiicière qui remoiit.'ut ii une
ép<M|ue lointaine, de |e;:uer en moiiianl aii\ piiucipaux sei\ileiiis les idijels
iivaiil HiTvi au maitie el qui i'aisaieiil p.nlie de reveieiie de 1,1 rliarge de
chacun d'eux. Viiisi, aux valels de cli.'imbie. ou distrilniail les babils. ,iii\
luidlres d'IiiMel l'ar^feiiterie. aux cluTs d'eciirie les che\aii\, etc. ( >ii a \u
que le cardinal de Uiclielieu n'elail conlorme ii cet usage el qui! .iv.iil disliibui-
iiii-iuèiut*, par un article >i|H'-cial de son tesl.uuent, ses cirrosses el si-s chevaux
il «iii pt'rHoiinel. i .>- ipii n'élail. îi l'origine, qu<* lell'el de la générosité' el
du Ixiii vouloir de lu piirl ilii seiginut de\iul peu ii peu une soile d'obliga-
lioii il un droit lin iliiueiil reconnu don! se pirv.ij nt les siisiieiiis pour
Mî p \r. \ is-noY M. SOI s i. v it i:(!KN("I'
9^7
VENUS A. LA CUIJLILLE
TablMu de l'ancienne Galerie du Palals-Kov.il
Il rlaiiirr — (|ii il \ cùl (III iiiiii |c;j>~ slipiih' cil Iriir r;i\(Mii' — les ohjcls l'cssnr-
lissaiit ;i leur iMiiplni. I„i l;miilli' (!( )i Icm^ lui lidMc ;i (■clic rnv.iii' li.iliil mlc
;iii\ wir cl wiir siccliw. ( )ii \(ii| (|;ms leurs iii\ciilair('s^(|ii(' les liliilaiics des
ulliccs l'iircMl, aii\ dcccs i\i- leurs maîlrcs on iiiaîliH'Sscs. mis i'(''ji-iilièi('moiit
(Ml po.ssc'ssiiiii de Idiiles les <'iii>ses ax.iiil un caiaclère inliine el peisoiiiiel
doiil ils ,i\aieiil eu <|i('(i,ileuieiil la ;;anle. ( !ela [laiafl incni\alile. car un
q/JS I.F V M.MS- HOYAI.
iiiia-'iiK- ;ii»>- lit l<-< |>i.>|i.)i linii^ i|iii' prliviil de p.iifillos |tivroi.';ili\t's
ft à iliK'l tliillV.- M- iiiiiiitiiit la N.il<iii- ilfs rad.aiiv .|iif vaiio-rfaii-iit ainsi
les 'a^iis df st«ni(v. Il ii'v a pas ili" f.nUiiu' <|iii, à la luii^'iu', aurait pu rc'sislor
à une ti'Ilf toulunif. Par rxi'iu|)l<'. à la niuil tlu lU'-jrt'ul. uiit' frianik- partie
ili- la \aissellf irarf^fiil Tut rt'\i'ii<liquéi' par Jcau Jupin, coutiôleur ordinaire,
Ch. I.i- Tellii'r. j.'arde-Naisselle. et de Moiili-ruy. premier iiiaîtiv diiùlel.
(le di-ruicr \ouliil liifU laisser le clioix aii\ ln'-riliers nu de lui icimllre
l'ar-'eulerie à laipiellf il pivieiidait, mi de lui en \erser If pii\. >in\
i.'Ui.tjô'i lixivs. On pii-lera lui «■nnslilut-r nue renie \iaf:ère de 1->,iiim> li\ies.
De même, M. tie Siniiane, premier ^'enlillioiume de la eliainluf du Kri,'eiil,
n-xeiidiipia eonnne drnil de sa iliarj:»- If iiicii)ili(i- de la rliainlirc apprise
lif tti/u/tti-ifir, d'uiu- \aleur di- ii.nii» liMt-s'. Li- due de ( Miiilaiil- hiroii
ivelama de son CMlf n les elie\au\ el l'-ipiipap-s, liahils di- li\i»'f tl ilt'pi-udauees
di- rr-eurie de Sun Alli-sse Itoyale suit par dri>il>. di- sa tliarp'. s.>il par iiii nsaffC
ipic l.i liDiili- de» piiiiii-o <'t prineesses aulorisnil ... » ' : mais, \uulaiit a;.'ir en
;.'iaiiil xiiiTiifiir, If diif df ( iinilaul - Hiidii. loiit fii flf\aiil ses diuils, dcrlar.i
(piil iif Miiilail pas >"fii pn-Naloir fl ipiii " -.iip|iliiiil lif» liiiiMMf iiif iil « \r lils
du Ufj.'<'nt d'aeeeplfi- ipi'il lui eu iîl ifuii^f. Ou iif \uiilul pas ftre eu r4-sle
de j,'nlanlerie a\fe lui: nu ;.'artla li'» i lifNaiix fl i'ipiipai.'fs, mais on euiislilua
une rentf df ni.iiuu li\res au liU d<- ( i< Milaiil l'ii < >ii. (luaiiil iiKuniil la iliic lif»se
iTOrh-an^, en I7'i|). son muliilifr. smi itrl'fMr-rif , sfs licllfs dfiilfllfs I'iik-iiI
ilf la nii'inf faiou fii parlif di>-lriliui'» à >-es sf i\ i|f nis. Mai» il «.f prcMliii-.il
alors iiiK' 1 iiiiipililion as«>f/. eouii<pif fiilif la daiiif d'In >iiiif ui. I.i (liirln-'-f
di- birps, la danif dalour. M" il'l K maripii-M' df Clfriiutul. fl Cfliiu- Ufrllie,
la premiiTf ffinnif di- rliainlnf. I.a iluilif- f «If l,ftr;:es ivflama Imis les
meul>li-« i\>- Il ilinuliii' oii «lait di-et-di-r M .Inili-au». iiolaiinufiil, ^iiixanl
])•% f\pifssio|i» di- la iiipiflf .
Tout <°i- ipii H'f<>t li'iiiiM' plai'f i'( rriili'i iiif iIo-hs ri ilnlaiis les i-oinnitidr >.
Iiiirraiix, l'oinK», arniniro'», dism-Hi-h, lidilrtli-i, piircriaiiic». Iiisln-s, rrislauv. Iinil le
lint;*'. l'iiili' l'nrKrnlrric de lu riiiunlin-, nniiilM'anx, à ri-\repli<tu des InreliiTes, toutes
Ir^ iHtiimr* l'I jrloiio, lr-> livret ili* di'->oli<iii, tmilf la toilette eotiipli-lc, ar^culrrle,
rarn'ii r( iMM'Itei, litiili"* len voili-|le« ilr points di* deiitelli-s, ii l'cM-cption d'mir «le
|M(inl 'pii iipiNtrtii'nt à la ilauic d'utour, plu» tout ic <pii m< trouvait (>'al<-iMcnt
V,. i.,v, , ., ,ii.,,ia, . Il . i..i.(i, ri \' a, iiirt». - •> mnlillliT ili- rniii|M|{iii' roiiipirnnil : i" un III
i|. '' iiliirn liriMliV* «l'iir, mi IniU ii mlninm. ili>ii\ ln|iiii «Ip riilr, Ip IoiiI
,, ■ •!.• I iilr iw>lr iU'iu lf>iiliir>'* ili- ln)it*«>rii' ili» ilnnin» rrnilioial
r, ■ ' . |i<||llin-<l
,1 >'l le iliir
,1 . r .liirilictl»"
• |Klk4l ( ' '•■ •••••'•• ■
il <i ili- 1.1 iiiiiriiiliMi iIp riinriilalrr
•lu nrtfriil II .a...i .1.- .It. i i t..i - ion<«.
LK PAT. AIS-HOY AI. SOITS I, \ RKCKNf.F.
•î1
tniil en iiieiible.s qirniilics cH'cts ilc ccKc ii;iliiro iiuils .soiciiL dans les caliincls (jui
siiiM'iit cl di'pendtMil de liidilc clMiidiii'. à ['('xceplioii de diamants, tabatières d'or
fl ri' (jiToii appi'lli' l)ijiiiix de porlic, loiit II' sur|)liis généralciiicnl, cl tout ce (pii
se trouvera eu place et renfermé dedans cl dessus tous les collrcs.
armoires, easseltes, commodes de coins (jui sont dans lesdils
cabinets lui ai)parlenant pareillement en ladite qualité de dame
cl'iKiniicur...
La ilanu" d'aliuii'. maninise do (]Icruioiit, r('V('n(li(|iia, de
son coté, les objets sui\anls:
Toutes les dentelles, tout le linge du corps, tous les babits et
jupons, toutes les pièces d'élolTes qui se trouvent dans les coflVes
et armoires de la garde robbe, la belle toilette de point les
l)alalines, les fichus de couleur, les rubans, les sacs à nieuds, les
navettes, les éventails, les gands, les manchons et toutes les four
rures, manteau et mantilles, coefTes, bas, mules et souliers, coffrets
et armoires de la garde-robbe, les corbeilles et pagniers, et les
cotVres où sont les soies, le tout lui appartenant en sa qualité di;
dame d'atour...
Céline Bortlic, la fcMiuno de chandMO, inl(>rvinl à son tour
et exposa aux commissaires chargés de rinveulaire ce cju'elle
entendait qu'on lui léserAÙt :
ISEATX DL DAME
ANS LEUR ÉTUI
(XVIII' t.lÈCLE)
Tout ce qui esl dans la garde robbc au linge, toutes les garni-
tures de nuit cl du deuil. Ions les manteaux de lit et tous les
jupons blancs, couvre-pied, coefl'es, mantelcls, fichus, palatines, gands, rubans,
évantailles, manchons, les colTres de la garde robbe au linge, le collre aux rubans,
le cofVre aux soies, la chaise percée, les bassins tant argent quargentcz, le pot de
diambre d'argent, toutes les chaises de commodité, les petits pots qui ont servi
à laver les mains, les jalles el !(>s bouteilles d'odeur, les robbes à peigner, les
jupes et tous les jupons ([ni ndnl |)oint de robbe, les pagniers el le iil de veille,
trois palettes d'argent (pi'cilt' a à sa disposition, les mules, bas, [jaidonllcs et sou-
liers, le tout lui a])i);nleuant en sadille (pialité de ])reniiè!e feninic de cliainjjre.
11 falliil ([ue le ((iiulc d'Argensoii, chancelier de la maison d'Orléans,
cniplovàl son autorité pour établir l'accord enire ces dames et faire tète
à loulcs les revendications qui coiiliiuièrent à se jirodnire an cours de
l'inventaire. Ce ne fut pas facile, 'roule la mente des serviteurs, lâchée sur
ces successions princières, connue di-s carnassiers sm* nne proie, faisait rage,
et cliacMn en vouiail un morceau'. Il en achiiil parcilleMieiil pour les clie\au\.
I. Cf., i-rilie aulii-s piiVcs, la .. riiinule du pioa'-s-x'ibal des tomiiiissiiircs de la cour lors de
rinventain- fait après le décès de Madame Franvoisc-Maric de Hiunlioii. prliicessc du sang, veuve
<lc Moiisii'iir le dur d'Orléans, pi'liinlsdc Kranrc. •. (\nlii\('s iialional<-s. \'a, (|i('iS.^
■I I 11- fil lIS-ltriVAL. ^'
.,5o ' »• l'Ai-^if'-R'^^M-
La iliu'lit'sse irUrlôaiis a\ail ses iViirù-s à elle vnr Kidi.licii. dans une luaisoii
louéi» à tvl olVfl. Sans décrire en détail les attelages, Miiliiics. liai nais, elr.,
i|iii s'> liKiixaieiit, je repiodiiiiai ee eourt extrait de linveiitaire en faisant
renian|uer (jn'il ne s'agit là ipie de elievanx senaiit à l'aris, an l'alais-lloyal,
et qu'à Sainl-( ilond. à \ersailles on à Hagnolel. il y a\ait encore d'antres
éi| ni pages :
Knirir île In (hiclirssr d'Orlcuits.
L'allela^'f ihi corps de iieid ciievaux noirs à loii^'ues (pieucs. a\ei- tous Iturs
crins, ayez, depuis sept. Iiuit. iieiii', dix, onze à douze ans: prisez eiisi-inlile,
a, .'«Ml ll\res. — \jc second allela},'C du corps de neuf chevaux noirs à loii^'ues
ipieues, avec Ions leurs crins, agcz depuis sept, huit, neuf, dix. onze, douze et
treize ans ; estimez ensemble i,.Soo livres. — Le troisième attelage de suiltc <lc Iniil
\irux chevaux à longues (pieues, avec leurs crins, aj,'ez depuis dix, onze, duii/c,
treize, quatorze et quinze ans; prisez ensemble 800 li\res. — llnn, quatre (lir\ju\
de maître à courte queue, f,'iis pniiiinele/. f:ris triiilé et gris argentéz, agez depuis
six, sept, huit et onze ans; prise/ eii-einlde Soo livres. — llcin, (piatrc bidets j^iis
urf,'eulez à courte (jucue, a;;cz depuis sept, biiil, neuf et dix ans; prisez ensemble
ti<»o livres. — Ih'in, six chevaux de suite, dont trois noirs à longues (|ueues qui
seront coupées, avec tous leurs crins, un cheval bay à courte rpieue et deux
choaux gris, agez de huit, neuf, dix, onze cl douze ans; prisez (loo livres.
Cnrrosses et éifuipiujes : Carosse du corps, garny de \elniiis plein y compris le
dessus de l'impérialle par dehors orné de broderies- d'or tant par delmis ipie ]);u-
dedans, avec frangeons cl frangean sur les coulures, deux eoiis^ins il nii ^liMporiliii
couverts de pareil velours ornez de molels et fraufjes, le loul d'or lin ; sept -^daees;
(piatre riileaux de damas cramoisi, pirnis autour d'un molet et d'une fausse housse
de «Iriip sur l'impérialle et des.sus la housse du cocher bordée d'un <,'alon d'or:
lieux housses de eiie\au\ pour la \ille de \elours brodé, avec une fraii-:!- pareille
ù celle de la housse du cnrusHC, les harnois diid. carosse otd été drappe/. les clous,
ponnuCR, liches cl mains de ressort soûl d'or moulu; monli' sm- son liiiin; piisi-
la Homnie de '1,000 livres. — //c//i, le cari>sse jonquille f,Miiii de m!.. m .i,iiui>i-i
de l'Iandres ù raïunKcs, le dessus de l'impérialle ^Miiii de pareil velours avec une
pente «'U de<lans brodée <le cordorniet et ^'.iloiiné d'or eoinme aussi sur la f.'outière
m dehors avec ile-t boutonnières de cordcuuiel d'or sur li-s manlelets et la housse
de dessus l'impérialle el housse de cocher d<' drap éinriale, y compris les deux
hou^M's des chevaux bordez d'un galon d'or, à l'exeeption des housses de chevaux,
où n y a un uratui khIcui; trois fflaces, (piaire rideaux de damas j;arnis d'un galon
•l'or, deu» coussins; monté sur un Irnin tout équipé Toutes les fontes dorées il'or
de reuilh-. !.«■•! harnois ont été- drnppez, pri»é le tout 'i.joo livres.
I n finileiiil en b.ddaipiiii monté sur un tréneau à trois roiies, ^ar:ii en dedans
d'un duiiuis cninioi^ti, le delnir» de maroquin rou^e, avec son tablier cloué d'un
ra»K «le clous dorez, je tout ehamarK- de cresles el jalons carmoisi, les
corps dorr/, le» panneaux peints de laei| au vernis, .'ISo livre». — Une grande
Iwii-lr iqqH-l-- I. ' I; hrnjrr, loille de bois, à la ré-serve de- l'impériale,
I I I' M, V IS-HOV \ 1.
-<H S I. A HIXiENCIC
•raini en (Icilaiis d un Uill'olas j(>ii([iiillc, le ilcliors de cuir de pareille couleur,
cliamarié irnii cuir- rouge découpé, nue housse de (oile cirée par-dessus, moulée
siu- un Ireueau à (rois roiics, 7Ô livres. — Une frrandc calèclie moulée sur son
Iraiu garnie en dedans d'un velours gris, les franges à boelles carlésane, galons
et cordons de soye hleiie, cpialre lideanx tl nu sur le dossier de lalïelas blanc
chamarré île crestes bleiies, un coussin de luèuie \el(iurs, une housse de siège de
(hap garnie de frange hleiie. trois glaces, den\ l'cssorts à doujjles coins posez
sur Ir (Ii'iiière el clcu\ à la jciuueni sur le dcxaiit g;irnie de six ])oiunies. six fiches
cl l()(|nil cliiui'' à Irdis rangs, le liml <inr de l'enille, garnie de ses >u-penles et
boucles, Guo li\res. — I ni' ealcndic de i)ronienade à ipialre places ai)pclée la cdlcchc
de ri-'AitUlc, garnie (i"nu drap d'or semé d'éloilles brodées d'argent, les galons
huiliez de dessous les clous d'argent, les coussins de même élofl'e doublez aussi
bien que les dessus des cofl'rcs de gi-os de Tour bleu; le plafond garni de drap bleu;
le tout couvert d'une housse de drap bleu, le pavillon enrichi de broderie, mantelels,
franges d'argent; pommes el iiuenouilles; montée sur son train à trois brancards,
avec un arc, quatre roiics à génies larges, les faces sculptées; les rayes à baluslres,
moycu\ garnis de ([ualre boettes de fonte doré d'or moulu; garnie de six ressorts
el un croissant posez sur la cheville ouvrière; tous les corj)s panneaux de lad.
calèche el sculptures du train dorez d'or bruni; prisé 3, 000 livres. — Un fauteuil
de canne à pieds de biche montée sur un plasfond à trois roues, led. plafond garni
de maroquin vert cloni' d'un rang de clous dorez sur un galon ddr, tout le dehors
cl le corps doré d'oi' bruni de fond d'émail; j)risé 100 livres. — I n fauteuil de
canne à pieds de liielie uhiiiIi- sui- nu plasfond à trois roiies. garni de niaroipiin
citron, cloué d'un elou iior(' sur un galon (r<ji', [)eiiil en couleur de canne: prisé
Go livres.
On Miit, par ii'Ite éinuiK'ralioii, cpn^ la priiieesse a\ail le cIkiIx pour le luxe
de SCS carrosses et équipages, ({uand elle désirait aller en promenade. Il est viai
de dire que plusieins de ces Miitnies, destinées à certaines (('n'-nionies, et d un
usage peu fréqueid, reslaieid la piupail du temps dans les remises, abritées
sous leurs housses sonipliieuses.
CAIIIIO^SK IjL X\
I,E P Vl.\lS-UOY\I.
LEDUC DOKLKANS \( l' AI. \I^-H()> \l.
l'uiii' csiiiiissiT le laliliMU (If la sic iiiliiiu' tiiio
iiiciuiil au Palais-lldval la ramillc (rOrli'-aiis, jai cru
iIcMiir coimiieiicor par la f^Maud'iuî-n- et lôpousc, car
(r<ir(liiiaiiv ce sont les l'oniincs i\m sont ràuic iliuic
' hahilatioii, en lègloiit rexislcncc, \ cnciil ratiiiMv|ilicro
lie cliarnic ou de Icuipclc qu'on y n'spiiv, et en l'ont,
|»inr ainsi dire, le lellet île leur propie peisornialilé.
(iiandr-- dame- nu l)ourj.'eoises, dan- ce dninaine. sont
r<cfK (...« qK i< Megci pon»! reines, (l'est le milieu tpi'elles sa\('nl l'aire à leur imaj,'e.
couusuBcai um igt ^^ ^^,^ cliatpie clii >se ^'anlc l'empreinli" de leur cai'aclère,
lie leur clé;.'ance, de li-ni- louiinuf d'e-pril. Mais, dan-- une demeine connue
le l'alais-H()\al. dans ce centre princier dont le maître lut un moment chef
d'Klat et tpie tant d'iniluences <li\erses lra\ersaienl, eni|)lissaient, iransfor-
maii'nl, il csl cuinpi .lnii-ililr (juil en ail ('le aulicmenl. (!e n'('-lail pas
l'hùti'l d'un ^'raiid seii,'neur ipielconcpie. 'l'ont \ était contrasU-. Toul y a\ail
des as|MMls nnilliples. La dislance enli'e les appartements si' IrnuNail assez
;,'randi- puni- (pi'nii i;:noiàl dans l'aili' ^^uiche ce (pii se passait «lan- l'aile
limite. \crilal)lc petite \ille, la l'nnK' ipii } lo^^eait (onlrihuail ii lui doiuier
une pli\siiiiiiiiiiic lii^rarn-c, et cnnnne il y axait, en l'ait, |ilusieurs ui.iilrci,
Irois DU ipialri- dircclions indepriidanles le- iiiic-. des autre»;, a;.'i>-sanl cliai nue
sur un persomiel distinct <lc sir\ileius, il en resnilail Inul aulic cliosc (pu-
(II- l'unité et de l'uniriirniilé-.
l.<- duc d'()rli'-ans, iusipiaii ninmi-ut où la l'ascnr renaissanlr | r lui
de Loui> \1\ l'euMiYa CMiuniandri I arim'c d Italie, tw lynt», \ccul Iteancnup
an l'alais-ltoyal, oii il axait plus de iihcrlc (pie p.uloul .lillcurs. Alisurlx- .durs
pnr Hoii iiilrif^ie mnoureusc axec M— d'Ar;.'enliin, il ne ■..•inl.l,. p.is .iMiii «n
d'aiiliv (H-ciipalioii de cieur, et sun temjis se parla;.'e.iil entre les l'êtes de l.i cour
ciii il lui était inipussilile de ne pas paraiire et les éludes xarii'es an\(pielles il se
lixrail. ■■ Vxec »on air désinxdlle, « dil SainI >iiii.iM, •■ il se tnxixail endiairassé
et iiii|Mir(iiné du (,'rand monde. » Pour dire xrai. il s'x ennnxail, .ixani l'esprit
nillixé el une inr^tructioii de iN-aucoup supé-rienre à (elle de l.i piu|tarl des
^eij,'neurs de non eiiluurap*. Il axail. d'.nili.- pari. |ierdu. j:ràce ii l'.dihe
l>ul)ui<>, luiile «>A|Kfu de T-i reli;;iense. el les exa;,'.-ralions de dixoliou doni
l'influenci' de M— «le Mauilinon impusiii |, s piali(pies ,<| sm les,pielles
miiliiTiosaienl li'H ciinrlisans lie l^iuis \|\ axei une lixpocrisie insiippoilalile.
e\,is|M 1.111 i.l il- j. 1.1,. .|,,. ,|,n ^ repondail p.n il- lilasph.'iurs ipi'i.n repelail
I.K !■ \l. \IS-UO^ \l, SOUS I.A HKCiKNCK 253
au roi. Colui-ci tlisait de son iitncii : nd'csl un laulaiou de «liiiios, » cl ce
•^raud coup de piucc.ui luouli'C (|u".iu l'ond il le coiuiaissail l)i(Mi. Saint -Simon,
|.E PtC u'oHL|':a>S ^UKUt.M' DE lll.VSCE^ Eï M\D\ME DE P.VHAUÉ>IE
jTaKfiu Je SAiilcrrc — Muscc Je Vtrs.iillci)
qui eut toujours d'étroites relations (ramitié a\ec le duc d'Orléans, et se
coiuplaît, dans ses Mi-Didiics, à re\enir souvent sur celte phvsiououue
si coniiilcvc, a Iraci'' de lui ce purliail :
M. le due d'Orléans, dil-ii, cloil de laillc médiocre an iilii>, foil |il(in, saii^
être {,'ros, l'air cl le porl .'nsé- cl fort iiolile, le \ isajjc iar^e, aj^'ri'ahic. Iml liant
911 couleur, le poil nnii- cl l^i pi-iiiKpic ili' iiiéiiic. (Mioiipi'it i'hI t'ori iwA ilun^é
et mcdincrcnicnt réii>>i à l' AcadiMuir, il aMiil dans le \i>a<ir, dans le lîcsIc, dans
q5'| LF. l'ALAlS-IKiYAL
loules ^cs iuaiiitit.>. uiu- yiàcc iiiliiiie t-l si iialuiclle (luelle oiiiuil juxiuà ses
muindres actions, et les plus communes. Avec beaucoup d'aisance, quand rien ne le
contraignoil, il éloil doux, ouveii, accueillant, d'un accès facile et charmant, le son
de la \oi\ a^irréable. et un don de la parole qui lui éloil tout particulier en quelque
jjenre «pie ce pût être, a\ec une facilité, une nellelé que rien ne surprenait et qui
8ur|)renait toujours. Son éloquence éloil naturelle jusque dans les discours les plus
couununs et les plu> journaliers, iloiit la justesse éloit égale sur les sciences les
plus abstraites qu'il rendoit claires, sur les aflaires de gouvernement, de polilicpie,
de nnances, de justice, de guerre, de cour, de conversation ortiiiiaire et de toutes
sortes darl et de mécani(pie. Il ne se servoit pas moins utilement des histoires
et des mémoires, et connoissoit fort les maisons. Les personnages de tous les temps
et leurs vies lui éloient présents, et les intrigues des anciennes cours comme celles
de son temps. \ l'entendre, on lui auroit cru une vaste lecture. Hien moins.
Il parcuuroit lé^'iremeut, mais sa mémoire éloit si singulière (ju'il n'ouhliuil ni
tlioM's, ni noms, ni dates, (pi'il rendoil avec précision. Avec cela nulle présoni|ilioii.
nulle trace de supériorité d'esprit ni île conncjissance, raisonnant comme d'égal
ù égal avec tous, et donnant toujours de la surprise aux plus habiles. Mien d<-
Contraignant ni d°inq)osant dans sa société, et quoi qu'il sentit bien ce (pi'il l'Ioil.
et de la faeon même île ne le pouvoir oublier en sa pi'ésence, il incltoil Innl le
monde à l'aise, et lui même comme au nixeau des autres.
\<iil:i nn joli purir.iil, ri qui n'c^l p.i'^ ^ii^prcl. ipii >i(|iii' {\Arr pai' un ami.
Ia- (hic d'( )ili'';in>-. ,i\,iiil lyifi, l'i-^l-îi-tllir :i\;iiil li'-> .Miniv- di- s.i n''gi'iit(',
iiîi il s'aliaiulunii.'i ii iDi-gie, lui \raiiiienl un <'li:irin'aiil piince. dinic irri'-sistililc
>u'-dui-lii>n. Il utilisait ses luisiis à ti-a\aillei- ;\\rr les s;i\aiils el les ■irlisles. il.ins
la so«°iét(> i|i'-.qoi'|s il sr plaisait, caii^anl ri (li^riilaiil .'ivre rii\ sur un pii'd
de faniitiai'it)'- qui lr<< rnrii.'inlail : Irur p.'irl.int leur l.'Uigage, nioniraiil ipi il
élait drs Irurs, ilr telle M>rtr qnr ne «e sentant pas (b'prinies pai- une mnliainle
«le il.illeril-, ils se laissaii-nl aller .'i leui' n.'ilurrl. ri qiir 1rs ronver^aliiins
de\en.'iirn| \rainienl |ii(>lital>les ;\\i\ uns et an\ autres. « Mon lils eoniioil bien
la musique, » dit Madame; «il a cninpusé- deux ou trois opi-ras (pii soid tous
fort jolin. Sun ciqùliiine des gardes. I.a l'air, en a l.iil les paruk-s. « \ii iinMilii'e
de e«"H iiiM'r.'is, il faut inenlinniier lelni de l'tnllirr . Il evisle, ,'i la bililiutliripie
de r\i'senal, lin in:iiiiiseril inb-ressimt et qui peut donner aii\ spi'-ri.ilisles
uni* iiii't* cxacle di's talent» du due d't )rlé,-iiis romnir inu<<irieii. I.a l-'arc, <pii
inoiirul en 171'j. l'crixail des niniposiliniis sans gr.ind iiitiTrt. m,iis ses \rrs
ne nianquiiienl \r,\s d'agn-ahle gaieté. |,i> priiiee s'.'idoiina aiissj \\ j.i • lilmir.
Il el.iil •• gr.'iiid soiinieiir de \«'rre 1». déclare .Siinl-Siinnn. «1 .i\ail au l'al.iis
ho\al iiii laboratoire très bien iiionlr oii il lra\aillait a\ei lluniiieig. nii'deciii
et Mi\:int dislingnt'. A.HHUii'inenl, ir n rst p.is bi pieiir pliilusopbalr qn il
l'tien hait il di'-rouvrir, bien qu'il fût liante quelque peu p.ir les rè\es d ueriil
tiiinie el ipie pbiH d uni' fois il se M)il laiss<- diipri pai drs eb.'ii'liitans qui
i.K PAi.Ais-noY AI, sors r, \ lucr.F.NCK 355
parlaient do lui l'aire \oir le diahle. Mais il s"a|)|)lii|iiail à lahriiiiier dos paiTuiiis
doiil il aval! le ^oril, eoiiime son ]ièr(\ cf il en inxenlail dune l'orle et
jn'rn'lianle ddeur donl >a |i('isiiinie n-^liiil ini|iii'^iit''<'. Il sannisait aussi
à iniai:iiier des coniposilious poui' piendre des empreintes de médailles
FOinNEAU DE HIIOUATOIUE All>T AI'l'lIllEM 4 IMIIIIPPE DUIII.EANS ET ORNE HE SES AKMES
(Collcclioii au Musc.: céramique Je la Manufacture nationale Je Sivrcs)
et de pierres gravées dcnl il .niiiinciilail la i)elle eolK'clion de sa mère. Il piit
ainsi soixante-douze empi-eiiiles (pic je liouve signalées, sous le numéro 3S?.8,
dans riincntaire de la rolleclion l'ail, en 173.'?, |iar (îros do lîoze, garde des
mi'd.iilli's du cdiincl du nii cl secii'laiie pei|)('(u('l de 1" \ca(l('mie des Heau\-
Ail '-. I.ii \ I lie! 1,1 niiiil i( iM :
lliiii, un ('iriii DU i)()M('tli' CDUM'ilc de |)a])i('r marbré doré, fijarni de deux
lalilrito n iiipliis de sdixaiitc dou/i' ('m|ii(iiiles de \erii' ou autres compositions
(le dilléreiilos couleurs des pioi-rcs gravées les plus belles, dont les originaux sont
en (lifri'-rons ealuucls d'Italie et d'Angleterre; prisée la somme de aoo livres.
< )ri sait (pic ce lui ;i cause d(^ ses eonnaissanecs en chimie cpie le duc
d"( til('aiis s'attira Iddiciix sdiipcoii d'axoir l'ail, coup sur coup. em|)oisonnor
le duc et la (lueliesso de lUdngogne. doid la mort li' iap|)i()cliait du tiône.
\ la (iiiii et dans le peuple, raccusalion |iril les formes les |)lus insultantes.
Le jour de rciilci rciiiciil , le ■> 1 i'(''\iier 1 7 1 •> . la l'ouïe, (|iii >e pressait sui' son
passage, ne lui ('paigiia pas les (■pil li('los gi'ossit'rcs. et ou diil prendre (piehpies
a56 ' '- l'Ai-Mï'-R'^YAL
nmaiiliniis ilaii^ l'.iii^ |n>iir ciiiiuVIicr l.i fuiviir p(il>li(|ii<- (!<• >."t\(iC(r loiilit'
lui. Ia- |>.ii|)|.- >"«ii tli'-iluiiim;ij:i:i |i;ir li-s f.'i-sU's, les nis t-l lout co qui s.' |i.iit
dalri».', \..iiii ronliv If »liir (l"( »rlt-;iiis, dit Siiiiil-Siiii.iii, qui jijoiilc : « \ ors
II' l*;il;iis-KoN;il. (Il-njiiiI Iimjui'I le cornoi jKissa, li' ii'doubh'iiu'iit (K- liiu'cs,
de «ris, d'iiijtin's, lui si Niolcnl i|u"il y cul lii'u do lout «raindic |niidaiit
quol«iuts niiiuiU'S. » A la cour, 1 alliludc d.- tous l<s c.iuitisaus, iiioliis
liruvautc. fui tout aussi indéccnlc tt curDic plus ninrliUaiilc. (Juand lo duo
appiiK-liait iTun f^roupo. rlio/ !<• i-'i mi dans les ^almis. un laisail aussilùl
place nelle; on alTeclait de lui lnuiinr- Ir dix. Ce fui un ciiicl iiinineiil |iuur
le «lue d'Orléans, le dernier sur qui aurail dû loudier j'iuju-lir.' i\>- pairilles
inq)ulalii>iis. « Sacre siuj:ulier, » dil Michelel. » Iteau l>aplèuie (jin' n'iiil nul rui
du MiMude, d"èlre le luailvr de la Science.» Le juince s'en sérail Imiii passé.
Son .'UiiMur de la iliiinie lui a\ant allii'('- ia l'i'pnlal ion d'eiupoivonn<'ui-,
il 1,1 di'-lai><^a el -e jrla dan- la peinlure. lui de- ail- qu'il adiniiail je \\\\t<-
cl ipi'il -e mil ;i ;ippreiidre a\er uiie aiiieur el loule l'appliiMlioii donl son
«•spril nioliile «'■l.iil capalile. Depni- plu-ieni- aiini'i- di'jà. il a\.iil eiilii'piis
d<' ré'uuir l'.idiuii'alile colletlion de lalili'au\ (|iii de\.iil Tlic une <\i-<. cniio-ili-
de Paris. l'I doid il ser.i (pie>ilion plu- loin. Il ik' laissait échapper .incuiie
<»ccasiou d'en .leipii-rir. \ \inirl-cin(| an-, -on i:ciril elail suilis.uuinenl l'ornie
pour qu'il IVil l)oii lomiai-^eur. Il .ippiil la uiiiiialure a\ec .l.-\nl. \i'laud'.
(pii lui-iuènie possédait «pielques tuiles de prix, dans son lo^'^enieul de la rue
de ( ioudi'. noiauuueid //• Miniclr ilr Sii'nl Auloinr <lr l'ailmn . du lilien,
ipie le prinei- lui a\ail doniii''. (ieniiain Itrice raconte ipie le ilui' lui lit
é;.'aleiueiil pré-eiil d'un laMeau qu'il avait peiid de sa |>ropie ni.iin . (lu
n'aurait jias hesuin de ce léuioi;.'n.i^'e poui- >.a\oir qu'eu elle! Ii' duc d'( Irleaii-
t'\écnta à l'clle épixpie quilipies |)eiulures. \nliiiue Covpel lui .ivail ensei;.Mi(-
le dessin. < )icup<'' depuis plusieur^^ aunt'-cs à décorer, .au l'al;ns-Ko\;d, la
(iiili-rit d'I'.nii-. r.uli-le, qui «'•l.iil .idioil courlis.iu, liouuue du monde el
lelln'-. jfraiiil ami i\y Koileau el de- auleui- le- pln>i en ri'iiom de son lenqis,
était dcMMUi un des l'amiliers a^>idu>< du prince, ipii .illail le \oir lia\ ailler
dans la ;.'aleiie de la rue Uii lielieu. el p.ul'ois même, dil-on. picnail iii main
!«'•« pinccnnx. i'oui' ce di-rnier polnl. i Iru n'e-l -ùi-. ( !e ipii e-l certain, c'est
que le prince <'-t:iit di'M'UU assez li.ihile pour liarliouiller ipielipies couqio-
tiliuns. Il lit le portrait de la duchesse de l(err\, -a lille, a\aid sou maria;.'!',
i-t la repii'scnla, dil M ' «le (!a>lus, n sans heauinup de dr.qieries, ce qui
fut trop enxi-ninie. » Il oiri.i .uissi. <lit-on. un petit cahiuet du l'.dais Koy.d en
preuiud pour sujet la fahie de Jtisnn /7 Mii/rr. l'aruii les iiMi\res de ce ^enre.
I Ni' m ifJKM. mnrl ni i7'i.'i.
1. lirniinhi limer, I, III, p. .'i,t.
i.K 1» AI. MS-noYAi, soirs LA niCr.FN'CE 9.5"]
aux(|uollos le duc s'appliqnail coimno à un amiisomcril. la plus connue est
colle que nous signale sa mcro dans sa Correspondance. « Lorsqu'il n'avoil
rien à l'aire, » dil Madame, « nidii \\\< a lail orner imi pelil cabinet de
M"" d'Orléans a\ec des sujets d'un pelil roman |iastora! (pTon app(>lic
Ddplinis el C/t/oé'.» Ce cahiiiel de la diieliesse sa l'einnie, ipie l(> jjrinco
par le duc d'Orlî-ans d'après une des'vingt-nciit .
peintes par ce prince en l
de VWilmre de Diplmh tl Chl«
décora de peintures, au nombre de vinfit-neuf, faites de sa main, se trouvait
non au Palais-Royal, mais à Ha^ifiiolet. où nous voyons celles-ci estimées
successiveuK'ul dans les iinenlaires (pii l'iirenl (!ress('s en 17:?.'?, i~')-i et i~85.
La somuK^ à lacpielle monta la prisée alla à .'},r)5!0 li\res en 1-23, c'est-
à-dire à l'épocpie de la mur! di' leur autour. Los plus petits sujets, tels
que In Danse des Chèvres, C/iloé qui se hm'i^ne. Re^^rets de Chloé, le
Jardin de Pkilètas, le Serment, etc., lurent cotés i(io livres chacun; les plus
grands, la Vendan'^e et Dorcon qui remet Daphnis entre les mains de sa
femme, fui-enl prisé-s 800 livres clKKpie. Mais en 178,") les lal)lean\ de » Monsieur
le lièrent sur Daphnis el Chloé» (n" :'.8.'> de rinventaire) ne sont plus estimés
qu'à lôo livres, en bloc. Synq)tomali(pie déchéance! Que sont-ils devenus.^ Il est
pins fpie |iriil)ali!e (pi'ils pc'iirent lors de la desli iielimi Aw ebàleau de Ragnolel.
I. Corresiionilunce de Mailuinr, cdil. Itiiiiicl, I. 11. p. 3('i.
T. 1. LE PALAIS -nOTAL. 33
a58 I-E PALAIS-nOTAL
En li)ut cas, nous les connaissons parles gravures de lîeiidît Amlraii (|iii en
ont l'ié |inljliées en 17 iS, avec la traduction par \in\ot du célèhre roinaa île
Lon^us, sous le litre suivant: Les Amours pasluralcs de IJaphttis et Cliloé,
avec tes Jtmires peintes pur le duc d'Orléans. Hé'^ent, f^rarées par h'. Aiidran
(Imprimerie roifnle). C'est un joli volinue in-ia. L'inleulidii du priiici' étail
que ce li\re lut tiré à petit nombre; mais, comme la dit (ili. >o(liei-, don sait
comment les grands seigneurs suivent la volonté des j)rinccs et comment les
înjprimenrs exécutent les ordres des grands seigneur- (|iii l'oiil imprimer. C/ost
un \olume assez, commun.» ("ependant. on trouve dans rexempiaire (jui est au
Cahinet des Kstampes de la nihliotiièipie nationale', à la dernière page, une
Ilote manuscrite tpii send)le t'maner d iiii des personnages df l'ciilDurage du
duo dUrléans à (pii il du! être olVerl, et dans hupielle on lit ces mois:
« Kdition magnilitpii'. Il \\'\ en a eu (pie -j.^o exemplaires tirés.» I.ii \-'\'). on
eu lit paraître une seconde iililiun, ipii cniiliciil une gravure de plu-, iiililulée
Citriclusiini du nunnn. ll'esl le \ingt-neu\ieme sujet des peintures signalées
dans les inxenlaires di' Hagnolel. Les autres planches sont retouchées; elles
contiimeut. cunimc dan- la prrmicrc l'diliuii, à jinrlrr au \k\< li' nom du duc
d'Urléans à gauche, et ii droite celui ilu graveur !'>. \iidi;m. lai iS'<). ;i la
vente des livres du hiltliophile \I. de l'ixi'ii'-conri. il - i-l IniuM' m 1171) un
(exemplaire rentcrmanl un de-^sin à la pliniic de la lu.'iin du ilm- d < )i'li',iii- cl
un feuillet antogiaphe conleuaid le premiei' projet des gr.ivure-; tpiil a\ait
rinlenlioii <rajouter il cette édition. ( !e |ii('cicu\ excmplaiie lut adjugé au |)ri\
de Qo'i francs seulenii'ul. ()uoi (pi'il i-w soil. mi pi-ut din- ipn' le- l.dilcaux du
duc d'(Jiiéaiis sur Da/i/iiiia et i htoé n'aNaienl pas le pimcul (pion poiirtail
croire. Miihelet les sign.de en disant; i> ce monumi-id di- \olupl>'..." H n'\ .1
dans IpH glVlMires rien de Solllpllleuv. (_)immI aux peilllure-. on petite ipie •>!
elli'S nvnienl «'II- indi-ct-ntes, \;\ pim-e dMclii'->e in' leur amail p.i- donni- place
(InuH «ton château d<- Hagnolel.
.Antoine (io\pel, ipij u'i'-lait yw< ><an- lirei- ipielipie \;mile d'.ixoir eu le
iliic d'Orli-ims pour «•lèM-, et ipii se par.iil du titre de peintre du /{e:,'ent.
n'a pus inaii(|ui'-. en dillereiiles occasions, di- rappeler celle circouslanci<. Dans
l«" Disi'our» sur lu peinture, ipi il picnonça le 7 decemhre i7t»o à i' Vc.idemie
cli"« H«'au\-Arts. il disait ;
Clini'Uii ftdil l<« (ideiils exlraordiiiiiire-' pom |,i p(>iiilure, ipii uni hrillé avec
loulc<i loo uiilrrH niniiniisauce-H dans M-- le din- «j'i IiIi'miis. et .i\cc ipid M;.'ri''iueiil
il •') oscrv^'il ii«iiiil ipi'il rùl chiure du pr-iiihie r,u°<le.ui de la ri'Kcncc.. .
Ixtnwin'il n'-iinil. rniiiuV ««ui>anle. eu mi \olmne in '1 . la s.iic de ses
I. lldMiirl i|p« K<laiii|
LE PAL MS-U(( V AI, SOUS Lv IIKGENCUC
309
conférences. A. Coypcl dédia son on\rage à m Son Altesse Hoyal(> Monseigneur
le due dOrléans, régeni du Uoyannie». el écrivit dans sa dédicace :
Monseigneur, j'ai riionncnr de vmis consacrer mes réllcxiuns sur la l'ciMiure...
i;i ([iii peut mieux que moi allesler en particulier une vérité, si connue dailleurs par
rap[)ort à toutes les autres sciences;' Dans les conversations oîrvous trouviez bon,
■i Cliloc'iiiui clioi-chcnr rcincde d'Âinou»
tableaux peints par le duc d'Orléans sur VMisloire tic Daphnis et CUoe
Monseigneur, que j'eusse quelquefois riionncur de nous enlretenir des principes
de la Peinlurc, je suis toujours sorli irauprès de Aulrc \ltesse Royale beaucoup
plus instruit dans mon art même que je ne l'étois aupara\ant. (Combien d'autres
personnes distinguées par leurs talents se s(int l'ait un devoir et une gloire de ])ul)licr
l:i iik'iiii' cliose! Témoin ce grand poêle si coiniu par ses satires et si ennemi de
la llulterie, <pn n'en |)arIoil jamais (piaNcc une adiiiiraliou extraordinaire!...
(',clt(> iuNOcalion an h'-nioigiiage de HoileaM (pie l'ail ici ('.ovpel lui paraissait
évidemment d'aidanl pins nécessaiiH- tpiil ciaignail (pion ne prit pas assez
an sérieux les louanges données à son élève par lui. cpie lant ddhligatidus
liaient an duc. dUrléans. N"avait-il pas reçu par la [)roteclion du piinci'.
en 1717. des lettres de noblesse, rare el supiènie dislinclion (pn le mettait
bois de pair parmi ^es eunl'rèrcs !' Ko iiiilre. il lecexait de lui ainiuelleinent
une peri'-iiiM de .'i.m mi li\ l'e^. (pii Iniiul ((iM^-l il née par acte (In 1 ' jan\ icr 1 70(1,
a6o LE PALAIS- ROY M.
ainsi qu (III li- M>it par l'evlrail suivant tli-s n-j^islii-s ik- la sucrt'ssioii du
Ké^eiit :
l,«' >it'ur Cnjiiil il luil |)lii>ieui> ouvraf,'fs de peinture en la ^nantie gallerie
du {'allais Hoial, du temps lic S. A. U. Mmisieur, à cause ilescpiels ouvrages il
s'est trouvé qu'il éliiit liù au s' Coypel la suinine de (io,ooo livre-; pour laquelle
M'" le due d'Uiléaiis lui u eonstilué, par contrat passé devant IJellanger. notaire,
à Paris, Je i" janvier lyoG. une rente de o.ooo livres, (jui existe aetuclloinenl
et dont les arrérages sont paies à lui ou à eeuv ipii le iepré>eiileiil i .
Cletli* |x*nsioii, payéL* jnsipi'à sa inoil à AiiIkIiic Coxpci. lui ivdiiili- à
l.ôoo livres pour son lils (iliarles, et on on ictioii\e la trace dans les registres
du tréson'ric de la inaismi d'Oiléans. nièiiu> pour rainiée lyô-j, où elle ligure
avec celle inciitinn ' : » Aii.v Jrrrt's ('i>i/pr/. i.ôoo Iîm-cs. » Aiili'iiie (!(i\pel ne
cessa guèn-, d'ailleurs, d'être euiploM- |iar le duc d'Orléans, et l'ut au l'alais-
Ho\ai tpiclipie cliuse coiniiie le suriiilfiiilant des lieaux-aits de la maison.
(>ppeiiiird avait -iiiipleiiiiiil iiuiduil les Iraxaiiv de décoration de (|uelipie'>
appaiieinents et. en particulier, de l.i giaiide galerie ipii ser.i dci rite plus
loin, (iiivpel l'ut constaimnenl mis à < imli iliulion. (l'est lui ipii. Iréipicm-
lueiit. diimiait les c. impi i-il je ms de cril.iinv m, nMis, exécutés d'ajuès ses
iiiodi-les. A la vente de I atelier de son lils (lliailes. en lyô.'?, on vendit (n" uûa
du cnliikigue) un loi de h dessins colorii'-s pour des meubles ipii ont (''lé- exé'culés
nu Palais-t;.>>al cl ({..ul j'iriv.iiliMii .^1 ,\r M. Vnluine d.Nprh.. Util aie-^si
les portraits de plusieurs meiidiics dr la ramille. iii>lainini'iil du Ji'miic duc
• le (.'liartres et de sa inaîtressc. M" de l'aralière. l),in> un des iroi- miIuuic-»
de son ii-inre gia\t'. ipie |ii».v,'(|c j,- C.diiiiet des e-lampes ;i |,i r.il>liollic(pie
nationale, on voit un pn'jel d'un lieaii plidond ipi'il de\ail peiiitlre dans le salon
du cliàleaii de Saint -( ilmid : ,;■ morceau icpré-sente l' A/iof/u'os)- d Hercule ;
les rheiniiis ipii coiidul>ciil les héros à riuimurlalile scuil désignés par les
l-ois et par la (iiierre.
Iteaiiciiup d'.'iutres .irlistes eiueiil le- r,i\eur- du duc d'I h icau-, à un iiiMiiulic
di'gré, il est \r.ii, et reçurent d<- lui des c.iuunaiide». ()iic le piimc ail sur eux
exercé- une inlliieuci' p.ir SI. Il goùl delic.il, la jiislesse de s. s c.iisiils. le sens
ipi il avait di' 1 i1.-;,'.mi( .• r.d iniinelle. appn ipriic aux licsdiii- iduiiialicrs et aux
inliiiiilés de la vie. et aussi par scii lioi iviir de tout ce ipii clail de l'inulil.'.
froid, eniiiiveiiv apparat, il seml.le dillicile ipi'un puisse Ir .onlest.i . (pi.ind mi
»oit déhuter au i'alais-Hnyal la rev..liili..ii .pii \;i lioidevei ser. ,'i partir .ji' celle
ép.Mpie. le lllol.ili,'! IraiM.lis .1 l;i dec. n ,il iiHi des ;ipp;ii Iruiciils. Oppciiold
I. \riliit)-« iinlliiiialiii, It'i, iiittii.
J l.nrr ilr l'alirnc. Inrourli-r «li-îi iiiai'uiii i-l llii.iiirfs du dur ilDilcjuis. MamiMiil do l.i
blljlioihwtiii* Cantatalrl. ir ïSîujj,
LE P.VLA1S-1\0\AL SOUS LA niCGENGE
a6i
venait do passer \ingl ans en Italie (|iiand le duc d'Orléans le nomma, à son
retour, « directeur général de ses bâtiments. » Où celui-ci aurait-il puisé
l'audace des innovations (|u"il se perniil, cl ([ui liaiicliaiciii ^i ncllenient a\ec ce
qu'on voyait dans les palais d'alois, les dclicicuscs iaiilaisic-; siidplées sin- les
i>*
Etude pour la décoration de la Galerie d'Énee ao Palais-Royal (Collection des dessins du Musée du L(
panneaux de revèteineiil, dans les salons, le capiice des courix's, la liardiossc
des li^rncs brisées, interrompant liiiiscpii'inent leur sèche sunélrie par des
lleuroimages imprévus et de riantes saillies? Larcliilecle (iabriel eut sa grande
part dans cette réno\alion du décor des IkMcIs parisiens à cette épocpie, et dans
la gracieuse apjirdpi ialiun dis app.iilcuiciils ;in\ nueurs de la socit'té nou\elle.
Ses cheminées, suiincjnlées de trumeaux de glaces, modillèrenl instantanément
leur aspect, et ramenèrent du coup l'elTort des décorateurs à des proportions
plus réduites et mii'iix en liaiiiionie a\ec la iaille des individus. L'omimc
d"« humanisation » dont |)ai li' Michelet et tpiil attribue à la Hégence, au point
de \ue des idées philosoplnipies, il laut la signaler aussi dans l'ornemenl des
habilalions. Les planches gia\ées d'après les et inipc isilioii-. trOppenoid ne
portent point de ir'gciuh^ cxiili.aliM's. l'I aucune iiist riplicui iiinditpie celles
2<>a LE PALAlS-IlO\Al,
il'fntre «'llfs (|iii icpriuliii-^i-iit les inh-rieurs (l";i|»|iarU'mi'iits r()m[)Ost''s par
rarlislt." pMiir le l'iilai-<-Ui)\al. i,a |ilii|iarl pomlaiil |hiimiiI s'y rappoilcr, cl
fllrs nous roiisoijjfiiciit Millisaiiiinciil. Li; cliaiigt'iiioiit capital lui (rahoitl k' lit.
qui fisst' d'ilif Cf luoiuuufut solfuuol, iutuuuuoiU', (h> lit ;i la IVant-aisi', avec
sa rui'llr (Il pli'iii salun, tu'i les ilauies recevaieiil k-ius visili'S, couluuic diui
auliv à;,'c. Il s'applicpif ilûsoruiais coiilre la nuuaillc et se bloltil IVilcusoiuonl
dans di'S n nichi's » ot dans des alcôxcs. l'uis vicuui'ul les sii-j^cs inf)olli'U\, les à
dt'U\-sièj;es «où di'U\ anii>- pt-UNCut causci' dans une intiinilc Icudrc... » l/i''l)é-
ni>k' (livsa-iil fut un in;:('uii'U\ i-l artif auxiliaire de raicliitecte dans cotte
traiisriiiiiialioM du uiukilier. Klève de (lnysevov, ayant appris a\ef un tel maître
.1 nixili'li'i' le ciiip^ lunnain, lel li.dtilc Ihinnne lut pris d<' l'aniliil i< m très
nalinvlle de rehausser de li;,Mues de hron/c les coninioiles, kineaux, takies
et autres lueuliles ipii surtaienl de ses ateliers. Son succès l'ut inuuédiat. La
\o;,'ue aiissitiM le pou^^a, et il détn'uia Hoidle. I.ui-inrnie a pris soin de imus
«lire, dans les catalo^'ui's ties xentes ck' ses MMi\res, le j^'i-néreux appui ipi'il
Imuva dans le duc d'CJiir-ans et la hienveillance accueillaide de ce prince pnur
sou talent. Il e-it ceilain ipi'il exiTuta une ipianlili'- de- luaiu nieuMe- i|ii'(>ii
adniirail au Palais- U.>\ al. Mallieureusenient. les inventaires ne les (ksi-.Mienl
pas, car ce u't'Iait point la cuutuiue. au x\nr siècle, (h'indi(|uer les noms des
autours des cliers-d\en\ re de ce m-,., ne. M faut le re^netter. Imil en s'ellbrçant
th' retrouver, à lra\»'rs la licliesse di's descriptions, la marque de sou j.'énie.
Ouaufl on pan-ourt le recueil où (iuillet île Saint -(;eor;j:i's', lexcelleid
ft patient lustorio;:raplic' i\<- 1' \( adeniie de-. U<an\-\il-. an x\in -iècle, a nniii
tant tk- ilôlails curieux sur les arli^to île son tenip», on se rend compte de la
\i\acili- dos souxenii-s laissés par le duc d't >rleans cliez k-s maîtres du pinieau
«m do l'eliauclioir. \ i haipir in-tant. c'e-t ini liomma^'o ;i sa mémoire, ii l.i
sùn'lé tie son ;.'oùl. à son amahilili- alVecluense et line. Tanl.M. en lyo.'). il va
visiter lo poiriire i'.ïi. de LaTosse, en train d'i-vi-culer la coupole cl les panaches
«II? rô^'lis4> dos luvaliilos; il uioulo sin- recliat'audap", en lianl <l iinucMl.
el. loiit on causant avi-c la plus parraite simplicité, se l'ait evpliipier le manie-
nii-nl des couleurs à frosipie, ipii n'i-lail pas alors d'une praliipie courante en
l-'rnnro. TaiilAl c'osi chez .1. .lonxenet. dexenu par.ii\ti(pie tU- l.i niiin dn.jle.
ipi'il va |M»rler ses encoura;.'emenls. en félicitanl laiiiste sur |,' plalond ipie
cohii-ci vient d'aclie\er. de lu main ;.'aui lie, pour le l'arlemenl de Hoiien.
l>'nu(ros Tois, il se rend cliez (Jérard Kdelinck, au\ ( iclicliiiv. dans relie petite
acadénito s\ ncli\o de l.i manuracture, <>îi ului-i i ilail pi (ilesscin. I n p. inliv
.r In vie ri In nuvrngn dn mrmliri't de l'Afiid^mir riiyalr dr rfinliirf rt
'i'>«T«ii.i.)i^, I,. iH;ii«iKu». I., Siiii.ii:, l'h. m: (:iirMM'.\ii.ni;<>, I'. \U>r/., rlc.
* "" ■" ' ' "I ' iiloiil I. I". |i. 5.n; I. Il, p. \, jQ. 3», 5j, i<i(i ft 13;.
m: PM.VIS-nOYAL sous I,\ nKGF.NCE
î63
f|ii"il \oyail souxcnl cl aii\ CDiiseils tliK|iiel il avail iccouis, celait Dosportes,
(Il Mil le fils, dans la iiotiro liio en ly'iS à lAcatltMiiio sur la vie tic son pèie,
imiis lait connaîlic le (It'laii siiixaiil :
Feu Al. le due <r()rl<'aus... axnil eu souveiil i-eeours à ses ('IikIcs. dans les
oecasions dillleiles. à sa main ni'iiic. pour p(>indre ou relouelier 1rs :iriiiiiau\ c|ui
Hltiie pour U dé
hISMN l\LI)IT I> ,VMOI\[: i.i11'[:t.
de la Galtric d'Emc au Palais-Royal (Collection des de
du Musée du l.c
cntroieni dans la coinposilion du snjcl du roman jiasloral Daphnis cl Chiné. (|ue ee
prince a tous inventés et exéeutés de sa main. Eu 1717, il lui demanda pour une
pièce du Palais-Royal où il l'aisoil (piel(|ii('fois par divertissement do légers essais
(le cuisine, trois taliIo;iii\ doiil il dumia Ini-uiriiie les siijels. l/iiii devait être
le gibier en plume; l'inilrc di' loulcs sorics i\r li'iiiiiiics. cl le lioisirinr di' viandes
prêtes à incllri' en hroclie. Tous les trois furent evtrèniemeiil ap|)laiKlis, cl le
dernier suiloul. mi^iiial dans son espèce, fit dire <à Sou Micsse Uoy;dc qu'il falloil
(pic le peintre eût ét(' dix iuis clic/ ],[ (iucidiois pour piipicr si liicn... \ ers le même
temps, Son Altesse Royale lui en couunauda plusieurs autres, dont les deux plus
grands étoient composés de Heurs, fruits, animau.x, architecture, pour le château
de la Mucllc. rproccupoit idors M'"" la dncliesse de Rerri'.
Il lauilrait encore si^rnjder les travaux ([ue le duc d'Orh-ans donna h exécuter
au scidptcur (iirardon pour le Palais-Roval : à (loysevox, qui lit pour lui
un liosjc (le l.diiis \l\; ,"i l.ciMdMic. laiilciir du Imslc du ^(■■^^cnl (pToii \oil
I. (Illl.lKT liK Sm\T-(;i:iiI((JI>, I. II. |l. loli-lii-.
3(5', I.i: PALAIS- ROY AI.
au iiuisiV (le \t'i-saill<'s; à Je.iii l)u\ivi('r t-l .1. IvIiih k. les mi-daillours; à
Charles Uoît. rémaillt'ur: aii\ graveurs et à une (iiianlil.- daulic'^ artistes.
Tous les portraitistes eu reiioiu «le l'époque l'iirciit appeit-s au l'aiais-Uoyal
pour V retraeer les traits de la raiiiille. Santerre peignit non seulement le beau
portrait tlu ilue a\ee >a iiiaîlif-se. M"" de Parahère, sous les traits de Miiu-rve
(reproduit iei. page a."».}), mais encore ses lilli-s, la duehesse ck' lieriN, dans
son enfance ', M"' de Chartres (l'abhesse tle (ihelles), deux fois', la thuhesse
de Mi«d«ne'. penl-rire. Quant à sa sixième filli-. M"' di- Reaujolais, eili' lut
pt'inte par Nallier. tpii lit également le portrait de la mrre de celle princesse.
Kn i-i(i. le tluc d'Orléans, rpii avait <léjà un portrait de lui par Uigaud,
exécuté en itl''^<( et p.ivé alors 5oo livres'', — lui en dcmaiiila ini non\i'au.
Il est représenté dans tout l'éclat et la force de l'âge, avec ce teint IuimiI par
le soleil d'Kspagne «lonl parle Madame, la ligure assez large, iii;ii- d'un
a"réal)li' o\ali-, la piirmpK- d'un Moud ciiidn' et lr-< nciix dune inlinii'
douci'ur. Il porte un \etcment écarlatc a\ec la cuirasse, et le jaltol de dentelle
né<'li"emnienl noué .autour du col. (pie LeinoMie a mis :uissi dans son Imsle.
el qui s'acciirde si \,'u-ii avec la dé-invnlline légère du personnage.
A cette lieuit de sa >ie, c"esl-;i-dire dans l.i première année de la inni l;i
malion de la ilégi'iice. le duc «l'Orléans vov.iit s'ouM'ir devant lui. idunni-
en un épanoni>s,MieMl , la plus liillc cniière. .leinie encore. pnis,pri| n'avait
que qn.'uanle et nii .ne^, niailu- du pouvoir, aimé- et .idiniré', avant loni ce (pi'il
l'allail ponr gouverner, danlani plus fort cpie les opt-rances de font un peuple
se ron<enliaiiiil sm- s;i |é|e, quelle partie il avait à joner! Mais dij.'i le princi'
né-lait pln>i <ap:d»l<' de diiiger sa de>lint'e, mordu an co-ur p.ir une f.il.ile
passion, entiaîm- par les ni.invaises haliiludes, sultmergi'" dans le vice. S.i
pnHsioii, ce fut sn lille, la duchesse de Iterrv. (juaiid avait-elle commencé?
A son retour d'Kspagni-, en t'ixj. peu de temps avant le maria;.'e île celle-ci.
Michelet a dit que II c'é-t.iil le diahie sur ses genoux». Illle n'avait alors ipie
ipiatoiT^e nii.H el était hvsteriqne, demi-folle, u l.a pimilion in! cinelle; il resta
|Miur loujnur"* serf et la ch.-n'ne ;mx pieds'', n ( !e qni es| plus grave encore,
il ne v.'mtr.'i dims la fan;;!-. N.iinemenl, il eut depuis m.'ulresses snccé'd.'mt aux
ni»lln'««s«^. C'étiiil pour tronqwr ses sens. I/miiqne. radmée. resia sa lille.
Iji dilclieH«M' ta mère le coiiq)ril-elle? KsI-ce pnnr cela qu'enlie les deux
fennueM é-elata une haine furieuse.'' Ku tout cas, l,i pilncesse Palatine ne vit
I \ii mii«V lie VrrMlllr», ii° 1011 du cnlalnuiir Soiliû.
" ' '"Il
■ Il i|iil r<>l II Vrnullln n'o*! |ia« ilo Smilrrriv
I l'i S4iKT-(iRnli(il;«, I. II. Klal KriiiTiil ili-^ |Hirlrnil< iH-iiili pur n* ni.iiliiv
j '' iMirlrall rilr |itii< liant, illl ikiiirlatil i|u il mnil ■■ \r |Hiil imii ri In |h'i nii|iii'
(le iim'i'
•« U „ ■/,• hniiu-r. I \IV, |i <W.
LE PAr,Ais-noY\i, sous
i.A ni:GE\CE
36c
l'cini par J. Pal
VEM'S QL'I SE PEICNE
(Tableau de l'ancienne Galerie du Palais-Royal)
rien, ne soupçonna rien. Madame piiile lr;in(|iiilleMienl,(lans sa (Dr/rs/xifit/ti/irc,
(le eelle adeelion ardenle du l^éj^cul pour- la duchesse de lîerry. siu- un Ion
iniKKi'ul, couniic s'il ne s'agissait (|uc diiii prie (pii ::.We Imp son rnCuil.
Les libelles ordnriers (pii \eiiaieul jii--(|ir,'i se-; (iiciiii'v cl pidiiicpir ni lui
T. I. LE PALAIS- ROTAL. Il
t566
LE 1> M. \IS- U()\ AI.
^Uf
ili'Noil.iiciÉl l;i lioiili' iK' ccl iiiccsli', iil- l\''claiiri(iil iiirmc |i;i-. I;i l.iissaut
iiuivdiilc. lue pliiasc, poiiilaiil . (|m\'I1c lai-^si- (■■(•lia|)|ici- (|iicIiiii(-. jouis a|)r('s
la moil di' sa pclito-lillo cii dit long. Kilo y drclarc quCllf csl ((nisolt'c de
sa pt'i-U- à caiisi' de biiMi dt'S choses qirollo a appiisi's u cl ipii wk:- peuvent
sWrii'c » '. Les di'liaiiclics de table du père cl de la lille. Ions di-nx s"eni\iant
lie clianipagne, élaieni de noioriélé. Madame eile-niènie en paiic cl raconic,
par eveinpie, dans une lellre du \\ dt'ceinin'e 171 '|, eoinniciil on \inl Ini
appicniiic ijuc son lils \cnail de s"c\anonii- dans sim apparlcnicnt cl paiaissail
elle à la niorl.
Mlle accourt,
pâle, anxieuse,
et \oil le dnc
SiKiialiiic ;iiil<>''i:ii)lio du duc d'Orli'nns, en 171."). ,., .
^ ' ' son lils. les
Irails indlcincnl ddails et a\anl lair iXi' riic. <( Il n"a\oil rien en. » dit-elle.
«upiini r-vanouissenicnt, (pii pro\enoit de ce (pi'cn d(''pit dinie lon\ ahoniinahlo
il a\oit niaii;.''!'' connue un loup elle/ sa fdle '. cl a\oil lin encore da\antai;(',
connue cela se prali(pi<' louinins là'.» |/c\ccllenle saule du dm- d ( hli'ans
lie V,. rcsseidail indleiucnt de ces i'\cès. cl ci'iail ini niallieni-, car il n en
\o\ail pas le daui:-ei'.
hall- II'- premier- teinp- de son poinoir. il -c mil ponrlanl ('neriiiipiemciil
au lra\ail. et a\cc une telle ardeur tpie sa luèiv a\ail pi'ur (pi il n en tomliàt
malade, " lar il ne pourra sonlenir, » dit-elle, " inif ociiipalii m aus-i pro-
lonjft'c''." Mai- le pli l'Iait pii-: il lui lallail de- plai-irs, et \oi(i rc\islcnce
ipie. dès raimi'e 171(1. il mi'iiail an l'alai-- l\o\al. ('."est Saint -Siuioii i|ni lams
eu liace le lai)li>au :
Toiiles les innlinécs ('liiiiiit li\ri'c- aux allairc-. et te- tlitlViciilcs -(ules (rafiaires
aMijciil jciu' jiinr el Iriir- liciii'i-s. Il les cdiuiiieiiçoil seul a\aiil lic -'li.iliiltcr. Mi\oil
du luiMidr .1 son icM'r. cpii ('•loil court el loiijuiirs préci'di' cl Mii\i d iiiidiciiccs
aii\i|iiell(>s il perduil Iteaiiciiup de l('iu|is: puis ceux (pii étoiciil cliar^<'- |iliis
direcletiieiil d'allalres le Ifiioienl successiM-iueiit Ju-ipi'à <\v\\\ lieiirc- après iiiiili.
deux là l'-liiieiil les cliel's des Conseils, l.a \ rillière. liiciilc'il aprc- l.clilanc. (Imil
il se sersiiil pour lieaiicoiip d'i's|iiiiiuia;:es : -ouncuI TorcN pour le- Icllic- de \\\
pi>'»lc; ipii-lipn-l'iii- je niaréi-lial de \ illein\ pour piall'cr: une t'ois l.i -iniaiiir, Ic-
IllilliHtres •'•lliui;;ers, ipielcpiel'ui- Ir- (ion-cil-, t.i iiic--c d.iti- sa cli.ipitlc en p.iili
(riiliiT, ipiand il éliiil l'èle ou diiiiaiiclic. Les preiuiers temps, il .se levoil malin.
I. (:iirrr»iMiiiiliiiii-r ilf Minliiiiii', I. II. p. 1 'i;i.
1. \ii l'nlni^ ilii l.iixciiiliiinrK ou. di-|iui<t m)ii iniirlii^r iimt Ii' dur di- HiTry. Iiid)ilail lu iIucIii-nm'.
a«ii- un Inilii de iii;d'Miii iiiiriiynldc. lilli- iixiil près di> liuil (-culs iliiiu(>sli(|ucs ri nlllcli'rs de tnulcs
M>rl>-« Su ni.ii^iii dr l.i Milrlli', lui lluin de ltiiulii;;iii' (lit Meule d'aliord. pui< la \lii(lli-, la dl-rrélel.
iiu elli- .•! < lu |X'ee idiali-id '«■uteul sVlirenner, élall délieieuseiueiil décDi'ei'.
3 (;..rrc4/«ifii/<i/iir i/c Mnilium-. I I". p. i.'i'i,
V Leltie du 77 ^-pliiulMi , f .
LE PAr.AIS-nf)'^ \ L S<1US 1. V UK(;KNC. K
>f.:
ce qui se ralenlil peu à peu el devinl après inoitiiin cl lanlil. sui\;inl quil .s'ôtuit
couché. Sur les deux heures ou deux heures el (liinic Inul li- iimnde hii voyoit
prendre du chocohit; il causoit avec la conipaj.'iiie. Cela «iuiait si'lori cpielle lui
plaisoit; le plus ordinaire en loul nalloit pas à demi-heure. Il rentroit el doniioil
audience à des dames el à des lioinuics, alloil i-jic/ M la ducliessi' d"t tricaiis. pins
MKL'IILE d'appui
( Époque Ju la Rigciicc )
iravailloit avec quelqu'un ou alloil au Conseil de llégenee; quelciuelois il alloit
voir le roi...
Après le Conseil, ou sur les cinq heures .lu soir, s'il n'v en a\..il point, il n'étoit
plus question d'aiVaires; c'étoil l'Opéra ou le Luxemi)our,i'-, s'il ii'x avoil élr avanl
son chocolat, ou aller chez M"- la duchesse d'Orléans on (piehpiefois il soujx.il,
ou sortir par ses derrières, ou faire enher eoinpa-nie par les ni.-n.es derrières,
ou, si c'étoit en belle saison, aller à Sain! (.|n„d ou m danhvs .-auMia-nes, lantôl
y .souper, lanlôt au Luxembourg on ebr/ lui. (hia.ui Madame éloil à Paris, il la
voyoit un moment avant .sa messe. H (luand .llr .'loil ;. SainI Cloud. il all.ul ly
voir, el lui a toujours remlu beaucoup de soins .•! de respecl.
11 aurait fallu .pi'ii v eùl, à ce M.umc.,1. des frlc<. .les r.V.'plioiis ..llicielies
au Palais-Koyal, le n.ouv.Mn.Md p..!ili.pi.> -lu.- .•o.upoHail la silualion .lu
Régent, elqui en aurait fait la Nérilal.ic cour .le l'ra. ..•-■. Il us rn\ nm .!.■ luul
cela. Comment la .Im.^Ii.-ss.. .l'Orl.^aus aurail-.-ll.- .nuM-nli à .in.p.^^.T la lali^ue
et IVunui (le tenir un.' .-..nr. .■Ile. si in.l.denlo. .p.i se l.'vail lar.l. .e o.uel.a.t
3tiS
i.i: I' VI. VIS- m >^ VI.
iK- IddiiH- liciiic. pivlfvlail loujdiiis di-s iiii;:i;iim's, s"i'\il;iil IdiiIc toiM'C, et
niiviiil iiièmi' ]m\-^ le coiira^n" daccompii;.'!!!'!- sa Ih-IU'-iik-ic jus(|ii au (ninriil
où .sa lillf. l'alilii-sse de Clielk's, |iiciiail le voile;' (jiiaiil an Hi'piil. il ne se
souciai! ;.Micif imii plus iriine vii- qui lauiail |tii\é de la juie d"é(liap|)ei- aux
all'aire^. le suii- venu, apiis une journée de ie|ii(''senl.ili(Mi. lui qui iiiiMiTait
lie preiidie ;i deux lieures, ((iiiiine preniier repas, au
iiKiiueiil oii (nul le inonde dinail. qu'une simple lasse
«II- elioeolal pour èlre plu- \nl lilire el pouvoir mieux
souper a\<'e ses l'ainiliers, ses niaiiresses el si's roues.
I II seul repas par jour, pouivii cpiil l'ùl h liarrieadé »,
(" !• dll Sailli -Sinioii. dans >cs pclils appailenienls
du Palais- Koval, avec dt-l'eiise si rormelle de le deranirer
ipi'il elail innlile d'essaver de percer jusipi à lui. inèuie
pour les all'airi's i. qui auiaii'iil le plus dan;.:('reusi'iiienl
inl«'"resv|. |'|;i;i| (m ^..i |iersonne ». ( ie ne lui doue inie
l'are e\eeplioii >i, dnranl la IU';reiiee. s'oiiv lireiil les
glands .'ipp.'irleiuenls du l'alais-Koval 1res S()iii|)lueuseiiiinl niriiMi- il qui
rureni iiidiellis a\e.- laiil de di'penses. La visile de renquinii de lUi^-ie. l'ieiri'
lediaiid. l'ii 1717. cilles de ipiehpies ainliassadeiii -. loiiiiii. M. In niel - l'.ITendi,
011 M. de K<eui;.'-reck. en i7>i. ou hicn le- l'rlcs doum'-es lors du iiiaiia;:e de sa
lilli-, M de Monlpeiisier. avec le liiliii roi d'INpairne ( ■> 1 noveinlire 17>II. el
auxquelles assista le jeune roi Loui- \\. Iiiivnl îi piu près les seules occasions
ofi le i'alais-l^i\al prit n'-i-ll. 111(111 des allures de cour. I.e resie du l.iiips.
quoique la société \ l'ùl luiilanlc-, assiireincul, el noinhreuse. c'elaieul loiijours
inènies visap's et luéuies liahiliides, sans friands dîners, sans hais, sans ce
cén-iiHMiial. .1 uol. qui avait lait le ;.uaml ecl.il de \ cisailles. Si la
(iuclii'ssc dtilleans. ain-i (pir l- dis.iij M.id.nni'. ne savail viviv ipii' connue
lliif ilucliesse el non coiuiui' iim- primess,- du s.inir. if Ui'p'iil. lui ui>u plus.
n'avait pas l'exisleiicc «le s.i liaiilr silu.iliou.
\ part qiielipies évé<nenienls |ioliliqui's qui , n. i.nl di' liiiips ,1 .iiilrc
un rerlaiii liouillonnenienl auloiir du l'alais Hoval diiraiil lis Imil aiuiees de
In Uép-rue (citninie l'anivé-e en corps du l'ai I. iihiiI. l'allaiii- de la 1 oiispi
rnlHMi. etc.). Mil certaines circoiislaiii rs p,u liculiéres (le sacre du cardinal
Oiilxtis, par i-\einpl<-. qui donna lieu .'1 un dîner olllciell, les lails liis|,,| j.pics
«IkiiI le MHMIinnent fui le llié-àlri'. se |)i»nielil donc ;i p<u de cliose diiianl c.lle
|M-iiodr. l.«-n .Hi-uls qui oll'rinl un inti-rél se r.ippoitenl .lUx disiudies provoqués
par lii lmui|Ui' de l.avv. On s;,i| , ,. ,^^u■ |,,| , .• linaneiei pour I. due d'( Irlians
cl ciiHunenl son <»)<<lèine loin na un nionn iil loiij, > les lélis. Il n v .iv.iil
iH-r-oiin. p,iii..i I.., s,.,-^i|,-ii|-.M du lU-j^eni. .m l'.dai- lloval. qui ne voiilùl
LK PAI. US-H(t^ AI, SOLS I,A HiaiKNCE
suz^^^E extkb les iieux vieillards
lT.>Mwu Je l-.,nc;cr.nv Galcnc du P.ilaîs - Roy.,1 J
pnililcr (1rs ri'l.iliiiiis du li;iiii|iil('r avec Iciir ni.illic |i(tiir s'i'iir'icliir. Les plus
^'■laiiilr-. (laiiir-- l'aisaiciil iiillli' hasscsscs |iniii- làclirr d a|i|ini(li('r sciilcnu'iil
l'Iloimiir (liiiil elles alleiKlaieill la l'ollmie. 1 .e li\ell lui letlilile. (Iliaild
le l'ai'ienieiil eu! di-crc-h' Law de [irise de i(ir|is, le peMple exaspère se decliaîiia.
I,E l'AI,AlS-nO\AI.
I.i- 1" jiiillfl I7'iu. niR' r<)iilf L'iiuiiiR' SI- |iit( ij)i(,i ;i la l);m(|ii(', il il \ cul dl\
ou «lou/c |u'rsouiic's t'tnullï'i's.
On |i(.il;i liiiiiulliiaiiiiiiriil trois ilc fcs corps lumls à la poric tlii Palais luiyal.
iiii le peuple ^tiultiil ciilrcr à «^'rands cris, dil Saint-Siuion. Ou lit proiiiplcnicnt
marcher un tlélaclionienl dos cnmpafruics de la (iarde du mi aux
Tuileiies. La \ rillièrc cl Lehiauc iiai'auj.nièreul séparéuicul ce
peuple. Le lieutenant de prdice y accourut: on fil venir des bri
i.'ades du ;:uel. Ou lit après euiporler les corps uiorls, et par
di'iiceur et caj<deries ou vint à bout de renvoyer le |)eu])le, cl le
di'iacbenieni de la (iarde du roi s'en retourna aux Tuileries, .^ur
11- dix licures du matin, ipie tout cela fiuissoil, Law s'avisa
• daller au Palais- Koyal : il reçut force iuiprécatituis par les rues.
.\I. le duc d'Orléans ne ju^^ea jias à propos de le laisser sortir
Je. I <, m:. gt4,cc») ,|j| Palais lloNal, où, deux jours après, il lui doruia un logement.
Il renvoya son carrosse dont les j,'laces furent cassées à coups de pierres. Son logis
lut allai|uc aussi a\ec ^'rand fracas de \itres.
f!ellc invasion du l'alai-- Hn\al ne donna pas à nllé'cliir au l\('i;cnl, tiui
conliuiia di- \i\i(' coiunic il lai-ail Iniis les jours. Iia\aillaid jiiS(|ii'à ciii(| licuivs
cl lonsacranl le reste de la soirée à ses roués.
Les faineuv soupers se donnaienl an l'alais-Koval. dans les pelils appar-
lenienls situes an rez-de-clianssé-e de la grande ^^•dori(• (|ui lonjjcail la inc
Iticlielien. I.a ciinipa;.''nie nt'-tail |)as l'oil iiond)rense. mais toujours fort
élran;re. ilil Sainl->inioM : daJMud le- mailiv-ses du
he;.'enl. ipi.lipic fol-, une Mlle de rOpi'-ia. souvent la
dncliesse de l<err\ (|ni, ;i sa propre lalile, ne dai;,Miail
accueillir (pie des princes du san^', cl «pii, l;i, acceplail
une pareille pioniisenile: i-nlin. une don/aine d liom-
*>. lanl.M les uns, lanl.M les anires, «pie sans façon
\f prince ne noiuinail jamais aidrenu-nt (pic ses
rowr* (ili<.'nes du -iippli( e de la lonel. Celait Hro;,die,
Taillé de celui (pli inonint mareclial de l'raiice: Noce
et (plaire on ( inij de se- idliciers, non de- pieniicrs:
le du. de nraiicas, (( la ( aillelle ;:;ne: .. Canillac. .. la ,aillelle triste:., le liean
l-'arp-H, Im l-are. (ionlaud- hiron. cic. M- ,],■ Paralure. la « snllane-i eine ... ;i
|inrlir de 1717. (pie le Hép-nl noininail -on «petit corlieau noir ■■ ipiaiid
il clail iiii |in>iiiier \erre de ( lianipa;,'iie. et -on ..gigot., au d.inier. faisait
miinelll les lloilliclirs.
l'ai mi la foule, deo 1 liaiisoiiH et les libelle- ipiou f.iisail conrii .ilors
(ijollcction des pierres f;r4V^cs)
L APPLICATION DU IIEGENT ALÏ AFFAIltES
Gravure poriilairc (Biblii>tliù<)nc nationale. Colleclion Heiiiiiii)
g-q I.K PALAIS- »OY\L
>iu' «l's («r^'ii's. je n'en cilcrai i|ii'iimi' pour- iiioiilivr à (|ihl Imi il.iil iniinti'-
l'i-spril sulirii|iii' :
riiili|i|H- o>l iiii jiili gaii.-on
(Jui se soûle coiiiinc un coi-lion,
1^ soir, a\ec la l'aialièrc.
Ijiiic la, lairc Ion laire!
Sa n^rosse lille est du tiio.
Elle joue la niaf:ni magno
Avec son propre père.
Laire la, laire Ion laire!
I) aulro- Iriiiiiii- M ii.iiiiil aii-'^i. la iiii(li('>i-;f de (îcwros, di^-ru» t'pdiisc du
"Oint'riH'iir lit' l*aiis. ipii. iii niar-c du |ii(i-i anime des l'êtes de jaiuier iy>i.
écrixail : << H<'aii<-.>iip lu. ire: » \l d"\\eiiie-. \1 de Saiuaii. el le^ Mlle- de
l'Opéra, l-iiiiilie S..iiii<, la petite l,(i<>\'. etc.
I.a chère i'X<pii>e, ilil erieore Saint Simnn, >'a|>prèloit dans <les erMJnnls laits
exprès, (le |)iaiii pied, dont Ion- les tisiciisilcs éloit-nl d'ar),'ent: in\ même- mettoient
souvent la main à l'ieuxre a\ee lo> eui-iniers.
llii ,1 Ml pin- liaill le ipi'a dit le Mis du peiiilie De-pnries à ce •«iljet.
,.| ,|,|e je Hii:eiil -e pii|liail iili-Mlèiiie de eiii-iiiei- eeilailis pl;it<. ( diaiid on
aNait liieii lui. ipiMii el.iil liieii ('•eh.inlVe. i di-nil de-; ordiiie-. ;i '^m-fr^
dt-p|i>\<-e — e'e-t liinjuin- "^aiiil - Simnn ipii p.iiK- — el de- im|iiélés ;i qui
mieux mieux: "l'ii ^i' mnipiail des miiii-lie-, un se laci ailail le- -«eaiidales cl
le- lli-lc'ile- le- plu- ^'ia\ elell-es, tiil liieii même nli -e diMm:iil de- lepiê-sen-
l.'ilintis rxniipie's de t.ilileaiix Nivaiits. I.es iliroiiiques eiiuleuipiuaiiies ikuis
oui couscrxé la ileseï iplioii du Jii<^i-niinl tir l'iiiis. re|»ivsenle d"a|)iv- les
biis-i-i'lii-rs iin(it|ui'H a\ee un ii-alisme .ilisoln pai .lnn«>n r.n.diêie. Nenii — lieiix
«•l Miiieni'-il" \venii's'. Dans >es iimIIs uii piii linp a\eulmenx'. Smilavie
nironle que skum-uI. peiidaiil le- fe-iliiis. ou flei;:iiail les hoiiiries. el tpie, le
ilur il'C >rléJUiH plaeaiil «les ILuiiInanx allnnus dans une aiiuoiie disposée
il cet ellel. eu oinrait toiil il l'iuip les deux li.lll.iuls, de\oil.ilil ailisi eu llll
iiiHinill <i (Ir ;;nili)ls sériels ii la (•oiiipa;.'iiie ». |,e U«-;,m'|iI ii'elail pas dillieile
"♦iir II* rluiix ili* ses iiiail|-i'H.H(>S, c'esl-ii-dire celles qu'on poiiirail appilei de
rinuii<«ljiiice, car M~"* de ParalM'ir el de S.ilir.iu el.iieiil exliêiueiiieul
jolicH, «l'iiiinil (|iie les datiM- -oieiil de Iikiiiic limuiiii. (pielle- lioi\eul
ol liinil|,i'llt ^inilùiiieul. ••! qu'.lles -oient li.iiehe-. ell,- ii.inl pa- he-oin
irnvoir «Ir la iHraiilé, » dit Madame, qui. d.iii- un aiitie p.i— a;.'e -m le mênn-
1. < •■'■' •'■■■' -■ • ■•• '"•■
, I ■, 1M7V •» vol . ' <•'■ !»• i<it-*«5.
iMv-iKi'^M. SDis I. \ ni;(;rN(:K
sujet. (■•«•lil ciicoiv: .>.lc soiiliciis :\ mou lils(|U(' (k- sa vi<' il ii",i ('lé aiiiouivux
ft eue -ou auiour iir cousislc ipic «l.ui- ht (h'IiiMiclu". Il ic'|iouil : «Il est \rai
» (luc je ur siuuois rliv un Ik'tos de loni.i |Ki--ionn/' roiuuic Céladon,
„,„,n. j-aiiu.' à uia n.o.i.-... .le .v|.ou.h: .. \ol.v dr .-1 ij-.illcr .■oiniuo à vniro
l'cii.t r-ir Ai.loinc \Vj
Gr.nO p.ir J. Coicliù
Li; IIAL CIIAMPËTnE
partk- lie l'ancienne Galerie du'Palais-KovAll
» fliaisc ])OiT(''(' 1). Il lil loisquc je lui dis f(>lii'.n Am'c lui, il lallail (juc u loul
allai t;unln)ui- hjillaiil", sans la uioiudrc izal.anloiic. L'ii .jouf. cela lui coula
clici-. il di'siiail \i\iuiiMl M de L;i Koclii'l'oiic.iuid. dil-oii, la i'cuunr
d'un des ollicicrs de la duchesse de HeiTV. Celle-ci, plus iilierliue encore
(|ue le Ué'renl, altire celle diiine ;ui Luxembourg, ol, pour eu lacililei- la
prise à sou père, la i('u\erse piu' surprise eu iiri'ièrc. Tandis qui» la vidime
récalcitrante se di'liai. la poiule Mue de sou soulier atteint le prince à Id'il.
C'est ce que Ducio- .ippillc un coup dCxenlail . Le duc (LOrléims n'eu l'aillil
|ia- moins perdre ccl o'il, e| en sonlTril lon^;li'mps.
I II l'ail i-emar(pi,ilili\ loiis |cv memoi iall-le- l'ont couslali'-, — c'est (pie,
diiiis ses or;jie>, ipiel <pie lui r('lal d'i'lii ii'le t\\i prince, j;uu;iis il lie s'ouliliii
I. ('.iirrcsjiiiniUini-c ilr Minluiiir. I. 11. p. 2;>'i.
a. l>ucLi>s, Méiiiiiiri'H. I. I'. p. 117
T. I. LE PAL*IS-nOT»L. 35
.,y', LE PAI.AIS-ROYAI.
jusqu'à laisser riou savoir du '.'■ouNornemciil <l di-< ;ill;iin-s à ses lour-^ ou à
SOS niaîti-esst'S. C'csl fiicore un avantage quil ( ul >ur Louis \I\ .
Ses maîtresses, a dit fort juslt'in.iil M. ilc Lcscure". il ne les a prises à per-
sonne, et il se les laisse prendre volontiers; il les entretient lui-même et ne les l'ait
pas entretenir par la nation... Si le Palais-Royal est ouvert à ces joyeux convives
des deux sexes, les Tuileries leur sont à peu près fermées. Le Régent ne soullre
gut're autour du jeune roi que celles que leur naissance leur permet d'approcher. 11
installe M"' de Tara hère à .Vsnières, M"'" de Sahran à Sèvres, M""" d'Avcrnes à Sainl-
Cloud. Au premier grognement de Dubois, il s'enq)resse de renvoyer cette dernière
de Versailles où elle s'est glissée.
(i'csl à M" <r Avcriics, ipii sut<(''(la à M "■(Ir P.iraLrn-. que l'Iiilippc d'Oili'ans
donna nue gariiilun- de Loulous de rolx' de plus de inn.ooo livres. Ce n'est
là qu'un e\cnq)li' entre ceid de ses largesses, car il savait donner non seulement
à ses maîtresses, niais à tout le monde, et en toutes occasions. A Voltaire.
il envova, eu décendtre 1717. «en considération d'une liagédie sur le sujet
iVdùlipf. ■! une MH-dailIc d'or du prix de 700 livics, représentant d'un cote lo
portrait du loi, .1 d.' l'aulrc le sien. Le piincc allail-il à (piel([ue cérémonie,
à un Laplème, à un mariage, c'était poiu' lui encore pn'ievle à cadeau. Au
mois de seplendtre 1717, ayant lerui sui- les fouis iia|)lismau\ le lils de l'andjas-
s;nlriee M"" de UiLeyra, il olViil à la mère une paire de Loncles d'oieilles de
l3,oo<) livre-. Il est \i;ii (pic. dans ce cas, c'est le trésor roval ipii payait,
ronune pour la |iaruie de i7i,(i.'io li\ie-; olVerte à sa lille. M"' de \aliiis, au
moment de son mariage avec le dm- de Modèiie. Le duc d'Orlc'ans a\ail. poul-
ies prés4'nls non ollieiels destiné's prinripalemetit aux dames, une spécialili'-. celle
des tabatières peintes de sujets plus ou uioiiis scalireiiv, <pi"e\('cutail pour lui
le miniaturiste Kliugter, (|ii il sil.iil allaelie ,'1 cet ell'et. et donl les xènes
erotiques eurent une vogue inouïe. On l'appelait le Ihipluu'l t/cs tabalirrcs.
D'autres hoîles, ornées surtout de portraits en niiiiialure p;n- linickiiiaim,
Duvigeon, Mounliu, (ilialillou. de L.i Moissière ou \ilaiid. de- iioidioiiiiières
en nacre, en liurgau ineriislé de jaspe ou antres |iierres dures, étaient joiniielie-
ment (li.Hlril)uéeH aux .-unis et aunes. Mais il y aurait trop à dire sur le < liapilre
lies géiuTosilés «le Philippe d"( )rlé'aiis, et il faut savoir, quand il -agit de
celle époque, (pii a fait surgir tant <le chronicpies scandaleuses, puiser avec
«li<u-enieinenl el prudence <l.'ins les innoiuLrahles .inecdote-; dont le- iin'nio-
nali<tte<t «m- sont fait les é-clios plus ou moins \('iidi(pies.
I. |)r l,r.«ct'iir. I.f* tIaUrtu** tUi UfijenI, iH('k>, Iii i». |irôfiicc, p. wi
I.K !■ M. \IS-H0Y \l, SOUS I,.\ IIKCEMIE
LES |;\I,S |)K I.OI'KUA
Il .iiiivail soiucnl (iiic les soupers du Hégoiil se fcr-
iiiiiiaii'iil |);ir riiruplidii des conxives a\inés aux bals de
' r()|H'r,i, (liml la ^^raiulc miiiiic ci niiiiu'niail . ( )n na\ail i|ii(>
^v, deux pas îi l'aire, car celait, couune cm le sait, dans la salle
^^>^|k coiisliuile [)ar Richelieu qu'ils se douuaienl.
r**^ Qu'était devenue celte salle depuis la mort de Molière.^
vj^ / On a \u que Lulli eu avait demandé la concession et (pie
/ le rdi Louis \1V Lavait accordée gratuitement ii son l'aMiri
/ A*"' J italien. Dès lors, LOpéra, appelé Académie royale de niu-
sifpie. (''lait <le\enn institution diktat et ne |)avait plus de lo\ei\ Le hàti-
MKMit a\ail di'ja snlii plusieurs niodiliralions depuis roi'igine. Ln ili'iy. |)onr
la re|iivsen(ali(in de IVV/io. Mazarin changea légèrement la disposilion
tle la salle. Molière lit davantage. Connue le théâtre n'avait qu'une entrée
débouchant directement dans le Palais-Royal, il ferma cette communication
et o\f\n sur la rue, ou plutiM dans le cul-de-sac (pii s'oinrail sui' la rue
Saint-llonor»', un escalier droit dont cliacpu^ paliei- donnait accès à l'un des
trois étages de la salle, lui outre, il di\isa par des cloisons les l)alcons
superposés occupant le pourtour des nnus dans l'intérieiu' île la salle, de
façon il former des loges. Le plafond de Lemaire, (ju admirait tant Sau\al,
avait disparu et était rempiac(' par une modeste toile bleue, maiidenue |)ar
des cordagi's. pour- niasipiei- la toiture de charpentes. Molière lit refaire nu
plafond pour la repr(''sentation tle l'si/dic, en 1(171, et éle\a le niveau de la
scène pour la [dus sinqjle des machineries, telle que jeux de trappes ou
descente de décors.
11 augmenta aussi la scène dans le sens de la profondeur, en abattant les cloisons
du f(jn(l ; les dejrrés formant amphithéâtre lurent couverts d'un plancher (jui devint
le parterre debout...; le fond de la salle, seul, resta en amphithéâtre à gradins. Sur
la scène fut ('lahli un sy.-jlème de charpentes destiné i\ servir de point d'aiipiù aux
machineries ri aux hues des pièces à grande mise en scène, connue \/i<lniiiir<le et
l'syclu'. Daii^ la >alli\ cnlièremeiil repiinle et iiiise à neid', on réscr\a dexarit le pai'
terre un cndriiit ininr un (mlicslrc de ddii/e \i(iltm^; cai', aiiparav ani. les niii-ieiens,
eonune les chanteurs, s'étaient Idujours tenus dans des loges grilli'es. eaeliei's aux
spcelateuis'.
Mais ces t ransjurnial ii m^ dincnl Tire encdic bien pins considérables quand
Lnlli vonlnt in^lalier l'Upei,! d:iiis ccllr ^alle sj pen laite [xinr les grands
I. (ieiiDiiiii IIaI'M, l-^siii sur rilishiirc (lit rin'dlri-, iHii;;. iii-S'. p. od.'i.
3-6 t.E P\I.\1?-R0YAL
chau-ri-iiu-nls il.- .k'f..rs ([u\-\iiLa-iiil 1;. Mia.liiiiiMi.- df |)liis fi. plus n.m|.li(iiK'v
«les lialU'Is. Ave- son assocu- Vi-raiiiii. la.lif Liilli (Iciuauda. .11 id;.). au
fonli-.Mi-ur -irtMu-ral ilos hàlinit^uls, tlo icuiplaccr t-ucoiv uui- l'ois It-s [)oulios
(lu nlaloiitl cl l'('-laij.'issi'uu'iil iK' rou\erluiv do la scène. Désonnais, ^ igarini
nul sf «lonuii lilii<- cairit-re pour ses composilions de décors, el Béraiu. (pii
lui succéda, eu iliSo, coujt)iut('uienl a^ec Kousseau. connue décorateur de
I Académie de nui'<i(pte. eiil loule liberté d'inveuler K-s souiplueux palais el
la li;.'uralic«ii il- ( lianips-Élysécs iiutiu admira <laiis ro|iera de Pii>si//)ine.
Néaiuuoius, eu dépil de ces divers embellissements, la >alle iii'tait ni
bien connuoile ni bien C(i(piette. (le n"esl qu'eu ly.'x) ipi Clic de\ail sui)ir
fidin un nfl|.i\a::i' cnmplrt. Telle (piflle \ieiil d"ètre déi lile ceiieiidanl. (-"est-
à-dire assez. send>lablf à ce (pie [leul être anjourd liiii le plus pau\re de nos
Ihéàtres de proNince, elle abrita les célèbres bals mi^ipio de la lléj^ciK c ipii
laissent ilan- rima;:iualinn ou ne sait tpielle iKimpeu-e ima^^c de splendeur!
i/idee de ces bals appartient au ebevalier île Uniiillon et \alul \\\\\' prime
tlo (i.ooo lisres \\ l'auteur de eelti' liouvaille nii peu impre\iie de la |)arl
d'un ue\eu de Tuienue. I!lle pril nai-.>ance dans le besoin île se di^lrairi'.
dans la soif des plaisirs dnnt la Irauee était di'-jà de\(iree bien a\aul la mot!
de Louis \l\. Leuionlex ' nou> en doinie la j:-euèse dans les lii^nes suivantes :
Vax lyii'i, i>ii iiiia;:in.i île laiie l'.dirii|ui'r des niasipies de eiie ipii res>euililaierit
parraiteinent .'1 plu»icur* pei-.-unnes de la cour. Siu' ce preuiier niasipie, on en
altaeliiiit lui siM-nnd de pure laiilaisie, el ensuite, dans le cours de la lète. on teignait
<ie soulever ce dernier, et ou niuntrait lurtixeineni lui visa^^> d'enipi mil ijiii li'i>Mi|iail
les curieux. On abusa, dans les bals île la cour, de ce stralaj,'èMie pour i umnielhe
d'iMlieuses noirceui's.
< )n a tiiip iin|iuli' \\ la lti'';.'euee l'iinlialiNe de la 11 >rrupt ii m des mo-urs.
i|ui, i-n bonne justice, remonte .m re;jinie pri-cédenl. Depui-» |iln^ienrs années,
la nuale enlrain.iit l'é-lite de la coin- et de la ville aux juni->-;iii( .s de la pioiue-
iindf iirM'Iurne t\\i ( ..(ui s- |;i - Heine, i.ii ^e piiiilui>-aient, dan- le mvstère de
l'onibn-. plus d'un scandale. Le mi moiibond .lui oblip- de di-feudre ces nuits
elTroulécH. tpie la Ki'p'uce n'a pi>inl siiipa>-sees .. '. Les bals m.isipies -ont venus
lie Ih.
(;'e«»t eu jau>ier 171(1 ipi'ils furent inauf.'Uiés. Ou v appliipia y\\\ la
|iri'uiièn> foi.s le s\*tlèuie iu\eule p.u- un reli;:ieu\, le hèie NiioLi- ;
\u UKiyen «Ir celle iuii< Imuc, dit um- >,M/etle du ti lU])- •. un l'Iève du p.uliire au
iii%ran du (lirAlrc un piaiulier fuit etprèît, ce qui lonm- mie niiuvelle salle si 1 liaui^i'e
li.-^tn.y. 1. Il, p. .1i.^.3i.'i.
• •• ' '■ - |>.ir In roiiilr K. in liiiuiiiMMi. i>>;, in-i.S, |). '|i(.
■UOVAI, SOUS l. \ llKOlCNCiv
qu'(jii ne rccoiinoît plus celle do l'Opéra, si l'on excepte les loyes qui l'csiciil. Il \ a
7 luslrcs clans un des ft)ii(ls el 7 dans l'autre, outre plusieurs girandolles, (|iii Imil
mir iiliMuination de bouj^ies parfaite el telle que le moindre endroit est éclairé.
Il \ ,1 i."i violons à un banc et i.j à l'autre; des f>-ardcs en nombre de toutes parts.
L'on duiuie un écu courant, cl si l'on sortoit l'on ne pourroil rentrer qu'en
donnant un antre écu. L'onvcrtinc se fil à 1 1 licnies, et le Héji:enl avec le duc
de Noailli's \ \iiiicnl vers une Iicimc : l'un dansa Jns(prii '1 licnrcs fdrcc conlrc-
danscs r|iij «diiI à la mode, le menuet, la coui'anto, la gavullo cl aidics anciennes
dan>cs n iliinl pn>i|nc plus de saison. Son Altesse dansa par deux fois; l'on a
obser\('! (lu'il un avoil pas hcaiicdiip de dames (pii. >iir la (in, ne itsiti-ciil pas plus
a-jS LE PALAIS-nOVAl.
de 8 ou lo. 11 > iiiUa envirnii 3(io personnes in luiil, ce iiiii ik' liiil ^uire ijuc
i.'ioo livres, et la dépense \a par jour à plus de 800 livres. 11 i\'\ a aucune place
de dislinctiiin. ciiacun occupant celle cpiil trouve vide; ce divertissenient, s'il
subsiste, ne durera que juscpiau carême et non toute l'aïuiée; on \ trouve des
rarralehisseuienls pour son ar;:eMt.
Le succès de ces bals masqués ne fui |)as loiil ;i l'ait aussi ^nand sous la
Héj^eiice qiio pourrait lo faire croire luul ( c <|ui 111 a élc dil. Drs Ir diliul,
inaljîiv l'attrait de la nouveauté, les eMlicpiciifurs ne n'ali^irciil [>a> iiièiiie
Il in> Irais :
Les cométliens |)erdeid plus de '|oo livres à chaque bal, dit une };azetlc de
janvier 1717', tant les frais sont firauds et par le peu de monde qu'il \ vient. La
dernière fois, il > eut des heures entières nù il ii'\ axoit pas G personnes entrées.
Ln mas(pie plaisant, élaid seul au milieu de la .--alli'. s'écria lomme un fou : \u
voleui! A quoi la j,'arile étant arri\ée, il ilil (|ue ilaiis la foule on lui a\oil volé
sa hour>c, et il éloil seul.
La picmière année, le duc d'Orli-ans s'y rendit assez fré([neniniont avec
la troupe j()\euse de s<'S roui'S, sui'toul Noce-, qui ne le (|uiltail ^nière, et dont
l'c-piil priuicsiuiliiT lui |ilai<ail. Ttiu-- (li'ii\ -«"\ niciiiliaiciil h <'ii pdinic di' \iii lui
peu outrée », se permettant « de grandes lilierti'S en paroles et eu gestes auprès
des dauK's ». (Irl.i se ii'qu'tait pai' la \ille. cl le [.ircslii^c du Uégeiit <"(>nnn(Mu;a
il en être fnil diiniriui'. (!r fui hicii pis (|iiaiHi 011 \il a\e<' ipicl sans-iacou Sou
Altesse y recrutait les beautés faciles, la jinuc dlllcc, \i\c ri ^lùv. la |ulili'
Lsé, etc. Tous les libertins, pour suivre un Ici c\rinplc. s'\ doiMièrcnl hiciili'il
rendez-vous; maison se lassa assiv. \ile, à ce tpiil Miublc, do ce plaisir, l Wi'
nuit, la duchesse de Herr\ s'> ri-ndit : c'é-tail i-\ï jan\icr 1717. l'^llc > rci ul uti
all'niid (pii dut piipier au \if son iiicouunensurable oi';:ucil :
I M iillicicr ivre, qui ne la counaissciil pas sous le luasquc, en l'abHrdiuil, lui dit
qu'elle avilit une lielle puii e de léliiu- (I ileruaiida s'ils étnicut à Vendre. La piincesse
!tur cela lui dit :
— Me connois lu bien, masque?
— Oui, je te connois.
— Ht cpii Mui» je?
— La plut faraude p de l'.iris.
I n niiii de ce brutal, s'avunçanl, le tira à pail avec peine cl lui dil (|n il pailnil
il M"' de lierry, ce qui. lotit pris de vin qu'il élnil. l'élouiilil si Imt qu'il s'éclipsa
vl diRpunit. (loiiiiiie tout Paris coiinoil suii imui, il est à croire ipn la priiicesvi'
im l'ignore pii>i et fuit leiublant de n'en rien savoir, ce ipii i s| |i,iii.u\ |>iiiir
rintnlenl '.
1 i.-i-.flle dr U» U^jf !>•/■. l'ilil (m Ir 1 1, i.i \: .,,.,., ,,
p. i3&.
i.i: !• \ 1. V is-u(>-\ \ r. SOIS \.\ ni:(i kniik
•<79
Les iiiÉ'iiiiiirrs (lu Iciiip-. cl Idiilcs les cliit Hli(|ll('s sc.iii(1;iI(M1S{<s SOlll IVlliplios
ilaiiccdolfs sur les l);ils de rn|i(T;i : il n'\ a [i.is lieu ici ;i (It'voloppoincill.s sur
t-i' sujet. Le Rc^cnl s'en (li'i:iiril,i .isscz \ili'. \ii linul <le la Iroisiènu' année,
il UN l'aisail plus (|uc de rares appai ilions. A la ileuiande de sa nièi'c, il n'y
seiail nicine |iius aile du hiul, si la duchesse sa l'ennuc — chose élraniie —
lie \'\ a\ail ellc-iuciue iuiili', soiis prék'xli' (|ue, s'il s"a1)slenail coniplèlcnieMl ,
on croiiail cpi il avait peur des assassins. (J'élait après la conspiration do
CcUainare. Néainnoins. lo (hie d'Orléans u'\ montrait plus (renliain. Sa lille
hien-aiin(''e, la duchesse de Herix. inie l'ois luoile (juillcl 171])!. il seinlila cdnune
ini corps sans ànie. Il n"a\ail plus de ^nùl à ricii. Dès ce UKiuienl, au diic de
ses inaîlrossos, c'clail l'honuiie de neii;-e... au d(''^i'l. il aMiuail à Sainl-Siinon
n'éprouver nul attrait à aucun plaisir. Daulre pail. on polili(pie, il n'avait cpio
déeei)lions. In invincihie ennui le niinail. I.a inml était proche. 11 s'y laissa
aller, refusant tous soins, comme on \a au suicide.
I.A FAMII.I.K nOIll.KASS HEl'l 1» IlESlll IV IVSQV WX EXI-ANTS DE l'IllLIPPE • Kr,»lITK
(Vignclte de SainlAubin)
■r. g
\A o
Les dettes du Iléj^'eul. — Exemples de sa Bénérosité. — Dépenses (lu'il fit iiu Palais- Hoyal en roiislrmlions
nouvelles et en embellissements. Ues architectes qu'il employa ; Oppcnordt. Carlaud, l-egrand et Louis Ju, —
Le Cliàtcau- d'Eau de Uobcrt de Cotte. — Histoire de la collection de tableaux réunie par le duc d'Orléans.
Ses premières acquisitions; interminables néffociations pour l'achat des tableaux provenant de Christine
de Suède. Comment ces chefs-d'œuvre furent amenés en France en 1711. — La collection des médailles formée
par la princesse Elisabeth -Charlotte, puis augmentée par le duc il'Orléans. Œuvres principales. Prix auqviel
elle fut estimée à la mort do ce dernier. — .Vrgenterie du Régent; comment l'emploi en était réglé au
Palais- llojal. — Les tapisseries; comparaison de leur estimation de 1701 à 173;!. — Description des appar-
tj'menls; meubles qui décoraient la chambre du j)rincc; goût de celui-ci pour les tentures rrnmoisi. — Le
salon d'Oppenordt. — La Calerie d'Énée et les peinluns d'Ant. Coypel. — Li's écuries du Itégent ; nombre
et prix des clie\aN\, luxe des carrosses, etc.
M,(;iti': tous SCS i'cm'iuis, le Kr^ciil laissa, à sa iiiorf,
liiiil millions et demi de ilellcs. (le délail, assez inattendu,
(■laiii donné le cliiflre eolossal de ses revenus, m'est fourni
|iar une note manuscrite de son chancelier d'Arj^enson,
( sci'\('(' :i la nil)liotliè(|iie de l'Arsenal', il cesse de
711' 1--1 ■ i-ii,^,--TT Mil |i!viuliv (juaiid Mil \iiil avec quelle n:éiU'i'osil('' le duc
(r()il(aiis traita coiislaiiiiiiciit les membres de sa l'amille, ses amis, ses ser-
viteurs, ses maîtresses, cl (|u"on pense li tinit ce ([ue durent lui coûter ses
t. Kilo est inliliili-e : /'(inW/ck </<; lu siliKitinit i/c tu iiKiison dOiiruns. dit I" janvier lîi'i au
I" janvier IT'il. I.o coriito d'^rgcnson. au moiiienl de lodor sa cliarKC à son frère, teiiail à élalilir (ni'il
avait su l)leu administrer la fortune de la famille d'tjrléans. CL »ibliollu''(lue do rVrsonal. Maniisrril.
I.E PALAIS-HO\AL.
aSa LE PALAIS<-KOYAL
acquisitions incessantes de tableaux, d'objets trait, de meubles, les cdiistruc-
lions qu'il lit élever, les embellissements du l'alais- H(i\al. culiii son tiain
de maison >éritabl('ment prodigieux. Avec son eaiaclèiv faible et à tel point
déboiuiaire. dit Saint-Simon, qu'il était incapable de jamais opposer un refus
à une demande (|uelr<)iique, il comi)la de hiciifails Ions ceux (pii l'appro-
chèrent. Sans parler île ses lilles, qu'il dota royalement, de sa fi'unne et de
sa mère, aNanlagées par lui avec magnilicence, il sema l'argent avec la plus
prodigue insouciance dans toutes les occasions (jù l'on lit appel à sa bourse.
Madame nous a|)[)rend, dans sa Correspondance, qu'il donna udes millions» à
son ami .Xocé. 11 lit également des largesses à ses autres roués. IjOrscpi'il eut
la concession du canal d'Orléans, ce fut une ineroxabli' dislrihution ilc rentes
autour de lui, rentes qu'on raciieta ensuite aux bénéticiaires en bons deniers
comptants, ainsi que le |)rouvent les papiers cités dans V hn'entdire après décès
du prince. La listf v\\ l'st longue: ou \ trouve les noms de st's domesticpies. de
ses fournisseurs, de ses familiers: François \lillel, le lajjissier du Palais-Koyal,
y ligure pour i."Jo livres de rentes, à ciMé d'ihagiiel. le concierge': de Fran(;ois
( ilie\aliei-. iM.iîIre de malhi''mali(pies ( ."xio livres de rentes): de \icolas Legrand,
tailleur (tioo livres), etc. Montrant en toutes circonstances un désintéressement
absolu, le duc d'Orléans, s'il donnait i)eaucoup, n'aimait pas à accepter. II ne
voulut point, nous dit sa mère, lonclier. durant sa régence, les deux inillious
d honoraires ipii lui ('•taient alloui's pour si-s fonciions. D'autre paît, on le voit
refuser le legs important du mar(|uis d'Ellial. (|ui n'était guère pourtant ipi'une
sorte de reslilulion. Le miiiislre Duhoi-^ lui doime-l-il par testament sa
vaisselle d'arg-enl. le prince ne la gai'de qu'à condition d'en paver la valeur
aux hi'riliers, et l'on constate, en ('llet, dans les registres de trésorerie de
la lamille, que la souuiie de I 'i.'L'fOÔ livres fut versée à ceux-ci en trois termes,
au n>ois <le jnin des aimées i-^Su, i7.'{i et ly.'Ju ", pour cet oitjel. Lu résumé, la
situation ruiancière du llégenl était si peu prospère vers l'aimee \-\\. et il .se
trouvai! ii ce poiiil gèin'- en ses all';iiii-' iju'il diil a |iliisii'ms rejuises vendre
• piejipies li-rres im|)ortanles pour se procurer de l'argenl. .Son trésorier
llaria;.'iie paya en billits (poiii- (ioo.ooo livres) une partie des travaux du canal
di- Loiiig. Le dur d ( )i ic'.iiis ;il|;i même jiis(pi';i i i il jii M iilei' siii" gages il des
banquiers de Ihjllande. \n inomeni île l,i lii|ni(lalioii de sa succession, connue
I. Cil llMiKlicl riait un \ii-uv MT\ilciir <liiii( le (IcvKiii'ini'nl à l.i niiiiilli' il.ilail ilc Iniinui' ilali'
pI qui n>.ill Kiirtln wiii fniiir-pnrlcr iivrc Ir HiVrnl. .-i l'.iii en cruil la < lin>iii(|iir. Kii cIVcl. il v.iviiil
•»rr «Il :i,riii -ni iiiollrr >*• Iniiccr dnii-t In «li'-hiiiiclic ri user sa *i\\\U- ilaiis Irs iioclur-ir,- .s<iii|H'r>
•|" '' ' '" jour <|in' II' ur-Kciil n\ail piissr par sa porU-, v\ ipii- ri-spccliuMiM'im'iil IhaK""'
'"*■" I"'" ••'•II'" •'••^ orgies, le priiiri-, qui l'ialt m Iraiii lU- rire, \oiiliil le fiÉirr ciilriT :
"^'""-•^ l'I il, 11)011 itcnicc- s'nrr^lc ici; ji; ne vois pas en si iiiniivaiso compagnie, el suis
(hrM de von» y >olr. -
». \rrlii\ii iiiiliiitialen, Cumplri île enmmunnulé ilr l'hitiitiu- <l'ilrli-nn» el île Miirie-I'raiii;<iise de
Ibmrbun, àon rpuuie. Il'i, loGO. f -ly.
I.KS COLLECTIONS DE TVliLKM A. OIUI IS I) VUT. MEUBLES, ETC.
iî83
il i',ill;iil icpix'sond'r les diamanls (|ii il ,i\iiil n'iiiis en ii.Milissenient, (^rozat
axaiir.i la soiiimi' m'-ccssairo. i 'iTi.olid li\ii's, |)(iiii(|Uim iiTil allor les rcpromlrc
à Vmsterdaiii, et liiii dut rciiiliMinser. d'aultc paii. 178, 'lyd livres au l)aii(|iiier
|.c:„t pur T,>
VK^US fILI SE MlllE
(Tabluu de rincicnne Galerie Ju PiUis- Royal)
Morariii'. \|)rès la mori du prince, son fds pensa un instant, d'après la note,
citée plus haut, du ciiaucelier d'Aifrenson, à \endre les collections du Palais-
Kit\al, laliicanx, nK'daillcs, 'pierreries. (>ri n'eut pas besoin d'en \enir ii celte
oxtréniitr, et il faut le rejnctler. car ces Irésois d'art seraient pour la plupart
I. \nlii\cs riiilioiwl.'s. H '1. lolitl. f, iiillcts 710-717.
gg^ LE PALAIS-ROYAL
restés en Krance, au lieu d'ètiv vendus eu bloc à l'élranger, comme cela
devait arriver soixante ans plus tard, ilii déliullive, la fortune laissée par
Philippe d'Orléans à ses héritiers n'en moulait pas moins à la somme de
ii,!i3o,(i()Q livres'. Sur ce chiffre, les meubles du l*alais-l\oyal et des autres
résidences étaient compris pour i.o5o,G83 livres; le château de Saint-Cloud.
pour i,o3i.7'|0 livres; celui de Bagnolct, pour 298,810 livres; les tableaux,
pour 1,307. 386 livres; les médailles, pour 126,569 livres: les pierreries et
curiosités, pour i.a'i 1,950 livres, etc. Au bout de (luelques années tl'ime
administration économe, l'ordre était rc'tabii dans les linanc-es de la maison
d'Orléans, et, au 1" janvier \-f\\. If couile d' Ar^enson constatait, non sans
une évidente complaisance % (inc les délies du Uégcnl étant entièrement
acquittées, les charges des pensions, des ga-^as et des menus se trou\ant
assurées, il restait en caisse un disponible de près d un demi-million, evacle-
ment '186,1 63 livres.
Quelles lurent les dé|)enses laites {)ar le UégenI au Palais- llo\al. plus
spécialement.^ Voilh la question intéressante pour noire étude, et c'est à celle-
là que je vais essayer de répondre à l'aide surtout des documents inédits, qui
se trouvent épars au\ Archives nationales, dans les bibliothèques publiques ou
dans les minutes des notaires. En premier lieu, il s'agit de déterminer quelle
fut. dans ces dépenses, la part faite aux bàlimenls proprement dits.
Tous les éci'i\ains, sans exce]»li()ii. (jiii ont pailé du Palais-lloyal. déilareni
que les travaux ciilriinis pcndanl l'épocpie <le la l\('j.;ence se réduisent à fort
peu de chose, et ils se bornent à signaler \aguemeiil la (liVoiMlinii tM'ciilc'c par
Oppenordt dans la galei'ie d'l']née, sur la rue Uicheliiu. i'uur |ii()u\ci- leur
erreur et coiMbii'n l'ui'enl mal inlniMn's mémi' les auleurs conlempdiaiii'^ qui
parlèrent alors du moniunenl dans les Descrii)tions de Paris, lels (|iic lilondel,
(ii-rmain Hrice <•! Piganiol, il me sullira de citer l'extrait suixanl des Com[)tes
de succession du llégenl-';
Les Comptes ^l•ll(lll^ pai- les ln'soi-icrs ilc Sad. \. it. (IcIViiiil M" le dur d'ilih'ans
font voir qu'il a été emploie dcjniis le iliWs île S. .1. H. Mmisiciir'' l.i smimii'
ilf I ,oX'i,i.S."> I. i(i s. (> d. pour des ouvra^'cs au j'allais Itnial >aiis qiir Idn ail
Mianiué (liins Irsdit.s (Joiiq)le!i pour (piclles sortes (roux ra^'i-- une |i,iilii' il( liiiurlli'
•«oiiniif a ('"«lé paire pour îles au;,Mneiilatioiis ])('ii(laiil i|iic Miiii>iiui ctoil xi\ aiil.
l'IiiH ou l'iToiiiioit par lod. (',()MI|)Ics ijhc (l(|iiiiN Inlil dt'cès il a i.'-\r pavé
l'i."M(i I. - H. fi d. pour des glaces mises au l'iillais Itoial. une pallie des()uelles
I. \ri liUiu niilioiinlf*. Il T, yi, lln-tv lôïH, Mrmoirf tlfs liifiis <li' J'iii S. \. II. Iliijcnl ilii rnYuiiinr.
■>. Mmillv ril ilf In lilliliothr<|iir cli- l'Vrilciiiii, l'ii|il(T!i d' Vr^i'lisiili, Mil, iai."),
1 \rrl,^.- ii.iliniiiili-s. Il 'i, liidC, f.-ililU'I.. j;«|.j:«j.
1 ' '!<• Miiii'iriir. iHTr ilii ltr){<'iil. In il<''|iriis(' fiiilc pciiir îles ntivra);cs iiiix hAliinciils
J" '' I''»'! 'I l'i «iiiiiiw ilr 11)7, (m(.S Ijvro 1(1 soU lu (li'iiiiTs, " sniis ijue l'on ail iiiari{iié dans
!'■' ' - ,uilli- i|ii.'ililr II3 rlujciil. .. Arcliivc» nntjiiiiiilo. ihid.
LES COLLECTIONS UE TAHLIiVUX, OIUKTS 1)'\HT, MEUBLES, ETC.
•î85
y avoil été placée du temps de S. A. H. (lell'unl Monsieur, mais qui eonsisloieiil dans
des miroirs.
L'on voit encore dans les mêmes Comptes (|u'il a été dépensé depuis ledit décès,
soit pour des entretiens et menues dépenses, soit pour des meul)les et des répa-
rations, la somme de rj,.S,'?j I. i,") s, i d.
Lesd. domptes justifient pareillemenl (lu'il a éli' l'ail depuis l'anm'c i 7 n) jus(pies
à l'année }-■'.[> aux Keuries hors led. J'allais Hoial pour 1 i(i,>ci(l 1. i) s. ~ d. de
réparations.
Enfin, les mêmes Comptes promeut (pie l'on a emploie la somme de r>.S,-.")() I.
18 s. S d. pour des ouvrages faits par les ordres de S. A. H. derrnni M-' le duc
^^^^^^i^^ppis^i^^pis^
I.E i:H.VrEAL-D E\C COXSTnt IT ES 1719 DEVANT LE PALAIS - ROYAL
PAR L'aKKIIITECTE ROBERT DE COTTE
d'Orléans depuis l'année 1701, temps du décès de S. .\. H. Monsieur, son père,
jusques à l'année 1723, au Palais Uoial, à Saint-Cloud, à Versailles, et en d'autres
endroits, sans que l'on puisse distinguer dans ces Comptes ce qui regarde chacun
desd. lieux.
Ces mémoires d'ouvriers sont présentement à la Cliaudire des Coinpies. Quand
on les cxamineroil. il seroil très difficile et même impossible de se délcrminor sur ce
([u'ils eompienrient, attendu que l'on a pa'i'é tantêit des ouvrages neufs, tantôt de
simples rétablissements, et que quelques Bâtiments ont été changés plusieurs fois
depuis l'année lOiju, que le Palais roial a été accordé à S. A. R. defl'unt Monsieur.
Par exemple, Sad. \. R. avoit fait construire un sallon au bout de la grande gallerie.
On avoit dépensé pour ce sallon une somme très considérable. 11 en a été construit
un nouveau à la place du premier en 1719 et en l'année 1720. Ce (jue portent
les Comptes du Trésorier ne peut donc pas servir de règle.
Co (liiciiniriil, tout insnllisaiil (piii soil, imiis l'oiniiil (H'jx'iidaid deux
renseignements intéressants : d'abord il nous doiuic K' moulant des soinincs
employées aux bâtiments du dur d'Orléans de 1701 à i-:>.li, formant un total
d'cnxiron i,aoo,ooo livics, co qui est un joli cliillrc. et onsiiite il nous in(li(pii>
que d'iniportaidi's hansfoiinalinns iiii'enl opérées an Palais- Hoval, à diverses
reprises, (kiraid celle période de \iiigl-trois ans. Ouelles riinnl evaclement ces
2g6 LE PALAIS-HOYAL
Iriiii^foiiiialiniis, el quL-ls soiil les architectes (jui les cxéciilôroiit.' Il sciuhlc
bien, Il la vérilé, que les travaux durent moins cninpiendre des constructions
nouvelles que des aménafrenients décoratifs, })ririci|),ilcnient dans les deux
paieries élevées par Mansart à la place de l'ancien Palais-Hrion. \laiisart étant
mort en i-oS, il est probable que c'est \ers cette date que le duc d'Orléans
chargea Oppenordt de décorer les mairnifiipies appartements qu'il lit alors
disposer dans ce corps du bâtiment, et notannnont le sonqitueux salmi (|iii,
avant ses fenêtres sur la rue Kichelieu, doimait accès à la ijalerii' dlùicc. pilule
par \idoine (;o^pt■l. Dés cotte époque, en elTet. c'est-à-dire en 1711) ou 17 i>,
( )i)pcnordt jouissait du litre de (.premier aieiiileele de \|- le duc d'Orléans»,
ainsi (pie le prouve un acte cité par Jal ' ; mais on ij^more la part exacte qui lui
re>ienl dans les clianj;ements de l'ornementation des dillerenles parties du
Palais. Les compositions que l'on trouve dans son CLMure ^--raNi''. à la Hiblici-
lliècpie nationale, ne soid acconq^agnées d'aucune lég-ende e\plicati^e. Toute-
fois, les tlessins de boiseries, de dessn< de portes, de cheminées, de panneaux,
qu'on V \oil en «rrand noudire, ont bleu l'air de se rapporlei' au l'al;iis-Ko\al.
Il est donc à présumer (pi'Uppenordt décora non seulement le fameux salon
dont il cit <pie>ilion ri-dessu-i, mais qu'il dirigea la restauration entière des
app;ulemeul-< qui iuteul eouqilèli lueul bouleversés et modiiii's, une ié|)ai'tiliou
des lo<;emenls piincipaux a^aid été faite alors, lin 171(1. un nouveau rema-
niement eut lieu, |)lns important encore. Le Ib'izeiil ( liauirea de chambre pour
la troisième l'ois, et, aiin d"a\oir ime installalion |ilu^ \.isle. pril loul le |»re-
miei- éta".'e de l'aile j^aucbe, ainsi (pie la jralerie aboutissani ;i la rue Kielieliiii,
sur hupielle s'iimorcail l.i ^'alerie d'IliK'e. .b* dirai tout ;i llieiue (ninuient il
tli\isu cet apparlemeni persoimel el oîi il mil sa galerie de lable.uiv. (]e
fut à (M> inonient (pic, |)our complî-lei' celle Iransforuiallon, il lil refaire, de
I7i(j à 17U0, le beau salon dOppenordl.
Ot nrlisle n'esl pas le seul .-ircliileele (pii ;iil Ir.ixaiile duraul celle p('riode
au l*al:n«*-lb>yal. Kn ell'el, il es| eerl.iiu qu'il \ eu eul ,ui nmiu^ lioi>; .'Mitres
(pii rureiil cinplov's p.n- le dm (!"( )ilé;iu> : Siiv.iin (i.ul.uKl. I.eiii.uid el Louis
.In. Le premier seul est connu et .1 laisM- sa trace dans j'Iiislniie de 1 \rt.
\i- III }i>-'>. il s'i'-tait si;rnal(''. en ijo'i. pai- la consiruclion de lluMel (!ro/.al
jeune, dexeiin I'IhMcI (llioiseiil, cl, en 1 70S, par celle de l'IiiMel (iro/at aiiu',
rue ili' MoiiliiioriMic\. (^cst lui ipii lil depuis j,-, eli.ipelle des \u^Mislins. |ilace
dcH \icloires, I'IkMcI de .l;in\r\ ( 1 7-1 ■(-■(.'! 1, le niaître-aulel de l.i ( atlu'drale
lie Hoiieii (i^.JG), la (iliambrc des (ioinples (17.17». la cb.ipelle de re;.dise des
IN'lil?»- Pères', etc. Sa répnlalion 1 omiiieiii ,iil ipi.iud le dm (r< hh'aiis lil appel
I. Jn-, IMionnnirr rriUniir. Arllrir O/i/wdiirW/.
1. Ii'\ii>.t Mii.i,K, Viiyagr iiill'imiiiir Wc l'arit, \i. al. 1 'ii|. ili;, 171 c-l «70.
LES COLLECTIONS DK TAHLKAl \. OBJETS I) ART. MKIIBLKS. ETC.
•^87
;i son talent dt'jà rol)usl(> et dini caracltTC niàlo. Il existe sur lui une curieuse
pièce manuscrite à la Mil)liotli(<iue de PArsenal'. (l'est une note donnant une
courte biographie de rarcliiltclc alors à ses drinits, cl le recommandant
comme ayant de l'aYcnir. Kllc semble répondre à la demande de quelque grand
personnage (|iii aurait fait faire une eiuiuèle pour savoir s'il était capable de
mener ;i l)ii>.i uiu' iin|i()rlanle besogne. Il est parlaitemcnl possible que ce soit
à la suite de ictti' ci disultalinn cpi(> Cartaud soit devenu {"architecte du duc
d'Orléans, (hioi qu'il eu soil, il esl certain ([u'ea 1 7 1 Ti — c"esl Hldiidel (|iii
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l'ROJET D'f.VE PLACE DEVANT LA FAÇADE DU PALAIS- IlOYAL AVAST LA CO.'ISTntJCTIOS DU CIIATEAl • D'E 4L
(Dressé par l'architecte Lcnoir, en 1719. — Dessin inédit provenant des Archives nationales)
fixe cette date — on construisait ;iu Palais-Roval, «sur ses dessins et sous
sa C(Mlduile^ » un bàliiuenl uuuveau qui doubliiit i'épjiisseur tle l'aile gauche
donnjuit sur la rue ."^aint -Honoré et était destiné aux services de la bouche
et de la garde-iobe du prince. (>e bâtiment fut divisé piu' deux cours : Tune,
celle de l;i Bouche, en laçade sur Iji rue Saint-llonoré: l'autiv, cour du
Réservoir, venant ensuite, et sur hujuelle prenaient jour des logements situés
derrière la chambre du duc d'Orléans. Eu même temps, on établit une galerie
assez étroite, icliaiit les deux ailes de la lacjulc et p;iss;uit au-dessus di' la poi'tc
d'entrée. Dans le passage ;dlant à la rue llichelieu et longeant lancienne
bihliolhèfpie. on ajouta un avant-corps où furent aménagés, au premier étage,
un -.iliiii dit à 1(1 Idnifiiic . |)ai'ee (|ii'il ,i\ail un plaiund vitri'-. ce (pil doimait
une lumièri' heureuse pour les labk'juix, cl une autic pièc(> (pion appehi la
lldlnnile. dont le prince fil son cabinet de triiviiil. In peu plus loin, dans ce
nn'me p;tssage, furent érigées des constructions légî-i'cs |)our loger des servi-
leins. Kulin, à rcxtrémilé, sur la rue lUchelieu, len;ml au salon d'OppenordI,
on disposa, à gauche, ton! un corps de logis pour ce (ju'on appelii (( les petits
I. Hil)lioUiii|iic (le r\rsctial. Maiitiscrit 07", fdlio "179.
•j. lli.oM)i:i.. \rrliilrcliircfrfiit<;(tisc, i-'>\\, iii-f". (. III. Ii>. V. p. ,'?Sutsiiiv,
a88 LE PALAIS-nOYAL
appartements do Monsieur lo llé^nMit », où se ildiiniivnt les (t'Irhivs soiipcri^,
et qui se trou\aienl ainsi très retirés, a\aii( nu escalier ialériein- et une
porte de sortie distincte.
Tous ces travaux ne inodillcient pas beaucoup l'aspect extérieur du Palais-
Ko\al, mais ils eurent [loin- résultat de l'agrandir et d'en rendre l'habitation
intininient plus connnoile et plus aj^M'éable. Silxain (lartaud en eut-il seul
la direction? Fut-il l'architecte en titre du Palais!' A Mai dire, i ien n'autorise
à le croire, et son nuui n'apparaît |)as dans l'état des gajres annuels pavés aux
iilliciers et serxiti'urs de la faniille d'Orléans. Au couvent des l-'illes de la
Madeleine de Tresnel, rue de (Iharonne, où la duchesse allait parfois en
retraite, il fit une chapelle de Saint- llené, dans lai|nelle lut ('ri^ié le tond)eau
du cornle d' Vryenson, ce i[ui témoigne des relations bienveillantes qui conti-
mièrenl à exister entre celle princesse et l'artiste. Cependant, ce n'est que
trente ans pins laid, vers it'i"), (pie nous retrouvons Cartaud, parvcmi ;i l'âge
de suivante -dix ans, chargé à nouveau de constructions coiisid('iahles an
Palais-Hoyal, de concert avec Contant d'Ivrv .
l'in- a-.-.idues -einiileul avnii- riv. auprès de la l'aniille d"( )il(''ans. les l'onc-
tious des ar<hilei'tes Legrand et .lu, car leurs noms reviemieiil dune l'a(;on
constante dans les Comptes dnraid la pc'riode cpii s'étend depni- lyn) jusipi'à
lyTiu. (^)uel est ce i^egi-;md!' (Ju'a-t-il l'ail!' Il n'est cité par aucun auteur,
«•l M. hanchal ne le mentionni' même [tas dans son excellent Diclioniuurc^ .
Ksl-il le père de ce Jacques FiCgrand (pii, à la lin du wni" siècle, construisit
le théâtre Kevieau, restaura la fontaine des Innocents, et lit, avec Molinor, des
travaux si remaripi.diles ii l.i Halle aux Hlési* Tout ce ([ue je puis dire, c'est
ipie la plupart des ouvrages courants exécutés pour les princes d'Orléans, à
l'aris, h Saint-Cloud ou ailleius. ]\ celle é'poi|iie. l'urenl dirigi's on Ion! au
moins surveillé'S pai- Ini. (jnanl .'i 1 is .In, il fui l'airliilerle de la duchesse
d'Orléans, ii Ma;.'iiolel, et e'e-l lui (pii. enlie anile- Iravaiiv. aménagea les
écuries du Mé-geul dan^ l'aneieii li.Mel Colbeil. an coin de la iiie \i\ieniie. .l'en
parlerai plus loin.
La construclion du ( Jiâteaii -d'ilan cpi.' le due d'()rl('ans lit élever, en 1711),
sur les d<'s-.ins de Itobeil de Colle, doit être ici signal. -e ]\ pari, car ce petit
iiionunienl. ipii .1 «.rué- l.i place dn l'.dais-Hoval pendant pins d'un siècle,
jusqu'en iS'iH, date oii il fui dc-truit, ne faisait pas paitie de l'apanage, il é-tail
iiidi-pendant du Palais. Ce qu'il ((.ùl.i fut dune pave 1 par le piincc mais
par le service des Màliuieuts luvaux. lai le fiisant ('rigei-, le Ué-enl poni'
.Hili\il un doidile bul ; d'ali-ml l'eud)elli«.s,.|neiil de la place snr lai|nelle se
Iroiuail la façnile de sa .lem.uiv. ce qni elail vraiment une nei'es>i|,-. —
I lui < iiti , XouiTfiii Pkliiihiiiiiif tiKijriiiiliuinr il 1; id./iir i/,-» tirihilixlisfniiiriiis (1W7, iil-X").
i.i;s COLLECTIONS i>i. rviii.i\i\. oiijins d mit, mi:lbli:s, kic. :)rsr)
L'iisiiilc la régularisation ilu service tics cau\, lanl pour son usage ([uc pour
celui des liabilaiils du cpiarlier cl surtout de l'Opéra, à chaque instaut menacé
d'incendie. La (|uestioM Af reiulullisseniont s'imposait d'aulaiil plus que,
depuis la destruction de Thrilel Siller\, ordonnée par Anne d'Autriche, l'aspect
de la place était loin île s'être amélioré. Des maisons nouvelles, dont la forme
Pcinï par Ant. Corrég
(Tlb'.c
JL'I'ITER ET DA>Al-:
de l'aïKiciinc Galerie du Palais-Royal)
irn'^^ulière était le moindre défaut, i'w s'aggloméraiit peu l\ peu sui- l'espace
occupé jadis par les Quinze-Vingts, prolongeaient, à droite, de la façon
la |)liis disgracieuse, la rue Saint-Tliomas-du-l.ntivre, et s'avançaient sur
la rue Saint-IIonoré, en la n'-ttécissanl à tel point (pie cH'lle-ci n'avait plus de
ce côté assez de largeur ptmr (pie deux carrosses y pussent aisément passer de
front. A l'autre extrémité de la place, depuis là rue Froidmanteau, qui prenait
naissance sur la rue Sainl-llonoré, presque vis-à-vis la rue des Bons-Enfants,
et se dirigeait vers le Louvre, ce n'étaient que liàtisses lépreuses, ftiisant face
;i l'Opéra. Kiilin, dans l'ave même de la porte d'eiitive du l'alais-Uoyal, et
à iiiie di-I.Hice de (pialre- \ ingts mèlrcs environ, linis nu <|u.ilre maisons parli-
cidi('res, plantées iii loiiiine au hasard, sans SMiii'liie, iiiasi|iiai('ut la vue.
Le con[) d'o-il. assur(''iuent, ('lait sans agrément, cl la place send)lail à tous
T. I. LE PALAïa-nOTAL. 37
aOO LK l'M. \1S-K()Y AL
si peu fil lianiioiiio avec la di-mi'urc du priiuH' qiii occupait la f>raude situation
de IU''gt'ut de l'raiicc (|uc plusieurs artistes prireid à cette époque l'initiative de
proposer d"eu\-inèuies des projets pour modilier cette partie du quartier. J"ai
lrou\é aux Archives nationales un de ces projets, et j'en doinie ici (page 287)
la reproduction. Le di'ssin l'st intéressant. Il jkhIc 1,i li.ilc de lyn,)- Lauteur.
l'architecte Lenoir, suppose que la place du Palais- Ko\ al, débarrassée des
maisons qui l'obstruaient, se trouve tonner un (luadrilatère régulier, et au
uiilieu il imagine une haute pvramidc disposée connue une i'nntaine. Le
plan est bien cttudjiné; mais sans iloule on lui trouva un grave delanl. ( clui
de pousser un peu trop à la dépense en un temps où l'argent était raie. I,e
duc d'Urléans se cunleida du (iliàteau-d'Kau de Robert de (^olte, (|ni, lunl
élégante (pi'en fût rarchili'cture, ne n'pondait pas tout à l'ail à ce (pi il eût
fallu, car il laissiiit subsister l'irrégularité de la place: en outre, il était à moitié
caché par une des maisons de la rue Sainl-llcinoré faisant fact- à l'Opéra.
Dans les papiers nombreiiv (pie la liilili(illir(|iie nationali" (Cabinet des
Mstampes) poss('(le de Uobeil de (iulle. il \ a le dessin original de l'artiste
pour ce ( iliàteaii-d'l'laii. \ iiici la deseri[)liiiii ([lie (|(iiiii,i ilii iik niiiiin ni l'i::.iiiiiil
de l.a l'oree ' :
Ce Làtiiiu'iil, liuiil l'arcinlecliire e-il en bossa^'es riisti(|iies \ eriiiiciili's. e>l llaiiqué
par (!c»ix pavillons de iiumiic sv iiK'Irie, le Imit avant \ iii^l toises de l'ace. Au milieu est
un avant c((r|)s formé par (piatre colonnes d'ordre toscan, qui portent un fronton dans
le tvmpaii diKpiel sont les Armes de France. Au-dessus sont deuv cxccllenlcs statues,
à demi couchées, ([iii sont de (loustou le jeune, et rcpréscnleiil un lleuve ipii est la
Seine, el une nymplie qui est celle de la fontaine d'Aiciieil. Au bas de cet avant-corps
e»l une niche surbaissée en C(i(pnile où ot un rnliincl. on la lonlaine. au-dessus de
laquelle ol un marbre noir, on l'un lit ; (Juanlus ij]'iindil in iLsiia! Celle inscription
non !«eulrinent n'a rien d'heureux, nniis encore conviendrait inliinmenl mieux à un
lli-ine (pr."i une fiintainc : aii>si In! elle plaisainnienl eriti(piée lorsipi'elle i)arul.
I. intérieur de l'i-diliee ét.iit aii\ trois ipiarts occup('' par les n'-seï \ nii s ipii
recevaient les eanv d'Vicueil et de la Seine. Le mi'canisnie de dislribnl ion nous
a éU" conserv(' dans une si'iic de plan-, desciiplil'--. ipii ilnnnenl a\ee la plus
>,'nnule prt'eisioii le> trajectoires «les gros et pelils (nN.niv desseivanl d'eau de
S'iiii! ou d'eau d' Arcueil soit les appartemenl'^ el le jaidin du l'alais- l(o\al.
.soil rOpéni el les IkMcIs de la nie des |!,,,is Knl'anls. s,, il rnemv rii,M,-| de
la Monnaie. a\ee indie.ilioii des r, •;.';,, -,1 s el des iubinfls (!,■ tviei pii s,i\aient
Il lérliT l'eau .
;'■.'! (//■ l'iirii, l'ililliiii (le i^'i». p. ï-'iI'i.
I ilioimli-,, 3* rlavic, .Sciiic, :».*m. l'Oiim df l'imririi l'iilnU-linyiil ri ilfs miiilnih-s île
'"'"' r„\,inflt lU hifnnlninr ilr 1,1 l-.roix itii Tnilinir ri ./» Chnlrmi-illùtit tmur la fmirnUurr
*l" ' ■' II- rii'irrr nu l'iilnit-lluynl.
LES C0I,I,K<.T10NS IIK, TAHLK\i;\, OHJKTS irvHT. MKLiHLliS, KTr.. <()!
Ce ne fut quo ciiiquaiito ans a|)rès la construction de l'ôdilire de Uoherl de
Cotte que la place du Palais-Uoyal l'ut enlin tracée en (niadiilalrre iéjj:ulier
et encadrée par des maisons diin pian iniilornie. Par Icllics patentes du
7 août 1769, le nn ordonna la déniolilion des maisons cxislanles cl leur
reconstruction conforme au profrrannnc aiivié pai- raiciiilcclc de la \ illc,
Moreau. Le Hef^istn' des arrrls dit Conseil d'Etat <lii roi. (pii es! au\
\rclnves naliniiales. cnntieni, à la date du 5 mai 1770, une délibéralion
relative à ce sujet, ainsi (pie les dessins de Moreau (pii doivenl scrxir de
modèles conformément à cet article de rordonnance royale :
Veut et entend Sa Majesté que lesdiles maisons soyeiit exécutées en pierre et
non en moellons, et que toutes les saillies, corps et décoration qui sont figurées
auxdits dessins soient enlièrcment et rigoureusoinent suivies.
Les dessins sont accompaj^nés d'un plan très curieux, ipii montre I élal
exact de la place du Palais- l\oyal à cette date de 1770, et cpii donne les noms
des pro|)riélaires des diverses maisons se trouvant alors à cet endroit'.
!,a (picsiion des Iravaux faits au Palais-Uo\al durani la Kénciice ne
conqiorlant pas de plus lonj^s développements, il convient de passer ii la
dcscripiion des appartements. Toutefois, avant de nous en^M^n-r dans le ialix-
[inllic di's chambres, des cabinets et des salons icmplis de mciNcillcs. il esl
nécessaire de dii'e ce (pi'étail la collcflion drs lablc:nix el roinnu'iil .■llr bd
réunie par Philippe d'Orléans.
I. \rclii\es nationales. E. a'iCio.
Pour h Yjl.imc L, Pi.r,„ i,jt<r, Ji .\L'n^i;;'uur I, Du. SOtUai:, par l'abbc Je 1.1 Cliiu ^l77..1
i.\ coLLKcTiux i)i; r\Hi.i:\i \
I,'liisti)ii(' (le ccllo Cl"'!!'!)!-!' lolIcclioM, l.i plus ((iinpIMc qui ail t'tc lasscmlili'c
«■H l'iamc avec cfllc du roi; lia jamais l'ii' jusiiirici lacoiili'i» avec cxaclilinlc.
(Ihoso ('Iraiip'! l/iMinlitidn imnliTiic, si liiic. si aiyuisc'c, si alcilc i|iii. avec
une iiifali^rahlc aiilciir ri une [n'iK-lralinn sduvciil rrinan|iial>li'. a pdiic la
rlaili- lie ses iii\rsli;:aliiiiis sur laiil de pniiils (iliscms de riiisloirc de 1" \rl. cl
i|iii s'allaipo' pailnis à des suiil> txiil ;i l'ail sccinidaircs, a laisse colui-ci
i'ii>rl(>pp(' dans un in\sl( re (|iip dos ciriMirs accumuk'os noni l'ait cpi "épaissir.
\ ( liaipir inslant. s'inipriini'iit l'I si' r('pMoiil, nirnic dans l(>s onvrafros de
Hi'iicii-r ciiliiini'. -1 |irupMs de l;i j.-'alt'ric d"( )rl(''aiis, les alliniialinns les plus
fausses, les rai'tinlars les plus l'anlaisislcs, passi's ;i I t'ial ilc xciitcs incMiiti'sIt'i'S
nnii|iii'nifnl par la fonf de riialiiliidc. cl pane ipic. depuis une i-cnlaino
d'anni't'M, «m 1rs a admis sans se suniier de les ciiMlriMci'. Le siijel. eepeiidaiil.
«•si d'mi assi'z vif iiili'n*!, <»n l'aNoneia. pour nii-rilcr iprim ('•rri\aiii sulidcmcnt
diHiimenlt- lui ronsaiie ipielipie jour un livre ((Hisciencieiix, dans Icipiel justice
îM'ra faili- enlin île Innles les incrii\aliles ln'Mies ipii se liaiisiiieljeiil depuis h'op
liiM^'Iemps sur celle cnllcclinn. Si r<in ciiiniaîl mal. en ell'el. la inanicre dmil
le Hep-iit fiirma celle ;.di>iieiisi> ^.'alerie, si liiii i;.'iii>re ;i ])(>n près liilalemcnl
JCA \ii'i<48iliMtes (pie suhiieni le>^ tahleaux an l'alai<- Itnv J dnraiil la plii^ :jiaiiile
partie du wni' siècle, en le\.iliclie. Il circule Mil leiii ili-pei -iciii. peiiilaiil la
I,i:s COLLECTIONS 1>K TVULEAUX, OltJKTS 1>"\HT, MKUHLES, ETC. •>.()3
llôvolulion. 1111 ivcil des plus (•iiciiiisl;inci(''>;. IimihcI n'.i (|iriiii malheur, c'esl
dV'Iro à peu |iirs ciiiiiiilrlriiiiiil le ichi mis de la \i'iil(''. Pour l'acililcr la làclio
(le raiilciii- (lu riiliir \(iliiiiic iloiil j"a|i|icllc di' iniis mes \ii'ii\ la |)iOcliaiii('
imlilicalion. cl |i(mr d(''l>l;i\ii- le Iciiaiii sur lc(|n('l il saxciiliirci a. jr nie coiileii-
U'iai de i(''SUMi('i- les iiifoiiiiatidiis ikiiincIIcs ([ui se di''i:ai;('nl di- dix iniicnls que
Pont pur :« i,<,o.
.c pjr J. Bouillira
PUILIPrE II ET SA. MAITRESSE
(T.iblc.111 de 1.1 Galerie du Pabis- Royal
j'ai dcM-Diivcrl-^. l'.ii prciuicr lien, je dirai ce (|iic {('xMciil les Vrcliivcs du
MiiMisli''n' drs Ml'airi's ('•! raii;jrri's, la ('or/-cs/)n>/f////H-r des il irrclcurs de I Ara-
ili'-mic (le l-'rniirf il llniiii\ r'dil('i' par de Miiiilai:^loii, aussi bien que les iiiM'ii-
lairo iiit'dils des durs (rOih'aiis (de \--\'\, \-')'. cl lyS,")) sur les origines de la
colleeliiiii, les aeipiisilioiis successives du Ki'iicnl el les trausldiiualioiis ipii y
«iiil l'Ii- .Tpporlécs par les liéiiliers de celui-ci. .le doiiiierai eiisuile, dans le
cliapiire coiisacn- à PIiilipiie-Egalilc'-, le (■(Hitial de \eiile aullieiiliipie, iiidiipiaiil
d'iiue iiiaiiière iri-t'lulahlo los conditions dans les(pielles les lalileau\ ipiillèiiiil
la i-'iance, ainsi ipio la liste de ceiiv cpii restèrent à Paris, passeront aii\
enchères ou liien rureiit recueillis par I.enoir |»()iir le Miisiiiin. (les dociimenls
iKunciiix di^--i|ier(iul du iiiMiii^ les plus Idiirdes des erieiirs (pii sdiil i;ciiciale-
nieut accrétlilées.
QO/j LE PAI. \lS-RO\.VL
Les souiTOS ;ni\(|iiolli-s nw s'est fontenté de puiser juscpià présent pour ce
iMii coiicenie les tableiiiiv du Palais-Ho\al peuvent être ramenées à trois. La
plus sûre est le petit \olunie publié en i-:>.- par Du Bois de Saint-Gelais
l't intitulé : Drsrription des tableau.r du Palais-Roi/al, dédiée à AP' le duc
d'OrUans (in-iï de ôo'j pages, ehez Houry, «seul imprimeur et libraire de
M" le duc d'Orléans»). C'est une sorte de catalogue qui avait été entrepris,
comme il est dit dans la préface, sur les ordres du IlégenI, et qui contient la
description détaillée de tous les tableaux de la collection, au nombre de /|G3.
L'auteur en publia une seconde édition eu i;'^;, sans niodiliralion. si ce n'est
cpi'il ajouta quatre tableaux que le Régent a\ail l'ail xciiir de l\(inis, et qui
y ftirent renvovés après sa mort', (le catalogue reste un document des plus
préiieiix, car V hn'entaire manuscrit du duc d'Orléans, de 172.3, qui se trouve
aux Arcbixt's nationales, donne bien la nomenclature de tous les tableaux,
mais sans les noms d'auteurs, de telle sorte cpi'à défaut du travail du Du Bois
de Saint-Gelais, leur identification oITrirait les plus grandes dillicullés. il m'a
donc serxi de base non seuleineni pour étai)lir une comparaison intéressante
eut 1-e les prix d'estimation de chaque ceuvre en lya'i, \~'y^.. 178."), et les prix
di- \ente en Vngletetii- eu \~\y>., mais encore pour contrôler tous les di'tails cpie
j'ai |iu recueillir >ur leur dispersion. La seconde source à consullcr sur la
colliTtion est le maguiliipie ouvrage publié par Couché, à p.u lii de l'année 1780,
inliluli' : Gitlm'i' des tableaux du Pn/ais-l{i)i/Yi/. en tiois Miiuuies in-folio,
l't qui «oinpreud ii')'t planches giavc'es par les pi'eniiers artistes de l'époque.
Le recueil parut eu li\iaisous. Il x en a\ail déjà Ireiile mises en veide cpiand
Philippe-Kgalité", pressé' d",u-;:eul, ei-da ses tableaux. Ce contre-temps n'arrêta
pas Couelié' (pii, lieiucu'MMieMl, asail lait l'aire d axauce les dessins des plan-
ches. Mais la tourmente ré\olutionuaii'i' lit -<ns|ien<lre la publication. (|u'ou ne
ri'prit qu'en iSo(i. ( i'e-*! ;i son aehè\eMi(iil i|iii' lui iiiipiiiiK'c l,i |)rera(e. (''ciile
par Cr<i/<'- Magnau. dans |;i(pic|| Iriiii\,uii Iml lils|, n l,|ii,' de l;i ci illeclioii
eon*<titné-e par le Uégent. tiavail elabli «-ur des domiées incertaine-^, iniouqilèles.
el d'après de«* Iratlilions pins nu moins dt'lignrt'es. Ou ne sauiail \ allaclier
un»' sérieuse valeur, fju.uit ii la lini'^iènii' sniuce de renseignenieiils sur li's
tableaux du l'alais-Bo\al, elle est (rori;:in(' anglaise. C'est lliisloire ilc l.i \enle
faite pur le duc d'Orléans en 1 7!)o, telle iju'elle est racontée par W . Itn< hanan
(Ions Hon li\re : Me/mit/w nf l*airitin'^ ailli a vhronolni^ical tiisian/ of the
im/ii>rlali(tn <>/ pirtures hif thc '^real masters iulu h'/i^da/id sinct- the l'retiih
Hcvtdnùtm (L)ndon, u xol. in-8", l^^■J'|). Tout ce (jui a été écrit ch'puis sur ce
I. <>« i|Ualrr Inllm rlnlcnl iinr Ik-trenlr tir rruir. tif Kri'ilrili- ZtiiTi'c (Ziirrlicro», nui' \nlii>iU,
ilil f;.irri'i(r, un \i,U mr tnnijfrr, ilii Tilii'ii. ri le l.iwfinrnl ilr» /nVi/jt. do Ji-riViiir Miiliiiii i Mii/iiuii>). J'ai
roiii|kirr llunr (wr llifiir ri'« iktix iMtiliiiii< ili> Du Ikti» ili> Snhil-(;rliii» : il n'y il pns diuilics iliangc-
■ '"•■" i|ii<' o-ili' ili' i-.i'i niiii|iri'iiiii' .'113 juiK'"'- "" liril «il" .'m'i.
i.F.s rni,T.i'<;TiONs ni: tmilkaix. oii.irrs n mit, mi:i hi.f.s, ivre. ago
siijcl \iriil (le lit. Nul ('•riidil lia l'ii ciicdir l"i(i(''i' de M'illicr rcxaililiidr des lails,
dailkuiis en apparcnci- dès plaiisihics. a\anc('s |)ai- HMcliaiian. Dans son Trcsor
(h- la rariositc' , Clliaïk's Hlanc li-s a ivr'dili's sans sns|)('(lcr nni' niiiinlo lour
aulhonlioité, conliibuant ainsi à Ibrlilicr in civanci- en iaciuclic on les k-nait.
-JHT-— .ryg;
MELRLi; IJL: HiH.:i,i,E (l)E^>IN DE LLPOQLE)
On \ciia dans le dciiiici- cliapilrc dr ce \oinin(' rc (|u"il en l'anl pcnsiT. et
coninii'iil une simple pièce d'aieiiiNe réduit à iK'aMi luul ce cpi'on croNail savoir
sur la veille en Angli'terre. Snr ce point encoi'e. la lé;icnde a })ris la place
de la réalili'.
(leci dil, \(i\niis de (piclle l'ai'iiii le lièrent parvint à ri'imir sa inerveilleiise
collection de taiili'anv. I )ès sa jeunesse, nièiiie avant son niaiiai;!', il <dinnionc;a
;i acijuéiir (|iu'l(|iiis loiles préc'ienses. Les conseils deClovpel, son ^oùl viainienl
éclairé p(jnr la juiiiliire le liuidèrenl. Il sut saisir avei- discernenieiit les bonnes
occasions, soit ;i la mort des amateurs dont les caliinets ('taieut dispersés au\
onclières, soil par des liansactions amiables, I ne di' si-s |)iemières boinios
l'orlnnes l'ut l'achal du Sm'nf Jrau datis Ir (Irscrt, de llapliaC-l, p.i>(' •)o,ooo livivs
au tils du pii'sidciit dr llariav. l'.ii lyo.'!, il cideva du coup huit tableaiiv de la
^^aleiic llaiilrliiiille, parmi lesipieis le \/n//.sf .sy///i'c, de l'an! \ ('roiièse ; le
1. 1. II. |.. I 17 lO.r.
a((li LK PALAIS-KO^AL
Saint Jérôme, du l)iiiiiiiiii|iiiii : im Erie Homo, du (liiidc. un Pai/sni^c,
d" Vmiilial (l;iir;irlio. Lu autre o\relK'nt cabini't, ci'liii de l'idilx' De (lamps,
dont Saint-SiniDii a parlé on si bons termes, lui louiuil des tiinrcs Itlles (|ue
/</ Vier<;c cl l'Enfant, de llapliaël; Salinaiis cl An Lavciisrs, de F Ml)aiie :
l'EnJaiivf de Jupiter, de J. Romain; la Présentation au leni/ilc. du ( Juci rliiii.
Va\ revenant de sa campagne d'Espagne, en 1709, le duc dOrlcaMs rappoila
la Prière au Jardin des Oliviers, de Michel-Ange, cl il u"cu( poitil de ci-sse
que son compagnon, le duc de UramiiuMil, (|iii, lui aussi, avait trou\é dans ce
pays V Enlèvement d Europe, du Titien, ne lui ail cédé ce ciid-dieuvre. A
partir de cette épocpie, le prince mit à augmenter sa galerie une passion
extraordinaire, ne laissant j)asscr aucune t)Ccasioii l:iM]i,dile, lançant des
limiers comme (iro/.at pour lui dénicher des morceauv de ( lioiv, \isilaiil lui-
même K's c(jllectionneurs de l'aris, et sachant se l'aire céder ev (|ni lui plaisait.
Il acheta ainsi i'>o,ooo livres les Sept Sacrements, du Poussin. |iiii\cii,iiil de
la «('Ichre collection de Chantelou, et les meilleures peintures du cahiiicl i]r
de !,.iun;iy. dir-ectem- de la Momiaic et heau-père de Robert de (iollc, (pie
Pierre le (irauii «'lait .ilii' .KlMiircr loi>; Ai' son voyage ;i Paris, en 1717. Ia'
/{ai'isse/nent de saint /'nul. du Poussin, et la \isio/i d'Ezécliicl. Av Uapliarl.
viennent de là, ainsi (pie le Saint Eranrois, de l'Alhane. Ouicoii(|Nc. parmi
les l'amiliers du prince, cliercliail à lui l'aire sa cour, n'avail (]ii ."i lui signaler
«pielipie bonne ac(|uisition de ce genre. Briguait-on une r.ivcin. on savail par
oi'i le piendre. Par evemple, Havnaud de la Sagelle, gn-llicr en t licl' du Parle-
ineiil de l'aris, con\oite-t-il le ini'vcl de conseiller (rillal, il s'arrange pour
ipie le H(''genl viemie voir sa pelile collccli le lalileau\. rue Saint- \ndiv-des-
\rls, et coMuiie le duc ni ilislinouc (|(i,ihe (|iii le -(■diii-cMl pari iiidièremeut :
I. Permelle/-moi, Monseigneur, de vous les oll'i ii-. .. djl le malin -rcllici . (|iii dliliiil
en-.nite ai-M-menl son brevet. I,e c.ipilaine des .""Puisses du Palais- Koval. Nancre.
ipii l'Iait un bomine de gonl, venl-il doimer ;i son maître ini It'-moignage
vraiment ^en>.ible de re>.peclueu\ allacheniiMil . il lui c('(le loiilc va coHcclion,
com|irenaiil des toiles italiemies de prenne 1 ordre d' Viiiiilial cl Lmii-. ( 'ariMclie.
de r\lb; , de Mola. elc. De même, les lable.inx |iiciiiii\ doni le t'amenx
ihevalier lU- Lorraine avait orrn' son apparlemenl <!ii Palai» Koval. iii>lallé.
loimjie on l'a vu plus hanl. .ivec liuil <le ln\e p.ir Monsieur. |.as,s,"Menl. ipiand
il mumut. en 170-., .'1 Philippe irOrleanx, <pii enl de (elle l'acon la /uiti- de
Jnvoh.iV' P. deCortone; Saint Jeun /'Eran^èlistr , du |)>>niini<piin ; la Porteuse
de lasselli . du 'l'ilien, etc. I n antre cabinet ct'libic lui ronrnil encore plusieurs
l-||er!«-»r«i-n\re. celui de Sei^'liel.lV. lils iiîii,'- de C.ilbeil. donl il lii'; I.inuncnl
V.MIaitentent il llennle. du 'l'inlorel; M,nsr inuK liant sur In ininnniie île
l'I. .,..,..„ ,1,1 puiissin: Eri'^one et la Maihleinr. du (iuide; le l'nrt, nient de
LES COLLECTIONS DE T VIU.KAIIX, OII.IETS I) MU', MKl lll.ES, ETC. trj-J
croix, du Doniiniqniii, olc. Aprî's lui avoir a|i[)()rl('' dllalic les Disciples
d'Emmaits, de Paul Véronèse, l'habile Crozal négocia poin lui iaccjuisilioii de
toiles remarquées chez les collection-
neurs de l'époque. A Tombonneau,
président des Comptes, dont le mafj:ni-
ru|iic iiùtel, rue de l'Université, était
plein (le ruiiosités, il arliela (piatre
tableaux : une Sditilr Fiunitlr. de
Haphaël ; le Bain de Diatic. une
Vénus et le Repus, de Carraehe; ;i
Penaulier, leceveur général des Etats
du Languedoc, la Samaritaine, de
l'Albanc; à milord McUord, la Colom-
binc. de Léonard de Mnci; la Made-
leine, du Guide ; le Paralytique, du
Bassan; le Cavalier blessé, du dior-
gione: à M. de Ménars, beau-frère de
Colberl, qui demeurait rue de Uichc-
lieu, une Sainte Famille, du Parme-
san : à de La Châtaigneraie, V Inven-
tion de la vraie croi.v, du (norgione;
au duc de ^ endôme. Hercule étouffant
des serpents, tle Carraehe; au maré-
chal d'Eslrées, la Prédication de saint
Jean, de l'Albane : au duc de Noailles.
la Procession du Saint- Sacrement,
d'An. Carraehe, et David et Abii^aïl.
du Guide: à La Havoye, receveur géné-
ral de Poitiers, rue d'Anjou, une
Sainte Famille, du (]arraclic: à .1.
de Nouveau, surintendant des Postes,
Alexandre et son médecin, de Le
Sueur, etc. (^hacpie jour, la eolleelion
s'augmentait et envahissait les apparleuieiils du l'alai
leuvres ipie \r Uégeut a\ait gardi'es lui \enanl d
avait recueillies provenant de Uiclieliei <le Nbi/arin. De Inules jiails. les
tableaux lui arrivaient et les ollVes de venie. (tu lui en adivvv,,il de la pro-
\inc<' ri uirnii' de rc'Irang.T. (pi"(in clierebail U lui .'•eoider. tjnand le Kegent
moiu-ut. les eonuni-v.iiivs ebargé'S de Vhnenlaire timixc'ivnl ain-l au Palais-
PKMlll.E IlE LA FIN Df IV
Uoyal, s'ajdidanl an\
n père, el à celles ipi'il
T. I. LE I'AHI?-IH
2q8 LK palais-royal
Uoval uiR- \iii^'laiiR' tU' piiiiluirs (jik' ivilainèriMit les porsoniios qui l'ii
avaient proposé l'achat au duc. et qu'on dut restituer. Elles appartenaient h
M- de Ménars. à Crozat, à la ville de Heinis, à divers inconnus.
Mais l'acquisition capitale du Régent, celle qui einichit sa (ralerio des
œuvres les plus glorieuses, ce fut celle des tableaux prcniiiaiit de la leine
Christine de Suède. L'histoire de cet achat est exlrènienient curieuse et na pas
jusqu'ici été racontée dans ses détails. 11 fallut au duc tl'Orléans plusieurs
années de négociations compliquées avant de parvenir à ses fuis. Aujiuiid Imi,
grûcc à la publication de la Correspondance des directeurs de /'Aradé//iic de
France à Rome, on en coiniaît toutes les particularités.
La reine Christine de Suède avait réuni, au cours de sa \ie. un jrrand
nombre de reinaniuables peintures. Les plus belles lui ^enaient de la collection
formées par l'empereur Hoilolphe II, dont les Suédois s'étaient enqiarés en
|G.'|8, lorsque, sous les ordres du général conde de Ko'nigsniaik. ils avaient
occupé Prague, et, usant du droit de concpiète, ils s'étaient appropri('' sans
scrupule toutes les nier\eilles a( cuinuit'es dans le château de Ihadseliiu.
(Jhrislini' piit les meilliui^ lahicaiiv, el, (piaiid elU> se résf)lnl ;i i|iiilli'r la
c.ipilale poui' eouiii' 1 iaucjpi'. elk' emporta ceux qu'elle pri'l'érait '. l>lle
mourut à Home le ii| avril i(iS<), laissant un teslameid par lecpiei elle déclarait
le cardinal \/./olino <on h'gataire universel. Mais celui-ci ne sur\écut Cjue
ipiel(|ues mois ;i son illustre amie, et les collections passèreul à uii de ses
iieveuv ailoptifs (son Ilis, croit -on), (pii n'eut i-ieii de plus pi-ess('- (pic de i Iiei-
cher il les \endre. Il lit l'aire des propositions à Lmiis \l\. Le ^laiid roi
songeait alors moins à .se laisser entraîner \i ses inodigalilés coulumières
cpi'ii inaugurer une période de sé\èii'S (''conomies. el, de Marl\, il écri\it, le
i(i sepleinl)re iGHj), ;i notre agent ii Uome. celle léponse laconique :
...Vous n'avez qu'à reniercier le s' A/zoliii de sa lnniiic Milnulé, les (lt'|)('iiscs
ipii" je huis ohligé de faire à pré.sent cslaiit pins p^(•s^allle^. (|ue I ii( liapl (le> lucnhies
ri tableaux de lu rcNue de Suède j.
I'lu><ieurs années s'écoidèrenl. L'In'r ilier d' \/zoliiio \eiiclil eu bloc itour
l'j.'Loof) «eus la nuigniliipie coll.. lien ,\r ( ;iii islin,. ,|,. Suède, lableaux. I.ipis-
series, meubles, statues, pierres gra\ées, ii Dom Li\io Odescalelii. iiexeii (bi
pa|M' Innocent \L (l'i-st au moment <lu di-cès de celui-ci (pie le {\\\e d (Irh'aris
mit eu campagne ses ;igeul» pour làdiei' d'.jcipM rir la pri( ieuse galeiie. Le
m.'utpiis de 'j'oriN enir.i dabord en scène, en seplendire lyi.'f, mais les ouver-
lun-s qu il fil restèrent sans elVet. l'uis c'est Oro/al cpii, eu j.iuxier i7i.''i, \a
I. i'.U l.n li'ilrrir ilr InhUiuij- ilr ta rriiir (Jirhliiir de Siièilr. \mv l)\u( (hikmikiii;, i \o1. gr. iii-8".
». Arrliltf» ilii iiiliiUlirr de» MTnIrc» rtrniiHiTf», I. .Ij.'i. t-h'.
LES COLLECTIONS DE TAHLEVr\, OIIJFTS 1) \UT. MEl'llLES. ETC. '^^Q
h Rome voir au palais i\c Dom Livio la raincusi' coilcclioii cl s'en montre
enllimisiasmé. il écrit à celle date au duc d" Aniin qu'elle est estimée plus
(le aoo.ooo écus romains (^750,000 francs environ), cl ajoiile :
Je feray mes efforts pour acheter les tableaux aflin de procurer à S. \. H.
(le duc d'Orléans) une ruinrantninr dr Inhlcaiix qui formeront le cabinet le plus
(Tableau de l'ancienne Galerie au l'alais-Royal)
signalé de l'Europe, (|ui no sauroil estre comparé en ce pays icy qu'à celuy de
M. le duc de Modcno, cl conslammcnt, en genre de peinture, ce sera un grand
trésor pour la l'rancc
Ce n'é'Iail pas cpiaranlc lalileauv cpie c(imprcn;iit la collection de Dom Li\io,
mais (juatre cents. Ivii cH'ct, ii (juelcpies jours de là, le (i l'é\rier lyiu, Crozat va
de nouveau examiner la collection et constate (|u"il n'y en a pas un nombre
iiioiiiilic. il y a\ail bien des iiiidib's p;niin ces pciiiliMcs. ()n ,i\ail mis des
rii|cMii\ sur les plus indc'ci'iilcs. ( )n Iroinail i;i des KapluiiM. des Coi'rège,
te bIKt Pt^, pierre gravée
3oo ' K PALAIS-HOYAL
des Véronèso, des Titien. Crozat olTVit à l'hérifior de Dom Li\io, le duc de
Bracciano, Go.ooo écus pour les tableaux, i3,ooo écus pour les tapisseries
et ôo.ooo écus pour le reste de la collection, c'est-à-dire les uiéilailles, les
statues, les meubles, etc. Mais le duc était un diplomate rusé et temporisateur.
Il ne mil [)oint d'empressement à accepter ces oITres,
usa de détours, demanda à réfléchir, prit son temps.
(Irozat se prêta d'abord à ce jeu, prolita des loisirs cpio
lui l'aisaiiMit ces intcniiinables négociations pour cU'ni-
clier dans Home (|uelques objets d'art à l'inlenlion du
Uéf^n-nt. Il acheta, entre autres choses, un buste antique
et une li;.nnt' de marbre, des camées, des nu'ilailles,
des modèles en terre cuite de François Flamand et de
r.Vlgarde. A la fin, il se lassa, lit une dernière propo-
sition de 70,000 écus l'omains pour les tal)!t'aii\ cl les
tapisseries, ou de .■}7,oof) écus jiour vingt-cin(| lableaii\ ii j)rendre à son choix,
et connni' il ne put obtenir une réponse catéj,'ori(pie ii ces ollres, il se décida
à s'iMi aller.
De retour en h'rance. il n'abandonna cependant pas la partie. On voit,
en ell'el, dans la CitrrrspDttdiince des directeurs de l'Académie de France à
liniiie. il la date du i(i mars 1717, nin' Icllif de l'oeisori au diu' d" \nlin
prouxant que lacipiisition des tableaux si ardenunent désiiés pai' le duc
d'Orléans semblait ;i celui-ci bien près d'être conclue, car il faisait demander
\\ un des sculpteurs français, Legros, iustalh'- alors à Home, de prtMidre les
mesuii's de quatre beaux \ (''ronèse de la coileclion de (ihrisline de Suède (|u"ii
projetait de faire encastrer dans le plafond de la grande gain ie lin l'aiais-
Uioal que r.irchileclc ( (ppmordt était en train d'achi'-
\er. Ni'amnoins. (ont resta encore en suspens, et rmi
parut renoncei- délinili\ement à l'accjuisilion. (le n'est
que cinq an<^ plus lard, au mois de mai i7'>o. (pie
le cardinal (iiialterio, ii la demande de Cro/at, mil I'
ressources «le sa fine diplomatie au seiNice du lU'-gi ni
pour arriver ii une solution, (le ne fut pas l'ai ile. haiis
Hon impatience d'.ivoir la 1 ulliTlion. le duc d'Orléans
avait cdiiimiH ipiclqiies iuiprndences. I 11 des agents
lie (iro/al, Ii Hume, un iniiumi'' liiraud. a\ail reçu
mi.tsioii d'oflVir au duc de Hracciano i)o.ooo l'cus pour les l.ilileaux seulemenl,
est, en oulri'. la sonnne de .{.noo l'ciis ipie le duc >< souliailoil de nieltre en
p<Mb.' eu |iaitii uliei- cl sans ipic pcisunuc le sçul ». 'roules sortes de dilli-
cullén i-l;iient succes.siNeiuciil soulevées. 'lanliM <>n objcclail que le pape ne
UKCK>E, picrtc grlvic
i.Ks COLLECTIONS i)i: T Mii.i: \i'\ , oitjivis I) Airr, mki iii.i:s, i:tc;.
3oi
coiisonliniif pas à laisser sorlir dllalic des lahicaiiv do taiil de valeur, et (juc,
d'ailleurs, la nudité de la plupail |)roduirail un scandale, d Ksl-cc pour cela
(uril li<'iil à les i^aider.' " n'iii uidil-on. 'l'aulcM le duc de lîracriarm au^Miieiilail
i;nAM> c^llI^ET A im;hlst\tio>s de climii:.
SOS prétontious, demandant ()5,ooo écus romains pour los tableaux, un .sup-
pléuienl d(! pol-de-\iu, et de garder les anciens cadres des ])einlures afin
de |i(iu\iiii' \ re|ilacer des copies. Jamais maiiliauda^c no prit de [lareillos
priiporlious.
l/lial)ilel('- du cardinal (liialterio eul raison do c<'s diilicultc's. l.o i.S août
179.0, il i'( livil ;i (ii-d/al (|n"il t'Iail arrixi'. eiiliii. à |ioser les hases du
maiiln'. Le duc d< )rl(''ans a\ail, (piel(|ues juuis anparaxaid. demandt' au pape
:io3
LE PAI.AIS-UOYAI.
Clc£llO<l, pcrrc gravie
d'iiilervfiiir el do laissor sortir It'S tableaux dltalii'. Il allai! donc axoii' cause
«'aillée. Cependant il reçut, à celle date, inie coinnumicatioii (|iii aurait pu
refroidir quelque peu son enthousiasme : c'était le mémoire duu expert du
nom de (Juilbert. envoyé h Home par Crozat pour vérifier rauthenticité des
tableaux et donner son avis sur K'ur xaleur. Ce (iuil-
bert ne paraît pas avoir, au premier abord, été ébloui
par l'éclat des cliers-d'd'uvre île la collection de Chris-
tine de Suède. Soi! (|ii"il n'ait pu les examiner (pie
superliciellemeid, soit (pie les peintures fussent vraiment
très mal ('claiives, comme il le déclare, dans les appar-
tenicnls du duc de Bracciano, il parle a\ec tant de rt'ti-
cenees de la qualité et même de l'aulhenticité de (juel-
(pies-unes des (eu\res les plus renonnnées (pi'on croirait
(piil tend ;i dt'conseiller rac(|uisitinn. Sun Mc'moire',
.assez court, est, d'aillcms, écrit à la légère, et contient [)lus d'une inexactitude.
Pourtant, il nous fournil ipiekpies renseignements du plus grand inlén'l sur
l'i'tal plus (Ml moins dc'lahn'' dans l('i|ni'l se linuNaicnt alors certains tableaux
lie la galerie de Christine de Suède, dont aujourd'hui on admire la surpre-
nante conservation. Par exenq)le, il constate que le fameux tableau de la
Siiitilr Famille, de Uaplii'l. innntre trois ti'ous ou gen/ures du bois sur Icipicl
il est pi'iid : au nez de la \ ierge, à la main du saint Eid'anl et sous les pieds
de saint Jean. Il trouxe ipie les trois o'umvs du Ciiirège, lo, Lcihi et Donne,
sont déti'iiori'cs cl ont bcaucou|) soidlcrl : (pic VAiiioiii' hniuUint .son (tic. du
nirnie peintre, n'est qu'une copii'; que la I riins/i^iirntion, du Caraxage, est
((fort endommagée du côté droit et par le bas »: que les cinq cartons de
.Jnli's Udinaiii, rcpri'senlaiil lc>< Amours de Jupiter, sont
" un peu di'chirez ». Au total, (iuilbert n'en concluait pas
moins ipii- tous les tableaux ipi'il a\ail pu examiner de
pi en lui paraissaient o très originaux ". et ipie la collec-
lion é'tail des plus piu'cieiiscs.
1,'allaiie {\v rac(piisilion lut eiiliii teiinim r le i 'i jaii
Nier 17UI. i.e cardinal (iiialterio ('crivit an-^iliM à Cid/al
en lui envoyant le contrat de miiIc. m --ix articles,
di'iiiienl signé et libelli' en ilalien. I.c niix li\i'' fut de
I Ml 1.1 -1:. (icirc- f-rivic
!).'{, o(H) éeiis ic.inaiiis, c'isl-.'i-dirc .'{."iS.odo franc-, m niun-
nnin de Kiiiiice. plus un |iiit-de-Nin d'une dizaine de mille francs. Le paiement
devait être fait en ipiatie mois, et il ('tait stipule tpie les agents du diK
d'Orli'-aiis n'auiaienl |i- di<>il de d<'cio( lier les labliaiix qu'apri-s \erseinenl
I. l'iittlir il«n< In f.'i>rrr</Mini/u/iir </<■« (ii'rrr/cHrd ilr IWniiIrniir Jr l-'iuiu-e it limiif. iSij.'l, I. V, p. Il'ii.
LES coi.i.Er.Tio>s ni-: taiu.evlx. ohjf.ts d aut. mf.iiii.es, etc.
,So3
;'çinl Jiir Kiph^.
I.\ SVINTE viEni;i;
^7ablç;^^ de l'ancienne Oaleric du Palais-Royal^
Gra%'cpirJ.BouLlliarJl
iiili';.'r,il (le la soimiic. Le pciiilro Poerson, (lîieclour de rArailt'mii' île l-^raiice
à Ironie, fui rharfré <le présider à reiulialla^-e. Il s"ari|uitla (l(^ celte | lâche
avec lu pins grand Sdiii. il \ a\ait, ainsi ipi il le dit dans mie do ses lettres'
I. Correspondance des directeurs de l'Académie de l'rniice à Home. i.SijO. I. VI, p. S.'i. I.clliv du
II) .•irplcmljio 1731.
3o4
I.E PALAIS- ROY AI.
au tliic <l' Viitiii, di'u\ iviit soixante tableaux (luil IjiHiil ilôsoncadrer avec de
minutieuses précautions, étendre à plat sans les écailler, ou rouler. Quel-
ques-uns étaient dans le plus fâcheux étal, comme la Sainte Famille, de
l\aphacl, qu'on confia à un restaurateur de peintures très habile, Domcnico,
qui, sans pinceau ni couleur, seulcineiil avec des stucs,
boucha les trous nombreux de la peinlure, et qui mena
si bien l'opéralion, ajoute Poerson, que tous ceux qui
(iiit \u coite d'iivre u cl la voyenl piéscnleniciil (Icuilcnl
(|iiasi ([uelle ave été jamais gâtée ».
l'arnii les deux cent soixante tableaux de la collection,
il \ avail bi'aucon|t de clioscs médiocres, douleuses ou
, .mcriu . luôme sans \aleur. Mais uiic (piaianlaiiie d"o'uvres étaient
de pn'mier ordre, nolammenl les suivantes :
\m)iii:a dki. Saute. Ledit; — A. Sciiiavom;. Pilule qui se lave les inaiiis; — .\\-.
Cmuiaiiu:. Sititil Klienne ; — Cohhkge, Aoli me Iti/if/ere, lo, Léda, Danaé, l'Éducation
de rAiniiur, l'Amour (jui bande son arc, le Mulet, Sainte Famille, le Duc Valenlin, deux
Uludes: — K. \luano, Saint Laurent Justinien; — GionciONE, Saint Pierre, martyr;
— ScAHAi.i.ixt, les Pèlerins d'Emmaiis; — II. Gextii.ksciii, un Homme avec un citai; —
Palma I.E ViELX, \'énns couchée, Ilérodias cl un Diyje tte Veitise; — Jacques du Pont,
Saint Jérôme; — Le Tixtijuet, les Ducs de Ferrare; — .I.-.\. Regillo, la Femme adul-
tère;— Michel-Ange, (Janymède; — IJokuom:, Sainl-e Famille; — P. VÉiioNiisE, l'Fidè-
l'entent il' Euroite, la Mort d'Ailonis, Mercure et Hersé, Mars et ]'éiius liés par l'Amour,
Paul \'éronèse entre le Mee et lu \'ertu, la Saijesse compaijne d'Hercule, le Jlespect,
l'Amour, le DéijotU et l'Infidélité, (|uatrc coinposilions plaTonnantcs ; — P. Rubens,
Thnmiris, lu Continence de Scipion; — Raimiael, Sainte Famille cl Porlrail d'un jeune
homme; — Le 'InnA, la \'ie humaine, \énus à ta eoiiuille, la
Maîtresse du Titien. Diane et [eti'on. Vitcllius, rFselavone,
Vénus ipii se mire, l'Éducation de l'Amour, Madeleine, Phi
liplte H, roi d'Fspaijne, et sa maitreyse.
\a's peintures liiinil cidiinit'cs dans des caisses' cl
o\pé(li('rs il Li\oiunc, où lui bâtiment fiançais alla les
pn-ndre pour les amener au Havre. Mlles ariixèicnt à
Paris dans les iireniiirs joins d'(i(|..bie lyn. I.e Hr^p-nl
fut an coiidile du lavissenn-iit.
Il ne de\ail pas jouir Imii-Iiiii|,> de <,s ( jiei's- ^"<mTL, p.cr.c gr« c
d'inuvro convoilé-s pai lui peiKLint tant d"ami<'es et (|iril a\ail |>ii si ,|i|li,i.
icmcfit ron(|uérir!
I II ) .itiill i|iiiii«f inivM-^, ijiiiil liiiil .'Liinil |Hiiii Ici LiMijiux il >.|,| poiii des rlcssins (li> iii.iilics
riitojr* |Mr Ir «liir ilo lirnrclaii» à «;ro/nl, i|iii v fiiiMill iwimi cI<- lolU' niiiiiicic >cs lions ,iHi(c«s de
iMiiliiclalriir -Il tir «oii« cil rcii'ilpro i|ii°iiii |m-ii iIo clinm|)nKm\ ■• iiMiil dil à Cio/nl le- raidinal
(JuaiIrrUi.
11 1 s TOI 11 E 1)1 PALAIS- no V AU
LAiiionE i;o>ni isvNT i,i:s ciievai x du soleil
Agalhc - onyx
te.)
AUIAIELH lltblAlKE
Agatbc-onyx
JEUX SECULAIIIES SOLS
Agathe - onyx
M E II C U It E
ni i: \N 1 h^tLL
Ccxjuille
COLLECTION DES l> I K l« Iti: S OHAVKIÎS DU 1«|':i;E>T
Vendue en I7S7 à Catherine de lliiasie par le Une d'Orliwis ft'Uilii>i)i--l':,iiMè
Actuellement au Musée de l'Htmitage, \ Saint - Péterthourg
LES COLLICCTIONS I>K TAULIiALX, OHJKTS d'auT, MEIBLES, ETf;.
3o-
du duc d'OrUans
LES OBJETS DVHT, Ml';i) \ILM;s. CIIUOSITKS
L'ARGENTERIE, LES T \I>ISSKI\IES
L"iiiM'n(;iirc des ((illcclidiis de lniik's
soik's (|ii(' |)(is.S('(l;iil li- l\('^eii( rcinpliiail
plusieurs cciitjiiuL's de pii^a's. Ou coui-
preiidia d()u<- que je uie lioine ici à
donner un simple aperçu de toutes ces
richesses. Encore m'en tiendrai-je, pour
rester dans le cadre de ce livre, ;i ccIIls
(jui servaient à décorer le Palais- Royal.
La série des médailles et pierres gra-
vées mérite d'être citée au premier rang.
Elle ne comprenait pas moins de i,/|67 numéros, c'est-à-dire plusieurs
milliers de pièces, et était réputée comme l'une des plus importantes cpii cvis-
tassent, après celle du roi, à une époque où c'était une véritable fureur, parmi
les amateurs, de collectionner des médailles. La mère du Régent avait com-
mencé à la former. Au moment do sou mariage avec .Monsieur, Elisahetli-
Cliarlotte apporta en l'rancc» les belles pierres gravées réunies par (lliarics II,
électeur palatin, son frère, et elle raugmenta ensuite par ses acquisitions
personnelles, par héritage ou par des dons, car elle se picpiait sur ce point
dune cei'taiae érudition, l'I on ne pomait lui [jrocurcr un jiliis \if [)laisir (|ue
de lui ap[)or[er qiielques médailles et monnaies antiques. Son iils le savait
et ne mau(iuait pas les occasions de lui eu otFrir. L'excellente princesse écrit
dans sa Curri'spundnnce, \\ la date du i 'i juin 1710 :
Ce malin, iiilic Imil cl neuf licure.s, comme je me lavois les mains, mon fils
est venu dans niu cluiinliic cl m'a fait un très beau présent. 11 m'adonne dix sept
médailles antiques d'or, aussi belles que si elles sorloient de la Monnoie. Elles ont
été trouvées ])rès de Modènc, comme vous avez pu le lire dans les gazettes de
Hollande; il les a fait secrètement venir de Rome. Cette altenlion de sa part m'a fait
le plus grand plaisir >.
Un autre passage de sa Correspondance |)rouve que la |)rincessc, (|uand
il s'agissait denrichir sa collection, ne craignait pas de se (K'parlir de la
rigidité ordinaiie de ses principes. Elle raconte commcid elK' acqiiil de
M""' de Verrue de maginliques pièces :
J'ai profilé, dil elle, du vol (|u"elle a fait au roi de Sicile, c:ir clic ma \cii(lu
160 médailles ilOi' (picllc a d('-i()l)('cs à ce prince. Je n'ai eu i-cpeiidanl (pie la
I. Correspuniliifue tic Mmlnme, ('illt. liniiicl. t. I", ji. iiii).
T. I. lE PALUb-llOTAL. 3j)
;<Ori 1-E PALAIS-HOYAL
iiinilié des iiR-dailIcs (iiiille av.)it Milt'cs au roi. Kllc avoit aussi des cassotU-s pleines
de médailles d'argent: luiil eela a été ^c^du en An^deterre ".
Les principaux Lrravours du temps travaillèrent pour la duchesse qui, à sa
mort, (levait encore 3,ooo livres à Uoettior. Son Inventaire ne donne pas
l'estimation de sa collection, iini l'ut plus ipie doublée par le Uéf^^Mil. Celui-ci
conlia la ^'arde de ces trésors à l'abbé de La Chau, dont on connaît l'onvra^a'
superbement illustré de vignettes de Saint-Aubin et de planches représentant
les meilleures pièces de ce cabinet; il lui puhlii- aiiv Irais du duc d'Orléans
l't intitulé : La Collection des pierres gravées et nicdnilles de Monseii^neur
le dur d'Orléans ( •» vol. in-'i°). Vu Palais-Koyal, de luxueuv médailliers, dont
la description est donnée dans V Inventaire inédit, dressé par Claude (Iros
de Moze, intendant des devises et inscriptions dos édinccs royaux, coidenaient
ces raretés soigneusement classées. Les médailles antiques d'or l'onuant une
suite d'impériales romaines, étaient au nondjre de 8G7. Pour elles seules,
l'estimation monta à .'{."), 000 livres. Il y avait une centaine de médailles
d'or modernes, conq)renant notamment un Louis \lll du coin de Warin.
du poids de linil louis; seize nK'rlailles de riii-;|oire de Louis X\ , enl'ennées
dans un «panier c<iu\erl de moire bleue garni de galons ilor». Les médailles
il'argent aniiipies se conq)laient par cenlaines. (Juaiit aux pieires gravées,
topazes, saphirs, grenats, liyacinllns, tur(pioises, ani('lliysles, cornalines, agates
de di\erses i'ormes el grandein's, contenues dans des iVriiis de cliagi'in
duid>li-s de \elours noir, elles é'taient du plus lianl prix, l'arnii les hoîles
il porlnùts. (in en Miyait (piinze (pii élaienl en or, toiiles l'iiiailli'es, acconq)a-
gnées (le perles, rubis, diamanls, saphirs, el ornées des poiirails de princ^'S
et princesses de l.i cour. 11 faut mentiomier encore des jignrines dagale,
di"» eoll'iets el des eonpes d'or, di's bijoux .intiipies, îles cacliels, des bagues.
des tablettes il ('crire, <( (piarrées et l'ermanles ii clef, dont la ( oineiluic d'or
/•mailli-e est garnie de petits diamanls el rubis, et le dedan- plein de porirails
en mignalmv de di\ci- primes el piincesses..., » elc. L,i pi-isé-e tot.ilc de la
odieelir.ii, il l.i III, , ri du Hé'geiil, l'iil di- i •_>.'),() 1 1) livres, si- di-eomposanl aiii^i :
\l('daille> .iiilii|ui's ({'m .i").!)!)!!' »' »'
Lii coupe d'or, sans N riiiiipiciKlrc •Miii |iiiiiU .... .'{oo » »
Mi-daillrs ri iiKiiiiiaies innderiies d'i il •.>'(,S'|.'{ \ .'5
Mi'il.iiile-, aiiliipies dar^ienl ;<..'?oo .. I)
Mi'ilaillri l'I iiKinnaies iniidernes d'at';.'etit 'i.oSo 1 .1
^!édailll'^ inoileriies d'i-laiii 1 00 » .>
Picrreu Kriiv('c» ;, 1 ,,,s5 „ „
\iitiiH ( iiiin^ilés di- ilill'i'i.iile naliiic. . . .
I <:„rrfiiiiiMlniie.filr Minlniiii-, dIiI Itiuiirl. I. I". p 'lit.S.
7 , U I O » >)
i.Fs cni.i.ErTioNs he t\iii.i-\i\. oiuivis daut. miu iii.ks, etc.
L;i collcclioii (les laédaillos ri iiit'ircs ^r'.ixt'cs du U(''m(>ii( se truinc
.uijoiinl'luii ;» Saint- IV'lersbouro;, firàce à Calliciiiic de Uiissic, (|iii lai liila
loiil ciilirrc, en 17S7, à l'Iiilippe-l'l^Mlih', l('(|iicl. Iiaiccli' pai- les ciéancicrs,
c'iierchail à ùnvc ai-^^ciil de toul, sans aiuiin sciiipidc II allai! iiiotlrc la
collection au\ cnrlières publi(juos. Déjà on Miiail de piiMici le Catalogue
des pierres gravées du Cabinet de
feu Son Altesse Séré/iissime Mon-
seigneur le duc d'Orléans, dont la
vente pubUfjue sera indiquée dans
les papiers publics (à Paris, chez
Barrois l'aîno, 1786, i vol. in-i8).
lorsque, par renlromiso de (iriniin,
liinperalrice Catlierine fut iiiloriuée
de ce l'ail. Elle se liàla d'aciieler au
prince, nioyennaiit la somme de
45o,ooo livres Tensemble du cabinet.
M. Mauiice 'rouriieux a publié, en
tète de son édition de la Correspon-
dance de Griinni ', l'acte de vente et les conditions dans lesipielles l'ureid
transpoitécs à Saint -Péteisbour^- ces admirables épaves cpii l'ont mainlenant
riionneur du musée de l'Ermitage.
Les autres bijoux et curiosités que le llégent possédait au l'alais-l\oyal
étaient eu tel nond)re et d'une richesse si extraordinaire cpie Ton reste ébloui,
à la lecture de leur inventaire, qui ne demanda pas moins de plusieurs vaca-
tions, en 173^. On les estima alors à un peu plus d'un million de livres,
sans c()nii)ter les pierreries; c'était peu si l'on songe à leur valeur artistique.
Un a \u |)lus haut la liste des tabatières que la duchesse d'Orléans possédait.
_ Mais qu'est-ce que cela auprès de celles cpii appartenaient à
son mari et (pii étaient toutes plus reiuarcjuables les unes que
les autres! Les vieilles porcelaines de la Chine et du Japon,
les jattes, les cabarets, les pagodes, les vases étaient innom-
brables. Les montres à répétition, les boîtes ornées de minia-
tures, les cristaux de roche, les caves à liqueurs splendidement
décorées, les menus ustensiles do travail, ciseaux, compas,
lorgnettes, en un mol une i'onle d'objets servant aux moin-
dres usages de la vie, étaierd dadniiiables spécimens du goùl charmant et
spirituel de l'épocjne. (Comment puiser dans cette liste iideruiinable, et (|uel
niolii" de menlioimer ceci plut('it que cela.^ Dans l'inq^issiliiliié' (le donner
I. T. I". p. 7. — Il y :i\:ill i.S tiroirs cniitiiiiiiil i.'|(iS pièces.
3og I.E PALAIS-nOYAL
mie iinin.Mulatmv coiiipIMi-. jf iiu' bornerai à citer qiicltiiips Jirticlos [iris ;iu
hasard |)our inonlrer seulement à quels prix d'estimalit>n étaient cotées alors
ces petites nierveilles (l'art et tie froùt :
Tabatière d'or, ovale, sur laquelle sont les armes de M. le duc dOrléans et de
Madame, pesante 4 onces 3 gros, 3ij livres. — Un couteau d'or dans son étui d'or,
pesant i once G gros, 12G livres. — Deux montres d'or à répélition, lune par
(landnin. lautre d'Angleterre, avec leurs chaînes d'or, i.ooo livres. — Une tablette
d'or émaillé de vert, avec des figures en relief, garnie de son esquille d'or, 22G livres.
— Tulippe d'or émaillé. dans laquelle il y a un petit arlequin avec un petit diamant
des.sus. itio li>res. — Deux llacons. quatre petites boettes, un œuf. un silllel et une
cuvette, le tout d'or, pesant i marc i once -i gros, jg'» livres. — Un petit flacon
d'or, une petite boette en chapelle, la garniture d'un flacon, une pclite boëtlc ronde.
le tout d'or, et deux petits cercles s(m\;iiiI ilc pied à des flacons, ■.>.'\i livres. — Ln
étui de chagrin rouge, dans lequel il \ a -i\ cuillères à callé d'or, pesantes 3 onces
tJ gros, 'n'i livres. — Une lorgnette d'y voire, garnie d'or émaillé, dans un étui de
chagrin, avec deux microscopes d'yvoire vert, garnis d'or, 80 livres. — Un étui
de ehagrain, dans le([uel il y a deux loupes et six battons de cire, le tout gaini (lUr.
10.S livres. — Trois tasses et trois soucoupes émaillées sur cuivre, garnies de viiiiitil
doré, dans leur élui de velours vert, '|5o livres. — Cinci portraits ou médailles.
y compris un cœur de jade, dont trois garnis d'or, un d'argent et un enrichi de
dianumts, uoo livres. — Petit coffre d'ébène avec des nngnalures et des glaces dans
les dites mignalurcs, gariu autour de moulures de bronze et de bandes de lapis
el cornes peintes dans le goût du lapis, garni sur le dessus de quatre coins en
cartouche avec des testes de Flore, el par leur niilicii de quatre enfants et guirlandes
de fleurs, le tout d'argent blanc, uoo livres. — l nr écriloire d'écaillé à manpiclerie
de «-uiNre et étain, garnie de son cornet, imudiicr cl luvcttc. le tout cnincrl cm
argent, la."» livres. — Tabatière d'or <piariée, émaillée de couleur, '|Jo livres. —
Tabatière d'écaillé de forme ])iquée en éventail, garnie et doublée d'or, avec une
peinture dedans, 700 livres. — Tabatière qtiarrée coulée d'or dessus, représentante
une ruine et un paysage, garnie d'or, >").')o livres. — Tabatière de chasse, garnie d'or
en cerceau, a5o livres. — Soixante jetons il'arjjcnl, rcpr('>cnlaMl les Mii'lain(it|)hoses,
|'|5 livres. — Cin*! i-cnls jellnns d'or. p("'<iui^ rnscnililc jS marcs ,■"> onces el '1 gros.
i'S.~'\\ livre».
Il n') a pas lieu de pnursuivre ici celle Muiiieiiclalure: le coiirl exjrail (|ni
xieiil d'i^tr»' fait d'un in>entairc. uni(|iie peut-être par le nondire el la valeur des
objets d'art <|u'il dc-crit, n'est dunin' ici (pi.'i lllre d'iiidicalinii.
pour l'argenterie, le Hégenl en pnssi'dait imk- 1res grande (piaiilih', car
V ln\-rttt(tiri- en <lonno le détail et le pniiU, qui Mimile à '\.'.A\- marcs, en
) cMnipn-nanl In vaisselle laissée |iar le 1 ,ir<linal Didïois ila(|iielie pe^ail
l.i.lq nuircs) i|iie le duc d'Orléans asail l'ail ;:ia\er ;i ses aime-, \u( une
("•liiiiiilion n'accMMipagne l'énuMiéraliiHi des pièces di'-signécs. Il ne s'agit là
que d' I .! .'. 1,1. I ;.• lie lidde. Jùn-iiri' n'y M»it-iMi p.is figuier- les m.igiiilitpies
LES COLLECTIONS IlE TABLEAUX, OBJETS d'vUT, MEUBLES, ETC. ^OQ
siirtouls quo Biilliii exécuta pour le llégout. Ce célèbre orfèvre avait été cliarf,^',
à l'époque où il était question du mariage de M"" de Beaujolais, lille du duc
d'Orléans, a\cc l'iiit'aiil (l^i'^spa^^nic Don Carlos, de l'aire iiik' splcndidc toilette
d'argent: c'était un des cadeauv de noces de son père. Le mariage n'eut pas
lieu; mais, la toilette ayant été terminée, il l'allul la payer: la noie nionla à
3i,6o7 livres'. Qu'est devenue celle œuvre
exceptionnelle ? Elle ne figure pas dans
VInventaire. Fid-elle, comme tant d'autres
merveilles, envoyée à la fonte.'* En revanche,
nous y voyons figurer quantité de flam-
l)eau\, de lorclières, île ])assiiis, d'objets
divers servant dans les appartenients et
non confiés à la garde des olliciers de la
bouche, qu'il convient d'ajouter à la vais-
selle de table. On trouve, par exenqile, les
articles suivants dans cette catégorie :
lûii. Un bassin de bidet, doux moyennes
cassolettes, une petite cassolette et deux sou-
coupes, douze tlandieaux quarrez, quatorze
flambeaux quarrez aux armes de la reine
mère, deux petits chandeliers, quatre grands
chandeliers à tige à pans, deux bougeoirs, un
porte-mouchette et sa mouchclte, une écri- moituidikh e> ahuest
toire garnie de son cornel, poudrier et sa
soimetle, un cornet-poudrier et boetle pour l'éponjjo, une lanqje à espril-de-vin,
deux nuichincs à cpialre bobèches, rallclière, pesant le loni ensemble lôi) marcs
.") onces, prisé à juste valeur et sans criie à raison de Tn) livres (| sols 8 tlenieis le
maic. la somme de S,o58 livres 8 sols.
i.")!-.). Kern, deux petites quaisscs quarrées, mie callelière à esprilde-xin, son
léebaud, deux lanqics, une palette, une boette ronde à eatré, une <iiaii(le cuillère, un
ent(jimoir, deux grandes caisses cpiarrées pour l'aire chocolat et callé, sept cuillères
de vermeil, jjcsant le tout ensend)le ûi marcs, la somme de 'î,^~\ livres i3 sols.
i5i.3. Item, un étui à curedent d'or, pesant six gros, prisé à sa juste valeur et
sans criie, à raison de 7.'55 li\res le marc, la souune de 8 livres i8 sols i denier.
i.")i'i. Ilrin. un huilier de table garni de toutes les j)ièces cpii le conqxisent, de
\eiiii(il (ion'. sciiNdir. la grande pièce qui pose sur la laiile, la pièce cpii se pose
au milieu, soidenue par quatre consolles, au milieu de hupielle est posée une figure
(le Baeeante, deux sucriers, deux burettes, deux barils à moutarde, six bouchons de
carall'e, <puitre poiviières, six salves à cosie, dix branches |)mir les bougies, pesant
le tout ensemble mjo mares /| onces, et |)risé ajuste \aleiir et sans criie à raison
de. ."io livres c) sols S deniers le mare, la soiiiiiÈe de ."),<i7.'> livres ii sols (i deniers.
I. l':ial ilr la idiiiniuriaillé ilc l'Ii. il'l )ili mus a\(T son rpoiise. - .\iTlii\cs iialioiiiilcs, H 'i, lotUi.
3lO '-K PALAIS-HOYAL
iJiû. lVu\ ^1 Ulules curbcillcs à pans galbez, (iiialie moyennes eorheilles ù
pans, et deux pelits bras de la -.'aide robbc de M''' le due d'Orléans. j)esanl 70 marcs
5 onces, et prisé à juste valeur et sans eriie, à raison de ju livres 9 sols, 8 deniers
le marc, la somme de 3,565 livres 7 sols S deniers.
i5i6. Hem, une <;rande terrine couverte de forme ovale, tiaiis huiiicile il y a
une ffrille, une grande marnutle et son couvercle, quatre casseroles à (pieiie, deux
movennes easserolles sans ipieue. une petite casserollo ronde pour les (•(iiiii)nttos,
un poêlon à longue «pieue, un réchaud, un gril, un |)nl à i)<)iiill<iii. un et uiiioir.
une cuillère à dégraisser, une cuillère à pot, une lèchel'rile et son arrosoir, le tout
d'urgent bluin-, poinçon de Paris, pesant cnsend)le KÎi) marcs /| onces et prisé à
juste valeur et sans eriie à raison de '19 livres 9 sols 8 deniers le marc, comme
vaisselle montée, revenant ladite (piaidilé aud. \m\ à la somme de f>.()02 livres
18 sols (i deniers.
1517. Hem, trenle-six assielles de vermeil pesantes ensemble SG marcs '\ onces,
prisées à juste valeur et sans eriie à raison de 5o livres 9 sols 8 deniers le marc,
revenant lad. (pianlilé aud. prix à la somme de .'1,370 livres iG sols 2 deniers.
i5i.S. Ilem. une graiule soueoui)C à pied, une saussière, un sucrier, une poi
vrière en nef, deux sallièrcs à pieds à pans. Iiois tniilères à ragoiit. deux four
clielles d'enlré-e. le tout de vermeil, pesaid ciiscmlile iS marcs; 90S livres 1 '1 sols.
'l'oiis CCS objets, compris dans rargi-idciii', se Iroinaiciil dans les aj)|)ai'-
li'Miriit-< lin l'alais-lldjal. I.,a vaisselle proproniciil dili' (■lail it'parlic <lans les
ilÏM'i-s sorvicos et placée sous la responsabilité dos ixi^-diuics (jiii a\aiiiil à en
faire usage pour les besoins de leur cliarge. l'ai- cxcniplc. I ar^cnlii'i' avait
un total de lo'i pièci's. plais, assiettes. clDciies, etc.. poiii' la table des maîtres
ou du coninnui. pesant nu lulal île ."iii'i marcs. Il \ avait la vaisselle relevani
spéciaieuu-nl des olliciers de la HiMiche, marmites, cassernles. pots ;i vin,
pots h bouillon, plais roiuU, compolicrs, essais, siici'iers, imiliers (."),"> pièces
pesant idii) ninrcs '1 gros); la vaisselle du pâtissier de la Udorlie, cnmpoliers,
assielles «le cou\erl, plats de forme particidière ( 1 .'{ piè. es pilant '1 1 marcs);
la vnis.sclle du peideaii, cuillères et lumiliettes, aiguière. Ilaniliiaiiv (V |>iècos
pesaiil (Ju iiiarcsl; la vaisselle de rKcbausoimeiie, eouveil du vin, llaious. etc.
{'Ào pièces pesaid 17.") marcs); la vaisselle de la l'atmeterie. saucières, mnutar-
(liiTCS, cnileuas, Imiliers, salièie--, pi.iviière^. tire-mmlle, etc., soit en vei-
nieil (157 pièces pesant .'i''! marcs), suil m argent lilaiic ( 1 7S pièces pesant
a/|.S niari*s): ••nlin, la vaisselle tjui é'Iail it'vervi'e |i(iin le service des |iiinces
cl princesses {|;ms les grandes occasions, en m- et eu vermeil (iii) pièces
|M-Manl -i-xU marcs). Outre celle argcrderie si variée et si alimidarde. dont
l'ulTectation était rigoureuseiueiit n'gli'i'. il \ avait au Palais- U.ival ce qu'on
|K>urrait appeler la grosso orfî-vrerie, la vaisselle à limt faire, empinvee |)(>ur
hi Honclie ou pour le cninnnm. marmiles et cassciules de tontes formes,
poéliH .'i riinlilure, écunioires, fourclielles et cuillères, llamlieanv. etc. (lelle-l.-i
LES COLLECTIONS DE TAHLEAl'X, OH.IETS I)\lll, MEllILKS, ETC. ."{ I I
t'Iait divisée pu trois séries, vaisselle hlaiiclie, \aisselle «< ^(xleioniiée » et vais-
selle de vermeil: la première C()m|)reiiail i/jS |)ièces et la seconde io() pièces,
pesant ensemble i.'>8r) marcs 8 onces A gros; la troisième, 170 [tièccs, pesant
TAriSÎ>KmE DE IJESPORTES
III marcs 9 onces, nrochanf snr le tout, \enail la vaisselle légnée an duc
dOrléans par le cardinal Dnhois, ipii ne comprenait pas moins de 85 pièces,
pins sept (ion/aines (Tassietles rondes el si\ douzaines (rassietles à pans.
Ln mot, maintenant, snr les tapisseries. On a vn pins liant y). i()(i) (piel
grand nombre de belles lentun^s Monsienr avait rénni an Palais-Koval. Son
fils, bien entendn. les garda. Mais, dans le remaniemeni (piil lit snbir à la déco-
ration de sa demenre, tronvanl sans donte (pie celles-ci avaient nn air \ieillot
et n(> s'accordaient plnsa\ec laspecl nonxean de rarcliilectnre d"( )ppenordl. a\(>c
les i)oiseiies claires, les laiidiiis re\èln-<(ie ;^l,ires. il les leli'gna |iie-.(|iii' Idiites
dans son garde-nieiililc. l'imr --om ;;iiril |)ailieniier. il pri'lV'rail les étoiles t\c
3ia LE PALAIS- ROYAL
soif l)roili''es d'or, di- CDulcur cramoisi, pimpanles, chaulantes, et ce sont
celles-ci qu'on trouve à profusion dans ses appartements, comme chez sa
femme. Los tapisseries de laine, à sujets, furent laissées seulement dans les
parties du palais meuhlées à l'ancienne mode. Ainsi, la mère du Régent garda
dans son appartement la tenture de VHisloirc ilc Snlomoii. L'ancienne chambre
qu'occupait le duc d'Orléans, alors qu'il n'était que le jeune duc de Chartres,
resta ornée de la tapisserie représentant V Histoire de César. Celle de sa dernière
fille était ti-nduc iK' dix- sept tapisseries figuiant V Histoire Stiin/e, rai)ri(ju('
(!«• hruxelles. Il \ en avait encore chez cjueUpies-uns des oiliciers qui logeaient
au l'alais-Ho\al, connue M. de Conilans, ou hien dans la salle des gardes : ces
dernières n'appartenaient pas au Ki'gcnt. mais au ninhilier ni\al. Louis \l\,
qui possédait une réser\e ct)nsidéral)le de tapisseries, en donna plusieurs fois
à son frère, notannnent la magnilicpie série de Moïse, du dessin de Poussin ',
ou hii'u se ciHitciita (h- lui eu prêter ;i certaines occasions, coniiiie en nfjvcnilire
itiyi), lors d'un séjour (jue le duc de Lorraine lit au Palais-Koxal, oîi il lui
envoya la tenture iV .[levaridre, île Lebrun, pour décorer les appartements
de son liiile.
l m- conq)araison intéressante (pie V Inventaire des meubles du Régent
permet <le faire, c'est le prix d'estimation des tapisseries de Monsieur, aux deux
d.ili's dr 1701 cl (11' \--i'.\. V.w \iiigl ans, (|ui'l(|nt's-uiies de ces tentures lii'iii'll-
rièrent d'uni- jilus-\alue exlraordinaiic. Par e\enq)le, la série d'Amadis des
Gaules, en cinf] pièces, fidiritpie de Bruxelles, prisée (),ooo livres h la mort de
Munxifur, monte à -i;),!»») Ii\res ;i l;i mort du Régent; Vllistoire d'Artéinise
\i\ de l),ii()o lixres ii i(l,ooo livres; V Histoire de Jules César, de 5, 000 livres
h 7,.")oo lixrrs, etc. \.'Histoire de .Moïse, en six pièces, est cotée i/|,5oo livres:
W's Jeii.r il enfants. Ai- Kapliail. en >ept pièces oiiiées des armes d'Angleterre,
h S..'m)I) li\res; VHist<dre de Sii/iion, en sept pièces, à 5,5oo livres, etc. On
ci.nq)ri-nd. d'après cela, (pie si la mode, au temps de la Régence, restreignit
r<'iiip|ni d^•^ tapis-riics il suji'ls, si ri'panilM ;i r.'|)o(|uc pivci-dcnlc, ce n'est
pas qti on cs|iiii;i| tnoins ces ii'uvies d'art : m iilcmciil les dimensions des
chaiidir-fs r-lairnl diniinuécs, rt l'on a\ait pris le goût des décors plus
nimablis qui- vuIiimuIs.
i.\ (.M.iiîii: I)i;m':i;. i)i:s(;iui'Tin\ i)i> \i>p\imi:m|.;\is
On n \ii, .'lu di-l.iil «le (.• chapiliv. qucllrs lin, ni |,s coii-l iiii|i,,ii«; ii,hi\cIIcs
c»«''cutérî« nu Pnlni.x- Ro\;il »iius U\ \\é'>n'\UK-, d 1rs tiaiis|,,ini,ili.p|is anni.i |i''(.s
I liiiriNKl. Iliffiitiiirr lin inululirr ilr In l.'>ur»iiiir, I. 1". |>. .T|-.
IIISTOIHE OU PALAIS- H 01 AL
ANTOINE CO'iPKL : ETUDE l'<JLIl LA DECOllATlON DE LA OALEIUE D ENEE, AU PALAIS- IIUY AL
" Juitoii commande à Éule Jir déc.hainer les vcntit >i
(Fic-timili Ju Jc»ln original Je l'jrliMcf, conurvi au Musée Ju Louvre)
LES COLLECTIONS DE TMILEAIX, Olî.IETS r)"\IlT, ■MnilLrs. ETC.
.•Il 3
alors à la distribution des appailciiuMil-. Iiiiililc de ivMiiir sm- ce |i()iiil. Oiin'il
importe de reuiar(|uer, c'est (|ii"aiieiiiie de^ descripliniis pulili(''es an wiir' siéeie
ne s'appliciuo avec cxaelitiiile au\ travauv di- celle période, l'i^'^anicii de l„i
Force, aussi bien (|ue lîlondel ou d'Argenville, n'oid rien connu (hi |)alais
Peint par Nicolas Poussin
Duvlos et Dambri
LE FIliPPEMEST DU nOClIER
(Tableau de l'ancienne Galerie du Palais - Royal )
à cette époque. Ce qu'ils en disent se rapporte surtout à ce (pi'on en \ oyait
vers l'année 1752, c'est-à-diro au moment où le petit-fils du Régent diargca
rarchiteete Contant d'hiy d"niie léredinn ipii de\iiil |)ivs(iuo générale. Ouand
ils parlent de la décoration des galeries, de lii dixision on de la deslination des
cliandjres et cabinets, de l'ordre dans lequel éliiieiil disposés les tableaux, etc.,
c'est à cette date senicmeni (pi'ils s.' pla.HMil d non a\anl. Pour ce qui concerne
l'époque où vivait le UégenI, il n'exisle point de documents précis, à pari les
pièces darcbives inédites signalées dans le présent livre. Des noinl.ienv pians
qu'on IrouNC à la liibliotlièque luitionale dans les deux volumes d.- I;i To/w-
graphie de la France qui ont trait an Palais-Uoyal, pas un ne sendjle ponvoii
être rattaché à la période s'étcudani de l'année 1700 à \-:\n. l n seul , mnl.l.i
cette inexplicable lacune, c'est <elni ip.i ligure en léle du gn-^ in r..ii,.. daté
de 17.H, que possède la Bibliothèque nationale, el .pii ;. peur liliv : Plans
T. I. LE PALAIS-nOÏAL.
3,1- LK l'AI.AlS-UOVAI.
ties liâlinun.s du Pahi/s-Jioj/n/ et des logements drs oj/iciers ' . Il pornic-l
de se rendre coinple des changements apportés au palais depuis la mort de
Monsieur, et nous pouvons, grâce à lui, nous reconnaître dans le dédale des
apiiartiMn.iit>, tels qu'ils étaient alors.
l/.-raliiT principal était toujours, comme au temps de Richelieu, dans
lan-l.- -anche de la deuxième cour. Après l'avoir graNi Jusciu'au premier étage,
on lrou\ail la salle des gardes,
donnant accès sur deuv enlihuh-s
de grandes pièces qui occu|)aieMt
le corps centrai du palais: !i droite,
(lu côté du jardin, (•■étaient des
salons dr réception, et a gauche,
face à la nie Saiiit-lliuKiié, 1 appai-
Iciucnt (le la vieille |»rincesse l'a-
laline. Les deux ailes du palais
avaient rc(;u mie desliiialioii très
liancliée : à gauche, était logée
l'inutimbrahle Ibule des olliciers de
toute hiérarchie, les serviteurs, les
j)aiasites: à droite, se trouvaient
l'appartement du U('gent, sa cham-
hrc (l(jniiaiil -m la cour de la Hi niche, la galerie des Illustres, (pli n'en était
sépariv tpie par la C/ia/n/j/e des Poussi/is et (pion avait diminuée de nii>ilie.
puis ranci<-iuie chapelle de Ilichelieu. transformée en cahinel. pit's diKniel
s'amorçait la ;.Mleiie cunsliulte par Maiisait, ahoutissant siii- la iiie Uielielieu.
(l'est d.ins cette galerie, di\is(''e en plusieurs salons. (|ue le duc d'Orléans avait
plact' sa colleelion de lahleanv. (:'e->l là «'•^ralemenl (pi'i'Iaient sa l)il)liotli(''(pie
et son cahinel de liavail. \ii ImmiI de la ;;alerie de Maiisail. il v avail le beau
vdon di'-cori'' par Oppenoidl, ipie \r r.i-ciil Ml lel'aire deux l'ois en (pielcpies
HUni'-e-;. el pour- lequel il depeii-a de- s, mis (•lionne^, l'ili-. ,"i iholle du
naloii d ( )|i|h'iioiill. il- liàlinii-iil se pio|oti;:eail par une ;;aleiie eii leloiir, ipii
Iniige.iil 1,1 rue Hiclielieu el qu'on noinniail la (i<iliiic di'.ncr. l/apparlemeni
de lu duchesse d'I )rlt''ans, qui a é'ii' ilirril pliis liaiil. s,. ||-oiivail. comme on
tail, au re/-de-ch.iuss<'e de eelle ei.
On pourrait, sans hop de dillieidles. reconsliliier ii |i.ii |iiès. -i l'aide de
l //<e////»i//v de \-\\\, la phvsjonoiuie de ces .ipparleiniiils, el en évoquer la
•«>iu|.liien-e iina^'e. Les beaiiv nienlih's de Cresiml. orm's di- ligures de liron/.e.
onl n-mplaci- prescpie paiioiil 1rs <aliine|s nii peu liistrs d,. Ilonlj. . ilonl les
I I ..Llllrl .1, . I I ,,,.,,. . V r II.
miikuim: (c:\iiim:t m iioi)
3i6 i,K PAi. \is-nnY\L
incruslatioiis dt'caillc ft ilrtaiii ciil moins (ralliait ([iic les inaniiioterios
brillarïli's <lf son ciimlc, lesquelles sliarmoiiiseiit à ia\ir avec réclat des étofles
soveiises. l.e l'alais-Koyal en est rempli. Hinvaii\. laMcs. commodes de toutes
ioiiiies, eonsoles, hihliollièques dans la |)lii|i;u I tirs i liaiiiliii's d'apparat k'moi-
;.'iic lit du lalinl injrénieux et fertile de ce célèbre ébéniste. Ces meubles sont
^'(•ni-ralement en bois d'amaraide, platiné de bois de violette, et leur décnr de
bronze don'', largement cliantourné, s"(>\alle en chaude patine sur ce Idnil de
sul)ri' éli'gauce. Ils ne sont pas dispersés, comme il ariive de nos jours, |)our
ainsi dire an hasard, dans toutes les paiiies des salons, l.cni- nombiN^ est lirnih'-,
et chacun est à sa |)lact\ jouant son r(Mi' ilans I cnscnililc hannoiiicusciucnl
coinbini'. ipii n'est plus symétii(|ue cl l'roid, mais reste encore soumis à une
savante ordonnance. Pénétions dans les appartements personnels (hi l^i'i^cnl.
\près a\oir lia\ersé la salle îles gardes et l'rauchi la galerie neuxc (|iii longe
la rue Saint-llonoré, en ])assant au-dessus de la porte c(iehère. nous arrivons
à sa chambre, celle (pi'il occupait en dernier lieu, et iini, jxmi de temps avant
sa mort. :i ('té agrandie. Les ornements de sculpture cl de dorure, les glaces
cl la di^posiliuii de lalcine eu l'oiil une piccc loule charmante. L"ale(jve
qui renferme \r lit est sontcinie |iar dcuv colonnes dorées d'ordre com|iosite.
el fermée par une lialu^tiadc du nicme goùl. Toute la chambre est tendue de
soie cramoisie, formant paimeaiix criiadit'-s de galons d'or. Le lit, à bas piliers
(le bois de noyer, est en l'orme dii<lie-<e. ;i\ec bonnes gi-àces, doid)les pentes,
dossier il l'impt'-ri.'de. ch.uilonrnt'. t'iialenieiil de damas ci'amoisi avec franges.
g'iands et houppes d'oi". (]omme meiilile^. Imil l'uileiiiis. neiil' plianls et
(piehpies |;d)ouri'ls cou\erls de pehielie eiamoi^ii'. un l'aiilenil de loilelle.
une petite lable de imil en bois d,' xidielle, dcuv graïKÎes |;il)!es de bois
scnlpti- el (Um\ avec dessii>; de maibre en \eil (l.unpan. ime conuuode en
forme de tombeau, plaipn'^e de bois de \io|e||e el gainie de liidu/es de couleurs,
avec dessus de marbre ( ierfontaine. enlin dix i'euilie^ de para\enl ;i coulisse.
de d.imas cr,nnoi-.i. La beauli' de la chemint'e r('poiid ii loul le reste. Klle est
surm((nt('-e d" ■ h.nile ;.d,ice cinln'e, en deux pallie-: nn autre trumeau
(le glace lui tait face, cl im Iroisième, entre ii- deii\ lenèire-;. achève de
n'pandre d.'uis la ch.unbre île la ■^li'ict' el de la gaîti'. \n-(lessus des portes sont
placés des t.ableanx : /'/i//t/i/>r II cl su nitiifr<\s<\ du Tilieii: Mûrir ilr Mrdicis,
I. \.p lil, aspc \fi »\v\n^, fsl |iiisi-. ilnns VlnvmUùrr, 8,.'ioo livivs. Mnis, dp iiu^mo qwc In dtirlirsso
irOrliMii». le rii-ui-iil ('Il |MKi<u'<lnit (liiiii 11)11 iinu\o- iililc iiliisiciir.simhos de n-cliiiiicr. (|iil (•Ininil plus
f' ' '"•>' •'•.'«linirrit de Idii crninnUi. |,f |iiiiirc iiViiil «'•vidcimiicnl uni' pmlili'clidii pour
' '•" «iaïudiTiii un (u" .'Uï). de M'li>urM iut-iiruiil, nvcc liniidcs d,- lii'odcric or cl iii|;ciil.
•I -«. IJ\ri-'.. In nuire (n* S'x»), df \clnuis ii.unnisi, «luiii di- poiiil (riCspn^m'. nioidc
I II niitrp encore (ii* 3'ii), dr diiniii<* Jiiiiik' de {.i-m^, ^f.irni de linidnii-s. onicmcnls.
*• !'"'• friiiiKn» d'orgonl, iillclnl hl'iik» livrtvt. Celui-ci ne pn-isji pus niix encliorcs nprc»
1.1 MirO ,,., ii.-^jenl. rnr in veuve le ({nrda |K>ur elle.
LES cni.i.ECTio\s ni: tahi.kmx. or.if.ts d mit, meidi.es. etc.
3l7
Snei/ders et Ladi/ Snci/dt-rs, tous trois do \ an Dyrk. In /irand lustre, à six
l)raiirhes, desrend du plalond, faisant scintiller ses cristaux, et pour que,
la nuit vciuie, l'éclairage puisse rtrc plus r-clalanl encore, six liras de lumière,
en bron7.o doré, appuient cliacun leurs trois hriiiiciios pla(pi('(^s aux nunailles
sur la tète frriniaçanto d"un lu'iiei-.
(Idiilinudiis notre Aisite jus(|ir."i la parlii' du palais occu|)éc d(^ nos jours
MEUBLE DE BOULLE, ISCBUSTE D ECAILLE
ET DE CLlVnE
ièmsf
par la galerie de iSemours et le Théâtre-Français. Sans nous arrêter dans
la pièce contiguë à la chambre du Hégent, réservée au premier valet de
chambre, tondue aussi de damas cramoisi, dont les meubles on bois de noyer,
à pied de biche, sont d'une exécution très fine, passons par la (Paierie ries
Poussins, où le damas cramoisi règne encore aux portos, aux lenètres, et
disparaît sous les tableaux représentant 1rs Sept Sticrcments. Nous trouvons
ensuite la Galerie à hi Lanterne, dont le j)lafond est vitré, ce qui est, à cette
époque, une innovation jugée avec raison particulièrement favorable aux
(l'uxres de piinluro. Puis vient la Salle du Conseil, où toujours le damas
cramoisi sert do foiul resplendissant aux objets d'art, aux beaux meubles,
aux tableaux de maîtres (|ue Ton voit pailoul. jus(|ue sur li' liumeau de glace
(pii surm<jnte i.i (•liciniiK'c. An milieu esl nti iiia;jiiili(|ue hureau de six pieds
de long, décoré de bionzes d'or UKjidu, sur liupiel on admire une écritoire
momnnenlale, piacpiée de bois des Indes, garnie de cuvelles d'argent, et
présentant dans son ccnlre une |)r(''cieuse cocpiille. Toiil aiilour. des sièges,
une vaste chaise longue à deux dossiers en bois seidph' et doic'-, trois ou quatre
.3iR
I, r. PALAIS- U O Y A I.
>i'^ir ^xv
m
(Vrans, un c.iharol vi\ laiiiio d»» la (iliinc iiiaii|in'' aii\ aiiiics »r( )iir'aiis. C'osf là
(lUf U- Ui'-:;iiit li'ii.il K's iniiiislics el dii Idii ck'liiii'rc sur les airaircs de ri;ial.
l'iaiicliissons iMirore (]m\ jjirccs, ^ai-
=i-**'i'"'*'r-C^'^*h <^ nies di' laliicaiix. .Nous Xdici au l)()ul dt-
la ^alorir di' Mansart, dans le grand salon
ddiuiaid sur la rue HiclicliiMi. drcoiv par
( )|i|ii'ii(ii(ll. L'archiierli' iaxnri du duc
d'Orléans s'est couiplu à lui dninicr des
cllrts sinfruliers de richesse v\ de lumi-
neuses tnualilés par les sculptures doives
(les iiniseries jnuaid avec les tentures
de dauias crauioisi, les marbres rares,
I(N trumeaux de glaces su|)eriiosées,
(|ui alleigueul à i '|8 pouces, c'est-à-dire
à 1 mètres de hau-
teur'. Les tahoiu'ets
AyV-'"^^'^*-^ '*^:^:^. snni ranges le long
> w iC'— '"^.î;^ -\ '''"" i'""'^- "id l(Mirs
-^^s'"^ pieds eu l'orme de
\ -^i eousole, eu hois scul-
pli' et dor(' : ils sont
couM'rt< de lapissei'ie
des (iol)(^liiis à tond
(l'or el il pelil point
( prisés (),()oo li\ res
dans Vlnventaii-f).
I u lustre spleudide
( pi i~-é' r in li\ res),
il doii/e lu a II cIk's,
ciitièremciil en cris-
tal di- roche, (-lalr l'anhil. rliuc ilr -es oiiii'iiii'iil > i ni ilaii I-, lioiijcs, \ases,
aniandrs, lioiupii-ts. et a pour peiidaiil-~ dcii\ ;;iraiidolrv à seize liraiiches,
<pii sont sniili-mirs par- une soile de iia\iic' rn |iroii/i- don' (prcscorteni des
nn'i.ndi'x el l|(•^ triton^, lin l'.i. i- y\r-~ rciirlics doiiiiaiil -^iir la iiir Hiilicliiii,
ileiix hirp-s tailles de inarhre \rrt Campaii. incruste di- luvi lie xiolitlr ci de
hrocniclli-, dmil les pieds sont fornn's de dou/(> gaines de hois scidpli'. sont
I l.r |Miiirc ri|iiltiilnil h 37 iiiilliiiii'lri>*. Itii-ii «'iili-mlii. il '■';i;;il ici ilc Li ii'iiiiinii ili- |ilM>ii-iirs
• .ir un nr •n\nil |iii< nliii'» fiiliiii|iiiT «lo claco iiM-Mii.iiit pliiv de ■^ iiirtri'v iriiiu' |iii'rf.
V:
i.iuni: i:»i«rnTr r< T»l>l•^nllr nrs r.ofiri.iss
.ES COLLF.CTIONS DE rviU.KAUV, OBJETS I) Mil', MECHLES, ETC.
3,9
AITELII. ULCUlVLItr UE T.Vl'lSStlUL DLi GUllLLINS (iVll* SltCLt^
cliargt'i's d'olj/n'ls d'arl. C'est dans ce salon qu'on remariiiic les fanieiiv
hi'onzcs. II- TiiiirCdu l'tiriifsr (.•! le Lion li'fnisstint un chrvdl. (jin' Mniisirui'
a\ait rciii('illi< Ai~- colliclii ui^ dr Ui( liclicii cl dotil H a di'jà (Hé (lucslion'.
I. Voyez plus haut. p. (i.S cl uoH. La prisée de ces broii/es ne cesse de monter. Le Taureaa /•"(»•-
néxe, l'stimr 'ii>o livres dans Vlnvenlnire de 1701, va à 1,100 livres en 1723, et le Lion terrassant un
cheval, coté i.'io ll\rcs à hi iiioil de Mou-leur. \a à O.'o ll\ri'S.
3aO LE PALAIS-nOYAL
Point d'autres sculptures, car il est iviuarciiialilc iiiu'. (iuiaiit j)its d'un siècle
et demi, les ducs d'Orléans n'en mirent pour ainsi dire point au Palais-Royal,
bien difTérents en cela de leur illustre prédécesseur. En revanche, des tableaux
à foison. 11 n'y en a pas moins de vingt-sept dans ce salon d'Oppenordt, véri-
lable choi.v de chefs-d'œuvre : d'abord, à peu près tous les Véronèscs de la
collection de Christine de Suède, dont les quatre toiles plafonnantes, placées
au-dessus des portes (te Respect, l'Amour heureux, le Dégoût et l'Infidélité);
puis des ïiliens, Vénus et Adonis, l'Enlèvement d'Europe, l'Esclavone,
Vénus nui se mire, Persée et Andromède, l'Education de l'Amour;
deux merveilleux Uubens, Thomi/ris et la Continence de Scipion. etc. Ln
enchantement!
La Galerie d'Enée communique ;i col éblouissant salon. L'anioublemcnl en
est pareil et tout aussi somptueux. Il conqirend trente- six tabourets, six ban-
(|uelles et (|uatre canapés, couverts de tapisserie des Gobelins «à fond d'or
et à petit point de différente représentation»', trente-six girandoles de cristal,
à six branches, el douze grandes torchères en forme de guéridons de bois
sculpté et doré. Au milieu, trois belles tables, avec dessus en marbre sarancolin,
sont chargt'es de bibelots. La dt-CDration architecturale de cotte galerie est
conq)osr'e de pilastres composites ([iii supportent une corniche dont la frise est
ornée de consoles couplées, de trophées du plus grand i ITrt. \ii milieu, une
cheminée momnnentale, en marbre vert des pliis précieux, avec oruemenis el
groupes d'enfanls eu i)ronze iloré portant des girandoles, se dressait, inqiosanle.
Les glaces, dont la dimension extraordinaire [loiir répo([ue est un sujet iléton-
nement, rélléchissenl la clarté donnée par douze hautes fenêtres. Mais ce (jni
est surtout remarquable tians cette galerie, ce sont les peintures exécutées par
Antoine Coy|)<'l sur la voùlc et les lambris, dans lesciiielles l'art isle a déxeloppé
en (pialor/e tableaux les aM'utures tl'KiK'e.
\<iiii les sujets ligures dans ces (jnalui/i- t ninposiliDiis ;
1* .\|)rrs l.i |)iis(' (le Trojc, liuru (|iiillc cclli- \illc. |iiiilaiil sur ses épaules son
|KTt' AnrliJM' cl menant son (ils A>(ii;.Mif par la main; — j ' Jiinon. vnnlant éloigner
Kné«r de rilalii-. où clic sa\ail (|uc les dcslins lui promettaient un élablisscniont,
va lroii\LT Kolc dan^ les giollts on cclni ci tient les vents cidcrmés, el lui coiiunande
de liécliiilner une ItMnpcle (|ui éloigne des côlis iW ritalio les vaisseaux d'Knée; —
.i' Neplnne, irrité contre Kole. ordonne ii|<e (lini dain-lii l.i lenipèle et de (aimer
len flol»; — 'i l.'Axscmhléc (/<■* lUeiix. (l'est l.i pins ;:riiM(l( Ai--^ coniiK^ilions de
• loxpei Klle occupe le cetilre dc lu vonle. Jupiter, an milieu de lOIxiMpc. (iiloiné
d«r loules IcH di%iiii()'>, e>| iissis sur son tn'iiic, ayant .lunon à ses c(Mé>, tandis ipie
Nénu» vicul le supplier en faxeur d'l-jii-(* ; — .'i" Didon, dans le Tenq)le, aper(.()it
niléc; — G* Knée, ipii .ixail r(''H(du de >'élal>lir à (:arllia;,'e. e^l (h'IoiiirK' de ce dessein
I. La prlHx de (• tiicdhic c^l de .(j.imhi li\iiH, i|,,i,> r/,ii</i/.ii/v (le i-aJ.
I.KS COLLECTIONS IJI. TAIll.EAl \, OIUliTS l)\nT, MiailI.ES, I.TC. .{o i
pur xMercuio, qui lui apporte les ordres de Jupiter; — 7" Didon luonle sur le ijùclier
et se poignarde pour ne pas survivre à la douleur (pie lui cause le ilépart d'Énée ; —
8" Énée descend aux Enfers, conduit par la sil.NlIe Cuaiée, (pii lui fait voir son père
Paul par Vé
(Peinture plafonnante ijui dêt
le ^aloii octogone, ou salon ti'OppcnorJt> du Palais -Royal)
Anchise et toute sa poslérilé; — o" Knibrasenieiil. p;ir oidrc df riiiiius, des \ais-
seaux d'Énée, que Cybèle niélamorphosc en n>Mipiics de la mer; — 10" Au dessus
de la cheminée de la galerie, sur la voûte, est li'ijisode de Junon excitant Turnus
à faire la guerre à Knéo;— 11° Jupiter doinie ses ordres à IJiée;— rjoNulcain
montre à Vénus les armes (piil a forgées pour Énée; — 13° Mort de Pallas. lils de
Nestor; — 1/1° Turnus, \aincu, est uns à mort piu- IJiéc.
Les pcinlures de Covpel Inniil (l/liiiil.- (lu.nui 0.1 ahallil. 'l^ h Un .lu
xvnr siècle, le liàlinierd où elles se InunMi.'nl. Mais ui, oM.nail <es .■..nq...si-
T. I. LE PALAIS-UOTAL.
3a 2 Li: PALAIS-HOVAL
lions par les f^raMiivs (jifoii ont laites \icolas 'lardieu. JM'iiiurd Picard,
Diirii.iii;:.,-. Smugiie, Desplaces el Thomassiii '. On |)eiil aiis-i en avoir une
idée i)ar les très reinaïqiiables dessins cl études que lartiste exécuta en \ue de
ce lra\ail et (|ui sont conservés au Musée du Louvre, dans des cartons non mis
à la disposiliiiii du |iNl)lic cl (|ue. par une permission spéciale, j'ai pu consulter.
Le présent voiiuue eonlient des reproduelinns de quelques-uns de ces dessins
jusqu'à présent restés inédits et, pour aiu>i dire, à peu près incoiuius. (Noyez
p. i88.etc.) Ils sont extrèmenieiil inléressants, el suggèrent sur le laleiil de
C.ovpel un ju^'enienl plus favorahlt-, à coup sur, que sa peinlniv iiu'iih'. car
l'artiste se niuulre lii, en ces crociuis pris surnature et enipreinl'- d un |inis>anl
souci de vérité, avec un senliuicnl de lorce, de giandcnr ^iniplc cl ('niouvante
ou de charme délicat, ipii di>paraîl ilans ses compositions j)einles, lro[) conven-
tiomielles. Poui" donner plus de pi(piaid à sa tiaduclion de VEiicide, peut-être
aussi pciur plaire an duc d'( )rli'an<, il iuiai^ina de lii:in-cr li"^ dicnv et les déesses
sous les traits des peisonnages de la cour. Iji ra|)pro(liant et en comparant
d'anciennes gravures, on en reconnaîtrait plusieurs, en elTel. Mais si les giaïuh's
daines d'alors prirent plaisir à se laisser voir dans les costumes lép-rs des
divinités, en lières Junons, en blondes Céi'ès, en Ni'ini^ allcndiio, en nvinplies
languissantes, le résultat au point de vue de r\il lui loin drlrc licnrcnv.
Coypel lui ain>i cnlraini' :i sniisiilncr lacccril indisidnci an caractère liéroïipie
de la l'ahle. Il |)rrta ii r<tl\ni|ic d'Ilomèic il de \ iigile les manières de la cour
déjà bien vieillie de Loui- \l\, d< - i:c>li- de lli(''àtre, une airéterie ridicule.
Ouehpies juges sévères osèrent direiinil avait l'ail, connue Scarri)n. une Hncitlc
//•(H-e.sfic '.
(le fui I evceplion. l,or>(|n',"i la lin de lanlonme 170.!. \nloine (loNpi-l
découvrit VAs.se/nljlér {/es /J/Cii.r, larli-le recneiilil nn concerl de lonannes.
I\avi du succès de son peintre, le duc d'Oiléans lui lit prissent d'im superbe
carrosse à deux chevaux. Il y ajouta la pension de .'{,000 livres dont il a été
qileslioii |ilil> liant.
LES KCI ltll> in i;K(ii:\T
"n a \ii i\\><- la piinee>.se l'.dati I la dncliesse d'Orlt'ans uavaiiiil pas
leur-* «'•curies dans le Palais- Uo\,d, mais dans des lii*)tels ipii ravoi-.in,ilciil .
Celles de Mnusieui- se trouvaient dans je vieil li.Mel La Uoclie-( iiivon. 1 m lïr-
Hon-s-Kuraiils. (pii. ,in diri' de Pi-aniol. lirait .. au-dessus de sa porte
I. •:<•* urntiiri"! r.ml |iaiti.' .!.• \» rolici licm ili- 1» . Iijilc (iyni|iliir ilii |,,,iim,. ,„■• iji.". .)J(1 «lu
r:iiUI(i|{iii-|.
ï i:h. Hi.«;i<., Iliilnirr ilfi iirwtns, I. Il : tmW fuinviiiM-. p. i'i.
LES COI.LKCTIONS DE TVHLEVIX. OII.IKTS I) MIT, MEUBLES, ETC.
39.3
deux marbros l'iin au-dossvis do raiilie : sur le plus liaiil, «m lisoit Holcl de
la /lor/ir-Giii/o/i. cl sur le |)lus bas Ecuries dr Munsicnr ». .Ius(iu";i (|uolk'
aiwK'c sou lils i;ai<ia-( -il |)iiiii- li' nirinc usage ('('lli' anrii'iinc (Icnii'iu r.' La
qucslion i-sl plus iulrrrssauk' cpiil \\v semble au prcuiiei' aboi'il, car clic se
lie h la solulinn du pelil |)r(il)lèuie cpii s"csl posé au sujet des orif^incs de la
l'eint par P.. P. Rub
TllOMyiU.S
(Tableau de l'ancienne Galerie du Palais-Royal)
Cliaurellciie (!'( )rli';nis. En elTel, c'est sur rcuiplaceinenl d(> l'iu'ilel La Uorlie-
GiiNou, devenu p.u- la suite l'IiiMel Me inlauliaii , (pie l'ut érigée cette dci-uière
liabitatiou. Or. les Couiptcs de dépenses du Kégcut nous ap|)reuueid (pie c'est
au mois de juin 1719 qu'abandonnant ses anciennes écuries, le prince, pour
en iusl.illei- (le iii)u\elles. acliel;i, ;iii cuin de la rue \i\ienne et de la lue Neuvt^
des-l'i'lits-(lliaiups, LlK^tel (lolbei't, Iniinc' de la rénnimi des \ieu\ IkMcIs
n.iutru et \auel. La Acnti" fut laite par la ui;ir(|uise de L;i (l;nle, (|ui le possi'-
dail depuis 171.'!. iiioveiiiiiuil la souuue de M(So,ooo livres, jilii^ une cliaîue
dor de ^'.o,ooo livres cl >'5,iSoo lixres de su|)plém(>nl jioui- les peintures (pii
ornaieid encore celle gracieuse maison, construite jadis par Le \m\'.
Il \ a l.'i nue dali.' (pii a son inléirL Si ce u'esl (piCii 1711) que le lu'i^cnl
renonça j)our ses écuries ii I'IkMcI La Uoclie-(iuji)u, c'est (pie justprîi cette
I. Vrchives nationales: Succession d(i Régenl. Comptes de cominuiiauU; elc. It'i, loOG, TL-uillct O20
3j5 LK PALAIS-HOYAI,
épnqiu' r.'liii-«i ('•l.iil resté (lol)!Hil. ot, |)ar ronsi'quonl, ce ne serait pas o\acl(>-
iin-iil <iir Ir-i lii'U\ ijn'il (icciipail ipie noIlVaiid aiiiail pu liàlir la ( lliaiicclleiic
irOiléaiis. Il est permis de sup|)Oser, à la vi'-iilé, ipiapivs la mort de Monsieur,
son iils aurait pu avoir ses écurios ailleurs; mais, comme il n'y a nulle
iiidiialiiMi de ce f,'enre dans les arclii\e< de la lainilii' d'f )ili' m-, ni dans le-
ciimptes ipie j'ai dépouillés, riiypotlièse serait toute gratuite, liaison de plus
pour admettre la conjeclure formulée plus liauf, à savoir que la Clliancelleric
d"( )rli'aiis, DU plutiM la maison con^-li iiili' par linllVand en lyo'i pour la
comtesse d'Argenton, dut être édiliée, sans doute, sui- une partie seiilein<'ut
lie la façade de l'ancien liôtel La l\oclie-(ju\on.
(Juiii ipiil en miII. rinimculile at^piis |)ar le l\('g(>iil pour \ installer S(>s
nouM-lles écuries était dans un tel étal de vétusl(' (piil l'allul v faire pour
plus (le •)r)o,ooo francs de réparations'. L'arcliileclc ,lii lui chargé de ce soin.
Il |iii\int il tirer si liien parti de rcnq)lacemi'nl (pi'on put y loger aisi'nienl
les cent clievauv et les noujbreux équipages tlu prince, sans compter le per-
sonneh. Il existe aux Archives nationales' un ])lau très détaillé de celte cons-
tiiiclinn. qui mc^-nrail \ingl-(leu\ loiscs de largi' cl (pi.u;uil('-rin(| de prol'on-
deiM'. Dans uu'' première cour était une remise pour les carrosses de grand
hi\e; dans mic deuxième, beaucoup plus grande, se Irouvaieul les boxes
pour les chi\an\: une troisième, tle douze mètres carrc'-s enxiron, ser\ait
aux palefreniers pour les lavages et la toilette des é(|uipages. KntouranI ces
coni"s, K's bàtimetds, (pii comportaient nu seul étage el un greniei-. elaien!
occupés pal' le^ dlM'is services, les chainhies du |)eisoiiiiel . la lingeiie des
p.iges, la sellerie, etc.
Ij's carrosses ('•taieiil de la pins grandi' licln'ssc. ( )n en p' uni a juger par
la de>ciiptiiiu des trois piineipaiix que je domie ici. d'après V lin'cntuire :
.H.Siio. //(•//!. raiicieii nirossc ilii ci/r//\. Ii^ ileihiiis n;;nni diiii Neloiii- île Neiiisc
crniiiDisi, ciiaiiiarn'- iriiiic ^'raiide IVaiiure à leslr l)r(»(l(''e, ci)iii> el ci\ales de lirmlerie
ilaiis If paNJiluii. un iiinlct au ^'a nie -franges, des fian^redii- dans |,.< iDiiliircs.
les pi)i;;iiées. rordctiis cl liesses, le Iniil dur; — deux coussins et un sliapoiiliii de
nit'iiif velours f,Mriii de fian;.'eiiiis et haiiLres d'or; — ipialre ^.naiids rideaux de
damas crntnoisi, pirriis dnn lar;,'e ;.',dnii à j • d une lesle doulih' el dénis d'or:
ftepl (jluccs, le» guulièrcs |jonléi'> d'un lar^'c (jalon d'ur, des galons jai'.'es de^^soiis
I (> rhlffro ml criiil qnp dnnnp IfirrliiliTlc l."gr.iiiil. Ic(|iii'l ll\c à ;iHj.i..<i IImcs Li \aliiii
rriin^iiiliT |>iir l'IiiMcl (|i> iViirii-i iliiiis yinn-iiliiirr ilr.i hi.nx ilii Uèiji-nt.
I On tiiiinr, en l'IlVI, la mile Mii\iiiilf liiiiis r/;7<i( ilr riiminiiwiiilr ( Vrcliivps iialloiinics. Il 'i. nillt).
■ jji ^iimiic (11- iiM,iir|i> li\r<M y sols i| dniicis iiijéc un sieur Jii cl h lui i>nloiinci' à
lyc- i|ii'il iitiiil r.iiU pour In consliiicllnii do Kcmics de .S.A. H. \l" le duc ifOrlcnns.
■ *iii»iiiil le» iirn^li'-s de sou ruéiuolre el rordouiiiiiire iicrordi-c sur ces aniMés par
> A. Il MiidiHiie la iluclimsi; d'OrIcaiis, l.ii|uel|i< soiiiiiie n clé payée nu slcur Jii. sunniil l'aclc du
I" fétrler 17111 ..
3. Vrrlil«r« nnlioiinli's, Plans. Spine. .V rinssc. n" j"i.
LKS rOLLr.CTIONS DE T\IM.K\I\. f Ht.l KTS l)"\lll. MKI'Itl.KS. KTf:. 32.5
Ions les clous (aiil dehors (|ii(' dodaiis; — toutes 1rs rutiles durées d'or nioulii.
{.'iuiiies de (|uali-e i<'ssorls à doui)les coins; — moulé mm- iiii liain fj:ariii de ses
.susj)eiilcs et d'une liuiisso de siè^'e eliauiarrc d'un liiifjje {,';iluii et ffan^'c d'or,
/l,ooo livres.
3Soi. lient, la carossr (les lùiln'rs, '^.wiù t]r xclunis lilcn. ili;iniaiié de franges
et broderie d'arnfenl à l'impérialle, les i,'aiuM^ de luiiles les euiiliires cl des-uiis les
clous, cordons el licv^o, !,• |,>ui d'iu ;,r,.||| lih' ; — di'ux coussins, un sli Mpcinliii
de même M-iums liruili' cl friin^^es d'ur.iicnl uniuiir des peiiles : - - (|n;ilrc rideaux île
Il V ,'i I l'c N i:finti iio>' riF nussi; at sviii' sikci.f i;n mii u iici'iii ï-T, ciïlll
FONDS DAMASQl'l:<£s d'oR
(Collection Je S. A. I. le Rr.inJ-duc Wl.idimir)
damas blancs bordez d'argent ; — deuv mallelas de damas dessous les coussins,
les dessus lesquels sont doublez aussi de damas; — sept glaces, les gouttières
bordées d'un large galon d'argent; — tous les clous gros et petits, pommes, fiches,
loiiuels, ornements des ressorts, boucles des suspentes, chutes des quatre coins
duiiit carrosse et ornemens du dossier, le tout de fonte argentée d'argent bûché; —
le bois dndit carrosse tout sculpté, et argenté d'argent bruni, monté sur un train
el é(|ui|)é de suspentes, les sculplnics des moiilanls arséniées d'argeiil linmi. les
riis('es des arcs el arcbouiaiis de l'onlc arucnlt'e; — une iionsse de serge de \elours
pairil an dedans, chamarré de linulerie el IVanLics d'argent; — ledit carrosse
riiiliailé d'une housse de toilh' cirée dunltli'e de l'rizc, six harnois, brides, guides et
riiiiii> de -ii\c jijcue el argeni xiiit' sur Imis les cuirs de fleurons, boucles de fonte
argcntéez d'argent hàclié, prisé la somme de 8,000 livres.
.'58o2. /Irm, la cnlrclie de ville, garnie de velours vert, une frange cl liruiierie d'or
à l'impérialle, les galoTis de roninres cl de dessoii^i. les clous, corduns. Iresses et
bordés, d'or filé; — un coussin de même \elonrs, à la pente ducpiel il \ a une fiange
d'or; — quatre rideaux, de gros de Tours vert hrodi- d'or, un mallelas dessus le
coll'rc de gros de 'l'ours brodé d'or, les goullières bordées d'un lai-ge galon d'oi-; —
les gros clous, ])ommes. fiches, lo(|ucls, ornements des icssoris. boucles des
suspentes de loide durer d'or incMilu. un L'alun dur di--uii- luii< Ir- eluns. |i-ois
336
LE PALAIS-ROYAL
glaces; — moulé dessus son train garni de suspentes; — une housse de cocher de
niènie velours garni d'or, prisée la somme de 4,ooo livres.
Je ne passerai pas en revue les autres voitures, cl me bornerai à men-
tionner, panui les objets inNentoriés dans les écuries, deux magnifiques selles
à la nivale, de velours cramoisi brodé d'or, dont les pommeaux étaient d'un
travail d'orfèvrerie vraiment extraordinaire : elles étaient estimées (i.ooo livres.
Les chevaux, au nombre de loC, ne furent prisés que 2i,3oo livres, c"esl-ù-<lire
200 livres par animal, ce qui n'est vraiment pas beaucoup. Quelques années
plus tard, le pelit-lils du Régent, Louis-Joseph d'Orléans, (|ni eiil la passion
di's chevaux, en posst'da de toutes sortes, cpiil baptisa îles noms les plus
pittoresques; mais ils furent estimés, coniiuc nu le \erra. un tout autre |)ri\I
IIKVH. m: «KLI.E, A lOSir.lE OIKIE. AU XVIir SIKCLE
'^v>v<^'^y'^r^^^r7^rVf'<v;vt vvvvv^^
MX ^^ mmicnjA j j xn rr fxtf i f
)M h
'^M..
:'ï:iiiil!lllliP!llllii
CHÂPITllK Mil
Li: MUINK DE SAINTE-GENEVIÈVE : LoLIS DORLÉANS
(1723-1702)
Porlrail de Louis d'Orléans, fils du Régent. Son éducation, sa jeunesse, son mariage. — Les familiers du Palais-
Royal en 1730. Dissensions intérieures. — Sur quel pied le nouveau duc d'Orléans règle sa maison. Ses
livres de comptes et le registre de ses cliarités : curieux placets qui lui sont adresses. — Ses fournisseurs:
l'orfèvre Germain, le gainicr Gallucliat, etc. — 11 fait refaire le jardin du Palais-Royal en 1730. — Ce
prince va demeurer à l'abbaye de Sainte-Geneviève en 17/11 : véritables motifs de sa retraite. — At-il réelle-
mont brûlé [lar piété certains tableaux de la galerie du Régent? Erreur répandue à ce sujet. — Son ins-
tallation à l'abbaye. — Tableaux (pi'il se plaisait à copier. — Sa chambre à coucher. — Son laboratoire. —
Sa bibliulhèipic. — .Sou testament. — Son Inventaire.
3Î E Rt'f^ent n'eut qu'un fils, Louis d'Ork'ans, connu surtout
ijjj pour sa dévotion, ses goiMs d'érudition scientifique et,
niiii. jKii- sa retraite au couvent de Sainte-Geneviève, oii
i[i 11 uRiia |)eii(iaiil les div dernières années de sa vie une
véritable existence niûnastique. C'est une figure coniple.ve,
maladive, bizarre, insullisainment étutliée jusqu'ici par les
iii?iluii('iir^ .iiivipiels les documents ont fait défaut, (pii mériterait cependant
d'être remise à son point cl sous ses vraies couleurs par un analyste rigoureux.
Je n'ai, dans ce livre, qu'à m'occuper des actes de ce prince qui concernent
le I*alais-l\oyal. Cela se réduit à peu de chose. Toutefois, les pièces d'archives
inédites que je vais avoir ;i ( iler redres.seront (pielques erreurs commises à
son sujet et fourniront des indications nouvelles, assez curieuses, sur cette
singulière [)li)siononiie.
S'iH LK PAI.MS-ROYAI.
Oiiainl la morl de suii pî-re \c mil l'ii possossidii du litre el des i)ioiis du
duc d'Orlôans. le ji-uui- princv avail cNaïk'UKMil vinjrl ans. Céliiil un fivle
fran.oM. de liguio pâle, à la tournure élôgaiilc, de traits réguliers, mais taci-
turne, un peu ondirageux, n'ayant ni énergie ni forces physiques. Son enfance
s'était écoulée au l'alais-Royai sans que sa mère essayât de coriigi'r i)ar une
éducation \iiile la dél>ililé de ce tempérament, ce (pii irritait inlt'rieiueuient sa
grand'nière, Klisahelli-Cliarlotle, laquelle écrixait :
Selon moi Madame d'Orléans élève son lils d'une laçon trop délicate, mais je
ne veux donner là -dessus aucun conseil, car s'il lurniinit malade, on en rejelteroil
la faute sur moi'.
Ce pauvre petit duc de Chartres ne culli\ail ([u'un seul exei-cice : la danse.
Il lui arri\a une fois de vouloir jouer à la paume; il en ('■prouva une telle
fatigue (juc tousses membres en fineiit agités et cpiil fallut le mettre au lit.
Cela n'empêcha pas qu'à seize ans il courait d(';j;i aux liais d(> l'Opéra et s'y
laissait enjôler, ainsi que nous lappiend Madame, doid l'anxielé était grande
il lendrnil d.- snn pelit-lils :
Il est, dit elle, dans ce maudit bal de l'Opéra, londH- dans les mains des fdlcs
de l'Opéra: vous pouvez facilement vous imaginer ce (lu'elles lui ont appris; il est
maintenant eiimme un animal échappé. I,ors(|ue sa mère s'en plaint à son père,
il rit il s'en rcnilii- malade. La chose cependuiit n'est pas du tout risil)lc, car, avec
ce genre de vie, ce garçon, qui est délicat, se tuera le corps et l'âme; ce n'est
(jue trop certain.
El la vieille grand'mèro. pleine de lendrosso et d'espérance, ajduhiil nn
dé-lail inlime sur ce ipie rap|)urla s<in pelit-lils de si's l)elle>; é'(pnpees :
Il y a d anlies choses cpii ne valent pas mieux, mais qui ne peuvent s'i'i rire...
Le HOUs-goiivcriHur de mon pelit-lils, ipii est un homme fort vertueux, est telle
ment affeeli' que je eiiiin> (|u"il n'en |ieiile la vie'.
Villems, elle écrit encore : « (ietle grande p île l'dliguac a voulu .séduire
le due de ( iharlres'... » Tout ceci et d'autres laits eiienre prunvenl assez (jue
*>i iionis (!'( Iiléans leiiniria sa vie dans la devulion exliènie. il ne diiinla pas
précisément dans lahstinence, connue on s'est plu ;i le ii'pétei'. Il avail dans
les veines du »aiig de la \h>nl«'span el ces mêmes gernu-s de folie qui détra-
quirenl |;i eei velle de ses sieurs.
Son pèi'e, quoi ipi'cm en ail dit. ne iii'gligea pas son ('■dm alion . Il lui .ivail
1. ';<irrr«/Mi(i//(iii.-c île In ilitdicmr ilnrliiiim, \\ M'|iU'iiiliir 171S. iilil. Iliiiiu'l. I I' . p ii'ii. i.r
prince atnit iiliiis i|iiiii/)> nii'>.
1. tUirrrâ/iDWliini-f, \) ilrii'iiiliir 17111.
3. Ihiil , t. Il, |i. i.\,<.
LOLIii, Ole ll'OnLEA!<!i, PIL» DU IIK(;K:<T
(Gravure Je P. Drcvct d'apris le portrait qui «t aujourd'hui au Muiic île Vcriaillei)
T. I. LE P*L.\IS IlÛltt.
33o l-E PALAI?-nOYAL
(luiiiii- pour f,'oii\onifiir lo iiianjuis de ('.lu\ernv, dont la riMiinic occiipail dt'jà
des foriclioiis aiialo;Lriios auprès drs priiici'sscs ses sœurs; puis, connni> pré-
cepteur, le \erluou\ al)bé Mouf;j:ault. Pour secouer l'apatliie naliircllc du
jeuue lioiunie. dont le caractère sournois rinciniétail, cl alin de lui ouvrii
l'esprit au\ allaires, il le lit aduiettie an (lonseil de Ké^ence, en lyicS. alors
(pi'il n'avait pas (juin/e ans. et ensuite au (lonseil île la (luerrc. On rétablit
pour lui, eu ly-u, la charge de colonel fréuéral de rinl'anterie. Ces diveises
l"a\eurs chatouillaient afrréablement i'aiiiDur-propre de I adolescent, car il elail
aiuhitieuv, et sa mère lui soufilait de sou orgueil. Mais ses talents n'étaient
pas à la hauteur de ces di\erses situations. Aainenieut, pour mieux travailler
et s'isolei'. il acheta, en iy>i, sur sa cassette |)ailiculièi('. nue [lelile maison à
Ménihnoutaid, joignant le parc de Hagnolet. Il acipiérait des connaissances
sans (pie son intelligence s'élargît, l n jour, en pleine assend)lée an l'alais-
Uo\;il. le U(''gent, inipatienli-, lui dit : "Sache/., mon lils, (|ne \ons ne sei'ez
jamais iprun honnête homme!» C'est à (juoi, en elVel, il se résigna, à la lin.
mais ufjii sans dépit, et après avoir tout fait pour jouer un r(Me.
Il s'y essaya sans tarder. Poussé par sa nièri'. l'iinpiMiense duchesse
douairière d'Orléans, qui se consola de son vcuxage eu prenant vile les
rênes du commandement au i'alais-l\oyaI, il s'elVorça de se glisser dans
la lonliance dn jeune roi Louis \\. Mais la place était prise et bien gardée
par un adversaire habile, un (ioiide. Monsieur le Duc. La lutte s'engagea
aussitétt entre en\, et dura des années. Le non\eau duc d'Oiléans vit
d'abord ri-Ntfi'indir ré'l.il di- sa maison par le roi. ipii reiidil ,'i ce sujet, le
(i janvier i->.\. une oidonnauce oi'i il (-tait dit ipu'. pai' égard poui' la mémoire
dn Ki'genl. on .uirait désiré continuer à son lil- K' piivilège du même train,
mais (|ne l'orilr.' d.' tout tenip- él.iMi p,>in les princes dn sang obligeait île
ramener le nmubre des ollicieis de celui-ci ;i un chill're conrorme à sa situation.
Km consé'ipience. il n'était autorisé à gardei- ipinn personnel de ;?l)(i oriiciers.
dont l'é-lal fut siipiij.o |)",iutres \r\.ilions '<ni\iiviil celie-ei. Sa mère \oidul le
maiier' et lui imposa son choix. Il avait jeté les yeux sur M"' di' La Hoche-
sur-^ou. Mais illc u'.m voulut pas. Klle se lit apporter jiar d' Argenson tous
les almaua.-hs. et cher.lia (pi.llr prince--.' pomiait convenir .'i son liU. l-.ile
trouva la princesse .bann,' dr ii.idrn H.hl.n. .1. sur-le-champ, expédia eu Alle-
magne Cangis. I niir dr e,.nlian.v et \;ilrl dr ehainlir.' de l'en son époux, avec
mission .I.' lui iair.' mi lappoil. Le rappoi | lui I Madame d'Orl. •an- .lixova
niors trArgrn^.n pour faire olIicicUnnenl la demande pn-liminaire '. Mais
Mr.Msi.MM le Dn. pr.l.iidil ipi,> I,. roi — c'esl-li-dire lui-mênu devait être an
• . t/r/M..ir.i ,1,1 niiiré.hnl ./, I(i,l,rli,ii. I. I\, i„i»sii,i.
LE MOINE DE S MNTK-nENr.M KVE : I.Ol'l
1> oni.K.VNS
.l-^l
|)iv;iliihlo consiillô sur ce niaii.ijiri', (h'-cliiiaiil que. <,iiis ir\:\. il n'y aurait pdiiil
(le (•('•n'iiioiiial. I.a (hicipIIc s'ciiMMiiiiia. cl il l'alliil <|iii' l.' tni -iMiiployàl de sa
|icisiiiiiic |)i.iif \ iiirlliv iiii Iciiiic. !,<• maria::!' nil lini li' i 'j iuiii \->.\, pai-
|)itKiiralioii. Co lut le propre IVi-ic de la princesse (|ui rcpicseiita le duc
(i't )iléaiis. (A'Iui-ci partit du l*alais-U(i\al le
r •? juillet poiu' aller au-de\aut de sa rennue;
il la roucoulra à deux heures de (;iiàlo!is,
au cliàtoau de Sarry, maisou de plaisauce
de l'cvèipie de (lliàioiis, (pii a\ait organisé
inie superbe réception, et hénil le jeune
roupie, après souper, entre onze heures et
niirirril. Le Icirderiiain. (pi(ii<|ue ce t'ùt lur
MMidredi, lil-ou dans la relation im-dile croù
sont tirés ces détails, la table du |)iince l'ut
servie « en gras et en maigre » par dispense
spéciale de lévèque, « qvii scavoit combien
eu pareil cas le maigre est contraire»'. Le
duc d'Orléans sut plaire à la princesse.
(l'était à celte ('•pn(pie lui charmant cavalier.
On peut en juger |)ai- le buste (pi'a fait de
lui. au ruusi'e de \ersailles, (acsceril. lequel
u'i-lail pas seulement urr grand (''b(''nisfe.
mais un sculpteiu- de \aleur, et send)le
avoir gardé au|)rès du fils du Régent tout
le ciédit dont il avait joui au temps (\\\ |)ère,
car on trouve coiislamment son rrorri duraiil la ix'iiode de \->S) ;i ly'ro sur
les étals de dépenses de la Maisoir. dette elTigie, compléti'-e par ime superbe
peinture, également à Versailles, nous morrlic le prince dans son éli'-gance
et son insignifiance, la figure im peu plaie, les \eri\ à lleirr- de lèle el bridés,
la liiiiicire petile, le ne/ llir, la lailli' bien prise. Sa renirne, (pri lonirire lui
n'a\ail (pie singl ans, ('■tail la douceur même et la grâce'. Aucune union ne
paraissait mieux entourée de garanties de boidieur, quand, deux ans plus tard,
elle lui brisée par la mori.
La jeune duchesse d'Orléans succomba le T) août i7'>(i. en durmanl le joui-
I. IILidûre de Louis, tliir ilOrlcans, iiianuscr-il iiirtlil par- W sieur .Nkki.. Vichixcs rialioiialcs, M\I,
8/17. CcUi- bio^'rapliie fut iirésciiléc à I.ouis-Jospph (l'Oi-léaiis. on I7.')a, pour- «•Ire inipriinix-. Mais on
secnnd-nla de donner une ^'ratilication à son auteur, dont le travail fui oublié sans doute dans le.s
arclii\es de la famille d'Orléans.
a. I.e porlrail île la princisst- Au^nslc-Marie-Jeanne de liaden-lladcii. durliesse d'Urléans, a élc
peini par Bell en 17.15; il est à itastadt. l^iie copie eu a été faite pour le iiiuséo de Vei-sjiillcs par
Alhivs.
I
cnOOUIS OllIGIXAL D UN COIN DE SALON
par Morcau le Jeune (xviii* siècle)
332 lE P AI. Al s- un Y AI.
h une nilf (|iii ne M-cut qu.- \iiij:t cl un mois. On a laconli'. ;i propos de celU'
fin iriii'ili". ilapri's tlos Mémoires apocrvplios, uiic di .iinalicpu' liisloirc de
voYa"e à Xersailles. où racronclu'nioni, pour olu-ir aii\ règles de i't''li<pi('ll(',
aui'itit di\ avoir lieu. Mais ce récil n'a point nn caiaclcie d"aiillienlicilé. Il est
conliedit par les détails (pie romiiil le laanusiiil de Néel, conservé aux
.\rcliives nationales, sur les derniers inonients de la niallieureuse princesse.
les homnia^'-es liinèhres (|ui lui furent rendus, et le céréinonial de rcuterreuienl
au Palais-Hoval.
(lotte mort plmij^ea le dm- ir( Irléaiis dan> le plus sombre désespoir. Un
tel coup éhranla sa raison. \ pailir de ce nniment. pnur l'aire diversion à sa
di)uU'iir, il se lama dans les ('tudes arides des te\t(^s df 1 lli-ilnirc Sainte, et
Commença ;i se livrer ii des pratiipies oiitn'es de dc'Miliiiii. Tuiilclnis. il ne
songeait pas encore à se retirer du moiuK^ et c(in-M'i\ail I cs|)(iii- d axnic une
part d<' direi-lioii il.iiis les all'aiii- de llilai. .Iii>(pi"à la lin de Tanni'e ly.'^y, il
fut entretenu dans rilliisimi ipu- le roi lappellerail an pouvoir et cpie le car-
dinal de Fleurv avait des \ lies sur lui. Il faut lire ilans les Mémoires de son
cliauirlirr, le niarcpiis d" Vri^ciison, par (juclles alleinalivcs de i(in\(iiliscs et
de di'pil ce prince falot passa durant crllr iurlude. Illail-il fou.'' Son valet de
cliamlire, (îaullner, allirmail <pie nui el (|ii'<>ii allait Noir liientiM son maître
H courir les cliamps '>. V\ail-il seiilenieiil la cervelle (lehaipii'<' pai' des é'hules
au-dessus de si's forces!' ( Test ce ipie sendili- croire d' \r^M'ii-i m. (pii le voyait
presipie cliacpie Jour et ('t.iil eu situation de le bien connaître. \ oiii (DUinienl
celui-ci sevpriine ;i ce sujet :
(loiuiiii'je l'ai servi eiiKj aii>, je peux dire ce ([ur j'en sais el le t('iui)i;;iiai.'e (pie
j'en ai rendu au roi (piaiid il m'en a pailé. (ietle folie (''loil de ne pas croire niorls
r(Mix (pii r<''l(>icnl... Son sysl('me élahlissoit une sorte de iiiéleuipsx chose (pii n'étoit
pas celle de l'Nlliaj;ore et (pii sacconloit avec le clnislianisnie du niieiix (pi'oii
piiuvoil. I.es JKiiinnes (pi'il eslimoit s'aiisentoienl. suivant lui. pendant (piehpio
tL'iiips (le (jesHU- noire Ici re pour y icpaniilre cMsiiile. 11 ne erovoil |la^ (prileiiiv l\
ni cpic Louis .\l\ lM-.>eiil ini>il>'.
Parfois, avant de tenir conseil avec le eonde (r\rp'nsiiii sm- l'adniinis-
Iralion de ses biens, il le mellail au codiaid de ses travaux d'iTudilion. Il se
croyait de puiss;iii|,.s faculli'-s de (■iili(pie el s"('-lail (b'coiivetl des aptitudes
s|M''ci;des pdur les lan;.'ues anciennes. ,. .le veux,» d(''clarail-il. d bien fixer
la -«iluation du P.iradis lerreslre. » Sdinenl aussi || faisait des p^inles inal
tendues, el l.'ieliail ., des pnipos d'une p<>lili(pie Iniji independaiile de l,i
ri'li^'ion ". !..• piinee ih'vcl sOidiliait pail'ois.
I. M'mi.irci (/il iiKininii ll,-iif Imiis i/' 1;iK"«<"i. ri''Mi('r I7."ej.
Lr MOlNK |)i; SMNTlXiKM'.VIKVK : I.Ol |S d'dui.KWS 33.3
Tt'iiioiii ceUe aiifcdùlc cilc'c par d' Vr^'^cnsoii :
Je parlois ce iiinliri (kj mars ly'iH à M, le duc (l'Url('aii< (l'iii iiianiiii-; «le ('.n'cy
f|iii a été dans sa maison : il ma dit (ce prince pieux» :
— J'ai à cet homme là mie oi)ligalion [lailiciilière.
— El de qnoi. Monseifrneiir;*
— Cesl, (lilil. (le m'a\(iir l'ail perdre mmi ]iii(claf,'e.
Pcinl p.ir N. Poussin
l'ELCinnisTiE '(série des se^t sacrements)
(Tableau de h Galerie du Pahis- Roy.il)
fir Berteaui
Je lui ai répomlii :
— Monseigneur, dans la cour des princes, d'iionncles gens se mèletit de ce
mélici- là 1 ;■
— -Je vous dis cela, m'a l-i! dil. jinur vous marquer que ce n"est qu"un vieux
pécheur, un \ ieiix déhauclii'.
— Au moins, lui ai je dit, Monseigneur, cloil-eile jolie!'
— Monsieur, m'a I il dil en se renIVognant, (pi'ave/.-vous encoi-e dans votre
poi-lelViiille!' Passons à aulrc cliose'.
A cctlc ('•|)(iqu('. le duc d'C )rl('.nis allait rn'(jni'Mnn<'nl rendre visite à ses
amis, ji^s moines de JaLhavc de Sainte-deneviève; mais il n'Ii.ihitait pas a\ec
(Mi\; il demeuiait encore an l*alais-l^)\al. où il s'occupait a\cc pouctn.dili' du
gouM'irifincril de sa ni.nsiiu — ;i (li'i'aul diui aulrc plus iiup< n'I.iiil (piil ir\;ii|
l. Minioiifs ilu iiKirijins il' inji'iinnn, l. III. p. 281.
33'l lE PAI.AIS-ROYAL
et tlo ri-diualinii de son lils le chic Louis-Joseph de Chaiiies. Sa mère.
Il l'Altesse Royale,» comme ou lap|iilail (iiiclcinclois |)ai' laillciio. toujours
ambitieuse et hautaine, avait ourdi une sa\aiile intri'iue pour tâcher de le
remarier avec Madame seconde'. Le projet éciioua. Le duc avait liiii par
secouer la tutelle de cette piiucesse chez qui l'âge ne faisait qu'accentuer les
défauts (|ui laNaieut d(> tout tenqis rendue insupportable. Elle vivait dans le
Palais connue une reine détrônée, n'ayant plus d'autorité que celle qu'elle
saNail par iiistaids ressaisir à force d'adresse et de ruse féminine, suscitant
des coteries, excitant ceux-ci contre ceux-là, ayant des perfidies de lanjiage
qui semaient les divisions, allumaient les querelles, se montrant irréconci-
liaMe dans ses aversions, témoin sa rancune horrible contre sa propre lille
la duchesse de Modène. On conçoit le charme ipi'il jiouvait y avoir à vivre
dans cette petite cour d'après le tableau suivant qu'en trace un témoin bien
informé :
Je n'ai jamais vu do petite ville de province aussi tracassière que l'est le Palais
Iloyal. C'est aujourd'hui, et selon la politesse du siècle, un repaire de médisance,
de calomnies, de redites, de mauvaises peintures et de détestables papiers...
On voit j)lus que jamais deux partis dans la noblesse qui habile le Palais- Royal :
ceux et celles du lils, ceux et celles de la mère. On les distingue, on les montre
au il()if.'t. Ils se déchirent, ils se desservent cruellement, et c'est cette auf^usle prin
cesse qui entretient la division avec soin, tandis (pie le fds n'y empK>ie cpie ilu
silence, mais se fait assez bien instruire de tout, et ne suit cette atTaire que par des
ilémarches assez fermes, en ne ninnmaiil aux places (|ue des gens (jui ne soient
pas à sa nierez
l'arnii les personnages (pii t'iaietil du parti de la mère liguraieiit iiahirel-
lement en première ligne le» dann"- dalour de celle-ci : \1 de Cleiiuonl.
M- de l'nus. M"" de (Iraville: puis M. el \| de La Ki\ière. de MonlbruM,
dr Maeliault el le comie l'ienc- \lari- d"\rg<'nson. intendant de Paris et IVère
rudet <hi ehamellei-. le inaicpiis Heiié- Louis d'Aigensoii. Ie(piel ('lail du clan
opposé. Du côt('- du dur (!'( )i li'.iiis se lrou\aieid les Conllans, M de Hom--
deille. les Duguesrlin. Ilallri.iv. gouNeiiieui' du duc de Chartres, etc. Quant
il la bonne M ' de l.orge. elle ne iDnqilail pa>< : on la pienail de |i,iil el d aiilre
pom* <'onlidenle.
L'ivi^tence, au l'alais-H(i\al. dutanl e.lle pciiode. iTi^lail poitil loi I
jf»yeuse. à la \(-rilé- : il ny a\ail ni lèles ni gi;mdes r('eeplion><. Ce n't'lail
pas la veuve du U«-geid qui en aurait doiun'. a\ee ses habiliidi-. |iii-.es <le
longue date, de rester perpé'luellenient couchi'e sur- sa chaise l.in-iie. Le diic
I. Annr-lli>nrii'(|p, «rcnii.lr lllli- ijc Imnif, m-i- Ir i', miùl 17J7, morlr \v n» fi-Nricr i-:yi.
■». Mari|uli i>'\iii;»:>!uix, M^muim.
i.K MoiNT ur. s\i\Tr-(;rNrvii'.vi-: : i.oiis i> oui. i:\ns
335
ENCIUI;U EN ARGENT (tPOiJL'E I.OfIS XV)
(l'( lili'.iii- n'en ;i\ail |i;c< (l;i\;niln^c le >^nCi\ . lar- il l'iiN.iil les disl imcI i( m^ cl
s'iMifoiirail (le plii- <'ii jiliis dans la ili'voliuii on daii^ 1rs li\ri's saints, 'l'otitc-
l'ois, il iii'ii ('tait i)as imicoiv à rahsiiiii (IctaclicMKMil des clioscs de ce iiioiulc.
Il tenait son ranj;, diri^^oait sa maison. s'a|)|ili(|iiaut à réparer les bièclies (pu-
son |)tMV avait laissées dans ses linanees, sans pousser récononiic Imp loin
et sans saerilier ee
qui était nécessaire à
la dignité de sa situa-
tion. Les dépenses dt's
Menus, de la Mouche,
des Hà liment s, des
Pensions, etc., étaient
réglées, sur son or-
dre par son trésorier
l'ahine. suivant les
nu'lliodcs daduiinis-
tialion doid j ai déjà
dit le mécanisme.
îNous avons, pour
nous éclairer sur ce puinl, un dncmnenl des pins iidi'ressatils. san\('', on ne
sait par quel hasard, de la destruclit)n, et (|ni est \enn ('chouer en ces deiiiiers
tenq)s à la Hil)liolliè(|ue ( larnavalet ' . Ce sont d'abord les étals de trésorerie de
Louis d'Orléans, tlonnant la réca|)itulaliou de toutes les di-penses des dillercnls
services de la Maison depuis l'année 17^0 juscju'cn lyf)!). et, en outre, un cei-
tain nombre de mémoires de fomnisseurs payés pai- l'oinsinel, le contnMeni'
des Memis plaisirs du duc; enliii, le joiniial de dé|)enses du trésorier général
Palerne. Ces dernières pièces sont |)arlicnlièrement curieuses, et il est très
rare d'en rencoidicr de pareilles, car on ne i^ardait oi'dinairement. jadis, dans
les archives de la l'amille d'Orléans (connni' dans les anties où la gestion des
biens était également iumoitanle), que les registies récapitulatifs de dépenses :
mie l'ois les (■crilui'cs |)assées et approuvc'es, on bi-ùlail les pièces de caisse,
les notes, reçus, méinoiri's, etc., alin d'évitei' l'encombiement de |)a|)iers inu-
lik's. \oilà pom'(pioi il m'a ('lé si dilllcile de trouver, pai' evemple, le détail
di's liaxaiiv rvcculcs ;iii |'alais-l<(i\al durant le ronrs des wii' et wim siècles,
mènif après avoir eu la bonne i'orluue de reconstituer les éléments [uin-
cipauv des .nchivcs des ducs d'OrK'aus pendant celte longue |)ériode.
l!n iiiii^nllanl lc> regislics couscim's ;i la lîiiiliol liècpic ( !arna\ alcl . on \oil
(pie le lils du Kcgent .ivait un train de mais(jii (jui — s il ii"eg;dait pas celui
1. Itililiiilli<'(|iic C:iriiii\ulel : Muiiuscril lorniniil fii rryisliTS cl (i liasM-s, ir a(<7<j<j.
.S.IG LE PAI. vis- lin Va t.
«le son |Kiv — l'I.iil l'iicoie assez iiiii)(>il;iiit. Le cliapitii' dos fj:agos à ses
oiVu-ieis el sciNilciiis Sf iiKnilail à •m)7.'i(jo li\ros en i-lh et en 1737 à
.{')(). .■{(Î7 livres, léparlii's enlre ai5 personnes. Les pins gros ap|)oinlenients
allaient à ses eliaini)ellans et h ses premiers gentilsIioiniTies : M. de Conilans
(10.000 livres), M. de Clermont ('1.000 livres\ M. de Casiollane ('1,000 livres),
le (Jrand Prieur (r>,ooo livres); an\ dames d'atonr : la dnchesse de Hraiieas
(8.000 livres). M" dWrincntières (G, 000 livres). M"" de Noce ('1.000 livres), etc.
I,e cliancelier d"Arj,'enson, de même (jiie le trésorier PaK'iiie. loiicliaieiil
l'i.ooo livres; l'abbé Montganlt, devenu secrétaire des rommandemenls,
7.f)oo livres, sans eompfer le levemi de 1.000 livres ([ue lui valait un antre
emploi au Palais-l\ovai. Le cbapilre des pensions élail cbargt'' non senleiueiil
des liU-ralité-s personnelles du duc d'Orléans, mais encore, ainsi ipie levigeait
la eontnine. des pensions servies sur les com|)tes de snceossion iK's divers
membres de la l'amille (pii liaient di'eédés. Ainsi, en I7.'i7. les rentes allribnées
anv anciens serviteurs du Uégent montaient encore au clnlFre de !».8.(i.'ir» livres.
Celles (pie le duc faisait anv personnes (pii avaii'iit été attacliées à sa reinme
dmani M's deiiv années de mariage — .M'"" de Pons. M de U<iindeille.
M'" de (iastellaiie, M"° de Clangis. l'abbé \erlot. scjii cliirurgien Duinonl, le
coinm.indant de son écurie Dervant. llallé. son porte-chaise d'ail'aire. etc. — •
allaient il la soimne de u7,r)oo livres. Le prince allouait de même des gralili-
calions annuelles « anv dames cpii avaient été attachées .lupiès de M- le duc
de Oliarlres dans son enlance ". Pai' evemple. il donnait régiilièrenieiil ii
M" de (ii'aville G. 000 livres; à M C!llal•[)ont-^ crleuil et ii M Poinsinet,
(pli avaient été t'emmes de chambre, 800 livres; ii la dame llaberl, iriiiin'usi-,
■"ioo livres: à la dame \.yh\,\\u\ fiiistitxe de liduillic, uoo livres. Ces renies
étaient viîi;:ères, el la |i!Mp;nl des bént'Iieiaires viv.iieni, en oiili'e. soit au
Palais- Hoval. oîi ils avaient un app.irtemenl (piaml ('('■taienl des piMsoimages
de distinetion. soit d.ins ipielipie dom.nne de la Maison. ( »ii comprend, en
r,ip|ii(.rli.inl ces diMails de ce ipii a été dil plii> liaul siii' les (i<'|iiuiille^ ipie
s'iiriaeliaient les servili-iirs après la mort de leurs mailles (voir page '.«[(i). de
ipielIcH obli;.'.ilions .ii cumulées l'usage grevait autrefois les grosses l'oilunes
piincières !
Les pensions et gralilications ipie Lniiis d'Orléans arcordail. ni son nom
p«'rsoimel, l'taieni assez nombreuses. D.m^ |,i li.;|,.. ou Iroiive l'onlenelle.
l'Hcndêmicien. cpii recevail aimuejhiih ni i.'h,., livres el avail uu logemenl
an Palais Itoval. (pi'il ;.'aid;i jnsipraii jour 011 le piincc. itiil.'- de l'impiele
du pliiloM.phe. le congt-dia. Il ) avait encore de l.agny. de T Vcademie des
S-lenccs, pour i,f»o<i livres; Cliarh's Covpel. son picniiei peiulic pmu
I.'hio livre-.; rar( liilecle .lean-Sv Ivaiii Cailaiid. p mou livres; «le sieur
i.i: MdiNi; i)i; N\i\-n:-(;i:M;vii:vi; : unis d riiu.i:AN>
n-
J\l..l par A..
l.\ VISIO:* l)Ë SAI»T PnA»ÇOIS
(T.ibiclu Je lj Gjli.ric du Pjlais- Royal)
Grave par A. Kom.iiic
l-'amc. iiiMÎIic (Ir (1,111-1'. Il |iuili- l.ooii li\r('s: r.iicliilcctr .lu. |iuii|- Cuxi li\i-cs
( l|i|)iii(ii(ll . |iniir i,7(i() !i\i('s': raiclilli'clr l.c;^i,iii(l. (|iii piirlail ciicimi' le lili
(IK iiilciiiLiiii ilis liàlimciits )), pour (ioi) lixro, r[{\ ( ]»• ijui ddiiiiiic. ic mu
I l.c le iil ;uli>li' lu- st- llou\e (|lic diilis If rùli- de l'aiiiur 17:11'..
43
T. 1. l.K PALAIS- IlOVAL.
338 LE PAI.AIS-UOYAI.
les ivnU-s (de /|00 à 5ito livres) laites aux divers ordres religieux : aux capurins
de la place Vcndùine. à riiùpital de Dourdan, aux Ecoles chrétiennes de
Chartres, aux capucins de la rue Saint-llonoré, aux religieuses du quartier
Saint- Paul, aux récollets de Versailles, etc. La liste en est longue, car le duc
était très charitahle. he jiiuriial Iciiu par son archiviste Danjan donne le
témoignage à la fois de toutes les aumônes (juil faisait et des écritures régu-
lières (ju'il eu dressait'. L'hiver de Tannée 1789 ayant été particulièrement
rude, il fil à Paris de grandes largesses et ordonna que des feux fussent
constamment allumés sur la place du Palais-Royal. De tontes parts, on lui
adressait des placels, faisant appel à sa générosité, lui exposant (piautité de
misères. {Jii résumé de ces tablettes de l'infortune était reporté sur un registre
que son Altesse pouvait consulter à tout instant et qu'on annotait. Un de ces
registres nous a été conservé et se trouve aux Archives nati(jnales\ La lecture
en est pi(inaiite et souvent altcndrissantc: (pi'on en juge par ces (piel([ues
extraits :
— • Clauiio iJennil expose cpi'avaiit eu l'iiuiniein' il'aniuscr Mixiscigiieur de
son talent de musieien, dciiunulc la eonlintialioii de la pension servie par
Munsei',Mieur le Uéf.'ent.
— Jacques Capron supplie Munscigneur île lui coiiliiuier [)cn(laiil un au la
pension de n'i livres par mois que feu Monseigneur lui aecordoit pijur se perfec-
liiinner dans l'art ilarclnteeture où il a déjà fait des progrès eonsiiléiablcs (ju'il
c.Hpèrc pousser plus loin avec le secours qu'il inqjlore de Son Altesse Uoyale.
— Le .Sjeur (laresnie, peinlie, a travaillé depuis i-'\-j au cabinet de .Monseigneur
|)nur les dessins de lUisInirr nulurellc sous la présentation de M. Coypel, son
neveu. Il supplie Monsei^'iieur de le continuer en qualité de dessinali-ur de son
cal)inel, ayant appris (pie Monscif^nenr conlinuoil lesdils ouvrages.
— I.a veuve Ciiesnoy, i)auvrc femme àf,'ée de soixanle-quin/e ans, inlirmc, expose
qu'étant à la place qui lui avoil été accordée au l'alais Royal sous la voiîte, à la
porte des VreliiNes, pour y >cniln' dis niiireliaiuliscs, cllr fui hicsséc par le carrosse
de feu Mi>nseif,'neur, (juc le cou|) (piclle reçut du linmu lui a causé une descente
dont elle a toujours été allligée; pourquoi elle porte un bandage ({ni lui a (•oùt('
lrt)is louis d'or; (pie feu Monseif,'neur eut la boulé de lui faire espéier une place aux
lii('ural)l(-s, niais (piCllc ne l'a point eue; ce (jui roblijje d'avoir recours aux bontés
de Monseif^neur.
— .\u^<u^te l-raïK.iiis Jaull, piofosciir en i;uij,'iic s\îi;i(|iic iiu ruil.'i^c Ituvai.
cxpote (pi'il a (•n*('i;,'ni' à \Ioiiscij,'neur, |)c'ii(l;uit ipiinze iimi-. de siiilc, les hui^'ocs
I. Vi))i'/ Jiiurniil itri iin-liii'fi ilii l'ulais- Ilnynl du •.'? avril ITXt à H.'iJ.— Vixliivi'.s iialioiiiilos,
II**, iiM)7. Voir Moliiiiiiiiciil iiiix (liili-M Mii\iiii(c> : juillet 17.1,"), rniidiilioii (!(• dcin lils au\ linspilali-
•allnii» di- In MiM-iircidc; jiiilht i7:t.S, (li^llilHlti le ^'i.iiii- aii\ paio ics dans Ir jfoiixTiiciiicril de
llrclaKiir; 7 Juin 1731). nKninilis-rf'iiii'iil d>- riii'>|iilal dr Saiiil -Cloiid. rmiili' |iar M<>ii>i('iii . suii ^'iiiiid
|icrc; i\ noi'it I7;i9, di^lrihiilimi dc< i'haril('-> failcN aux |iainic> de rupanajfc; liAriiT I7'i2, maison
tli>iini'-a .1 riloIrl-DIni de (;<iiir> ; juillet 17^3, roiidalioii di- deux lils à ni(')|>ilal des hiciirablcji, etc.
ï. \rrhl»i-< nalliiiialRi, H4*, lor»;. Voyez iiiilaiiiiiicid |t. V'-'*. 57.'). ."hj'», .■><i7, (i.'i.'t. 711H, 7ii, ■;')3,
i.i: Ml 11 m:
11. SMMIXJKNrviKM; : I.CILIS I)()Ul,i:\\>
syriaque cl {,'i('((iuc. ([ii'il a l'ait pniir sdii service, depuis plus de dix ans, dixors
ouvrages de lillérature oiieiilale. cl (lu'il a re\ii plusieurs de ceux du prince, (pic
loul cela lui a emporlé hcaiiconp de lenips. (pie le prince lui accorda pour lioiioraire
une pension de 4oo livres et lui proiiiil iiiie place de secrétaire dans sa Maison,
place qu'il n'a pas
eue, et (|u'il n'a Ion
chi^ qu'une année de
pension. Dans ces cir-
constances, etc.
^ (lilà 11 ne pi''l i-
tioM (|iii lioiiiic à
ivilt'cliir! Est-("(^ (]Ui^,
|)ar hasard, r(''rii(li-
lion sarr(''(^ du duc
(rOrU-aiis n'aura il
('■II'' l'aitc (pic (le la
science dos autres)'
Los nombreux ma-
iiuscrils (|u"il U''jj:ua
à l'ordro do Sainl-
Doininiqiio. on vc-
coiiiuiandniit a\cc liiiiiiilili' de ne les ('dilcr ipio si cclii poinait cire iiliic aux
roli^MOUX, aiiraioiit-ils pour autours d'obscur.s pauvres diaI)los coiumo oo .lault,
«professeur do lang-iio syria(pic au ("olIt-^'-o Hoyal, » h^piel, assiiivnicnt, no
soiiililo |)()iiil l'^^trc un iiiiposlcnu? \"appror()ii(liss()iis pas cl cmiliiHidiis la lecture
de ces curieux placcts :
— Antoine des Ram('es, ci devant chef d'(îchansonnerie de Monseigneur.
exi)ose (pie ses services ont comnieuc(' dans la Maison de Monseigneur le l\i'-gent
jus(pren ly.'jo. (pic son âge et ses inliiiuili's l'ont obligé de céder à {iuillaume Uey,
son cousin, un café qu'il tenoit place du Palais- Hoyal nommé le Cafr tir lu Hrijciice.
Se liiunaid sans charge, il supplie etc.
— La demoiselle Françoise - (ialiiielle (!ler\al de Passy. fille de condition,
orpheline, expose qu'elle désire entrer en religion, mais (pi'on ne veut l'accepter
que si elle a sa pension de JjOoo livres promise par Monseigneur. Dans ces circons
lances, la sui)|)lianle implore Monseigneur, espérant (pi'il voudra bien avoir égard
à sa naissance et à sa jeunesse, el lui faire éviter les écueils dans lescpuds sa
figure pourroil la faire rester si elle restoit dans le monde...
SOLPlKnE EN AfiGENT (IVlIl" SifXLE)
(1u ne peut (pi'adinii'cr avec ipicllo babili>l('' M ' ('.lerval. « lillo do oondi
lion. Il lait saMiir (prellc a une jolie ligui'o. Le duc (r()rloans n'était pas
3'|0 I.E PALAIS- ROYAL
Iminiiu' à vouloir s'assiuvr du lait, ff avec lui laililico, si c'ou t'iail uu, no
pouvait pas ivussir. D'ailli'urs, les pôlilions du même genre n'étaient point
rares, l ne certaine » Françoise Montniirelle. uro sans mœurs », ou bien des
Jillcs de mauvaise vie « supplient cpi'on Km ilmine les ressources nécessaires
pour it'\enir au bien ». Le prince se laissait volontiers tenter, cpiilte à être dupe.
par le désir d'arracher à la corruption les t'einnies (pu s'adressaient à lui.
Il servait des pensions de .'^oo livres à » M"' Molard. à Orléans, comédienne
retirée », et à «M"' Marvilic, snur de l'actrice de l'Opéra ». Une autre pension
de -ji)!} livres était domiée uii la di-nioiselle de Higny, âgée de di\-neid' ans. (pie
sa famille vouloit traTupier ». Les secours distribués pour ce dciiiici iiiolif
étaient fréquents. La sollicitude du duc s'(>xerçait égaleiuciit ^lu lis uialiicureuv
oblijrés de subir des opérations, ciilic autres ceux (|ui ('•laicnt allciiils de la pierre.
Il proté^'cait les juifs couxerli- et puinvoyail aii\ liais de leui- baplènie'. l'.ii
un mot, il se plaisait à faire le bien, et ci'la [jouvail faire passer sni- ses liaxers.
Les lÏMes lie dépenses du Irésoriei- l'alerue sont suiioul iuléiessaids à
consulter durant les années ly'io ''I ly'ii. car. d'une paît, IN sont accompagnés
des mémoires de fournisseurs diuii (|iiel(pie>-ims poileiil des noms célèbres,
et, d'autre part. iU inditpienl cpie, nièiiie ii cette date, le duc d'Orléans restait
entouré d'un Iiim- (pii irexeille iiullenieiil l'idi'-e d'ascétisme monacal. Le
chapitre des écuries, avec l'entretien de Irente-ipialre ( he\au\, les gages de
cinq cochers, vingt palefreniers, douze pages, eli.. eoiiipi niait une dépense
annuelle de 'i(i, ()(!(( li\i-es. Le service de la Houche. ,ni Palais luiyal, eoritail
au duc ao,noo li\ies eiiviiiiii par mnis, duiil nous a\ous le di'lail comme le
ilfumerail un li\re de mt'nage. l'ienons, au hasard, le mois d'axiil i yi^y :
Iti'ilr </<• lu lliiiirlir fiitiir Ir mois d'iirril 17.'!/. — Pourvoyeurs : S.,"i'|.; IInics ,> suis
t) deniers; — lii>ulan*^'er : M'ti livres i(i sols (i deniers; — Miuiii.iiKJ de vin :
ij'ijy livres lo sols .') deniers; — Kpiceric : ■j,3.'<'^ livres; — Mar<liancl île hnis :
.'|G li\res; — Menues dépenses : .'i.n'i;) livres 7 sols (i deniers.
Le <" l'iMe des luellu^ el .ugeiiteii 'tail i\l rèiueineiit \aiial)le: ianlcM il
ii"allei;_'ii.iil p.is .'mi.oiici li\res |)iiiir r.iiUH'e. l.iiiliM il iliiiinail. em 11 \~'i^.
un Inlid de iSS. ()().{ livies pour le seul mois de (h'eembre. \ loiil iii'^lanl mi n
relève le uom di- l't'b«'nisle ( Iresceid pour' des sonnues allant de -."> à 'i.hiki li\ tes,
sans désignalioM. iiLdIiiiireuseiiieiil . des (ilijejs livri's pai- lailisle. L"orfè\ re
(iei iii.iiii l'-l.iil pour\o>eui- allilri' dans |,i Mais, m: ("est lui «pii ;i\ait suiii t\r la
I. Il.iii^ 11-, riiiii|ili>« lie l'jiiilin' 1713 je lliiiiM-, |>.ir ■■\c'iii|>lc, le ilc'l:iil ili- ci' ipir iDi'ila iiii |iiiiiaT
le Im|iIi'-iiii' ilii Juif l'Ii Aiiy. Viyliii : A lui muis, ami Hmi's; - l'aiil .'i l'('';.'liM- i|u'aii\ |iiiu\ri-s. pour
limnrro^u-^ ■•( luilrc^ iiii'iiurt (li'-iM'utiHi, -ujl) livrci; - - Pcuii riiIVraiiclc, j'i livics; — (ij li\ii'>i-t ilcnÙL'
iIk ilr.iu<''<-« ili! Vrriluii, il 'nmtt\», I i.'i livres ;— l'i livrr» dr pisluL-iic-t i-l ctiniiclli-, ."ili livres; — /|.'i livres
ili> i-iiiiflliiri>« «.•olii'«, i|u livres; — Pour lej lioIte.s, 1 livn! « sols; — Pour les rubans, i.'i livres. —
ToLil ; H,., |i%r « I
i.i; moim: ni:
■ \iv riXii'M-.N ii;\i:
i> <)iii.i:\\>-
■•{'m
vaisselle. (|ui la iiKir(|u,iil, (|iii rciiiplacail les |)ièct's hors d'iisaj.'-»'. Paiiiii les
iiUMMoires préseiih'S |iai- lui, jr inciilioiniciai ccliii du >i juiu 1 7 'i i . i|Mi
i'()ui|ircii(l : «Un coinoiclc de |)lal, nue hoctlr |iiMn' les lioslics, un pol à
liduilloti, pour le service de Moiiseij,Mieur le dui d'Orléans.» et mnnle h
lu sonuue (K- So,") livres. Dans eello sonnne, la \alem- de rar/^'enl osl de
G35 livres, et le priv de la fac^on de 170 livres.
Un autre mémoire est relatif à la gravure des armes du due. laite par
Germain, sur toute la vaisselle du Palais-Royal, de Saint-Gloud et de Versailles.
Dans le dénombrement des objets, il y a deux surtouts de vermeil composés
l'un de trente-deux, l'autre de trente pièces, plus une toilette de vermeil
ser\aid au pi-inee et ainsi eoin|)()sée :
Miroirs cl deux quarrés, une plate et boeste à bijou, un crachoir et cofre avaline,
2 gantiers et i soucoupes, une écuellc couverte et son plat, une jatte et un pot.
■-> boettes à poudre et i boettes à mouche, une tasse couverte et 2 gobelets couverts
de plomb, une brosse et une brosse à peigne, 2 ferières ' et une brosse à patte,
I '1 chandeliers, mouchelte et porte -mouchelte.
Le prlv de la gravure de eliacpie pièce était hahitueilenient de <( cin([ sols»;
mais les artistes employés par (iermain " demandèrent cette Ibis «six sols»,
et celui-ci Ht suivre son mémoire de la note ci-jointe que je reproduis ici en
fac-similé :
//.
^aycruj^â^n '^Y^y^r- ^^y^^y^^^
ufr
I. FiTiiiTt" rtiiit le nom doniir \\ un gcnrr ilo llncoii.
■t. lls'aKil ici «le Thomas (icrniaiii. un rlrs <)rfè\ri's les plus consiclc'-rables de Irpoiiui'. iir en iti-.'?,
mort CM i7/iK, et |K.Te do l-'i-aiii;ois-Tli<>ma!< (iL-rmuin, plus célèbre encore.
'^!^^>, i.E pvr. \is-uoY Al.
D'aiilivs iiifî-Mi's ('-laioiit ('■j^aU-ini'iil cmplovi's pai- le iluc dOilôans. tels
quo Lebrun. Uasiiii, dont on acc|nilla. en ly.'JcS, une iniporlanle comniaiule;
Caoron, (i ciseleur-argentier. » qui ligure la même année sur les étals de
paiement jiour une souune de (joi livres, etc. Le sculpteur Slodtz, un peintre
nommé CeoffroN : Lemonnier, nli^in-doicur : Lange, sculpteur: Doury,
inq)riineur-lil)raire: la dame Polliail, liiigèrc: Leioy, horloger: Audry, tapis-
sier, sont également parmi les foin iiisseius lia])iluels. En I7'|9, Coypel dut
exécuter quatre copies d'un portrait du duc d'Orléans où celui-ci était vu
jusqu'aux genoux. Quel est ce portrait? Est-ce celui (pii est aujourdlnii à
Versailles? L'une de ces copies était destinée au cliaMcclicr d'Argenson et \alnl
au peintre r)Oo livres: les trois autres ne fuient payées (pie l'io livres chacune;
elles fment données à (ireiiohie, à laiihé Sallier et à un certain Prenier. Le
raini'MV gainier (iallmliat. tpii se \aiilail il'rlic le |)iiini(M- à avoii' d lrou\('' lart
d'adoucir et mettre en couleur les peanv di' n'ipiin dont on garnit les surlouts
(Je montres, boîtes à lancettes, étuis îi ( iscaiix ci à rasoirs, et autres objets (|ni
depuis Cl- leui|)S ont conservé le nom de (lailiK liai », lra\aillait également |»(inr
/tteu oe /^' rM^-iU^n^^/^ c^TJ^^^^ui^u^ ^e^m^iea^
^
l'iiK m <;»iMKn <;»i.licimt
II' l'.dais- H()\al. I.n i 7 'i i . il e\i''ciila iiiir lii'iic ('•iiilc liic dr»-! iiK'c au t.\\\v de
(iliartres. couveilf dr cliagiiii, ddidili'c de moire bleue galoimi'e d'oi- lin. avec
un faux fond il «.ccrcl.dii piix de 1 •>(! lisres. Le nu'me (ialliichal lil une « cassette
il iiiellrr lis in-lmiin iijs |iniii lis dents de Monseigneur ». En voici le mémoire :
Toiilcs Ji'H ^'ariiihires p<-scnl 1 iiiaïc .'5 <,'r()s. A lai-nn
(le .">'j' lo" le marc ^u' .3" 9''
l'onr lu Hk;!»!! de !"iirr!''\re ,")0 » >i
iNiin- la ffraviiri- a.'l m »
J'iiiM' la «Inriuf en iiiiMilin'c 110 » ")
l'iinr 1.1 lasscllc ciimcrte en l'inissi-llr vcrio, ra(;oM de
jaspe haii^nin, ildiiiilt'c (h- veloiii!* a\(i- ini miroir
dans le eoiivcrele, f^nriiie d une scrniir ii iliiix
pennes: la rlcF est ciselée et polye cl iliiu limii à
MTrel iliiiilili'r de soye yoii 0 n
l'iiili le »ar île rliaiiiiiis liiiiili- île «.oxe ... n n n
liiTAI '|fi5' S' 9'
i.F. MoiNK UK sainte-genevikm; : LOUIS dVhu.iUns S'i.*?
(ihiKjiu- aiiiHV, lo (lue (!"( )iir';iiis, ;i l'occasion de la l'Vic- 1 )icii, faisait
dresser (lc\aii( le l'alais-Hoval un rcpusoir iiia;:iiirKnu' dont son ciilii'iircrKMii-
ordinaire, La Cour, faisait la niacoiuicric, Kanj^e la sciilj)lnn'. et (liraid la
nicnuiseric. Mais la plus grosse somme, en délinilive, dont fut cliarp' le
service des Menus et Argenterie dînant cctlc période assez méiaiicoli(|iic dans
riiistoirc de notre monument, fut (clli' i\\\ scrxicc funèbre de sa sœur, Lonise-
Klisabeth, reine d'Espagne, niurtc à Paiis vu 17/12, dont il fit les frais'; la
cérémonie eut lieu au Palais- Royal.
Louis d'Orléans ne paraît pas avoir, à aucun moincnf. fait evécnler des
travaux dignes d'èlre signalés aux bâtiments ilu l'alais-lloyal. Il se boina,
en i-l\o, à faire restaurer le jardin qui, depuis les modifications entreprises
par son grand-père en 167/I (voir page 173), n'avait pas été embelli ni même
sullisammenl entretenu. Les arbres étaient devetms trop loulTus, et leur fron-
daison, non réglée par le sécateur des jardiniers, s'étendait en tous sens,
couvrant les allées d'une ombre excessive. Les locataires des maisons entourant
le jardin se plaignaient de ce que le feuillage leur masquait la vue. De leur
part, c'était beaucoup d'exigence, car la situation de ces maisons, vraiment
privilégiée par une tolérance (pii durait depuis le cardinal de Kichelieu, les
faisait fort recbercher. En outre, on aurait jtu leur demander de commencer
eux-mêmes à contribuer à la pruprelé et à la salubrité du jardin en s'abstenant
de jeter par leurs fenêtres des immondices qui n'y répandaient pas précisément
des parfums. Mais leurs réclamations trouvèrent de l'écho, semble-t-il, à la
Chancellerie du prince, car voici une note mamiscrite, recueillie ;i la Biblio-
tlièijue de l'Arsenal et qui a tout l'air d'émaner des bureaux du comte
d'Argenson '.
A'o/f sur Ir.s cluuiijeini'nls à Jaire a 11 jardin du Pidais-Royid.
M»'' le (lue (i'tJriéaiis est adoi^' de Ions ceux qui uni le lionliciir <!(• iapijioclier.
Il poiil bien aysénicnl aiigiuenlei' le ncinihre de ces créatures, end)eliir ((insidérablo
I. Ces frais montèrent à ()o,j)83 livres. Les détails en sont donnés tonl au long, et sans en excepter
aucun, dans li-s papiers du contrôleur Poinsiiiet. Ils niontreiil avec la dernière précision conunenl se
réjilait un enterrenienl princier ù cette épociue. Hornons-nous aux suivants, à litre d'indication :
Pour les tentures noires dans les chambres du l'alais-Hoyal, .'(, 800 livres; — Pour rendjaumemenl du
corps fait par Pia et BouUluc. premiers apothicaires du roi (poudres aroniali(iue-i et f,'ommeuses.
haumes précieux, esprit de vin rectifié, cire, toile cirée, etc. 1. '100 livres; — Pour le cercueil, fourni
par (;o(|Uprot. niaiire plombier à Paris (premier cercueil d'une grandeur extraordinaire, deuxième
coffre en bois de cliène, ferrures, plaques de enivre et d'argenti. .'>7S livres; — Pour couvrir et garnir
le cercueil en velours noir. a>ec croix de moire d'argent, j'i aunes de g.ilon d'argent. (| livres la sols;
— Poiu- les crespes fournis dans la chambre de Monseigneur. 1.1811 livres: — Pour les armoiries et
arnii's sur papier et sur toile fournie par Dniour. peinlic ordinaire du roi, ijia livres; — Pour les
llandieaux et cierges, foiniiis pai' ISIesimaie. marchand cirier à Paris, Î^SiiO livres; — Pour quatre
voilures de deuil fournies par liordié. maiire sellier, joo livres; — etc., etc. In di-s plus curieux
articles de ce mémoire est <-elui (|ui concerne les pleureurs officiels : r. A Adam, crieur de la cour, pour
la cérémorne fimèbre à Saiiit-Snlpice. y compris ses peiiK's et soins et graliiications. 4.ay.'5 livres. ■•
■i. Kibliothitiuc de rVrx-nal. Manuscrit io'ii — <.|o<>. folio 'i.'m.
344 ^^ PALAIS-ROYAL
iiiriil XIII jaiiliii à très i)eu ilc frais, faire un très gniiul plaisir à Ions ceux rpii ont
lies maisons sur rc jardin ft à tous ceux qui s'y proniènenl. Ce seroil eu ordonnant
([uon laillà eu areades loutes les allées de ee jardin et même la grande allée
«des marronniers» eomme on la fait aux deux quineonees qui sont au bout, et
vis-à-vis la maison oeeupéc i)ar M. dArgcnson. Cela donncroit de la grâce à toutes
ecs allées et du jour au premier étage ou rez-de-chaussée des maisons, de l'air et
du jour à tous ceux qui s'y promènent, surtout dans la grande allée des marron
niers. On > éloulTe de ciiaud et de poussière, et le soir on n'y voit point clair. Cet
end)ellissenient prolongeroit le jour et la i)iomenade. Qu'on ne craigne jujinl (jue
celle opéiation tiiniiimàt l'ondjre. Il y en auroit encore sulTisamiucnt par le beau
berceau de la grande allée des marronniers et par les deux ([uinconces.
Il est à remanpier (|ue le jardin du Palais Royal est à l'abry du S(deil l(\aiit
par les maisons île la rue des Bons-Enfants, qu'on y est à l'abry du soleil de inidy
par l'ombre des (piinctuices et soubs le berceau fie la grande allée des mai roiiniers,
et qu'on y est garaiily du soleil couchant par les maisons de la rue de lUchelieu.
AiiisN, il h') a piiiiil iriiicuiixi'iiieiil à iiicllir loiiles les allées de ee jardin en
l.e (lue d'Orléans se rendit ù ces bonnes raisons, et, pour faire ;ni jardin les
leinaniinienls deinanilés, il s'adressa à Desgots', «architecte du mi, aiu ieii
conlnMeur ;,'énéral des Bàlimeiils et neveu de l'illustre AI. le Nuire,» dont
les talents pour ce genre de travaux étaient alors grandement appréciés. Le
prince lui demanda de faiic un jaidiii ((fort ouv.crl»', sans l)osquols de iliar-
niilles. ni boulingrins, ni palissades, car linil cela ainait t'l(' trop pinpicc aux
lète-ii-tcte galants. Desgots composa donc un grand parterre de gazon, sans
plates-bandes, entouré seulement d'ormes eu houles, avec un bassin beaucoup
moins grand que i (lui (|iii exislail aupaia\aiil cl ne incsiuant plus (|ue
seize loisrs de diaiiièlre. l'uiir ^eivir de fond à ce bassin, il disposa une denii-
bine de treillage ;i jiaiilein d appui. |iiisentaîil plusieurs angles où il loga les
statues cl les Ihciiiies de Henri Leiîunbeit el C!<j>se\ox ([ue Louis \l\ a\.iil jadis
fait transporter de Nersailli-s. Derrière cette demi-lune, venait un ipiincunce do
tilleuls, a\ec des espaces s\métriipieineiil ménagés pour recevoir des «bancs
«le commodité»''. ailMpiels le publie lit le iiieilleiil' accueil. 'l'iMll au loild, il
é'le\a un grand pmtiipiede lieillage. d'iiiii' l.ir;:eiir de six luises el assez liaul,
decDié' de liiiis ligures pl.ici'cs d.ins des niclirs et (|iii, ail dire des iniileiii
porains, ('•taient «1 une » Ir.'s liriji- eMciilidii . '. Ijijiii. pour duimer au jardin
un aspect rt-guliei t t pnn imi ii l.i vue un lableaii agK'alile, Desgots masqua
I. O fut l'KnIriiK'iil lin junliiiin du mi, du i i dr iM-^jols |)ciil-rlir un iiiciil de rriiii-ii. i|Ui'
\r ranliiiul llirlirlli'ii utnil iliiirKi'' di' rrlolilkviiiviil du jardin. Niiir plus liaiil, p. ;<(>.
I. Kl non pu!i .. forl ruiiirrl ■■, rniniin- li- dil Kd. hnurnifr daiM mi inoiin^Tiipliii' du l'nlni^Koyal,
p. 3i.
3. Mrrrnrr ilr l'rnncr, jaioiiT >-^■J. l.rllii- «iir In rmlieUimi-mi-nlt tUi Jnrilin tlii /'(j/<ii« /^.v'l/.
4. IbiJ.
kl 115 B O T » I
MBUAILLKS ET JETO>S DE LA FAMILLK UORLKAM*
Ëllubcib CbMloitc, Ju^bcuc d'Orli.in, nétc du Rigcnt. - 3. Le Ri|ciil. - j Lom», Juc J'OiliiDi. u>ii lil». ■
pciutrc tlu Kigcut. — { et < . Jctout Je L« Jucbcsfec li'OrUau», fcminc du Rct;cut.
I.E MOINE DE SAINTE-r.ENEVIKVE : LOUIS I)'onLÉA>S
3 ',5
les maisons pai- un livilla-r .■onli,,,,. .I„nc .li/aiuc dv pic.ls ,\v haul.Mi. . ,,nil lil
ré-ner sur lout le pourlour. Kntie les allées, on sema .les parterres de -azoïi,
et c'est pour les arroser (lu'on inau-ura l'emploi ,|,. la lan.v ,|.,nt usent eoin-
munémenl depuis tous les jardiniers, mais .pii pan.l al,..> dunr nouveauté
LL JAHIIIX Dl, PALAIS HOVAL Al'UliS LE» CllANGEMIiMS FAITS E>
l'Ail m: iilc Lui i> ii
si ingénieuse cpic Hlondel, dans son livre sur /'Arr/ii(cc(ii/r frdnraise, lui
consacre une copieuse description '.
(_;<• lui l'aimée \~'\\ que le |)rince Louis d'Orléans, renonçant au monde,
quitta délinitivement le Palais-Rojal, et alla s'installer au eouvent de Saiiile-
tiene\iève. .luscpi'à ce moinent, il a\ait espéré jouer un nMe flans la politique,
s'était li\r(' aux iiitrijiues. tanlAt sous les conseils de sa mère, tanli'it sous sa
propre impulsion, commettant elia(pie fois cpichpie imj)air (pii l'éloij^nail
davanta<;e de Louis \^ . lui dernier lieu, il s"ét;iit mis tlu |)arti des '\oailles,
et ce l'ut le coup de giàcc au jieu d<' cri'dil ipii lui icsiail. Il \(inliil, pendant
l'hiver de raiinée i7'|i, essayer encore une t'ois de sempaici- de la coniiance
du roi par une oirensi\e audacieuse, (^e prince dévot, ipTon n'aurai! \ raimeiit
pas cru si aU'amé' de poinoir et dliumieurs. al)oi<la Louis \\ el lui dit :
— Sire, je voudrais aNoir (pielquefoi-- des ii iiiM-rsal iou-< .iNer \ohe Majesté;
j aurais des choses sures el secrètes ;i lui diii'.
A cela, le ini sr eniileiil;i de repuudre. d'uu loii sec :
— iNoii, Monsieur !
I. Blonukl. I.Wrchiieclure française, t. III, p. 3tl-4o.
T. I. LE PALAIS-nOlAL.
Vt:.
356
LE P.\I,AlS-nOli AL
L£ HOl KOLIS 1\
\a- (lue (rOilcans eu ôpruiixii mu- iiioiliUcatioii pi-ul'oiulf, qiiil s'applicuia
à dissimuler a\cc le plus grand soin. Dès lors, son parti lui |)iis. et il alla
s'enfermer au couvent".
Pour la date exacte de son installation, comme poui' les détails de celle-ci,
nous avons les papiers du trésorier Palcrne, aussi bien que l'inventaire après
décès de 1703. Par exemple, on voit dans les registres de dépenses que,
pendant le mois d'octobre 17/11. le tapissier Dugy fournit 127 aulnes de toile
j)einte pour faire im lit, rideaux et portières dans
l'appartement du duc d'Orléans à Sainte-Geneviève,
pour la somme de (i^a livres. Le même mois, l'horloger
Frizoïi porte à Sainte-Geneviève « la pendule à réveil
de nionseignein-, après l'avoir nettoyée». Inutile de
parler d'autres meubles ou accessoires que le prince lit
transporter du Palais- Royal dans sa nouvelle demeure,
Lupielle était sans luxe, à la vérité, mais fort spacieuse,
occupant deux maisons sur les terrains des Pères de
Sainte-Geneviève ^ Après avoir franchi, au rez-de-chaussée, une antichambre
où l'on voyait un paravent, quatre ou cinq tableaux de piété, un christ en
i\()ire scnlpti', on laissait, à gauche, la cuisine, pour pénétrer, à droite,
dan>i la ilianihrc du prince. Elle était dépourvue de toute splendeur, mais
ce n'était pas non pins la cellule dénudée et triste dont on a jiarlé. L'ameu-
blement se conqtosait d'une concliette à la polonaise, recouxeite dinie toile
blanche pi(piée, avec des pentes t\r loilc de colon ii ileiiis lilcues sur fond
blanc. Den\ tabourets garnis de crin et recouverts de pareille étoll'e, huit
chaises de paille, deux chaises canées, une petite table de bois de chêne
de <leux pieds de long, trois tablettes et encoignures de bois de noyer
constituaient ce mobilier rudimentaire. \m\ nnn-ailles étaient accrochés deux
• •slanqies et (piarante-hnit petits tableaux » jieints en miniature dans lein-
cadi-e (le iiiivre dori-». Il est cuiieiix de constater i<i (jiie ce prince bonis
d'()rlean-<. ^nr (pii prsc l.i ripnlalion daNoir été un iconoclaste, et à ([ni
I lii<«l()ire nproi Ile d a\oii- lirnlt-, coinnie iruK'centes, les plus belles peintures
réunies par son p.iv U- K.'gmt ,111 l'alais-Hoval. .'piduvait li' |)liis vif piaisli'
II copier des tableaux. I,c Cabinet des Kslanq)es de la lUbliotliècpie nationale '
possède (picKpies s|)i'ciniens de son savoir-faire en ce genre, (le n'est pas
brillant. Il y a, nolainrnent, nue lèle de .. l'Ianiande ;i sa leiK'lie». daijrès
(Jt-rard Dovv. qui ne doinie p.is une id.'c asatitagense de son de-sin. Les
I Mrmiiirrâ (lu rii<ir(|iii<i ■>' \iu.k>v>\. I. III. .'i juin i - j i .
t. Voir 11- TrtUtmrnl du duc lioHéan*. Maïuiscril »oiis<tv(- ii la ltil>li.illii'i|iii' ma/iiriin'. Ilishurr
de f'rniiee. II. 1777, fullu 171.
.T (;..llr.l|..ii ilco \iiml4iir'.. I II. \. l\<^.
Il' MKiM i>F >^m\ti:-<;knkvii-.m- : i.oiis
.Vit
le llilMc (Jaiitlii.T et
iic ciicdtiihrc' (lal.ini-
(|il<'U'.'lMlc-lMiil lal)l('aMliii> ilmil le |ii'ijiri- >'('iili>iira ilaus sa t'Iiaiiiliir .à roiiclici'
ii'a\ai('iil pas (raiilrc (Icsliiialidii. ainsi (|iic le (lue |c >ti|iii|,'i lu'lli'iiiciil <laiis
son teslament, « li's aNanl l'ail xciiir, » dit-il, «pour les copier et non pour
les l'aire sorvir à rorueuient de rua maison '.» Tout à rôle de eelle pièce,
étaient les clianihres de ses deux \alels de ( liandin
(îcrinain. Puis venaient le cahinel du piinci', le lalior.
hics. de flacons, de tubes, de vases de veiic
(le loiiles rmiues, de bocaiiv i-aii^('s dans des
armoires, de minerais en «irand nond)re, dai-
gcnt, de cuivre, dt-tain, etc. La hibliotliècpie se
trouvait an premier tMa::»' el ()cen|)ail un très
vaste espace, avec le médaillier placé entre les
fenêtres, f,'arni d'ornemenls de enivre, compre-
naid les pierres gravées idn numéro ■->.\n) à
2^70), etc. Les livres étaient au nondjre de plu-
sieurs milliers et comprenaient aussi des collec-
tions d'estampes. Tout cela, lé;;u('' aux Pères de
Sainte-Geneviève, devint la propii(''l('' de ceux-ci.
Il ) eut pourtant un ((imprnniis an sujet des estampes. An momeni de
riuNentaire, les héritiers du dm- (l'( )rl(''ans re\en(li(pièrenl ces estampes, el
la note rédigée à cet eirel par le chancelier, qui était îi celle époque M. de
Silhouette, fut consignée au procès-verbal et approuvée par les religieux. On
en ramena la collection au Palais-Royal; elle formait une centaine de volumes,
dessins, gravures, etc. Quant aux pierres gravées cjue le duc avait achetées à
Crozal 72,000 livres, son fils les reprit en les payant une somme beaucoup
plus élevée, sur restimatiou de Mariette.
FI est impossible de ne pas toucher ici à la i'amense (pit>slion des tableaux
de la ^aleiie de son |)ère, (pie le due Louis d'Orli'ans es! accusé d'avoir
dt'lrnits par excès de sentiment religieux et pour piolesler euntre rind('
cenee des sujets ivpn'seutc's. Là encore, il semble bien (pie la h'i^ende se soi!
ddinii' nii [ii'ii Irnp racilemeril cairière. Lu ellèl. ce lui une <ipinion pres(pie
g(''n(''rale. an win siî-cle, ([ue le lils du lU'genI avait ex(''cnlt'', an Palais-
HoNal, un Mrilaliii' aniodaie des jilns belles peintures des maîtres italiens.
Sa l'nrenr, di'-ait-on, s'i'tail priniipalemenl .assouvie sur celles (pii. niVranl
aux Ncux le spectacle de nudilc-s, exaspc'iaienl sa jolie de chasteté. Ou ne
parlait pas moins d'une (piarautaine de chers-(r(eu\i'e mis ainsi eu pièces el
bri'des. Les recils de cet étrange acte de (h'-menee resièreni \agnes: piiiulanl
ils eircnlaieiit sous le manleau, prenaient ci'(''ance. La Prijacr de l'iinvrage
I, Manuscrit Av la Mil)liollii-c|iit' iiisi/iiridi*. Il, 2777. folio 171.
348 LE PALAIS-ROYAL
de Couché sur la (înlirir du Palnis-Roi/al v i'ail allusion. Le l)on ^alout. (|ui,
dans sou volume sur le Palais-Royal, s'applique avec un /Me df couilisau
à ne ilire ipie des choses afi^réables pour la uiémoire des piiiiees doiil II sCst
fait riiisloiiof,'raphe, se uioutre pouilaul caléj-orique sur ee |)i.inl. Il eiiit
roriuclleuieut ceci :
La rit,'ucur de ses principes porta ce prince à fiiire brûler sous ses yeux quarante
tableaux des plus jjramis niaîtres de IKeolc italienne (pii faisaient partie de la
collcclidri (lu Palais- Hovul '.
\;iliinl .ijiiiilc. a\ee une pn'eisiiiri tuui inuins
exliaordinaire :
I t 11 ^MicDii d'apparlonienl s;nnn Ai- <•(' i)in]ique
/ aul(. da-f.' hi Lnl<i. de l'aid \ ,'r.Hii->c. l'I la 1 ,7,//.v.
de r\il)une. Les quarante tableaux biùlés par h s
()i'ilrf> de Louis, duc d'Orléans, venaient du ( aliiiid
de la l'ciiic ( '.Inisline.
l II dociiiiienl, piiblii- eu iSS'j. dans le lliillctiii
de la Sorii'/t- i/c l'Iltstoirc dr l'aiis\ s'ajoute nieoic à eciix (pic j'iiii c.mi-
iiaît sur celte histoire de la dcslniclidn dr-^ lalticaux. ( ICnI mu' |c||ii> d'un
tféoffi'aplii' du roi, iioiiiuk' Uidxrl. (pii. peiidaiil la i'u'vdliil i( mi. piciciidil
a\oir eu sa possession un des laliliaiix de la i^aicric du K<''0(.|i|. les Ti-ms
(înhrs, (lu Titien, et en pi()|)(isa l'aiapii^il ion, eu lyqi, ii l'aiuliassadeur
d"\u^deteire en Lraiiee. dall^ !(■- leniies vuixaiils:
... (l'est un des tableauv eaiiitaiix (pii a|i[iarliiii rnt ii la reine (dirivliiie de Suède
et qui furent achelt's à Home, en \-\^. |)oiir M. le iliie d( irl(' m-. leLicnl. I.a ;:aleiie
du l'alais-Hoyal eu l'ut pri\ée, en ly-.'.'). par la l'éidee li\ poeiisie de son fils, iiniiiie
(le Sainle-Cieiio iève, (pii, insensible aux eliarnies de la belle naliire. sans respeci
pour ces prodiii-tions iniiiKirlelles des ail-;, lae<'ia et (b'-^rada plii^ ou luoiiis ces
superbes tableaux qui lireiil la ^doire de l'Italie.
Deux des (piatre qu'il attaqua n'ont pu se rétablir e| sont delriiils; l'éloienl la
/./</'/ et la Ihinm'. du (:oiiéj:e. i.e Iroisièine, (pii éloil 17^/. ilii m'ine uiailif. iloiil
il déeliii|iietii la lèle à eoiips de eanif. resiaiil'é'e saii'^ doiili' iiieii iiiiparlaileiiieiil.
fut depuis vendue ■.>7, livres dans nue \enle puliliqiie. el elli' si' \oil aujoui'd'bni
ebe/. le roi de {'russe pour rpii elle bit acdieti'e.
Le (piatriènii? éloit les Ti'itis (Inlcrs. du Tilieii. ipi'il ereva d'un eoiip de pied
el (|u'il ndéf^uu avec les autres dans un >;renier.
(l'est re dernier ipii est xenii en nui possession. Les (Iràees. eoninie \ons le
savez, sont nues; celles ci le sont donc cnlièie ul. el eepeiid.iiil le tableau est
I. J. WloVT, Si>m>enir$ liitloriiiiin ilrt rrtiiieiieet ruynlfi : If l'uliiis-Huyiil, iiS;W, i vol. iii-M". p. i4i-
■t. T. XIV, |i. fj(>. — lllblii>lli<'-(|iii' ■latiiiiinli.'. Miiiiiisci'iU ^rllllV'li^<, iimivcllc ari|iilsili()ii. i3(i7,
folio* lit -141.
)K sviMi:-c;rM \ ii \ i
r,o
ï>ar A. Koiïuuvt
l.\ Ml.lK.i: Il 1
(Tablciu Je la Galci
du PaUis- Royal)
(léceril. L'iiinoconcc, la caiiclnir, h\ liniidili' >niil le M<i\r .loiil li' ;,M'iiio «lu |i.-iiilio
les a coincrlcs cl avec 'lf(|iicl il liiii ImII |)anl()iiii(i- leur iiinlili'.
Le tableau a six pieds lic liaiil il i|ii.iliv et demi de lar^re. Il es! deux des fif^nircs
dont les pieds sont refails. diijinoins en partie. Mais, tel (piil est, ce tahleau est fait
pour orner le palais des rois. Sans doute, il nesl rien d'aussi beau dans celui de
35o '^ l'Ai. VIS- no Y M.
Soinl-James, el c'est un des plus précieux de I lùirojif, en même lemps iin'il en est
un des plus céli-bres.
S'il rsl vrai, comme je lenlenils dire. Monsienr, (jue c'est le roi d'Ant^lelcrre
qui a acquis la collcclion du Palais-Royal, c'est un e\cellenl cl très agréable
service que vous lui amez rendu d'y faire rentrer ce lahleau fini en lit la f,'loire
cl rornement.
Je suis, avec considération. Monsieur, votre trè.s liumhic et très obéissant
serviteur.
IlouF.itr.
Géographe onliiiairo du Hi)i, de ^Ill^litlll ilc l'nloiriic.
incMilnc ili' rVcadéinic royale de Hcrliii.
.\ Paris, II- !.■> février 1701, nip pt riil-do-sac Saint -Doruiiiiquc. prés le
l.u\iMiil)oiir!;. n" 0. On me Iroinc le malin jusqu'à onze heures, el
l'après-midi jusiiu'à trois lieures.
Il faut reni;u(|inM- a\ec (|uclli' liahiicli' loulc profossioniicllo le f^co<^raphe
l\()licil a rédigé celte Icllre poiii arri\cr ;i MMuifc aii\ ineilleurcs conditions
le tableau (jn'il possédait. Mais ce cpii paraîtra plus cvlraordinairc, cCsl (pie
jamais celle peinture ne lit paitic de la collection du Palais- l\ii\al. (pie ni
dans V/fntfttin/f du llcgenl, en 17)0, ni dans le liés coniplel catalogue de
Dubois de Saint-tîolais, ni dans les ln\eidair(>s après décès de i-.")a el do
17S5 (pie j'ai consultés, il n'en est l'ail nienlion. (l'était donc, de la jiart
de cet liabile géograplie Knlieil. inie iii\eiilion on penl-èlre siinplenienl une
illusion loiile gratuite. A-l-il \eiiilu smi lalili'aii!' (l'est (railleurs possible, et
peiit-èire celui-ci r.iit-il, à riienre acinelle, ronieinent de (piebpie C(''l('bi'e
galerie, a\ee celle nienlion : »l'i'o\ieiit de ranciennc (dlleclicin du l'alais-
Itoyal. >i II s en ,1 tant dans ce cas!
Mis en deliance |>ar celle preini(''re conslalal ion, \(''ririei'oiis-iious les allir-
iii.iti(uis de \ .iloiil (b'elaranl ipie le (bic d"( bb'aiis di'linisil (piaianie laldeiuix,
ni pbi-> ni nmins, (pii provenaient de la colleclidii de (iliristine de Suèij..'
(ielle fable n(> n'-sisle pas une niiniile à rev.iinen. l'.lle ne sappnic sur rien.
Pour la l'i'-diiii-e à iK-.inl, il snllil de ia|)peler (pie la li-li" compb'le (!e> l:il)leau\
(lu Hi'gonl. dressi'c par Saiiil -(ielais, priil élre eunipan'e ;i\(c ecllc de^ peiii
liires (pi'il \ a\ail an Palais - Uo\ .il . en ly")". ."1 la iiioil du prince l.onis
d'( bb-aiis, el diMil 1.1 niinienclalnre lui dressée dans riineiil.iire .iprès di'cî's
de celui-ci. ( >ii y relroine esacleinent les niéme-» oeuvres, (lonnin' UDiiilire. il
y a iiièine nue pelilc dil1'('ii'nce en l'axeiir du seciuid. Le cat.di i^^iic (il' DnJKiis
de Saint -(ielais, drosi- en i;».!, cniisl.ilr h pié-,rrice de '|li,l l,dile,ni\; celiii
de riineribiire de ijôa en unie 'iSi.
De huiles les nccn.siilinns de s.ind.ilisnie porli'es ciMiIre I.. lui- d't )i le.ins. je
ne \((is, piuir ma p.'irl, (pi'im lé'iiiKign.igf .ly.nil 1111 scioMmiI de x.deiir : c'est
I.K Moine di: s\iMi;-(ii:>Evii:\ r, : r.oi is ndiuKVNs .S5i
ralliiinalidii cniilfinie dans \c ralal();:iii' de \fiilc des tahli-aiix de Clliarlcs
Coypt'I, en 175.*?: il y est dit (|iir le |iriiicc aiiiail iMidoiiima^'-i' deux Corrège,
VIu et la Lrila. Il ne s"agil plus iiiainleiiant d'aulodalV' ni de la desliuclioii
de quaranlc tableaux eu blor, mais de la niuiilalioii de deux toiles, \oici
couHueut s'expriuie le catalogue pour le tableau dVn .•
Dans un premier mouvement, le duc d'Orléans supprima la tète d'Io. Il en
demeura là et fit cadeau du tableau ainsi dégradé à feu M. Coypel, son premier
peintre. Mais Coypel répara la tète, lui chercha une autre tournure et un autre
caractère. Il a achevé de faire disparoîtrc cette tète.
L'o'uvro, ainsi mutilée, fut vendue, en 175,'^, le prix de .5, 203 livres ', |)uis
cédée au roi de Prusse pour le i)a!ais de Sans-Souci. Elle avait été estimée
(i.ooo li\n's dans le catalogue de rin\eidaiie du i\('gent. Quant an talilcan
de Lt'dd. il fut divisé en trois parties, d'après le catalogue de Coypel :
La première, de trois pieds en quarré, renferme la Léda. La lète de femme,
reformée en partie par M. Coypel, et le Cygne, qui ne présente plus rien que de
fort innocent. Les deux autres tableaux, de '1 pieds 10 pouces de haut sur 2 pieds
de large, n'ont pas été touchés. Dans le premier, sont des amours assis dans un
boccage. Dans le deuxième, sont les compagnes de Léda.
La Léda, divisée ainsi en trois parties, fut vendue par les héritiers de
Coypel i6,o5o livres, cl acquise ensuite également pour Sans-Souci. Cette
toile avait été estimée a8,ooo livres à la mort du Hégent ; c'est un des plus
hauts prix auxquels ait été prisé un des tableaux de la collection du Palais-
Royal à celte époque.
Tel est le bilan du l'o/nln/isnic imputable à Louis d'Orléans. On voit (|n'il
y a loin de la réalité aux récits fantaisistes mis en circulation. La tète du tableau
(VIo lacérée et la composition de Léda donnée à Coypel, qui la divisa en trois
parties, voilà, en somme, à quoi se bornerait l'iconoclaslie du dévot prince
d'Orléans! Il faut ajouter que, même réduite à ces proportions, l'affaire des
tableaux n'est pas encore tout à fait certaine, car la collection des peintures
du Palais-Royal ne fut j)as sans subir des péripéties, encore ignorées, dans les
somptueuses galeries où elles furent disposées de 1720 à i7!)o. L'étude des
Itnentaires prouve que, dans les déplacements qu'ils durent subir, en dilTé-
rentes circonstances ou par suite d'accidents non révélés, plusieurs des chefs-
d fpuvre réunis par le Régent tombèreid à de singulières dépréciations. .Fe ne
parle pas de la Danaé, du Corrège, (pii, bien loin d'avoir ('li- dt-lruilc comme
il c^l (lit dan-^ le duciinicnl iil('' jiliis hanl , lui |iiis(''(' la sonnnc de ,'>().i k m li\ res
en 17^,"), alors (pi'(>n 17^/1 son prix d'estimation n'axait ('tt' (pie de 2'i, 000 lixres.
1. Kl iinii \n\* a7.i«m li\ri's, ( (iiiiiiii' Ir dil le gùo^iraplic Uobeil dans lu li'Itic l'itéf plus liaiil.
35a I-E PALAIS- ROYAL
Mais 11' Mulit. dn mrmo iiiaîtro. coli- i.aoo Hmcs ou i7a^. no lôlail plus que
aoo livros ou i-r>;<: VEscltn-one. du 1 itiou. priséo i '1,000 livres on ly.'n?, n'est
plus roléo que V-ï livres en 1780 rouune «très abîmée o: \' Enfance de Jupiter,
de Jules llouiaiu, estimée :?.'ioo livros en J75'»,, tond)e à 800 livres en 1785;
W'^Ouatre Ai^e^. du Nalontin. marqué pour 8,000 livres en 173'!, ne l'est plus
(lue pour '|iJO li\ros ou 17S."). Ou pouriail nudtiplior les o\onq)ios. Mais roux-ci
sutlisent pour la démonsiration (ju'il s'a^nssaif de faire ici.
La \éril('' osl ipii' ir duc l.nuis d") )rl(''ans. maiirré sa l'olio, si' lil sciiqiidc <lc
luuclioi" à rien île ce qui do\ail ri'\onii' à sou Mis dans l'IuM'ita^e dos l)iori< Ai.' la
ramillo. Il laissa au l'alais-llovai ridu soidomoiil les colloclions d'ohjols d ail.
Ii'-i uii'ul(l(«.. les lal)loau\, ii la place (pi'iis a\;iioui eue poiidaul la iU'^cnco,
sans y rien clian;,'oi'. niai-; il 110 loucha pas uiciuo ;> ses oiijcis p^'|■sorMlols, à
ses bijoux, à s«'S vètoiuriiU. (pi ou rcli(iu\a. après sa luori, ou i7">"^. lois (pi'il
les avait laisst'-s (piaud il sélail relire à .'^ainte-(ji'neviève. Sa robe do cli.indirc
«le soie loup- à ilours d'ar-p-nt ol une veste de drap d'orélaioiil les M'ids vosli^^'s
un jiou luvui'uv do sa ;;;ude-robe princière rpie, (h'daiirntMisoinciil. riuvcnlairo
e^lima on bloc 'jon li\ros! Les coussins d<iniil('^ de duxcl. qui lui <or\aicnl
il se metti'o il <,'onou\, et (pii élaioul restés opars dan^ les (li\ors coins de sa
eliambre, «'■laiont les suprêmes ri nimU témoins de la vie i\r doxoiiou ipiavail
meiK'o daii- le l'alai>- HumiI le lil- du Hii^cul.
1 1 > r o I H E i> t p k 1. » I s - Il (1 ^ * L
ANTOINE COVI'EI- : I. V MoIlT l)i; DIDiiN
Décoration de la « Galerie d'Éiiée <• au Palais-fiuyal
(Gravure Je Duclunge, 1719)
LE PETIT -FILS DL RÉGENT
Portrait du duc do (Chartres, ipu devait devenir I,(Hiis-Philip|)e d'Orléans. — Son mariage avec la |>riiins>e do
Brmrliiin-(;onti ; ses niallieiirs ronjugaux. — Drillante période de fêtes au Palais-Iloyal. — Le duc, ami des
arts; la duchesse, sou portrait, son esprit, sa mort prématurée en 1709, son enterrement. — Après la mort
fie Louis d'Orléans, en 17.Ï3, son tils enlrepretul d'agrandir et d'r'mix'ilir le moiuiinent; les architoctos Cartaud
et Contant d'Ivry. — Incendie de l'Opéra en 17(13. — Sa reconslriiclion par Morean, aux frais de la Ville. —
La nouvelle façade du Palais-Royal ; quel est son véritable auteur? — Travaux de décoration intérieure diri(;és
par ConUint. — Description des nouveaux appartements. Fête donnée au roi de Danemark. — Louis -Philippe
d'Orléans marié secrètement avec M"' de Monlesson. Nouveau genre de vie; la comédie à Villers-Collcrcls;
installation bourgeoise rue de Provence. Il ipiitte le Palais-Iloyal qu'il laisse, cinq ans avant sa mort, à son
fils le duc de Chartres.
i.\r)\>T les oti/.c aiiiiées — fie ly'ii ;i i-T)-i — que le dur
Louis d'Orléans resta on peut dire à peu près rloitré à
Saintc-(ïcneviève, le Palais-Kosai, loin d'être une habita-
lion déserte, une cour morose, reprit, au contraire, une
piiNsionomie niomementée. La mère du duc, en dépit de
l'âge et des infirmités, gardait le goût de la domination et
(Gravure de chuuveau) gouvemait cctlc pctite cour on se servant plus cjue jamais
des procédés rjui depuis longtemps lui étaient Camiliers. Comme elle avait marié
son fils, elle voulut marier son petit-fils, c'est-à-dire en n'écoutant {jue ses
propres calculs. Le jeune Louis-Philippe, duc de Chartres, n'avait pas, comme
son père, r.'iine ulcérée de rêves mystiques; c'élail un hoii j^ios gai'f'on, (pii
Nciiail du ci'il(' de sa mère, la princesse de i^adeii-Kaden, el « éloit allcinaii(i
justpi'aii lioiil des oncles )>, nous dil (r.Vrgeiisoii ' . S.tns iniagiiialioii ni ^^oi'it
I. Mai'(|uis u'AïKJENsoN. Mitimiris. I. II. |i. '.iSii.
T. 1. hE PALAIS- nOVAL. 45
354 LE PALAIS-ROYAL
d'esprit, les bons mots, les pointes, les vers, tout ce qui n'agissait pas direc-
tement sur les sens, ne le touchaient guère. Mais il montrait déjà de la fermeté,
du bon sens, la volonté d'être juste et droit, l'amour des qualités extérieures
qui sont nécessaires aux princes; il était brave avec simplicité. Sa grand'mère
songea à lui donner pour femme, en i^i'i, Louise-Henriette de Bourbon-
Conli, la fille du monde qui pouvait certainement le moins lui convenir,
vive, pétulante, d'im esprit endiablé et dont les mœurs furent hiciitiM aussi
légères que son tempéranicnl ('lait passionné. Les chroniques scandaleuses du
XVMI' siècle sont renqilies de tiails (|ni la déj)eignent sous les couleurs les
pins hardies. Klle avait di\-sf|)l mi^ à pciiie (piand elle fut mariée au duc de
Chartres qui, kii, cii aval! (Ii\-liitil. cl vciiail de l'aiii' brillamment ses |)rc-
mières armes en i-'IaiKhc. ;i la lialaillc de Dflliii^cn, oîi il eut un ciicval lue
sous lui. Consuili' sur (■clic iiiiiuii. le inoiiic de Saintc-(i(Mic\i('\(' ne ciai^iiit
pas de «lire ;i sa mère ton! le mal ([ii il en aii^uiail. (lest d" \i'fj:ciison cpii
nous f;iit coiiiiaîlic la rciioiisc du iiriiiic :
11 y a (luiis celle race des Coiili, dit il. Ixjue cl folie; hi jeune princesse pounuil
bien s'en ressentir. Son père est le dernier des lioinnies; quant à madame sa mère,
elle va partout, ainsi (pie ses sœurs, le c... levé avec son M. d" Ai^niilloii. Il faudra
vivre .sons la tutelle d'une telle belle-mère, ou s'y brouiller'.
Le prince d('"\ot n'en (jiiilla j)as luoiiis son couxciif pour assister, selon les
règles de l'cUipicItc. au iiiaiia^'-c (|ui d(uiiia lieu, à Paris et à Versailles, aux
plus brillantes cérémonies =.
Les pn-visioiis pessimistes du duc d'Orh'aiis ii'i'laicnl, d'ailleurs. (|uc tio|)
foiid('cs. I);uis 1rs prciuicis iiKiiiiciils du uiaria<:e. loiil ;illa bien, cl l'auiour
le plus ardent sembla unir le jeune cou|)lc, (pii ne se ;;('iiail point, paraît- il,
pour en fournir un peu trop ouvertement les preuves dans les diverses |)ar(ies
du l'alais- Koval. Cliaiuforl racoiiti iik'uic, .'i ce pro|)os, une aiiccdolc assez
pimciit('c :
Mudaine lu duchesse d'Orléans, dit il. éloit fort éprise de son mari dans les
coinineiHcment» de .son inariaKe, «I il > avoil peu de réduils dans le Palais- Hoyal
qui n'en eussent été témoins. In jour, les deux époux allèrent faire une visite
ù la dnelics.Hc douairière <pii éloit malade, l'eiidaiil la coiiversalicui. elle s'eiulormil.
el le duc cl jn jcuiii; dueliessc Irouvèrenl plaisant de se diverlir >ui le [lied dn lil
de lit malade. Klle s'en uperi.til el dit à sa belle tille: . M mui- <-l,iil r('MMVc. M^idiunc.
de faire rougir du mariage, n
I. I»'\iii;»:*!i(>fi, Mrmoirrt, I. III, p. 17N.
' t^-» r«'Ti-miiii|c.. «Mil iDiiKUPincnl (liVriles ildii'^ lin iiiiiniiMiil iiiéilil coiisci \c à lu |til>li<>llii'(|iii'
• '■'*'■'• "■ Si-rvicf lift inriiiit. I.c iiiiiriiiur eiil lieu 11 Vcr.Miilli'S. I.c soir, les jruiirN e|>i>ii\
iirriil nu l'.iliil«.llii>ii|, où IN liotivèrnit ■■ iinr illiiiiiiii;ilioii iiingiiill(|iu- dnns les cours eljardiim
'•■' ''■"•'•Ifi'» ili ^ mil» H>iiiil Mif -■•ur If |Hiliii>i >'.
I.F l'KTIT-lII.s !)»■ ni;(;i-\r .i;);)
('elle siMisiu'Ilo passion |)(tiii- son iiiati tir iliiia pa-. Idii^.'-lcirips. (!cliii-ti
a\aiil (lu. a (li\cisc< reprises, de ly'i.') à 17 '17. icluiirnei' à raniK'c cl siiiviv
la \ii' (les camps, la (liiciiosso ik' (iliarlics S(> consola, |)aiaît-il, assez, aisi'inciil
(le ce veuva-ic passap:cr avec cerlains liai)itiiés du l'alais- Uo\al. et la HIumIi'
(le SCS allures finit |iai' dexenif rolijel di^^i coriNcrsations pul)ii(pies. Des
querelles violentes éclataient entre les deux époux, qui se boudaient, relu-
saienl parfois de dîner ensemble, constituaient UK^'Uie chambre à part, ce (pii
l'aisail gloser, connue on pense, lont le monde an l'.dais. Puis on appienail
mw le duc. (pii était emporl(' et faible autant cpie la diieliesse él.iit spirituelle
et ferme. a\ait fini par céder et faire sa soumission. On en riait, et, dans ces
ciiconslances. le pau\re prince jierdait clhupie fois en auloril(' ce (pi'il li-agnait
eu ridicule. La gi'aiurmère du jeime duc ne [louvait iidervonir dans ces contlits,
car elle n'était jilus là pour voir les beaux résidtats de ce mariagfC qu'elle avait
si obstinément \o\dii : elle était moiti^ peu après sa conclusion. On fit sur elle
cette épilaplie :
(^i-git la iik'tc d'un onfiint
Qui croit duninc Monsieur son père
Pour avoir fait ce qu'on prétend
(Jiii' MiinsiiMii- sdii fils ne iicut l'uire'.
V partir de Ijunu'e 17'iS, les sc('nes de ménage deviinciit si i'r('(iueutes et
si fâcheuses que la brouille entre les deux époux finit par être complète. Le
mar(pns d'Argenson, cpii était au courant de bien des petits .secrets de cette
singulièr'C \ ie conjugak', laisse maintes fois percer, dans ses Mrinoires. Taga-
cemenl (pi'il vu éprouvait. Signalant, en novembre i7.'|8, une de ces <juerelles,
il e\pli(|U(> comment les deux (''poux se laissent liberté réciproque :
Cliaiiin ])r(irè(le, dit-il, à ses |)laisirs |)arlicidi('i-s de son e('ité. Le duc a une
pelilc niaisdii dans les faubourgs, et \oit des filles eu prenant certaines précautions.
Il laiil idineiiir ipie ces (lixoi'ces si conuiunis aujoiu'd'hui peu d'années a|)rès le
niaiia)ze xiciineiit totijoins par la faille des fciMUies '...
(juehpies mois plus lard, la sc'paiation entre les deux époux est encore
plus accentu('-e, et le niar(pns dVrgetison ('ciit :
La ilMchesse de Chuilies est déclarée giosse de deux mois. M. le duc de Chaitros
continue il dissiper ses biens et ne paye persoiuie : à la tète de cette maison ne sont
ipie des ^'cns lin>el ili milles . |,e due de (lliarires est ent(>nr(' de misérables godc-
lincauv i|ui le porteiil à Imiles les dépenses (K' libertinage: on le l'ail courir toutes
les iiinN de iMiiieaiis (Il lioiieaiis. de petites luaisdlis de eoiiilisaiies, de \ iiis et de
I. (iiiiMM. Currcspomlance, l. I". p. aS'i.
■j. I)'\h<;knsox, J/émoires, l. V, p. ^79.
;{-,(; I.E P AI, Al s- un Y M,
dél)aueho, |>iiis la cliassi'. les cmii-scs à \ ilIcrsCnlIcicIs cl à daiilii's caiiipairiiçs;
il ne se coul-Iic jamais (|iu' le malin; il lioil peu el sccliaiilTo le sauf,'.
La (liiehesse a loujoius le même amant avec beaiieoii|) (laiilres; elle s'est Iichim'c
grosse; on a engage son épou\ à coin lir «cite d-iivre de (|iii'l(iiic > iiiiils axer elle
pour se eroire railleur (riiii oiivra'.'e déjà e<>iii|)lel...
Le priiiee seiiil)lail preiulio son parli de la sitiialioii. Ses amis lui eonscil-
laieal tl'eii riie. Il alleetail riiulilTéieiice ou se jelanl dans l'or^'ie et le désordre.
Avee une adresse légère, la duchesse, jolie à ra\ir, iiilcllii:cnlc. aimahle.
biiniie pour tous, savait tourner les torts du coté do son mari (lu'ellc trompait,
dt'Iuurnait de lui la laveur du roi, do la favorite, et les SMiipalliios des princes
(lu saii^', à (pioi l'aitlait de tontes ses Ibrces sa mère, la princessi" de (lonli,
dont l'idée li\e était l'ahaissomont do la hranclio d"()iléans. Axcc cela, les lotos
se siicei'daiont sans inlerriiption au Palais-Hoval. où la pins frin^jfanto société
se donnait rcndez-\ons. On \ jonail un Jeu d'enfer. I.a duchesse de (ihartri's
faisait les liomiours avec sa \orvo aiguisée el sou ri.;int visage, (pii prenait tous
les cu'urs. (^asanova, (pTollo avait lait venir, intéressée par rr (pi'ou disait de
ses prali(pies caii.ilis|i(|Mi'<, raconlc dans -ics Mr/iniiics la \i\e iiiipressioii cpio
(ît sur lui cette st''diiisanto tomme: mais il avoue en même temps (jn'il ^ écouta
une sotte crainte ». el n'osa pas di-clarer sa |)assion. Sans doiilc, la duchesse
aurai! repcuidn an galaiil a\ciilurier a\cc celle crii(iil('' de langage don! on
citait maints exemples, comme la saillie (pTelle adressa hrnscpicmciil ini jour
à l'i-Ncipie de Meauv, tandis ipie la conxersalion languissait et tpie la compagnie
paraissait s'enmiver :
— Monsieur ri']\è(pie. on disait ce matin ipio vous aviez encore \olre pue...
Le peintre Naltier nous ;i laissé- de celle pi(pianlo ci('aturc di\ers poilraits
(pii rien tr,'dii--sent poiul l'àuic \iciense, mais nous mouti'cnl sa linc vilji, nicl li-
il des epo(pies dill't'rentes. Le premier e^l de \~'\->. el la re|)r('-M'nlc coniln-e
le long d'un ruisseau, occujx'e à tresser une ciuniinne de lleiirs : c'est la
cindciir iiiriiii- cl 1,1 ;.r,;"|,-,. I II .iiilic c>| (je 17'iS; la dnclic^sc. eu r(il)c lilanchc.
est iionch.'dammciit ap|in\ee sur une coupole, et rèvo... à ipiels amant'<? Dans
lin troisième, ou la \oit sous les traits d'Iléhé', assise sur des nuages, leiiani
une ciiiipc d mil' main cl une aii.Miicrc de r.iiilrc; c"e>.| |c pln^ ca|ili\aiil cl le
plus \riii sans doute. 1 n ipialrième, toujours t\v Nallici . cl (pii c-l c;^alcmcMl
au miiHi'-e de Nersaillcs, comme les pn'cé'deiil-. c-l du lcm|i- (u'i la dnchc-s,.
porliiil encore ii sou J..1I hras l.lam d.'- hraccids ,,iii,'^ du porliall du dm-.
Hon époux. Sous ces ipialii' aspects, die mhiI.Ic exprimer le- plia-cs de son
cii'iir cl (le sa savoinense heaiilé-.
De t<>iii|is à jiutic. le du.- el la dnclic-se de Chartres eimncnaicnl du
Palais Ho\;i|. en grand é'<pii|)a;.r,., |,.,,,s jnxiles. et se i-eiidaicnl an iliàl<au
U 1 s -
iai<lt(>i(W«>)Wi)iii!ii. Il . Il Un iiimi
£PHlUPPi.
>/.'
1 ne I- j'iiM iP'i'i; i>i>ia.i >>-., j'i m m: I'iiiliI'pl'-kcai.itI':
(Gravure de Le Beau, 177Î, d'apris le portrait peint par l)c TOmtç)
358 "-E PAI.AIS-ROYAL
de Saiiit-Clouil. oîi ih ;itliraioiit loiif Paris dans des fêtes nicr\eilleuscs. Le
iiiari|iiis ilArjLri'iisoii écrit à ce propos :
M. le iluc de Chartres passe des trois et quatre nuits sans se coucher, étant
toujours en niouvenienl... Il traite aussi mal sa santé que ses alVaires".
Le prévoyant niarcpiis calculait surtout ce que coùlaicnl de pareilles lolii-s,
et il se nioidniit eirra>é pour l'avenir. Il écrivait, ;i la date du mois de
mars i7">i :
M. et M" la duchesse de Chartres font un voyage à Saint-Cloud avec plus de
soixante personnes nommées de ce voyage. Chaque jour est marqué par des fêtes
avec des dépenses ell'royahles et magnifiques qui vont les ahîmer dans les dettes.
Si Monseigneur le ilnc de Chartres vit aussi longtemps que son âge le promet,
leur maison ne sera plus payée».
I.i- |irince ne se cniilciilail pas de prodiguer rar'^riil dans les fêtes.
Dès cette année i7r)o. c'esl-.'i-dire (leiiv ans a\ant que son père ne mourût
à Sainte-tJene\iève, il asait pr(ijel('' <lc rajeunir laspecl du Palais-Hoyal, de
refaii'e les apparleincnls et de reconshnire prcs(pie complètcnictil laile droite.
d'est encore il'Argenson (pii nous iintie ii ce |)lan, en nous l'aisanl sa\(iii' cpic
c'est par l'Opt'ra que les travaux allaient connnencer :
I, "Opéra, (lit il. \a riir icii.'ili, mais dans le méuH' lieu, M. le duc de Cliarlres
>'\ iJiiMMaiit (le grands umus eincMls pour le garder dans sdii palais et pour jiiuir
d'un si grand agii'mi'nl cl ((iinniodili'. Pour ici cll'cl, on a acheté les maisons
d'autiiui' ilu l'iil lie >ac: l'on prend une pclile cour du l'alais lt(>\al. on l'ail ini
cintre et de> arcades, et autre choix dont on verra le devis et plan incessannnenl.
Pendant l'exécution, on prêtera pour l'Opéra la salle des machines des Tuileries-*.
I.e nianpiis d' \ i gcnsuii, ipii, ;i celte (■p(i(|ne. n"(''t;iil plus cliaucclier de l;i
ni.ii-oM d't Irli'an^ et a\,iit passi'' l:i ih.iiii ;i Silli<iiiclle, ne se trouvait pas exac-
leun-nt renseigné sur ce (piHn pi-ojelail de l'aire, l n arivt du (ionseil du Uoi
du y."i .nril ly'iç) aNail cli.ugé la \ ille de Paris de r.idiuiiiistration de TOpéra.
Il N av.iil donc iiili''ivl pour les d'I >rli''an>., ipil tenaient il g.niler cet .ittiail
dans leur Pal.iis-ho>al, ii premlie l'inili;di\e di' cerl.iiiies .lUK'lioi'atioiis. Il ne
s'agiss.nl pas de re<dnslruire de ImikI en londije le llieàlie. ni.iis de lui doiuicr
une façade cpii lui in;uM|u.iil, l'I surtout de créei' |ionr le |inli!ic des di'gage-
merits dans l'élioil (•ul-de-sa<- par oii s'ell'ectuaieni l'entrée et la sortie des
speclaleins. Poin- cela, le duc de C.li.irlres lit aciieter dès le -t seplendin' 17 'in
une maison .ipp.ii'lenanl ii l'ahlii' de f'r.nicière et i|iii. ( . .nipo^-c'c liedeiix ailes
I. Mari|iii< ii'\iii.KN<ioN, Mêmuires, i. VI, p. lûS.
>. Ibiil . I. VI. p. ^^f,.
.T Mnripilt ■•' \iii,i.>mi>, Mrmuirrt, I. VI, p. 19-.
LE PETIT-IMLS DU RKGENT 359
(le liàliiiRMits veMiiioulus, iL'iiiiail le ciil-di'-saf cl luiicliail de l'auli'e cùlé au\
cuisines du Palais-Koyal. La vieille bâtisse lui payée 10,000 livres romptanl,
plus 5,000 livres de rentes. Une partie fut jetée bas, et on put prendre de
l'espace pour agrandir les roulisses, donner plus daisancc au service de la
machinerie, (iiii imiiail de riniporlance. D'autre part, la \ ille de Paris acheta
également, le iTi juillil lyTio. les maisons faisant l'encoignure du cul-dc-sac
et de la rue Saint -llonori'- : lune apparlenait à un ccrlain ( 'adeau de Mon-
gazon cl fui pauv 'i'i.uch) lixics: dciix anhc^. (('(h'cs jiar .Iran Durand,
inspecteur di's \iiis de la xiiic. ne coùlèrciil pas moins de ,")■>, ooo li\rcs.
L'acte de \eide stipulait (|ue celait pour u piocurer par la l'oiniatiuii d'ime
place au-devant des portes du s[)ectacle de !"( (piTa un al)(ii(l (|ui man(|ue
entièrement à la commodité du public»'.
Quant ;i la salle même de l'Opéra, on se borna îi ce momcni ii un nettoyage
complet et à cpielques end)ellissements df)nt elle avait grand besoin. On décora
les balcons des premières loges de bas-reliefs en stuc doré représentant des
trophées de musique, et les balcons des secondes loges de guirlandes de fleurs
maintenues par des consoles. Le plafond de la salle fut repeint; il figurait
une terrasse îi balustrcs et des altiques avec des vases à lleurs, le tout coupé
(Ir douze panneaux de l'elief en stuc s'enlevant siu' un fond de ciel. A lavant-
scèue, le plafond, exécuté par Trend)lin, représentait une suite de galeries de
marbres à arceaux, et dans chaque arceau était une peinture en camaïeu sur
fond d'or, dont les sujets étaient Apollon sur son char, Diane, l Aurore, etc.
La salle apparaissait en ton vert d'eau, sur lequel s'enlevaient harmonieuse-
ment les ornements d'or en stuc et les imitations de marbre des pilastres et
colonnes'. En résumé, l'aspect était aimable cl gai. Mais cette transformation
de l'Opéra, mis ainsi au goùl du jour, devait être bien éphémère, et le ter-
rible incendie de lyd.'?, en dévorant le théâtre, allait se charger d'imposer des
changements tout aulremcnl (dnii)lcts.
Le duc de Chartres, entraîné tlans le tourbillon de revistence brillante
(|u il nicnail ;i cette époque, dépensait sans conq)ler, et engageait même des
sommes considérables en amcnageiuenls liixuciiv au l'alais- i\o\ai. Sa fcnuue
désirait modifier la distribution des a[)|)ailcmenls, transporter le sien ilans
l'aile droite, où elle voulait ipTon édifiât de nouveaux bâtiments, pour laisser
à son mari la disposition absolue du ciMc gauche. Le |)riMce, tant cpie sou
père vécut, n'osa se lancer que tinu<lcnienl dans di' [)areilles constructions.
Cependant, une note manuscrite, signi'c de lui, (pie je trouve au milieu du
fatias de papiers conse[\(''s ;i la Hibliothècpie Carnaxalet, pinuxc (jue, dès
I. VrcliivL'S nationales, T. itiô.'). — Voir aussi H '1. aHt*. i-l l'iaiis, 3' classo, Seine, j'iti.
a. Arcliives de l'Opéra, carloii (i.
36n I.i: I- AI. AI s- ROY AL
l'jiniiéf i-Tiu, il a\;»il l'ail ((iiniiicintT la coustriuiiim do iiàlinieiils nrurs du
cùté lie la rue dt-s lions- l'idanis. Elk' osl dalrc du i juillcl ly.')). La voici:
Il fsl orilniiiié à M' Jean Joseph Palerne de la Magdcleine, trésorier général
de nos inaisuii.-i tl finances, de paver comptant des deniers de son exercice de la
présente année an sieur de Vigny, intendant de nus hàtimcnts, la somme de
3,(iu(i livres que nous lui avons accordée pour giallillications jjour raisons des
mémoires exlraordinaiics qu'il a réglés ou qu'il aura à régler concernant la partie
lin liàliment iitul" cpii dmiiu' sur la me îles lîons-Knfants cunslruile en i-^o'.
Mai<. dr> que la iiioil de son |iî'rc, à Saitdc-t iiMicx it-Nc, en li^ lici' 17.")!?,
eut l'ait passer sur la tète du duc de Charties le titre de iluc (i\)rléans, et
dans ses mains riiéritagc de la Maison, il coinmciira avec une hàle Icbrile
à n'-aliscr ses projets de constiiiclion. Son noiiM.ni ( liarKclicr. Sillioucllc,
tpii y trouvait son intérêt, ne lit (pio rcncoinagor dans celte voie, et se
garda bien diiisister sur les dinicultés linancières auxquelles on risquait
de se lieurler. Le niarciuis
dVigenson, (jui n'avait pas
^ / . jy \ eu |iareille chance au temps
^^) y ou il exerçait ses lonclions.
signale non sans aigreur
-^ yjf^^ y. • celle IV)lie de dépense qui
'^'*<-^ s'esl ciiqiaicv .lu priii.H-, et
t'crit dans ses Mtiiu>ircs. en
a\ril \-.v\ :
^ ^ /p . ^/ yt ^ \i. le i\w (l'Oiléiuis (MU
>^ / / ^-^ y // hiasse des projets de haliiiieiils
^ ^^S v-.^ -^7"^ pour plus lie N luillimis, huit
y^ y Colterels; il incnd aussi iiu
' >/ grand goùl imur liiigimlcl cl
sa maison de eliasse de l'.lieln
l.i \;iniiiif. Sillioiiitlf. Miii I haïuelitr, \o\,iiil la passion de ce prince pour les
h.'iliinciils. l'y précipite en lialiilc llallcur...
fhicjipirs joiii> apr."-. je I ', juin.!, d' \rgiiis,,ii ,.,ii| cncoïc :
M. Il- iliic d'Orléans emprunte :> inillioiis de icnlc- \i;i-crcs pour les iiàliiiicnls.
Il ri'hàlil jinxi/ii,- ,11 inlirr le Palais Hoyal, et piu^ il ixaiicc, plus il augmcnle les
denniriN i-t en piéripilc I cxéiiiliuii. Avec cela, sou . Iiancclici Sillioiiellc d<\iciil Toi I
riche et uclièle de belli-n k-rres dans l'apanage...
I. Mniiiitiril ilr In llilili<illiri|ii<- i:nriiii\iil<l. aN7i(i|. linvHc j. - CVM lanliiliTlr liiirl.iiul. «raprè^i
llloiulcl, i|ii| III i,.|U.- o>ii!>lriii lion.
'F'nT-Kii.s 11 r II 1:1; F NT
IlilTt, l'AU MOlUCAl; I.K Jl.l >R
Ilciii'ciiscmciil (|ii','i celle iiièiiic d.ile le f\[\r (l"()rle;iiis eiil à loiicliiT
l",i;ji'('',il)le Sdiimie (le >-(|il à liiill inillioii'^, |)r(i\eii;iiil di' l:i succession <le la l'eue
rciiic (n'ispa^nic, sur laciiiellc II in' cuinplail pa^. el (|iii lui |ieiiiul de l'aire
faro aiiv di'penses de ses c(iii-«| lucl ions.
l!ii (piui Cl iii-.islèfeiil e\acleineMl les lia\aii\ eiilrepris au l'alais- Kdval
il celte date, c'est -ii-dire eiilre i-^r>. et I7(i(), <•! ipii en l'iil l'arcliilecle? Si l'on
s'en lenail à ropiiiioii accrédiléo jus(|u"ici, ce iie sciait (pi'ii [lartir de 17(1.'!,
T. I. I.E l'ALAI!>-llO\AI.. 40
363 LE PALAIS-ROYAL
jiprt-s rin<<'ii(liL' (lu tlu'àlic <lo rOpt'ia, que le duc d'Oilt'aiis aur.iil rli;n;.'é
liurhilfiU- Ciiuliuil iIImn <le la réfection presque totale du Palais-Royal.
Mais cest là, évideuuneut, une erreur dont il est facile de fournir la preu\e.
On a vu ce que le nianiuis d'Argenson dit sur ce sujet dans ses Mcmoires.
Il fi\e nettenieiil la date de lyôi au développement des liaxaux de recons-
truction. Mien plus, il indique doutant d'Ivry comme étant rarclnlecte choisi
à la i)lace de Carlaud, alors bien vieux, puisque celui-ci avait soixante-dix-sept
ans, et il ne semble pas trop se rijouir, dans le passage sui\au[, de la mise
à l'écart du vieil artiste:
M. le duc dOrk'ans, dit il. fait de grandes entreprises pour les bâtiments du
Palais-Hoyal. Il achève en une campagne la basse-cour ([uon avoit commencé
de rétablir, voulant faire un nouvel appartement à M"" la duchesse d'Orléans.
On lui a remontré que les vieux murs et les vieux combles n'étoient plus solides
et voici (|ue toute celle aile sera rchàlie presque à neuf... Pour ces bâtiments, il s'est
défait de (larlaud, l'ancien architecte du Palais et l'un des premiers architectes
de France, mi liniun'le homme surtout, et il lui substitue le sieur Conlaiil. arciii-
tecte de janiiu, liomme d'un goùl à la mode, intéressé et charlatan. C'esl lui qui,
ayant entrepris un bâtiment pour M. le duc d'Orléans au bout du parc de Sainl-
(!l<jud, à l'endroil qu'on a nommé le Moulin de la Brosse, avoit dit (jue celle
dépense n'iroil j)as à ".«o.ooo écus, mais elle a passé /joo,ooo livres, de sorte qu'il
a r.dlu l'aliatidiinMcr '.
Un autre témoignage que les travaux de reconstruction du Palais étaient
en pleine activité entre les années i~iïy.i. et 1755 nous isl b)urni ])ar Rlondel,
(lord l'ouvrage sur l An/iitcc/iirc Jinrirnisc parut en i~'>{). cl «jui donne des
détails sur les cliangements ((considérables» que ((M. Coulant est eu train
d'apporter >) à l'inb-iieur de l'édilice. Nous avons nnenx eiuoie. (i'est un
docnmcid iin'dit, aiisolunifiil piciis, ciupiunh' au\ pa|)iers du trésorier
Palerne'. Nous y >oyoris le rcIcNc des sounncs cuqijoyt'i's ,iuv consliiiclioiis
du Palais-Uoyal pendant les .uuhms ly.'i'i, i-'t?) cl lyTili. l'om i7'>'i. on \
li'oii\e la mention sui\.inte :
H'Uimnilx iiriifs.
\ \l (leiiiiiiin. iir|)liè\ rc •«'i.ooo livres.
• iirard, menuisier .■?,o()()
Tardieu, charpentier i,!»»)
De Karoue, miroitier i,."ioo
(Idurliin, ••erriuier a, 000
l.neu-. plnmliier a,nou
'Polal .'l'|,5oo livres.
I. \liiri|iiU ii'\nr,KX4ii^, Mniwirr», I. \ll, p. it'n). — Murs i-î-n.
ï. lllbllo(lii'-<|iir Cnriiatnli-I. (;<)in|ilr» i|i>« (Ii-imiihi-o du i|ii( (rorlôam on 1754 cl 17.')."!.
I,i: Pl.TIT-rU.S I)f IVKf.FM
.1(13
l'ouï' raiiiicc lyT)."), le lolal général des iccrtlos di' la Maison t'iil di'
6,609,874 livres, et l:i dépoiisi" de 3,975,709 livres. Sur ic ciiinVi', I arlicle
Bâtiments est chargé connue suil :
Palais-Royal 1 (>."),. {'i.') livres.
Saint-Cloud 7i)-oi'i
Ha-riolct C.yiS
Pavilkm et linlel de \ ersadics :> .Wim)
liùlcl à Foulaincl)leau i,3oo
Viliers-Collerets 1 18
Château de Clichy •><>•>
Total 2J.j,,'|G(j livres.
Ces chin'rcs établissent smahondaïunient (|u"il ne s'ai^issait i)as de simples
modifications apportées au Palais-Uoyal à cilte date, mais de constructions
importantes, de changemeuts eonsidérahles. En définitive, on peut se rcndn;
compte de ces changements sin- le plan (pn est ici reproduit et cpie nous avons,
un peu arbitrairement, il est vrai, daté de i7(i'i pour maicpier nù en était, cette
année-là, la réédification du Palais. Tous les bàtimeids (pi'on y Noit marqués
de la lettre L avaient déjà éti' commencés avant 1750 par Cartand. et ceux
désignés par la lettre .1/ étaieul en coiishuction sous la conduile de doutant
d'Ivry, en 1702; c'étaient les nouveaux appartements de la duchesse dUrléans.
pour laquelle on aménageait en même temps, sur des plans nouveaux, l'aile
droite de la seconde cour, jadis occupée par Anne d'Autriche.
L'architecte Pierre Contant, surnommé Contant d'Ivry parce cpi'il naquit
à Ivry-sur- Seine en 1698, n'était |)as de la première jeunesse quand le duc
d'Orléans l'adopta poui- anhilecle. Mais il représentait cependant des tendances
jeunes ou, du moins, trouvées telles par la clientèle aristocratique qui lui
demandait des travaux décoratifs soit pour les nouveaux hôtels cpu se
consiniisaieni an\ l'anliourY^s Sainl-Cù'i'inain nu Saird-il()noi('\ soit dans les
galantes petites maisons que faisaient élever grands seigneurs et linanciers
dans les environs de Paris. Après avoir été admis à l'Acadéune eu i7>S.
Contant a\ail (piehpie |ieu végi'-li'-. lH de ses |)renners ouvrages inqxuiants
fut l'église de l'abijayc royale de Panihemont. faubourg Saint-Germain -des-
Prés, en I7'i7. Puis il travailla au chàt(>an de Pi/y, au comte d'Ku, en i7r)o:
à l'hôtel de Longuevilli' (pie venaient d'a(i|Ui'rir les fermiers généraux, et
au(iuel il ajouta une aile: à l'église de Sainl-N aunon. à Coudé, en Flandre; à
l'hôtel de Holian. iiie deNarcnne; à l'hôtel Crozat. etc. C'est alors — en 17.");? —
que le duc d'Oiléans, après lui a\oir l'ail faire ii Saiid-Cloud divers améiia-
genuMits (|iii l'a\ai(iil ia\i. lui coidia la reléiliori <hi Palais-lloyal.
36a
LE PAI.AlS-nOYAL
Contant cl"l\r\ ii«^ passe pas pour avoir l'ail, au Palais- Uoyal. la fa(;aflo
(In r<*>tL' do la rue Saint -Honoré telle (pi'ciii la \oil cnroïc atiidiirdliui. On
s'accorde bien, généralement, à reconnaître (piil est l'auteur de la laçade de
la denviènie cour — ce qui n'est nullement contestable d'ailleurs, — de l'avant-
corps de gancbe du grand escalier d'iioniieur et des grands aménagements
Ijrs .\i>i>arlrments au premier éloge du Palais- Uoyal
r'>--J
T3'i
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M wà,
— crj^i T T.
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TJ.
Pt-
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.L^JiJ.
pi.a:< du palais -noTÀL en i7^iû
«VAST I.I;» TIIVÏAIX UE nECOMSTKt'CTIOM COUMAXOÉS l'AU l.l'll. I)'olU.l';ANS
AtX AIlCUITECTi!» CAIITAl'D ET COSTAST D'iVIIT
(Coapurui ce pUo kcc celui de 1760, ci-conire, on ïoil que iljiu l'aile gauche il y eut peu de modifictiions, Muf les allribulions dilTireotei
d'appaitemcnu. Djni l'.ile droite, au coniraicc, le» chingemcnH furent coniidcrjblcj. U Cour dit Fcnlaiiiu, nommée alors Basu-Cour,
date de cette époijac.)
(Plan llri du recuuil manaicrll de la Uibliothique nationale : Loftmtnl du Ojjùùn au Pnhii-Rmil)
inli'rieins enlivpii-. p.ir |,' prlnci' d'C dh'ans ii celle e|i<iipie. Mil-. (|iiaiil ;i la
façaile de l;i rue Sainl-llo i-, un en r:iil litnineiir à Mdreaii i|iii. :ipivs
I nieendie de rOpt'-r.i, en lyli.'f, dut. eoni ii !.• \eiiM pliis|,iin. i(|),ii ei . aii\
Trais il.' 1,1 \i||,., ,|,„|| il l'Liil r.urliileele. les d('>;is|res cause'-; par celle
calasliuplie. .le |||. s.inr.iis dii-e sur quiii repose celle npiiiidii. <|iil .-I exprimée
>anH r.Midire d'une indécisi.iii. nolimmienl p;ir l'onliiine i! \l. (lubml dans
leur!» noiice.s .sur le ih.m ni. Mais ( .• <pii es| eeilain. c'esl ipie, dans le
volinne des (Jùuns ,1 iinliilr, tiiir dr l'icrrr Cuiitant d'h'i;i (îi Paris, clic;',
Diiinonl. prt.fessenr d'.n.liilecliire. ly.'.S. in-r..li()) ipie pcssèile le Cabinet
di-H j'MnMjpcH de la ltil.|i,.||i;',pie naliuii.ile. ..n li..ine ipl.iii<lie WWIIh
un l'rn/rt de l cUs-mi,,,, d unr /midr dr lu Jnir iiinjrttrr pour un /kiIuis, «pii
IF. ri.TiT-FiLS nu iii;(;f.\t
36c
n'est autre chose (pie In coiiipiisiliiMi orij^rinale, la |iiemièiv pensée de la l'ac-aflc
(lu Palais-Uoval altrihiiée jnsqn'iii à Moieaii. (l'est la iiièiiie areliitecture,
composée des ordres toscan t't ioniipie, à pilastres, régnant dans la hauteur
du rez-de-chaussée et du premier étajre: c'est la même halustrade de pit'rre
surmontant ces denv ordres et manpianl la naissance d'un eundile à deux
pent(>s, avec lucarnes circulaires: c'esl le même aspect cnlin, avec des statues
'"■ .|i I l.....„.
.i^^'^f^i^r.y^ _— iri^ -i
r
T^s — ^ccn
^w^
3 x
n
IM.AS m' l'iUlS-ROTAL ES \-ji>'l
ISDIQU.VST LES TBAWUX ESTHEPIIIS A CETTE DATE PAR L- PH. D'oRLÉASS
(Les bàliments cntoarani b DaiitCour, ni;iri)ucs de U lettre L, sont construits par l'arcliitecle Cartaud)
(Les bJtiraenis marqués Met N sont construits par Contant d'Ivry pour les nouveau» logements de la ducbesse d'Orléans)
(Planche extraite de l'ouvrage de Blondel : L' JuhilKlmc)
en plus tout autour de la halustrade, un air |)lus riche, une el('\ali(iii plus
•rrande. Que penser, sinon que Moreau n'est pas, connue on Ta cru jusqu'à
pit'sent, raiitenr de !a façade? Kst-il même certain que ce fut au\ frais de la
\ille que celle-ci fut exécutée? Ou \eria plus loin (pie plusieurs honnes
raisons donnent créance à une autre thèse.
Il ressort de tout ce ipii \ieut d'être dit que, s'il ii('lait |ias heureuv
en ménage, le jeune due d'( )il('aus ne iu''gligeait pas de s'('lourdir par des
prodigalités variées, et savait assez, hien, connue sou grand-père le Kt'-gent.
jeter l'aigeut par les fenêtres. Il est vrai (pTii avait d'autres genres de jjlaisirs.
cl (pie le C(M('' e\t(''rieur. les hais, les réceptions. l;i chasse le séduisaient autant
(pie son aïeul eu avait en le ({('•dain. [/aniK-e même de la mort de son pt-rc.
le i!\ seplcmhre \~jh-i, il dom«a, en son château de Sainl-Cloud, une fêle
366
I. E P A I, A I S - H O Y A L
l'xtraoriliiiairr pour la roiivak'scoiici' (lu (l;m|iliiii '. \n siii|iliis, il serait injuste
<1l' lui (k'uicr. couuuc l'ont l'ail liop souvent ses biographes, un certain
scnliniont des arts. l*ar-(lessus tout, il aimait les chevaux, c'est entendu, et
dc[)ensait, bon an mal an. ."{oo.ooo livres pour ses écuries. Mais il protégeait
les artistes, se plaisait au milieu di-s œuvres de goût, savait s'adresser aux
liouuues de talent pour eud)ellir le Palais-lloyal,
et les pensionnait : il courait même les boulicpies
(le l'aiis pour dénicher des bibelots de prix dont
il meuhiait sa demeuie. (Jiiand on parcourt le
JiiuiiKil de Lazare I)u\,ni\, le l'ameux marchand
de iiniosités. on est tui peu snipris d'y trouvei'
à tout instant, depuis laïuiée lyT),) jns(pren \~^^~
et même I7.")8, le nom de Louis-l'hilippe d'Oiléans,
(pii \enail soil acbeler (piehpie objel ancien, soit
laire réparer certaines pièces de ses collections.
Par exemple, en ly.'),?, il achète à Duvaux des
encoigmucs d'ancien la(|ne, l'ond noir et or, gar-
nies en bron/e doré, l ne autre t'ois, ce sont des
vases en forme de feuilles, de porcelaine céladon,
-arni^ de bronze doré; on iiicii un luiicaii en Imis di' rose, à Heurs, de (pialre
pieds el demi (.{S'i livres); ou encore mie garniture de ciiui morceaux de
porcelaine des Indes (\.{\:\:\ livres). Le Jour/ui/ i\c Lazare Duvaux porte, à
la date île m.ns i;."»);, (■.•|tc- meiilioji :
néj,'lé le ciiiiiple jnec S. A. W. M-r ji' due dOrléaii-.. Il m'ii arièlé lui mémoire
a la siiiuiue de .S,ii,") livres, payables à raison de i,oou livres par mois, à conniiencer
au I" in;ii pn»cli;iiii.
sicnicii EX roM.tLMne
Mais le compte, .'i p.'ine r('-gl('. e^l iii( Il vile repris, el, diiiaiil le seul mois
de décembre lyr.d. |i- duc aehèle .'i |)ii\,ni\ : le ;, nu vase de porcelaine louge
jn»pé-, de i.'i'io livres; deuN boiileilles caiineli'es en porcelaine (•(■■ladoii. de
••^'lo livres; le ii dé'ceud.re, un pul poiiiii île porcelaine grise, aiiri.'rnie. garni
avec des colimaçons; le ■.. 'j du mé mois, une cninmode en laque nnii:.'. de
-■M> livres; une table de nuit pl.iipne. à mosaïi|iie de b,,i-, de-, Indes, de
!»'• livres; 1 Iln-ière el son plateau, violet, ;.raiiiis de br, ,ri/,«, dr .li . livres.
•«ans compter <les tasses, un plate.iu de veinis du ,lapou, elc. L'amii'c i;.");
est inar(|uée par de plus grandes dépenses encoiv ehe/. le nian liaiid de
riiri»»«tilc'S. Avec une \eiilable passi,,ii. !,• dur d(»il.'aiis conl iimr à a( .pié-rir
des pnrrrltliiies d<- la (bine el d.'s ,.|.jels de iai|iie. .1 piinii res hilielols
I Ji'uriMii ilr lt«iiiiiiii t V . |i ii|i.
i.i: l'i riT-iir.s m iti.(;KNr
:^C>:
il en l'sl qui moulent ;i des piix assez iMevi-s. CMUiiiie (leii\ grands vases eu
porcelaine Iruilée, axcc tli'a;4<)us eu relicl'. du |iii\ île '.(idi) lixres. || lui
arrive aussi do taire ri''|»arei' cerlaiu^ uieuhle^ du l'alai'^- Ui>\al, nulauinierd
FLAMl)E.»l', DIT <i MOICIIETTE M, A LA MODE AU ÏVIll' SIKCI.E
«nue «rraude pendule h, ou i)ien A'rn aihelcr. ce (|u"il l'ait pour deuv lahles ipii
devaient être cliai manies, à en jui^cr par la dcscriplinu cpii en est ddunéo :
Tune à ileurs, a\ec tabielto pour ('crire el eornets ai-;,n^nt(''s, iaiitre pla(|uéo
eu bois de violette el bois d(> rose, ('^alenient à eoi-nets el à labli>ltes. Kn un
mol, et sans |)ousser plus loin (-("s cilalioii^ (pii de\ iemliaii'iil ra-itidiens(>s,
le pliure apparaît connue nu véiitable collectiomiein-, a\ec ses prélëreiices,
Nc^ ardeurs, ses eulraîuements, sai-!ianl être majiuitiipie en tout, dans ses
équipages, dans son luxe, dans ses actes généreux : il n'esl cpie juste, eu
vérité, de lui rocouuaîlre cette (pialité, nu peu ini])ré\ue peut-être, si Ion songe
à ce qui a été dit de lui, dans les Mi'moiri's, de sa bouliomie et de ses goùls
bourgeois. Mais les documenis abondi-ul cpii ic^tilueiil à celle |ili\siououne
son véritable caraclère. Il ne resleia pa- loiijoni> aiii-i.
Quant à la ducbesse (rOil.'ans, ce u"e>t pas .•lie (pii aiuail poussi' sou mari
368 LE PALAIS-ROYAL
dans la ^oie dt-s économies, car nulle ne se montiail plus friande de plaisirs,
de changements et de l'aste. Le moine de Sainte-Geneviève avait deviné (jue le
san-; des Huurbon-Coiiti (pii bouillomiait dans les veines de la jeune femme
déterminerait sa destinée. Tempérament nerveux et déjà maladif, portant en
elle les germes de la tuberculose, elle avait des caprices sin^ndiers, passait
dun extrême à l'autre sans motif,
^ ^^-~-^^ tantôt femme d"inléi-ieur, posée et
C^'^i^r ^'^^•S»- :à^ série avec ses dames d'atour pour
^5^'--•• ^r^
jus(|uc dans le jardin public du l'alais-
llo>al dans des aventures galantes
indignes de son rang! Deux eidants
bii ('laicnl nc's, un garçon et une lillc.
i|u'ellc adorait, les élevant d'ailleurs
avec tro|) de faiblesse et sans disci-
pline. Kn ly.Mi. à la suite de la |)ubli-
cation du mémoiie de La Conilanune
sur l'inoculation de la petite \éroIe,
le (lui- (!'( )il(''aris. pdur donner l'excm-
pli' et \aincre les appréhensions du public tmilre celte innovation, chargea
'Ironchiii d»' \acciner ses deux enfants. Connue la duchesse Aersait à ce sujet
d ;d>i>ndanti-i larmes, le prince lui dit :
— .Madame, (•<■ sont m)s eid'ants connue les miens. Si vous ne donne/ point
volrt* consentement à cette inoculation, elle n aura pas lieu.
La |)rincesse i')''plic|ua bi.iNement :
— Kh ! Monsieur, (pi'on les inocule, et laissez-moi |)lem'er!
On sait (piel succès eut rop('ration, et de condiien d applaudissemenis, (piel-
ipies joins jiprès, le public, à r<)pé'ra, rt'<ompeii^a la iniiicesse de sa vaillance.
l ne anecdote ipii dt'peint bien le genre d'humeur de la duchesse d Itrli-ans
et la gamineiie de son espiit, est raconlé'e par la martpiise de (aéipn ' :
Mailunii- la iIucIichm' ti'Oiléans (It'lr-tnil M" .le l'nli;,'nac, sa daine (l'iicMiiiein-,
«•l chercliiiil louit les nioveiis de lui •''tie désu^^^réultle el de lui faire des malices. In
jour, on (IrroiiNril un \ieu\ liisire, le(|uel éloil si vol irieiix dans loiiles le- diineii
n'utun (ju'il en ainoit paru déiiiesuri' poui le ^Taiiil salon île Marlv l.;i diK lie>ve
d'Orléiui» rmlirlc; on le ili'nioiile; ensiiili- elle en fait placer tous les morceaux dans
nn |M'lil Hiilon <pii- .-.n ilaine d'Iionneiir oecupoil un Palais Hoval (à l'enlresol !). La
bonle en lonelioK |r|Kinpiet; ms ln.ini'lies elii|i<'i iKiieiil diiiiMii les |)oile> e| les
I. Somtnlrt ilr .M— /<i fri<iri/iiijc ilt i.rriiiiY. I. III. p. .T|.
As^iimi: »■
imOISERIES
i.F. PKTiT-rii.s i>r ui:(;knt
3C
J9
ftMitMres; t'iiliii, les ;igrriil)li's lif,'uirs de Colnmhiiie d (l.\rlc(|iiiM. d'IsiÉljt'Ik' l't du
i)C'iui Li'iiiulie. qui iiavoiont pas uioiiis ik- <iii;dn- piods de taille, avoieiil été raiif.'ées
autour du salon dont il avoit fallu ivliicr les meubles, et tout ce (pi'on pouvoil faire
cloit de circuler autour de ces eliai nianls olijcls dOriieMieiil, C'est une uiystification
que raimahle j)rineesse a faii (liiicr juscpi'à sa iiiori, cl loiiidiiis sans (pie M'"" de
Polignac ait osé hii iiianqncr de lespeel en cnMiMinl
le iliablc de lustre dans ini de ses eliàlcan\ ou dans
un grenier de son hôtel de Paris.
En i7')<). It" I) tV'vricr, la ducliesse (l'( )iléaiis
succomba à la maladie de poitrine (jui depuis
longtemps la minait. Elle avait Irenlo-trois ans.
Son dernier mot fut un de ces traits d'esprit
comme en ont eu plusieurs des grandes dames du
xviii' siècle, chez qui le souille froid de la mort
ne parvenait pas même à retenir sur leurs lèvres ! M.
l'ironie souriante et mo(picuse. Comme la prin-
cesse, alitée depuis trois jours et se sentant à
l'extrémité, entendait un l)ruit singulier, dune
l'égulai'ité agaçante, ])rès de son lit, dans une
chambre contigui', on alla s'enquérir, et l'on apprit
que c'était le tournebroche du \ieil abl)é Duhiiisson,
un ancien précepteur du duc, son mari, dont on
préparait le dîner, qui était la cause du tapage :
— Je puis mourir trancjuiije, dit la duchesse en souriant : l'abbé Dubuisson"
n'en perdra })as un coup de dent.
Et elle rendit l'âme. Les funérailles eurent lieu le i.") février 175;), avec
une ponq)e exiraoïdinaire. Le convoi, qui, parti du Palais- lloyal, alla an
\ al-de-(;ràce, lieu de sépulture habituel des princes et princesses d'Orléans,
comprenait ini nond)re ccjiisidc'rable de personnes. \ oici rindication de ce
cortège (|u"ii csl inh'icssanl de dornier ici \\ deux j)oitits de \ ne. didniid parce
(pi'on y trouve rénuniéralion d "une partie du haut persoimel cpii iiabitait le
l'alais- Royal, ensuite |)arce (|ue c'est la seule cérémonie funèbre tl'un des
niiiiiliro (le la r.iniiiic (!'( tih'aiis (pii soit (k'ciite dans ce \(ilinne:
('.ti/ivoi (te 1(1 itiicltcssc il' Orléans.
— Le guet à pied et le guet à cheval.
— Un piquciu" à cheval.
— Les pain ics \ètus d'étoffe grise, cliacun nn Ihunheau à la main, sur deux lignes.
I. On a sniivf'iil cili'' celle aiieedolc en iii(Ii(|iiaiil par eiiciir l'abbé Moiilgaull. l'aïuieii préeepleiir
(le Louis d'Oilc'aiis, coiimie le piopriélaire du loiiriicbioelie liicriiiiiné. Mais en i7."ii| l'ahbé Monlvraiilt
élail iiiiirt depuis Irei/e ans!
CBOOLIS IIE MORE.41; LE JEUSE
T. I. LE l'ALAlS-nOlTAL.
47
3-0 LE PALAIS-ROYAL
— Toiilt- la liM-éc avec des flambeaux.
Douze oflieiers de la chauibre et garde robe à cheval, avec les baudoulières
(|ui leur avoient servi à descendre le corps des ai)parlenuMits du Palais- Uo\al.
— Huit huissiers de la chand)re, à cheval.
— Ln contrùleur de la bouche, à cheval.
— Div ofliciers de la bouche, à cheval.
— Trente deux olïîciers de la chambre, à cheval.
— Le premier carrosse, avec les harnois noirs, dans leipu-l ('loicnl (pialre
femmes de chambre de M"" la duchesse d'Orléans.
— Un carrosse aux harnois noirs, dans Iccpiel ('luiciil (piafre gentilshommes
ordinaires du duc d'Orléans; M. Deploui. I un d i ii\. ijnildjl la couronne de la
princesse.
■ — Ln carrosse avec clicvauv caijaraçomu's de noir, dans Iccpicl étoient les
(juatre gentilshommes de la chambre du duc d'Orléans (jni d(ii\ciil tenir les coins
du poêle, et qui les ont déjà tenus précédcnimcnt.
— Un carrosse, dans le([ucl éloicnt fpiatrc auniùiiicrs du dur ir( )il('atis.
— Ln carrosse à six chevaux ca|)araçonnés de noii-, dans leiiuri étoient le
comte de Montauban, premier écuyer du duc d'Orléans; le chevalier de Pons,
premier gentilbonuiie de la chainlife du duc d'(>rléans; M. de Dui'ernil et le ciunte
de Lugeac.
— Lin carrosse à huit chevaux caparaçonnés en moire d aii^eut. dan< li(|uil t'Ioit
la duchesse de Modène, accom|)agnée de la duchesse de liraneas, de la luaiciuise
de Pidignac, dame d'Iutnneur de la duchesse défunte; de la comtesse de Hlut, de la
comtesse de l'aulé, daine d'IiDuiiein' de la duchesse de Mndène. el de l,i lonilesse
d'Kpinay.
— Lu grand cai'i'osse à huit chevaux aussi caparavonnés en moii'c d'argent, dans
lequel étoii'nt l'évèrpie de ^'alellce, portant le cieui' de la duchesse d'Orléans; le curé
• le Saint- Kuslaelie. M. Aului. (•iinre>seiu- île la lilincessi'. cl l'aum'inier de l'évriiue
de Nalencc.
- Le gouNcrneur des pages, à clieval el en inanleaii.
-- Dix pages à cheval et en manteau, portant des flambeaux.
- Le roi d'armes et ipiatie hérauts d'armes à cheval.
— Six suisses du duc d'Orléans.
— Vingt >alets de |)ieil poilani des 11 iniheaux.
— Le char funèbre, eou\erl d'ini drap de \elonis noir el moire d'argenl. doni
IcH cordons étoient tenus piir ipialie aumôniers ."i clicNal. Plusieurs ollirieis de
l'écurie auloiu' du char.
— Deux carrosses de la duchesse de Modène.
— Un «-arrosse de la duchesse <le Handau.
— Ln iiirro<(He di- l'é\è«pie de \aleiice.
— Lu t'iand iinndiie de gens de livrée avec des ll.ind>eaii\ |i(iur éclairer les
carroMC"
Il ne finit pas (iiililier ipie la lé-n'-inonie av.iil lieu eiilie cinq ,1 -, pi Ikuivs
ihl soir. On il-viiie quels spocliicjes (l<-\,'iieiil éhe pour la l'oiil.' des cult'.res
I.F. l'K.Tn - I-II.S 1)1 UKIJF.M' 3-1
ronibiiu's cmniiio ci'lui-ci, avec celte |i(nn|>e, ce (li'pldieincnt de persoiuuij:e.s
à pied ou à rlie\al. eu costumes d'appaiat, cet appareil tlieàlial, euliu, (pij
SYuiboiisait la douleur el niaiipiait par uui" (piaulité de détails le rauj:: cpi'avait
leuu daus le monde le défunt traité juscpie dans la mort avec une si somptueuse
ordonnance!
L'INCENDIE DE L'OPE U \ (lyti^)
NOUVEAIA TUA VAUX AU PALAIS-KOVAL
Le C) aviil lyli.S, à onze heures du matin, le feu prit à l'Opéra. Comment
cela se lit-il? On n'est jamais parvenu à le savoir exactement, et les rapports
de police qui dorment aux Archives nationales, dans les papiers des ducs
d'Orléans, n'élucident point la question. Selon les uns, il aurait coumicncé
par la grande toile du rideau de inano'uvre et aurait fiaf^ni' le cinlre. on
toutes les machineries en bois devaient lui offrir un alinieril l'ai Ile. Selon
d'autres, un poêle trop chargé aurait conununicpK' le feu par un lu\au à la
loge des danseuses subalternes; car il faut penser (pian xvni' siècle il n'y
avait encore, dans les théâtres, ni calorifère ni système pratique de chauil'age :
on se contentait, durant les représentations, d'allumer de superbes brasiers
dans les foyers du public ou des acteurs, et la chaleur pénétrait comme
elle pouvait dans la salle. Une troisième hypothèse, qui est la plus vrai-
send^lable, explique d'une autre façon l'incendie : d'après le chef machiniste
BouUet, qui fut blessé dans le sauvetage, il aurait été allumé par l'impru-
dence d'un balayeur qui, travaillant dans les dessous du théâtre, déposa sa
chandelle sur le contrepoids en plomb du rideau, et s'en alla sans y faire
attention; la corde avait alors pris feu; en se consumant, elle s'était rompue,
el, n'étant plus maintenue par un contrepoids, elle était remontée dans les
combles et avait cnniniunicpii' l'incendie à la toile, à la machinerie et au
reste du bâtiment '.
A ce moment de la jonnu'e, il n'y avait personne dans le théâtre : un
seid chanteur s'essayait sur la scène; voyant les llanunes, il put se sauver à
temps et crier au secours. Mais les pompiers arrivèrent trop lard : tout était
déjà brAlé. «On ne sauva,» dit Favarl^ «qu'un clavecin resté dans rorchestre,
objet assez laid au point de vue décoratif, mais qui, au dire de tout le monde,
était le plus parfait de l'iMuope. très ancien, sans prix. » ()uand les secours
ari'ivèreiil. dU diil sapplicpier seulenient ii le circonscrire dans l'Opéia mémo
1. Germain Hapst, Essai sur Cliisloirc du Thêàlre, iSg."!, in -8", p. /|45.
2. I''avmit. Mémoires el correspondaiwc lillérain-, i8o8, t. Il, p. 88 fl suiv.
3-2 l.K l'Ai. VlS-llOYAK
et à IVMupnli.T de sVloiitlrc cl gaf^ncr lo Palais-U(i>;il. Tdiis les pioinoiioms
qui se trouvaient alors dans le jardin lurcnl employés h faire la chaîne sous
la direction des troupes nunuci|)ales et des gardes françaises. Les issues
furent fermées pour cpi'on ne pût sortir. Les dames étaient dun côté, se
passaid de main en main les seaux vides, (pic les hommes portaient pleins
de l'autre ctMé. On puisait au grand bassin, et l'on emplissait ainsi continuel-
lement les pompes. Le jeune duc de Chartres, fds du duc d'Orléans, qui
avait alors sei/c ans, dnmia. U- premier, rexemplc. cl pendant deux heures
ne cessa de lra\ailler. \ ers midi, le coup d'ceil était elVra\ant, car la llammc
se ronnnuni(piait au Palais- lloyal, où elle aurait trouvé dans les appartements
de quoi se déNelopper. Déjii la calullc du grand escalier élail détrnile. ({uand,
tout à coup, la salle du théâtre, qui était enlièremeid consumée, s'écroula
avec fracas, et, la ilanune ne portant |)his en haut, l'incendie put assez
rapidement élre arrêté '.
Après la première émotion provoquée par ce sinistre, les Parisiens connnen-
cèrent îi se consoler de la jierte de l'Opéra par des plaisanteries. « Comment
If feu a-l-il pu prendre ilaus une glacière.''» écrivait à M"" d'Epinay l'abbé
(ialiani. L'(;xcellent l"a\ail \il là une occasion nni<pie de rajeunir les décors,
les costumes, etc.: n Vh! si cola pouvait s'étendre jnsipi'auv actrices! »
ajonlait-il. Puis on discuta de ce qu il cunxcnail de taire, après (piil cul élé
dccidi- (pie, pr(jvis(iireinenl, la troupe de l'Acadi-mie ii'ail cIiitcIkm' ;isil(> dans
la salle des machines, aii\ Tuileries. Laisserait -on l'Opéra au P.ilais-Uoyal,
un bien le traiisp(jrterait-on auprès du Carrousel, dans |,i ru,' Nicaisc,
oîi se lron\aient déj.à ses magasins.' 'l'cllc l'iail l.i (|iirs|i(iii. riii' fui ass(V. vite
tranchée : l'iidlticnce du duc d'Oiléaii^. (jui Icn.iil (•>■>, iiliclIcmiMl à ^^arder
l'Opéra au l*alais-Uu\al ;i cause de laMinialioti cl des agremciils (jiii en rt'snl-
laienl pour te jardin, (K'-cida de toiil. (!e ne l'ut pourtant (pie le i i lévrier lyti'i
(pie le roi si;,'iia les lettres |)alenles relatives à la reconsirnclion de l'Opéra
sur l'ciiiplaccnii'nt ipi'il occupail auparaxaiil. Ce docuiueul esl inléressant;
mais, romnie ce livre n'ol p.is citiisacn' ;i riiislniic de r()pi'ia'. nous n'en
reliciidriiiiH (pie ce qui rciilre dans iinln- sujel. Iji d(''liuilive, l;i \ ille de
Paris, iiyaiil depuis \~'\n le piivilè^'c cl l.i ie^|i(iti-aliililc de rcuhcprisc. devait
|iri-iidrc il suii cnmpd- les frais de i-ec()iislruclii)ti. Le nnuvcau llnàlre devait
èliT bAli sur un emplacement juis sur les li.'iliincnls s,|i,iiaul la luc Sainl-
llutiuré (il* la (lourdes Ktinlaincs, e| l'iiclial des luaisuiis pailiculicrcs siluécs eil
cet eiiiJniil, doiil In démolition allait pciini-lire de dehl.uer ( c Icrraiu, devait
I (•■Tiiialii lUiHT, ICttai iur i'hiêluirr itu Thfiiire, p. 'l'i''-
1 (^'llr hitloirr rwlr il iVrln-, car i-llr ii'ii \v\* onrurc rli- vriiiiiiciil failr avec les iioiiilirtMix «iocu-
iiiriiU 1im'-<IiI« i|iil r\liilriil. Il y rii a «li>» lioMC;! i'iioriiii~» niiv \ri'liivi-s iialioiinlo.s, i|iii sont ciKMrc à
({«■|><itilll<'t
a J-
a a
3t4 le palais-royal
t'trc faiti- en partie jiar If duc d'Orléans, en pailic par la Mlle On a Nn pins
haut <pie le prince avait (kjà acquis, en ly'ij), la maison de labbé de Fran-
cière. lantlis ipie la \ ille, de son côté, avait acheté, en 17Ô0, les immeubles
Mon','azun et J. Durand. En i-G'i, le duc acheta encore : i" de Pierre Thurreau,
apothicaire du roi, pour t^.J.ono ii>res, une grande maison donnant sur la rue
.Siinl- Honoré, et sur reni|)lacement de hupielle devait être établie la façade
du nou\eau lliéàtre (contrat du 28 juin): 3" de Pierre Venet, pour i.aoo francs
de rente, une maison située au fond du cul-de-sac, auticnieni dit la Court au
l\is, à droite (contrat du i aoùtj; ,'< du comte dEaubomie, pour .Uj.ooo livres,
ime maison rue Saint-Honoré, « attenant les arcades de la salle de r.\cadémie
i-oNale (II- Mu-.i(|ur I. (ronliat du 'A diVeiubrc). Or. \oiri les articles essentiels
de l'arrêt du (ionseil du Uoi, relatifs au\ droits des ducs d'Orli-ans dans la
reconstruction de l'Opéra :
\iir. (i. — ...l.a Nillf cuiiliniiera daNoir sous le Imii plaisir île Sa Majesté et de
M. le «hie (l'Orléans lajonissanee de la dite salie pour y faire représenter l'Opéra
et y donner des buis publics, sans pouvoir l'employer à d'autres usages.
\iix. -. — Monseigneur le i\\ir d'Orléans el si-s successeurs apanages aui'ont
l'entrée lil»re et franche (l'opposition d'un l)aleon de douze j)laees auv secondes loges
(lu ci'ité (le la Reine, de la prenùère loge des secondes près ledit bah un. de la
lanteiiie à la suite (hid. balcon et de deux |)eliles loges au troisième an dessus de
la lanterne el du balcon, dont l'entrée se fera par l'intérieur au Palais Royal,
(le manière que le publie ne puisse pas y coinnnmiquei'. . l.a \ illi ou ( ( ii\ qui
seront leims à ces droits au privilège de rO[)éra seront leinis de lain- tendre des
tapisseries dans les cérémonies qui l'exigent.
.\i«T. ((. — Si rf)péra ees.se d'être installé en cet endroit, le bâtiment appartenant
à M. le duc dOrb'ans, la Ville n'a que le droit de revendiquer les meubles. Tout le
rc>ile, terrain, construction, apparliendioil à M. le duc d'Orléans pour le dommage
il lui causé par l'incendie. Le duc d'Orléans n'aura «pi'à rembourser la sonmie de
()li, (MM) libres, — savoir, .'i'i,o(jo livres pour le pri\ d'acipusitioM lailc par la \ ille
de la mai<(oii (hi s' Cadeau de Munlgasun, el jj.oou livres ])our cebii de la uiaiMXi
du s' |)iuaii(l.
I.a \ille chargea son arcliilr. Ir Morcau de la reconslrurlion du llicàirc.
()eliii-ci .se mit sans relanl !i l'o^inrc, mai^ ce ne lui pa-^ sans se licuilcr
Il depiiieuses dillicult(''s. D'abord, le duc d'Orléans exigea <pi.' le nouvel
0|H'ra fi^l, comme rancien, enclaM- tout entier dans les bàlinienK du l'alais-
Hoyal pour ne pas avoir l'aii de l'ninier i>>Minnenl à part, poiixaiil faire
rrmtniî^le et nuire ii l'aspect du Palais. i,a phice (pi'il fallait lui taire devait,
par con<MMpient. «'tic lellemeni disen'-te (pie e'(''tail presipie mi complet ell'ace-
iiient. Kn outre, l'architec le du dur d'Orhîans, Clonlanl d lvr\, se i.mk diili aiil.
pour une partie de s.i |ie^..;.'ne. ;iN,c Mon.'.iu, et n avant ni les mêmes goûts,
m: l'KTiT-rii.s nu hi;(;k>t ^~.\
ni les iiirmcs iiitt'irts, ni les nirnics desseins, il devait ialak-nicnl rc'snilcr du
nianijni' dCnlcnlc de IdUfdcs t'auti'-; d liarnu mir.
Les liistorions dn l*alais-Ko>al, \ atout, Kd. l-'ournior, surlout FontaiuL', ont
bcaucnu|) insisté snr les ('(insécinenres ràclionsos d(> cctli' sorte d'antaf^'onisnie
entic (lontanl d"l\iN cl Mdrcaii. l']n sa (lualilc' (rarciiilccle a\aid lnn;:l('iii|)s,
lui aussi, lra\aill('- au même palais, Fonlaiiie a donné ii ses observations nn
iBffoaagi»
^^
:. il.
PIIOJET POUR KLt\KK L\E SAI.LK n'ol-tHV FNTRE LE l*At- IIS- Hu \ \1. Lr Lv IlLE I»ES HO>^-bMAM>
COMPOSÉ PAR LE BOURSIER, EN 1 70'l
(Fac-similé d'un dessin original du Musée Carnavalet)
raraelère technique qu'il est intéressant de noter. Mjiis peut-être ;i-t-il, de eette
façon, paru préciser plus exactement qu'en réalité il n"é(;iil en mesmc de le
laiiv le nMe réciproque de ses deux devanciers. C'est ainsi (pi'il attribue à
.M(jreiiu, outre la construction de la nouvelle salle de l'Opéra, toutes les I'jk ades
et le fronton du Palais-Royal. Contant d'Ivry n'aurait exécuté, selon lui. (pie la
diMc liai joli des intérieurs, les vestibvdes et le f"r;md escalier, sans a\oir même
pu prévoir les fenêtres que sou confrère avait percées dans les façades. Parmi
les fautes de construction provenant de cette absence d'union. Fontaine nien-
liomie un gros mur de refend qui se trouverait au milieu d'une croisée, et
nombre d'erreurs de niveau ou d'alignement ((ui se répètent dans cette partie
de l'édifice.
V eut -il vraiment si peu d'harmonie entre les deiiv architectes? Contant
d Iviy, (pii avilit composé le projet de laçiide reproduit, comme il u rii' dit
<-i-dessus, d,ui^ le i-e(iieil de ses œuvres, n'ii-t il ji.is (piehpie dinit d';uili'ui-
à revendicpier à cet égjnd !' Kidin, est-il exjicl de dire ipie lii \ ille de Piuis se
chargea non seulement des liiiis de reconstruction <le la salle de rUpt'ra, mais
3-6 r.E p VI. MS-noTAi.
aussi (le iviix (11- la iaradr tlii l'alais sur la rue Saiiit-lloiiori' el (|ii(' cV-st rc qui
oxplitiui-rail la pari ilf .Moivaii do co rùli':' l'our ivpoudiv à ces diverses ques-
tions, nous nous contenlerous de renvoyer à un document resté juscju'à présent
inconnu, qui nous nionlre noianuneni : i" tpie c'est le duc d'Orléans et non
pas la \ ille ipii pa>a la reronstrncli'Ui de la laçadt': -r (|ue les dvu\ architectes
Morcau et Contant divry paraissent avoir collaboré à ce travail sans opposition
de vues on d'inlériMs: .".qu'ils airissaiont pour cette I)osof.nie spéciale au nom
du prince. aNant sous lein-s ordres, conniic conliiMcur des lra\au\. Liéhaul. et,
counne iiispecleur, l'ièlre. arcliilecle. dont nous aurons à nous occuper plus
loin. Ce docinnenl est tmil siuiplenienl le mémoire des travaux de maçonnerio
cvécutés au Palais- llovd de lyti'i à 1770. \ oici son tilre exact :
Mémnircx itrs oiivrtnjcx dr iivtroiiiicrie roiirrrnn/il 1rs tjriiii<ls Inirnn.f fnils pour
le si-rrire dr S. A. Si'rôiiissimr M''' le duc il'Orh'd/i^. premier prince du sang, en snn
Pnliiis lloytd à Puris, suii'unl les ordres tie M. t'iibbé de Breleuil. chancelier, garde des
aeeiiux et eftej du Conseil de S. A. /?., sous le contrôle de M. Liéliuiit. conforniéinent
aux plans, coupes, projits. étévations, donnas par Messieurs Contant et Morcau. archi-
tectes du Itoy, de Monseigneur, de l'Académie royale d'Architecture cl île la ]ilte. cl
.sous l'inspection de M. l'ieltre, pendant le cours des années l/il'i. <!.'>. Gd. 67. (ÎS.
Il[). 70. pur Siuidrié des Fossés, m" maçon et entrepreneur orilinaire des travau.r de
Monseigneur ' .
( !c mi'moiie e>;t inti'rc^saiil ; il ne rciiiplil pas moins d'un ^ros rejifislre,
qui n'est relatil" ipi'au cpiarl de renseiid)le des travaux exécutés au Palais à
celle épiKpie. Mallieureii-icmcnt. nous n'avons pu reliouver les trois autres
aux Vicliivc- liai iori.ilr-. Nnici les litres piiiicipaiiv (!<• cette (}n(Uiiiinf juirtic :
V Aile gauche, rliap. l"'' : Inlt'riciir tic l'iiilc j,Miiclie: ic/. de cliausséc : enticsol;
prcniier éliip- ; dépùl de rar;,'fntciic ; cour de la Hoiiclio; liivoir; cnisiiie: <:raii(l
atpiediic siMilerraiii eniistniil pnur la ctindiiilc et réciiulcnicnt des eaux...
<;iiap. Il : Aile finsanl Jacc à celte de la rue Saint Honoré.
Cliap. III : l''i'iiiilispicr diul. l'alais runiiaiil avant coi'ps au iiiilicii. ri |)(irli(|ii('>
t\r l'i-nlréi' principale, avee arcades de clucinr « iMc'. ,mi\ iiriièrc corp'^ iiiIh' les ilriiv
uiicH lie la preiiiière cour ci devant dite, et sur la nu'.
Tolfd lie la présente ipialrième ptn'tie du .Mémoire de niaronncrie : \- 'i .^'■■'i'i livres
.s !>iiU .'l ili'iiier-. iiioiji'ri' à la soniiiie de .'lS(),Ci()i) livres.
.Signé : 1,11'iivi I '. la(;nvM>f, Ahlté m: l$Hi:Ti:cn.,
!.. IMi. n'Oiu.i'vNs.
I. \rclilvn nnlinnnl(><>, llV >*<>V ncitUIrc.
1 Jnr(|iii>*-l.oiii« I.Ii<|miiiI nviill le llln- de ciHlIrAlnir lii-s iiiriiiis cl ;.Mnlc ^'l'-urTiil des iiiciililcs ilii
iliir irOrlrniM.
;i, l'iirtr liriiiialii l.ritriinil rloil, l'ii i;^.*!, <irrliilc<'li> ni rlicf du duc d'()rl('-iiii<i. ri Iniirliiiit
i.ooii lt«m de sngn.
Morca.1, architcac Ju Roi cl de U V.llc
l'I.W Dl Tllhvnili Dt l/0l'i;ilA KS 1770 (l'.T\GK DES PnEMlKllES LOT.I.S)
Kcconiuuit par l'irchitccte Morciu, apré» rinccndie de l'ancienne Mlle en 176}
T. I. I.K l'A,L\l^•ltUYAL.
3y8 LE PALAIS-ROYAL
Ne nous attardons pas davantage à ces détails sur la constriirfion. si inté-
ressants qu'ils soient au point de vue du problème relatit" ;i la paternité de
Moreau dans l'œuvre de la façade du Palais. Il nous faudrait plus d'espace que
nous en ofTre ce volume pour élucider toutes les questions archéologiques que
soulève l'histoire du Palais- [\i\val. Ce (pii est certain, c'est (pie la physionomie
extérieure de l'ancienne demeure du cardinal de Kichelieu. élevée par Lemer-
cier. fut, grâce aux travaux de 176'! à 1770, conq)lètement transformée et mise
à jteu jM-ès dans l'état où nous la voyons encore maintenant. Le corps de logis
principal, au fond de la cour d'honneur, dite cour de l'Horloge, apparut plus
gracieuse, avec son architecture composée de deux ordres, toscan et ionique,
h pilastres régnant dans la liauteur du nv.-dc-cliaussée et du premier étage
où s'aligniùent neid" hautes croisées. Le comble à deux pentes surmontant une
balustrade en pieire l'ut percé de lucarnes en pierre de forme ciri-iilaire: dans
l'av an! -corps faisant face à la place, les pilastres furent remplacés par des
colonnes accouplées, que counjunait un attique orné de petits pilastres corin-
thii'iis, de bas-reliefs et de trophées d'armes acconq)agnés de ligures d'enfants.
Cet altiipie fut, dans sa partie ceniralc, surmonlé d'un fronton circulaire dans
le tynq)an duquel deux ligures ailées, deux génies sculptés par Pajou, soute-
naient un écusson avec les armes de la famille d'Orléans, remplacées aujour-
d'hui |i;ir un cadran. Les deux ailes du corps de logis central ('laiciil Iciiuint'es
par mi pavillon de même ordonnance, avec frontons triangulaires, lesquels ont
été supprimés depuis, ce (pii est donmiage. Dans les tyuqians de ces frontons,
des li;,Mn-cs de fi-innn-s cl d'eiiraiiN auloui- d'un écusson orin' de la couroinie
ducale .ipportaient im accent de grâce et de richesse. Du côté droit, cpii touchait
à l'Opéra, le sujet du décor ('tail la Pitidencf et la Libéralité^ ; du coté'
gauche, c'i'lait la /•'orcr r\ la Jii.s/irr. 'l'ouïes les siulplures de la fai.'ade, d'une
exécution souple et libre, furent sculpt('es p;u- Augustin Pajou. Sur la rue
Sninl-llonoré, la coin' d'eidri'-i» l'ut Iciint'-e par un nnu' peict' de grandes arcades
comprises nitrc dfs colonnes accoiq)l(''es, d'ordic loscaii, el anciennement
closes par trois portes en menuiserie, enrichies de bronzes et d'ornements
modelés par le sculpteur C.nivel : aujourd'hui, ces baies, au nombie de neuf,
soni à jour- l'I ^/riili'es. \n fond de l.i enur d'enliée, le \eslil)ule r-eproduisail
la disposition dcî ces trois portes de la façadi-, et conduisait à la seconde cour
par une rangée de colonnes. C'est de <-e vestibule (pi'on avait accès dans le
grand escalier. Tout eel.i n'a p.is ('Ic' rnodiji.'. d l'aspeel ^^é-rK-ral icsli- exacle-
menl le même (pi'au monieiil de la recoiislrueliou.
Contant d'l%r\ se distingua dans la conception de l'escalier. Mien (pu; le
I. Kdiiiiiiiil fin riniicoiirl |>o<«<?(lail ilaiu w Ix'lli- riilliTlinii <li- (li'»-iiiis du wuC siccli- iiii pidjcl do
re bacrrllt-r. dair iln i-lir».
I.E PKTIT-III
Itl) UICKNT
voisinage de rUpéiii ne lui eùl ^'iièie lais-^i' despaee, il sul lui donner à lu fois
grand air par la liaulem- du di'.nic doul il le surnionla, et beaucoup de grAce
par Tadoplion d'une cage ovah-. Après avoir gravi douze marches, on arrivait
à un premier palier où l'escalier se l)irui(|uail eu deux pallies montant jusqu'à
l'entrée des appartements. La niagiiilicpic rampe deuil un ]<• (h'cora fut exé-
cutée parCorbin, célèbre
serrurier de l'époque,
d'après les dessins de
Jacques Callieri. C'est un
des plus parfaits spéci-
mens de la feiromierie
du xviii' siècle. Trente
ouvriers y travaillèreni
deux années. On en parla
beaucoup dans Paris et
il y eut unanimité de
louanges :
Le dessin de cette
rampe, dit une gazette du
temps (r Avant-Coureur du
8 janvier 1768), est d'un
excellent genre et dune
exécution admirable, tant ])our le fer que pour le bronze, l'un tenu dans sa cou-
leur naturelle, l'autre d'une couleur à demi rembrunie bien préférable à léclat
de l'or.
Les bronzes, maintenant, sont dorés. C'est une erreur commise lors de la
restauration dont fut l'objet la rampe en 1871, après l'incendie allumé par
la Commune, restauration grandcincnl iiéccssaiK'. cai-, depuis longtemps, pour
éviter de coûteux entretiens exigés par le fer poli, on a\ail enduit celle-ci d'une
épaisse couche de peinture. L'elTcl de l'escalier était conqjlélé par des motifs
de sculpture et une sorte de |)i r^pccliNe d'architecture peinte sui- la muraille
par de Machy; on y voyait, au milieu de galeries en colonnades, le portrait
d'Henri l\ . A chacun des i('ilés oîi l'escalier se divisait en deux parties, on
avait placé des génies de bronze, dus au sculpteur de Kerncvx'. lesipiels portaient
sur leur tète un vase de cristal servant de lanterne. Enlin, sur le vestibule du
palier supérieur, décoré de quatre colonnes ionicpies caimelées, s'ouvraieid
trois portes donnant accès dans les appartemenls, et (pii ('-taient couronnées
de groupes de bronze, exécutés par Callieii. Vu- dessus de celle du milieu
I. Mnianach des Artistes, année 177J, p. l'p.
L.K >OL>EI,LE FAÇADE IH' PALAIS - nOÏAL
»1>I1ÉS I.A nECOXSTRUCTIOX DE 17C3-177O FAI\ COUTANT D'IVUY
3go ï-^ PALAIS-BOTAI.
étaient les armes d'Orléans, soutenues par deux ^^énios do six pieds de liauleur:
sur celle de droite on voyait les figures de la Victoire et de la (u'-itcrositc,
et sur celle de gauche la Paix et la Renommée, séparées par un vase.
Contaitt d'ivrv lit preuve du même talent pour la façade de la seconde cour
du l'alais-Uoyal. donnant du coté du jardin. 1! imagina un axant-corps de
trois entre-coloimements de colonnes accouplées, formant aul.ml de |)orliques
nu rez-de-chaussée, et couronna le dessus tles deux ordres tie cet avant-corps
d'un atliipie avec fronton circulaire. Huit colonnes cannelées, posées sur un
soubassement, décorèrent le premier étage extérieur. Au-devant de l'altique
surmontant ces colonnes lincnl placées les qnalic statues exécutées par l'ajou
qu'on \ voit encore aujonrd Imi et (pii porleiil la date de i-M\ : elles repré-
sentent .]f/irs. la Prudence, la Libèrulité et Apollon. Leur dimension est de
Q"9o de liauteni-. L'aspect du liàlinient était fort agréable. [.,es côtés restèrent
ce qu'ils étaient, (le nesl (pie plii< lard (|iie laile droite fut modilîée, raccordée
avec la j)artie se prolongeant \ers la rue des Hons-Lufants, conservant de
l'ancierme construction de Lemercier tout le rez-de (haussée avec la décoration
des proues : de là le nom de (ialerie des l'i()ne>; (|iii lui est rcsié. L'aile gauche,
depuis l'aNant-eorps jiixpiau I lii'àli'e- l'"iaii( ais. est ToMiM'e de Louis el dat(>
de 178(1.
Un précieux eollaiioialenr de (lonlani dans ces divers lia\aux lui lleini
Piètre, (pii l'tail. aiii-i iiu'oii l'a \n dans le doiumeni cité plus haut, inspecteur
di'S ti.naux. Cet aili>le est resté obscur, el I du ne sait (pie fort peu de chose
>ni lui. (Ml Iroiive son nom sur les étals du peisoniiel du due d'Urléans avec
la (pialité- de » contrôleur des bàlimeids» sous les ordres de Pierre-tJermain
Le (iiand. indi(pié comme rarchilecle en tilre'. Ses talents devaient être très
certaiminenl .ipprécit-s du piiiiee, car celui-ci ne lui in(''nag(\iil point ses faveurs
el ajoutait souvent des gratilicali(jns à ses appoinlemenls régulier^, qui elaieiit
de 5,'»no li\res par an'. .Sur la liste des personnes ipiil pensionnait, je lis
cette mention :
A Demoisclli? Viclorine- Angélique i'ièlre, lillc iju eonlrùlciir des bàliineiilb
de S. A. H., 'iou livres.
Mais précisément, sans doute, en raison de ses fonctions sp(''ciales, (pii lui
cn-nienl un nMe im peu subalterne, Henri Piètre sest Irouvi' ('clipsé |)ai- ses
chefs de lile, el il n'es! p.is très smpieiianl que, (oiilim'' d.ins ranonvnuil, il ne
I. (^iioiit il rnrrliilriif l.r (irniiil, hou trait«>mi'iil <'-tail de v.inh) libres. O l.o (irniiil ôlai(-il un îlls
ou un iipvou iIp riircliili'i'li- du iiiOiiiu iioiii i|iii iiMiil rit' iilUiclir ati U('Kcnl.' Os «'liui'i;*'^ se Iraiis-
nii'lliilnit viii«i-iil (II- |h'ti' imi IMit. — Arclii%«!i iialiiinnlfi, Invfiilnire iiprès ilécrs </<• Louix-Pliilippe
d'DrIniiit, \'\ ijiNi.
> liiHiUiil il'lvr) iitnit, lui, M-s honoriiin-t il'nrcliilcrtp, mais |iiiiiit ilc (raili-niont llxe. Nôaiiniuiii!!,
Il liuicliit, tir i;.')! juviu'ii M inori, ni 1777. une Krutillcaliori aiimii'lio di- iTin livres.
'M
■f>il.
- b
r 5
i.K pnri-i lis DT- nK(^F\T
.38 1
jouisse pasdo la ivinilalion à l,i,|i..-ll(' il paraît aM.ir .|,i..|,|m,. ,|rui(. Il est avéré
cependant qu'après la luoil de Conlaiil, ("est lui .pii .oiilinua au Palais-K..\al
les travaux de déeoralion des appail.Mi Is. L.-s dessins oii-inaux de .-.•t artiste
DtCOHATIOS DES APP\in EMESTS. — PHILOSOPHE CMISOIS, PAU IIOl'<:HEn
conservés au Musée Carnavalet eu l'ont foi. Nous eu reproduisons un, entre
autres, qui porte la date tic Taïuiée 1778, et uionlre un projet de transfor-
mation de raucienne galerie des Illustres de Hiclielieu eu inie sidli- «le hal.
Au revers, on lit ces mots, écrits de sa main :
De l'ordre de M. le due «le Chartres, salle de bal et pièce des Hommes illustres,
faits sur mes dessins et conduits en 177^!.- — PuVriu:.
Trois ans auparavaid, Piètre a\ail reçu du «lue de (lliarires — lequel
se piquait volontiers d'avoir le goût des sciences — l'ordre de construire un
Observatoire pour lui faciliter l'élude des planètes. Une lettre écrite à cette
38a LE PALAIS-ROYAL
occasion par rarcliiti-cte iiioiitre bien le rôle qu'il jouait alors au Palais-
ll<)\al. EIK' sciiiblf adressée au rhaiicelicr du prince :
Monsieur, ji'jriiorois ce que pouvoit coûter une Observatoire lorsque j'eus
Ihonneur de vous dire que M^'' le duc de Chartres m'avoit ordonné de lui en
faire une sous votre bon plaisir. J'ignorois aussi la place où elle seroit posée, et
comme il faut beaucoup de solidité, on a trouvé qu'il n'y avoit pas d'endroit plus
commode ni plus élevé que le dessus du comble de la salle à inant^er dont les vues
donnent sur la Cour des Fontaines, que les instruments seroient posés sur le mur
qui sépare la dite salle et les appartements de M""' le duc d'Orléans. Kn conséquence,
Je fis les plans de celle Observatoire ainsi que la coupe et l'élévation que j'ai l'hon-
neur de vous envoyer. En suite, j'ai fait le devis dont le montant est de iS.qo'i livres
I- sols, non conqiris la machine mobile de l'intérieur et ses dépendances (pu- l'on
ne peut apprécier parce que c'est plutôt une afi'aire de temps que de malériauv.
Je croyois que cette Observatoire pourroit bien couler 5 à G,ooo livres, lorsque
j'eus l'honneur de vous en parler; mais la chose devenant sérieuse, j'abuserois de
la permission que vous m'avez donnée de faire celte Observatoire, si je ne vous
soumeltois et les plans et le devis avant de rien commencer.
J'ai fait part du devis à Monseifjfncur qui trouve cela bien cher, et cependant
S. A. S. désireroit bien qu'elle fut exécutée, relativement à l'étude qu'il veut faire
des mouvements des planètes.
Je ne ferai rien que je n'aie reçu vos derniers ordres à ce sujet.
Je suis avec un très profond respect. Monsieur, \otre Irc's lunnble el très
obéissant serviteur.
l'n'nnE >.
30 juin i~i~-'.
D'autres documents qui se trouvent au\ Archives nationales témoignent
encore de la part active de Piètre dans l'ornemeidalion du Palais-Koyal à cette
époque. Ce sont des dessins de meubles, de lambris, des remaniomenls dans
plusieurs parties de l'i'dilice. On se rend compte que cet artiste, depuis la morl
de (Idiitant d'hiv. remplissait ri'ellemeiit les fonctions darcliitecle du Palais.
Oolte silualimi s'allirina di' pliH en phis jiis(|u';i raioK'c 17S1, oîi se produisit
ravèuement de Louis. Dès lors. Piètre dut s'ellacei' tout ;i l'ait, et si, en i~^'>.
iiu trouve encore son nom sur les rejrisires des traitements du persomu'l, c'est
toujours eu (pialili' d(> » cniiInMeur des H.'ilinuMils de Monsei^jfiieur ». Poinlanl
— ce (pii est ime nouvelle preu\e de la conliance tpi'.ivail en lui le liiie
• l'Orli-ans — il fut chargé, en I7H(), d'étudier un projet de bàlimenl ([iii (ie\ail
relier, il lem- exlié-rnih' sur le jardin, les driix .liies du i'aJais- U(i\al, el icm
plneer la lerrasse ii arcades grilli-es, dalaiit de lUeiielieu. (pi'on avait di-molie
iMi i"'>. Piètre .se mil à lieuvre et dress.i un projet dont donnera une idc'-e le
I. SnlilvM iinlIoiinli-K. l'Iaiin Sr-iiii-, :»• <Iiinv. fi'iS. ir 3. Li-ît dcssiii!! il (li\i?t ili- ri)l)»ri valuirc l'ii
i|iir«l|iiii Miiil jdliiU il rcMi' Ifltnv
I.K PF.TIT-FII.S m UKr.KNT
.•{s:i
dessin n'duil (juc lums ii'pi'oduisuns ici(\(>\«'/. p. .iST)), d'apn'S roi'ij,nii;d ti'omi'
au\ Arcliives nationales. Chose cni'itMise! on y conslalc des analo/^dcs l'ia|)|iaiil('s
avec la conception (|uo devait bient(')t léaliser Lonis dans les j^aleries onlonrani
le jardin : même ordonnance fj^énéiale, même halnstiade an-dessns de lenta-
hlenuMil. même emploi des pilastres canneh's à cliapitean corinllnen. Ksl-cc
simple coïncidi-nce, on liien
Louis connut-il ce pidjel,
établi quelques mois axant son
entrée en fondions, connue
Piètre a pris soin de Findi-
(pier en le datant de sa propre
main : Janvier tlSl ? En tout
cas, il ne l'ut pas exécuté. A la
place, on laissa s'installer les
boutiques de bois, échoppes
sordides dont prirent posses-
sion des marcliands (pii tirent
de cet endroit le plus étrange
des bazars, d'où le sobricpict JH-+
(pii lui fut donné de « Canqi
des Tartares», parce que,
disent les Mémoires secrets
du 8 juin 178G, ce fut (( le rendez-vous do tous les crocs, escrocs, filoux,
mauvais sujets dont abonde la capitale». Mais, dans cet intervalle de 1780
h 1786, bien des événements s'étaient produits au Palais-Hoyal et en avaient
transformé la physionomie! Nous nous en occuperons au chapitre suivant.
Pour l'instant, il ne s'agit que des travaux exécutés de 1752 à 1770 par les
ordres de Louis-Philippe d'Orléans, petit-fds du Régent.
CASAPE POUR LE PALAIS- IIOT.IL
risinal de Piitrc, conservé aux Archives
LA RESTAURATION DES APPARTEMENTS
Tandis (pi à lextérieur du Palais-Royal étaient conduits presque sans inter-
ruption depuis l'atmée 1754 les travaux considérables dont nous venons de
parler, à l'intérieur, des transformations nombreuses étaient entreprises. On
remaniait les appartements de fond en cond)le pour la dixième fois, et la
décoration se trouvait rajeunie selon la mode du .join [)ar des artistes en
possession de la vogue. On a vu plus haut tpie li' duc d'Orléans n'était pas
sans avoir, en fait d'art, des idées pensomielles et des prédilections raisonnées.
3g4 I.F. PAI. MS-ROYAL
C'est lui (jui inspira les cliangenients réalisés par Carlaud cl par Contant, et
c'est i)areillomt'nt d'après ses inslruclions, on n'en saurait doulor, que rorne-
inenlation intérieure fut conçue et léalisée. A la mort de son « premier
peinti-e». Charles Coypel, en 1702, il avait donné la succession de celui-ci,
avec un traitement annuel de Ooo livres', à .l.-lî.-M. Pierre, lartiste dont le
talent facile faisait alors fureiu-, et cpii se mit aussitôt à exécuter tant h Saint-
Cloud qu'au l*alais-l\o\al une foule de compositions : plafonds, trumeaux, etc.,
iloul on ne parlait {pi'avec une respectueuse admiration. Très haliile cnuitisan,
J.-U.-M. Pierre, avec ses airs de nfentillionune, s'entendait à merveille à se
faire valoir. 11 en arriva à ce point (pie son talent sembla h ses contenqiorains
hors de toute discussion. On ne cilait jamais ses peintures du Palais-lloyal
sans les acconqia^Mier du mot de n cliei-dieiivre ». Il ueu subsiste rien
aujourd'hui.
La décoratif»!! arcliileeturalc (laii> les dcmeiui's seifineui'iales de Paris, vers
l'année lyOo, conunençait à manpier de-ci de-l;i. par des svmptômes encore
rares, mais signilicatifs, une certaine lassitude du style rocaille, des chantour-
neuu-nts excessifs, des combinaisons baroipies des lignes courbes ou brisées,
dont on abusait de plus en plus depuis la Héfj(>nce. C'était le temps, cependant,
où régnait avec le plus de frénésie le goût des fii/r/uerics et des c/iindiserics,
tpii, sous toutes les formes, siiilioduisaienl dans les habitudes. Il tant reuiar-
ipicr. en riVrl. i|iii' 1.1(1 oriental e\ei(;a, pendant tout le wiii' siècle, en l'rance,
une inlbniH"- i|ui i ut incontestablement le UK'rite di- répandre dans les habita-
tions le cliaiMii- des couleurs claires. C'est aux |)orcelaines ciiinoises que les
artistes emprnntèi-enl ces beaux Ions chatoyants ipji égayèrent alors depuis les
lambris et les nieid)les laquc's JMS(pi;inx robe>i des femmes. Les verts pistache,
les \erls olive, les roses nu nu , ml--, les bj.uic^ lailcux ou les gris pâles, les somp-
tueux jaunes soufrés, les Ncrruillous luiuiucux. les bh'us (•(•lesles. dont s'étaient
eni\rés des peintres lels (|uc Wallcau. Natlici. rocipic ou I5elle. ces fraîches et
dëlicates nuances iiparurcul il.uis les oruciuiuK que des (K'coi'alenrs connue
Pilleiuenl, ilufl. PeNrolle, etc., dessinèreid pour les bondoii- dis lu.uipiises ou
|e> salons princi<-rs. Il n'\ eut guère île chàleaiix. alors, ci uièuie d liabilalions
l.'Uit soit pi'U cossues, qui ne recmcnl une dccdialiou Av vy' geme. A ChoisN, la
menuiserie de la salle ii manger du roi cl.iil ornée darabesipies el de petites
li^'ures chinoises, n-nvri- de PcNrolle. qui :i\ail ég.demeni peint ;i la liie les
Mioiduris el les nin<ineuls di' celle pièce bleu sur fond blanc. V Clianlill\. le
prince de Coiidi' a\ail l'ail installer le fameux siilmi drs Sin}^fs. qui est reste
un l>|M' de (cs fanlaisies spirituelles et baroques. \ P.iris, les hôtels de Soubise.
de Kohini-Cbabol. de |)i(.uis, du due de |,a \ allier.- i ;i Monirouge). le l'alais-
I. \rclil»n iiallotiair», Trrxirerlt- cli- t.oiil«- l'Iiilliipi; iIOiU-iiiin. \ '*, ijiKi.
T.F. P F. ri T- III. S m Ul'liKNT .585
Bourbon, la gali'iif ilc FIiôIl-I (!<• \ illais, clc, sacrilianl à la iiiodt", s'rtaii'iil
aussi parés de ces sujets badins, (|iii scniblaiciil iiulisptMisitblcs pour donner à
une demeure le fou aimable et frivole (|ti'on recliercbait par-dessus tout. Oetle
folie d'orientalisme dura jusqu'à la veille de la Uévolulion. On sait qu'elle mit
son empreinte sur toutes choses, sur les costumes coninic dans les jardins.
Les curieuses reliures de la bililiolliriiin' des ducs d'Orh-aiis qui sont à \'ersailles
irccc
:jir::^ii^>'ii!>..i.'CT^y
hl.l.\\llnN 1>L PALAIS - lUJYAL IH: ctMl M JMll>IN. -"IINA^T LE PRUJET l»K IMLIKL
FAIT E\ JASMLH I7S1
(Reproduction d'un dessin original des Archives nationales)
en sont un témoignage, aussi bien (jue le fameux parc à la chinoise dont le
duc de Chartres entoura sa maison tie Mmilccan cl qui [)lut à ce point à la reine
Marie-Antoinette que celle-ci envoya un artiste spécial copier ce modèle pour
en reproduire les bizarreries ;i Trianon ' . On y voyait des lacs, des îles, un
miiiaicl iiianics(|uc. des tentes turques et tartares, un jeu de hjigue chinois, etc.
\y duc Louis-Philippe d'Orléans, qui partageait la manie de son temps
pour le « lacbinage», ne se décida certes pas à proscrire brustjuemenl les
turqucries de sa demeure; mais il voulut que le Palais-Royal, tout au moins
dans les appartements de réception, fût empreint de ce caractère d'élégance
sobre et de noblesse, inspiré de l'antique, (pii déjà, simposant aux décorateurs,
annonçait l'élaboration jikk haine du style Louis XVL En 1760, Gabriel cons-
truisait l'Ecole militaire et le Garde-Meuble. François IMondel, professeur
à l'Académie royale d'architecture, dirigeait le mouvement de réaction contre
les méthodes d'Oppenordt et de D'.Vviler. Son élève. Le Hoy, venait de publier
son ouvrage, les Ruines des plus hritu.r monuments de lu Grèce (1758),
renqdi des meilleurs exemples. On cimsli iiisait ou bien on restaurait des
I. Kllf fit prendre, noliiiiiini'iit. le iiiodcle, en une n'iliiclion en plâtre, du 'jeu de l)i«f;ue
chinois". Ce niudèle coûta /i,2'ili livrer. — Archives niilii)ii;des. ()', .'io'ia.
386 I- E P A L A I s - R O Y A L
hùlels duul on Nuulail luriu-iuenlalion délicate cl ori^jinalo. coininc la maison
du financier Houretlc, les liùtcls de Tonlousc et do liiron. la maison de
canipa^rnc «le d' \i-j:oiison à Neuilly. la galerie de TIkMcI de Choiseul, etc.
L'architecte du l'alais-KoNal, Contant dlvrv. adepte Ini-mème des nouvelles
doclrines, n'eut j^arde de nian(|U(i- locçasion de les applicjuer. Si, d;ms les
appartements décorés par lui à i-ette date, cl dans les meubles qu'il dessina, il
n'alla pas toujours jusiju'à s'ail'ranchir des motifs cliers à l'ancienne école.
de certains allrihuts il trophées, des coquilles au sonuml des paiituaux. du
moins il renonça radicalement au\ ornements ridicules ([ue la mode nudli-
pliait partout, tels que tiges de palmiers, guirlandes biscormies, rocailles
et jialmettes. tl'esl toujours le slxii- Louis \\ . mais singulièremciil assagi.
\.' Knii/cluf)i-(liti\i' Diderot |)ublia, vers 1770, quelipies planches des «grands
apparl<'menls » du l*alais-l\oyal. d'après les dessins de dontanl'. Nous les
reproduisons. Ils mmiI nous aider, ainsi (pu' li' plan |)(ul,iiil la dalc de 17(1'!.
dans la rapide di-scriplion (|ue nous devons donner ici |iour l'aire comprendre
les principauv changemeids apportés à la distribution des pièces cl nous
indi(pi<'r li'in- décoration générale.
Pour ju'-nétrei- dans les appartements du Palais-Royal, le visiteur, ;i partir
de 1770, n'a\ail |)lus besoin, connue au lenqjs de lliclu-lieu, d'alli'r chercher
l'élroitt' ouM'ilui'f di' lescalicr dans I ariglr ihoil de la seconde cour.
L'i'scalier, consliiiil |)ar ( iordani, s'oIVrant îi lui sous la \oùle même du corps
de logis principal, il n'a\ail ipi'ii le gravii', cl. sur le palier du pi'cmier t'Iage,
trouNait df\;ml lui trois portes: eellr dr droilL-, oiiviaiil -iii' le> ,i|i|iailinicnts
du duc il'Orléan», celle de gauche sur ceux du duc de Clliarires. celle du
miliiMi sur ceux (pii dt-vaient sciNir, (piehpies années plus lard, à la l'eninie du
jtMiMc |)rinct''. l'iiilraiit par la porir du ci'ilf droil. on Ifouvail sncces>>i\rriuiil
Ifs antiihandiri-s des |iages, di-s valels, |)uis lelle des genlilshommes. qui
conununiquait d'mi ciMé à ime grande salle à manger, sui\ie d'un s|)!i'ndide
salon, di- l'anln- <-ôté à l;i ihaudirc ,'i courlicT de p.ir.ide. C'e^l l.'i '-imIouI <|Ui'
(lontani d l\r> a di-ploM- ses lalcids de décoialrur. \o\ons de cpieile manière.
Passant par l'anlichand)!!- di- la lisri'c, ornée de |)eiidures (pii simuleni des
pila.slres (nscaiis, aM-c «les ligures cl des \ases, le tout cvcculé par (iiiilhl.
Mcjrlin rt de I^Mise. d'jqirès des composilions de .I.-IL-M. Pierre. lra\ersorrs la
H.rllf il manger, île forme o\ale, oiirée d'irne ai'cliil«-clrn'e de slm dorri «le poli
1 iiilcr*. ({rn«i'-« |wir l.c Cuiiii, m- <iiiii|irf iir (|uc corlaincs piéco iIl-". kimikI» iippiirlc'
lllinr .
:> l'iiiir lii ili>lrilMiUiiii ilin ap|Mrli'liiiMil< <lil l'.iliii«-ltii>.il .1 ri'lli- i'|Mi(pii', il r.iiil ioiimiIIii mii (oui
un ikM-iiiiiriil liK^lii ili- 17W i\ri|ilvi>^ iMlioimlf». lO. jf*.!!, rt le pmii'iix .-r i,iiiv.jiii.' |Mlil \<iliiiiii<
liilHiili- l(/n«ifiiir/i 1(11 l'alnit • Itoyal (i;^.'»!. ilmil J«< n'ul rrii<-iiiilri'- <|iriMi mmiI i-xciiipliiirr. ipii fiiisiil
parlli' iIp U riijlixlliiii du iHirnii l'kiioii', lu plii|Mrl dus iiuliv» diM liplioici du l'uliii:! miiiI |hmi clairi-s
<>u ('rruiiii-<
J.K PETir-Kii.s 1)1 m';(ii-.Ni- 887
et la iVaù-hour, » dit (rAi-;.--('ii\illc '. .. imilciit le maihrr au |i<>iiil (l\ rtiv
trompé.» Nous voici dans le salon, vaste piree de plus de di\ luèlies <\r Unifr
sur neuf de large, que Coulant a re\ètue dune menuiserie peinte en hianc. et
qui, avec ses ornements sculptés et dorés d'or alternativement mat et bruni, a
le plus grand éclat. La porte est à glace, et s'ousre entre deuv nielles occupées
par des sofas couverts d'étofTes or
et argent qui donnent à la pièce
un aspect de rare magnificence.
Au-dessus de ces sophas sont des
glaces qui répondent aux croisées
vis-à-vis et répètent le spectacle
du jardin. Le chambraide de la
cheminée est enrichi de bionze
doré d'or moulu, et orné dans ses
angles de girandoles correspondant
à d'autres girandoles au-dessus
d'une table de marbre. Des pilas-
tres corinthiens, d'une large allure,
masquent Firrégularité de la pièce
et soutiennent cette décoration,
dont les tendances nouvelles sont
immédiatement signalées. UJùtci/-
clopêdie de Diderot en vante « la
grandeur et la noblesse», qu'elle
oppose aux frivolités ordinaires du
genre à la mode, et loue surtout
la nouveauté des motifs sculptés
en perfection. Il est certain que doutant a eu rainbilion de l'aire de ce salon,
auquel il apporta tous ses soins, une sorte de répliipie à celui d'Oppenordf,
situé à l'autre aile du Palais, sur la rue Richelieu. Le plafond, peint par
Pierre, «dont le nom seul dit tout,» assure V Iùi(i/cl(>/)édie, représente Mer-
cure qui conduit Psyché à Jupiter, au milieu des dieux de l'Olympe, avec
l'escorte des génies et des amours tenant des guirlandes de lleurs. Au-dessus
de la corniche, l'artiste a peint, sur un faux socle, des enfants occupés aux
préparatifs de cette Apothéose de Psyché et jouant parmi les faisceaux de
lis entrelacés de roses, de myrtes et de lauriers. Enfin, pour achever, les
I. Voyage pittoresque de Paris, 1-65, p. 78. — Des vestiges de la décoration de cette salle ù manger
existent encore. Les murs, revêtus d'ornements en stuc, ont été, dans ces dernières années, peints et
dorés. On retrouve au-dessus des portes et des fenêtres les médaillons en i^risaille dans lesquels de
Machy avait représenté des groupes d'enTants et des ligures allégoriques de fenuues couchées.
i)Kcon\TiON Di:s .4I'I'\ii-ik\ifnts par petrotte
SUJKTS CHINOIS
^gi^ LE PALAIS-ROWI.
quatre purk-s du salon soiil surmonlées de bas-reliefs exécutés par Cousiou,
et fiffuraiil iliNers épisodes de Ihistoire de Psythé. La •:ravure de Le Canu,
cpii est ici reprudiiile (nou'z page Sgâ), d'après le dessin de Conlaiil dlMy,
ii»di«pie sunisammeiit reiiiplarement de ces bas- reliefs '.
La chambre à cnucher n'était pas moins somptueusement ornée, avec ses
pilastres corinthiens, son alcôve fermée par des balustres sculptés et dorés,
ses boiseries d'un admirable travail. Toute la partie du Palais occupée
anjounrhiii par les administrations du Conseil d'Ktal et de la direction des
beaux- Arts fut entièrement remise à neuf. C'était la plus d'-laissée depuis
longtemps, car on a vu ipie le Kégent avait disposé ses a|)partemenls dans une
tout auliv direction, du côté de la rue Iliclielieu. Son petil-tils re\(Miait, lui, à
l'aile droite, où s'était, jadis, si magnilicpiement installée Anne d' Autriche, et,
dans l'avant-corps du bâtiment ceiiliai donnant sur le jardin, il nliésilait pas
à scinder l'ancienne et lr(i|) longue salle des gardes pour y ('lablir les pièces
communes de la famille, une salle à manger, im salon de jeu el un salon de
compagtjie, ce dernier à la place de la chambre si joliment ornée autrefois
pnnr llcniii'tle d' Vngleterre, el oii Noi'l Covpel avait |)eint un plafond doid on
relron\e l'indication dans la légende du plan de 17(10, reproduit ici' (p. 3(ir)).
Contant d'hrv laissa à peu près intacts les apparlements d'honneur, dans
l'aile limite, oii l'on trouvait la galerie des lMi)leau\, la liil)]iiilliè(pic, le cabinet
de travail, le salon d'( )ppenoidt, etc. Toutefois, de ce côté, la galerie des
lioinmes illustres, si souvent transfoiinée depuis Uichelieu el déjà réirécie,
fui encore ré<luile, et, plus loin, iiiu' ;iulre galerie refaite, donnant siu' la rue
Saint -Honoré. Eidin, la chapelle du piemier étage, de même (|ue celle du
rez-«le-«-|iaussé»', furent décorées à nouveau. Dans celle du haut, le plafond en
sophite fui exécuté sur les dessins de J.-lî. Pierre, (pii représenta au-dessus
de l'autel V Assum/iliofi <lr la Vicr'^f : celle du bas fut également repeinte,
et l'un > pinça im tableau d'Augustin Carrache, IWppiiritlon de .\ofrr-
Seifjnriir.
Il itérait s.ins iiiti'-rrt de récditcr ici l;i liste des tableaux de la collection du
Palnis-Hoyal, publii'-c tant de fuis p.ir les (liiiilrs tir Ptiris du xvin' siècle, en
indirpianl. comme l'a f.iit il' \r;:i'n\illr. Iiin- nmidire et leur place exacte dans
\rH diverses pièci-s où ils •'•laienl exposée. |„i M^te, je l.i donne à In lin de
ce volume. Pour le reste, les indications de d'Argenville sont absolument
I ()f|« w>nl itcTfriim r«-i Min ilivornllnim* Il n'rii n-^ilr (iliis Irnro. I)aii> ><)ii rxo-lli'iil \oliiiiir »iir
' ' l'itrit iiMijH, I». jfi.'i). M. (Il- i:iiiiiii|iiMii\ iliVliiri' i|irii|iri-i riiicnidii' ilii
• ' ' r I lilliili-» I lini'Ki'-^ ili- rr«liiiirfi Ir iiioiiiiiiiriil iirrnrlii'iriil niii« pilic li's
II' ^ . ■■' »"r '«•' ili'«lii» ilr i;<iiiliiiil !•! ili' t.iiiiit. On en 111 ili-» luti ipii fiiriMil
«nifjiu ■ Imican. In aiiiali'iir, M Momnlliil, ni nri|iiU i|iifli|iii's-uii«. Cn |uirril Miiidalliiiir iw ><■ priil
roncwoir. Il n'a Hé, iiialliriirriitriiinil, i|iii< Irnp friMiuriit rlirt iiniii rn ri- .Hii-clr!
I. (> %»lnn ni liiari|iir «iir l<< |il.iii {lar la IrUrr /.
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LE PETIT-KII.S nr UKC.EVT
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illiiSdiros. car les Lililcaux riirfiit si sctiixciil ciilrM-; rt Iraiisporlt'-s (le salons en
salons, (ju'il est dillicilc d'assigner dos dates posilives à leurs pérégrinalions.
Les Inventaires montrent que, si l'ensemble de la collection restait disposé
invariablement dans les sept grandes pièces rpie comprenait la galerie cons-
;r.Ay/.-;',-' J J J j > i' T;/-*-.'^
LA CHIMERE DE PARADE Af PALAIS-HOTAL, ES Ivfio, PAR COSTAST d'iVBI
(D'après la gravure de VEncycîûpîdii^ de Diderol)
truite par Mansarl (voyez sur le plan de lyCi'i les salons manpiés de la
lettre Q), chacpie prince el princesse di' la dynastie puisa dans ce fonds si
riche les toiles qui lui agréaient le mieux pour en orner telle chambre ou
tel salon de son appartement particulier, suivant les circonstances. Par
exemple, le Régent, qui a\ail une salle de billard, y avait l'ail mettre les
peintures de son choix, connue dans sa chambre et ailleurs. Son lils ayant
supprimé le billard, les tableaux furent réintégrés dans les grandes galeries.
Lorscpie la duchesse d'Orléans, après la mort du Uégent, abandonna .son
appartement du rez-de-chaussée pour s'installer au premier étage à l'extré-
mité de l'aile droite donnant sur la rue Saint -Honoré, elle changea en même
temps les tableaux dont elle s'était jusque-là entourée. A I instant, dans
le Palais où se produisaient des déménagements continu. Is. il en était de
môme. Le duc Louis-Philippe d'Orléans lit faire, vers .7',:.. un classement
3qo le pai,\is-royal
de la •'alerio do tableaux qui subsista jusqu'au moment des grandes construc-
tions de Contant d'ivrv. C'est celui ijui a été publié par d'Argenvilhî dans son
Voyage pitU>res(iue à Paris de lyO."). Mais l'ordre dans lequel on les mit fut
bouleversé quelques années après, (piaiid les nouveaux apparlemcMils lurciit
achevés, lors de la restauration de l'édillce. Vers 1770, le duc changea encore
les tableaux de place. Déjà il avait réuni ceux de l'école flamande — une
"^rande partie fout au moins — d'abord ilans une sorte de pavillon où jadis
le Hégent, jeune, avait eu son logement (voyez sur le plan de i~^()\ les pièces
marquées de la lettre F), ensuite il les fit transporter à peu près tous —
au nombre de ii5 — au château du Kaiucv, dont il aimait fort le séjour,
i-t qu'il lit meubler sonq)tueusement. 11 y avait là tous les Teniers, les ^^ou-
\ermans, les Miéris, les Gérard Dow, etc. Seuls, Hubens, I\end)randt, Van
Dvck. et Jonhu'us Iroiivèrcnt \i\\\t.o et furent maintenus au l*alais-i\o\ai. (Quel-
ques u'uvres de l'école française, le Bal champctre, de Watteau; le Portrait
de Louis XIII. de IMi. de Champaigne; le Henri IV, de Porbus, et deux
portraits de S. Mourdon. partagèrent cet exil. A Paris, on ne laissa ipie
.■{(ti tableaux. Au Uaincy finenl transportées également les sculptures cpii
dataient du lenq)s de Uiclielicu : le fameux Taureau Farnèsc\ vingt-neuf
bustes d'il empeieurs romains et autres, le tout en marbre blanc, excepté
un en marbre noir et un en bron/e>)'. Il y avait encore deux sculptures de
Jean (ioujon, en bronze, l'une représentant une Baigneuse, l'autre l'Arc/ii-
leiture : un grou|)e de Ouatrr eri/arifs Jouant avec une chèvre, un Mercure
enlevant Psycité, le Pi mouleur, une \'énus accroupie, Diane et Méléagre, etc.
Kii fait de sculptures, on ne gaida au Palais- Royal cpie les |)elits bronzes
de Jran de Hologiic, ipii s'y Irouxaient depuis le cardinal i\v lUclielieu : les
ijualre saisons. Hercule assommant AcfuHoiis, Lion dévorant un cheval.
le (iludiateur. un [)etil Mercure, une figure d'après l'aidicpie, Antinous, etc.
Aiuune oinri- de nos grands statuaiies français des xvn <t x\ni' siècles!
Nous n\ons dit plus haut (pu* les ducs (!"( ji-ITmiis ir,i\,iiiiil jamais |';iil de
folit'H pour ce genre d'u'uvres d'art.
•lusATini tiT'iuRti'iir Ht nie i.ii m-piiii iri'i: ir<miK»"i«. r» 176»
I. VojM, |ilii» hnul, |>ni;n M pl ïo3. I)iin?i \'\nvei\{n\rr Av lUrlidit'tl, ce croii|M' fiil |irlM'
1,5'... thf."i, .titit criiil «If Moimiciir, l'ii 17111. il n'«-il plu» colr i|iif V»' livre»; «Inii» eoliii ilo l.oiii»-
Pli.i '.s nn fjSS, il n\. rallriK? %,(r,» llvn-îi, «ver un Inulr do Loiiin Mil .iifiiiil «•! un l<)l île
l».! iili»e.
' |l^iu^. ilnni Vttwtnlairt île x-'^'.t. la Miinine «le .'i.iy" li*r<"^. ••»»<< ••"•"^ «nliie»
ni 1 I tpiiilii« ati\ enrliérir* «m» In Itétululloii. Viiye/ re i|iil 11 elé «lU il ee «iijel <lnn»
LE PETIT-riLS DU RKGENT
3oi
m: 1)1 C DOIU.KANS QUITTE LK PALAIS-HOYAL
SON FAUX MÉNAGE
PtMidanl (inaii l*ahiis-l\()\al so poursiiivaiciil les /jrrands travaux dont nous
venons de iiarlci-, la vio y élail assez nionolonc. sans l'rlcs ni reccptu)ns.
DÉCOBATION DL GBASD SALOS DU PREMIER ÉTAGE AU PALAIS - ROYAL, ES 1700 (aILE DE VALOIS)
(Dessin de Coiiui.t d'Ivry; grasure Je Le Cinu)
u'offranl d'autre animation que eelle de la présence des personnages, toujours
aussi nombreux, qui Thabitaient, gentilshommes et dames d'atour, serviteurs
de toutes sortes. Le duc d'Orléans n'avait plus, comme au temps de sa jeunesse,
la folie des plaisirs. Son humeur avait bien changé. 11 était devenu plus calme,
luxait les ennuis de la représentation, partageait son existence entre son fils
et SCS maîtresses, qu'il choisissait obscures et pas trop exigeantes, allant tantôt
à Saint -(;loud, tantôt au i\aincv. ii Bagatelle et surtout à \ illers-Cotterets,
oii il ciMiuciiail as'^ez souNctil, puni- v jouer la comédie, une société élégante,
mais point farouche sur Ir rli;ipiltc de réli(pielle. En ini mot, il s'embour-
geoisait. Les seules fêtes qu'il dduna au l'alais- Royal furent à l'occasion de
la visite du jeune roi de Danemark, (ihrislian \ 11, à l'aria, en iiuvenibre 17G8,
3n3 LE PALAIS- HOY AL
et lors du mariage de sou lils le duc de (Iharfres avec M"' de Penthièvrc
le 5 asiil lyCi). Pour la première, on dut se conteuler de la partie gauche du
Palais, car, dans l'aile droite, les ouvriers travaillaient encore, « et c'est h
peine si le public put avoir un léger aperçu des changements qu'on y avait
faits. » Encore la première impression ne fut-elle [)as très bonne. Les Mémoires
secrets la traduisent par cette phrase peu favorable : « On ne peut s'empêcher
de plaindre ce prince d'avoir dépensé un argent énorme pour ne produire
(piun monument mescpiin. » Hétlexion un peu hâtive duii clironiqueur sévère.
La vérité- est que la foule parisienne se précipita au Palais- Royal pour en
admirer la façade rajeunie et (jui se continuait par celle de l'Opéra, presque
terminée. Pour la circonstance, le duc d'Orléans avait fait dorer les grilles de
l'escalier, i[u'on trouva magnifi(|ue. Toute la noblesse avait été conviée à la
fêle, (jui fut des plus brillantes; elle débuta par le jeu et se continua par un
souj)ei' de -i\ cent soi\ante-douz(> couxerls. sui\i d'un bal. Malheureusement.
le bal fut troid)lé par un incident : il venait à [X'ine de commencer que le
duc d'Orli'-aus lit un faux pas dans le salon d'Oppenorilt et, en tombant, se
ri)iu|)il le leniliiii d' Vcliillc. ()ri dnl le i iionduitc dans ses ajipartcmcnts, Los
tuilelles étaient éblouissantes, et l'cjn ne voyait ijue costumes scintillants de
diamants. Les robes des fenunes en étaient littéralement chargées. Il arriva
même, à ce propos, à lune d'elles. M"" de Herchini, une aventure ([uc M"" de
(ieidis raconte en ces termes :
Mlle avoil beauc()U|> de diauiarits, tous empruntés, et entre autres une énorme
qii.uititi- (le clialons, grands et pelils. C/éluieMl des dianianl.s montés un à un, et
détactiés de nianièrc qu'on les enfdàl en dessous, par la nionlme, et on en bordoil
des rubuns, •>u l'on en forniolt des colliers ù plusieurs rangs, ([ue l'on scrroit contre
le eou. En passant pour aller souper, placée au milieu d'une longue file de femmes,
M"* de Berciiini éloufTa de .son mieux un malheureux élernucment (|ui (il casser son
ciiliicr do clialoiis; elle en rattrapa ipiebpies -uns, mais la plus grande partie tomba
à trrre et fut balayée par les (pieues majestueusement Irahianlcs des robes cl des
doniinoH. Il n'y avoit pus moyen de .s'arrêter pour ramasser les chatons dispensés :
il falloil suivre la lile à la lèlc de la(pielle éloienl le roi de Dancmarck et M. le duc
dOrléan.v La pauvre M- de Uercliiiii, <pii avoil très peu de fortune, se désoloil
en {tcnnant qu'elle .sen.il (d)ligée d'urlid. i <l.s diatoiis \to\\v remplacer ceux ([u'elle
avoit p.rdus; mi irisle aventure lit le siij.l de la conver.salion i)endant le souper.
M Irduc d'Orléuns onlonnu de <-liereher îles diamants sur ses Iraccs; on en rapporta
cinq ou ni», il en nuinquoil toujours beaucoup. M. !.• duc d't^rléans lui promit de
foire cherclicr le lendeiiuiin d<- grand matin, avec Ir plu» grand sc.in M'" de Her-
chini n'espéra rien de e.tle reehenhe, el s'en alla en maudissant le bal .1 l.s tètes.
U- liniiiMnain, ii son n'-v.il, un garçon d'upparleuu iil du Palais Hoyal lui apporta
loul «1- qu'on avoil Irouvé «le clmlons dans la galerie, les Irois aiili( liaud>res el la
o.die il iiioriKiT. el M" .le IIik liini im.h m ii|< m. iiI lruii\a v oiiiplf, mais de
i.i: PKTiT-iii.s 1)1 ui':(;i:\T SgS
plus SC|)I |ii'lil> rhalons ([iic (l';mlics pcisoiilics axoitiil perdus, cl (piDii ii':i jainuis
ri'clamôs... '. "
Los fôtcs cIouik'os lors du iii;uiaj:(^ du duc do Cliartros iio l'iiroiif jias, rlil-oii,
aussi niaj;iiili(|iios. V i'i\ cidiic l'.nUi- (pii. dans son .hmiiKil , allirino (]iie !c
duc d"(.)rli'aus s'en (Iis|)oiisa ru \oisaul oiuf[ coûts louis pour les pauMOS de
DÉCOn\TIO> DU GHANI) SALO?i Df mEMIEK ÉTAGE AU PALAIS-nOTAL, EN 1760, PAU CONTANT Il'lVIlï
(D'..pris la gr.ivure de VBicyehpidie, Je Diderot)
Saiul-Eustache, ce Irait do oliaiilô n'aurait ôlô qu'un moyen do s'ôparj^nor
utio dôponso de trois ou (pialic oonl uiillo livi'os. \ous savons [xiuiiaid. par
los Co/fi/)t<'s (lu sf/vicf des mciuis, ot [)ar io n'cit oonlonu dans un uiauuscrit
dos ArcluNos nationales I ('('rciiKtnifd du niariai^c du duc de Chartres avec
.]/"'■ de l'cnfliicvrcr • (|ue la n'ic-inonio saccomplil a\oc nu solonnc! éclat.
V cotte époque, le due Louis- l'iiilippc d'Orléans ne séjournait guère au
l'alais-!\oyal. Il était tout al)sorhé par sa passion pour la marquise do Mon-
tesson, l'enuni' ainiahle. Jolie, dont le inai'i, ancien lieutenant général, avait
(|uati-e-\iugl-lunt ans. ot (|ni mcllail une singulière adresse ;i s'euq)arer de
Tesprit du prince. (À-lui-ii iinxilait conslannneul aux |)ailios cpiil organisait
à \ illors-Cottcrets, oii il se jilaisait à passer la plus grande partie di' son
lenqis, s y senlani |)lu^ ii laisc poiu' les lialiiludes un peu relàeliees ipi il axait
I. M"' UK (iEM.i>. Mi'-iiioirr.i, I. II. |i. .)-.
a. Archives iialioïKilcs. K. i.'t;, ii' i'.i.
T. I. LE PALAIS-nOTAL. 5o
3()'| I.K P\t. VIS-UOTAL
conlractoi's. Sa liaison, avouée depuis loiiglemps. avoe une lenime de mœurs
légères (luoii ;i|)pelail Munjuisc (c'était M de \ illeuionble) et qui, à Villers-
Cotterels, It-uait le liaut hout, avait peu à peu éloigné les daines de la bonne
. société de ce château. On n'v vovait iilus
. i "^^^^'^ ^'' ' ''*^ Segui, mère et fille, pas plus cpie
V 'r^ .^-v ,.>■ 1 ' *. «vv-^Tl M'" de Heauvau, de (irammont, de Luxcmu-
hourg. cpii en avaierd un instant fait Tor-
urnieiil. (Tes! sur ce Iciiain déblayé (jue
\l de Moulesson livra bataille et sut tourner
la trie au duc d'Orléans avec une coquetterie
\raiinent su[)érieure et remarquablement
appr()pti(''c à la \aiiil(' bonasse du ]irince.
Ilu \ui( i un cveuiijle. (iouiuie iclait la
coutume, à \ illers-Cotterets, en manière de
distraction, de jouer la comédie sur le petit
théâtre qui \ ('tait iiislallc. I,i niaripiise s'avisa de tirer un drame du roman
de Miiriiiniif, de Nhirivauv; puis, avant dCri duniu r icrture eu présence d'une
nombreuse et é'Iéganle assemblée, elle prit à pail le duc (i'Orh'aus. leigiiit
I elFroi de ce dt'but et lui persuada d'insininr (jur c'élail lui l'anlcur de la
piirr. I.c duc. sans rien ciMupr rudri' .lu uiatiègc. y cousent. Tous les invités,
n.ilurvIliMUi'ul, de s'c\<laui. r durant l'andiliou : .. Mil (pu' cCsl beau! Quel
chcf-d'iiMivn'! » \ 1.1 lin, !,• ,|ii, d'Orli'aii-. dans sa candrui-, iiv lieid plus.
^m^
^
DciÙB de Coounf d'Im-, ^ri%c pjr Le CinD {176U1
iiMJi'slic. Il ne cousent pas ;i |)rcii(lii' plus
S.i franchise a raison (le
longtenqis \\ son compic
le succès Ai- crllr (|iril
aime, el il s'é-crie : « i,;i
pièi'c n'csl pus de moi:
elle r^l il- \| ,|,. M,„i-
tesson ! >• ( lu d<\in<' I.-
tableau. (:bau;:i'iu)'nt ii
vue. I,cs (''jogi-s subile-
uii-nt s'apaisent. Les visa-
^cH expriment la confu-
niiin. On nviiil bien vonlu
fiirr-erjH iiolo en écrasaiil
•le l'Miiuif^eH le prince. Mais \I d.- Montessoii !.. . I.a pièce fut jouée, cepend.uil
elle ii'oliliiil point de sucrés. M— de Monlesson n .n ;.Mid
yv\l\ du duc linillablr jMvsli;-.' d'iivoii- voulu lui -acrili
érrile |iar ■•!!.■'
fit le Cjnu (Ijlio)
pas 11
llli'lllr d
111-^ ,lll\
I 1 i'ii\ rr
LE PI.TI r-lll,S 1)1 ItltJI'.NT
395
La ccjinrdlr liiiil |i:ii- le iii.iii.iiic scncl du i\nr d (h'k'iins avec la iiiai'<|iiiso
tU'NCimc \tMi\i-. Il ciil lien le >] a\ril lyy» ilaii- la pclilc rliapcllc de linMol du
l'Iossis-C.liàlilliMi. (lîi le |iiiii(i' a\ail iiislallc x^w faux iiiriia^c. Depuis I7(i(i, il
a\ail ac(|iiis (('(le maison (jni Idiicliail, cdiiiiiic 011 sait, au l'alais-UoNal cl était
conli^ui' il son apparli-nicnl. de telle sorte cpie, ^ràce ;i viiic porte |)arti(iilièie,
il on éfnit. pour ainsi dire, le prolonfi-eniont. (lelle union, si vivement désirée
LE GR\:iO SILON DU PnEMIER ÉTAGE AU PALAIS- ROTAI, EI« I760
(D'jpriW 1.1 gravure de YF.mvhp/dU, de Diderol)
de jiail ri daulrc. et (pie Louis W se d(''cida, non sans peine, à aniorisor,
donna satislaclion auv eonvenanccs, niais ne mil pas lin à la situation embar-
rassante (jue l(^ duc s'était créée vis-à-vis de son llls. Elle amena entre eii\
une iiiiMiilli' (jui dura (piaire ans. Le duc de (lliarlies n'aimait pas M'"" de
Monlessoii. ci celle-ci le détestait. Tant qu'elle n'avait été cpie la maîtresse
de son père, il n'avait pas él('' tenu à des ménagi'incnts: l'idcH' (pie d('sormais
lui, sa jeune l'emine. la Nciiiicuse cl douce lillc du duc de l'ciilln('\ rc. allaient
devoir à cette inlrij,'anle des marques de resp(xi, lui était insupportable. V tout
instant, des scènes avaient ('daté dans cette (piasi-cobal)italion du Palais-
Uo\al au sujet de la m.ucpiisc. (pii axail par acci's des exigences, suppnit.iit
inalais(''ment le i(Me d'épouse non avouée cl piétendait tout à coup aller dans
le monde jouer les princesses du sauf?. 'l'ant{M le duc d'Oiléans faisait eidevor
(lu l'alai> - I >o\al toute rar^ciilciie niai(pi('e à son cliilTre. et, an moment de
•-(• iiictiii' il taille, avec les yens de sa maison, le duc de (lliartres s'apercevait
(picin \ avait siihsIiliK' les services personnels de chacun : c'est (pie, ce jour- là.
\l " lie M( inlr--v,i|i ,i\,iit du iiKiiidi' ;i dùicr. Taiili'il. des l'eiiuues de chambre
3^6 IF. PALAIS-ROYAL
arrivaient U- u.alin ,.uur .....nnclro à la duchesse .le Chartres les .lia.na.Us
qu'on ap,>elait ..les pierreries .1.- la Maison» : c'est que la nmrquise en avait
U-soin pour aller au hal. On .-ouq.ren.l ce que ces vexations pouvaient apporter
de douceur dans les rap,,..rts! Le duc dOrléans avait heau se réfugier aulanl
qu'il pouvait à \ illers-
>'^T^,.^-^..Colterets, où son lec-
V V *^- "YT^ ^ ^ ''^"'' Cannontel por-
I /Jif "si^Vv. V .\ ^ Iraiclurait les invités',
1^ it ;i jouer des comé-
dies dans lesquelles la
marquise paraissait en
actrice consonuiiée (ce
qui evcitait, paraît-il,
la jidousie de la reine
Marie-Antoinette'), tan-
dis que le duc r. inpiis-
sait avec rondeur les
r(jles de paysans, il n'en
ressentait |ias moins
aiilnur lie lui la gène
et la CDiilraiMle. Le
;sis-Chàtillon
l>cv..-. Je CoQUBI JlTry (DéconlUm an gnsi uloo)
roupli- liiiil par ahandonnrr li' l'alal^- H<>\ ;il ri l'InMil du
pnur alliT hahiler deux h.Mels c.intigus, rue de l*ii>\ence, dans le (juartier de
la (ihautst'i'-d' \iilin qu'on coniniençail alors ;i hàtir : c'est maint. 'iianl la citiî
d' \n(in ipii m iiqi'- I i'-p;irr il.' . fs InMels. (Jii délaissa aussi, iiiiidaut ri''té,
\illcr9-(!ollerels i-t Saint-dl.Mid ' p.tin- li- iliàlt-au de Sainte-. Vssisi- (|ii(' le
prince nctpiit et doima à M*" di* Monte.^son.
L'InMel de lu nie .le l'rt»\eiice était \aste, a\cc nu hcni jardin. I.c (im-
d'()rh'"«ii» y ineiiail un train mcxlesle, cai' la liste est assez sommaire des
IM'nMHinc!» il non •.«•rxi.e qui se liouM'iit menliunn.'es dans son l/HW/iliiire
cuiiiiiii' y étant <t|M'-cialem.-iit attacht'-.-s. ( )ii \ \iii| ( liandiinni', son secn'-lair.'
particulier : IkTtholli-l, hoii iiiédeciii, et M~' lierlhollet (avec a,5oo livres de
il ,iji.. .il, iT.iiiil ||\re loiilit II-"! piTiniiiiii i|iii iirrixiiiciit : \f\> |M>r(riiil.s ('•tnioiil on
Sliilili, ri ri>riiiali*iil iiiip collrrlinii c-iiriouM'. On lu- lui (Imiiinil <|(riiiii'
M— (!r tiftill^. "Jimaiil lin In li(ir|«\ iiini!i fort en laid." Cnriiioiitcl
■1 |MTrit-||iiii Ir» riMiM ili' iiiiiri.1 tMiiirrii>.
! I. t\\\e \c frère dr l.miLi \IV, Moiislcur, nMiil rnV- île loiitii»
••*. (ut vriiilii à la rrliir Marie Vutoiiirlli- |Hiur li- prix ilr six
|iil iir |Miinal( y folri" li*» liniiiirurt à In ciiiir. an't-pla avcr joli*
M ■Ihrurriiviiirnl |Miiir lu fnuillli* il'Orlniii», » illl Valiiul ip. ili3),
>liillir Ir PiiInU lliiynl '. (:'f«l li> lianin lie llrcliMiil i|ui lli-Ki>ria
1 II K
proDI et rii
i^nrr -M
molli .
nitll.
I.E PETIT-FII.S ni: nivGENT
:k,7
traitL'iiUMit lIkicuii); tlciiv portiers, un jardinier, deu\. l'eiunies de eliaigc,
un fVoUeur, six musiciens, etc. Le gros des serviteurs, les gentilshommes de
la chambre, les diamljellans, les ollicicrs de tous ordres, les écuyers, le pre-
mier médecin Harthet, le premier chi-
rurgien Marsolan, les barbiers, le^
valets de cluunhre, les huissiers, les
maîtres d'hôtel, les olliciers de la
Bouche, etc. : en un mot, l'armée
de l'onctioimaircs (jui constituaient ce
qu'on a])pelail «la maison», compre-
nant plus de trois cents persomies,
tout ce monde était resté au Palais-
Royal. Le chapitre des gages annuels
ilu })ersonnel montait, en lySS, à la
somme de 4>i.ooo livres. Dans ce
chiffre étaient compris les traitements
aux architectes Piètre et Le Grand,
au peintre Pierre; au garde de cabinet
d'histoire naturelle, Etienne Guettard
(5oo livres); h J. Giraud de La Chau,
« secrétaire-interprète, bibliothécaire
et garde du cabinet des pierres gra-
vées » (600 livres); h Dardenne, secré-
taire du Conseil et garde des archives
(a, 900 livres); à Bernard Chérin, gé-
néalogiste (600 livres); aux lecteurs
Carrogis de Carmontel et Fr.-Alex. Le
Fèvre (1,800 livres chacun), etc. En
outre, il y avait le service des pensions
qui étaient servies à 4G6 personnes,
parmi lesquelles on trouve les noms du peiiilre J.-B. Pierre, pour 750 livres;
de La Fontaine, « petit-lils du grand La Fontaine, » pour ^00 livres, et ceux
d'anciens serviteurs de la famille d'Orléans, de leurs veuves, etc.
Mais le duc d'Orléans n'avait pas laissé au Palais- Royal ses voitures et ses
chevaux ; il les avait logés rue de Provence. Son l me n lu ire nous en fournil le
détail. Ce n'était plus le grandiose équipage de jadis : il y avait pourtaid dans
son hôtel i55 chevaux, ce qui prouve que le local était de belle dimension. Les
noms donnés à ces animaux évoquent à eux seuls l'esprit de l'époque. Il y
avait Y Hypocrite, la Friponne, VOJficieu.r, la Cigogne, la Prude, la Gentille,
DtCOllAÏION Mtn.VLE : CHinOI^ERlE
l'Inconstante, la Cliimerr, lo l'aou. le Fatjuin, V Espii-ole, elc. Les voitures
t'iai.nl au iioiiiluv de .<•_' : ililifreuiis. liciliii.'s. calèclio, ^^ondoles montées sur
mues. Irois-tiuarts, \is-à-vis, tles udiaMes». des « cabriolets», etc. Elles ne
Auenl pas |)ri^ées un prix livs élevé. Irie berline de ville, à paillette. « «.'«iniie
(le \e|ciMis ciselé blanc ;jfali)nné ddi'. avec
lionsse en drap aussi «.adonné dor. et montée
sur ressort ;i lau'rlaise. » fui estinicc i.:>oo
li\n-; iMic (lilij.'^ence. « peinle rmid de l'aïence.
1-^^. -^^ ^'^/'-N^"] If» ^'aniie de >eloius île soie ;i la Heine bleu et
• y!"'' i blanc, t) .'{.ooo lixres: une autre dili-rence. <( l'ond
JsC 1 j I or, j.'.irnie eu velours eiseli- bleu et blanc ^i\-
T il loinii' ilDr, » a.Mto li\i-es. Le resit» à laM'nant.
(!'esl dans r;ilnio>pbèi'e de celle \ ie paisible
de la rue de l'roM ikc el de Sainte- Assise, ipie
la mort vint IV.'ipper le Axu- d°( trU'ans le iS iio-
\end)re lyS.'i. Son pitc a\ail eu la iiu dim
moine, lui se retira de la coui en piillosupiit-
bourfj^eois. soucieux senlemeni de ses aises el
de son repos. Dès 17S0. il abdiipia entre les
mains de vnn jiU. lui |ais>^aul le Palais- l\o\al
l'I ses droils, i'| le |ii\c. cl le liaca-* de l'existence
piincièi'c. (Juaid .-1 lui, «pii a\ait In \oltaire. il
ilivMViidit du fa Ile où le >oi I l'avail placé- pinu ^e borner à cnlli\er son jardin,
ciiinmc Oandide.
<^)u'eAl (lit son aïeule, la lière Klisabetli-I !li;u'lolte, si elle a\.iil \u te pililliU
du Hép-nl en urri\er ii ne pas saxoir linir même i< connue im simple ducu?
Nurnit-eile pu croire ipie c'élail peiil-èhe de la sa;;esse.''
M» ■ouimn
M LA CM4MWI M rtlIUiC
( t><«ii« 4c Casual ifltfy i
(ftMi. mif>mi *$ U >i w •:«• - »M«<Ui,M C«fwi«I<i)
(Bibliothèque nationale)
CHAPITRE X
PHILIPPE KC.VLITÉ (1780-1793)
l.a jeunesse ilu duc do Chartres et fjoi'it pnVoec de ce prince pour les alTaires. — Son niniiage. Portrait de la
ducliesse sa femme. La société du Palais-lloyal do 17-0 à 17^1 : silliouettes de grandes dames. — Occupations
du duc de Chartres : ses écuries nouvelles; sa création d"un musée des .\rts et Métiers au Palais-Hojal. —
Pourquoi il sollicitait si ardemment de son père le duc d'Orléans la donation du Palais par avancement
d'hoirie. Son rcve d'une colossale opération flnancière. — Second incendie de POpéra en 1781. Démêlés avec
la Ville. — Les projets du [irlnce sont dévoilés. Clameurs qu'ils soulèvent. Procès avec les propriétaires des
maisons donnant sur le jardin. — L'architecte Victor Louis. Los erreurs do ses biographes. Ses travaux au
Palais-Iloyal; les paieries, le ThcàlreFrançais, etc. — Embarras linancicrs du duc de Chartres, devenu duc
d'Orléans, puis Philippolïgalilé. — La débâcle. — Emprunts divers. Ventes des collections de méilailles et
de la galerie de tableaux : document nouveau sur ce sujet. — Vente des meubles du prince en 1793, avant
sa mort sur l'échafaud. — Le Palais- Éiçalité sous la Terreur.
Oiicl lioinmo l'Iail ce prince à qui son père venait, par
iiiic c'Nceplioii singulière et las de ses assauts 0|)iiiiàtres',
(le (•('•(1er le l'alais-Hoval en toiile pi()pri(''l('. p.ir avan-
eeincnl d'Iioiriei' Sa place dans i histoire est celle des
y*^ rem'^ats, et son nom reste frappe* d'une ('fornelle flétris-
«/, H \k I sure. (Imiiine ces doj^cs indignes don! la Ki''|)iil)li(|iie de
r. i . ' ^ » I ^enise cacliait jadis les portraits sous un voile de deuil,
I 1 . IMiilippc- K^alilé est, dans la dynastie des d'Orléans, la
uoquij j« .Morciu le Jtunc taclic iioiic cf lidiileuse qu'on all'ecte de ne point voir.
I. Dppdis dix .ins, le duc do Charlro.s harcelail sou pen? pour oliU'uir la ccssioii du l'alai.s- Royal.
En 1770, il alla iik'-iiic jus(iu'à essayer de se servir de riiilUieuce de .M'"" de Moiiles.sou pour arriver
à SOS lins, et il envoya. ;i cet clVel. ;iii château de S.iiule-Vssise le inar(piis Diicresl. livre de M"" de
(ieulis.
',0o '-E P M-AIS-ROY AI.
Par sa pitipri- faiiiillt*. son cnigio a l'-ti- anaclRr de son cadre; en deliois des
siens, il n'e\eile (lue ivpiilsiun. A aucun niituient de sa vie, il n'apparaît
sous des couleurs sjnipalliiques. Du (li'lml à la lin. tdujouis il se montra
au-dessous «les nMes tpi'il prélendil jouer. Jeune, ce l'ut un \icien.\ sans cd'ur,
un sniib aj^^ilé; [tins lard, il eut des allures de brasseur d'aHaires et de
liani|uiste; lionnn<- piilili(|ui' de [letile cerM-ile. il ne lit pn ii\c (pie de lâcheté.
L;i l\é\olutiiin, i-n hroxant ce p\;.'inée (pii aurait \oulu peut-être se servir
tl'elle, n'a pas même réussi à lui \aloir un peu de pitié.
La nalun- n'a\ait pourtant pas privé ce prince de s»'s dons, et la vivacité
d'i'sprit qu'il montra pendant sa première é-ducalion — qui ne lut pas ce
ipiil aurait l'allu — faisiit piésa^'er. de sa part, des inclinations qui n'étaient
point .disoliimiMit mau\ai-(>. M ' de (ii-nli^. qui le \il dans sa jeunesse, l'a
dip'inl, ad<ili'secnl de (piin/f an<, sous des tiaits iissi'/ l'avuraiiles ' :
M. le duc de Chartres, dit elle, éloil alors ilaiis tout léclal de la première
jeunessi-, avi'c nu >isaj<e déjà f^ûlé, et par le sany (juil avoil re^u de su mère et par
une vie lieeneii-ust- : l'ensemliie de sa (if^ine étoil ntilile. leste et dune «frande
éiéfjanee. Sun gouverneur, le eoinle de l'oiis Saint Maurice, ne s'éloit atlai'lié (pi'à
Iroi!) choses : ù lui dunner de la politesse, des manières a;;réal)les et imi Ihui Ihii;
il uviiil laissé le soin du r*-s(i- au\ autres insliluleurs. (^es dorniers eussent ('-li' l'orl
rapuhlrs i\v donner au ji-inn- prinrc une solide inslruelion. mais le gouvcrinut'
fai^Mtit si peu de ras de la eullure de l'esprit que le priiu-e, (pu s'en aperçut de
honne heure, trouva fort eomniode d'adopter cette indilTérenee... Il ne maii(|Uoit
m'-anmoiiis ni d'esprit, ni de mémoire, ni d'intelli;;enee. et il annonvoil des incii
nutiomi liieiiraisunles; en voiei un trait, que m'a eonti- M. de l-'oneema^ne
(de r Veadénue franroise, houune de lettres fort distingué, sous gouverneur de
M le due de ( Jiarires). Le prinec éloit dans sa cpiin/.ième anm'-e. et déjii il reeevoit
ni audienee le matin le» honunes (pii sorloienl d<- ecllc de M. le <lue d'Orléans.
Dan» rr nondin* se (ruu> oient des oflieiers de tous grades des régiments des deux
priiM-rs. M. le due île (ihartres en remaripia un (pii l'intéressa par sa lielle plivsio
iiomie et son air nn'Ianeolique On lui itit qu'il étoit d'une extrême pauvreté, parée
ipi'd Mr refusoil tout pour faire stdisisler sa mère et ses deux su-urs ipii n'avoieni
que lui iMiur appui. Vprès ce réeil, M. le due de (iharires anuissa deux nmis de si-s
nirnu* plaisirs «ans en rien di'qN'user, ce qui lui lit quarante louis; mais il éloit fort
endiarra*sé lie la manière dont il les doimeroil, lorsqu'il reçut des dnigées de
iMptèiiie, alor* il lit des cornets de dnigées ilans lesipiels il mil les (piaranle louis,
cl lorsque li- pauvre odicier vint à son audience, le ji>une prince dit en plaisantant
qii'u)aiit ri-rii des dragée* i\ en voidoil dislriliuer dei eornets .'i tout le monde, ce
qu il lit i.p paiivrr olllcier trouva le sien si lourd qu'il lit un nioiivemenl <le
• iirpriM'. le jriiiii' prinrc, pnr un signe, lui imposa silence; mois, sorti du l'alnis-
Uo)al, sa ri-i-oiinoi»<atice fui plu- nuli.. i.i.- (pn< %u surprix' il • o.. in-loM-e.
qui fut gi'n^raleiiirnl «up.
I \1— bK («MUa, Mtmoim, I II, p lOi - iM.
:!•
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^IItl.l l'iM- i:u M. m:
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Il est cerlaiii quo le prince nrlait |ias, siiilout à cri Af,M\ (Iciiiit- i\r sensi-
bilité. Mais il se fit de bonne lieure un nias(iiie, <<! se donna une atlilndc de
libertin précoce, qui lui parut un signe de su[)ériorité dans le milieu (in il
vivait. Son père, indifférent ou même indulgent pour ses dérèglenienls, le
laissa se lier avec les jeunes gens
les plus étourdis ou les plus dis-
sipés de la cour, de Guéniénée, de
Fitz-James, de Conilans, le cheva-
lier de Coigny, etc. A seize ans, le
duc avait une maîtresse en titre,
la fameuse Duthé, qu'on lui a^ail
vendue comme toute neuve (elle
avait quinze ans) et qui, depuis,
ruina tant de gens! Encore celle-ci
fut-elle comme un objet de luxe,
et pour l'apparence. C'est à meil-
leur compte et avec des femmes
de la plus basse catégorie que le
jeune homme courait en bc'lle
compagnie les maisons mal famées
de Paris pour prendre ses plai-
sirs. Ses instincts de calculateur
se révélèrent promptement, !i vn
croire les libelles qui coururent
contre lui. Ne l'accusait-t-on pas
de déposer les diamants de ses
habits chez Boohmer, le bijoutier
du Palais-Royal, lorsqu'il se pioduisail (inehiue fèlc. afin de les doimer
en location aux dames de la cour, et do se coiitenlcr pour lui- même de
brillants faux? C'étaient autant de petits bénélices'. iNe citait-on pas l'avan-
ture du malheureux joaillier qui, lui ayant procuré, à sa demande, des boucles
de souliers du prix de iS,ooo livres, se les \il ensuilc inarcliander avec tant
de dureté qu'il fut obligé de les lui abandonner avec perte!' Puis le marchand
apprit, peu de temps après, que ces mC-mes boucles avaient élé rexendues par
le duc de Chartres avec un bénélice de f),ooo livres. Malheureusement pour
la réputation du prince, bien des faits justiliaienl ces racontars. Sa conduite
avec sa sa:-ur la princesse de Bourbon, lorsiiu.- celle-ri fui insultée à l'Opéra
par !(! comte d'Artois, vengeant ainsi l'amour- propi
I. Souvenirs de la marquite ilc Criiiiiy. I. \ . p. 'i-; et n".
T. I. LE PALAIS-KOÏAL.
LE DLC L.-IMl.
m.KANS ET SON 1-TLS LE DUC DE CilAUTnES
lU P.VLIIS-IIOYAL (17G0)
!>!.
(lune de ses
4oa I-f^ PAL VI s- Il OY AL
iiiaîln's^cs, fui oincrli-imMil lr;iil(''f di- hulictt'. l/iiisi>iisil)iliU'- ii'Nollaiilc doiil
il lit piviiM" (|u:iiul iiiounil \c liU «lu duc de l'ciilInrMV. son ;iiiii le |iiiinc de
Laiidiidlc. qu'il axait oïdiaiiié axer lui dans la débauche, — par calcul iriniinel,
a-l-uu dil. — causa un scandale public. CVsl à celle amitié pourlaiil (pi'il
a\ail «lu, cerlaineineni, de contracter son brillant niariajre a\ec la lilii' du duc
de Penlliièxre, el tfavoir raison «les résislances trop coni|)iéliensibles du père.
Le sons nionil semblait éleinl en lui. Sa capacité dinconscience était un
pliéïKimt'ue.
Le maria<,'e ne clianj^ea pas son ^einv de vie. Il ne renon«;a ni à sa
<iFi«lic» «le Monce.iii' ni II ses paities libei'tini'S avec ses compagnons de \ice,
iiu-nant de IVunt ses dcxoii-s «répoiix et ses iialiiiuclie-^ di'bauclifs. (Jii'ini Ici
mai-i ait pu si> faire aimer de sa fennne. cela paraît urr problème: cela l'irl,
«'epen«lanl.
Celait ime cliarrii.riite et burme ciu'aturc ipie la jeune duclicsse de ( Ibartres.
I^' p«M'le (Jilbert a écrit «.iii- elle ces vers :
."NUIS un rnii(lf.-lo liuljil, «léj,'uisant sa rfiaissancc,
l'fiilliit'\rc' <|iu-t(|rroruis xisilc l'iniligcncc.
Kl, «le Ircsors pieux ilépuuillant son palais,
l'iirli- à In xeiive en |ileurs de pudiijucs bienfaits...
l'.lli- n.iN.iil «pie sei/.e ans le j«)ur «le son union avec le duc de Chartres
!•• ."» a\ril lytii). .luscpTalors elle avait vécu dans la tiède atmosphère de la
vertueuse fairrille de l',>ritbiè\ iv. nfr elle avait puisé des principes de devoir-
(pii neljii.-nl plus f,'uère ii la mode parmi les fennues élé-:anles d,, w,,, Mèeic.
Ia- peintre \anlu.i l'a repiéseiil.'c j.'iiiie lill.- dairs le tableau coririrr sorrs le litre
«le /« 7'rt.v.sr ,ir ,■/„„;, />i/. (pii a lait partie de la colleclinii du château ilKir. On
r> v«.it au milieu de sa famill.'. appirvee sur le dossier d'une chai.se sur hupnlle
«•si as>is.- la priiuvsse de l.and.alle. sa belle-so-ur: à droite, .-st la (orriles>c
• le ToubMise. sa yran.rmèiv: à -au. lie. !,■ d,,. ,|e l'enjbièvrv .-t le princi' d.'
Iwimballe. lils «le .vhii-ci. I ,, .nitiv portrait «le la du.hesse. peu après son
niariaK.-. p-'r M- \ i-.v-l.,|,ii„i. |., montre .-.ssise. vi'liie «l'une rolu- blanche.
It« hra» gnuclic p«jsé sur un .onssin, .-.ppiivant sa tél.- dans ses mains; sa
ceinlurc v^l „rn«'e «l'un ,am.-e r.-pr«'-senlarrt I,, /-n/r/if,-. Knlin. nr, .arli^te <pri
JM-mble av.>ir lH>au<-(.up travaillé pom' I.- duc .l'Orléans. Le Peiritiv. .1 ,epr..s,.nte
lu «lm-|it.«M... «lev.-n.i.- m-'f. ten.,„| .|;„.s ses b.as le j.d |„e ,1.. M,,nlperisier.
Inil.liH ,p,e jon.- ;. ses pi.Mls le due de \ ,dnis, |„Im. ro. de- IVa. irais: le .lu.'
. ..,. .|,„tl »l,.r,,, ni ir .,1 M,.u„r.,„. C^i |.. ,,,... |.. .|„, .|.. ci,,,,,.., ,|,.,„,:,, „.,|«,„.
.«•.«. ■■ . I |..m„.Mr .1.. ,Mi,lr.-« H„l.i..v,i,, . ..lil.r.. ,.. |,i.,. ,.nKl..is.. ,,..i l„l !.. „...il„.s,.. .lu prince .le
' ' ''"' '' ' "'"'' '" "••'""•• ""'• M^ v,.,iM„.Ml r..v..k.. (Mi.,lre,v, H.,i.i»oN, M,m,.,r,s. p. 25.,.)
■iiii.i iM'E-i:(: \i.rn:
'io3
d'Orléans', empressé, s";tv;niic iti saluant, sa l'onnuc! et liciiiiiix du conp crd'il.
C'est une scène de faniillf U la (ircuze. Dans ces divers (ahlcuix, la (liieliessc
de Chartres apparaît sinon l)elle. du moins aimable et simple, telle que tous
les contemporains la dépeignent, tenant son rang au Palais- Uoyal. où elle ne
restait jamais oisive, au milieu des divertissements, l.uihM lisant, ou bien
— pour plaire à son mari, qui cher-
chait à imiter par des procédés chimi-
ques toutes sortes de pierres Unes —
s'occupant à l'aire, de son côté, des
essais qu'elle lui montrait en rianl.
D'une obéissance passive, elle consen-
tit, bien que ce ne fût guère dans
ses goîits, à se faire recevoir franc-
maçonne (le a8 février 1776) dans la
loge de la Folie-Titon. Une nuit, le
feu prit à l'hùtel de Penthièvre, situe-
près du Palais-Royal, à l'endroit oîi
est aujourd'hui la Banque de France.
La duchesse allait se couclier quand
on lui annonça cette nouvelle, et
elle était déjà à moitié déshahillc'c.
Elle ne songe qu'au danger que peut
courir son père et s'élance à demi
vêtue — on était en décembre ! — à
travers les jardins du Palais -Royal,
pour aller tomber dans les bras du
duc de Penthièvre.
11 était impossible qu'avec une telle femme le ton et les mœurs du Palais-
lioyal, c'est-à-dire de la société cpii y l'réciuenlait, gardassent l'allure de
laisser-aller que le duc d'Orléans y avait introduites et que le duc de Chartres
aurait, à couj) sur, rendues pires s'il avait été seul. Le fait est qu'à cette
(''p()(|iie la (( socic'lé du Palais-Royal», connue le dil _\1 de (icnlis^ «étoit
la plus brillante et la plus spirituelle de Paris. » Parmi tous les salo/is (pii
étaient alors en vue dans la capitale, où les fennnes étaient reines, celui-là
a\ail 1.1 plus grande ri'pulaiiori. ( )n \ d('|)ciis,iil pciil-rire iiiniiis (i'espi'ii (pi au
1. Les ])orliiiils du duc d'(Jrli''iins dcvaiciil (■lio assez imiidircuv au Palais lldval. l'arriii les lalilcaux
([uc la Hé\(iluli()n y lit saisir, el ([u'Alex. l.eiiDJr lecuciUit. se liouNaienl ; un l'nririiil ifarlidiis
vondiimnè , par Ile) iiolds, «rcrf,- le l'tirtrnit il'lùidlité, à uii-coi|is. par \uj;elien Kaullinaini i Vicliives
nationales, K '7 — u3, p. 73). Le peintre Antoine fiirousl a lail au-si un pnrirail ilc ce prinee. ilnnl
la copie, par Do Creuse, est à Versailles.
a. M"" DE (JEM.is. Méiniiires, l. Il, p. ilJi),
MANJCKVV RKNl»!' S Cl.On).
(-i.u.'poi- M'ie Ihi, .1.- C'h.n1r,-s
CKWCRE A LEAU-FOUTt
EXÉCUTÉE PAn LE DUC DE CHAIITRES E> 17*11
A l'aUE de TIIEIZE ANS
D'après un dessin de Cirraomelle
(Bibliothèque nationale, Kstarapes, Alhum des Amateurs)
«Q/J LE PAI.AIS-KOYAL
TeiupU-. oîi M"' ilf Hoiiinors r;É\oiiiiail : on y laisail moins de lillriahnv (|m'
c-liez M" (Ji'ollViii on .[ur rhf/. M Du Denand. mais on y voyait i-volticr
les ri'pii'seiilaiils iliiiu- sorte de secte mondaine assez étranjro, composée
d'hommes et de femmes <pu se prétendaieid dépositaires et jjardicns des
ancieime.s traditions sur le troùt, rétiquetle et même la morale, cpi'ils se
vantaient d'axoir periectioimée. Volontiers, dans ce milieu, on s'éri<j:eait en
juf:e suprême de toutes les convenances sociales, en s'arro'.M'ant exclusivement
le litre impip^aiil de .(homie compagnie». Un mauvais ton et toute aventure
scandaleus»' excluaient ou baimissaient de cette socii'h': mais on n"exi^>-eait ni
une \ie sans tache ni un mérite supérieur pour rire admis. On n recexait
iiidislinclenient des espiils-l'orts, des dévots, des piiides, des i'ciiuiics (l'une
conduite léfjère. On n'imposait cpie deux conditions : un bon ton, îles manières
nobles et im ^'enre de considération acipiis ilans le monde, soit par le rang,
la naissance ou le (it'ilil à la conr, soi! par le l'asle, les richesses on l'esprit
et les agréments personnels'. Le l'alais- Uoyal était ouvert à toutes les per-
sonnes pivsentées. ipii |)ouvaieid y venir souper sans invitation les jours de
repn'sentalion il'Opéra. Ce jour- là, tonli- la i)oime compagnii' \ passait et s'y
succédait. Lrs /irtits jours une socii'U' intime enloniail la iahlc.
Celte SDciété se composait à pou \)i!-< de \iii;,'l pcrsiiiuu's, (jui, lin liées mie fois
|K>ur toutes, pouvaient venir (piaml il Iriu- pl;ii<;iil '. cl (pii, Ir soir, allant et venaMl
dans le .salon, promenaient d'un bout du salon à l'autre la j^aielé, la vivacité d'une
con\er!4alion pi((uante. ,\ ces réimions lil)res et cbarniantes, l'on voyait le plus
Houveiit M"' de beauvau, M"" de Uoullleis, M"* de Luxembourg, M'""" tic Ségur,
mère et belle lille, la liaronne de l'alleyrand, avec son Joli Nisaf,'e vieillot, et la
inuripiiHe de l'Ieury. Le liant du salon était tenu |)ai une (lune (riiinniciir di' la
ducbe.s.Hc de (Miartres, \1"" »li- iJloI, tpii ilevail sa grande place au l\dais-bo\al à une
ponnion du duc d'Orléans (pie sa \ictoricusc résistance avait changée en aiuilié
tendre et reftpcctueu.Hc... .'^uj.'C dans une cour qui ne s'était point piquée de retenue,
elle «e faiftail pardonner su saf^essc par la fjaielé, la verlu par l'ainabilité. Kllc
ruclieluii sa bonne réputation par un naturel cl un cnjoin uk ni i|iii s'clf.ici' reiit
(bi jour, dil-i»n, où elle lut Clnrissr. pnur faire place ii un ioiul de scnlinicnlalilé
jusque \ii eacliée, à de Krandcs iiniclies, à de longues thèses de sensibilité, au plus
fln ^oliinnlia!) de la pruderie. Klle iina;.,dna de porter ;i son cou. en minialurc, la
façade de l'éKlise ui'i son frère avait élé enterré'...
\ C.M.- de M ■ d.- IIImI, l.iillairni 1,1 Nir.inilc'^s,. Cl.'iin.inl-liallciande. \i\e,
|M'-lulanle. qui s'ahandonnail ii loiil ce ipijillc pensai!, s'i'-cliappail en s.njlics,
' " • ■•II», Mfiixiirrt, I. II. p, ïiMi-ii.i cl II.;.
' II- (iriill». (•!• ii.imhrc rtnil roiiiiiiuiii'iiii-iil <li- ili\ ou (l(ui/.c. .. Les soujxM'!) ôtoloill
''"' ' ''I' ■ "Il n> JKUoii |H>iiit: In prinn-v-- ri loiilcs les fi-iiimo.i. élahlics inildiir
' '"' ''"' "•'»' ■>'< lr«»iiilliiii'iil à ili- in'liU oiivniKC!*. !<•' Iii>mmi'>, «ssis à n'iU- ou un jx-u
' ' la «. III »iTvi lion i|iii, (<ii K'''<nT.il, l'ioil npiriliiclli- cl pii|unnle. "
j K<1 '1 j i.i. ii'ix.Mi Ht. /.Il l'i-nime un tiiii' »iVi-/c ( i.s--i, p. ."m.
lMtlI.1 l'Pl-in M.ITK
/,o5
LE duc: m
OU i)l;iisaiifoii('s, aniiisail, (h'-ridail, oinporlail le riiv: M""" la marquise de
FIcni'N. (|iii ijai-la-icail a\cc la haioiiiK" di- TalIcMand rainilic intime de la
(lliclicssc (le Cliarliv-.. |);iiaissail c me uni' jciiiic l'"(ilic avec son lii'an visagC,
SCS veux ailiiiiialilcs. -i>ii (-.piri^lciic rriiai^Vc. ({iii lui l'ai-ail linii\<'r parfois dos
'io6
LE PALAIS-ROYAI.
mr OÙ. soiitcnaiil coiiliv M de I.iival les ilroils do
mots profoii«ls. loiiiiiii' It- j
la iiobU-sso attaqués par Tui-ol, v\U- lui dit : «Vous i.iVl.mn.v,. Madame, .ar.
quelque ivs|>o.t qu.- jaie pour K- loi. je nai jamais cru lui devoir ce que je
suis. Je sais que les nobles oui lait (|ueliiuelV>is des souverains: je vous délie de
mcdiri' le roi qui nous a faits iiol>les'.). Il \ a\ail encore le côté des feuMnes
mûres, ou moins jeunes, qui avaient été atta-
chées à feu la duchesse d'Orléans. Parmi
celles-là liijiiraii'iil M"' de Barbantanc, M""" de
Uocliambeau. la marquise de Poliofiiac, M"" de
(ilioisv. la comtesse de Monlauban, etc.
M"" de liari)aiitaiie, (]iii, au dire de son inliine
cniieniio, ne possédait plus de ses charmes pas
ses (pi'iui ne/ roufje. tnie louinure commune et
mie r('|)ulalion assez bien établie de sagesse et
(l'esprit: .M"" la comtesse de Uochambeau, ajj:réa-
hlf \ieille rcmiiie, ([ui se rajeunissail riiii (|iien
siiLuiaiil, et dont la mémoire était toute pleine
dainusantes anecdotes; la vieille comtesse de
Mciiitaid»an. (pii doimait à la société le spectacle
T-y» _ l^'-~\\ iiimicpie de sa ^'onrmandise, de ses élourderies
- T "•^i-"^' • ; et de son ainoui' ctlVc'né tlii jeu. Mais ii;ic l'ciiinic
faisait surtout l'anuisemenl cl la distraction du
,1 ii»vvi>« » »o» <x»vici» Palais Uoyal : c'était la maniuise de Poli-nac. (pii
"**""' ' °"" ' '" devait à sa laideur, à sa ligme de \icux singe,
.1 l.i ItiuHipierie de ses manières et de ses |)laisanteries, à laudace de sa langue, une
n'-pulatioii d'ori^'iiialili- cpi'elle sendtlail prendre à tâche de justifier. Recherchée
pour le plaisir «pi illi- ilomiait. cajolée pour son es])iil que Inn craignait un peu,
quoiqu'il et^t pins de malice ipic de méchanceté, clic iiMiil li:iliilM<'' les salons à ses
j,'ro({niTie>», ditnt elle était la prenùèrc à plaisanter, à m)M \icil aniciin- pnni- le cnude
ili! M.iillehitiH qu'elle a\ouail si \ aillainnicnt et doid clli' pi <)cl;iiii;iil si liant le
ritlieule. Klle avait imposé à ses amis ses brutalités di; inauvaisi' liiiiiicur. sc^ Imu
lailet, celle erudili- des mots avec hupiclle elle relevait ses pensi'c-. et ipii Itii taisait
ré|M»ndre à une peisomie s'extasiant sut la \i\acili' i\\- M de Sid/ctbomg. la
fenuui! de .soixante huit ans la plus uctive ilc l'rancc : >'t)ni, clic a tmilc la vivacitt-
que donnent Ica puces'. m
M ' de(;enliH. I. celte femme à talents, l.i l'.'v de I
•"Ml i<*>le dans le >alon du Palais- llii>,il. Illlc cLill de
I pi'daniciie. » axait aussi
la Miai-(in. \ l'Iail |cii;i''i"^
«;rt«« »'»trrr»;ir.fiifii/i.T, l l\
I 1 m. /ri l'rinmr nu \nii- .iir,-lr, \i. ."ii.
I li-^ mil Icru ii|i|mrloiiii-iili <lti llr^fiil, l'i t'i-xlri'-iiilli'-.dc l;i yalnic iI'Kiiéc, sur
•ii».i. illt l'ilf. '■le» mi'iiii'H (IccciiMtiiiii-.; Iiiiit les piiniiiMiix ri I'iiIi-i'immIc In
il ru uJnrt**. (»*••<• ili^i tiiiuurlli-^ ilori'i'-.. ■• On n vu plu> liiiul (pic le duc
I ilniiti uni- iNirili- ilc ri'l iip|Niilciiii-iit. \its i7ri."i, [,■> Inlilmux de l'école
i.li- lr«i.>j«..il ullr au Itiihn)
IMI ll.l IM'F.-KGAMl T.
Ixo-]
Loris-l'llli,
ET M.vniE- LOUISE ADÉLAÏUL DE UOLUUOS, ET LEUKS LM'AMTS
avec son iii.iii, «jni .■i\ail rciii|iloi dr r.'ipilaiiic des f;ar(U's tlii duc de (lliarlivs.
Ses Méinoiii's ne laissent ignorer aucun des succès qu'elle reniporla dans eello
société, comme musicienne et bel-esprit, ni avec (juc'lle sui)éiioiil('' olle ('\ei\a les
fonctions de gouvernante des entants du |)rince. Mlle tenait trie an\ lionnues,
aux liahiliK's de ces ri'iniions ; le cniutc de Saint- Maurice, ancien gouverneur
du due de Chartres: le \icomle de iNucé, le comte de Scliombeig, le comte de
^O^ Il IM. MS-nOY At.
Valençav. I«* cuinlc tl'UMiiniid, lo (.•ùmlc de Naiiliaii, |irciiii<'r -vnlilluiniiiic de la
chambre', (pii. loiis, demouraioiU au Palais-Uoval, dans k- liàliim ni de la ronr
di'S Fcmlaiufs, on dans la «Cour rovaliM).
Au niili«'U de colle sociélcdisliuguée, on laiil de l'cnniits ins!iiiitcs iioilaienl
à son coinhie l'arl si éniineuniienl français de la loinersalion, où loiilcs choses
frivoles ou graves élaicnt disentées avec une
, ^ --,'\ verve singulière, on les idées |)liilosO|)ln(|nes de
>ollaireel de d" Menilx'i I imllaiinl en l'air les
cervelles, oii déjà Ion sentait les IVis-niis du
sonille avant-coiiicnr di' la Héxolntion. il ne
sciiilile pas (|iic Ir iXwi- de (.liarlus ait exercé le
moindre prestige |)ar l'esprit cl riiilelligence.
l'eu parleur, mais très aclil". l'orl ciiliclit'' île
yK^£r^^ • J^gr^ ,^^ loules les non\eaut('s (|u il incnail Mijoiitiers
,, .. ^>N. * pour des manirestations du progrès, soccupant
V V' de coinmerce el d'industrie, de modes el de
\ c(iiirse>i de clie\an\. de \ iilgai i'^al ion scient iliipie
et de (piestions ('•coiiomiipies ou financières,
n avant de tout tprinie teinte h'gère el se lan-
<;aiit il 1 axeiiglellc daii^ une l'onle di ni reprises,
on le \o\ait aiVecter ii cli.Kpie instant un ton
décidé, une allnre iiidi'pendanle, des aiis de
rél'orinatenr ipii ne doute de rien, el de casso
rnii rnpalile de rt'soiidre m nn clin doil n'iniporte (piel |iidlilème. (iomme
réroruialeiir, il se liorna ii éto r |,i y ■ p.n- son dédiiin de l'étiquette el
l'inlrodiir li..n à l'aris des inndes .ingliii^es. || lil \,nii ,|e l.undres son linge el
ws M'iements. M-H \oilnres el des gr ns ipii evcitaienl les riri's du public
ipiand on les \o>iiil dans les rues. Ii.nits connue des nains, avec leur li\rée
bi/iirre. Kn 1771. le \\\\y ;i\;ii| mis iiii pii'd dans l;i politique. <>n s'opposant.
n\cc «ton père, au coup d'Klat du chancelier Manpeon. ce (pii lui \;ilnl délie
un uionient exilé djms ses teires. Depuis cet ('\é-nement. tenu ;i ri'cail de la
I f»f»r.it. .I». huit K*-iilil'<li<iiiimi-5 ilr lil .liiimlirr, nu •■ clinmhcllaiis .., joiiissjiit cliiii trall.iiienl
' iiilr l'oin ilr S.iiiil-Miiuri.r a\Jiit ij.imm» livrw. Dans la l.htc tlaltrihutioii îles loue-
/M/.iù ll..y<,t , \r< hlvi". riall.iiiali«t. \'', 9181 », je trouve, pour laiiiuV 17s.-., findi-
■ iiii| liifc'iui.iiU DniK In .ijuir royale .. deiiieuraleiil le eoiiile el la comtesse
clr htni. labbo t.lMiilnir, le rlietniler de Iturforl, M. île Home, \l. de Ménage. M. de MousiRiiy,
M ,U M..r,...,.Hr„ I,. ,M,i le M.m>, le roiiile (MlanaKanI, le (-..11. le l'oiin de Sailli- Maurice.
M de San. le innile de ScIiciiiImt-, la n.inle>.>e de Saint -Sliii.iii, le comte
liider. le (•■mie de \«leii..a>. le niiiile do Vaiiliaii. M. de Villeiua«ue, toim
■ iiiii". à la Mni'Hiii. DniK la i-niir den lonlaiiii"! lo-eaieiil les |)erM>ima;.'es de
le liiblliilliiTiiIre \m Chau. le iiiédrriii (Itiélanl, le eliinii^ieii Marsolan. I apidlii.
> dr» ueii» de i|iiaHli'".. roiniiie M— de b.ilKUell, le coiiile dOsim.iil. le iiiariliti!!
or sa,„i M.r 1. iMrnii de Soliil-Klh. le rlie»nller de Moriiay. cir.
ly «Mirr
(C>i>|>i> Àt Mmuii le IcuM)
L 1 p l' i; - 1: (; a i, i ï k
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LES ÉCtniES Df DUC D'OBLÉANS CONSTRUITES EX I780 PAR L'aRCHITECTE POÏER
SUR LES RUISES DE L'aNCIEN UOTEL DE RAMBOUILLET
Dessin de Sergent (Bibliothèque nationale. Estampe, Topographie)
cour, détesté de Marie-Antoinette et de l'entourage de la reine, il alVicha une
attitude tantôt frondeuse, tantôt humiliée, selon qu'il avait ou non besoin du
roi pour quelque faveur, et celiv encore inanjue son caractère.
Le dur de Cliailics ,iin;ii( \(iiilii n'jilisci- ,111 Palais-Royal les grands projets
f|u"il m('(lifait. M.iis. de i—n ;i i7<S<), il diil i.nigcr son frein, cl se fjorner à
(les lr;i\;iii\ (riiniiti.i^riiiciiK iiiIcTieurs. Un :i mi (|n"ii cliaiiiva smi iiicliitccte
Piètre de la cniisli iirliMii d'ini (i|iscr\alniiv. Il lui lil. \\ la même époc[ne.
décorer des apparh nu iiU daii> iaile gauche iln l';ilais-Uo\al, et aménager en
T. I. LE l'ALAIS-IlOÏAL. ^^
4,0 LE PALAIS-ROYAL
salk' lie l);il re (jui n-slail ilc laiicienne galerie des llliislics dv Iliclielieu. Les
dessins de l'iMre, eoiiservés à la Hibliothèque Carnavalet, nous renseignent sur
ces rhangeinenls. C'est alors, sans doute, que furent transportés au Haincy les
bustes antiques dont V/mentaire de 1-83 atteste la présence. Vers cette même
date, le prince occupa ses loisirs h la construction dune splcndide et nionu-
nientale écurie dont il chargea l'architecte Pover, et (jni fut élevée rue Sainl-
Thonias-<lu-L<)uvre. iv i3, sur les ruines de l'ancien hùtel de Rambouillet, qu'il
acheta en 177^- L'état des sonnnes payées pour ce bâtiment — reproduit ici
d'aprî's les dessins de Sergent, gravé par Le Canqiion' — donne un total de
/|."ji.i«io livres' : la dépense alla, pour la niaçonneiie. à liaS.iigo livres: pour la
serrurerie, à '17. .{.{o li\res: pour la menuiserie, à .l'i,38i livres: pour la cou-
verture, ;i ir),ui)tt li\res, etc. Kn 17SG, le duc lit assurer ses écuries à une
Conipagnii* anglaise tie Londres, et le bâtiment fut alors estimé .")(io,ooo livres,
ce (jui devait ronq)reiidre laclLit du leniiin. \ ((Ile date, allii de procurer de
l'argent ;i ses créancii-rs, le duc loua ses écuries et les transforma en \ aux-
hall, pour remplacer celui de la l'oire Saint-(!crmain. En i7()a, on y établit le
théâtre du Nandcxillc. incendié le 18 juillet iS.'JO. L'InMel, une fois encore
transformé, servit anv ccnries du roi Louis- l'iiilippe. On la démoli en i85o.
Le prince, «lurant cetti- |)ériode, s'adonna aussi avec une certaine passion
ù l'organisation, dans les galeries du deu\i(nie él.ige du Palais, dune sorte de
nms«''e des \rls et Métiers. Déjii. par les soins tie (iueltard, a\ait été conqiosé
un intéressant cabinet d'histoire naturelle, comprenaid principalement le règne
minéral particidier ii la I-'rance. où l'on \o\ail des types de terres argileuses
et vitrescibles. des marbres des l-'landres. du naiipliiru'. de la Provence et
des Pyrénées, une suite de marbres tirés des fouilles dr l'iinip('i et d'ilercu-
Innum. des granits el des jaspes, des ci i^Ldlisalions de spalli. des ciishiiiv de
nH:hi'. etc. Ia- duc de Chartres conçu! l'idée d'agrandir ces collections en
) ajoutant des nicMlèles réduits, en relief, de tous les instruments et outils
pnipres ;m\ diverses industries. C'était, en somme, reinliivoii du Conser\a-
toinMle» Arts et Mé-tiei-s. dont la Uévolution devait, cpiehpies années plus lard.
ron<»HcnT l'existence. I,es frères l'érier. céh'-bres mécaniciens, furent chargés
par le duc de <-onstilner ce musée. Ils lireiil e\('( nier des Mio(l(les. MiiiroiiiK--
nient n'-duits ;i l'i'i belle d'un pouce et demi par pied, a\ec une evactitude
wTUpuleuse. pour permctin' de mesurer d'un seul coup d'(eil !(<s proportions
dw ohjet.H, ft dnns la matière mènii' où ceu\-ci exisjeiil d.ins |,i riMJile. On ne
n-gnrdn ni nu\ soins ni à la dépense. La cojleelion du l'.ilais-Koval compre-
nait Uni» les outils nécessaires ii l'art du menuisier, de r<'bénisle. du carrossier,
I lUbinrt (i(e* tUUmpn. Illlill<i(hi-(|UC iialloiiuli', Toinyrapliir, V', aa.3.
1 f:ial .//■! iUfffrrnlt mfmnirri, fie. \rrliivo iiaiiotmlis.. lO, a8«. ir j, /xi.tmm.
PIIILIPPE-RGALITK
lu
du serrurier, dos niacliiiics à laminer, des fourneaux de l;d)oraloire pour la
chimie, des foiu-neaux pour les céramistes et pour l.i le m le des métaux, des
forges, etc. La plupart de ces instruments en miniature se trouvent aujourd'hui
au Conservatoire des Arts et Métiers, où ils furent transportés pendant la
période révolutionnaire, cl Ion en peut admirer la perfection souvent luxueuse.
M viiiii- \ntoini:tte et i.ouis \vi (BiscfiTS de sèvres)
surloiil |)onr les iiislniiin'iils de pli\si{[U(\ C'était, en définitive, un vérilalile
musée d'enseignement, d'une utilité incontestable, et dont il est juste de
reporter l'honneur au duc de Chartres, qui obéit, en le ( réaul, n une pensée
de vulgarisation éducatrice réellement généreuse. Il y avait, en ce prince, des
c(Més d'homme pratitpie, un besoin d'imiover, (pielque chose d'aniéricain et
(le tout moderne, et à certains égards il fut en a\aiice sur son temps. (Test
un sliu<j;gle fur li/'cr (jui n'a pas réussi.
SECOND I\CEM3IE DE L'OPÉllA (1781)
CONSTRUCTION DES GALERIES AUTOUR DU PALAIS
Le (hic (!'( )il('aiis connaissait bien son fils, et s'il avait n'sislé pendant dix
ans à >a (IcMiaiidc de lui (('ilcr le l'alais-Royal, c'est (|u"il ne doutait guère
des grandes entreprises (juc celui-ci songi mII ]\ i('aliscf. Il se i(''soImI poniiant
à ce sacrifice, api'i's a\iiii oiileiiii ragii'iiniii du roi. Mais il sullit de parconiir
iia
r.E PAi-Ais-no\Ai.
r
... J à
l'aitf .il- doiialit.ii' signt' lo ;io dérembro 1780 pour voir do qiu-llos pnuloiitos
stipulalioiis die l'iail accompagnée. La cession était absolue pour l..us les
bàtiuients du Palais > «onipris rii«')te! de Cliàtillon, <( déuouiuié le petit hôtel
d'Orléans, » vl tout ce i|uils lontenaienl, sauf les collections de tableaux.
pierres pravtVs, statues, sculptures, bronzes, livres et certains nieuliies dont
le dui- dOriéans se réservait l'entière propriété. Les conditions de la donation
étaient forundées dans les articles suivants :
I ( )llli^^■llil^n pcmi- le duc de Cliartres d(> payer
il» rede\ances, rentes l'oncières et autres, s'il on
(lait dû. à partir du jour de son entrée en jouis-
sance;— ■>: l'rrniissidii an |Mince de l'aire les
d(''niolitions et an^Muentalions qu'il lui plairait
sans pouvoir délo;rer aucune des personnes habi-
tant alors an l'alais-H>i\al (|n'en leur rendant un
lii^^iuent iipii\alent : de uK'ine, de ne pouvoir
diimilir les salles ser\aiit an\ archives, à la col-
irilion t\r lalili'anx. sans en (•laiilir d'anlr'es pour
le même usa^'; — .5" Obli^^atiou pour le duc de
(Iharlres de réserver au duc d'Orléans son père,
sa \u- ilnranl. l'apparlcnicnt que celui-ci a\ait
au l'.dais; lacnlté' laissi'c au donateur d'accorder
les lo;,'emints ."i qui il lui con\ iendrait. sauf cin(|, destini's au\ dames de
la durli.s»- de ( Ji.uln's : '1 ( )lili;i-alioii pour ii' (hi( de Cliailics de con-
serxrr «pour ra;.'ri'menl du pnblii' la jouissance des cours cl du jaidiu
du l'ahiis-Hoy.d ». rt di- ponr\oir ii leur tiiticlien; — 5" Kn cas ilc niorl du
clui- il<' (iliartrrs a\aiil Ir dm d'( trié-ans. celui-ci rcMhcr.iil dans j.i {'.icnilc
de donner s<miI des ordres .ui l'alais- llo\al. s'en^Mf^eant ;i Icnii les arran"-e-
menls faits par le duc de (iliarires.
L'ncle de donation fut si^'iH- au cliàlc.ni du Haines le malin du 'Aa décembre
17H11. Dès If snrl<>ndeinain. e'esl-à-dire le 1" jatnier 17S1, connue s'avisanl
liniHipieiiicnt qu'il n'a\ail point pris assez, de ^m^'OS contre rpielcpie jou;,derie
|HtnMbli< cli« sou llls. le duc d'Orlé.uis faisait de nouveau \enir les notaires
l'I njoutnit une clause à .sa cessiuu. insistant encore siu- la n'"ser\e (piil faisait
des (ableniix el Cfdleclions d'objets d'art, ili-clarant enccue une fois (pi'il «'lait
bien eiileudu que le duc de Cliartres ne pourrait nidi.rncnl (Ji>|ioser |ias pins
de reu\ c|ui s«> trouvaient dans les salles spi'ciales où ils T-taient ordinaire nt
etpofM'o. que des autres placés dans les appartements: enfin, (pie ces lable.iuv
nr (levtiieiil point «'trc confondus ave( les meubles ,|i, |';ihiix H,,val «pi'il .iv.iit
I. \r(hl<P« iui(lnti*tr< '■ •
caoviu i>t Moiiràti ut ititt
PII II, IPPE-EG ALITE
ii3
(loniu's à son lils en 177(1, a\oc uiio soniiiic ;iiimi(^IIi^ (1(^ G, 000 livres pour leur
entretioii. On ne |)()ii\;ul, ciMtcs, inar(|ii('i- plus ncllcmi'iil la (li'fiance que
f'aisaiout naître les liahiludcs du duc de t'iliarlres pour le brocantage, et cette
apprélionsion ui'Iail (|ui' tiup jiislifi*'-!', piiis(|ii(' doux ans après la mort de
DÉCORATION ISTÉRIEURE DU PALAIS-ROYAL PAR PIÈTRE, ES I778
(Fac-slmili d'un dessin arigin.il du Musée Carnavalet)
son père, en 1787. ainsi qu'on va le voir, le prince n'avait d'autre souci (pic
de vendre au plus vite les merveilles dont il venait d'hériter!
Quoi qu'il en soit, le résultat de l'acte de donation du Palais- Koyal ne se
fit pas attendre. Depuis longtemps, le duc de Chartres avait tout prêt par
devers lui le plan de la colossale opération financière dont il comptait réali-
ser l'exécution en rétrécissant le jardin sur trois de ses côtés et en mettant en
vente le terrain rendu de cette façon disponible. Sans doute, poiu" machinei-
ce plan, il a\;iil dû s'aider des conseils de l^'cononiisle Heaudeau '. son
confident ordinaire et son guide en ce genre d'alVaires, qui le seconda jusqu'au
I. Mcolas licaudeau, qu'on appelait l'abbé Beaudoau. parce nu'il avait dû cniror dans les ordres,
(il paraître en 1771 un ouvrage, qu'on trouva reinarqual)le, inlilulé : Première Introduction à la
philosophie économiiiae. Les Mémoires secrets parlent souvent de ses relations avec le duc de Chartres
au sujet des constructions du l'alais-Royal. Il inourui vers 1792.
/, ,/J LE PALAIS-ROTfAL
IkjuI dans l\iiliv|)iisf. l.;i rlinso roininoiiçait à s't'liiuilcr. l/;ii(hilorlo \ iolor
Louis allait soiini.-llr»' au priiico les plans ri .lc\is .|ircn liàh- il .nait pn'paivs,
lorsque, le î< juin i-i<i, un nouM-l inct'iulie lii-xora le tiu-àlre do iOpéia.
Celle fois, te ne fid pas le matin, mais au moment où la représentation
\enail ilf Unir, U huit lu nrfs dn -n\]\ cpie le l'en se dt-clara. On venait déjouer
Orphti-. »t If l»all.'t de Curo/iis n'était pas achevé (piand le maître de ballet.
DaulKM-nat, en levant les >eux, aper(;ut les llanunes dans les frises. Il arhexa
son pas a\ee le plus ^Mand san;:-fV(.id et lit liaissri- le rideau. Le puhlie se relira
sans se douter de ee (pii arrivait. S'il avait réclamé la lin du ballet, le feu aiuait
eu le temps de •.'aj.'uer la salle : des centaines de personnes eussent péri.
Les pro^'rès »le l'incendie ne purent être arrêtés. Les réservoirs élaieid
pleins, mais il n'v avait ni pompes ni pompiers. \ers neuf heures et demie, la
chaipcnte s'é-cronla. Il ne restait plus lien de la s;dle de Moreau. (hichpies
d,ni«.-ins cl phi>.icni> mailiinistes ne piucnl se sauver à tt-mps cl péiirent
au milieu des llanunes'.
Ainsi, la salle consirnite par Mcn-e.in avail eu nn/c ans (revislcnce depnis
son inaii>;urali<)n. le mi janvier i~~<>. An point de vui' de raicliiieclni-e. le
monmuenl était assez insi^'iiilianl, et. bien (pie ce lut le premier i|ui eût été
(iinstruil spé'cialemciil pour r(>pé'ra. on ne le re^'rella pas. .'^ous le rapport
lie la dispii'.ilion ties Inj^es. de la cunnuodili'' des spectateurs. ipu'Upies inno-
vations in;,'énieuses avaient ("té réalisi'es. Moreau s'était elTorcé de domiiM- ;i
In salle une courlM" éli'';:anle pour (pie, de tous les points des cpialre lan^^s do
loj;es. un pi'il voii- aisi'iiient l;i sct-ne. V.n onli'e. il avail i^la^.'■in('• de réserver
|)our le public un jnver avec balcon sur la rue Saint -lloucué, ce ipii avail ('h-
forl f,'oùti''. I!nlin. la machinerie ('-tait assez bien orf,'aiusée. car tons les clian-
P'nienls de d«''cor"s se faisaienl dev.inl le>> speclaleurs et s.ins (pion baissât
le rideau. ( "e svsième dura, au surplus, jiisipi'en iS'H).
I.4> duc de (iharires, (pii pendant le sinistre s'était vaillaniinenl ( oniporli'-.
tpioi (pi'en aient dit ses ennemis, ne ponv.'iil pri'voir tous les <'iiiiiiis (uii
nllnienl résulter pour lui de cet événement'. Korl des droits cpie lui conslilii.iit
l'ordonnance rovale de i7l'i'i (vove/ pii^iv H-\), il ne doutait jias cpie la \ ille
I. r.h Irrrrii If Vnaivt Itittra, 1875. p. jj. — Voyr» aiiui Ii< l'rwrs vrrhtil ilr fini-rmlif tir fil/tèrn
drtff I i.rfi, ai^-tnl nu l'nrlrmtut tiliMiiniriit forl priVi» i|iiii-niilical «les (li'lniis maciibros).
\r.lil. O', Hi
ili'ji illl ni |uirlaiil ilii |iri'iiili<r iiitriiillc «Iv rn|Mrii. ni 17(1,^, je irinsisli' i>ns ici
-• ratUrhr chip |wr <|u<l<|iiin |Miiiil< ii ci-liil .|ii| fuit |r foiul dr id ..iiNrii^;.-. Kiiroro
IXr.- trsll.- :i p.irl ( '.-.1 «iirlmil rr iliiixliiiir iiurtiilii' ilc i^Ki i|iii 11 (loniir
liiiili.ilnv i.i|>|Hirl<. iirnjrU. roiilt'iiniit iiiit- finili- (Ir
i»i^ iiallniiiili-*, ni |i|ii«lnir!< v-\\f>. M. iHTiiiiiiii lliipsl.
•I , . ) 11 lMMur<iii|) |iiiiM>. iiirliiiil iluiii lu >4'tIc<»'. .H',3 h
i«i. \iai« ir* PTiiiliU III" •nnlilnil |i.i« nMilr r\prcr li-iirs nTlirrrlics <lnii»
I .iMrIpnii. \rv% rkliiM ni rni«rlKiiniinilii vir IO|Mrn. (Cf. iiolniiininil
PII II.IPPE-ÉGALITl'; /|l5
110 seiiipicssàt (le roconslruiic une autre salle à la place de celle (jui venait
d'être incendiée; mais la \ ille lit coiuiaîlre <[u"elle u'eu avait iiullenient
riutcntion. Le prince plaida, n'ayant point dincjuiétudc sur l'issue du débat
et se croyant bien certain de levcellence de sa cause. Il avait tort. Ses
conseillers nétaient pas sulïisaninient au courant de lallaire, car la N ille
allait invocpicr devant le Parlement un arf^umenl décisif, à savoir que, depuis
le mois de mars 1780, des lettres patentes lui avaient retiré Tadministration
de rOpéra, « toujoin-s de plus en [)lus (lispen(Ii(Hiv. » De telle sorte que la
Ville, n'avant plus la cbarge du lliéàtre, prétendait du même coup n'avoir
plus à être j^arante de rien et n'avoir point à remettre « la salle de l'Opéra au
même état qu'en 1771 ». connue le demandait le duc de Chartres. C'est ainsi
qu'en décida le Parlement, et il fallut s'incliner. L'Opéra fut transféré boulevard
Saint -Martin, dans une salle que l'architecte Lenoir construisit hâtivement
en quatre-vingt-six jours, et qui dura près d'un siècle. Elle devint le théâtre de
la Porte-Saint-Martin, incendié en 1871 et qu'on reconstruisit alors sans délai'.
Ce fut une amère déconvenue pour le duc de Chartres ([ui, possédé par
son idée fixe que le Palais- Koval, surtout avec tous les changements projetés
par lui, ne pouvait se passer d'un théâtre, n'en persista pas moins à agir
comme s'il n'avait point perdu son procès, et s'entêta jusqu'au bout dans son
secret espoir de ramener l'Opéra dans sa demeure. C'est à cette obstination
que l'on doit la Comédie- Française, construite par Louis.
Trois ou quatre mois avant le deuxième incendie de l'Opéra, le bruit avait
commencé à se répandre dans le public que le duc de Chartres tramait de
grands desseins qui allaient bouleverser les alentours du Palais- Royal et cons-
terner les propriétaires des maisons qui, depuis si longtemps, avaient la
jouissance de l'entrée directe, ainsi ({ue de la vue du jardin. On ne savait
encore rien de précis: mais la rumeur semait de vagues inquiétudes. Dès le
18 avril 1781, le correspondant d'un grand seigneur russe, dit Ed. Fournier^
lui écrivait de Paris :
11 est aise de se former une idée du prix qu'on attache aux terrains dans cette
bonne ville par la demande de quatre cents louis qui a été faite, au nom du duc de
I. I.c duc de Chartres n'eut, coininc compeiisalioii, que le terrain sur lequel avait été l'Opéra
incendié, terrain qui, ainsi qu'on l'a vu dans le cliapitrc précédent, avait été acheté en partie par
le duc d'Orléans, en partie par la Ville (voyez pafie '.^-'4). Le prince en céda, en 1783, une portion
au roi (lo'i toises â pieds 5 pouces), en échange d'une (luantilé éf^ale , qui fut prise dans les
dépendances du l'alais-Uoyal, vis-à-vis la cour des Kontaines, et qui fut, à cet elTet, séparé de l'apa-
nage.— ■ Parmi les dépenses occasionnées par l'incendie de 1781, je relève les suivantes dans les
comptes du duc de Chartres : « \. Berthelier, pour les terrines fournies pour l'incenilie de l'Opéra,
449 livres i5 sols; gratilicalions accordées aux garçons d'appartenieiils, aux 5 suisses, aux 3 portiers,
aux r> frollcurs, aux 4 gardes du Palais, à raison d'un louis chacun, 48o livres; — /</. aux pompiers,
48o livres. » — Il fallut aussi faire d'assez grosses réparations aux bâtiments du Palais. lUen que pour
la serrurerie, la dépense alla, de ce chef, à 0,280 livres. — .\.rchives nationales, U '1, 288.
2. Ed. FouiiMiEH, l.e l'aUtis-Hiiydl. p. 'io.
A, g LK PALAIS-ROYAL
Charlro. auv (.ropriiUiios di-s maisons qui bordc-nl le jardin du Palais IloNal, pour
la pelile place de trois à quatre toises de long sur quatre pieils de tliamèlre, qui
les sépare du triillafie dont la promenade est entourée.
1-1 proposition fiit-fllo réi-ilonient faite, et à (ini.'' Notre auteur ne le dit pas.
Ia- duc de Cliarlres. a\anl de foiiuulcr puhliqueinenl ses projets, aurait-il
\oulu d'abord essajer de paralyser la résistance (pi'il prévoyait de la |)art des
propriétaires ses voisins, en leur achetant le terrain dont il avait besoin cl
qu'il comptait leur enlexcr? Vu taux ipi'indicpie le correspondant du ■,Mand
seijjiieur russe, le procédé l'aurait mené loin, car c'était se|il îi liiiil (cnts lianes
par mètre carré t|u'il aurai! lallu pa>er. et il y a\ait des milliers de mètres!
(If n*e>l l;i. as>urémi-nt. (ju'un écho de salon transmis à la légère, el c'est à un
tout autre parti ipic s'arivia le prince.
Le 17 juin 17S1 furent rendues les lettres patentes du roi qui vimenl. enfin,
tinr li's inléres>iés de toute incertitude, (les lettres patentes disaiiMil ' :
Il ;i lié tait au l'alai-- Ho\;d. par les princes île la maison d'Oiléans. el notan»
ment pur notre très clier et très amé cousin \r duc d (trli'-ans, diUérentes aufjmen
talions, améliuralions el décorations, mais qui ne sullisenl pas enioi'e pour dormer
aux enfants de notre très cher et très amé cousin le duc de Cliarlres îles logements
convenables h l'époipie prociiaine de leur établissement...
Notre dit ciiu>iii le duc de Cliarlres a. en coiiséipienee. l'ail arirler 1111 plan des
dile> l'Kiislrucliniis, aii;.'iiienlaliniis el décoralioiis qui ont été jugées nécessaii'cs pour
remplir l'objet de la dniuilioii : mais sa forluiie acliielle ne lui permeltanl pas de
fournir ù celte dépense, il iiuiis a r.ijt snpplin- ,U- lui pcrmellre d'aliéner à litre
iruccensenienl per|H'-luel el moyeiiiiaiit un cens modiipie eui|)orlaiit lods el veilles
ù noire prolil, ilriur iititlf trois ct'itls InUf.s siiiirrjiriellr.i du jardin du Palais-Uoyal à
prendre dan-» sun poiirlour. pour le prix prn\enanl de ce-< ventes être employé au
payemeiil i\v% dilei cnietlriiclions. . .
Par le com|)le que nous imus sommes fait rendre du plan des iiouxelles eons-
trurtionn el emlM-llisiemenlH, iirrélé par noire dil c((u>iii le duc de Cliarlres. nous
a»iini» reconnu qu'il doit èlre fm-iiié entre les maisons ipii entourent acluellemcnl le
jardin ilu Palais Kuxal, el les nouxelles «pii seront eoiisliuiles sur les terrains à
aliéner, uni' rue île -l'i pieds de largeur sur laquelle les propriétaires des maisons
acliielle^ auront des jours el des >iiirlies lilucs, nu lieu des jours et des sorties de
«iiulTranec qu'il» ont sur lejiirdin. el que d'un aiilre côté lu iliiiiiiiiilinn df rrlriutuc
tir er jfirtiin fitiitrrtt sr tnmt'fr cnmitriui'r juir l'iiijn'iiifiil ilrs iirnniriinili's rtiitrrrlfs i/u'il
"■ l'foinue d'y inéniujrr...
A ce* cauMtM... niunt avons permio el par ces présentes signées di- notre main.
|»rrnipUonii h noire Irè» cher el Irè» amé cousin le due i|*> Chnrlies d'aliéner à litre
d'arrrnM'iiM'nl |HTpéliii-l i.ltM) liiii.es siiperlicielles du jardin du Palais- lloyal, à
prendre dan» mon |Hiiirlour. .
■ '■"' '■■' ■ ■••11 iiuliiréêrnl Ir dur île ChaHrf, • d Ai.Im>i-> nul ili«, II'. iS-t.
PItlI.IPPK-KGAI.ITK /5l^
Plus de doute possible : le duc de Chartres avait obteiui du roi ce qu'il
voulait; on était renseigne exactement sur ses projets. Aussi ce fut une véri-
table levée de boucliers con-
tre le prince. La fureur des
propriétaires des maisons
entourant le Palais ne con-
nut point de bornes, et se
déchaîna on une pluie de
libelles, de brochures, de
sarcasmes, de calomnies,
dont la violence dépasse
toute imagination.
Ce sont tous les jours au
Palais-Royal de nouveaux
placards infâmes, disent les
Mémoires secrets', qu'on atïï-
che clandestinement dans la
nuit et qu'on lit le lendemain.
Celle voie abominable de lour-
mentcr le (hic de Chartres par
les menaces les plus insul-
tantes et les plus vaines lui
ramène beaucoup de gens
impartiaux...
On parle d'une lettre abo-
minable conlre le prince...
On ne pourroil croire, si l'on
n'en étoit témoin, à quel de-
gré de fermentation se sont
élevés les esprits depuis cette
malheureuse affaire du Palais-
Royal, qui intéresse non
seulement tout Paris, non seulement les diverses provinces du royaume, mais
même les étrangers dont le jardin de Son Allesse éloil le rendez-vous.
Un de ces placards, collé audacicusemcnt dans le grand escalier même
du Palais, assurait au duc de Chartres qu'il pouvait bien ouvrir une sous-
cription pour avoir l'argent nécessaire à la construction de ses nouveaux
bâtiments, et que, si chaque personne dont il était méprisé fournissait seule-
ment un écu, il aurait de quoi bâtir une ville entière. Les satires, les chansons,
les brocards tombaient dru chaque jour. On y aflcctait de croire que le prince
I. Bachaumont, Mémoires secrelK, t. XVII. 3 juillot cl :< oclobio 1781.
T. I. LE PALAIS- IIOÏAL. 63
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à
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[UN ÉLÉGANT DANS LE JARDIN DU PALAIS-ROTAL » (1786)
ravure anonyme (Bibliothèque nationale. — Collection Hennin)
A|g LB PALAIS-ROTAL
n'avait pour but qm- de lai.v .lu l'alais-Kojal un mauvais lieu. Une de ces
épi^'iauiuies disait :
En cakulant d'avance
Son nouNoau bàliment,
Cliarires en diligence
Arriva dans l'instant :
M l)c ma st^iéti'-. dit-il, je me contente,
Je fais bàlir un bel liùtel.
D'un jardin j'ai fait un bord...
Ji' Miis l'i dans mon centre. »
I ne autiv faisait inleiM'uir l.-s Xi/mp/ws du Pnlnis-Iioi/al, qui exposaient
au due leurs dol.aii.es pour qu'.Jii ne les ehassàt pas de ce jardin où elles
a\aieul si Www itiii.s lial>llu(l<'S !
Où pourrons-nous, hélas 1 mettre à l'encan nos charmes?
K«-oulc n.)s soupirs, écoute nos regrets :
Ton pr.>jel accablant llétrit tous nos attraits.
Que ta pitié t'anim.- et tarisse nos larmes!
Suis CCS arbres t.>uiïus, à l'oudire du mysli-re,
Kl l'Iiitus et l'Amour couronuoient tous nos \.vux:
!.«••< jeunes et les \ieu\ recherchoient à nous plaire,
l'ajiiienl «lier nos baisers et se crojoient heureux...
Le» cal... sur ton cn-iu- n'onl-elles plus d'empire?
Kcoule le plaisir par le.piel tout respire;
l»ge-nous dans Ion sein, protège nos ardeurs :
En échange rei;.)is le tribut de nos cn'iirs.
Mais relie f;ii.'irc d.- paniphl.'ts ne pouvait a\oii' .1." i.siillat. Les |ii(>prii-
lains, alTulés par l'idi'e de la il.''prctialion tpi'allai.iil siiliir leurs iiiuiu'uhi.'s si
les pnjjelH ilu due de (iliarlres s.' n'-alisaieiil, niirciil l.iiil eu .eiivrc p.uir l.'s
faire «'-ehouer. D'aliord ils iis.'-reul d.- supplic.ilion-i. sadressèienl au duc d.'
I*entliit:\re, îi la duelie.sse de Cliarlr.s, poiu' hui' deiuaiider d'interxeuir aliii
cjuc les clioHt'H n-Htassenl eu l'clat. l,'arelieN.*(pie de Paris, îi qui l'ancien droit
de Itttls et ventes, <|u'il I. •liait iK' ses prédéeesstuirs sur les terrains de cello
|mrtie tir l'nri.s, perniellail de s'opposer îi ralii'nalion, fut éj^ai. lu.iit cliarffé
de fairr une di-iiinrelie en ^'rnnde eéix'inonie. l/alilK' de I„mui;in. (r:Milic jiail,
prt'-H4Mita un placet deiuaiidaiil 2i ce ipiau projet du piiiic; .m en sul»lilii;'il un
aiiln'. « non iiioin.s ili;;ne de sn ;;rnndeur, » .pii s.-rail plus a^ivahlo au |iui)li<
et ipii roiiti.Hinit !i l'Ievrr nu niiliiMi du jardin un nioiuniieiil au . ai.liiial
ilo Hicliflirii. PeiiK' perdue! .\l.»rs les propriétaires se .htidiiiiil ;i ;i\oir
nrouf» nu l'nrii-nicnl. Iamip pn'-leniion n'était rien nioiii-' .| riuMupier
la pn-o< ripli n \ri1u de la. pu-Ile ils avaient, depuis plu- d uu -i. ■ le. i.i
PHILIPPE-ÉGALITl': '(If)
jouissance de jours, vues et entrées sur le jardin, cl lU^ s'en prévaloir pour
faire défense au prince d'entrepreiidiv amiinos coiislriiclioiis (pii {)ussent
y nuire. L'avocat (lerbier
fut, en attendant, char<>:é
par eux de deniaiidcr au
Parlement de ne point enr(>-
gistrer les lettres patentes
du 17 juin 1781 autorisant
les constructions. Il échoua.
Mais les plaideurs ne se dé-
couragèrent pas. Coulianls
dans la consultation favora-
ble de trois jurisconsultes.
Babille, Collet et Treilhard,
ils persistèrent dans leurs
revendications. Ils étaient au
nombre de soixante-douze.
La plupart d'entre eux
avaient de hautes influences.
Voici leurs noms, avec l'indi-
cation des maisons qui leur
appartenaient, en commen-
çant par celle de la rue de
Richelieu, mitoyenne au
Palais, jusqu'à l'hôtel de
M. Voyer d'Argenson.
M. de Mansion, financier
(n° i3); — Baronne de Neuker-
que (n" i4); — M. le président
Dequeville (n" i5); — M. Da
lainville, maréchal des logis du roi (n" iG); — AI. Duquesnoy, grand maître des
eaux et forêts (n° 17); — M. de liourboulon, trésorier de la maison du comte
d'Artois (n" 18); — M. Doche (n° 19); — M. Rousseau (n° 20); — M. le président
Sarot (n° ai); — le marquis de Pérusse d'Escars (n" aa); — M. Desparre, ancien
syndic de la communauté des perruquiers (n° 23); — M. Le Comte, secrétaire
du roi (n" 3o); — M. Neveu, architecte (n"" Sa, 33 et 34); — M. Jousscrand, limo-
nadier, tenant le café de Foy (n°" 35 cl 37); — Les maisons n°" /|3 à 'i(j, formant
l'encoigmirc de la rue Richelieu et de la rue des Petits Champs, n'avaieut pas vue
sur le jardin; — M. Laroche, notaire (n- i/iô, i/|G et 1/17); — M. Jardin, architecte
(n- 1A8 et l'ig); — M. Lesprit, libraire du duc de Chartres (n" i5o); — M'"" Dubois
UNE ÉLÉGANTE DANS LE JARDIN DU PALAIS-nOYAL )) (178C)
: (B{bliothique nationnlc. — Collection Hennin)
^aO LE PALAIS-ROTAL
(n- iji); — M. Tellagoiii, ..maître on fail ilarmcs d (n° i5()); — M. do Brainville,
ancien secrélairo du roi (n" 167 1O9). ces deux maisons faisant lencoifînuio de la
rue des Petits Champs et de la rue des Bons-Enfants; — Plus 18 maisons appar
tenant à MM. Moreau. archilccle du roi et de la Ville; au maniuis de Cany; à
M~ de Crign) ; au comte de Carvoisier; à M. Lebrègue, architecte; à M. Caillard,
écuyer du roi. — Enfin, venait l'hùtol de M. le marquis Voyer d'Argenson'.
Pour tArlior do cahnor l'anlour rninl)ali\o do sos advorsairos, lo dur <lo
Cliarlri'S lit iinpiinior. ilans los i)romiors jours do juillol 17S1. ol rôpandrc
à prufusion ilans lo puhlio un Kr/xtsé des changt-ments à Jhirr au Palais-
Hoi/iii. Il > (lisait qu'on sonuno tout son plan consistait ii iioiilo\or (pie
5 toises au fund du jaiiliii. (pii a\ait luio lonj^niour de 167 toises, et A toises sur
chacun dos (•(')t<'-s do la larj^our, (pii «'•lait do -i toises. C't'iaicnt dnnr trois
handos de terrains (pi'il prouait pour \ fairo dos rues parailMos à la rue do
Kiilioiirii. il la ruo des ji. ms- linrMiils <•! ]i la 1110 dos l'clils-Cliaiiips. (los rues
nouNclics seraient hordoos, du ciMi- du jardin, de inaisuns dont hss fa(,Mdes
seraient unifornios ot los disirihulions inlc-riouros à la \olonl('' des ac(pi('reurs,
sur une prufondour d'onviron 7 loisos sur los c(M(Js el do 10 au fond, n' (pii
diminuerait encore lo jardin d'autaid. ol lo rendrait au\ propoilions do
i.'{7 toises de lonj; sur ."10 do lar^j^o. (los niaisntis pr(''sonlorai(Mil. sous mif parlio
de leur premier ('ta;.'!', du rùlt- ol au iii\oaii du janliii. une loii^^uo ^^alorie
couverte, libre do bout it bout ol oumtIo au public dans tous los louips do
rann('*f. Klle aurait ensiroii 1 • pieds dr lai-^'o, porterait toute la baulour dos
rez-de-chausst't> et entresols, ol soiail poici'o th' iiSS arcades. Poiii arlicxor lo
cpiadrilatère de pdorios autour du jardin, on ('lôvorail, on avaiil do la ^lillo
formant la deuvièmo coin- du Palais, ou cour lovaio, un iriainl corps «le lo^^is
de i.'i tois4's (II? larf^o, allatil do la rue do Kiclielieu à la ruo des Bons-I'.niatils,
le(|uel s«>rnit soutenu par dos colonnes devant former trois •,Mleries couvorlos, do
Cl tuisoH de lonj,', à l'usa^^'o du public, cl (pii suppriinoraiont les apparlonients
existant nu rez -do-chaussée et îi l'entresol, dans celle parlio du Palais. (JuanI
au jnniin, il serait composé de doux allé(<s, <pii auraieni cliaiuno ovaclonioiil los
nirmos dimensions que l'ancienne, laiil ic^ricllcc. appolôo la •jrando allée.
Il serait Ixjrdé par la colonnade du Palais cl par des maisons réguliôi-os, loiilos
assujetties a une façade nniformo; il conmiuni(pierait dans tout sou pourtour à
la pmnieiiade couverle. la plus vaste et la |tlus ma^'uiliquo, éclairée, d'ailleurs, le
soir cl mPme In nuit, jusqu'à doux lieuros. par 18M réverbères suspendus sous le
riulrc des arcades, el par los lumioroH des appartements des nouvelles maisons,
— apcrUclc k la fois et promenade do toutes les saisons el de tous les momouls,
rc (|ui ronslilucrail uit giMin* de InNUilé dont il \i\ .ivail pas d'oMiupIc .'1 Paris.
"•' f^i héffu </<•• Itr'iftrtflnirrt, rlr Vrcliitn ii.ilinnnli-^. lO, 38.S.
niii.ipPE-Kf; AMTi:
.'l 9. 1
Col K.rpnsr, i\u[ préscnlail avec liabilclc'- cl sous les aspects les plus
hrillanis les plans v('rilablomcnt fjrandioses (pii allaient donner un nouveau
lustre au Palais- Uoyal, ne dc-sarnia |ias les propriétaires, (^inquante-ciualre
li ■ ■ ■ 1 1:
rj — -mm\ — TmBKf — Tomx — Bwr^
PREMIER PROJET NOS .VDÙl'TL l'OLll LA CONSl ULCTIUN lii:s c.H.lUIES m !■ \ r \I- - lu H II , r\ 17^1
(Defsin original de V. Louis, architecte. — Collection des Archives nationales)
de ceux-ci se déclarèrent prêts à |)laider. (le nombre toinl>a à (|uaranle-sept,
puis à trente, après certaines transactions, comme celle qui intervint avec le
plus fourrueux d'entre eux, \o marfpiis d'Argenson", ou à la suite de rcxamen
jnriditiue des droits de cb;i(|ue partie. \ ces trente pl.iideurs. le duc de
Chartres lit répondre :
I" Los propriétaires font remonter la date cl l'orifrine de leurs fenêtres donnant
vue sur le jardin au temps où Louis \IV habiluil lui-même le Palais-Hoyal ! Or,
I. (À'Uc Iransarlioii ahoiilil à la rrliorpssioii. en i-jf^'i. par Ions les d'ArKensoii, de leurs droits
de jouissance sur leur linicl. nioyennaiil une renie de id.ooo li\res pour en\ et leur poslt-rifé.
Aaa
LE PALAIS-ROTAL
en i658, c'est-à-dire quinze ans après cette époque, il ncxisloit encore autour du
jurdin que i; pa>iUons bàlis par Le Barbier sur le modèle prescrit par le cardinal
de Richelieu, sansjiuirs ni ouvertures sur le parc et lu clôture île Son Émine/irc,
suivant rohlipation imposée à Le Barbier en i636.
tj" Les premières permissions d'avoir des ouvertures aux murailles élevées par
le cardinal furent données par Monsieur, duc d'Orléans, possesseur par apanage
du Paluis-HoNal. en iti;)-', mais qui en avoit la jouissance depuis iGO.'i. Ce fut en
premier lieu le marquis de Nouant, son chancelier, qui bénéficia de celte autori-
sation, puis le cardinal Dubois, mais à titre gratuit et précaire, sans servitude.
'S' Ce n'est (|ue par tolérance qu'on a laissé depuis s'établir les portes et les
feni'lres sur le jardin. Maintenant les escaliers et saillies des maisons sont sur le sol
même du Palais Hnval, entre ces maisons et le grillage qui fut mis en 1702. 1:;m ly'n
et i7'ri. feu le duc d'Orléans, pour inlerrompre cette propriété qui peut s'acquérir
par la prescriptiitn, exigea des propriétaires la reconnoissance formelle que ces
jouissances éloient précaires et amovibles : il n'exigea point la même chose pour
leurs fenêtres ou vues directes, parce «pie la prescripliim m'\ peut rien, et (lu'il
faut, ù cet égard, un litre formel et très précis.
i" Kniin, l'objil du piince esl de faire du Palais- Ho\ al un momiinciil sni)erbc.
un lieu de promenade cnunuode. même dans tous les temps de l'année: un rendez-
\ous général îles nalionauv et des étrangers, avec tous les agréments possibles.
Ainsi, loin île chercher à tmire auv propriétaires, il travaille à l'amélioration ilc
leurs terrains, et ils ralomnienl mal à |)ropos ses inlentiiuis.
(I«'tlc r('plii)ue (lu (hn de (ili.irlrcs. si tncsurée cl pleine de force, n'aurait
pas nm"té les plaiilcuis. Mais cenv-ci se Iioum" icnt hi uscpicnicnl «léroulés par
un coup lie lactique du prince (pii, le .'{<» juillet 17S1. lit déclaicr (pi'il se
désistait des lettres patenles niN.des nldenues six -icin.iiiir-i a\,iiil. (tue signifiait
celle altitude? Kd. Kouiiiier. dans son li\ie. ilil i| <■ fui |i;ii ( iipilcc cl
\ersnlililé'. Nulleini-nl. Koublardise sérail plulùl le mot. V.u cIVcl. le iliic a\ail
sollicité les lettres patentes (lu 17 juillet uiiiipienieni |ioiir se piociin'i- l'argent
rn'TOJi'tnin' nu\ conslnn'tions projetées, c'est -;i -dire |kmii- ,i\oir le droit de
vendre le terrain enlouraid son jardin, et non poiii a\oii laiilorisation
de conttriiire. <-elle dernière lui i-taid acquise sjms lonlole. Mais les lettres
|uileiite<t lui nvaient imposé l.i con<lilioii sui\aide : Dans le cas oîi l( prix des
aliiiiations de terrains » e\ci'-deroit les frais de conslrm-liuiis, d'aniéliorniions
e| d'endM-llissements de son palais», le prince s'engageait à aemplover le
HurpluH en nrcpiisition de fonils ipii sortiront nature d'apanagi> >i'. D.ms je cas
1)11 les dé|M'nHeH, nu contraire, dépasseraient le produit dr la mmIc. il ne serait
ndmin îi aucune rép.'lili onhr li- r..i 1) , Il un .n.iil nid lniic-lice à
» 'I'" 17 J"lll'l i7''i. trn|irr« lii ropic dilivii-<- |..ii lo 1» .lim
I» I" J' iiiw-« imli.iii.il.. Il , .s.
PHILIPPE-EGALITE
5a3
mnmimfm^mi
^*/^f^vyt^f:r%^r^^^
V"'-»^
PROJET ADOPTli POUH Ll CONSTIll CTION DES G VLEKIE.S
DU l'ALAIS-UOÏAL, EN I78I
ssin original de V. Louis, .ivec signature autographe de rarcliitectc
(Collection des Archives nationales)
espérer il(.' l'opéralioii de la venlo tlaiis r(>s roiulilions. Le duc s'axisa qu'il
axail lail une l'ausse manu-uvrc, el (|u'il lallait iuleixerlir les laclours du
prohiîinc : liAlir iraliord. cl \eiidre (.Misiiile. (juitlc ii icdcniaudm- ;i ce moment
de nouvelles lellres |)alenles. (Tesl ce (|U il fil, connue on va le voir. Mais
avant toirt, la |»reniière dinicullé subsistait : trouver l'argenl. (lar une des
clauses de la diniiitioti iuiti(i|)cc du l'alais |);u' son père portait (piil ne pourrait
(( conniicncer aucunes iKiincMcs conslriiilions sans avoir l'ail |ii('';daIdcnieHf
'jq/, le PALAIS-BOTAL
les foiuls iim-ssiiiies pour li'iir entière confection». Le duc lil-il mIois un
emprunt? Est -ce simplement pour son agrément qu'il partit eu It.ilic ,ni Inau
milieu de Tt-té. au moment même oii ses procès avec la \ illr cl les proprié-
taires auraient rendu sa présence si nécessaire à Paris?
(ùàcc à Ditu, dans l'Italie,
il est allé voyager. . .
Oue le diable remporte!...
disait ntje chanson faite à cette occasion. Ou bien est-ce à Londres, où il se
rendait assez fréquenunent et oîi il avait de nombreuses relations, qu'il eidaina
des né'fociations.'' (l'est lii un point (pii reste obscur. ()w>\ i\\\"\[ en soit, dès
les premiers joins de seplend)re 17S1, sans s'occuper plus lonylemps des
protestations du public et des criailli-ries des piopriétaires. il lit acliNemenl
I oMuuencer les tr;i\au\ par sou arclillecle Louis.
Depuis deux mois, lit-on dans les Mémoires secrets, à la date du i.') dccom-
bre 1781, les travaux commencés dans le jardin du Palais-Royal continuent ; les
remuemenl.s de terre, les excavations se font; les matériaux s'accumulent, enfin
M. le duc de Chartres, devenant agresseur contre les propriétaires, les a provoqués
par un acte hostile, en faisant arracher de force, et sans aucune réclamation
pn'-alable, les grilles rpii cnlouroient leurs maisons, et en faisant vendre les maté
ri.iuv à .son profit. Juscpi'à présent ces |)i<jpriétairessonl restés dans l'inaction.
Lanhitecle auquel le due de (iliartres s'él.iil adressé pour ses iiuinenses
constructions était, en vé'rite, tout U l'ait l'bonune de la silualiou non seule-
ment il cause de ses laleids, mais aussi par les (|ualilés d'énergie (piil aliail
a\uir il déployer au milieu des ditlicultés elVroyables (jui rallendaient dans
sou entrepris»- '. \ ii lor Louis avait alors evactemcnl ( in(|uaute ans. ^é à
Paris le lo mai I7."{|, il s'était adroileuient — à son retour d Italie, oîi il a\ail
M'journé connue pensionnaire de l'.Vcadénne royale d'arcliilectun> de \~'>('>
h fJÔQ — cnV' j des protections avantageuses eu se faisant admettre aux
n'-eeptions de \|. de M.uiguy. du uiareclial de Kiclieiirii el aux lundis de
M"* (ieoITrin. Dans ee deruiii ^aioii il si' reiiconlrail axer les peintres Houcher,
Iji^rem-e, La Tour. .1. \eiuet, Nauloo, Nieu. (ireu/.e, Chardin. a\ec les sculp-
teurs Hourhardon et Le \|o\ne, les gra\eurs Mariette. Corliiu, laickilecle
S)umot. le comte de (laylns, etc. Mais, en dépit de son sa\oir l'aire, bien
fpi'il «e frtl un peu vite, en 171).*). enq)ressé' de se parer du litre de .. pre-
mier nrrhitecto fin roi de Pologne» pour (pielques projets s.uis eousi'ipience
' l.oiiU rniiriiiilli'iil (l'niriiri, (lc|)iii> itIIi- (la |iiriiiiiTc 1 (|u'a
1 1^11111 i.ll.-, <|..^ .Ilrlii.niiiilri-^ «le l.aroilNSC, de lUMillIct, clr.
' • n'-iTliaiil tfl urlbtc u l'uxi'cllriil)' cl tri-a (-oiiM-U'iiiiciisc iiioiio-
Hr>|>l<f <W VI i.h M<Miii-itr*v. »ir*or iMiiê (iWli, 1 \o\. In«', ll<mlp»ii\. iiiipi. («miiouilhou).
t'illI.IlM'K-KGAMTK
4a5
qui lui avaifiil vlr (Iciiiandis de \ais(i\ic, il iii'Iail pas enrore parvenu
à obk'iiir d'iiupoilants tra\aii\ a\aiil Tanm'c 1771, dalc où il fut cliaPii^rô de
construire le lliéùlre de Bordeaux, <svm-c à l"inllucnce du maréciial de Hichelicu.
L'ARCUITECTE VlGTOll LOtlS
D'après un portrail du temps appancnaiit à son petit-fils, M. Ethys de Corny, reproduit dans Touvragc de M. M,
Ce coup d'essai l'ut un coup de luailic, cl lui coiupiil aussitôt la riMiommée.
Pendant sept années, il y travailla sans relâche, au milieu des embûches,
des colères, des animosilés provinciales, sans parler des entraves adminis-
tratives de tous genres, étonnant ses amis par sa confiance en hi réussite, par
la netteté de ses vues et la promptitude de ses ilécisions. Le théâtre fut
inauguré le 7 avril 1780. Aussitôt il revint à Paris, où il avait hàlc île se
rappeler à l'attention de ses |)uissaiits auiis. On ne \'\ avait poiiil oulilic Vu
T. I. LE PALAIS-nOÏAL. ""
■ 36
LE PALAlS-nOTAL
surplus, il iiV-lait pas embarrassé pour se mettre en avant. Marié à une
charmante jeune femme, instruite, musicienne, « de première force sm- le
l)iano. » dit M"- deCieniis'. auteur tlun opéra-comique, Fleur d'épine, qui
a\ail été joué axer succès en 1777. sachant lui-même tourner a-j^réablement
un vaudeville, il eut vite fait de réunir dans son salon de la rue de la Miclio-
dièn- artistes et littérateurs. La |)reu\e quil seiilentlait dans l'art du courtisan,
c'est que, dès 178J, il publiait un ^'rand ouvrage sur la Salir de .spectacle de
Uordeaux (aux dépens de l'auteur, à Paris, chez Esprit, libraire au Palais-
Uoyal), a\ec une ('pître dédicatoire au maréchal de Uichelieu. et ([u'cii
ré\rier \-^\ il faisait jouer une pièce de lui. le Prince dupé, par la troupe
de M— de Montesson. sin- le théâtre du duc d'Orléans, rue de Provence. Son
esprit était ouvert et plrin de ressources, son crayon iiixeiilir, son coup (i'ieil
pronqtt, son activité dé-bordanle : c'était jjour le duc de (lii.iilic-^ larcliilccle
n\i''. et (jui venait ;i point.
I.'iuiport.itit pour K- piiiKC l'-lail de ( hmmuimicim- par la construction des
•,'alei-ies «lunt la location ou la \ente dc\aieiil conslilui-r le bénéfice de son
o|M'Tatiiin. il fallait, en outre, .iller \ilt'. \pt'ès a\<iii' un inslani hésité sur la
question de sa\oir si l'un Irailcr.iil nu iidu ii lori'aii axec \\\\ iiiIk pieneur.
nu se résolut à ce dernier parti, l'I le choix de Louis lnnd)a mit un hnuime
dniil les |)ropositions parurent avantageuses et tpii |)résculail li » incillcuns
gaianties, Louis Hertli.Mdl liU. Le <) iinveiuiiic 17S1, fui sin^rii' le cnnliMl par
Irqui-l cclui-ei s'riigagi'.iil à a\nir tcriiiiiii' les liàtiiiiciils des galiM'ies pom*
l<' 1 a\iil de r.uuiic I7'^'i, iiiMMiuiaiil mm l'cirtail i.\>.- .'{.ilo-«,'jôo livres, sans
ipiil piM apportir lui seid jnur- di- rilar<l dans la (-onq)lète exéculinii di'S
lra\au\ ni la moindre augnu-iitaliou dans la dépense. Le tiaité', en dix arlicles,
Hlipulail minutieusement les conditions ii la charge de l'enlrepiriK ui , le(piel
nrtiniinisHait avoir reeu \\v ranhilcil" : 1 un plan gi'-néral des lia\aux. sin-
Iri'H (fraiid papier; t un scmud plan pnin- lis (iéx.ilions exiii ieiMcs des ii.'iti-
menl'», en mnindn- papier: .5 un plan poui- les coupes, sur pclil papier;
V' nu plan des liilTérents étages, cnves et greniers, au(piel étaicnl allacln'-s six
|H'lil<t papiers (en retouches) indicatifs des étages : ce ipialriènii' plan, lail pom-
un»' tiuii<ui(i de trois rrois«'es, devant servir de l\pr poni le rcsl,-. IterlIiauK
drilarnit, en outre, qu'il a\ait fait l'étude la plus approfonilie des constructions
Il rle\er nxuiil d'nrcvpler h* devis de .■t..{oj.j."i«) livres, ipi'il ne s'était pas
conlenlit de m?» propres vérilicnlions, mais qu'il avait h consull)- ililTerentes
|M'nM)iiii«Hi «!«• l'iirl pnin \w point s,- i |iar;.'iT ii l.i It'gèr.' iIumc besogne de
I. V'~ \t% lÎMLM. \trmokT*», I. I", |i. Vif.
» tmitt f;lr.- I- Hur ,lr fl'iartrr* fl If
f^hhthnnl \rrhl»r« iialbiiwlo. Il i. '■
i"rlhaull /uur It* eatiMlnicIlttit nu /><>ur'<>iir ilu
PHILIPPE-ÉGALITK /iay
cette importance », et. enfin, (|uo c'était « apivs les rélloxions les plus solides
et aussi avec la connaissance la plus profoiidi' et la plus certaine» qu'il avait
« sollicité la préférence que Monseigneur a daigné lui accorder et présenté
les devis et conditions des ouvrages de maçonnerie, charpente, menuiserie,
couverture, plomberie, l'onle, peinture, sculpture, marbrerie, carrelage, pavé,
vitrerie et autres accessoires nécessaires pour complétei- la perfection » de
l'ensemble des bâtiments dont on allait lui confier l'exécution.
Quant au paiement des .'?,,'}o 3,200 livres, il devait être fail de la façon
suivante : i° en une somme de ^^o.ooo livres, payable en cinq fractions, trois
de '|0,ooo livres, deu\ de Go,ooo livres, les i5 de chaque mois, à partir do
no\end)re 1781 : 3" en une somme de ^.fi'io.ooo livres, payable en vingt -(jualre
termes, à raison de 1 10,000 livres de mois en mois, h partir du i5 avril 178a,
et après vérification, avant chaque versement, de l'état des travaux par l'archi-
tecte Louis: .■{" enfin, en la sonune de /|22,25o livres, qui serait versée immé-
dialement après le procès- veiljal de visite et de réception des bâtiments
entièrement achevés, prêts à être habités « et les clefs à la main », mais
seulement si les constructions étaient terminées à l'époque fixée. Si, au contraire,
les travaux n'étaient pas finis à cette date, la somme de 422,200 livres ne
serait exigible qu'ajirès l'expiration d'autant d'aimées qu'il s'écoulerait de
mois entre le i" avril 178'! et la «perfection totale des ouvrages».
Leduc de Chartres tenait tellement à cette date du i" avril 178.'! pour
l'achèvement de ses galeries que, dans l'acte' fixant les honoraires de Louis, il
cnit devoir prendre les mêmes mesures de précautions que contre BcrlIiaiiM.
Il alloua à son architecte cinq pour cent sur le devis de 3,3o2,25o livres, prévu
par l'entrepreneur, ce qui faisait une somme de iG5,ii2 livres, qu'il s'engagea
à |)ayer par (juartier, savoir : 5, 000 livres de trois mois en trois mois, à compter
du I" octobre 1781, ce qui devait faire un total de 5o,ooo livres à la date
du i" avril 1781. Pour les 125,112 livres complétant les honoraires, ils ne
devaient être versés (ju'après l'entier achèvement des galeries. Hieii mieux! dans
le cas oîi la dépense prévue serait dépassée par Berthault, il serait retenu à
l'architecte quinze pour cent de l'excédent qu'aurait à supporter le prince.
Vniiv achever (h; monlier avec quel soin furent faits ces divers contrats (on
y recoimait la main de Beaudeau, le chef de contentieux du prince et son
ami), j'ajouterai que les cinq pour cent attribués à l'architecte dans la limite
du devis Berthault devaient constituer ses honoraires non seulement jiour les
travaux des galeries, mais encore pour toutes les autres besognes ipiil plaiiail
au prince de lui donner, telles que la réfection du jardin, etc.
I . l'ixfition des hotiorairrs aUijiii':<! au sieur t.iiuis, nrcliitecie, pour les consiructions au pourtour
du jiirdin ilu Pnliiis-H"yal. — Archives nationales. H 'i. aSy.
r,a8 LE PVLAlS-llDVVL
L'entreproiifur se mil à la tâche, on di-vino avec quollo acliviti'-! Li- malheu-
reux avait fait »K> mauvais calculs et courait ii la ruine. Div-neui" mois après
les travaux étaient prescpie achevés, mais la dépense moulait déjà à près de
quatre millions et demi, ainsi qu'il résulte de VJùat de récapitulation suivant.
dressé par Louis' le m) juin lyS.J et contresi-rné par le duc de Chartres :
Maçonnerie 2,053,070' i3" lo''
Char|)enle. ^ôti.Syg » »
Couverture. 25,385 » »
l'I.miberie. i55,45i j3 ii
Meniiiscrie, ferrure et iieiiiturcs (pour les portes.
croisées, lambris dappui et parquet seulement). .JO'i.SSa 7 10
Gros fers el foute i5j,984 10 4
Marbrerie 73,603 ;> »
l»avé de grès -'iT-O^^ »» »
Vitrerie ,i'i,i02 i^ ..
3,97J,3()o' 1 V 1 1''
l'Iti^ un liiviènie pour les parties non pré\ues
ou oubliées 397,039 » »
Torvi 'i,372,9-.M)' i.'i* 1 1"*
I^'S -.'aleries él;ii.'iit cmistniilcs daii^ Ir d.'l.il \\\>- : < chiil r.'s^cnlicl pour
le dui-, qui in- > (•ndiair,i>>^a pas des n'ciiiiiiii.il 1mii-~ ilr Uni hanll ' fl se li;ila
de sulliritei- du roi de nouvelles lettres palenles hii perinill.iiil d acicnser les
terrains sm- lesquels les ;,',deries éiaii-nl construites, <uii<lition absolument
nt'cc'ssaire désormais pour les mmIc- projelécs. Crllf fois, ce n riait plus,
connue en 17H1, a,.*loo toises de terrain dont il nVlamail raccensemenl, mais
bien ltjil>'>. \a' cadeau, connue on voit, él.iit île coust'(pii>nce. l-es lellies
patentes lui furent ncconlées le i.'{ août i7S'| et enregistrées au I' 11 liimiil. le
at» ilu mémi' mois, sans <lil1icullé-. Il n'«'st p.is nécessaire d Cii reproduire
ici les teinies, (pielipie inqtoriaiice ipii leur ail été- doimée, par la suite, dans
le» procè» en restitution que la Ué-\olulion lil smjrir'. Il -nilira de si;,'naler
celte pnrticulariti' ipi'on n'v trou\e aucune idiusion aux lettres patentes de
17H1, dont elles ne font que n'-pé'li-r lilteralemeid plusieurs p.issap's. D'auln*
I. Arrhlvr» naUoiialr», Il V iW.f,
1 Vu riHiM tir* lra«aiM. ■■>■ iioiiilirriiH'v iiiiMlllli'.itloiM ruiciil ii|i|Hirti'ft |i.ir l.i)iii> .111 pliiii ilr
■ •fil, ri. d'aiilrit part, llrrUiniill lU iln lui - iiii'^iiic* ilii aiiii-lii>riiUiiii« |i<iiir la |M'rrtH-(ii)ii ilc!t oiitmitii
qui IVdtffiln'-rfiil i r|r|M*«<r Im ilr«l» rmm'iui». !>!• là mir iiirr«-n|H>ii<lniir«' t'iioniir iVliniiKi'-»' «•iitw
l'i 1. '■ ^1 i|i-< ■iirini>lri'<> <|iil mii|ill%M-iil |ilu<lriir« airlmiiilf^ \rflii\f» iinlloiinh-s
\ti r iiiiii« ni iiii|H>vtlhli' irciilriT ilniii ci>!i ilrUill» Irop ti'<-|iiii<|ii<'-t r( miiim'IiI
■-% WUt%-% iMlriitM ir Iroinr aiu \ri-lilvps noUonnli**, Il '1, iKi. — KIIi-hoiiI.
(il |Mr M U llltriMl i;iialirol, iliiiit miii npiiM-iilp, ilrjli rlli^ ri-ili-MU>. mir le l'aloi»-
||n}4i '< iti ait 'I I < >llra li<iii ilr VlnitnMrt tttê rifhtttrt il'iirt dr la h'ranrrt.
y-, r-
■t — ?•-
I'I.\?I POUR LES THW.VLX \ EXl'XLTEU AU PILAIS HOWl. EN 178'!
Dressé par Louis, architecte (dit âtuxlimt fl.iu de Louis)
',3o LE PAI.AIS-KOTAL
pari, l'adifsse aNtT lacim-lle If tlm- <li> Chartres avait su prôsonter au roi sa
ruquètf apparaît lu-tliiiuiil dans les premières lij,'ues de ee document, qui
semblent étalilir une eonfusion \oulue relati\ement à l'objet de la demande
et laissent dans le \ague ee lait (|ue les maisons à aeeenser étaient alors entiè-
rement construites. Voici ce tléliut :
.. Louis- Philippe Jo.seph d'Orléans, duc de (.hartres. prince de noire sang,
nous uaniit représcnlé .. qu'il a pensé que ce jardin [du Palais Royal] serait plus
agréable el plus commode s'il était environné, le long des trois ci'îtés parallèles aux
rue> des Bons Knfanls, Neuve des Petits Champs el de Hichelieu, de galeries
eouvcrk's. pniliipiées dans des maisons uniformes, ornées de pilastres et autres
décorations d'archilceture analogues à la façade qu'il a commencé d'élever sur
le même jardin, parallèlement à la rue Saint Honoré, pour perfectionner, agrandir
et améliorer ledit Palais Uoyal' suivant les plans géométriques el d'élévation de
Louis, arcliilecle, qu'il nous duniil présentés, (piil ntiniil déjà exécutés en grande
partie au moven des avances qu'il s'est procurées; que le seul moyen d'achever ce
projet seniit de pouvoir le rendjourser de ces avances en accensant le sol desdites
maisons >ur les trois côtés ci ilessus, el celui tics passages nécessaires à leur service,
ù raison <le vingt s >l- |>ar rlia(|ue toise d<' redevance annuelle...
Des linasseries de jtiiMinenr, une viilunsité d'homme d'alTaires ictors et
hardi, voilà ii <|Uoi se eonqdai-^ait ii' dm de ('.hartves. |]n soniiue, les Icttics
patentes dr t~^\ renqilai.aieni axanlagcu-M'innil ( ilirs dr 17S1 aii\i|iiilli-. il
avait si habilcuu-nl renunei'-. puis([u°elles lui laissai<-nt, sans aucune cliaige.
tout II" iMiicliee piiu\ant lésulter de son opération. ()e bénélice. a-t-on dit.
fut éiiornii'. Il ainail pu l'élic, 111 tIVit, rai- la ctJinbinaison avait clé' ina;:i>tia-
lement louduite. Kn rcaliti-. pai' suite de> ciiiuustances, elle fut desasiieuse.
(!e|M-ndant, l'elTi'l .irihileetural des galeries construites par Louis eom-
niençnit ii o|M'Ter un ri'vii'i-ini'nt ilaiis l'opinion pnliliqiir au --Mii'l dc^ trans-
fiinnations du l'alai»- lb>>al '. Maigre reiu-ondin ineni des materiaiiv il les
fondrières, en il<''|»il <les ('■char.nnlages (pii ne permettaient pas encore une vue
d'entt-mbl)-, on pouvait se rendre conq>te de l'aspci t ii la fois sinq)ii' et noble
I. \lnti, Ir (lue lir (^liarlmt 110 Tiiviil |Nt.< (lire aii\ li-ltr(>^< iMilriili*» (|Uf In unlcrii>s olnirnl liiiMi
plil* «lu'uii |>ni]i<l. niait •li'jii aclirti'i'*; Il |iri<ri-r<ill iIiiiiikt il ■•iilfiidrc <|ili' rrlli-« ri tmiii-nl ■• niinlo^iift »
k U fafdilr «iir le Jarillii, lai|ili'llr, lilrii lnlii ilVIrc continilli-, allait ^Irc n-iii plartV |inr \r* ijnlfrift ttt
bt,it' i:'ml>|ii«i rrllr fa^n'lr Irnalt MU l'uUI« iiii^iiip rt )|ii'll priiivall, iiaii^ iiimiivt-iiinil, ni parler.
Tan ' iiiiiil ipif In ualrriiii rialciil Irriiiiiit'p^, rVltill Irop laiw4T imvmt le bout di* ri>ri-illi'
rnirr aiilrn nuvragrt ; Lr tîuitU ilrt amnUurt ri df$ rlriin(irrt <i l'arit, par Tiiii.to.
l 1". p. lï.'i. ti8. 't',^ pI 4841, ou Ton Inxnp uiip linrripliiin drt noiivmuj- Mtimrntt ilti
1/ i|iit •viiiblx ^rilp. pu Iniil r«« illrprlpitiptit iiiipInV |Mr Imil»' — Tnlilniti ilr l'arif. pnr
*'• ... , .^1^ ^^ ÏI.1 (niiilic'iil
Mil l'iirît, |iar W »ti>
l'a irr lr $iriir (iniiilrun
W '' I i,MU«ii (l'atn, tu-*', ij pmgr*!. — \uuvfllrê tUtcriiiltoiu lif ruriotUtt tit l'an»,
|Mr II, I. I», p. i3-, t\ I. Il, p 117, 167 cl 41*-
PIllLlPPK-KG.VMTl!:
43 1
de ces hAtiinciits. (|iii. sur dois cMrs. limdaiciit li' j.irdin, ('-voillaMt iirio
impression de ^:l mikK'ui- par la iv^iilarili' des ligiu's cl une idée de >sr:'\rr par
la sobre (li>lrilHili(jii des onuMuciils. I,e talent de rarcliitcclc s'allirniail par
la franchise du parti pris et la nelteti'-. la clarté de la conception, l'uinl de
séciieresse dans les silhouettes; aucune lourdeur dans les détails. La hauteur
de ces constructions était admirablement calculée et leurs proportions dune
l'LA.N DL PALAlâ-UOlAL, AVEC LE PUOJET DU DOME btU LA FA^;aDE DU JAUDIM
Dessin du Chevalier de Lcspinasse, d'après le dessin de rarcllitecle Louis, gravure de Varin (17S6)
justesse parfaite : plus basses, les toits des maisons d";denlour auraient pu
ap|)ar ailrc : plus élevées, le jardin du Palais- i^oxal aui'ail i-u liiir (l'un cloître
ou d'une prison. La division des fa(;iides, où apitaraît liiarmonie éléf^^ante du
pur style Louis XVI, les i8o arcades d'une courbe heureuse, les pilastres
iiiiiniciit cannelés, les deux étages et la balustrade dissinudant les mansardes,
tout cela garde encore aujounThui un caractère de beauté majestueuse et
aimable. Dans un premier projet, Louis, obligé de viser à réconomie, avait
supprimé des la(;ades de ces galeries timlc i-spèce île sculptures. Les dessins
conser\(''s auv \i(lii\cs nationales, cl cpu' nims icproilMisnns, montrent, [);u'
la cDUipaiaison, ce (pic Taspccl gc'ni'ral a giigm'' en rliarnic |);u' Tadjoni-tion
de ipiel([ues motifs ddr ncnnMils. Lc'cucil l'I.iil i\f f.iiic trop riche, car il l'alliiit
que les bùlimenls du jaidin gard.isseiit une simplicilc icl;ili\e pour faire \ aloir,
par le contraste, léclal réservé à l'habitation lucmc du [)rince. (j'esl ;i i|U(ii
s'est ap|ili(pii' Louis.
43a LE l'AI.Al'-nO-ÏAI.
Pour Ifs rmislriiclions du l'alais proj^romciit dit. Inrcliiti-cto i-ut ;i lullcr
foiitn- (les ohsiacifs incessant, iiui si'iublôront r.ii:nlit' ;i lUfsun' (iiTil les
sunuonlail. <ar. taiilùl par suite du manque dai'riMit. taiit(M à cause de la
mobilité didées du due de Chartres, qui leulraînait cIkuiuc jour à (juclque
projet nouveau, il dut ni.idilier nininlcs fois ses dispositions. Dans son premier
pian, établi durant li-s premiers mois de 1781. avant lineendie de l'Opéra,
l'ancienne façatle du momnnent. sur la [)lace du Palais-Moyal, avec la première
cour, eoiiser\ait toute son iiiiportaiice et restait la |i;ulic doMiiiiaiite par la
décorntion. Il divisait l'espace opposé, du coté ilii jardin, <n iU-us autres
cours, avec des c(jlomies ouvertes et des appartements au-dr^sus.
Mais bienl'M. dit l'onlainc '. de noiivilles idées, des jinjets dilTércnts. tirent
révoquer lapproljalion doiuiée ; on voulut trouver mieux; on se jeta dans respa<e
infini des pi-rrei-liornienients et des hésitations; on balançait encore lorsque laile
des princes était démolie, lorsque les fondations de celle du milieu étaient jetées
et les bâtiments du jardin élevés...
Il fallut faire un second plan : c'est celui doiil niiii< dniniuns ici la icpro-
durtion (p. V»!)'- lenant conqtle d.nis celui- lit de la dislruclion de la salle de
l'Opéra, il prenait l'espace resté vide de ce côté poiu' a;:raiulir l'aile droite, et,
il l'aile ;.'auclie, au lieu de la troisième coni' (pi'il avait ima;:iné(* sur reiiq)la-
cenient de Tant ien jaidiii i\>-< piinces, il «'li^reait le théâtre (pli a pris le
nom de 'l'Iiéà Ire -Français, ilonnant sur la rue de Hic helieu.
Louis, dit encore l-'ontaine. avait très peu fait altenlion à ce (pii était bâti par
Miireau avant lui. Il n'avait é^'alement eu aucun égard pour les ouvrages dedontant
et de LemiTciiT, qu'en acbevuni son projet, evcejilé le grand escalier et le vestibule,
il i-^péruil détruire; car. selon son premier plan, lorxpi'il di\i-<ail le palai» en trtiis
cour», ou. selon le sccniid, lor^fpi'il n'en faisait plus que deux. a\ec le llu-àtre du
côté de la me île itiebelieu, on rcionnalt Imijours (pic son but. sa principale idée.
était, en faiitanl un palais nouveau, d'eiitourer le jardin de eonslruelions. sans
beaucoup s'inipiit-ler de ce (pie devieiulrail le reste. Il espérait, san-» doute, (pie
louten les fai,-ade<< du bâtiment, et surtout celle du corps de logis principal, seraient
cbuiigécs selon la i|<'c<iraliiiii du gr.iiiil iinlre d'arcliiteitiii'c (|u'il avait adopté.
Kn elTet, In pensée de Liuis avait ét('' de reporter la f.n ade principale do
IV^lilico du ( ôb- du jardin. I.e l'alais- Uoval aurait pris, dès lors, une ;ilhiri>
ntiiMilumi'nt nouvelle. Il aurait, pour ainsi dire, fait ><>||e-rac(> en se lunniaiit
du r(Mé du jardin et des galeries de\eiiues, p;ir des attractions de tous genres.
par leiH lMiuti(|Ue<i vï les s|H'clncles les plus divers, cninme un inicrocosnie
r^iiinaiit touliit \v% formes de l'acliviti- uiii\ei selle. De lii cette fa(..'ide siiinp
luriiM*. de lii ce d('»ine coIo.hmiI ipi'on renianpie dans b- <le»»in du chevalier
I l'woUtU tntrt pluâuurt >.-.■./.•.. --. .(«• touvtruuu . Ir l'iiUti»-U<>yitl, l^.U. lui'. |>. J";
3 ~
va _5j
PIIILIPIT.-KCALITIC /,33
(Ir l.(-i)iM;issc, n-rav,' ou ijHO, d'apivs le plan ,!,■ r.,,uis. Mais code roiu-cplic,,,
<lc l'arlLsIc ne ,I,.\ail jamais ôlre réalisrc. l'ciil -rhv (i|-<,„ l-ol)jcTlion (prune
conslruclion do -laiulc (liiiiciisioii du rùlv du Jaidiii. sVlovaid au-dessus des
••oloiuiades du rez-do-eluiussée, diuiiiuieiail i)eau(oup, à lu-il, IVleudue déjh
l)ien icssenVv du jardin. Peut-être aussi peusa-t-ou cprellc donnerait à loul
H I.UIU l.M'iNSLLll DL !• U.\15 - llOi AL, AI'IU;> I. V COXSTIILCI ION DU ÏIIL 4T1VE - l-KANi.iAlS
ET DES BATIMESTS ÉLEVÉS PAK l'aBCHITECTE LOUIS (l7<10)
le Palais, avec une diVoralion lourde, « une ap|)areuce claustrale peu conve-
iialile ;i riialùlaliou d'uii prince', x Quoi i|ii"il eu soil, la colonnade connnencail
déjii il sortir de terre cpiand, subileuienl, les lra\au\ Inrcnl arrêtés ûc ce C("tté
et les boufir/iirs de bois installées. Ou l'Iail alors en 1786. Au lieu de la grande
façade rpiil rê\ail. Louis se l)(uuail ;i donner une sorte de piMidau! à la pailie
du bàlinienl cdusliiiile par (lonlani (ri\r\, en snr(''levaut la pai'lie cenirale,
pour iriili(|ii(r le coips principal d\\ Palais. \ii rez-de-cliauss('e, il coud)inail
il dmile el ;i jranclie de la seconde cour nue S(''rie de poi'liipies qui i'orinaienl
un \a~.|e pi'oinenoir de six lan^^s de coloiuies dori(pies de (io toises de lonj^ueur
>nr I I de largeur, (dinnuuii(pianl ;i une \asle fjalerie vili'(''e el aux houlicpies
des niarchanils anx(|nels loni ce re/- de-cliaussi'e dexail èhe all'ecli'.
I. auiiie I -S(p lut niar(piee pai' une r ci 1 ndesrence dailivile dans les cons-
I rucliniis nnu\elle>. ci .le \ais Inujiiiu^ loinatil . » c'ci ixail Louis ii un de ses amis;
J . IllM MM . //'/''., |). ■'<■■■-•.
T. I. LE l'ALAls-llolAL 55
/JSi LB PALAIS-nOTAL
«» j'ai tant d'alTaiivs quo je n'ai pas le temps de respirer... » \a' 19 anùt. il disait
encore : «Je vais commencer la partie où je dois faire un tinàtiv |aii Palais-
l\oyal|... Je Nais ((jmmencer la démolition la semaine prochaine... Le prince
m'attend: il est présent dans mon cabinet, et je ne puis ni ne dois le faire
attendre'. » \. cette époque, le duc de Chartres, qui \enait de perdre son père,
était «lexenu duc d'Orléans, et sa situation financière n'était pas encore dans
la phase aiguë oîi nous allons la voir bientôt, .\ussi, malf,'ré la prospérité de
rO|M'ni, depuis qu'on l'avait installé sur les boulevards, le prince revint-il a\ec
plus d'obstination tpie jamais à son idée d'une jurande salle de spectacle dans
son palais, cl il chargea !.,ouis de la construire. Klle ne fut achevée ipi'en i7;)o
et coiMa la sonnuc- de a.ôGu.oAy livres'. L'inauguration en i-ul lien le i'> mai,
la même anm-e. (Test un des monuments qui font le plus d'Iionneur à Louis.
L'histoire de sa construction et de sa décoration demanderait un chapitre tout
entier, dont pourraient faire les frais nond)re de docnmnits imdits truu\és
aux \ichi\fs nationales^. Mais ce serait sortir de noire sujet. On lrou\era,
d'ailleui>, sur les destinées de ce lln'àln' ili- sullisants renseignements dans
la suite de cet ouvrage.
I.L .1 \HI»I\
L<- jardin du l'al.iis- lloval avait Inlaliniciil chaii;.')- de phxsioiiomic (lipiiis
la construction des gal(*ries, *■! les .uiciens habitués des allées ond)reuscs, (|ui
\enaient l.'i goAtn-, sous la fraichem- ties arbres, le charme des conversations
paisibles, ne se reconnaissaieid plus maintenant dans le lumulle de < •- miuxeau
fnnun, ensalii par une foule bigarrée, lurbulente, evcilt'-e par les nudiiples
distractions ofVi-rtes îi sa curiosité. Kn ■7''^!. au lendemain de l'inciMidie ili'
rO|M*ra, le duc de Oharlres s'était conli-nli- de fain- an jardin nnr loilrllc
Honuiinin'. On a\ail, p.u' ivemplr, (\\\ mlloxer les arbres, connm- I indi(|ni-
In note sui>anle :
Mcnnoiru du -liiMii I..1 l'ipc. pour riirrosa^'c du jardin, rn lavenu-nt des fiiiiiirs
du jardin, liitt livn-it m huN.
iV.-r IniiiM. p. MM, l.oiiU. III 17SI1, .ijoiil.iil .'i liiii( ili- lra%nii\ une
'H«i > <|iil |p forvrtil il«' li-iiii» .1 niilrr .1 <li-* tii>ii|,-i-4 iliiin ifUr \illp.
, ! /i ilf la inllf lie ipectactr i/ii l'ttUut- Uojui, /mr Itimllnint, arfhilfrif,
Juri-rxperl. Arrliitrt iialloiMln, H^, tijS.
S \..,M iHiUitiMif»!!! \ri tiUr« iinlloiialr*. l{\, ffW : Mfmuirr rtM{f à lii lallr ni nintlrurUnn an
V.xn aiiui l.rtirr >if H /,..ii/., nrehilflf lU (il noiiifUr $nUf
-•(■•1. Ir •ii|i|ili-i 1 nu J.,iirn.il ,U l'nrii. w ilii .Vi ii\ril i^i^',
lU.illl.l — llllihiillii.nir Cariiainlrl, II- (W^.^. Voir i-«rtloiliriil :
IMUr.U H ii/<-</il Thniire lUi faliui ll-.ynl. rr|Mi|iM< jl In IfUrf il.- lioilllrl.
qut rUil , 1 Oindra Kiillli. roiuullif \rrhêleflitniMjnif>hte Jet ThMtm lie
l'iirU, |Mr II...,, r /..un»..
,V-:<^siSS^^
piiir.ipPE-i;n M.iTK '1.35
Puis, lorsque, riiroril ciilropiiscs les cuiislruclious, il ;i\ait l'iillu, avant
dairacher les treillages à moitié ^-C'^^
pouiiis. moltre îi l'abri les aiili(|ii('s
statues eiiU'V('es jadis des jardins de
\ersailles, [lar oidre de Louis \I\, et
transportées au Palais-lloyal. (Tétaient
des (l'uvres de \aleur. Il y en avait
i[uatri' de Lerandjeit : une Bdcr/iantc
et un enfant jouant d"S vasta<^ncttes,
une Danseuse, un Snti/re dansant, un
Sati/re tenant son menton. Le portique
servant de fond ;ui jardin était orné
do figures de Lcmoyne, représentant
Ifc/vule et Am/)/iitrite. A droite et
à gauche du portique, étaient une
Femme tenant une couronne, de
Lerand)ert, et un Sa/i/rr. de Ruystcr.
De ce dernier encore, il y avait un
groupe de Satyres, placé près du
bassin. En cpiel lieu le duc di> (lliar-
tres t'it-il déposer ces vénérables
œuvres d'art? Je trouve bien dans les
comptes de trésorerie revêtus du visa
de l'architecte Louis, ce que coûta le
transport ' :
'l'ransféi'atioii des fiirurcs (|ui étaient
dans le Jardin du Palais- Royal. Mémoire
réfirié en 178"! par M. Louis, (S.")") livres.
Mais rien n'indique l'endroit où ces
figures fureni placées. Fut-ce à Mon-
ceau, au Raincy, ou dans quelque autre
cliàleau du prince? Je ne saurais le
dire, (loniiiie, depuis lors, la trace en
a ('•t('' perdue, peut-être les jeta-t-on
tout siuiplenient aux gravois, car elles
tombaient en ruine, et la pierre s'eilVitail. Déj;!*. xinj.;! ans auparavant, au
moment où le duc Louis- Piiilippe avait l'ail iislann'i- li' jardin, un poète,
I. .Vrc'hives iiiiUuiuilcs, Il 1, a.ss.
V5
CIIAND DE COCO >
uil de Scv.cs)
',:^6 LE PALAIS-ROYAL
atl.ntlri par la M-tusU- ilo co> slatiu-s laïueiitablos do LcranilaMl .1 Ruyslor.
Ifiii- a\ait tonsaciv un poî-iiif où on li>ait :
«Jiicl s|)e«'latic île voir tant lit- Irails ctTacez
Kt lie morceaux de ilieiix et île héros cassez!
Ici, il'uii Jupiter preMiuc réduit en poudre,
La main qui tient encore une moitié de foudre...
Là, d'tm lier conipiéraiit le visage emporté;
lc\ I.- » in meurtri dune frêle beauté'...
Louis, fil loul ta«.. III' k-s iviiipla.;.i poiiil par d aiilivs (i-uvics do sndpltiro.
Kii i-X'A, il lit rcfaiio le Ita.-^.siii :
Nouveau l)a>.siii du Palais Royal : aux sicuis Lucas el (nimioiiiii. ploiid)iirs,
10,1)07 libres. — Hi'glé par M. Louis.
'Irois ans apivs, il ciii^liui-ail li- Ciripio dnnl la coiirio oxisloiico do\ail
ôlro si iiiouvoniL'iiUV. si ôlraiij.'o. ot ipii, dans la Iraîoliour do la iiouxoautô,
(oiitrihna, a\oi- los ipialro kiosipirs pimp.inls" ôlovos :ni niilion do la
jrnintlo alli-o, ;i inottio do rini|ui'\ n. du |iill(Mo-«(pio ol i\r l,i ((lulour dans
lo jaidin.
Kn prô\i«ioii du iiinnliroiix pniilir (pi'aii.iionl .illiroi' d.ins le janlin I<<s
atlraotioiis di- Imilos sorlos et los honliipios dos j^.doiii's. il a\ait l'alln soii^-^or
il (ii'.'aiiisor nno police spéciale ol à élahlir dos ièi,donionls très niiiuilionx pour
\ iniiiiitoiiir le lion ton. la proprcli-, ol pour oinpèclior la dé^n°adalion dos
liAliiiients livi't's pour ainsi diio ii la di'>('ri''lioii i|i' la juiilc. Il l'iail à riaiiidro (pie
les propriolaires des maisons noinollos, pifiianl ii la !on;:uo dos liliortos a\eo
le rè^'leiiieiil ipi'ils aecoptaiont on |ironant possession do cliaipio iinnionhlo,
n'arrivnsrM'nl ii faire, pour leur counnodili' pcrsoniK'llc, des cli.iii^M-nionis i|iil
auraient pu nuire ii riiarnionio ;:t'-noralo ot an caractère d'nnito ipi'on \oulail
aliNolniiieiil cijiisiTver. (l'est ponrtpioi lo duc d'tJrloans lit étudier avec soin
p.ir l.oiiio, rahlM- jtoaudcan cl ses antres consoillci>. un iirojci do rèi^linicni .
dont la iiiiiiiite exislo oni'oro avi-c toutes les o|isoi°\atioiis. rjituros, ropiàses
el crilitpios inscrites sur ses mnrp's. (le docninont est, par endroits, assez
pii|Uiinl et inslruclif. lin dilinilivo, il s'a;,'issait do minpio en vlsièio avec les
liiiliiliide<i roiilinièroH CMiiccrnant la voirie parisienne. Sur lioanoonp d(< points,
il l'iail iiiHi'^saire d'innover. Par oviinplo. < oiiinient foiail-on lo lialava;.'e des
Knierii"».* }\ ipM II. ^ lieiires? (Jui aurait Miiii des 1 l'-verlièros pl;iC(''s sous los
• I !•• '!• Il IIIUlli>l|in|ii(> de IVr'^-iiiil, ilnl<'<- ■!.• iioMiiilirc 1771, — Un iicil de
Tr^I..
i'in-iit loiii'i il ImII à Jiiiivwt.iikI ixiiir lii miiiiiii)' di> iii.inhi Iwrrs ni i-.s.S,
!• l'Miiriil m 179».
Pllll, 1PPK-I:0M. ITI
'..•Î7
i8o arcades!' Le projcl on niicslioii doniu' lien, ;i cet éi^aril, à robsei\atioii
suivaiilc :
\ Paris, renicvement des iminoiulicos se fait Irop tard, et il en est de iiièinc
du l)alayaf,'e des rues, outre (jue plusicuis particuliers sont plusieurs jours sans
faire balayer le devant de leurs maisons.
On est forcé de les punir, de les mettre à ^"' ~2^~'^
l'amende, et l'on excite leurs plaintes et
leurs murmures, ce que l'on doit le plus
chercher à éviter dans toute administra
tion. Or, le meilleur moyen d'y parvenir
est de mettre le citoyi-ri dans la position de
ne pouvoir être en faute. Cela sera facile
dans un endroit comme le Palais- Royal,
où les abus et les mauvaises habitudes
n'auront pas encore pris naissance. 11 ne
s'agira que de ne pas charger les particu-
liers du balayage, mais de leur faire payer,
comme pour rentretien des réverbères, un
abonnement ou contribution pécuniaire...
Ce n'est qu'en s'y prenant ainsi qu'on par-
viendra à ne pas avoir les ordures du Péris-
tile balayées dans le jardin ou en bas, contre
les murs de l'intérieur de la galerie, que
le tout sera balayé régulièrement à la même
iietne, c'est-à-dire à la pointe du jour en
hiver, et à cinq ou six heures du matin
en été '.
Ce système (rai)onnonicnt ()l)li;^aloiro
pn''\ahit. On l'applicjua non soulomont
pour le balayage et pour renlreticii des
réverbères, cjui, sans cela, n'auraient ,,,,,,, 1.1 ., „ii
jamais l'ii' tous allumés à la même {Biscuit ac sivrcs)
heure, etc., mais aussi pour les portiers qu'on avait songé d'abord à exiger
dans cha([ue maison. A ce sujet, le « projet d(? règlement » est accompagné
d'une observation (pii mérite d'être re[)roduile :
Du Iciiqis de l'ancien jardin, il existait un abus qu'il sera à propos de ne pus
laisser introduire. Les p(jrtiers des particuliers vendaient des clefs des maisons dnnl
la garde leur était confiée, et ces clefs servaient princi[)alcmi'iil la nuil. On dounait
à rpii voulait pour un éru la clef de la maison (pii fesait l'encoignure du jardin près
rin'ili'l de Toulouze. V la |)(irli' du petit hôtel Had/.iwill se tenait, pendant toute la
I . Projet d'élnhlissemenl d'une administrât ii m </<■ police pour le Paldis-Hoyal et son Jardin, ,i maj-
1782. — .Vrchivcs nationales, Il '1, a88.
',38 I.E PALAIS-BOWI.
iiiiil, (III prlil (•oiiiiiii«>i<>iiii:iiiv <|iii. jjlart- là par le jinrlier. ouvrait iiulistinrlemonl
I.i |)<irli- à liiii> rtu\ (|iii SI- pii-MMilaiiMil avcf (|iul<|iics mimmiycs à la main.
I in- aiitif (>l>s('i\alioii, (|ni \aiit la pi'iiip irrlif iili'i>, est rt'IU'-ci :
Les ffiuines (lemciiiaiit dans li'< nouvclk-s maisons ne pourront se promener
tians II- jardin en manteau de lit ou en dr^hahilié, ni mt^ine le traverser en cet état
passé riieuri- ({iii sera iiidi(|uée; de même, les hommes avec les robes de chamljie
et bonnet-
A propos (les eiisei;,'iK's des iiiarcliaiids. le projet dc n-firlemoiit s'élève
contre la coiiliiiue, répandue à Paris, de lairc dans les boutiques abus de
tableaiiv souvent ridicules, de motifs en saillie, parfois grotesques, et l'un des
annotateurs éuiet l'idée que cbacpie arcade pourrait recevoir le nom de (pieiipio
lionutie célèbre, cpii serait la meilleure euseifrue (pi'oii pût adopter :
II •«erail bien à désirer (|ne dans le l'alai»- HoNal tout ré|)i)ii(lil à la majesté du
lieu, et que les arcades ne fiisseiil (las défif,'urées |iar une polissonnerie ou une
bélise, ce (|ui arrivera immanquablement si on n'y lient pas la main. S. \. S. se
jiropose de consacrer son jardin à Henry 1\ et aux ^'rands bommes (|ui ont lionoré
la l-rance depuis ce père des iiourboiis. Pouninoy. en suivant celle siililiiiie idée,
ne donnerait on pas à cba({uc arcade le nom ildn liumme elni aiiv l'iamais par
»es vertus ou ses talents? Cela ferait tout naturellement les ensei^Mies des marcbands;
une botttiipie de plusieurs arcades aurait pour ensei;.'.ne, du ci'tlé du passa<;e en
forme de rue, des noms inscrits sur ses arcades du e(*ité du jardin, et les «galeries eu
ile\ieiidraieiit encore plus intéressantes par les souvenirs (|u"elles rappelleraient
aux promeneui's, et |)ar les Mijets de c(jiivei'-<alioii (pu- ces noms fcraienl iiaitre...
d'est aiii»i (pie fui ('laiilie la poliic do i.ii'dlii. I n serslcc de liitlt ^.Mi'des,
placé sous la direction d'un inspecteur, (iardeiir Le Hrun, \eilla à rexeeiilion
tlu rè(;lenient, de loncert a\e(- un lionime de conliance du due dl )rl('ans. un
certain llual, (pii, dit le doeiiiiicnl où nous puisons ces rensei;.'iieiii('iils. «est
toujours cliar^M- jus(priei <!i-s tli'-lails de la police inttM'ieure du Palais, et cela
sniiH autre inli-rèt «pie riionneiir d'être ii Son Altesse Hoyale. » Le budf:el de
celle adinini'ttrnlioii de |ioli( <• iiionla !i iS,Soo li\res. sans eoiiiptcr lis appoin-
tenienl<« det iiispc» leurs. Ia«h finis d'éclairap- des iSo réxerbèivs <les arcades
nllèrent, à raison de y.i livres par n'-xerlH-re, à y.y'n» IÎmvs. l n entrepixMieiir
fil prit la cliar;.'!' '
i \rrhl%M iialliiiialr*, l|\. iKN.
nOUTOSS IIIIADITS Dli L liPOiJl E IIKVOLL ^I0^ \ VUlli
LA DEBACLE
VENTE DE LA (iVLElUE DE TAHLEAIX
Ce serait un iiilLM-cssanl proljlc'iiie à ('■lucidcr ([iic cçliii de la (k'hàck' liiiaii-
citTC (lu duc dUilrans îi la \ cille de la llt'vuiiition, cl de rcbiaulciucnl di' sa
colossale lorluiic. Comment ce prince en arri\a-t-il à èlrc à ce point accablé
de délies que, dès l'année 1785, il se trouvait aux abois, et qu'en 1792, à bout
d'expédients, après avoir vendu les maisons qu'il possédait à Paris et ses collec-
tions d'objets d'art, ne sachant plus conunent faire tète à la meule formidable
de ses deux mille cinq cents créanciers', il se voyait forcé de les réunir, de
leur constituer des gages et de leur demander un concordat qui le réduisit
iinalemcnt à la ruine la plus complète? Un tel désarroi sendjle incompréiien-
sible mis en regard des ressources immenses de la maison d'Orléans, à la lin du
xviii" siècle, avec ses cincj millions de rentes ^ L'opération des constructions
du Palais-lloyal, si elle ne donna pas les profits (ju'on en espérait, n'explique
cependant pas un si absolu désastre. D'ailleurs, la vente de Saint-Cloud
à ta reine, en 178."), qui rapporta six millions, aurait dû sullire à cond)ler
le déficit. Dans quel gouffre inconnu le duc d'Orléans engloutit- il donc son
argent.^ Dans quelles séries de spéculations malheureuses ce prince entrepre-
nant, agioteur sans expérience, glissa-t-il successivement, s'embourbant un
I. Ce chiffre nous est fourni pur nu ilurmiicMil (ihnl nominatif des créanciers de Louis- Philippe-
Joseph d'Urléans) déposé chez Uricliaril cl llobin, nolaires, dans lequel on trouve la liste des créan-
ciers divisée en dix catégories : 1° rentiers perpétuels de la succession de feu le duc d'Orléans père
fi5o noms); 2° rentiers viafçcrs de la luénie succession (5oo); 3° légataires de pensions viagères établies
par les testaments des ducs d'Orléans père et aïeul (.ïoo); V rentiers pi'rpéincis de Louis- IMiilippe-
Joseph d'Orli'-aiis (i.m)!; .V rentiers \iagers du même ('iO'>); l'" porteurs il'oliligalidiis di' Louis-
Philippe -Joseph (i.'u k 7" porteurs de hillcls souscrits par le prince ('|.'>): ''~'" porteurs de liij nidations du
prince (53;; y" ou\rierset eMlic|iriMii'urs de Mtimcnts (.m) (Berthault n'en l'ail pas parliej; 10" four-
nisseurs (af)).
a. Exactement 'i ,«22,(307. d'aiirès l'étal du Comité îles domaines de rVssend)lée Constituante
public dans le Moniteur de lyçio.
^.'io
I.E PALAIS-nOYAL
jx'ii plus il rliai|iii' |);i>.' (i\->t im point qui sera L'claini. I!ii allciidant.
es(|uissi)ns ou pi-u «li' nuits li's phasi-s de cet elTonclrenient.
Les conslnntinu'» du l'alai-- IU)>al luùtèreiil, eu bloc, une ilouznine de
millions. Pour pouNoir en cou\rir
a- /î./v.< ' .
vendre les maisons formant les
j.'al»'ries. Mais les ac(piéreurs ne se
présentaient pas vite. Néanmoins,
à la date du ao octobre 17S7. il >
en avait pour '|,."<u ,(too livres «le
vendues, cl. tii 171)0, ifig arcades
a\aiiiil trouvé preneurs (au nond)re
de >'5((), niovennanl la somme totale
de 10,981,000 livres. Mais, mm ce
(liinVe, le ipiart à peine avait t'Ie
viTsi'! I,e rc^lc nt-lait evi^'ible (juCu
div ou (piin/c .iunuit<'-s. H ol vrai
([ue les inléivts de ce ipii restait ii
i-ecouvi-er constituaient un rcvciui
iui|)orlaul, <'t c'c^t fu cela ipie
ropi'raliou aurait pu élrc IVuc-
tui'Use. si les é-viMiciueuts |iolili(pies
iiit.iieiil vi-iius iuterrouipri' les
paiement^, l'oui .ivoir de rai;:cMt
li(piide, le duc d'Orléans demanda
au roi de lautoriser ii l'onlracier un
empnuil. I.i- "7 novcmbii" 178."),
<les lettres patentes ( cnre^.'istii'es le
5 décciiil)re) lui pcrniireul d'euiel-
Ire pour six millions d'actions de
1,000 livres, il cliacuni* desipielles
el.iit .ill.nlii- un hillrl ilr r/ninif
ilonnant droit ii \t> livres de rente»» viagères. (i'i''l4iit une soite de loterie. (!e
HVsIème d'eniission l'-l.'iil nouveau en i''raiice: il ni- n'-ussit ipi'en p:uiie. Il
fnllMl iMicnn' olilenir du loi l.i pcriuission d'cnipi unlci ii (irui-s une sunuue
«le Iroit millions '.
'l'oul ici (*rp-nl aut.iil dû »iil1iie, sciiiliji- I il. p^iiii cihinmi !(■•. Ii.iis dl•^
I )>n«trui lion* du l'nlaiH-Hu>{il. Mais li- passif du piim •- allii;:Mail il< lilles
I l'ixir l<ni< lr« <lt-l>ll> dr tf^ <'iii|>tiiiiU, «u)P4 .\liliiv<-« iinlliiiialc*. I , Kuj, Umms liM,
nK*,»*!
i»i.u«>ti<>« DU »ctr<»i>
«•«Ml ftnj, « iMo)
iMi 1 1 I i'i>i:- i:(; \ I, iTi
'l 'l I
(ï..hlc..u Je l-.i,.cicnn<: G.ilcric .1.. I'.il.iis - Royal)
[jroporlioiis (|iio celui-ci (lui so résoudre à vendre au plus vile la plupart des
luaisotis (Idiil il ('tail propiii'laire à Paris. Une (loiupa^^uie (rassinaiices contre
les incendies \enail. ;i celle l'piiipie, de se IniKler à Londres : c'elail une inno-
Nalinn. cl il n'y en a\ail poini encore en h'rarice. |]n sa (piaille de pi'o^ressiste,
I. LE PALAIS-HOY&L.
f^'^^ LE PALAIS-ROTAL
le prilKV n.> pouvait manquer do s'intéresser à rentroprisc. et, on offot, il
sVnipressa das>uixM- ouzo bàliments lui appartenant. Ce contrat d'assurance
nous a conser\é la liste de ces immeubles et nous indique leur valeur d'esti-
mation ' . La voici :
1 Hùtil lie Cliàliilon. composé d'un corps de bâtiment
ayant issue sur la rue des Bons-Enfants et le passage
de Valois, estimé ' 820,000'
•j' l ne maison, rue de Chartres, de It étages 90,000
3* Autre maison, rue lie Chartres, de .'1 étages i3o,ooo
4* Le bâtiment formant remplacement de l'ancien Opéra,
de 1 étages 020,000
.V L'hnlel de llussie. rue de lliehelieu, 3 étages 80,000
l'r Lhùtel de la Cliine, rue de Hiehelicu. plusieurs corps
de logis 260,000
7' Lue maison à //« Ci(v//e. place du Palais Uoyal. . . . 80,000
.S* Lue maison de la rue Neuve des-Pelils- Champs, en
face lu rue Vivienne, du cùlé de la rue Veudùme. . . 180,000
9" Une maison rue Neuvc-des l'ilits Chani|)s, du cùlé de
la plaie dis Victoires 180,000
lo' Les hâliuienls emironnant la cour des l-'on(aines, rue
des Bons Kiifants. ... 810,000
M" Les écurii's d'Orléans, rue Saint 'riiomas -du l.ouvre. 56o,ooo
Toi'M H.ioo.nno'
\ partir de rauiu'-o 178)1, ses all'aiies allant iW mal ^•\l pis, lo dm ilUrléans
aliéna tous cos innueubles. sauf les bàlimonls faisant partie du Palais-lloyaL
Noici, parmi los cession» forci-cs do collo l'-piKpK'. ccllos ipii oIVroiit un inti'ivt' :
li févrirr 17HR -- \i>nle ii l'h. (iendron d'une maison sise rue des Petils-
(Jliampx, faisant rriu-oignure, ii gauche, en xonant do la rue Vivienne. pour le prix
de I i5,rMKi rruiirs.
MJ'me dote. — Vente à Ch. Ileucleux d'une maison rue Neuve des Pclils Cliamps,
vli-à vin celle Vivienne, moyennant -Jitj.ljoo franc»
."> mai 1788. — Vente de doux maisons se Joignant, sisos rue Neuve des Petils-
Chompt, appelée* cy devant les grands et petits hôlols Ma/arin. moyennant
D7o,o«»<i franr*. tant jMiur le prix des maisons ipio pour lelui do tous les effets
miibilier*, d'embellionenirnlo, décoralioiiH et autres objets do nature mobilière.
|I^« onioicr* de lo maiMUi du duc d'Orléans y élaionl logés. Ces deux maisons
■valent «lé HrliPU'e» lu t\ mai 1780 à lu \euve MiciudI pour ."100,000 francs.]
.. .i. ...,!.-, m_ jim OUr lUiiii|muiiir ir.imiirnih i-^ rl.iil i-l.iblir a l.oiiilro ilailK
<lii iliic «rOrIraii* coi'ila h rrhiÉd i;»i livres slorlIiiK; It- prix iiiiiiui-l «•lail
I limiiUii! 1I..1 |>j|>irM tl) >rli'aii> rontlaiiiiuv — Arrliltr» ualloiialcs, T. lOJJ, liiis.s.-» liai ii uSX.
PIIII. IPPF.-
'.'lS
i8 février 1788. — Vente à P. .1. Clicvicau d'iiii -iraml liùlcl appelé VUàlel de
la (Jiine. rue Richelieu, moyennant 3oo,ooo francs.
9 mai 1781). — Vente à ]Jertrand Duolicsne d'une maison sise à Paris, rue
Uiclielieu, appelée VHôlel de Russie, moyennant i3o,ooo francs.
18 novembre 178;). — Vente d'une maison sise au coin de la rue Neuve des-
Petits-Champs et de la rue ^ ivienne, appelée originairement llôlel Colberl, depuis
Hôtel des Domaines, à présent Hôlel du Minisire du Trésor
public: — plus une petite maison sise rue Viviennc, appelée
cy devant les Bains du liérjenl, le tout pour 860,000 francs.
6 juillet 1791. — \cnte à Jean Lanchcre d'une maison
appelée l'Ilàtel de la Trésorerie d'()rlé(uis, rue Saint Tlionias^
du -Louvre, attenant VHôlel des hk-uries, moyennant la
somme de 60,000 francs.
3i août 1 791. — -Vente au citoyen Larmoyer d'une maison
sise à Paris, au coin du boulevard Montmartre, deri'ière la
salle des Variétés, moyennant la somme de 3o(j,ooo francs.
4 avril 1792. — Vente au comte de La Blache d'une
maison située à Paris, rues de Chanterenne et de Provence. ^"'°" "^ f""" s""'"
i3 septembre 1793. — Vente au citoyen Arnoult de V Hôlel de la Chancellerie,
situé entre la rue des Bons -Enfants et la rue de Valois.
Ces ventes et qiichiuos autres, faites soit par le duc lui -mémo, soit à la
requête de ses créanciers, produisirent un peu plus de trois millions. Ce n'est
pas tout; le prince mit en location : 1° les magnifiques écuries toutes neuves
qu'il avait fait construire rue Saint-Thomas-du-Louvre (à Jean Lanchère,
pour 20,000 francs par an); 2" deux maisons qu il avait rue de Chartres
(i3,5oo francs par an); 3" l'hôtel jadis occupé par son père et appelé les
Écuries d'Orléans, rue do Provence (pour i5,ooo francs par an), etc. Il loua
pareillement, en 1791, pour douze ans, à un bijoutier du nom de Denis
Ducliesne, moyennant iG,ooo francs par an, tout le bâtiment du Palais- Royal
qu'avait autrefois construit Mansart et où se trouvait la galerie d'Ende peinte
par A. Coypcl. Duchesne avait le droit, d'après les termes do son bail, d'abattre
ce bâtiment et d'y entreprendre les changements et augmentation « qu'il se
proposait d'y faire»'. Un marchand épicier, Delavoyepierre, prit également à
loyer (20,000 francs annuellement) l'hôtel de Chàtillon. C'est le même person-
nage qui, succédant à Romain, avait loué 100,000 francs, en 1789, le terrain
où furent établies les boutiques de bois que le duc d'Orléans fil disposer, à ses
frais, en i-H\'. En 1789, il y ajouta \c n'z-dc-chaus,sée du Palais-Royal, le
I. Archives nationales, R'i, 387.
a. Voici la drponsc à laciiiello donna lieu l'élablissenicnl de ces boutiques df dois .• à Tabnry,
menuisier, 'lo.tioj livres; à l.e hihan, pi'intre, i|.Kui livres; il Cliarûel, pour la couverture des bouti-
ques, 3,909 livres; à Lambin, vitrier. lCi."!! livies; à Honiiiii. serrurier, 3Go livres. Tolal : 49i'j'i7 livres.
— Arcliives nationales. H'i, tS-i, u" 1.
,'| 'l 'l L E P A L A 1 s - I\ O Y A L
vestibulo à colonnes, t»lr., pour doniR-r plus tl\'kMuluo à celte espèce de bazar
universel, et oHVit du tout i.")u,0(m) francs par an'.
Si l'on additionne le produit des ventes et les revenus des locations de
toutes sortes que le duc d'Orléans s'ingénia à réaliser de 17S7 à lyiin dans
l'alToleinent d'une situation (pii ne faisait tprein|)irer. on arrive à un Joli total.
Ce n'était pas assez, pourtant! Les cliarj^es restaient supérieures au\ recettes,
et les dépenses occultes — dont les re^'istres de trésorerie du prince nont
gardé aucune trace — augmentaient toujours. Oii passait l'argent;' Dans son
entourage, on disait (ju'il sul)\entiunuait des émeutes contre le roi et la cour,
que l'and^ition de jouer un nMe jiolilicpir rciilraiuait à un gaspillage elVréné,
que la Hévolution lui coûtait îles sommes incalculables... Ne sont -ce là que
commérages? ou bien la vérité" toute sinq)le n'est -elle pas tpio le prince était
pris à ses propres pièges et \icliiuc de la spéculation oii il s ilail inipru-
dennnent engagé? 11 arait calcule sans les déNorantes surprises île ragiolage,
et surtout sans la li-rrible crise ipii emportait tout. Kn dimimiant les revenus
de ses apanages, ipi'il a\ail trop farilcmcul escomptés, eu mi|)|ii iuiaiil les
pensions de la cassette ro>ale, la Hévolution lui enlevait l'espoir de se relever
jamais' Il le sentit si bien que, le •> '1 janvier lyija, sans mot dire, et pour
parer :'i tout événemeul, il se coiislilua •)oo.ooo francs de lenles viagères sur
l'Ktat '. Prudence inutile! L;i enciue ses calcids devaient le tronq)er. Le prince,
qui aNait pris le nom de IMiilip|)e-l''.galiti'-, ne devait pas touclier un cetilime
de cette rente, j)as jilu^ cpi aucune de ses làcliett'-s n allai! le garaulii de
réclinfand.
Fort |H'U si-nsibli' au\ clio>.i's ijr r;ul. cl point du tout géin- |)ar les scru-
pules, ost-il snrpreuani ipiim Irl liomme. acculi' auv e\|>icii<'ii|-.. i licrclianl !i
faire argent de tout, ait, dès h- premier moment crilicpie, songe ii battre mon-
naie a\ec les merxeilleuses collections de tableauv et de nii-dailles qu'il tenait
Uo SCS aïuuv.' J .li dit plu> li.iul 1 iu(|.iii'ludi- cloul jv.iil r-t('> saisi son père à cet
I. Mil i'^}, l>i'la«o)i-|iiiTri* iVritiiit iiii dur <l'*)rir-anii : '< Moii«'i|;iipiir. «il piilroil riirnrr dniis vostro
|ilari lie llrnr <li** UiiilUiiu-* ilu PnlaU-lloval un |irn<lui( ili> i.'hi.imhi livre». J'ni riioiiiii>ur ik' Mtiis l'il
|irn|iinrr In itiii;cii« . \iiu« iir.iti-/ fiill un ImII |xiur li's /ioufji/ii<-< dr la foire ilo nni.iNio li\ri>-i. Jal
l'li»iMirur (II' «OUI pnWnliT ma «luiiilMioii jniur li- «urplii*. r'i~il-îi-illn' |M)ur Ii-h lMiiili(|ui>s ilu l'iilois
I '■ ' " :' ' '' "■ ci'lli-» »ur Ir Irrr.iiii |iriijrli', > rniiiprU i|iii-li|iii><i n|>pjirl(>iiiriil!i
xMi ll«rr«. " Kii \i'iilr. il ni' ilonl.iit ilr licn, ci- l)fln\ii>i-pii-i'rc! Olu
I iil uux nurrlianiU i|ui Im.iirnl Ic^ lMiiilii|iif!<. V rlli's m-iiIi>5, les
I 'iiu,;i tt sa iiirri><|Miiiiliiiir<' a«f<: li* ilnr il'l )rli''<uis |M>urraiiMil ilniiniT lii'U l'i une
' <Uii« ri« rli.iplln- »iir In riiliip ili- l'lillip|M'-l%){nlili>. Kn 1703. IVInvoyi-plorri' l'ul
' '" — t ' •• "•! Il-» riilri'«<>S lin l'iiliii<-lli>ynl. <iu-ili-NMin« du
' ll.iimri-. la riir ilr \iiloi» i-l li> jfianil i-xiilior.
' l'ii 171111, li-« liii'ii* irii|HiiiiihT ilii dm- d'Oiir-ans
i : lit .1111 >iii liTiiir iir fnl |ki>o. Kii iiniri', uni' luiunur nnnucllt*
it «liiul >■)• à l>tlliirlliiu dn dclti-< du prlnit*. (Ivllo-rl iinn
l •■ •
1 '• il« Ihtjrdkpr, au IVinmliiP iiallounl, m>u* In IIium* \'u>. — Vnyï'/ \iiliiM-!i
IMltnii ' iu>\.
P II 1 1. 1 P P K. -
éjîiml le jour âc la ildiiatinii aiiliciprc du l'alais-Koxal, cl coiniiiciil le vii'nx
duc crut devoir prciuire dos prccaulious conlie la ra^'c incrcanlilc de sou fils
au moyen d'un article additionnel réservant
les objets d'art. Assurément, celle méfiance
ne s'était pas manifestée sans cause. Elle
devait avoir sa source dans quelque confi-
(l(Mice loinlaine, dans un avevi échappé peul-
t'ire en une miiuite d'expansion, cnlin dans
la connaissance intime des idées du jevuie
prince.
Dès l'année 1787, celui qui allait devenir
Philippe-Egalité s'empressait de vendre,
dans les conditions qui ont été dites, la
collection des médailles et pierres gravées
à l'impératrice Catherine de Russie'. Puis
il se mit en campagne pour se défaire de
la galerie de tableaux célèbre dans toute
l'Europe. L'idée ne lui vint même pas
qu'une pareille collection — honneur du
pays qui la possédait — ne devait, à aucun
prix, passer la frontière, et qu'il avait le
devoir de trouver une combinaison pour
(pi'elle restât du moins dans des mains
françaises. Il n'eut qu'un objectif : la faire
passer subrepticement à 1 étiaiiger.
Parmi les diverses relations cjue le duc
avait à Londres se trouvait un certain
Parker Forlh; celui-ci ne demanda pas
mieux que de se charger de trouver des
accpiéreurs pour les tableaux. «L'Angle-
leire, qui ne sétail pas relevée des rentes
successives de la galerie de Charles 1" l't
de celle de Robert Walpole, passée en
Russie, semblait iraitriKJrc (|u"iMie occasion jxiui- prendre sa revanche\»
Forlh s'aboucha avec im jeiuie lieutenant de marine, James Chrislie, qui
1. Voyez plus haut, pafjo So;. — l'.iiriii ces picncs gravéï-s sp tiouvail la ma^miliquo afialt'Oiiyx
ropréspiilaiit Ajfiippini", ivjfaiiliM' lomiiu- une pure nuMM'illc <le l'art. I-c 1U''kciiI l'avoil payée
3o,ooo livips, pt pIIp pu \alail, dil-ou. plus dp rciil ; mais cp (|ui (Iplpiiniiia suilnut l'aupnt dp Callip-
riue II à faire cette acquisition, ce lut uiip Minerve armi'e dont la re^SPiublancp a\pc l'impératrice
était frappaide.
2. PioT, Cabinet de l'Amateur, t. IV, p. i().S.
F.\ nois sciLni; et nom': (xvn* siècle)
','|fi I.E PAI.AIS-nOYAL
venait do d..iiii.T sa démission afin de se consacrer au commerce des tableaux,
et celui-ci. après avoir sondé diNcrs commanditaires, entra en pourparlers
avec le r<jnd.'' de pouvoii-s du duc d'Orléans. 11 vint à Paris, examina la col-
lection, et diui .onnumi accord le prix en fut lixé à loo.ooo guinées. c'est-à-
dire à j.drjD.tMM) Innics. J;)nies Clnislie. après avoir garanti le dépôt de cette
sonuue à la Uaïupie d'Angleterre, devait faire transporter les peintures par
un bal.aii du port di- Rdiit-ii. C'est sin- ces bases que fut signé, le i8 sep-
tembre i;.)!.. nii contrat en bonne et due forme, dont j'ai retrouvé une copie
à la l{iblii>lliè(pie nationale' de Paris, et (jiie je reproduis littéralemenl dans
les Documents jii.itijicatij's publiés plus loin.
dette pièce, jusipi'à pivsent ignorée des érudifs, sond)ie coiifrediic dune
façon absolue le récit de nnciianan \ réédité souvent en liarui'. et <|iii (loiiiie
sur les cil-constances de la \enle en Angleterre une version loute dilVérente.
Cunnne Huclianan n'appuie la sienni-, d'ailleurs coniplitpiée, d aucune preuve
formelle. a>anl la xaleur. comme j)récision. du Iraili' cpie je \iens de men-
tionner, j'ai cru. je l'aNoue, ipie laulheulicilé de celle-ci démontrait la fausseté
de celle-là. \oilà ponnpioi. au cours de ce travail, en divers passages, et même
dans la préface placée en lèle du |)résenl Noiume. j.ii fait allusion au document
nouveau (pie je produis ici sur la \iiite des tableaux du Palais- Royal en
.Angleterre, i-ii doiinanl jiMiir eeilaiu ipiil ne pouvait pas se concilier avec
ce tpi'on connaissait île (elti' \eiile. ,1e dois reconnaître, après une élude plus
approfondie di- la (pie>itioii, que l'une di"< deux mm'sIoii^ ii'imIuI iiullcinciil
r.-iiilre. ;iinsi (pi'on \a le \oii-.
(Jiie M" pa-Ns.i- 1 - il. eu eil'el. entre le ri'pn'seiilant du dur ii'( Jrlt'aus et
(ihrislie? (!e dernier, une fois de retour à Londn-s. ne Irouxa-t-il pas les fonds
sur les«piels il axait cru pouvoir compter.' (Mielcpns dit1i( ullcs s'éievèrent-elles
rclatixemeiit ii l'exé-eiition du contrat? Sur I une dc^ pa;,'^es de l'acte dont le
maniiHcril est ii la Mibliolliècpie natioirde, on lit (rois noni'^. sui\i>^ ebacuii d'un
cliilTre : nie prince île (ialles, ~,ooo guinées; le due d'^oïk. ."i.ooo guinées;
le du<- de (ilnreiice, â.ofW) guinées.» (les désignations iii(ii(|uiiit elles la somme
qui' leH trois personnages visés se proposaient de fournir poui- eniitiibuer à
ra<'ipii<«iliiin. et (iliri»lie, ipii ne dut pas cepend.inl s'enf.Mgei ;i la le:/ère. ne
par\int-il pas ii grou|iei le- autre- coiumandilaires dont il .iv.iil JM-Miiii.' .le
«tuin forcé de laisser ces questions sans réponse, et mes loiii/m-s reclierclii'S
on Angleterre sur ce sujet sont resléi's infruetueiises.
<.,>iioi cpi'il en soit, le duc d'Orléans ne resin pas sur cet écliec. et deux ans
I nibtloUi^iur iialt.iii«|i>, MM IT i^H^S.
• II. .ii.»«>.. Urmoiri uf ptunUnij uUh a ehronnli^jicat hlilory of Ihe importation of fiirliiret liy
grtal UatUrt ml,. Kmjliinil tint* Ihr h'rrnrh Hrfolulion LdiiiIhii, i vol. In ■ »". i«ïi.
PHIMPPF-EGALITK
'-\'\1
après, en 1793, il vendit à un bancjuier de Rnixclles. Kdouard Walkiers, pour
750,000 francs, la parlie fran(,aise et ilalienne de la collection. Est-ce une perte
au jeu qui, comme le dit Buchanan, le força subilenienl à cette opération;'
On pourrait le croire en présence de la modicité inouïe du prix qu'il accepta,
lui qui, en 1790, avait demandé 110,000 louis (a, 800, 000 francs) pour l'en-
semble des tableaux! A peine Walkiers fut-il en possession des précieuses
peintures qu'il les fit emballer et diriger vers
rAncIeterre.
Quelques caisses étaient déjà arrivées au Havre,
lorsque M. de Labordc-Nerville", fils du célèbre ban
quier de la cour et, je crois, cousin de ^^ alkicrs,
désespéré de voir celle belle collection passer eiilrc
les mains de nos éternels rivaux, obtint pour
900,000 francs la cession du marché, moins trente
deux tableaux que AN alkicrs voulut absolument con- -^ ^--
server. Il fit construire, pour hi placer, mie galerie
dans les jardins de son bôtcl de la rue Cerutli (Coii«uo: _- , . „ ivécs;
(aujourd'hui rue LafRlte). Mais, à peine ce trésor y
élail il déposé, que les troubles de 1792, qui en présageaient de plus lerribles encore,
vinrent lui inspirer les craintes les plus sérieuses sur sa conscrvalion. Il les emballa
donc de nouveau, cl les expédia pour Londres, où il arrivèrent en juillet 1792. Il
avait, pendant l'hiver, racheté de son cousin les trente deux tableaux que celui ci
avait réservés lors de la conclusion du marché; de sorte que M. de Laborde possédait
alors la collection tout entière. Il la garda précieusement jusqu'à l'an VI. espérant
toujours rentrer en France et y rapporter les chefs-d'oMiMc (pi'il pensait avoir
sauvés du pillage et de l'incendie. II y rentra, en efl'et, peu de jours avant le
18 fructidor; mais celte fatale journée, qui l'en chassa de nouveau et lui enleva
les restes de sa fortune, le mil dans la nécessité de revendre ses tableaux, seul bien
qui lui restait.
Ils étaient encore consignés entre les mains diiiic maison de coiiinicrec de
Londres, lorsque M. Dryan, agissant au nom du duc île Bridgcwater, du comte
Carlisle et du comte Govver (devenu plus tard nuuquis de SlafTord), les acheta
pour /i3,ooo livres sterling (1,075,000 fi'ancs); les frais de trans])orl et les droits
d'entrée seuls montèrent à plus de 5o,o()o francs. Celte affaire lermiuée, les nouveaux
propriétaires firent estimer et fixer \u\ prix à chaque tableau, convinrent de ceux
<[u'ils voulaient réserver pour leurs galeries iiarticulières, et organisèrent une
exposition publi<(uc de la totalité. Elle dut être divisée : une parlie fut exposée
dans la salle de M. Bryan, à Pall Mali, l'aulre dans celle du Lyceum. Il ne se trouvait
pas à Londres un local assez vaste pour contenir l'ensemble de la collection. Celle
cxposiliun dura six mois, du iCi dc'rcmbrc \-\)'^ au mois de juillrt i~\)\).
I. Ut! Laborde -.Xi'ivillp, lils aiiié du lllar([ui^< Joseph de Laborde, fut j,'in-di' du Trésor royal,
nounné député aux Klals-(jéiiéraux par le baillage d'Ktauipes, eti i7Hr), et rliar^'é plus lard, en 1790,
de recevoir rarîfeiilerii- diiiuiéu par les é;,'llses de l'rauee II iMdUiiil en Vijvleleiie eu \t>ui.
Li: PAI, AlS-UnYAI.
I.i-s lésullals irinaiilicrs de l(i|).'i:ili(.n furent considérables...
I.a partie <iiie se réservaient les nouveaux acquéreurs (le duc de
Uridgevvaler, le comle de Carlisle et le comte Gowcr) s'éleva à
la soiuiue de 39,000 guinées. Les tableaux vendus pendant lexpo-
silion produisirent 3i,ooo guinées; enfin, les recettes faites à la
porte (les salles, el le nionlaul de la vente aux enchères, qui eut lieu
le l'i lévrier 1800. <le .soixante six tableaux, qui n'avaient pas trouvé
d'acquéreurs à l'exposition, qui produisirent plus de 10,000 guinées,
uiumnteiil un bénélice de près d'un uiillion '.
On trouvera plus loin, dans nos Durunicnts Jiistijhalifs, la
UMUifuclature tics tableaux et leui- prix crailjudiLiilioii en An^iclcin-.
.lai ajout/' à ces reusei<,'ru"inetits riiulicalion de la valeur à laquelle
chacun d'eux fut >ui'cessi\euieiil olinH- <lan-; les iiiveufaires après
décès (les ducs d'Orléans, de|)uis le Ht-;reut jusiiuà la mort du
pèr.- de IMiilippe-K;:alité. en lyX,'). Ce travail, très dillicilo, loiij.' et
luiiuitiiiix, tr.nivcia naturellem.iit sa plate, .sous une fornu' pb.is
c.iiuplèle. dans une Histnirr tic la voUection des tableaux du
l'alfiis'ltoifal. (pii est eu préparation, où Ton essayera de consa-
I ler il chaque cruvre une niuno;.'rapliie détaillée, avec rindicalioii
des péripéties s(diies depuis l'ori^^iiie jusqu'au pos.sesseur actuel.
La veide faite par le duc d'Orlé'aiis à Walkiers C()uq)reuait les
tableaux des i-c(ile> française el ilalieinie. c'esl-ii-dire le dessus du
panier de la collection, uuiis non les ti'uvres de {'('(oje ilaniaiide.
< ielti- partie fut ct'dé-e (piebpies mois ;i|uès pai le |uiri(e, en 171C*,
il un \ii;:lais du unui di' >la(ie (l;iii> lr> ruiKlilidii-- (]ue celui-ci a
i.iconlées hii-uiènie de la la(.<iii siiivanle ' :
.\u mois (le mai \~\yi, feu lord Kiiuhiiid el MM Mniland et llaiu
mcrsley me (Jemaudèrenl si je voidais rue juindic à eux jhhm la spé'cu
latiiin lie rachat de la collection entière du duc d'Orléans, pnur laipielle
iN fourniraient rai';;enl el dont j'iiinais à faire l'experlise. Cette propo
-itinn me ennvenail el je l'ai-ceplai imnii'dialemenl. Le «S juin x^^yx,
y ipiiltai ma maiMin de hnchester pour partir à Paris. enq)ortant
avirc moi une lettre de cré'dil mit la niaisitu de Pei'i;,'aux and < ', de
'>i),iMHi livres sterling.
J'iurivai à l'urin Ir jour menu' mi le mi avail |)ris la l'iiile. I.a ville
étiiit (laiin la plus grande conhisiou et sous le régime de la loi
mailiule, Cependant len gardieud de lu galerie du Palais lloyal
I. l'iiif. I.r l'aliinet dt V \matfar, i** «t'ric. t. IV, p. rMU-507. — O récil mt
IraUutI |)ri-M|iir iiiUrrriiii-iil ilr l'iiinrai,-)- dr Itiirlitiimii.
». l.rKrr ,U T -M. Siadf «1 Uurhawiii. |iiililiii' ilnii» roiivriiK<^ di" ri' ilcriiicr
'< ' i J I II iliililtr lil U ItadiKtluii |ilr«<|ilr i •iiii|i|r(v.
PIlII.IPPE-KGALlTl': 4^9
a\ai('iil iiidic de iiu- l:ii>si'i- lilirc arci's îi loulc liciuc. cl i\r (lt'( rncliof les pcinliircs
que je ilésirais fxamiiui . ..
Je me trouvais (lc[)uis (inix nu dois joins à Paris, je fus prié de la jiail du dm-
d'Orléans de faite une ('v aliialinn de luiis les lahleaux de la collccliun el de lui
iu(lii|uei- une nllVe. Je lui représenlai (jue celle façon de procéder élait coiilraire
Pcim par 1'. 1'. Kubc
Ml II 11 ' --lv,ll\ <:u>TlU; MASEMJE
(T-ibleau Je b Galerie du Palais-Koyal)
à (ous les usaj^cs, et (|u'il ajiparleuait d'abord à Sou Vitesse Royale de fixer lui prix
et de foruuiler une (Iciuaiidc. Mais tous mes efl'orls sur ce point furent vains, car les
négoeialinus ne pouvaient être entamées si je n'accédais pas à ces conditions. C'est
pour([uni je jiie luis en dcMiir de faire cette évaluation el de la présenter au duc.
Quand il la vit, il eiilra en fureur, disaid ([u'il était trahi el tpie je devais me liguer
sans doute avec M. Lelirun, le diiceleur de la galerie de Son Allesse Royale, car il
n'y avait (juc 20,000 francs d'écart entre l'évalualion de celui-ci et la mienne,
.l'assin-ai au duc cpie ce n'était pas le cas, cpie je n'avais eu aucune accoiulancc
avec M. Lebrun, ipieje ne lui a\ai^ jamais parii' de ma \ie. el (pie je le ctuinaissais
senlemenl de répulalidu.
( ici iiicidiiil . iK'aiiMniiii--. lil ((liiiucr ces |iriini<''rcs iici;( xi.il ions. M. Sladc
du! s'en TcIdinriircM \n,;^li'lcrrc. Iles iMurlilie de n'avoir pu venir il I)oul de
T. I. LE PAI.AIh IKJ1.M.. 57
^ 5o L E P A L A 1 s - H il \ A L
son eiilivpiiso. C'.o lut scuI.miioiU .iiu-lqiu' temps apiv^ (juil lui iiilcnm' [(ar
loiil kii.i.air.1 (lue le ilu.- il'Oriéaus. «après aNoir |)eraii uuc sounne eousidé-
rable aux l)iilanls avec M. Laboide, » s'était défait de la partie ilalieuue de sa
collection. Il ajouta ipi'il u'v avait pas une niiuule à perdre si Ion ^oulait
conquérir le reste pour TAu-leterre, et qu'il fallait cpie M. Slade riscjuàt une
seconde lentalixe. Celui-ci re\int à l'aris et lit au due d'Orléans de nouvelles
offres qui, cette fois, furent agrétvs. Tout s.MidjIail Icruiiné; le niénioranduiu
d'acceptation était sij,'né, ([uaiid une dillii iille inqirévue se présenla :
Lo> nombreux créaniiers auxquels le due d'Orléans avait donné pour gage
dinérenles parties du Palais lUnal se levèrent en masse et réclamèrent les tableaux
comme faisunl partie de l'ameublement. Ils refu.sèrent de les laisser déplacer. Je
consultai un .savant avocat qui me doinia le conseil, connue je parlais très facile-
ment le franvais, de piailler moi-même ma propre cause. J'assistai à la première
réunion des créanciers dans le grand hall du Palais- lloyal. Trente à quarante
étaient présents. J'exposai le bien-fondé de ma réclamation, mais ils ne semblaient
pas disposés à y faire droit. Mors, je déclarai bardiment que s'ils ne me laissaient
pus enleMT ces tableaux, j'userais du |)ouvoir (pie j'avais de protester contre la
vente à aucune autre |)er8onne, et (pie, par cons('(pienl, le duc se trouverait bors
d'état de satisfaire à leurs réclamations. Cette menace cul tous les ellels désirés, et,
le jour suivant, je fus informé que je pouvais enlever les tableaux îi mes pro|)res
rit(|uc»... Je ne perdis pas de temps, et, profilant de celle permission, je les fis
transporter dan» un grand magasin, tnut près du l'iilais-Hoval.
M. >ladr n'itail pas enciu-e au bmit de ses |)('iiirs, ( ;ii-. |r biuK s'élaid \ili'
répandu dans l'aris du marché que venait de conclure je priiicc. quebpies per-
soemes, indigné-es, songèrent à empêcher (jue les tableaux ne sortissent de
Krance. I.e négociateur anglais termine ainsi sa narrai i< m :
Pendant ([ue j'étais en train de classer mes toiles, sin-xinl une .illliieiice de gens
parmi lesipiels se trouvaient beaucoup d'artistes (pii déel.u'aient ipie c'ét.iil une
honte lie iui.HM'r Mortir du rovunne une aussi inqiorlanle colleelion. et ils semblaient
par leur langage déterminés à l'eiiq)èeher. (hielipies uns d'entre eux s'informèrent
pur ipielle voit; les tableaux devaient partir. Maisj'a\ais dit aux honunes employés
à fuirc rend>uilagu ipiu les toiles seraient expédiées par Calais. .\ussil(*il ipie les
caÏAM?» furent lerniinéet, je les lis, dans la iniit, porter à bord d'un bateau, sur la
S-ini\ qui était en purtanei; pour le IIAvre de (îrilee; de là elles nn-ent aussiltM
dirigée» sur l'AnKlelerre où elles atterrirent eu bon étal à la N'ielualling OUice, à
I ihulhani.
I^ cdiii'clion des t.'dile.iux (1(*h écoles du Niinl, < lupoitec p.u M. >l.ide, bil
xvndiie II l^tmlrcM, au mois de m.ii de l'aimee t~\i-^. quès une i-xpusition. datis
li*A !uilli>« di< In vieillu Académie, ii l'ail Mail, (pii eul un tel siircès que. dinaiil
lu dernière M'inaine, les unln'n;!! s'élevèrent ii plus de nm guinees par jour.
PII1I,IPPE-ÉG ALITK /|5l
Celle Yonto procéda dmic de ciiK] ans colle des œuvres italiennes et françaises,
faile l'ii i7i)9. Toutes dciix (ilVniil matière h de nombreuses observations qui
ne sauraient trouver place dans cet ouvrage. Je nie bornerai à une simple
constatation. Il a été pidilié à Londres, à cette épo(|uc. Iiois catalogues de la
collection du (hic dOiléaiis. \.c premier', relatif aii\ «luvies des écoles du
Nord (179.3, petit in-8" carré de 2G pages, im])rinu'' par .1. Smeeton), comprend
■.>.7}() tableaux. Le second', contenant la première partie des (l'uvres italiennes et
françaises, exposées en iioNcinlirc 171)''^^ à la galiMi(> Hryaii (in-S" de i/i pages),
énunière i.'58 tableaux. Le troisième', paru en même temps avec un nombre
de pages identique, donne la nomenclature de la suite de la collection ita-
lienne, exposée au Lycéum dans ce même mois de novembre 1798, et va du
numéro 1.39 h 290. Or, si l'on fait le compte de ces tableaux indiqués dans ces
trois catalogues, on arrive au cliilTre de 55 '1, qui dépasse de i.?8 le nombre
des œuvres que comprenait réellcmeid la collection du duc d'Orléans''. La con-
clusion'' Elle s'impose avec trop de rigueur pour qu'il soit nécessaire d'insis-
ter. Mais, d'après cela, ce qu'il serait iidéressant d'établir, c'est la liste des
(Kuvres qui usurpènMit alors le prestige de leur provenance, et passent encore
aujourd'liui faussement pour avoir fait partie de la galerie du Palais-Royal !
La publication des Irn'cntaircs des ducs d'Orléans v aiderait singulièrement.
Il est à remanpier. au surplus, cjue le duc d'Orléans ne vendit pas absolu-
ment sans exception tous les tableaux et objets d'art qu'il possédait tant au
Palais-Hoyal que dans ses autres résidences. Il en garda une petite quantité.
Lorsque la (Convention, après avoir envoyé le prince à l'écliafaud, mit ses biens
sous séquestre, Lenoir, diiectenr du Musée des mommients français, fit réserver
([uelques tableaux et statues iiouvés chez «Orléans condanmé)) pour son cher
Muxéuni. Dans le Rci^istrc de réception des où/e/s d'arl et aniùjitités trouvés
chez les émigrés et condamnés, (jni est aux Archives nationales'', on relève
les œuvres suivantes, qui furent prises au Palais- Royal :
— Frileuse, en hroiizc, par lloi don. |La dile "Frileuse» a él(' appdih'c au (lr|)i')t
par le citoyen Iloudoii.]
— La Vienje, Jésus el sainl .leiiii. de grandeur naturelle et iiii curps. sur toile
1res raj,Maii(lie, du Guide''.
1. lirilisli Muséum, cote -jSoT), E ."> (\!{).
2. Ihid., cote 7857, C -n (i).
3. Ibid.
'1. L'Inventaire de 178.") du père do Philippo-ÉKalilé donne le déuombremenl suivant des
pcinlurcs de la collection : au Palais-Royal, 3<ii numéros; au ilaincy (011 avait été envoyée la plus
fjiande partie des l.ibleaiix flaniands), ii.'); soil un total de 'i i Ci. Kneoie. paiini ces œuvres, combien
(le toiles étaient détériorées el sans ancinie espèce de valeiu'. qui ne furenl pas envoyées en .\ugle-
terre 1 iJ'autre part, (|uel(|uesuncs, d'une ccriaine iinporlauce, iest(Teut à Paris.
.'). (Àite K'", l'A, p. 7."i el 60. — Voyez aussi Archives du Mnst'-e du Louvre, P'i, iSoa.
f). lndi(pié. cependani, dans le catalogue anglais de 179^*, comme vendu à Londres 3G li\res. —
Voyez plus luiii.
45a LE PALAIS-nOY.VL
— Aijiir dans If déserl. sur cuivre, de Pierre- François Mola.
— Fleurs. i>ltt/iles et animmu, sur l)ois, tic Mir.vov. [Hauteur. iS pouces, sur
i5 pouces de larye.)
— Porlrail Je femme, vu à mi corps, collé sur bois, de Carlet.
— Porlrail d'homme, grandeur naturelle, à nii corps. École du Titien.
— Lu Présenlalinii au Temple, composition de lo lif.'ures, sur bois, de Séhasiien
BOCRDOX.
— Lue vieille Jemme. \ue de prolil, >ur iiois, île Mu m i \nge.
— Le Dépurl de Lotli et l'Einbrnsemenl dr Soilnme. (Itii\ t:iblcaii\ de l'uni
VÉHO>t:SE.
— Hercule jeaiie au In-rreau éluujjanl un seriwiil. dWii. (IvitnAtiu:.
— Animauj- vieunls. deux ;;rands tableaux, de Snvdehs.
— (Judire imysufjes d'architecture et ligures, de l'ranc. Ilm i m u.
— l'nririiil en pied d'un ijuerrier cuirassé, de Simon ^olET.
— l'nrirail de (iaslnn de Fois, figure en pied, servant de pendant au j)réct'ileul,
de Simon Noi ►rr.
— l'urlrail d'un ijaerrier cuirassé, par Kkiai n. | Hauteur. Jo pouces, sur oN puuocs
de large'.)
— Salmiicis el Uennaplirndilc. sur cuivre, de H. Sciudone.
— Deux [uiysaijes à gnuacbcs, enrichis de ligures el animaux, i)ar ,I.-G. A> a
— l'orlrail de Ihnri l\ , en |>ic(l. sur bois, par l'umus, gravé dans la cnllcclinri
du cy devant l'alai» ibival.
— !>-• l'urlrail du ItéijenI cl la Pai-ahcrI sic', de Swïeuhe.
— Louis MU couronné par la \ iclnirc. de Ph. de (Champagne.
— Louis Xlll, en buste, de grandeur naturelle, forme ovale, par le niéiiii'.
- Ilcnri l\ . représenté en pied, à làge de cpiatrc ans, sur bois, de .Iianm in;
|p<)ur J\>kt).
-- Le Couronnement de Henri l\ . gmiaclie.
I n jeune Itéijcnt. vêtu dans le cusliuue rnmaiii.
Henri l\ après ht halaille d'Irry emhru.ssani .Sully, sur bois, de ('oumuiu.
I.e Porlrail d'Orléans condamné, |crevé,) par Hk^mii.ds
— I,e llusle lie Henri l\ . nvale, sur toile, de Pomus.
— Porlrail d'homme, de Maria 'riMoiiirii.
— Porlrail de femme, de Mii.>m(|i.
- Leiirand Dauphin el .ta famille, par Mi.;naui>.
— Stiinir h'élirilé em/nirlanl son enjunl au murlyr, sur tuil. . pu Ciikh i.t.
— l'nr leçon de A/ir/ir, par le luénie.
1^' Poriniil d'f:<jalilé. à mi lorps, par .\ngelica Koiimwn.
F.tjaUlé viaihml ton Jils endormi, el un néijrc auprès, .sur bois, de I.ÉfiM .
\j- Héijrnl el Henri IV. deux foin eliacim en tapisserie des Cobelins. moulés
MiiM glurp.
— \jn \fu%.t. (I.'iix tableiiiix peints pur Mii.>\iu>, de grandeur ii.ilurelle.
• ''•■"' • |«>ctr«U •lu H^lfltl. •»« lll.r r.llr.l,,.-. <|„i ,.,1 „„ ,„„„.,. ,1,. \,.,-,;,ilI,.s,
riiiT.ippK-i:(; \ r. iti
La Couveiilioii lil ('■galenieiil uiitivr au Miisrimi les <(iil|itiircs, dalanl du car-
(liiial (le Richelieu, qui étaient restées au Palais-lloyal, i-t diviiscs autres d-uvres :
— Quatre bustes marbre lilauc et revêtus eu marbre de couleur, dont deux sont
colossaux, représentant Déniosllirnc ol un Empereur, les deux autres, la copie de la
Vénus de Médicis, et une
Femme; quatre gaines
plaquées de dillércnls
marbres.
— Le Tireur d'éiiiiir,
figme bronze.
— Une grande coupe
de serpentine sur un so-
cle de porphyre rouge,
lïd de porphyre, vase de
granit Oriental sur socle
de marbre gris'.
— Deux cuvettes de
griotte d'Italie, portées
par deux cariatides ados-
sées, en bronze, sur un
piédestal de même mar
bre, orné de bronze.
— La Merge, VEnfaitl
Jésus et sinnl Jean, du
Bassan.
A Monceaux furent
recueillies les sculptu-
res dont nous avons
déjà parlé. A Choisy-
le-Hoi, on prit deux ou
trois peintures : Allé-
i(0 rie I ep réaen tant la
Jainillr du Régent, une Toilette de Vénus et les Ouatre Jilles du Régent.
-Mais il est probable qu'Alexandre Lcnoir aurait pu glaner d'autres peintures,
qui sans doute étaient restées au l'alais-iloyal et (pii tlment être vendues aux
enchères, avec les meubles, à moins (luOii ne les y ait dérobées'. N'aurait-on pas
I. .archives du Musée du Louvre, .V-i, aim. i8oa, et M'i, Origines; i7y5, 7 septembre.
a. Au retour de l'éinifiralion, en 1819, la famille d"Orléaiis réclama au (iouvernemeut fraiH-ais
certains objets d'art et tableaux qui avaient appartenu à Philippe- K^;alilé (Vrcliives nationales. U3,
l'iuQ, i43oet i'i3i). Outre plusieurs statues placées au l.uxernbourji, et un Henri IV \vav Prieur, il y
avait vin^'t et lui tableauv (dont reu\ (|ui ont été ci-dessus cités) et le groupe de lloudon : Diane chas-
seresse. Mais, pour celte dernière œuvre, on Iransi^ea. et la l'amille accepta, en éclian<;e. une statue
d'Ajax par Dupaty. 11 est vrai qu'en i848 Louis-Pliilip|)e prit sa revanche, en se faisant donner
toute la collection espagnole du Louvre. — (Cnmmunicnlinn due à Vobliijeance de M. Ch. Saunier.)
T.lBLEAl DE L VN.'.IENNE (iAI.EHI
\-y\ I.i: PAI. MS-HI)Y M.
.In % Iro.iN.T. par o\.>ini.l.-. 1.'^ .Iin'-is poilniils .1.- la.nillc (pu' nous avons ou
l'occasion tlo signaler. ctMix .1.- la U'uuiw du Ht-fri'iil, .oux de la princesse
Bourhon-Conli. par Nallii-r. etc. ? l n amateur 1res érniiil. artiste bien connu
cl de rare niéril.-. M. Cl». Mossi«:neu\. possède un tal)lean qui faisait partie de
la coll.vlion du Palais-I\..xal .1 .pii lut acheté, en 1793, lors de la mise à
l'encan des ni.'uhles du Palais. C'est la t.iile de Paul \éronèse intitulée J/<7/.s-
et Vénus liis par l'Amour. Nous l'avons lait reproduire (voyez page 23,3).
L'orifîinr n'en peni Tire suspectée, l n brocanteur ijui l'avait acquise sous la
I\é\.)lnti(>n. et ipii n'en connaissait pas la valeur, en avait fait une lente à
lanM-nl île sa boulicpie. <i Depuis un siècle elle apparli( iil à ma lunilK', " imus
a dit M. Ilossi^riu'uv. Cependant, cette même loi!.- csl indiipiée. dans la liste
«les u-u>res \endues ;i 1' \nglelerre. comme a\aiil ('h' adjuL^'e 3()0 jiuinées
(y.ijijo francs) il M. II. V.\\\\\\. Kn vérité, I.' mira.lc .le la multiplication des
pains, dont pari.- rKNan;:!^'. n'est pas pin-; .'Idmiaiit (pir le iinstèr.' dniil
reslrnl «•ntunrécx ccrlaims iiiiMe-; de la j.'ali'i ii' d( )rliaMS !
1.1; r\i.\i^ r.i.M.ni; I'Iadwt i.\ ri:ni'.i:i w
\ i:\ii: 1)1 \i(»i;ii.ii;i',
l.r (1 noM-mbre i7i)3, le duc d'Orléans
pnil -m- rciliai'and. l,f (!/(inr ri'/ti^tnr bii
lit <'fll<- oiaisoii funèbit' : <> 1 >'( )rli''ans. .a qui
la pi'i'\t'nlii>n pidiliqni' supposait rànie dnn
v.aicl. la làrliclt- dnn «Mitant, est ponitanl
iniirl ;i\ec le niasipie du coina;,'e. » .iiistpr.-i
la «Il iniérc miinilc il se nii>nti;i impassible.
Il liiiil du iniiins «'n beau junenr. (Uw lui
r<"<l.iit il. «Il «-llrl :< |)<-s ami-^ Miilable-^. il
iii'ii axait |iiiint «•! ne s'en souciait j^Mière.
hans s.'i faii)ill«-. mille li-ndresse. ( )n ne le
pleiirn |Mi«i. Toiilc iinibilioii lui «'lait inl«T«lil«' «livormai». (jnaiil ii >a foiliiin-.
il n'«-ii n-tlail plut liaii-.
!.<' l'nlni"*- h<i)nl. qui, di-ptiit Iroin ant, avait i«'i n le nom di- l'.dais l.;jaliti'-,
• Inil de>enu lu proii' .HUprènie, le dernii'r os mu l«'ipiel >'ai'li.'ii liaient liiiicii
tenienl l<'H I n'-iincier'», «•! dont iU ««■«•n'«>r<;;uenl d'extifiii-e la m«iell«', ii";i>aiil
plii« rii-ii nuire h désiirer. (ioiniue bien d'.ipaiiai/i-, ils ii«' poiniiient le faire
i:(; M.iTi:
M'tulrr : on en tir.i Iniil ce (|u"i)M piil |);ir des locilintis. Ia- i 'i S('|)lcml)rc I7()>,
l".\sscMnl)li'i' nationale .nail iciidii un ilivicl aiih nisaiil l'lnll|)|)c-l'!;^alilt'' à inn-
timuT les aliéiuilioiis ilos l)àti-
nionls tk-pciKlanls du l'alais'.
OiiclijiiL's mois |)lus lard, a|)rrs
avoir sigillé, dans la piison on il
ôlail eidcrnit', uni' prociu'alioii
au\ jnandalaiirs île ses cn'an-
ciers, k' priuco sciait Irouxc^ (lé-
jiouilk' des derniers veslif^os do
sa lorlune. ( )n lil vendre loul
indislincli'uieid, aussi bien k^s
iiuineuhk's dési^rnés dans le con-
cordat que les |iro|)ri(''l(''s (jni n"v
étaient pas comprises et (ju(; le
duc lui-mèaie naurait pas pu
alit'uer :
Le 3o juillet 171).', dit \ atout',
les niandalaircs se rendirent eux
mêmes acquéreurs dune partie des
hàlimenls de la cour des Fontaines,
et vendiienl le reste i)our la sonnnt;
de (Si 6, 000 francs en assignats.
Les autres maisons (k'peii-
dautcs du Palais lurent vendues
de la même manière. (ïail-
iard cl Dorl'euilie eurent pour
i,Goo,ooo IVaiics non seuicmciii
le théâtre dont ils {'•taient loca
laircs, mais encore la jiarlic du
Palais (pii s'y trouvait ados.sée.
LéluMusIe Moudin eut en loca-
tion pour neul' ans, moyenuani
ô(j,(joo francs par an, tout le [)avillon neuf coiislruil sur la cour dlioimeur,
«le[)uis les caves juscpTauv combles, ainsi (pic 1<' liàlimenl donuani -ur la rue
«Honoré» tlans la première cour. l)"aiilres locataires. Sainan cl l'iicliel, prirent
iL DE IlOlSLllir.
I. AlThivfs n;ili()ii.ilc,. It '.. ■.<•!.
a. Vatoui-, /.(• l'aliiU-lluyal, j). 197.
^56 LE PALAIS-ROYAL
la partie conli;;uë à ce pii\illoii'. Il n'\ eut plus que ce qui avait été les
-.'laiids apparteiueiils du l'alais-ilnyal (pii resta encore inoccupé.
Los nieul)les nièines, ces beaux meubles qui emplissaient les galeries du
Palais depuis tant d'aimées, cliefs-d'œuvre de rébénistcrie française, les bibelots
de pri\, les tapisseries, Turfî-N rerie, ces mille objets précieux qui constituaient
_ le luxe de la demeure princière, discrets témoins
dos intimités de rexistonce, tout cela axait été
-ai-i, hiiilali^c. mis à l'encan quelque temps
:É\aiit riMiiilidii ilu (lue d'Orléans. La vente eut
liiii (lu ■>.") juillet au 'i st'ptenihic I7!).>. <laMS les
salons tlu premier étage du Palais- Unxal. par le
ininisti're de l'Iuiissier-priseur Jaluzot. Klle pro-
(iMi^il la siiuune de 005,7 1 5 francs, décomposée
(II' la l'ai «in sui\anle, d"aj)rès le procès-verbal inédit
ipii est au\ Arcliixes^ :
\ColUctioo «In f*€nn gravai
I" Nonle lies effets garnissaiii la maison de I.i iik-
Saint honiiniqiie iiti i-i-(le\aiit comciit iji- Itillc (Mia>si'. siiixarit le procès nciImI iIii
i.'j juillet 171)3. 'ii.7'i7 francs.
•j" (Iflie des effets i\r la niai^uii ilc Monceaux. sui\aMl le pi'ocès- veiltiil dn
S aiiti>l i7i(.'{, it»,'i."iti fi-anes.
'.i' Nente des elTets de l'ari-*. suivaiil h' piiMi- vnjial ilu i •_> aoiist i7!).'>. 'l 'i i . 'in;) fr.
V" ''••Ile di's effets rapportés ilii llainr_\, Mii\ant le |irueès-serl)al du i seplembrc
I7'j*i) ■''■■'.l<|i fraiies.
5* (Icllu des ell'els vendus au eilo\eii Ilixel, 'i.,{|.i fraiKS.
La ilépense occasiunui'-e pai- la \riile iiiiuiia au ( iiilVri' de 'i i .S()S l'iancs.
Il fallut faire \eiiir du HaiiicN et de Nbniceanx les meubles (pii s'y trouxaient
et les iibjrts qui n'axaiiiit puinl été xendiis sur |»lace ( i,.")oo francs de cbarrcn
nu citnxen 'l'oiiss.iliii, pins .)(;i francs et encure 7(iS francs au ciluMii (iillieil.
pour la même U-sugne). La maisim île Mellecliasse, rue .Siinl -l).)mini(pie. donl
la diicbesse d'( )r|i'aiiH axait l'ail une sorte di- retraite, où elle aim.iit ;i séjourner
«11- temps II aiilii-, il ipii était spé-cialiimiil alVri lie ;i l'éducalion de ses enfants.
Ile contenait pan un mobilier très |ii\ncii\. s-uif celui de la princesse, mais des
lixri'<» en ipianlili*. son cidiiiu-t d'Iiisloin- nalurelle. l'app-ueil pi'dagogique en
iitnge alur«. (In lit x.nii !.• I<>iil m l'.ilals K.i\;d. Le libiaire Lej,i> lut iliargi-
(lu I ln<t<ti-mi-fit di- la bibliollii qui-; le garde iibli- Louis el le lapi^^irr (olbert
lln-Kl 11- Iraiispoit il pioeedèieiil il 1.1111. ii.ir' mm iil ii.'iessaire. \u Palais- Uoxal
I. \rrlil«r* iialiiwialmi. Ht. iK^. 17 atril 1
"■ ' ' ■ ■ "' ■' ■'! /M(.in;i<.y.i(. Il ..•.,.. M.illiiiiiriivmnil <i-
'' " ilniiriil lin rl<il riVii|iUiilntir ilr In xciilr, iiiii»!
'I" I.' Iliiiinii ilii lixiii.iiiii' ii.itinii.il.
p. ï
p 1 1 1 1, 1 r !• i: - 1'; g a i, nii 457
ce l'ut un amoiucllomciit (l'ol)jcts ile tous genres, enlassés <'n désordre, ([u'on
adjugea à vils prix, par lots et précipilaniment, bien (jue la dépense des
chandelles allumées au cours des enchères ait monté à 107 francs. La foule
bigarrée des acheteurs, composée surtout d'anciens fournisseurs de la famille
?C.
fini
i)L riuLii-1'i, n.iuin. MU I. V ilaui; ijl i.
(Dessin de l'époque. Biblioth4(|ne nationale)
d'Orléans, de petits boutiquiers du quartier, de marchands de curiosités et
de quelques Anglais attirés par les alliches et les placards répandus h pro-
fusion, s'arracha ces dépouilles princières. Les bouteilles de vins fins, dont
élaieul abondamment pourvues les caves, renconlrèit'iil raiilenicul amateurs;
mais il se trouva, au moment de la livraison, que certains vins étaient avariés.
Il i'allul rembourser au citoyen Boudin, (pii en prit une grande (juantité, la
somme de 1.187 francs pour ceux (jui élaieul dans ce cas. De môme pour
(( 5o bouteilles de vins de Lagot et de la Côle- Rôtie », achetés i5i francs par
«les citoyens Calmet et Pachet». La vente comprenait des boiseries, des pan-
neaux et lambris, sculptés et dorés, qui avaient sans doute été arrachés des
appartements du Palais-Royal; ils furent adjugés ^,3i'^ francs h un certain
Rivet. Un incident se produisit : c'est le seul (pii soit meidioimé dans le procès-
verbal de la vente. Connue on mellail aux enchères un magiiirupie costume de
hussard en argent doré et chamarré de broderie, pour lecpicl Ihuissier-priseur
demandait 7.")o francs, un homme du peuple fit un signe, el on le lui adjugea.
58
T. I. LE l'ALAIb-HOÏAL.
^58 l'E PALAIS-ROYAL
Mais, quaiul il fallut payer, plus personne: renchérisseur a\ait disparu. On dut
porter ce bel uniforme à la Monnaie, qui n'en donna que «cinq cent soixante-
quatorze livres trois sols neuf deniers». Les écuries du duc d'Orléans avaient
été vendues quelques mois avant le mobilier. Dès le lo mai 1793, l'évaluation
en avait été faite. Les chevaux, estimés seulement k la somme de 20,^00 francs,
avaient été livrés à l'Agence nationale des remontes'. Sur le produit total de
la vente du mobilier, il y eut /|6i,53o francs versés à la Trésorerie du duc
d'Orléans pour ses créanciers; i5o,ooo francs à la Trésorerie nationale, et
13,386 francs aux Domaines nationaux.
Et l'architecte Louis, que dcvenail-il au milieu de cette tourmente.'' A
chatjue instant on avait besoin de lui [)our régler soit les aflaires de location,
soit les questions de réparations ou autres, relevant de sa profession, et que
lui seul pouvait trancher, ayant reçu du duc d'Orléans, par un acte du i3 jan-
vier 1788, des pouvoirs spéciaux à cet effet. Les mandataires des créanciers le
réclamaient h cor et à cri. Mais Louis restait introuvable. Vainement, on se
rendait à son domicile, rue de Choiseul : on n'obtenait que cette réponse : «Le
citoyen Louis est absent. » Et, de fait, l'architecte, en homme avisé, dès qu'il
avait \u la tournure prise par les événements politiques, s'était prudemment
éloigné. Pendant trois ou quatre ans, on n'entendit plus parler de lui, et l'on
ignore en (luelle retraite il se tint alors caché. Cependant, l'assemblée des
créanciers, sur la proposition de Lakanal, demanda la révocation de I^ouis
le 23 août 1793, et lui donna pour successeur Palaiseau. Ce n"<'st (jue lorscjue
l'orage se fut apaisé ([ue Louis, sortant de sa niysléri(Mise carlietle. rexiiil à
Paris, cl lit ses oll'res de services au Dirertoire, ainsi (pieu (éiuoigiie la |)ièee
suivante' :
Le citoyen Louis, arc-hilcclo. qui a (lirif,H' les travaux du cy-ile\ant i\il;\is-li<)\al.
est venu, citoyens administrateurs, luofTrir de faire tourner au bien de la lU'pu
bliqu<: les connaissances Idéales qu'il a sur ce domaine et tous les avanlaj.H's (ju'oti
peut retirer de ses talents el de sun expérience. [ ne i)areille olIVe e>t dans le ca>
dï'lre acceptée. Je viens vous iri\iter do l'aire enopi-rer le eitii\eii Louis aux opé
rations qui restent à faire pour lirei' le meilleur jiirli juissilile des mesures 7MJ
viffittftd tl'r'ln- iirfscrilrx par le Diieetuirt^ exéeulil".
(Quelles étaient les mesures ilmit paile TautiMM- de cette lettre i.!ati\em<Mit
nu Palais;' Le Directoire, en etl'el. a<lopta suecessi^enlent et rejela piii-ieurs
projets pour la dirslinalion «le ri-ditice. TaidiM on parla d'ime vente .11 plu
«leurs |(jts. Tanti')t il lut (|ui'slioii de liaeei- iiik' ru.' «lans le jardin, ou bien d'\
I. hlal dft eheufiux dr$ ^ciiriei d'i )rléan», avec les ^Dnlii'ittons. ilrcsxi- pur tes mcmbn-s du i:oimlf
de$ remnnif». — Vrrjiivf^ iialioniih-ît, T. iri.'i.'i. JiiiNW n..!."..
». Vrcliiïi-s iiiinniiiiliHi, IO, ^«3. — (.,Hv ktlii-, >jiii!i siKHiliiiv, n .•>! qii une (..pif.
PHIMPPE-ÉGAMTK /|5f)
construire la Bourse. Les mesures auxquelles il est fait allusion ici, ci qui
venaient d'être «prescrites», sont celles qui, vraisemblablement, résultent de
l'arrêté pris par l'Exécutif le ij) ventôse an \ II, divisé en dix articles très
sagement conçus". Il s'ag-issait, avant tout, afin d'essayer de vendre le Palais,
pour lequel on ne parvenait pas à trouver des acquéreurs (toutes les tentatives
échouèrent), de le remettre en rial. l'nur celle besogne, Louis, en elTet, était
tout indiqué.
Mais je n'ai pas à pousser plus loin cette histoire du Palais-Royal. Ma tâche
s'arrête ici. .le n'ai rien dit des événements poIili()ues dont le monument, à
partir de 178g, était di'\('nu le lliéàtre (|UotidiiMi; j(> n'ai pas montre' la
physionomie du jardin, le caractère pittoresque des galeries, avec le tumulte
qui les emplit, avec leurs spectacles variés, leurs hôtels, leurs clubs, la folie
des jeux, le déijordemeiit de Aie ardente qui, (luraiil la période révolutionnaire,
créa autour de la demeure des d'Orléans une atmosphère d'ardeur populaire
et de tempête. Une ère nouvelle a commencé pour le Palais. M. G. -Roger
Sandoz s'est chargé d'en retracer les principaux faits dans le second volume
de cet ouvrage.
I. Archives nationakss, Ri, 292.
ACQUIS^no^s faites par le cardinal de Richelieu
DE TERRAINS OU DE MAISONS
POUR LA CONSTRUCTION DU PALAIS-CARDINAL
(Archives nationales, ll'i, 281 et 282)
DATES
dos
ACQUISITIO:<S
DESIGNATION DE LA VENTE
PRIX PAYÉ
par
l'acquéreur
soplembre ifia^j
1'"'' juillet iGsj
i5 septembre 16^7
5 janvier i6a8
septonihre i()j8
Vente par Anne de Beauvilliers, veuve de Ffies^ie, d'une
grande maison dite I'Hôtel de Fresne (anciennement
rilÔTEL de Rambouillet), rue Saint-Honoré, tenant à la
maison de l'Hermine, au sieur Lambert, aux Remparts et
au sieur Benjamin. — Censive du chapitre Saiiit-Honoré.
4 sols parisis de cens et l\a sols parisis de rente foncière. .
\ ente par Louis Lambert, maître des comptes, et sa femme
d'une portion de leur maison, rue Saint-IIonoré, tenant de
toutes parts au Cardinal, dans la longueur de i3 pieds
3 pouces, sur 8 pieds ô pouces de longueur. — Même
censive . .
\ ente par l'Hôpital des Quinze-Vingts de la Maison de l'Her-
mine, rue Sainl-llonoré, tenant au Cardinal, au manège du
sieur Benjamin, à la veuve Cantô et au.v Remparts. —
Censive de r.Vrchevêclu'
Vente par Marguerite de Saint-Ktienne, veuve Canto, d'un
jardin derrière le Jeu de Paume, et maison de la \'cnderesse,
rue Saint-Honoré, tenant à la maison de l'Hermine à la
dame de Bréau et aux Remparts. — Censive de l'Arche-
vêché
Vente par Louis Lambert d'une maison, rue Saint- Honore,
consistant en deux corps d'hôtel, tenant au Cardinal et à la
maison des Trois Pucelles. — Censive Saiiil-ilunoié . . .
(jo , 000
A, 800
45,000
5,700
20,000
Li; P VI.AIS-ROYAL
DATES
de»
ACQl ISITI05iS
i6 juin itVS'S
iSjuilIcl iC;«
1 1 a>ril lO^'i
17 juin lO^i'i
•j'i iiclobrc itt3.'»
•< iiovriiibro tûVt
6 iiotetnbro iC3/i
• 7 iiur» iG36
DÉSIGNATION Di; l.\ VENTE
\enle par Pierre uh: Hanmql'e, sieur de Benjamin, d'une
maison dilc de I'Académik de Benjamin, consistant en trois
corps de logis, rue des Bons-Enfants, et de plusieurs places
et terrains. — Censive de Saint -Honoré. — .Moyennant
.'jo livres de redevance envers lllùtel-de-\ ille. cv
Nenle par Charles de Machaii.t. maître des requêtes, et sa
femme d'une maison en plusieurs corps d'hôtel, rue des
Bons-Knfants. avec deux cours tenant à l'hùtel de Mélusine
el à r.Vcadéniie de Benjamin. — Censive Sainl-llonoré. .
\enti' par Cli'-inrnl .Mkti/eai et consorts d'une maison, cour
et jardin, lieu dit le Ci.us (lEitGEAi , entre les portes Saint-
llonorc cl Montmartre, contenant 344 loises i/4 et de i ,756
toises 4 p. 1/4 en places, la plupart encloses dans le parc
du Cardinal, — y compris 3,000 pour nu-jouissance. . .
\enlc par Simon Xoiti d'une place de '18,") toises, au Clos
(JEiir.EAi', entre les faubourgs Saint-Hoporé et Montmartre,
enclose dans le parc du (Cardinal, a>anl 10 toises i/a de
face sur la rue du l'ail-Mail, et 10 toises par derrière, sur
la rue Traversante, tenant aux sieurs Métizeau et des
Coulures, el en la censive du lief l'apard
Nfiile par l'i.rrr ltMSM;\i el sa femme de 1 ,K7."i loises de
terre en suiK.'rlicie, en plusieurs places, sises entre les suites
de» ventes faites au cardinal de Bichelieu, jjortes Saint-
llonoré et Montmartre, encloses dans le parc du C.inlinal.
— y compris 1,800 livres de dédommagement
\ente par I»uis Baiuuiii di- i,j3i) toises de terrain, dont
IMirtie a été comprise dans le parc du Cardinal, et jiartie
dentiné».. il bAlir ilcs maisons .lulour du p.irc. Censive de
l'Archcvéclié
\ en II- par Antoim- l.r.ut.>>.<tTiiEi. de ;4ii loi.ses i/j .S pieds
i/'i de lerniiii hors In (xirle Sainl-llonoré, au Clos C. iirciu.
cl ver» la rue de l.i Bulle, el nulres tenants
Vrnln pur Jeun i>°Ai/mu>t, M-crétaire du cnhinel du roy, .sji
femme pI M?fti<nlâiiU,dr dcu» mnîfton* me .Soinl-llnnoré, en
U pUtr ap|H'l<^ la Cm ht ai Ki!.. Cennive .Sninl-llonoré.
PRIX l'AYE
par
l'acquéreur
58, i3a
'1 1 , 8( )o
43,i)3o
fi4.f
DOCUMENTS J U STI l'IC AT 1 IS
165
n.VTES
des
ACQCISITIONS
6 el 27 mars iG36
9 décembre iG38
If) mars iGSg
34 janvier
et ai mars 1689
a3 avril 1639
aj avril liiSy
20 avril iG^ij
27 avril 1G39
27 avril iGSg
27 avril 1G39
T. I. LE lALAlS
DESICN.VTIO.N 1)K I.A NKNTK
Ncnlc |)ar Matleicine lioucher, veuve Uiiialt, il'une petite
cour derrière la Maison de l'Uuhs, et d'un grand corjis de
logis, rue Saiiil-IIonoré, près de l'hôtel de Hiciielieu . . .
^ ente par Jean 'riiiuiOT du tiers par indivis, d'une maison,
rue Saint- Honoré, à l'enseigne du Pourcelet, compris dans
l'enclos de l'hôtel du Cardinal.— Censive de l'Archevêché.
\ ente par l'hôpital des QlI^■zE-^■l^•GTs d'une place de u5 toises,
12 pieds, en superficie non bâtie, faisant le derrière d'une
maison appartenant à l'hôpital, rue Saint- Honoré, de la
Maison du Cyone, el tenant à l'iiôlel du Cardinal. — Censive
de l'.Vrchcvèché
Vente par François de Aluthamont, maître des requêtes,
d'une place de 6 toises de longueur sur G toises de largeur,
faisant le derrière de la Maison de l'Ouus, rue Saint-
Honoré, joignant l'iiôtel de Richelieu. — Censive de l'Arche-
vêché
N ente ])ar Jacques Nouaye, secrétaire du roi, et les enfants et
héritiers Avenat de trois maisons dites des Trois- Pucelles,
rue Saint-Ilonoré, en la place appelée Court au Ris . . . .
^cnte par Pierre Mic.not. broflenr, friiiic iiiaisdii, rue Saint-
Honoré
\ente par Malhuriri m; Uisancoiut. iiiaîlie serrurier, d'une
iiialMiii située Court un Ris
l'IlIX PAYl':
par
l'acquéreuii
Vente par la veuve I'avie el consorts d'une maison faisant
l'un des coins des rues Saint-llonoré et Court au Ris . . .
\ ente par Claude La DEiioits, lieutenant au grenier à sel de
Montfort 1^ Maury, et sa femim-, dune maison rue Court
au Rix
V ente par Louis Ualdiciion, écuver, el consorts d'une maison,
itie Court au /i'/.< »
4 , 000
A,GG6
35 , 4oo
8,000
9,4oo
7,800
8,710
i8,'|oo
59
466
LE PALAIS-ROYAL
DATES
des
ACQUISITIONS
38 avril 1C39
3 août ili.°<(j
4 auùl iti^ij
ih janvier
et II) août iG3ij
18 août iC.'ti)
31 inarit iPiVi
9 novmiliri' iiï'ii
DÉSIGNATION nr I.\ VENTE
N'ente i>ar la >cu\e île laxoiat Dipiis dune maison sise rue
Court au His
|irt teiil acijuiiitiunt ijui /irécfdfiit furent faites en vertu W'un arrèl du
Conseil du Hoi en date da l3 avril ih^C), permettant au cardinal de
Hiehfliru de disfioser de "sept maisons cuisines de son hôtel pour achever
l'cgrandissemenl et la coiutruction de son palais ».|
Nenlo par Guillaume Devai x d'une place de 2;) pieds 1/4 de
largeur sur 18 1/3 de lonp. revenant en superficie à
i3 loiscs, située derrière un Jeu de l'auine, rue Saint-
Honuré, proche rhôtel du Cardinal
PRIX PAYE
par
L'ACQUÉUEUn
\cnte par lilaise llK\>iFssn> et coiisorls d'une place de
I toise 1,3 de su()erlicie, dans la cour de derrière l'écurie
de Madeini)iselle, tenant à la dite é(;urie, à un Jeu de Paume
cl nu jardin du Cardinal. Censi\e de rAiclievèciié .
Vente par Jean TiKPttF.T et sa femme il'unc place en jardin,
faisant le derrière tl'une maison rue Saint- Honoré, de la
maison du Chupeau- Itouijc , tenant d'une part à la Maison
lie l'Ours, ilaulrc à celle du Cyijnf. Ceiisive de l'Arche
vôché (4a toises i/a)
Nonic par Jean TiFFiMET et sa femme d'une place de iG pou-
ces de lonj; sur a4 pieds de large, faisant partie île ce qui
reste aux 'l'itTanet sur le derrière de la mai.son du Chapeau-
Hotujf
Veille p.ir Jc'an Cii \iiei'.>rir.ii, inn-eiller au présidial d«
Meliin, au nom du commandant de .Sillerv et de ^I|(^TKL
S11.1.KHT, située riii- S.iint-lliiiuré, en face le l'al.iis-Car-
clinal. .
\\'iyr: *'l i~,,.irr, .1, >,l(,r,. „.,, ,,/.f,i... ,1,- I («jiW.iii.r /./.(.(..(iir,
luyttt» •.'.M, (i.uM- //;;. i:rttr rente eil inJi<iii^e rumme ayant M faite fHir
U eummanjani de .Sitlerr nu nMin/iiu de Snurdu jMur i:tll,in)ll livres, \oiij
prernuu t'injimliun de la rente faite i^r J. Cluirpenlier dans un ditstirr
êfJeUtl de» Àrehtrrt naUonaltt, /M, '1S7 .\
\fiil« |wr M nr. \iiiiiuM<»r du reniant «le In Maisnii de
l'durt jiMh'iiiiiil I h.'.lel de Uirlielieu. |Ciimplénienl de la
vrnie de» i'| j.invMT l'I il iiinrit ili."?;). Celte iii.iiMin était
«iii»i iioiiiiiiée parce qu'aiicieiinemeiil el|i« ji\ail pour
rnwigiir un oun». U' «lerrii-n' de la ciiiminiction alMiiiliiii.nil
«ur II' |i.)**iigi'. cuadni»aiil à la lui- Itiiliilieii
l),f)i()
i<,ooo
45o
8,000
I |0,(HIO
nor.T MKNTS JLSTIKIC VTITS
'if)-
DATES
des
ACQUISITIONS
i8 novombro i64i
8 llOVfMllljIP l(i4l
3 (l('coml)ro i04i
3o novriiibrc iO'|.^
i() ilccpml)ro if)'|.^
1 1 avril i()V'i
•!•! mais iCiCi:!
DKSUiNMION DE LA VENTE
Vente par I)ev\ix et consorts crime place de 55 toises
faisant partie d'un Jeu de Paume, rue Sainl-IIonnré. . . .
^'ente par le sieur df. HonviiiF. d'iiiic place de /|3 toises
faisant partie et étant sur le derrière la maison du (Chapeau-
Rouge qu'il tenait de Jean Tiff.vnet et sa femme. [Com-
plément des ventes faites par le même TifTiinet les
ai janvier et i8 août lOSg.] Cette place de /i3 toises
tenant d'une part au Cardinal, comme ayant acquis la
maison de M. de \'erthami)nt, el encore la maison du
Cygne aboutissant par derrière aux murs du parc du
Cardinal. La dite vente dont (),ooo livres pour les bâtiments,
le tout
\enlo par Biaise IIe^xesson d'une place de 77 toises en
superficie, dans la cour de derrière sa maison
AC(.li;iSIllONS POSTÉRIEURES A LA MORT DU CARDINAL
ju.squ'f,n 1662
Maison du lilirairc Toussaint Di huay à l'enseifjne de la Gerbe
d'Or. [Maison qui joignait l'bùtel Sillery.]
Vente par le maréchal Ilannibal d'Estisées d'une maison
rue des Bons-Enfants, consistant en plusieurs corps de
logis, cour et jardin, tenant d'une [lart et d'un bout au
Palais-Royal, d'autre part à la ruelle de la Court Orris,
et par devant sur la rue des Bons-Enfants. — Censixe du
chapitre Saint- Honoré. [Acquisition du roi.]
Nente par la dame NOli.vnt nr. Kuwcn'oitK de ."i.S toises i :i
el (( ]iiiils de jardin, rue Saint-llonoré. [Ce jardin faisait
[i.iilie ilr l'ancienne Court Orris. [Acquisition du roi.] . .
Maison sise devant le Palais-Royal ])(>ur rendre la place plus
régulière, [(^elle maison ap[)arliiiait aux sd'ursdi- la Société
de la Croix.)
PRIX P.\YÉ
par
l'acquéreur
9,<);)o
1 3 , 3oo
16,600
:!/i,ooo
90 , 000
14,593
1 a , 5oo
"S [Ë] p] p] [^ [Sf^R
^Qg LE PALAIS-ROYAL
MKDAILI.ES I:T .IKTONS
nEIMlÉSE>TA>T LE CARIHNAL UL UICUELIEU
KTAT DKS ISISTKS 1)1 CAUDINVI-, l'A H ANNRP:S'
(Hibliotlutiue nationale. Mss. Clairaiiibaiill. ii35. f» 8'i)
iti3'|. IJuste du cariliiial.— L. : Armand, lo. Card. Dux de Hichclieu. — II. : Un
vaisseau en mer. — D. : Hoc duce luht (Il c-l en seurcté soubs ce chef vi;rilant)^
i63â. Buste du cardinal de lUciudieu.— L. : Armand. lo. Car.duxdc Hichilicii.—
R. : Ln an>;e qui lournc le lirmanient autour du globe de la terre. — D. : Meus
sidéra votiiil (Son intelligence fait iiiduvoir ce firmament)'.
i036. Huste du cardinal.— L. : Armand, lo. Car. dux de Hiclielieu (Armand
Jean cardinal duc de Hichclieu). — H. : lu vaisseau à la voille. — D. : Mens
Immola regil. ÎO:iG (L'ne intelligence inébranlable le gouverne).
1637. Buste du cardinal. — Armand. lo. Gard. Dux de Richelieu (Armand Jean
cardinal duc de lUchclicu). — R. : Un vaisseau à la voille battu des vents qui
Houfllent de toutes parts. — D. : Furenlih Emini'l .{ustris (Il l'emporte au-dessus
des vents impétueux). — F.x. iGS; : Corbic reprise le l'j de novembre de Tannée
précédente, le cardinal estant en persoime au siège de cette place.
i638. Buste du cardinal de Richelieu. — Armand, lo. Car. Dux de Richelieu. —
R. : Une lour et quel(|ues bastimens sur le bord de la mer et un vaisseau à la voille.
— D. : Parel l trum/j. (Lune cl lautre luy obéit). — Ex. i638 : Le cardinal premier
ministre et admirai de France, puissant sur la mer et sur la terre.
ifi.lQ. Buste du cardinal de Hichclien. — Légende ordinaire. — Rcuers : Une
mnin cpii lient une pierre d'aymanl vers lacpielle attire à soy une bousolle. — D. :
tjiiiH-iiniiue iv»/r.ï ( Partout où vous voudrez). — \'.x. iCi.'ig : Parties casuelles, grande
■uthurilé du cardinal.
i6V>- Buste du cardinal. — L. : Armand, lo. (lar. dux de Richelieu. — R. : Un
vaiskcau sur mer qui lilche une bordée de son canon. — 1). : le/ Igné Vel Undis
((Ju par l'eau ou par le fuu).
I. 01 ^lal parait a»olr rtr <lrp«' jwr I.Kutii.i: i.e* lliirjiKt, 1p sorrélaire et inlondnnl cir Uicliolirii.
}r ÏMimt l'InUlralinii ilni ilaln, trilr <|u'i'llo iw trouvf .tiir li' iliHiiiniMil, bien i|ii'i'llc ne soit pas
Uxijour* rtartp I.VIal, au «iirplin. ni tout il Toit iiiidinpli-t. (Iti y rcirvc li's iniportanti's lacunes
•iilTatilr« !• IViii iiir>Ulllr< c|r (;iiilUmnf< Kupré k l'efllKie (le iliclielieii (iCij-); — 3' L'ne médaille
k l'nrilKix àr Unit* Mil pI ilr lllrlirllru (ifi^ii, par \brulioni Dupré; — 3' Grand médaillon en élain,
» Ipfnair tir lllihrlirii. non »lj<né, mai» Nraivniblnblemenl de Jean Warin; /r l,a belle
)<-an WarIn, bintr (lO.Vii, que noiM reprixliiiion» sur la rouvi-rlnre de ce ^olunle•, —
•ii'.i: ft- Itir v-rt'- r|r lo h V' Jeloin a^ec liiMte on arnioiries de Itichelieu, e\écntée
•J- 1 ""i? do M. Kernand Ma/erollf, r.iiniable i-rndit du
Mu* lie pro|NM.
i . ,.. '. une, jMiKo itj.
S. M«dâllle rvproduilr dan< en vnluinr, {taire :>.
DOCUMENTS JUSTIFICATIFS '169
i6/n. Busle du cardinal de Richelieu. — L. : Armand. lo. Car. Dux de Richelieu.
— R. : Un vaisseau à la vnillc cl des rayons qui donnent dessus. — D. : Jnpjtiler
aulhor (Juppiter ma fait ce que je suis).
16I2. Buste du cardinal de Richelieu. — L. : Armand, lo. Car. Dux de
Richelieu. — R. : Le vaisseau admirai de France. — D. : .H'/iioni liiln Icucl (11 tient
la mer lihre).
1643. — Buste du cardinal do Richelieu. — L. : Cura rcddulil Impcr'nim (Mes
soins ont rcfably le royaume). — \\. : Une carte des royaumes d'Espagne, et dcssouhs
une ville souhs laquelle est escrit Perpignan. — D. : Ilec regnn recindil (Elle donne
entrée dans ces royaumes. Cette ville se rendit au Roy le 9 septembre i6'io. Sa
prise et la mort de Messieurs de Saint-Mars et de Thou sont les deux dernières
actions du ministère du cardinal de Richelieu, et les jetions qui ont esté faicts pour
ce sujet n'ont esté publiés quapres sa mort qui arriva le .'1 décembre i6'|2.
1643. Buste du cardinal de Richelieu. — L. : Armand. lo. Gard, dux de
Richelieu (Armand Jean cardinal duc de Richelieu). — R. : Un Ivon couché et deux
petits chiens (jui laboyent. — D. : Polciilior hnstibus /Eger. 16i3 (Quoique malade
il est encore plus puissant que ses ennemis). Ce jetton a esté frappé après la mort
de ce cardinal. Par ses deux chiens on a voulu figurer Messieurs de Thou et de
Saint-Mars, qui auoient fait des brigues contre se ministre et ([iii furent décapitez
à Lyon le 12 de septembre de l'année précédente i642.
FILIGRATtE III! l'VPirn Al X AHMES DE niCIIEI.lEU
i70
I.E l'Ai. \IS-nOYAL
I.K IU)I I.ol 1^ \n r.\ MSITK \l l'ALAIS-lun \L
lEUrail .lu Mercure galant, mars i«9'. P- 8-20. -Celle cilalion n'esl donnée ici. parmi res docn-
iiirnls iiu-diU. «lue itaroe qi.-ellc n'a pu lrou%er place dans le lexle de ce volume, et quelle indinuc
la dis|M>«iliiMi de^ grands apparlenienls du Palais- Hoxal en |li(.)J.|
Les riies par où Ton sçavoil que Sa
M;ijcslé devoit passer, esloient remplies
(1rs neuf heures tlu malin, et la eampapiic
se liouva loule couverlc de carosscs plus
d'une lieuë au delà des portes.
Monsieur et Monsieur le Duc de C.liar-
Irc^ olaul arrive/, de for! bonne heure
|i(ini- a\oir l'honneur de la rcecvuir, le
llnv |):irti( de \ er>aiil(s dans son carrosse,
.ivani Madame à eoslé de luy, et vis à vis
Madame la Duchesse de (Ihartres, Made-
niiiiselle et Madame la Princesse de Conly
doiiairiîre. M<msei;,'neur le Daupiiin esloil
à la porlièrc du eosti' (hi Uoy. Sa Majesté
r^liint arri\ée an Palais- ho\al, sur les
trois heures el demie, el ayant esté receiie
loti. ... ..i.t. .1. .,-.,,1,1 -.\Mi.> |)ar Monsieur et M(Hisieur le Due de C.iiar
ItPîi. alla ù l'apparlcment de ce jeune prince, et se rendit ensuite à celuy de Madame
la I)iirliri>ir (le CliarlreH, (pii est à la droite en moulant le ^raïul escaliei-, el (|iii a
pour premirre pièce une fort jurande salle des gardes, (pii estoit destinée puiu' le
Kouper. On Inuivi' ennuile une fort In-lle anti chainhie el l;i (•iiiind>re de Monsieur
le Duc de <;iiurlre». Kllc esloil nui^'niliquement meuhlée, et la tapisserie à |)erson
tiaKi'n «•«toit d'iiprc» JuIcn Honiain. I!lle représenloil Ihistoire de Sci|)ion, et esloil
ri-liuUKxce d'or, l/iimenhlemenl esloil de velours couleur de feu, el la hroderie (pii
la fuiMiil briller, or el ar;;ehl, cl par handc>. i.o miroirs et les lustres de celte cham
lirr rloienl iluiic Irè* firiunU' hcimlé. I.e Ho% pussa ensuile dans un ;.iMiid e.iliinel
cpii e»l tout de iiienuiM'rie Comnie on uvoit destiné ce lieu pom le Ind. il esloil
rrtnpn ilr lu*trc«. I^ Hoy el loulc la Onur pa!«!ièrcnl après celi d.uis mu pelile ^nli
rliniiiltr)', el »r« midirent dr lîi dann In chainlire de Madinne la lluchesse de Chartres.
iloiit la t(ipt*MTir pnr luiiideii de velours rnunoisy plein esloil enrichie dun<- hro
ilrrlr i»r l'I art;eiit Ir lil. Icn rimlcIiiU, el Icn pllinm extoienl .|i' Imiderie d'or idiin
DOCIJMKNIS .lUSTII'IC Ml IS \~ l
sans fond. Il y avoit un très -beau luslrc dans celle cliainbic, el les miroirs de
dislance en dislance. Le Roy cslant cnsuilc enlré dans un petit cabinet, passa dans
une friande galerie nia{j:niliqucnienl meublée. La lenlure de tapisserie esloit d'après
le Poussin, el représenloil plu.sieiirs de ses lal)lcaux, comme le Veau tlor, le
frappement du Rocher, etc. Les fauleiiils, les plians et le grand tapis dune table
de (juinze pieds de long estoienl de l)aii(les or, argent et vert. 11 y avoil quatre beaux
lustres, et au bout de la galerie, vis à \is de la clieniinée, un miroir de soixante et
douze pouces de glace sans y comi)rendre la l)oiiiin-c. a\cc laqu(!lle ce miroir a dix
pieds de large. Celte galerie estoit destinée pour le Jeu. Le Roy y laissa Madame
la Duchesse de Chartres, et elle tint cercle pendant que Sa Majesté alla visiter
les nouveaux ai)partemens ausquels S. \. R. fait travailler dans l'endroit où
esloient les Académies de Peinture, Sculpture el Architecture. Sa Majesté ayant
demeuré environ demy-hcure dans ces apparlemens, et près d'une heure et demie
à Paris, monta seule en chaise, et repassa au travers du mesme Peuple qui rem-
plissoit les rues à son arrivée, et qui avoit résolu de l'attendre, quand Elle ne s'en
seroit retournée que le soir. Les acclamations et les cris de : Vive le Roy ! redou
blèrent, et furent accompagnez de mille souhaits d'une prospérité éternelle, que l'on
expliquoit tout haut. Monseigneur le Dauphin, Monsieur, Madame et toutes les
dames allèrent à l'Opéra, el toute cette brillante Cour, ai)rès avoir pris ce divertisse-
ment, vint joiier dans la galerie de Madame la Duchesse de Ciiartres. Le jeu fut
grand, et la perte et le gain à proportion. On dressa pendant ce temps là deux
tables dans la grande Salle des Gardes. Il y en avoit une de vingt-deux couverts, qui
fut leniie par Monseigneur et servie par les officiers de Monsieur, qui tint l'autre
table. Celle là estoit de vingt et un couverts, et fut servie par les officiers de Madame
la Duchesse de Chartres. Monseigneur qui esloit à la première, avoit à sa gauche
Madame, Madame la Princesse de Conti Douairière, Madame la Princesse d'Kpinoy,
et ensuite plusieurs Duchesses et Maréchales de b'rance, et Monsieur le Duc. 11 y
avoit un vuide de deux places à la droite de Monseigneur, et après cet intervalle
estoienl Madame la Princesse de Turenne, Madame de Chasteau-Thiers, Madame
la Comtesse de Rury et Monsieur le Duc du Maine. La table esloit de forme ovalle.
11 y avoil au milieu une grande machine de vermeil doré de nouvelle invention,
appelée surloul de table. Outre les lumières que ces machines portent, elles sont
remplies de plusieurs vases et d'ustensiles, le tout fort utile à ceux (|ui sont à ces
repas. .le ne vous parle point de la magnificence et de la délicatesse do ces tables;
il n'y a personne qui ne se l'imagine. La table de Monsieur fut aussi très-magni
fiqucment servie. Son V. R. avoit à .sa gauche Monsieur le Duc de Chartres el plu
sieurs Dames à une dislance de ce Prince, et Mousicur le Prince de Conty, et à sa
droite Mademoiselle, Madame la Princesse de Conty, plusieurs Dames, Monsieur
le Comte de Toulouse et le reste des Dames nommées. Un surloul de table remplissoit
aussi le milieu de celle là. Il esloit d'un très-beau travail el d'un 1res bon gousl,
mais d'un plan différent de celuy douljc viens de vous parler. Les violons de Monsieur
joi'ierent pendant tout le souper, après lequel il y eut bal dans le grand cabinet, oii
s'esloienl rendues plusieurs Dames, dont les habits, quoy que superbes, ne laissèrent
pas désire ornez de pierreries. Le bal dura jusijues à deux heures après minuit, et
Monseigneur s'en rclnunia à \ crsiiilles.
iV.jûcitc Je Scbiitien U
LkTTIIK> F.IT«NTES |«r IfS-
({UflU-« If Koi iloiiiio à s. \. il.
Moiisifur la iiiaiMJii vl riitiU'l du
Caluit-Cardiiial pour les |mmsôUit
d litic (l'upanage.
DUNATION DLi P A LA1S-1\0 Y AL
A MONSIKUH
l'Ml l.OllS XIV, SOS FRÈHE, EN I G92
Lettres Patentes (.VrchÏM's iialioiialcs. K'i, 381;
LoLis, l'AR LA <;hm;f. dk DiKi Ht)\ de France et de Navarre, à tous,
prt^seiits el ù venir, salut. Lufleclion singulière que nous avons pour
noire 1res cher el 1res aimé frère unique, Philhte, fils de France,
due d'Orléans, de Charlies, de Valois et de >'emours, nous portant à
lui en donner des marques eonlimielle§, nous avons résolu il<' lui
accorder el délaisser sous le titre et nature d"appanage la maison et
lioslel du Palais Cardinal et ses dépendances, situé en notre bonne
ville de Paris, rue Saint- Honoré, donne/, sic) au feu Roi nolie liis
honoré Seigneur el père, par feu notre Cousin le Cardinal duc de
Riilielicu, afin que notreilil frère et sa postérité masculine puissent y
uvfiir un logement rpii réponde îi la grandeur de leur naissance. A ces
cvi'HKs el antres i-oiisidérations, à ce nous moiivans. nous avons donné,
accordé, octroyé el tlélai.ssé. donnons, accoidons, oetroNons el délaissons
pur (Cl! pulentes, .signées de ii(»tre main, à noiredit frère el à ses enfants
maslc!*, descendants de lui en lo\al mariage, par augmentation d app;i
noge, ladite !nais<iii et liostel du Palais Cardinal en loiile son eslendue
el cuM»iHtance, tant en hasliinents, cours, logement-, jardins, eaux
p<iur le.s roiilaine!« (|u°anlres dé|irndaiiees, la place devant ledit jjalais
Carilinal, el généralcmenl tout iv (pii nous appartient en ladile maison
el hoilel du palais Curdiiial et dépendances, sans en rien réserver ny
relenir, à l'exeeplion des iiaslinii-nls (pii nous serxoieni cn de\anl de
corpi de garde el de la parlie de la place cpii se IrouMiil cumpiise
dan» le giund deitein fait pom les liastiments de noire (liiàleau du
l.nu\rc l'our du loni jouir el dispuser au\ inesmes droits, aulliorité
el pri^ilègi» ipir ihi surplus de .sondit ap|iaiiage, ronrormi'nient à
holrr édil du nioi.n de Mars mil six cent soixante uii, à coinmeiicer
•I iiilrer en JnuiitHanri' dn i' du présent mois de Février, sans cpi il -nil
DOCIMI-NTS J l STllICATIIS ',-3
besoin (le l'.nn- auciiiR' cMilinilioii ou visilalion iludil |)iilai.s Cardinal
cl de ses d('|)en(lances. donl pdui- i)onnes raisons el considérations,
nous avons dispeiisé et dispensons nolredit frère; im|)osant sur ce
silence perpétuel à nos procureurs «rénéraux et autres nos ofTiciers qu'il
app"'. Permettons à nolredit frère et autant que besoin est ou seroit,
l'autliorisons par ces patentes de faire en ladite maison et palais
Cardinal, telles augmentations, améliorations ou décorations que bon
lui semblera, du prix desquelles, en cas de reversion, les héritiers de
notredit frère seront remboursés par nous et par nos Successeurs,
Roys : Voulons et nous plaist que nos oiïiciers et autres personnes qui
ont en leur possession les titres, papiers et enseignements de ladite
maison et palais Cardinal et ses dépendances, les remettent incessam-
ment es mains du Procureur général de nolredit frère, à quoi faire ils
seront contraints par toutes voyes. Si donnons en mandement à nos amés
et féaux conseillers les gens tenant nos cours de Parlement, Chambre
des Comptes, Cour des aides à Paris, présidents et trésoriers de France
au bureau de nos finances audil lieu et à tous autres nos justiciers et
olTiciers qu'il app"' chacun en droit soy, que ces patentes ils fassent
lire, publier el régistrer, et du contenu en icelles jouir el user notre
dit frère, ses enfants et descendants masles, pleinement cl paisiblement,
sans leur donner aucun trouble ni empeschement. Car tkl est notre
plaisir; et afin que ce soit chose ferme et stable à toujours, nous avons
fait mettre notre scel auxdites patientes. Donné à Versailles au mois
de Février, l'an de grâce mil six cent quatre vingt douze, et de notre
règne le quarante neuf*.
Louis.
I. .Vpparlieiiilra.
LE PALAI^>-IIOVAL
i.i;s lîi.ioi \ i:t i;aiu.e\ti:iue dk mu.nsieiu
1 HKiu: LMQiE nu noi
(,)L1 LTAILNT AL l'ALAlS-UOVAL
J'ai ilidiué ilaiu le roiiranl du voluiiie (chapilre V) un résumé suffisant de Vlnvenlnire après décès
de Montieur. l'liilip[>L- d'OrU'atH, frorc uniiiui- du roi Louis XIV, niort le <) juin 1701, pour qu'il
ne soil |ns «upt-rflu do pn-soiiUT encore ici des extraits de ce document extrèmenjent long, et dont
Il y aurait lieu de faire une piihlication spéciale. Je me borne donc à la nomcnrlaturo des Bijoux cl
drt pièces d'Oui tuiEiiii;, en n'> comprenant, bien entendu, que ce (jui fut iincntorié au l'alais-
Hojal.
i.Ks DiwiAMs i:t i'ii;i;iii;iUKS
l'rriiiicrfiiK'iil un >;raiitl iliaiiiaiit ;i Iïkh'IU's proveiiaiil di' la tsucccssioii de
feiie Mmlfiiujisflle, foriiK' en pL-ridcloiiiic avoc un hicr/.c {sic) en bas du costé gauche,
auprès lie larpifllc il y » un uininrs cnliinK' de ht-lle eau; prisé la somme de cent
(renie mille li\res. n' 1 : C.wx " I.
Ilrm, deux faraud dianlunl^ a lacels d'('';,'a!le forme (!l grandeur très hion formé
l't plus pointu (pie l'aulre, ayanl des cristaux eidorés a Jour pnur en diminuer
la ineelianl eau, n" 1; prise/ enseml)ie «piarenle mil li\ros, ey : xl'" I.
//>■//!, un ({riind diamant gravé- long en lal)le plas par dessous, ne! el d'eau un
|k;u lelyl, n' '.\; prisé Irenle mil livres : \x\ • I.
Itrin, lieux gros ilianianis formes en poire a laeelles foi-| d(<spolis dniil un
|M'zant soi/e karats iln helle eau el l'autre pe/aiit seize karals liiiii liiiilièiiic d'eini
un IM"!! hriine, ten deux compris lems parnilures d'aeié-, n" '1; pii-i' jiciili mil
livri?» : \x\" I.
Ilrm, un grand dimnant a faeelles de forme ovalle pas ronde bien rniiiK'. aMinl
une |M'lilo glnee blanebe el un Kgrebrun et l'aulre coslé d'eau Clysl, un (eii\rc dans
un rlialun d'argi<nl; prisé nept mil livres : Imi~ I.
//«rt, un uulri! (iinniunt à faeels en n-iivrc dans un cliatnn d'argent formé en
ovalo a »i« iiomU irn'gulicrs, de mauvaise eau, avant un crjslul collé dessous, n" G;
oalinié i|iiiilri' mil litre» , ini~ I
DOCUMENTS JUSTIFICATIFS '170
Ilem, un autre diamant en cliaton formé en cœur taillé en demy i)allon par
dessus, d'eau couleur de foin, collé sur cryslal, n° 7; prisé quatre mille livres.
Ilern, seize boutons et diamants de diverses formes, le tout d'assez belle eau
dont trois sont taillez a demi brillants et les autres a facettes, le tout enchâssés
en des chatons d'argent avec leur ^Miiiiture d'or; prisés ensemble vinj^d-qualrc
mil livres : xxnn" 1.
Kern, un grand diamani hTillaiil en chalon de forme lozangc et une grande
table a six pends de très belle eau, n" (); prisés la sonnne de dix huit mil livres : xbni'" 1.
Item, un diamant brillant de forme ronde taillé a six pends avec un petit
bierze, enchâssé dans un chaton d'argent, de bonne eau, n" 10; prisé dix mil
livres : x " 1.
Iler?i, deux autres diamants brillants égaux de forme presque quarrée dont
les angles sont arrondis, de très belle eau et nelz, n" 11 ; prisé vingt-sept mil
livres : xxbu'" 1.
Item, un autre grand diamant brillant à chaton de forme ovalle très mal net
d'un coslé, de la seconde eau, n" 12; prisé dix mille livres : x'" 1.
Ilem, un autre grand diamant brillant en ciiaton presque de huit pends, de belle
eau et net, n" i3 ; prisé huit mil livres : bin'" I.
Ilem, un autre grand diamant brillaiil en cliaton d'eau jauiiastre, 11° i4: |)risé
cinq mil livres : 1/ I.
Item, deux diamants brillants en chaton forme qnairée dont l'un a une très
petite table, n" l 'i ; prisé cinq mil livres : h' I.
Item, deux autres diamants brillants en chaton, émaillé et noir autour, n" 16;
prisé deux mil livres : n'" 1.
Item, une attache composée de douze diamants brillants dont quatre plus forts
que les autres ayant une grande place vuidc au milieu et deux aux deux bouts,
n" 17; prisé douze mil livi'es : xii" 1.
Ilem, une autre attache tout semblable composée aussy de douze diamants
brillants ayant pareillement trois places vuides, n" 18; prisés dix mil livres : x™ 1.
Ilem. une attache de chapeau où il reste six diamants brillants dont deux sont
plus forts que les autres, n" 19; prisé dix mil livres : x" I.
Item, une boucle de ceinture composée de dix diamants brillants dont deux sont
très petits, n° 20; prisée dix huit cent livres: xbnr I.
Item, deux boucles d'oreille de diamants brillants de forme quarrée irregulière,
et mal nette, n° 21 ; prisé cinq mil livres.
Item, une croix de chevalier composée de cinquante trois diamants et trente
autres gros dans le milieu, trois autres grands, seize autres encore moins grands,
dix sept plus petits et seize petits diamants a facettes, n" 22; prisé quatre vingt mil
livres : ini"g 1.
Item, un nœud pour mettre au-dessus de ladite croix de chevalier, composé de
dix sept diamants brillants dont trois gros, six moindres et huit plus petits, n" ni;
prisé cinquante mil livres.
Item, une boucle de chapeau composée de huit diamants dont (pialrc brillants et
quatre foibles, tons (|uarrez, n" 24 ; prisé neuf mil livres : ix" 1.
Item, deux boucles de souliers chacune composée de quatre diamants quarrez,
^-5 LK PALAIS-nOYAL
quatre autres a facettes et seize petit< aiissy a facettes, n» aS: prisées deux mil
livres : ii" i.
Hem, tleiiv attaches a chacune desquelles il manque les trois iliamants du milieu,
chacune composée en ce qui est de trente si\ diamants dont seize (juarrés et vingt
a facettes, le ttiut de diverse grosseur, n' jG ; prisé cinq mil livres : b'" 1.
Ilfin, une autre attache où il manque pareillement trois gros diamants du ilicuiu
et dont les diamants qui restent consystent en trente six diamants dont seize
quarrez. douze brillants et huit a facéties, n" uy; prisée six mil livres : bi ' !.
Nem, une paire dallaches, chacune conq)Osée de vingt huit diamants dont
quinze brillants it (|ual(>rzc à facettes, n" a8; prisez six mil livres : bi" 1.
llt-m. une autre paire d'attache chacune aussy composée de vingt neuf diamants,
douze grands brillants et quatorze a facelles. à lune desquelles attaches il y est un
des plats diamants qui marupie, n' uij; prisé la somme de quatre mil livres : un"' 1.
Hem, une autre paire ilatlaches très petites, composée chacune île Ironie trois
petits diamants tlont il niaii(|iii' deux à 1 inie, cl un à raiilrc, n** 3o; prisé la sonune
de cinq mil livre : <■!'" 1.
Item, un nieutl composé de Ircnic neuf <li;mi;mls doril il Mi;iii<|ne un moyen,
II* ',\i ; pri>é huit cents liNrcs : bm l.
Item, (piaranle quatre boutonnières chacune composée de imil (liaiiianls a
facettes, n" 3-.i ; prisés a raison de cent cinquaiile livres chacune, l'iiiic pdriaiil raiitrc.
retenant enscnd)lc à la somme de si\ niil >i\ ccnl li\rcs : in'"!)!' I.
Hem, cinquante boulons et ciiupiante boutonnières, chacun bouton composé
d'un moyeu diamaid dans le milieu cl six autres moindres autour, a l'un de ces
six boutons il nuonpie le diamani du iniliiii. et chacune des boutonnières
composée de dix iiruf 1res petits diamanls, a tniiles les(|uelles boutonnières il
uiancpie on/i- diamants, n' .i.i ; prisez cl estimé ensemlilc (|iialorze mil
li\res ; xun" 1.
//r/n, trente bonloiinière dans lesquelles soni (|uaire \ingl iliainants. m iiiaii
«pinnt dix au nombre cpiil y a\oit aidrefois, chaque boulonnière devani esirc
componée île Irois diamanls desipielles (piaire \ ingl il y en a cinquante cinq a facettes
et vingt cin(| quarre/. de diverses formes cl graiidein-. n" :\'\: \n\sv7. et cslimé
en!u.'inble einq mil livres : b" I.
Item, treiib- nix petits btuilons composés chacun de six pelils iliamanis a facelles
dont il i-n manque ileux. n* .'J.'» ; prisez ensend)le cinq cent quarenle li\res: Ir xl l.
Item, cinquante trois pièces de bracelel doid (piarente cin(| de se|)l diamants
chacun et iin(| de trois diamanls seuliMuenl chacime. à toutes lesrpieljes il inaïupie
neuf dianuiiilo, n- :t«>; prisé le loul ensiMuble mil livres : g l.
Item, quatre vingt dix ni-uf petits boulons coujposés chacun de Imil pelils
dinnuinlo. n" .'t; ; prise/ le tout ensemble sept cent livies : bu I.
Ilrm. doii/e IioiiIuiih coiiipoNi'N chacun de onze diamanls ,à facelles, n" .'VS ; prisez
le loul la «Mimiiie de nix cenl cinquante livres : bi' i. 1.
Ilrm. une |»nirc d'allnclie» chacune eonqiosée de Inuli' liuis diaiuaiils a facelles
chacune don* leMpiellen atlaches il mampie un diiniant. n' .'(«); prisé d.ii\ cent
livim : n' I.
Ilrm. cinqnonle deux bonlonnièrei dont einquanle eonqjosées cba. une de
u o r. r M K N T s J u s T I !" I r A T I F s '1 / y
dix huit diamaiils, cl deux a dix neuf, a toutes l('s(|n('lios l)oulOMiii(TCs il manque
quatre diamants, n" '|o; prisez le tout ciiseudjle seize reu! livres : xbr 1.
Item, une epée de diamants l'aile eu couteau, composée de deux eerd Irciile neuf
diamants dont deux sont perdus, n" 'n ; prisée (pialie mil livres : lur 1.
l'MU UES Di: l'ERLnS
llciii. un (dlliei- cnmposc' de vingt neuf perles pcsan! ensendjle une once
six gros, [)res(jui> loules imparlailes, n" '12; prisé (li\ mil livres : x'" 1.
Item, une cliaisne composée de cent trente neuf perles rondes très belles pezant
ensemble quatre vingt onces, et chacun l'une portant l'autre dix grains, desquelles
cent trente neuf perles il y en a trente une enfilées en eolier dont S. A. R. Madame
la Duchesse d'Orléans se servoit, lesdites cent trente neuf perles, n" 43; prisées
ensemble soixante dix mil livres : i.xx ' 1.
Item, une petite chaisne de cinquante quatre perles rondes; n" h'\, prisée sept
mil cinq cents livres : bu'" h' I.
Item, un coller composé de trente deux perles de rebut pesant ensemble
sept gros, très laides, n" .\ô; prisées cinq cent livres : h 1.
Item, une croix de chevalier composée de treize perles, dont deux grosses en
bouton, deux en poires et neuf rondes, enrichie de trente diamants à facettes dont
huit plus gros que les autres, n' /iG; prisé ensemble six mil cinq cent livres:
brb. 1.
Ilrin. un na-ud pour nietlre au dessus de lad. croix composé d'une grosse perle
en boulon, quatre antres moindres et quatre diamants en table, n" '17; prisez quatre
mil livres : mi'" 1.
Item, une agraphe de chapeau composée de quatre perles dont trois en poires
et une en bouton, et vingt quatre diamants dont quatre en table et vingt à facettes,
n" 18; prisé sept mil livres : bu"' 1.
Item, une boucle de chapeau composée de six perles en boutons et six diamants
dont quatre brillants et deux en facettes, n" Ig; prisez six cent livres : bi' 1.
Item, deux boucles composées de six perles en boutons et six diamants a facettes
chacune, n" 5o; prisé huit cent livres : bui' 1.
Item, quarente deux boutons dont vingt deux sont composés d'une perle et six
diamants a facettes et vingt autres aussy composés d'une perle et dix diamants a
facettes chacun, n" ôi: prisé le tout la somme de trois mil huit cent livres:
ni'" bni' 1.
Item, deux autres perles en poires très bien tournées et de belle eau. pezant
ensemble cincpianlc trois karals et un gros, n" î):>. ; prisés ensemble vingt cinq
mil livres : xxb'" I.
Item, deux autres perles plus petites, l'une en poire, pezant dix neuf karats,
et l'autre seize karats, toutes deux bien parfaites, n" ')'.\\ prisé ensendile douze mil
liNres : \n"' 1.
Item, trois autres perles aussy en poires de forme irrégulière et un peu plastcs
par dessous, n" 55; prisées ensemble trois mil livres : m" 1.
//('//(, une autre perle en poire hellissime, n' 5'i; prisée trois iiiii rin(i cent livres.
^y8 LE PALAIS-ROYAL
//«•//». deux autre perles en forme de calbace, l'une pezanl vingt deux karats et
rauliL- treize ou environ, w JO; prisez ensemble mil livres : g 1.
llem, une paire de pendants eomposez de huit perles, seavoir deux en i)Outon
et six en poires, avee six diamants à facettes, n" 5;; prisez ensemble neuf mil
livre» : ix~ 1.
Ili-m, une paire de boueles d'oreilles et deux boutons de perles d'eau un peu
jaunastre, n" ÔS; prisé quatre cent livres : un' 1.
Item, unp grande attache comi)osée de sept grosses perles en boulon et vingt
deux diamants dont deux en table et vingt a facets, n" 09; prisée sept mil livres :
bu' 1.
llem, deux attaches de manches, chacune composée de sept perles en boutons
cl «piatre vingt six diamants dont deux en table et (jualrc vingt quatre en facettes.
dont il manque six diamants, n" Co, prisée deux mil huit cent livres: n^bni' 1.
llem. une autre paire d'attaches composée chacune de sept |)erles en boutons
et soixanti- dix diamants, dont deux en table et sciixanlc (piatre en facettes, n° Gi;
prisés deux mil huit cent livres : n'bnr I.
//cm,, une autre paire d'attaches composée aussy de sept perles en boulons et
cinquante huit diamants, n* (îj ; prisé douze cent livres : xn*^ I.
Item, un nœud de ceinture composé de dix perles en boutons et trente six petits
diamants, n° dS; prisé la somme de deux cent cin(juante livres : ni, 1.
Item, une grosse bague de perles enchâssée en argent, n° C/|. prisée la somme
de quarente livres : xi. I.
llem. ciiMj boutonnières de jusleau-corps. chascune composée de cin(( perles en
boutons et seize diamants, n' (k); prisées six mil cinq cent livres: bi'-b' 1.
Item, vingt huit petites perles rondes attachées sur un morceau de satin, n GG;
prisées trois cent soixante livres : m'i.x I.
Item, une jarretière de velours bleu servant à l'ordre d'Angleterre brodée de
perles, n" ù- ; prisée vingt cinq livres : xxb I.
Item, neuf duccs trois gros de semences de perles lilaiichcs. prisées à raison
de vingt livres l'once, n" (')<S, ci : cnn"n 1.
llem. cinq onces «tept gros de semences de perles, n' G(); prisé deux 1 ciil (pialre
vingt deux livres, ci : n'mi"n I.
Item, quatre onces deux gros de petites perles, n" 70; prisé deux cent (|iiiir;uile
cin«| livre"», ci : n' tin b I.
Item, ipialrc oncen demy gros de p.til.s p.Mle>: prisées à raison de cinquante
livrin l'once : n ni I !>'
l'Mii m:s Di; lu nis
llem, une croix de rhevidier conq»o>tée dr Njngl neuf rubis d'Orient, ( in(|uante
•il dianionln, dix huit l)rillunl«, n' 71; prisée quatre mil livres: bi" 1.
llem. une atlacliu pour nieltre uu-<lessus de ladite croix compo.sée île sept rnl)is
d'Orient dont troii grand» et quatre moveuf* et vingt huit diamants dont dix sont
en lahic* ri douxe en facette, n* •jt; prisée six mil livres : lu'" 1.
Item, une lahlo de brareliît ou Hoise composée d'un grand rubis mal nel. ipiaire
diamantii hrillanU cl quatre de faux, n" 7.!; prisée quatorze cent livres: xnn' I.
DOCUMENTS JUSTIFICATIFS 479
Ilcia, une boucle de chapeau composée de quatre rul)is d'ÛrienI, de quatre
diamants brillants, n' 7A; prisé quinze cent livres : xl)' 1.
Uein, une paire de boucles de souliers, chacune composée de six rubis et six
diainaus a l'acetles. desquels rubis il en manque un, n" 70; prisée trois cent
cinquante livres : m'L 1.
Ucm, une attache composée de sept rubis et trente huit dianians dont douze
en tables et vingt six en facettes, n° 76; prisée cinq mil cinq cent livres : b"'b' 1.
Ilrin, deux nœuds composés chacun de deux rubis d'Orient, un desquels brillants,
et ([ualre diamants à facettes, n" 77; prisés deux mil six cents livres : n^bi' 1.
llein, quarante trois boulons composés chacun d'un ruh> et huit diamants,
n° 78; prisés ensemble la somme de treize mil livres : \ni"' 1.
Ucm, douze pièces de chaisne, chacune composée d'un ruhy et sci/c diainuiils,
n" 7;); prisées six cent livres : h\' 1.
Ucm, quarenle agréments (?), chacun composé de quatre petits rid)is et vingt
huit petits diamants, n" 80; le tout prisé onze cents livres : xi' 1.
PARURES DE TOUTES PIERRERIES
Uem, une croix de chevalier composée de vingt trois pierres de couleurs, scavoir
deux diamants jaunes, trois topazes d'Orient, et trois topazes d'Inde, deux rubis
d'Orient, quatre saphirs, six emeraudes et une amatiste, et quarante iicui" diamants
à facettes dont quatre qui manquent, n" 81 ; prisée dix huit cent livres : xbui' 1.
Ucm, une attache de la croix de chevalier ci-dessus composée de sept pierres
de couleurs, scavoir une emeraude, un ruby balais, deux aiguës marines, une
hyacinthe, une topaze d'Allemagne et une amatiste avec quarante quatre diamants,
n° 82 ; prisée quatorze cent livres : xm' I.
Ucm, une boucle de chapeau composée de quatre pierres de couleurs, scavoir
un ruby balet, une topaze, un saphire d'Orient et une emeraude avec douze
diamants, n° 83; prisée dix huit cent livres: xbm" 1.
Ucm, deux boucles de souliers dans lesquelles sont quatorze petites pierres
de couleurs, trois mauvaises et seize petits diamants, n" S'i; prisé ciiuiuantc
livres : l I.
Item, un fleuron composé de trois pierres de couleurs, une emeraude, une
grande amatiste et une topaze d'Allemagne, n" 85; ])nsé deux cent livres : n' 1.
Ucm, une table de bracelet, deux grands aiguë marine el dix diamants a facettes,
n" 8(j; prisé cent vingt livres : cxx I.
Ucm, deux autres tables composées chacune d'un grand suphirc vioiii et dix
petits diamants a facettes, n" 87; prisés quinze cent livres: xb I.
Ucm, sept fleurons, chacun composé de trois pierres de couleurs cl seize
diamants, n" 88; prisé le tout ensemble mil livres, cy ; g 1.
Ucm, quatre pièces ovalles, chacune composée d'une pierre de couleur et douze
diamants, n" 89; prisé la somme île huit cents livres: bni' I.
Ucm, dix huit boulonnières, chacune composée de trois pierres de couleurs et
quirTzc petits diamants, a deux desquelles boutonnières il manque une pierre de
ciiulitur. n" ()<); le tnul prisé la summi' de neuf cent livres: i\ 1.
48o LE PAl.\IP-nO\AI.
Hem, viiigl quatre boutons, tliacun composé dune pierre de couleur entourée
de petits diamants, n" yi ; prisés ensemble deux cent livres : iv 1.
Hem. deux tables de bracelets coujposés chacun d'une pierre de couleur et
douze petits diamants, n* 1)3; prisés soixante livres : i,x' 1.
Hem, une espée a branche et garde evidéo composée de quatre vingt treize
pierres de couleurs cl de cinq cens soixante douze diamans a facettes, n° 98 ; prisée
la somme de cinq mil livres : 1^ 1.
i'\iu iu:s d'i':meraldk
Hem, une grande croix des Vies composée de treize grosses enu-raudes et
quarente deux diamants de diverses sortes dont quatre plus gros que les autres,
n* g'i. prisée la somme de quinze cent livres : xb' 1.
Hem, une grande attache composée de trois grandes emeraudes et quarcnio trois
diamant» tant en table (|u'a facette, n"o5: prisée la somme de trois mil trois cent
livres : ni' m' I.
Hem, une boucle de chapeau conq)osée de six diamants eu table et six
emeraudes, n" ;((>; prisée la somme de deux mil cinq cent livres : ii>'b' I.
Hem, un bouton de chapeau composé d'une grosse emeraudc et douze diamants
dont six en table et six à facettes, n° 97; prisé la somme de quatre cent livres : uir I.
Hem, une paire de boucles de souliers, chacune composée de six emeraudes
et douze diamants a facettes, n" 98; prisées ensemble la somme de trois cents
livre» : m' 1.
Ilem, un autre bouton composé d'une grosse emcraude très crasseuse et douze
diamant» dont six a facette <'t six en table, n° 99; prisé la somme de deux cent
livres, cy : n 1.
Hem, une paire d'attaches, chacune composée de sept emeraudes. ((uatre vingt
diamant» de différentes sortes, n° 100; prisé la somme de deux mil huit cent
livres, cy : n'bui I.
Hem, dix emeraudes très grandes dont Imil à six iienls et deux à Iniil |)ents,
n* 101 ; prinée» ensemble la somme de dix sept mil livres, cy : xbii ' !
Iletn, trois lablen de bracelets, ehaeumr dune emcraude o-uvrée longue autour,
en tal>le et en facette, di-scpicU diainaiils il cii inan(|ue un. n" 102; prisé la somme
de mil li\r(*», rv : g I.
Hem, deux grands bouton», chaeiin coinposé d'une grosse (inrinicie en talio
clion et <li>u/c diumunt» autour en table et a facette, desipicls iliamanls il en
mHii(|ue un, n' m."?, priiez ensemble la somme de huit cent livres, cy : bnr I.
Item, quatre autres bouton» ilont deux gros, chacun coiiq)osé d'une emeraudc
et huit diamant», d'un autre au»»y d'une emcraude et douze petits diamants, cl
un aulre <runc cmeraude et huit diamants, n* K./i; prisé le tout ensemble la somme
do «Jeux cent sfiisonlc livre» : ii'i.x I.
Hem, six pi^reN de ehainne, chacune composée de Ningt trois diamants à
farrllr cl iiulnur, dan» le«(ptnN diamantt il en inanipu- deux, n ki.i; |uiscz
CMM'inbli' l.i nonnne ele dix-huit (•«•ni livret, ex : xbni I.
Hem. dou/r autres pièce» île chai-.ne d.- même lavon, elia. un. . ..m|ii.sée de
DOCLMENTS JUSTIFICATIFS
iSl
vingt dcu\ diamants, le diamant du millicu de chacune desdilcs pièces n'y estant
pas, n° io6; prisé le tout ensemble la somme de douze cens livres : xir 1.
Ilein, vingt boutons dont dix huit sont entourez de huit petits diamants et
deux de dix petits diamants cliacun, à tous desquels boutons il manque le dia-
mant du milieu, n" loy: ])rise/. le tout enseml)ie la somm(! de quatre cens livres,
CY : iiir' 1.
llrin, une hague d'un l)eau rub> d'Orlenl a huit pens et deux diamants a facette
a coslé. H° i()8; prisée la soniiue de dunzc cens livres, cy : xu' 1.
//('//(, une autre bague anssy d'iiii luliy d'Orient et deux diamants brillants a
costé, n° 109; prisée la sonnne de huit cens livres, cy : bur 1.
Ilem, une bague d'un ruby d'Orient cabochon en cœur et douze petits diamants
en table autour, n" iio; prisé la somme de cent dix livres: ex 1.
Item, une autre bague d'un ruby balet à huit pents avec six diamants a facettes
a costé, n" m: prisé la somme de trois cent livres: 111° 1.
Item, une autre bague d'une topaze d'Orient et six diamants a costé, n' 112;
prisé la somme de six cens livres, cy : bi' 1.
Item, une autre bague d'un saphire d'Orient violet très beau avec deux diamants
brillants a costé, n" ii3; prisée la somme de quatre cents livres : nu' 1.
Ilem. une autre bague d'un jx'tit saphire et seize tous petits diamants autour,
n" 1 1 '1 ; prisée la somme de cinquante livres, cy : i, 1.
l/rrii. une bague d'cmeraudc de cabochon et six diamants a coslé, n° 1 if); prisée
la somme de cent soixante livres : c:lx 1.
Item, une autre bague d'une turquoise de vieille roche et dix huit diamants
autour, n" 116; prisée la somme de deux cent soixante livres, cy : u l\ I.
Item, deux bagues de diamant bon, unquel diamant forme avec de la vraye
croix dessous le centre de la bague entourée de petits diamants, et l'autre d'un
diamant plas avec un chiffre dessous, n" 117; prisées ensemble la somme de cinq
cents livres : b' 1.
Item, dix huit bagues de toutes sortes de pierres de couleurs de peu de consé-
quence n" 118: prisé le tout ensemble la somme de cent vingt livres : cxx 1.
Ilem. une paire de pendants d'oreilles contenant dix dianianls en lances (?),
n" ii<); jjrisé la somme de (piarcnlc ciricj mil livres, cy ; \i.li'" I.
//(■;/(. (jeux liDUcIrs d'oreilles d'un gi'os diamanl chacnnc taille/, à facettes, n" lao;
prisées ensemble la sonune de vingt mil livres : w" I.
Ensuyvenl dix huit gros diamants qui se sont trouvez faisaid partye de \ingt
deux diamants de grand prix mentionnés dans l'Inventaire fait après le décès de
feue S. A. 11. Madame (Henriette), épouse de feu moud' Seigneur, pour la succession
de la feue Reyne sa mère, et dont l'estimation n'a pas esté faite par le d' Invent'" à
cause qu'ils lenoient à S. A. R. Madame, de bien propre.
Item, un gros diamant a facette très élevé en pointe, un jjcu |)Ius élevé d'un
costé f|ue de l'autre, d'une ciislaline très pur, u" i-.>.i; prisé la sonnne île ({uatre
vingt mil livres, cy : un"" I.
Item, un autre grand diaiiiaiil a l'acellc de forme ovallc pres(iuc rond, de belle
eau. M" i!i; piisé la s(jmnie de (cnt dix mil livres: ex* 1.
T. I. LE FALAIS-HOTAL. C'
iJ8a LE PALAIS-nO-ÏAL
llrm. un aulrc .lia.nant ix laceltc de incsme forme el -ran.leur (luc le precclent
ayai.l une t,'rande glaee a costé dun des bouls el de moins l)ellc eau .lue laulie.
n* i.j3; prisé la somme de einquanle mil livres: l^ 1.
Hem, un très yros diamant de forme très ronde avant une très -raii.le laMe
dessus et une petite glace a eoslé du point milieu, de bonne eau, ledit .liamanl
appelé la Jiuze dWwjk-lerrt-, n" 12^; prisé la somme de cent mil livres : C" 1.
Item, un autre diamant brillant de forme ovalle long, taillé par dessus en petit
losange .le très belle eau et nette, appelé Ui Cilé. n° 12.-): prisé la somme de eenl
vingt mil livres : cxx' 1.
llrm. un antre grand diamant l>rillant ovalle long formé de très l)elle eau el
nette, n' ijG; prisé la sonmie de qualre vingt mil livres : un"» 1.
Ilrm. un autre grand diamant laillé en table de forme carrée, long, ayant un
fond, amjuel il manque un coin (.'), de très belle eau et ikIIc. appelé lu Heyne mère,
n- 127; pri>é la snnnne de soixante di\ mil livres: i.w' 1.
Ilem, un grand diamant a facette de forme ovalle pointu dun bout avant un
cristal collé dessous el de mau\aise eau. mais nette, n' 12S: prisé la somme de
quinze mil livres : xb- 1.
Ilrm. un autre grand diamant a facelle de forme carrée doiil 1111 de ses coins est
extrêmement arondv de belle eau et nette, n" 129; prisé la sonmie de (|uiii/.c mil
livre-H : xg 1.
Ilem, un grand diamant à facettes forme ni ovalle. |)oinlu des deux bouts, n' i3o;
prisé la somme de dix mil lixres: \' 1.
Ilem, un autre grand diamant à facette formé a six pcnts de Ins belle eau el
nette, n' i.*?!; prisé la somme de bnil mil li\rcs. i\ : 1iim= I.
Ilem, un autre grand diamant à lacellcs de iorme ronde ayant une brècbe a costé
mal nette cl deau un peu céleste, n" i.Vj; prisé la somme de trois mil livres,
cy : Mil' 1.
Ilem. un autre grand diamant a facelle formé en ovalh'. de lionne eau. mais
mal nette, n' i.'t'S; prisé la somme de (pialre mil li\res : on' I.
Ilem, un autre grand diamaid a facelle loiint' a six peids irreguliers ayant im
(ifros point noir a un «les angles, d'eau un peu eélesie el mal nelle, n' i.'5'i; prisé
la somme de deux nul cinq <ens livres : ii'b I.
Ilem, un autre diamant a facette formé a six pi'ids réguliers ayani iinr Ix e
eau et nette ayant un petit gtain noir, n i.'t.'j; prisé la sonune de deux mil liiK]
cenu livret ; n' b I.
Ilem, un autre grand diamant de lurnie londe el taille'' d'une foiine exlraordi
nairc, d'eau cele.tle limoneuse el remplie de ;:iace, n i.iii: prisé la somme de dix
huit cent li\rc.H : xbm' 1.
Ilem, un autre diamant a facette de forme rmiile ay.oil mi cristal collé dessous,
n* i.')^; prité la nonunc de mil livres : g I.
Ilem, un nulro grand tliamant a racelte de furnu' triangle iiii';:nlier d'eau
eiilièmiient i-clcsle, n" l'IK; pri<té lu Honnne de mil li>res, cv ; g I.
Ilem, une l>a((ue d'un grand dianuud biillant a deux pans, ij'eaii lieili>>ime
ihl II- I •inlmiil de Hiiuiliui, n" i.'^y; priné la sonnne de \ingl uni livres; xx*^ 1.
DOCUMKNTS JUSTIFICATIFS .'|83
I)i:mi:i;s c.omptwts ktam- dans i.ksd. cassettes
Ilein, une bourse de cuir diiiis la(|uelle s'esl lr(Mn('' mil loui-; (Tor et douze
livres italiennes, faisant la soinnic de douze mil livres : \u i.
Trois autres bourses contenant ia,ooo + C,ooo -\- ô.ooo livres.
Hem, s'est trouve dans l'une desdites easseltcs un goblct couverl, une cuillère.
une fourchette, un manche de couteau et une poivrière ronde, le tout d'or avec un
bouquet [mot illi.sihle] de diamants aussy d'or csmailié, pesant le lnut cnsemjjle
un marc sept onces; prisé à raison de quatre cens livres le nniic lad! f|uanlité
audit prix, à la somme de sept cent cincpiante livres : bu' i, 1.
Ilein, le S. Bouticourl a représenté deux nefs de vermeil dun'' l'une seivanl à
feu Alonseigncur et l'autre à S. A. H. Madame, pesant chacune trente cinq marcs,
les deux soixante dix marcs: prisés à raison de trente livres cinq sols le marc a
juste valeur, à la sonnne de deux mil cent dix sept livres dix sols : u'' cxbn 1. x'.
VAISSELLE D'OR
Ensuite la vaisselle d'or et d'arj,'enl ([ui esloil à Saint Denis, en l'rance,
servant tant à la bouche, pannelerie, fruileiie, que connnun de S. A. H., ap[)ortée
en cette ville de Paris pour estre comprise au présent Inventaire, est représentée par
Antoine Langot, commis de la chambre aux deniers de S. A. \\. en place de
messire Gaspard de Mathavel, premier maître d'hôtel de mondt Seigneur, tous
deux pour ce comparant, après serment par chascun d'eux f' et représenter tout
ce qu'ils savent appartenir à S. A. U. et ont signé.
Item, une sous-coupe, douze assiettes grand' ouvrées, un cadenas garny de
sa sallière, poivrier, un sucrier, un porte huilier, deux couvercles de caralVes
avec une petite chaîne, six cuillières, six fourchettes et six manches de couteaux,
le tout d'or pesant soixante onze marcs; prisé a juste valeur et sans crue à quatre
cent livres le marc, l'evenanl a ce prix à la somme de vingt huit mil quatre
cent livres : xxbm'^im' 1.
VAISSELLE D'ARGENT PLATTE
Ilcm, cent vingt trois plats de différentes grandeur et façons, douze assiettes
creuses, quarante trois assiettes de fond, six assiettes volantes, deux tasses avec
une chaisne, sept essays, six bassins ovalles, cent vingt une assiettes a couverts,
<leu\ grandes cuilliers, deux moyennes cuilliers, cinquante neuf petites cuillières,
soixante une fourchettes et une escuinoire, le tout d'argent blanc poinçon de
Paris, pesant cnsendile onze cent neuf marcs une once sept gros; prisé a sa juste
valeur et sans crue a trente livres le marc, revenant au d' prix a la somme de trente
tr(jis mil deux cent soixante dix sejjt livres six deniers : xxxinrii i.wbii I. bi'.
VAISSELLK DAlUilAT MONTÉ
Ilcm. \nie glande nianuille avec |)ie(ls avec son eoiix eicle, une petite marmilte
a pieds et son eonxercle: deux easserolles rondes, lidis casseiolles a (piene: deux
^gjj I.E P\I.AlS-ROYAL
autres petiles marmites a bec et couvertes, ileux pots à bouillon, ilcux grils, trois
cuilliers a pot, un arrozoir. douze petites brocbelles, deux Essays et un reschaud,
une eseumoire. quatre flacons, deux fermores (?), dix Kguières. vingt flambeaux de
différentes grandeurs et façon, deux souscoupcs, une escuelle couverte, deux
sucriers, deux vinaigriers, un huiUier, six corhciiies a mettre des fruits de difl^e
rentes grandeurs, deux petites sallières, trois poisles a confiture, treize manches
de couteaux, quatre compotiers et deux saladiers gaudronncz. pesant le tout
ensetid)le cpiatre cent cinquante marcs quatre onces quatre gros, vaisselle d'argent
monté poinvon «le Paris; prisée a sa juste valeur et sans crue a vingt neuf livres
dix sols le marc, revenant a ce prix à la somme de treize mil deux cent quatre
vingt onze livres d(mze >.>!> ^ix .l.iiiers, ci : xnu'=ii'nu"xi I. xii'. bi'.
VAISSKLLK l'LAlTi: NKKMEIL DOHK POINÇON 1)K PARIS
Item, soixante trois assiettes, quatre grandes cuillicrs. iiuarcnlu six petites
cuilliers, cinq autres cuillicrs à callée et quarente six fourchettes vermeil doré
poinçon de Paris, le tout pesant ensend)le cent soixante dix huit marcs; prisé à
juste valeur sans crue à trente une livres le marc, revenant audit prix à la somme
de cinq mil «inii iciil ili\ Imil livirs. cy : b'^b xhiii I.
\.\i>si:i.i.i': MdNTi';!': vKiniKii. douk
Iteiii. un cadenas garny de sa sallière et poivrier, dix sallières rondes, une
autre sallière carrée avec son tiroir, un sucrier él vinaigrier: tiii poivrier, une
liuislc couverte à viandes, (|uarente ciiKj manches de couteaux, \r hml (h- \eni>eil
doré monté, poinçon de Paris, pesant quarante six marcs une once; prisé à sa
juste valeur sans crue a trente livres cinq sols le marc; revenant à ce prix à
la sonnno île treize cent quatre vingt (piin/.e livres cin(| sois six ilcniers, cv :
xnrnn"xb I. bv br'.
Ensuit la vmssf.i.i.e n'oii i-rr d'mkjknt (pii estnit à N'ersailles servaiil l;inl ,m la
lK)Uchi!, panneterie, fruiterie, que conunun de S. \. U. Madaiiic apporlie en celte
ville de Pari» poin* estre conqu'ise au présent Inventaire...
VAlSSKI.I.i: IXtlt
tli-m, -liv nHHJcttes. uni- cuilliere, une fourc lullc cl un manche de cnulcaii d'or
posant dix huit mures cpiutre onces; prisé à (piatre cent livres les marcs, revenant
a eu prix ù la sonime de se|it mil quatre cent livres, cy : bu'ini' 1.
VAI.SSELLE MONTfiE VERMEIL
llmi, un iK>rti! couvert avec non dessus, un cadenas garny de deux cuillicrs,
deui foiiri lielle» cl deux nianche'< de couteaux, un tire moelle, une boisie à \ian(k',
un iM-lil railrnoi à njellrc nel et poivre el curedents, un sucrier, mi vinaigrier, un
huillier, nn poivrier, une luncmqtc, une coiqipc couverte, un Essay el six nami)eau\
Kuvrci, le tout vermeil doré pesant ensemble cimpianle ipiahc marcs ciiK] onces;
OnCUMENTS JUSTIFICATIFS '|00
prisé à ticnlo livres citui sols le marc; revenant à re |)ri\ à la somme de seize
cent cinquanle deux livres huit sols un denier, cy : xbr i.ii 1. Inn'. i''.
VAISSELLE DAHCKNT l'IATTH
llein. deux iiassins ronds, drux i)assiiis o\ ailes, (jiialic vinf,4 quatre plats de
dill'ercnfes grandeurs, cpiatre vinfi;! dix huit assiettes de couvert, vinj^t trois assiettes
volantes de ditlerenles f,nandeurs, deux grandes cuillicrs de potage, une grande
fourchette, quarente huit petites cuiliiers, cpiarente cinq petites fourcliettes, une
casserolle ronde, une cuillère à pot, une écumoire, un Essav, douze ])etites burettes,
une fiole, un couvert plat, ])esant ensemble huit cent vingt deux mares quatre
onces sept gros; prisé à trente livres le marc, revenant à ce prix à la somme
de vingt quatre mil six cent soixante dix huit livres cinq sols sept deniers, cy :
xsnii^^br Lxxljui 1. b s. bn'.
VAISSELLE D'ARGENT MONTÉE
Item, une marmitte et son couvercle, huit flambeaux Euvrez, (juatrc chandclliers,
un poivrier, cinq petits sallières, treize manches de couteaux, trois sallières, six
equelles, un réchaud, deux pots a bouillon, un bassin, un gril, mie poisle, trois
mouilloirs (?), deux vinaigriers, quatre flacons avec leurs plateaux, un Essay
et un porte-huillier, pesant le tout ensemble cent quatre vingt onze marcs, sept
onces, cinq gros; prisé vingt neuf livres dix sols le marc, revenant à ce prix à la
somme de cinq mil six cent soixante deux livres douze sols trois deniers, cy :
bi'bi Lxii 1. xir. m'.
PENDULES
Ensuyvent trois pendules représentées par le sieur Bouticourt avec une montre.
Item, une pendule de seize poulccs ou environ de haut, faite par Oury, dans sa
boiste de marqueterie en dôme; prisée la somme de cent livres : c 1.
Ilem, une autre pendule sonnante dans sa boiste d'ébène carrée, faite par
Martiims, bordée de cuivre doré; prisée la somme de soixante quinze livres : i.xxb 1.
Item, une autre petite pendule aussy faite par Oury, dans sa boiste (fébène;
prisée la somme de quarente livres, cy : xl 1.
Item, une grosse montre à réveil dans sa boiste d'argent et une boiste de
chagrin; prisée la somme de quarante ciiui livres, cy : xiJ) 1.
\ i:\Ti; i)i:s imkiuikkiks de .mu.nsii:lii
EN 1703
lAnliivt-s iialioïKilt-s. kk. 388)
... Et par CCS présentes, S. A. il. Monsiij^iK-iir le duc d'Orléans, petit -fils de
Franco, consent que tous les deniers ((ui provieiuiidnt de la dite vente [des diamants
et pierreries contenus en l'Inventaire lait après le décès de S. A. H. Monsieur]
soient remis et délivrés entre les mains de Charles Le Bèfjue, seigneur de Ma/ain-
ville, lré>orier général des maisons et linances de S. A. R.
I.*s dits conseillers procureurs ont remis les diamants, bijoux et pierreries es
mains du sieur Charles Nocret, premier valet de garde roi)e de S. A. R. poui- ioeux
t^lre exposés, criés, vendus et adjugés aux personnes \)\\i-i olVranlcs. \ la niiuiMc
seule «le S. A. R. au moyen de la renoncfation l'aile pai f ii' , l~ piiissaiile et
f excellente princesse M* Kli/alxlh Charlotte de Palatine du Rhin, duchesse de
Ra>ière, veuve île Monsieur, frèie uniipie du Roy, a la communaiité de biens qui
a été entre elle et feu Monsieur; le dit acte de renonciation passé par devant
M~ Claude Boucheron cl llellanger le jeune, notaires au Chatelct, le 6 févriei' 170J.
Siii>ant lecpicl réquisitoire, j'ai huissier susdit procédé à la criée, vente, adju-
diculion.
Suit la vente :
N* 7^. — l'ne Imucle de chapi'au, compo-iée tle Irni-; nilii-; (roilciilcl '1 dia
maiits hrillant», criée ti Hi»\ livres, adjugée au sieur l.adnireau (l'orfèvre) coiuiiie
uu pluH ulTrant et dernier «•ncliéri>»seur : i,'jii."> livres.
N* 77. — l>eu\ noMid». rubis rt brillanis. adjuj^'és au s' Ituiirliii, orfèvre, rue du
llarlay : i.gtio livre<<.
N"* 1 10 cl I lâ. — Peux bagues ; rubis et diamards. au s' l.adnireau : '|()o livres.
N~ ii.l cl 11^. — Deux bagues : saphir cl diamaiils. ii La;,'neau, m' m fèvre. (|iiay
de» Morfondus : 710 livres
N- iiH. — :\ Iwgues : saphirs, l.ipa/e. au s'Cadrl. m' orfî-vrc, rue Rcrliii : .").. Ii\r
N* loX. — lingue: ridui, diamants, à Mi>n>ieur de Tersus, trésorier de .'^. A. \\..
drmi-unint rue des H. enfanls : 1, .'{.... li\rcH; d na donné (pie jS livres, accorde- le
crédit du utirpluit du conHcntenienl de» »" Vaillant cl La Marre.
N* î"». - I n diomanl en rose, au »' (wmdin, (piai des OrfT-vres, à la rri 1' \n"le
Icrrr : ç(,l>.'iii llvrr»; payé avec de-i billets au porteur.
>-i... — In diamant brillant, au s' Joseph Mussaphia. Juif dllambumj^r ;
1 3,000 llvrf«.
DOCUMENTS J T ST I I' 1 C V T I hS '187
N° 37. — 90 petits boulons de diamants, adjugés à M' Aubcrt, introducteur des
ambassadeurs de S. A. R., demeurant au Palais-Roval : 1,710 livres.
N" 35. — .'îl petits l)()ul(ms cU- iliaiiianls. au s' L('\ y, .luif dcMicuranl en Angle-
terre : 1 ,020 livres.
N° 16. — 2 p'' (lianiunls brlllaiils on pendants d'oreille, adjugés à M' le Comte
de Bréauté, chand)cllan de S. A. H. : 2,680 livres.
A" 38. — 12 boulons de dianianls, au s' La\;uid, m' Joaillier, r. Bcrtin-l'oirée :
8io livres.
N" 62. — Une paire d'attaeiies en dianianls. au s' et dauioisrlle liastoiivillc,
demeurant rue Tbibaul aux dés: 1,07,') livres.
N° i3. — Un diamant brillant, adjugé à M"" la duchesse de Meueode, demeurant
rue neuve des p" champs : 10,080 livres.
N° 128. — Un grand diamant à facette, au s' de \areiincs : i'i,'iio livres.
N°' 182 et i33. — Un diamant, adjugé au s' .lustc, architecte des bâtiments du
roi, demeurant cloître s' honoré : 38, 000 livres.
N° i35. — Un diamant en un seul chaton, adjugé à M. le Marqtus de Naucré :
3,200 livres.
Et le lundi i()''""'Jour du mois de Juin au dit an 1702, sui\anl les ordres à moi
donnés, je me suis huissier priseur transporté en la maison de M' de Mazainville,
trésorier gênerai de S. \. R., où j'ai reçu diverses sommes du comte de Bréaulé.
Et le samedi i" juillcl, remis es mains de M' de Mazainville, une quittance du
s' Jud, architecte, de la somme de 38, 000 livres à compte des ouvrages par lui faits
pour feu S. A. R. tant à S' Cloud, \ ersailles qu'au Palais-Hoyal.
]N° 17. — Un diamant bi'illant vendu à M' Doublet, secrétaire des commandements
de S. A. R., demeurant rue N"'-S'-Auguslin : ôoo livres.
Le samedi 22 juillet, ai reçu une quittance de M. le duc de Nevers de la .somme
de 10,000 livres pour les arrérages de l'année dernière, à cause de pareille somme
à lui due par la succession de feu S. A. R.
Somme totale à laquelle se monte le prix de la vente des pierreries, diamants:
507,913 livres.
Plus, quelques autres objets retirés font monter la somme tolale à ôoo, 801 livres :
cinq cent mille huit cents une livres, quinze sols.
38' jour (l'avril 171).").
Jean AiiNoii.r,
llaissifr priseur.
!,c(lil proci"'S-viM-l)al mis an\ .iiciiiM-. du l'alais-Ho\al.
aT iiiav i-ii.'i. I)i; riii:>ur.
I II-' «Il vXU^^H^iiUjL,-^
i.i: ^r.i{\ ICI-: di: i.\ tmu.k
M l'M.MS-lKiY M.
i.i: i'Ki\ i)i> \i\ iu:s i:n ig-o
MAIlCIIK pni K I.KS \IAM>I>, l'tllS>.ON!S, i:t>Mi:STlHI,KS, ETC.
Ar/r fin l'î jiirn-icr IG~0
Fiil préM'iilH Cnllirriiie Dnrioii, \fiivi- ilii siciir Sircl Cliovalier, vivant pour-
>o>c'ur lie \:\ U< yiii-, ilciiii-uniiilc- .'i l'uris. rue tlii Uuul ilii Muiide, paroisse Saiiiel-
Kuitlarhi-,
l.ji<pii-llr II Faicl iiiari'iié pruiiii.s et pniiiM'l :
\ Muilutiir DiiclirsHr (l'OrlruiiH, slipiilaiil pour mmi Mlesse lt(i\:illr par M('>>irc
(ihiiidi; Koiiiieati. •In-^alicr, Meijfiiciir. piciiiirr Inai^ilr(■ d'hostei. Mcssirc ilc la
(trundièrf ('.nriiiiaii, «<ieiir de Mciircé, mai>lri' dlinslcl ordinaire, Monsieni' M ilem-
ir\%(in»i, lri'«orii:r de l-'ranee à Alen(,'oii l'I lré>orier j,'énéral des Maison et finances
de Suitîti' MleiiMr Koyalle, Mes-^ire l-miis llaniuri, eon\o\enr f^énérai, et Messirc
l'uriiMit, eonvoyeur d'oHlee de son Altesse HoNalle,
ToiiK II eo pr«'M*n<> et aeeepluns de Tournir la maison de Sadit te Altesse lUivalle.
tant |Miiir Ml fl^|H'n»e ordinaire, reslinn et traieleniens d'ambassadeurs extrangers
ri M-i((n<-iir frniivaiR <pie pour uutreK despenses extraordinaires. t<>lles (pi'ellis M)ient
|Miur ipieltpir riiiiM* el oi rai ion ipie rc ptii<tsc cslre. penriant (|nalre an-» (pii ont
roinineiHi- un pn-inii-r jour du pré-^-nl mois de janvier ri liniront ,iii dcniiiT Jour
DOCUMENTS JUSTIFICATIFS SEHVICE WE LA TABLE
489
de décembre de l'année qne l'on comptera mil six cens soixante treize, de lonles
sortes de viandes et poissons tant d'ean douce f[ue de mer frais et salies, et de
toutes autres marchandises concernanlos l'eslat de pourvoyeur, le tout bon, raison
nable, loyal et marchand, suivant les menus qui luy seront commandés et non
à sa volonté et commodité, pour les piix cy après déclarez cl spécillicz, et cncon;
qu'elle ne seroist, suivant les menus, la fourniture ne lui sera compléc qu'à raison
du ])rix des espèces contenues en iccux.
i]nsui\('nl les prix des rdurnilurcs de chair:
I ;(»!■■.( !•'
l'rcmièremcid, la livre de hd'iif (|ii:ilrc sois, à la char>,fc de t'diiiiiii- de la |)ui(liiiic
poni- la liduchc de niadii'lc (hinic cl à la lahle de Messieurs les Maislres, cy . . iiii'
Langue cl bouillon de bu'ul .
Ventre de bœuf
Le pallais de iweuf
La livre de moelle de Ixcuf. .
xii" La lélinc de vache . . .
xbj' Alld\au de bœuf. . . .
iiii" Langue de bœuf fraîche
x\l)j' Langue de bœuf fumée .
biii'
xii'
xb'
VEAU
Chair de veau pezant pour la
bouche cinquarde livres,
(juinze livres, cy xb'
Pour le commun paisanl
trente six à Ireide huict
livres, quinze livres, cy . . xb'
Fressnre, ventre et teste de
veau, pièce, huicl sols . . .
Tayc
His de veau, la douzaine, cinq
livres, cy
Fraize de veau, huict sols. .
biii'
iiii'
biii"
MOUTON
Chair de mouton pai/.ant,
l)dur la bouche Ircrde sept
Il Irenle huicl li\r(s. . . .
I.a (Iduzaiiie de pieds de
iiidulun et eailletles ....
Et pour le commun, vingt
neuf à ti-cnlc livres pc/.aid
(■dinpris le sinf
Langue de moulon
l'OliC
La li\ re de i>orc irais
La livre de porc salle
La liv.de jambon de Mayence.
Eschine entière d'un pied de
long
Issues de porcs, giouins el
pieds
T. I. LE l'Al.AlS-llOYAL.
".1
bii
xLl.iii
\ cidre il(! pdrc
ColleleLles entières
La douzaine d'audouilles. . .
La liou/.aine de saucisses île
veau
Lu li\re de einilduv. h( iirre,
"raisse, huille et lard . . .
\L'
xxx*
Ago
LE P VI.AIS-UOYAL
Alloucttes, la doiuaine.
Aigrelles
Agneau gras depuis Pasques
jus«|ues à la Toussaincl . .
Et depuis la Tuussainct jus
ques à Pasques
\i
H
\l.j- Heslu(leau\. doiil deux par
1) pièce
l.;i|)l)iii <ni lappcrcaii. i)iî'cc.
lAi\ 11', lc\rcaii
xL^
Bécasse .
Hirge .
Bécassine
XXllll"
Lv
xb'
Merle, la douzaine.
.Marcassin franc . .
Lx'
C
Cailles grasses \"
Cliappon gras e( veil \l.'
Cliappun paillé wiiii'
(ligne et C(><| d'Inde lA»'
Potdet dinde xxhii" i)i
(iuurlis \\\
Clie\ aller \
Cicugne \l,
CtK-hon de luicl .\l,'
Chevreau depuis la Toussainct
jusques h Pasques iiii'
Kt depuis Pas(|ues jusipies à
i.i 'riiU'<saiiict I.'
Faisan et faisandiMii
<fri>r<, la douzaine \|.
(«élinoltcM dont tmit un plat vw
()
()\suii depuis la Toussaincl
jus(pies à Pascjucs
I!t depuis Pasqu(>s jusques à
la l'oussaincl
C)\e grasse
Onc sauvage
Oyscau de rivière
Oiislardc
Orlulan
• i.iil'-. le cent
l'aoM, paiiniieau
l'iiiillr ;,'rasse
l'oullc I UN pigeons, dont trois
pour piècii
i'cnlriv, |)erdrean\
Pluvier
Poularde du Mans
nniT. t.iiMiiiaii
XXX"
XXX*
xL'
xxiiii'
i' ')
xL'
xl)iii'
x\x"
xxiiii'
xb-
XXX'
xb*
IlilKiii, liilHiuveiiu
llalliriin
Sarcrilf, li.uilciclle
xb-
DOCUMENTS JUSTI IK^ATIFS SmVITF Dr T. \ T \m.F
10'
A
Alloze fraîcho depuis la Tous
saincl jusqucs au dernier
mars iii
Et depuis ce dernier mois
jusques à la ToussaincI . .
\n<,niille de rost
\iij^iiillc paste
Anguille potage
Alloze sallée
Abies, le cent
Anchois, la livre
B
Le grand brochet de deux
I)ieds et au-dessus \b
Brochet de pied et deiny
quatre doigts x
Brochet de pied et demv. . . h
Brochet de pied quatre doigts.
Brochet de ])ied deux doigts.
Brochet de pied
Brocliet au-dessous de pied
ou environ
Le grand bar iii
Le moyen bar
Le petit bar
Le grand barbeau b
Le barbeau de pied et deuiy
quatre doigts iiii
Le barbeau de [)ied et deniy.
Le barbeau de pied quatre
doigts
Le barbeau de pied deuv
doigts
Le barl)cau de pied
Barbillon, le cent iii
Bresme raisonnable de |)ied
deux doigts
Bresme de pied
Grande barbue bj
l'OlSSON
B
Aloyenne barlinr lii' pii^'cc . . xL'
Grand bccanl de deux pieds
' " et au-dessus i)j' »
Becard de pied et deiiiy
\\\' (pialre doigts iiii' x'
\\1>~ ik'card de pied et demy . . . iii' n
\i»' IJalayne, la livre x'
xii"
xii- ç^
X'
;^j3« La grande carpe de deux pied/.
et au-dessus. xxiiii' »
La carpe de pied et demy
quatre doigts xb' »
La carpe de pied et deiuN. . . x' »
" La carpe de pied quatre doigts. iii' «
La carpe de pied deux doigts. xL'
" La carpe de pied xxiiii"
^~ Carjjc au dessoubs de i)icd ou
^ gavoureau x'
xxxb" Congre, la livre x-
x'»''i' Cellerin, le cent 1/
Cancres, le cent hj' »
^ Corgue et dorade xL'
" Gocques, le plat xx"
^L' Caillebault xxxb'
XX'
D
' » Darc, le cent 1)' »
L"
E
hscrevisses, le cent xxx"
Espeilan, le cent iii' »
xx' „ , , ,
Escargots, le cent xu'
Esturgeon, la li\ re xxb'
G
\xx'
\x' Grcvault rais<)iiiiai)!c, faisant
' » pièce XXX
4ga LE PALAIS-ROYAL
G
Grappes
(Janlon. le cent >•'•'
Grenouilles, le ceiil
H
Hurun blani- el saiiret b
llaran Iran, le cenl bi
Huislres jurandes, le cent. . . bi
lluistres petites, le cent. . . iiii
lliii>tres escaillécs, le cent . .
Ilniiiartl
Ilastroiis
L
l^niproje depuis la Tous-
sainct jusques au dt-rnicr
mars
Kt depuis le dernier mars
jus(|ues à la Toussaincl. . .
Luclies, le plat
M
Mulet
Marsouin, la livre
Miilue fraîche
Muiue de quatre pièces. . . .
Molue de Iriti.H pièces
Mnluc de dru\ |>ièces
M<duc purée
M.rlan
Mulet de pictl quatre doigts .
Murqueri-au friii» . .
Moullr, le cent . .
Moi^rc, la li\r<'
Macrciim'
Orobr*'
P
\b' Perciies grandes de dix à douze
\- poulces iii' »
w Perches moyennes de iiuif à
dix poulces xxx"
Pelitcsperches dont trois pour
pièce ^''
X" Plie de mer xx'
„ Pimprencaux. le cent b' \ii'
„ Pucelle xii~
„ Paiiillon xii"
xbi'
\\x- R
b-
Raye grande L*
Raye moyenne xxb*
Rougets barbus x"
S
Sardines, le cent L'
Seiche simple bii'
Seiche fraîche xxb'
XX'
Solle grande de pièce iii' »
Moyenne solle de deux pour
pièce de huict à dix poulces. xx"
(îrand saumon frais do Irois
^^ |)ieds et au dessus xwi)' n
^'' M()\cii --iiuniiiM de <i('ii\ |)ii'ds
^^^ i-l deiny cl au dessus. . . . xx!)' »
\l/ Pftii saumon de deux pieds et
^^^' au dessus xb*
^''' l.c >auiniin de pied cl dciny
^^ ([iLillc dnigls x' 1)
''* (iraiid saumon sullé hj' »
^''' Moyen saumon salle iiii' »
•>•'«" Petit saumon salle L*
X*
xb-
1"
xx\
Truite grande i\i- deu\ pieds
et au dessus \\i' „
Truitledcpicd cl denix (pialif
xhj" doigts. i\ ..
DOCUMENTS JUSTIFICATIFS
SERVICE UE r,A TAni.E
A93
Tniitte de pied et demy ... bj'
TniiUe de pied quatre doigts . iii'
Tniitte de pied deux doigts .
Truilte de pied
Truilte ou barbnlte de dix à
douze poulces
Ton, la livre
Turbot grand, pezaut vingt li-
vres xbiii
Turbot moyen, pezaut quinze
livres \ii
Turbot petit de dix livres. . . i\
Turbot au dessoubs et barbue,
pièce b
Tange pied deux doigts. . . .
X' Tange de pied
xL' Tortue grande
xxb' Tortue moyenne
Paste/. de Iruilles et saumons
x^ au prix des truiltes et sau-
\biii' mons selon leurs mesures.
Villa
raisonnables .
XX'
\b^
xL'
Zaconne?
xb'
biii'
xb*
Tous les([uels prix cy-dessus ladiclc veuve Clie\alier a pour bien agréable et
moyennant iceux promet fournir et tout ce que dessus exécuter et accomplir
bien et loyamment fournir Icsd. chair et poisson aux Maisons de Sad. A. R.,
pendant ledit temps de quatre années commencées audit jour premier janvier
p°" mois pour finir audit jour dernier décembre mil six cent soixante treize.
Lesquelles fournitures ladite veuve fera soit à Paris ou en tels autres lieux que
Son A. R. puisse cstre, tant pour la despense ordinaire, festins et traictemens
d'ambassadeurs, seigneurs extrangers et français, que toutes autres despenses telles
qu'elles soient pour quelque cause et occasion que ce puisse estre et icelles fournir
de telle bonté et sorte que lesd. viandes et poissons requis seront selon les
saisons de l'année, de fournir dans tous les repas extraordinaires qui se feront
pendant lesd. quatre années toutes les pièces picquées qui luy seront commandées,
en lui payant pour chacune pièce de viande, lard et picqueure, sans qu'elle puisse
s'excuser ny alléguer qu'elle auroit pris de toutes sortes de viandes et poissons et
qu'on seroit tenu de prendre de celles qui sont hors de saison, et sy pour la cherté
ou pour vouUoir bailler des viandes qui ne soient de saison ny portées par Icsdils
menus, lad. veuve Chevalier en vouUoit bailler d'autres ou si elle maii(|U()il à
faire icelles fournitures en temj)s et lieu, en ce cas on en pourra faire achepter à
ses despens quoy quelles coustenl, et lesquelles viandes et poissons ainsi aeh('[)lécs
ne luy seront néantmoins comptés qu'à raison du prix ordinaire, et ne pourra
ladicte Chevalier fournir aucun poisson d'eau douce mort soit en la ville de Paris,
Sainct Germain en Lave, Fontainebleau et autres lieux et villes étant sur les rivières
où Sad. A. R. sera, et encore cpielle fournisse dud. poisson mort ne luy sera
compté que la cinquiesme partie du prix cy-devant accordé, et alfin que les services
et fournissemens ne soient en rien retardez, mais qu'ils soient mieux faict, sera
tenue ladicte veuve d'apporter ou faire ajjporter pour chacun joiu- le poisson et
marée pour les fournitures depuis le premier jour d'octobre jusques au dernier
jour de mars, à sept heures du malin, et depuis ce premier jom- d'avril juscpies
>^n'l IF. I>ALAl.S-RO\\L
au dernier sepli-inbrc l-ii suivanl. à cinq lienrcs du malin, allii que s'il y on avoil
qui ne fùl pas bon el raisonnable on ave temps d'en aehcpler d'autres, et qui no
luv seront com|)tés qu'aux prix cy dessus. Sera tenue ladicte veuve d'assister en
personne au service de Sd. \. W. et luy seront cesd. fournitures payées à la liti
de ebacun mois et non autrement par le sieur Trésorier général de la maison
de Son A. H. Sur lesquelles fournitures sera néantmoins desduict à lad. veuve
(;be> aller, qui la ainsi consenti et accordé par ces présentes, la somme de trois
mil livres par chacun an, faisant par mois deux cent cinquante livres, qui lui
seront rabatues de mois en mois lors du payoïiuiil qui lui sera faiot de sesd.
fournitures à la fin de chacun mois, comme dict est, Ueconnaissant ladicte
\cu\e Chevalier que ladicte déduction ih- trois mille livres par an est une condition
iludict présent marclié. dans lecpiel autrement les prix dcsd. pièces auroien esté
diminuez juscjucs à la concurance de lad. desduction, comme aussi sera lad.
veuve payée des fournitures qu'elle fera pour festins extraordinaires, traictemens
d'ambassaileurs, .seigneurs cxlrangers et françois, on quelques lieux que ce soit, et
.HV aucuns se font durant vrt\. tonq)s |)ar le commandement de Sadite A. R. par
leilit sieur Trésorier, des deniers qui lui seront pour cet effet mis csmains suivant
les extraicls du con""' général (pii luy seront délivrés, sans aussy que lad. veuve
puisse s'adresser à autre quaudit sieur Trésorier pour le payement dcsd. fourni
tmes des deniers qui luy seront fomnis et mis es mains à cet elTcct.
Kt .>era logée par les mareschanx de logis et fouriers de la maison de Sad. A. U.
partout où elle ira et fera séjour fors el excoplé on cette ville de Paris, \e poura
lad. \euve transporter son droit du présent niarcln' i\\ associer aucunes personnes
avec elle, sans le gré et consentement dcsd. sieurs stipulants et d'aulanl (jue
cy- devant il y a eu diiiculté aux cliaisnes faiclos pour les j)oissons, sur rex|)lioaliûn
lie» doigts et poulcos a esté accordé cpie la<l. \euvc servira sur la chaisne faide à
la mesure cpii est du (llia-^telrt de Paris, à douze poulcos pour j)ied de lloy, sans
que cy-après il y ail des ilitlVrciuls.
A esté conM-im ipie si jos vraux el moutons qui seront fournis par ladicte
\eu>e n'axoicnt li- poiils con\( nu pai li- prosetil marché, il \ -fv.\ ral)atu sis sols
pour li\re.
K^t rncore coiimuu que -i, piiid inl le cours du pri'scul marché Sou V. li. faicl
voyage*, le porisis dcsd. fiturnilurrs <lo \iandes cl poissons luy sera baillé cl p;i\<'
par cliai|ue moi», outre le prix dud. marché lorsipn- Son A. \\. sera éloigmc de
vingt huict licueit de cette \ille de Paris et non aulreuuiil. li'i|uol parisis hiv sera
payé par le «ii-ur Trésorier général des deniers de sa chai-^'e siuis luy l'aire aucun
rrnh-, non plut que du prix desdicles fournitures.
Kl pour l'exéculion des présentes et despendances lad. veuve Ciiovalier eslisl
•oh doniii'ile irré\ocnble en la maison on elle est demeurante su.sdéclarée,
Fairt et pa««é au bureau de madicte dame.
L'an mil «it cent •«oixanle dix le \ingt un jai>\i'r
Kt ont ligné le préM-iil marché :
C liDiiioN, nWIMir. UONNFM.
i>\M»i sr. \ii:i itci:. i'\ni.Mir.
•
DOCUMENTS JUSTIFICVIII-S — SKIWICF. I)K I, A ÏAHLK ^QS
MARCHÉS POUR LE PAIN
27 Janvier HJ70
FraïK-ois lloyau, inaislre l)0ullanger à i'aris, dciiicuraiit rue Froimantcuu,
promet à S. A. R. Madame, duchesse d'Orléans, stipulant pour elle par messirc
Claude Houniau, chevalier seigneur, premier maître diiùtel...
Do livrer journellement pendant un an tout le pain qui sera commando |)onr
la provision de la bouche de S. A. R., son train cl suitte, suivant les menus ([ui luy
seront hailli's pour la distribution d'icclluy..., lequel llovau rendra ledit pain à ses
frais et dcspcns aux olTicicrs de panneterie, bouche et commun de Sa dicte A. R.
en tous les lieux et endroits qu'elle ira, scavoir les 2 tiers de pain de bouche du
poids de 9 onces et l'aulre tiers du commun, chi poids de () à 10 onces, bien cuit
et rassis, lequel pain sera i)rizc, à raison de treize suis pour chacune douzaine
de pain...
Marché est également fait pour le pain (le a'i décembre 1G70) avec Antoine
Musinier, maistre boullangcr, qui doit fournir charpie jour huit douzaine de pains
au lait pesant chacun 9 onces pour la bouche de S. A. W., plus le pain mollet, aussi
pour la bouche, et le pain tns blanc de 9 à 10 onces... le présent marché fait à raison
de seize sols pour chascunc tlouzainc de iiains.
MARCHÉ POUR LE VIN BLANC
•:i Janvier 1670
Fut présent honorable hoiiime .Icaii l5oussingauIt, marchand de vin à Paris,
y demeurant lue de la Monnoye. Icrpicl a promis à Madame duchesse d'Orléans de
lui fournir pendant une année tout le vin blan cl clairet ([ui sera iiecessaire tant
pour la bouche de S. .\. R. que potn- sa maison et son Irain, à telle quantité qu'elle
puisse monter...
Ce marché fait moyennant le prix de 108 livres par muid^ de vin de bouche
et de table et 70 livres pour le commun (chaque muid tenant six septiers)...
MARCHÉ POUR LE VIN BLANC
Acte du S'/ Décembre IG70
l'ut présent le sieur Julles Crousy. marchand bourgeois de Paris, y demeurant
rue de la Juifverie, en la maison où se trouve ()our enseigne la Pomme de Pin, lequel
promet...
De fournir pendant ime année <pii commencera au premier jour de janvier
mil six cent soixante onze el cpii Unira au deini(>r décembre de la même année, tout
1 Vnii- |)liis haiil. [mur iii'i. les iiidii niions ipii ont ('■(c (lonnécs sur In contenance par rapport
à nos mesures ai lucllc-, des anciens iniiids el selieis.
jl(G LE PAI.AIS-ROYAL
le \iii blan et clairet (\a\ sera nécessaire laiil jjour la bouche de S. A. R. que pour
sa maisun et à son train, à telle quanlilé quelle puisse mouler bien quelle ne soit
plus parliculièrenieut speciffiée ny déclarée, lequel vin il sera tciui de rendre à ses
frais el despens au\ oinciers d'eschansonnerie bouche et commun de S. \. R., en
tous les lieux et endroits qu'elle fera son séjour, suivant les menus (ini lui xrDiit
bailles pour la distribution d'icelluy.
Ce présent marche faict mONonnant le [)\i\ somme de (•(•/(/ (jtialor:e livres pour
muid de >in de bouche et de table et ciinjuditlc ijualre livres pour le commun, le tout
jaulj;é à mesure de Paris tenant trente six septicrs pour chacun muid, sans que
led. Crousy puisse bailler d'autres vaisseaux que nmid, et s'il en fournit d'autres ils
seront jaugés pour cstre comptés à ladite raison de trente six septicrs pour muid.
Lequel vin de bouche el de table sera du meilleur (pii se pourra trouver, et le vin
pour le commun sera bon, loyal et marchand et sans aucun vice d'ossaux (sic ny
d'tisboire. >e pourra ledit Crousy fournir pour la personne de Montlict Seigneur
d'autre vin que du \in françois sans qu'il |)uisso fournir aucun vin d'Orléans ny de
(jascogne en qucbpie part (pie S. A. R. |)uisse aller...
Jo\(:iiiii DK SLKil.lhKi:.
Oirteleur f' litt maiton tl finanets de S. .4. H.
MicHEi. l'KTlT.
il' d-hùlci de S. A. H.
LE PRIX DES M VUES EN 1705
MMiCllK l'OUU I.KS VIVM)i:S, POISSONS, COMKSTIBLKS
'37 Jdiii'ifr l/O'i.
Entre les maîtres |d'hôtel, et controllcur, etc., du duc d'Orléans, et le sieur
Martin Pommeret, officier du Roy, demeurant rue Saint-Honoré, paroisse Saint-Roch,
est conclu le marche pour la fourniture des viandes pendant trois années.
Le sieur Martin Pommeret s'engage u à fournil- la maison de S. A. R. tant pour la
bouclie, dépense ordinaire, extraordinaire (pie festins et traittements d'ambassadeurs
et seigneurs étrangers en telle occasion que ce puisse estre, et en tels lieux que ce
soit, pendant trois années qui ont commencé au premier janvier présent mois...
de louttes sortes de viandes, poissons d'eau douce et de mer frais, salle, et autres
marciiandises concernant les estats de boucherie, rôtisserie et de poissonnerie,
suivants les menus qui lui en seront donnez selon les saisons et ainsi qu'il lui sera
commandé, non à sa volonté et commodité pour les prix cy après, sçavoir :
La livre de grosse viande bœuf,
veau et mouton »' 5~ (j'
Le riz de veau » 10 »
Le pallais de bo^uf » f) »
La livre de moelle » ao »
La langue de bœuf fumée ... » 20 )>
Les issues de veau, teste, fraise
et pied, chacun » \o n
La langue de mouloii >> '1 "
Ladoiizainedei)iedsdemoiiton. ■> S n
La douzaine de caillettes de
mouton " 8 1)
L;i douzaine de saussisses de
veau 1 .'50 11
Le boudin blaii »' 10" d''
Les andcjuilletles de Troyes ou
de Cannes d 20 »
Le porc frais, la livre » 7 »
La livre de petit salé » 8 »
Pieds et grouin de porc « 3o »
La (pieue de mouton )i 3 )>
La langue de bœuf fraîche. . . » l'i ti
Le boudin noir » 5 »
La livre de crestes » 10 »
Six l'oies gras » 2O »
Deux lestes d'agneau » 2O »
La livre dcjanibon di- liaytnne
ou de Mayence » i/j »
LE l'AI.AIS-HOÏAL.
LE PALAIS-ROYAL
I10TISSEUII-: In/il iHjiir bouillir (luc rolir qui sera payée au pourvoyeur
sur le pied de vingt six sols par pièce.
Trois pouli-ls pour une pièce .
Quatre pigeons, id. . . ■
Trois pigeons de volière, pour
une pièce
La perdrix ou perdreau ....
Le chapon gras, pièce et ikiiiy.
Le lièvre ou levreau. pièce et
demy
Loiseau de rivière, une pièce .
Deux hallebeaus, pour pièce .
Deux cailles, pour pièce . . .
Deux tourterelles, pour pièce .
Deux bécassines, id. . . .
Le viiMix cliapiin
Le i-liapon paillé ou poulie . .
Le eo(| de bruyère, ipiatre pièces.
Le faisan uu faisandeau, (piatre
pièces
Le rouge guarente, trois sols. .
I^ gelinotte des bois, <|uatrc
pièces .
L'ortolan.
Le rallc des genel^
1^1 poularde grasse, une pièce
Ia' poulet gras, id. . .
Deux (Miulets aux (i-ufs, la
pièce
» 2()
•iC
^
39
2G
26
2G
aC
2O
/io
•jC
.. -jti
» 2()
<• 2(i
Le cochon di' lait, deux pièces.
Le marcassin, (juatrc pièces . .
L'agneau gras et de lait
Le guignard, une pièce
Six nnauviettes, une pièce. . .
La douzaine d'alloucltes, /(/. .
Le jxiulel d'Inde, pièccet demy.
Le dindonneau, id. ■ .
Le gros cocq dinde
Loyson, une pièce
Loye grasse, deux pièces. . . .
Loyson gras, deux pièces . . .
La bécasse, une pièce
Le ramier on ramereou . . . .
La sarcelle
Le pluvier
Le lapin ou lapereau
Deux vanneaux
Courlis
Le canard ou caneton liomes-
ticpie
Ixî clie\ aller
Le cbcN reaii
Le paon nu panneau
La don/aine de grives
La livre de lard et saindoux. .
lliiilc vierge pour lu bouche. .
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l'(t|Svn\ Il M\H|,
Lu grand bioibct 1 V
l.f hrochrl de pinl il di-niv
ipnilre diiigt» In
!,<■ liMH-lict dr pied i-t di-ni\ . . . li
\.v brorlift de pinl iiu.iIm'
■loigt» ...
!.,« liriN-hrl de pieddtii^ '•■•,■^1^
Ix! hrorhet ilc pircl n
ImI riir|M' di-dcux pied» el pJUM. 'j)
La Ciiipi' cir |iii'(l et dcnix i|iialre
d«.i;.'ls ■.-.i „• «'1
La eaipc ilr pi.il cl dcrii\. . . 1 '1 » »
Lii earpr d(> pii'd ipiatrc dni;.,'(s. G lu o
La carj)»! de pied deux doigts . » '|o «
l.n «'arpe de pied > 22 »
Le gart>ussean •> i5 «
La li\ic de congre " i 'i »
Lr ^'l.ind baibciiti '|
DOCUMENTS JlSTIFKl.VTIFS
Le barbeau de pied et demy
quatre doigts ;5' lo' »''
Le barbeau de pied et demy. . « 5o »
Le barbeau de pied quatre
doigts » ,'?o »
Le l)arbeau do pied deux doigts. » aô »
Le liarbeau de ])ied » i7i ><
Le cent de barbillons 'i lo m
La_brème de pied deux doigts . » 3o »
La brème de pied » 35 »
Le grand saumon frais 33 » n
Le moyen saumon de deux pieds
et demy '25 » »
Le petit saumon de deux pieds. iS lo »
La grande truite de deux pietls. 12 10 »
La truite de pied et demy quatre
doigts II 10 I)
La truite de pied et demy ... 9 d »
La truite de pieil (juatre doigts. 7 » »
La truite de pied deux doigts . » .')o »
La truite de pied d 3o »
Le truilard n 10 »
La barbotte » i5 »
La grande percbc 3 » »
La tortue » 'i5 »
La lancbe » 20 »
La drème » 3o »
Le i)lat de goujons «ion
Le cent d'écrevisses de Seyne. » fjo »
La macreuse > 3o »
La lamproye » 3o »
L'anguille de roche » 20 »
La plye de Loire » 2.") »
Le grand bar 3 10 »
Le moyen bar . » 5o .>
Le petit bar d 3o »
Le manneau d'éperlans .... » 35 »
La livre d'esturgeons » 35 n
Le cent de grenouilles u 20 »
Le plat de loches d i5 »
Loiuljre n i5 »
La i)ucclle » i5 n
La brande s(jlle de pied .... n 5o «
— SEUVICF, DE LA TABLE tiQQ
La moyenne soUp »' 25' o"*
Le grand turbot, [«'Sii ni 2(1 11 VI-. 19 » »
Le moyen turbot. |)esanl 1 5 liv. 1 '1 10 »
Le petit turbot, pesant 10 liv. 9 10 »
La grande baibut; - » »
La moyenne barbue 4 10 »
La petite barbue » '|5 »
La morue fraîche » 3o »
Le merlan et le carlel » 7 »
Le inacquereau frais » 8 »
La uicrluclie » 10 »
Le rouget >> i5 »
La dorade » /jS »
Le cent d"harcngs frais .... G » »
Le cent d'harengs sorets et
blancs 4 10 »
Le cent de cellerins 4 10 »
Le pannier de moulles > 10 u
La molue de Terre-Neuve ... » 3o »
Le cent d'iiuîtrcs en pievrets. . 4 'o "
Le cent d'huîtres écaillées ma-
rinées » 3o u
La livre de thon frais » 10 »
La raye » 5o »
La plye de mer » i5 »
Lalo/e en tous temps 3 » »
Le mulet de pied deux doigts. . » 35 »
Le mulet de pied n i5 n
Le pâté de saulmon 18 » »
La livre de thon mariné. ... » 3o »
Le pâté de truittc 8 n »
La livre de marsouin » 10 »
Le saulmon salh- de deux
pieds 5 ») 11
Le moyen saulmon salle de
pied et demy quatre doigts. . ii 10 »
Le maquereau sallé « 5 »
Le baril d'anchois pezant quatre
livres '1 » <>
Le cent d'anifs 3 » »
La livre de lieurre de vanure. . » 3o »
La livre de beurre onhnaire et
huillc à frire » 10 »
5oO LE PALAIS-ROYAL
Quant aux viandes que led. pourvoyeur pourra esirc ol)lif:i'' de faire picqucr
par extraordinaire soit pour la bouclie ou pour le commun, il luy sera alloue une
livre de lard pour iliacune pièce, moyennant quoy il ne pourra rien pn'lendre
davantage.
Lestjuels prix c> -dessus ont esté accordés audit pourvoyeur qui s'oblige de faire
lu fourniture de ces viandes et poissons cy ilessus et autres qui seront nécessaires,
tant pour l'ordinaire que l'extraordinaire, suivant les menus qui lui en seront donnez
comme dit est et selon les saisons de l'année, sans qu'il s'en puisse excuser ny que
l'on soit Ifnu de prendre ce qui sera hors de saison, et sy par la cherté d'icellc ou
pour vouloir faire passer les autres viandes qui ne seront point de saison, ledit
pourvoyeur ne vouloit pas se fournir, en ce cas on en achètera à ses despcns qu'oy
quelles puissent coûter sans {|iirll(> lui soient comptées qu'a raison du |)ii\
C) -dessus.
En cas que niomlit xi^'iieiii- duc d'Orléans fasse voyage, il sera accorde' and.
pourvoyeiM- le parisis île toulles ses fournitures tant ordinaires qu'exliaordinaires à
vingt huit lieues tie Paris. Le pourvoyeur .sera tenu dapporler chaque jour et
«îii une seulle fois tout le poisson il'eau douce cy dessus, scavoir depuis le dernier
octobre jusqu'au ilernier mars à sept heures du matin, et depuis le i" avril jusqu'au
dernier .septembre à cincj heures ilu matin, et pour ce qui est de la viande à deux
heures de l'après-midi, afin (jue s'il arrivoit que lesd. fourniluics ne fussent pas
trou>ées bonnes, loNalcs et marchandes, l'on ay le temps d'en avoir d'autres ou d'en
faire part aud. pourvoyeur, leipiel ne pouria fournir de poisson mort en cette ville
de Paris. Saint (iernuiin en La\e, ronlainei)lean et yidlres villes où seroil S. A. R.
et où il y aura des ri\ières, et sy led. jjoissijn d'eau douce et de mer n'est fourny
et ap|)orlé aux heures cy <lessus marquées el (pie l'on soit obligé d'en prendre
ilaulres, il ne luy sera com|)lé (ju'au quart dii pti\ aciordé. et payera ce (pii sera
réglé pour le droit de sol pour livre établi sui le |)i)isson, sera tenu led. entrepre-
neur d'assister en personne au service de S. A. l\. en campagne avec les chevaux de
l)ills et fourgons nécessaires au\ conditions cy dessus especifiées. Sera payé audit
entrepreneur tant de sa fourniture ordinaire (pi'exlraordinaire, traitlement d'ambas-
sadeurs, seigneurs estrangers l'I fr.mçciis à 1,, lin de cliaipic mois suisant les étals...
M\i;<:iii l'iii i; i.i:^ \ i\s
I.e II janvier 170.'», est corniii in.oi h.' a\ec l'iiTii- Darlii, iiiaichand de \in
ù Piiri». rue .Saint Honoré, lecpiel s'est ol>li;,'i' pai- < i> piesento cnver Son Altesse
KoNalle MoiiM-igiieiir le due !!'( Jrléaiis. .
De fournir pendant trois années ii eomptri du |ireinier jaiuier, presenl mois
cl un... Tout le vin Unnr et clairet. Champagne et hourgogiu! ipii sera neicssaiie
IMiur la bouche el table de S. \. H. du meilleur qu'il .se pourra trouver, et pour
le ciiiiimiin l>un el loyal marchand, à telle quantité que ladite foiniiitiire puisse
M! mouler, encore qu'elle ne doit icy plus |iarlieulièremeiil aspli«piée u\ di'claréc,
lciu|uoU vin» ledit ^ieur entrepreneur sera lenu di- nndie el iJMer à ses frais el
nnci-'MKNTS .iTSTiiK V III s si;ii\i(;i: nr. i.\ imu.!': .'oi
ilespcns aii\ olliciiMs d'oclniiivoniKTio, hoiulic cl loiiiimiii de S. A. II. en (ous
les lieux ol (iidroits oîi elle fera son séjour suivant les minus ([ui luy scioiil hiiillc/
pour la <lisliil)utioii (riroliiy pnr ledit sieur cDutniIleur >,'eiieiiil de la maison
de S. A. lî.
Ce présent marché fail moyennant le prix et somme de ct'iil soixa/ili- liix neuf
lirrcs pour chacun muid de vin de houche et tahie, el soixiinle dix neuf livres pour
chacun nuiid de vin du commun, le loul jauge el mesure de Paris, lenaiil chacun
muid trente trois scpliors.
Les officiers d'echançonneric, bouche et commun de S. A. \\. seront tenus
de voir prendre et enlever journellement tout le vin dans les caves et scelliers qui
leur seront indiqués par Icd. entrepreneiu-, suivant les menus qui lui seront
fournis, et de vuidcr les inuids qu'il aura percez avant que d'en percer d'autres,
commancez. Sera tenu led. entrepreneur de compter avec les olFiciers d'cchançon-
nerie des bouteilles de Loriaine qui seront par luy fournies sur le pied de treize
pinles la douzaine, à condition que lad. douzaine tiendra au moins douze pintes.
MARCIIK POUR LE PAIN
31 Janvier 1700.
l"ut présent Nicolas Danlan, m"^ boulanger à Paris, y demeurant rue Saint-
Ilonuré, lecjuel a fait inaiché promis et s'est obligé par ces présentes envers
Monseigneur le due d'Orléans, petit-fils de France, slipnllaiil pour S. \. \\.. |)ar
M" Gaspard de Matharel, cou"' ])reniier m" d'hcMel, demenrard au Palais-Royal.
M" Simon Tudeuf, M" d'hôtel ordinaire, demeurant rue Neuve des Petits Champs,
et jM" Nicolas de Lutel. eonliôleur gênerai de la maison de S. A. R... de fournir
et livrer journellemeni pendant trois années qui ont commencé le i" du présent
mois el an. el (|ui finirunl le dernier decemlire de l'année que l'on conipleia mil
sept cent se|)l, loul le pain ipii sera commandé |)onr la pro\isi(in de la bouche de
S. A. R., son li'ain et suilte, suivant les mémoires qui lii\ seronl donnez pour la
distribution d'iceluy; Scavoir : du pdin au lait anlanl (juil en faudra pour la bouche
de S. A. R., |)ezant huit à neuf onces chacun pain; le pain mollet aussi j)om' la
bouche, pezant |)areillement huit à neuf onces, et du pain biz blanc, pezant douze
onces, sur le pied de seize onces à la livre, le tout bien cuit el rassis, diupiel ])idn
biz blanc il ne pourra l'niirnir ipii' (rois douzaines par jnui'; Sera lenu le dit Hanlaii
de liviei le pain aux oltit'es de panneterie bouche cl conuniin de S. .\. R. en tous
les lieux et endroits (lu'elle fera son séjour à ses frais et dcspens après touttcfois
(pie led. |)ani aura ('ti' |)e/é au bureau de S. A. R.; le presi-nt mari'Iié fait moyen
naiil à raison ilc riiKjl sais A; ilniKninc de loiitles les iaeiiii^ el ne portant tant el
le(piel prix à lad. raison sera payé par led. Ti'csorier général îles maison et
linanee de S. A. \\. des deniers de sa chai'ge aud. Danlan à raison de sa fournitui'c
de six semaines en six semaines, suivant le ( i rlilieal eu extrait <lu sieur (^ontrolicui'
gênerai qui sera en charge.
LE PALAIS-ROYAL
MVRCIlfi l>Ul II I.V BMTEHIE DE CUISINE
Lv <- jaii\ier 170.'» t-st ckiicIu niaiclu' avec Pierre Noël Brailk". inarcliaiul
poeslier, cl sa femme, demeurant rue Vubry-lc-Boucher, paroisse de Saint-Jacques
la Boucherie, pour la rournilure de toute la batterie de cuivre et les ustensiles de
feu tant de la bouche, commun «[ue des officiers de S. \. B., mentionnez audit
estai, mcMue tien fournir de neuve à la place de celle qui ne pourra plus servir,
de pareille -.'randeur et qualité et à la première réquisition qui lui en sera faite.
En lin îles >i\ années pom- le cas où les ustensiles seroient usés, qu'on ait
besoin d'en avoir de nouvelles, Braille devra en prêter, et les objets qu'il prêtera
lui seront rendus dès que les autres seront faits. — En cas cpiil se trouve (|uelquc
pièce perdue dans les extraordinaires, il sera examiné si c'est |iar la faute des
olVicicrs, et dans ce cas ceux-ci seront tenus d'en rembourser le |)ii\ au sieur Braille.
I.e marché est fait movennant le prix et somme de su- cens lirre.s pour et par
chascune desdiles six aimées, huiuelle somme sera payée au sieur Braille et sa femme
de quartier en quartier.
l'ièces de riiirri' tir lu hallrrir i/iw sont Irniis de fniiriiir 1rs époux Braille :
liorciiK. — Cuivre routje : i-> marmilles ^'randes et petites; 11 casseroles rondes
ou à (|ucuc; a chaponniers; .5 poelles à boudes; 1 barcjuin couvert; 2 puisettes;
a poissonnières; a passoires; 1 cuillère à pot; 1 cuillère à nM ; 1 poupetoimièrc
cl son couvercle; û grands cassins à queue; 1 coquemare; -2 tourlièies et leur
couvercle. — C.uirre jiiniie : 1 chaudières à vaisselle; 2 écumoirs; 2 fricquets. —
Fer : '1 poelles à frire; 10 broches; -.< paires de compotiers; /| pelles; i boui'don;
I paire de pincettes; 1 rour>:on; \ istièves; ,i f^rils; \ casse; 3 chenets; i barre à
feu; t) (-oins ù fendre du bois.
B\rrniui-: ok <;iisi>k di commis. — C.itivre ntiuje, eiiirn- Jaune.
llatlericN de la pannelcrie, de l'échanvonncrie, de la Iruiteric. de la pâtisserie.
I.a l)atlerie de In p;llisserir' comprend: i tourtière pour une jriaiide <iitrée;
I li.iiiiière pour un hors d'u-uvre; '1 moulloirs de cuivre; -j. marmitles (t leur
tou^ercle de luivre; une poellc îi boucle de cuivre; la petites tourtières de
rui\re; la tourtières; la lourliers u paslé à respa<,'nole; un seau de cuivre;
I cuillère ù pol el 1 cscumoire; 1 seriuK'ue à massepain; 1 coupe-pàte; 2 couteaux
!» huscher; 1 pelle à feu; a c-assert)lle- à (pieue el mie ronde; i plat.
l'anijihi' fuir
M\lll\llt;i.. Illllir. StiMMI.i.w, DK j.l Tl-I,.
itiiMi.i.i:, \N\i: \i\Tn:r.
llm,,.'
VENTE DE LA &ALERIE DES TABLEAUX
DU PALAIS- ROYAL
PAR Philippe-Égalité
CO\TRAT>
(Bibliothèque nationale, MM. ff. i4845.)
The Prince of Wales 7,3oo'^
Duke of York 5,ooo
The Duk of Clarcnce 5,ooo
Octobcr 2i« 1790.
In conséquence of an article hearinj;- date the 18 day nf Seplenihor 1790;
Behven Nathaniel Parker l''orlli, esnuire agent for llis most Seren hij,n liasse- the
duke of Orléans of tbe one part ;
\m(1 M'' James Clirislie, of tlie oliirr pari, l'or tlic disposai of tlie Orléans Colleelion
cil l'icliires at and Ibr llie snni of one Imndied liioiisand guineas lo he paid on the
said colleelion being lodgcd in Ihc ('u<lnin llouse in I.ondon, for the strict fidl-
fdlmcnl of said treaty Ihe nn(l('isi;^nc(l do proinivr lo |)a\ lo Ihc order of the said
diikc of Oilcaiis. or his a^cnl Ihc -.aid Nalliaiiicl l'arkcr l'(.rlli, Ihc >pccilie suni sel
I . TiiADUcrio.N :
En conséquence d'un acte portant la date du 18 septenil)rr 1790,
Entre Nathaniel Parker I'"orlti, " a;,'ent » pour Son Vitesse Sérénissinie le duc d'Orléans, d'une part;
Et M. James Chrislic, d'autre part, il a été convenu ce qui suit relalivenient aux dispositions
concernant la Collection do Tablertuv d'Orléans, et au versement de la sonnue de cent mille guinées,
devant être effectué quaiid la dite colleelion aura été déposée à la Douane de Londres; e( alin que
la sirirle observation du dit traité soit remplie par les sous><igriés, (|ui ont promis de payer à l'ordre
du (lit duc d( Irli'ans, ou a son ayi'iit le dil N^illiaiiitl l'.ii kn loith, contre la sij;natiMc du dil soussigné.
5o'| LE PAI. VIS-RO\AI,
a-raiiisl Iho namc of sait» siibsiribi-r, as sooii as thc said collection shall bc safely
l.ulfîfd in Ibi-said Cuslmn lloiisc of Loiidon. Iii wiliiess wlicrc of tlie said contrating
party biiid hiiii>fif for lin- |.;i>iiieiil of siuli suiii oiily as hc sball set afjainst his
naine.
London, Scptember i8''' 17110.
Il is tliis da> agreed on by us, Ibe snl)scribing pailies, and diiplicalcs nf llic
follu\vin<; leiins of ajjreement bave been mutualiy inlorchanged leiidiiifj: lo biiid cadi
of us Nallianiel Parker Forlb, of Mancbeslcr Square esqf (who is fully inipowed
and le^'aily autborized by Ibe duke of Orléans to act as his sole apent and sufTicicnt
attorney), on Ibe one pari, and Junies Cbrislie, of Pall Mail esqf on tbe olbcr part,
to Ibe full lane iierforinanee of tbe followinf.' articles :
I*' Tbat a correct and aulbcnlic li>t of ail Ibe diikc of Orléans |)i(tiires (so ^\ell
knowii b> tbe nanie of Ibe •■ Uilcaiis (Collection ■ and similar in tlicir naines
& nuiubcrs lo tbat dcliverd by tbe duke to MMiliiislir and li\ wliicli M' Cbrislie
exaiiiined and estiuiated Ibe said collection) sball bc dcliseril to M' Cduistic, signed
by tbe duke of Orléans and M"^ Forlb:
•j"** Tbat a> soon as M' Cbrislie sball ^.niaranly tbe dcposit of 100,000 guineas
in Ibe liank of Kngland, a-; tbe snni placcd for Ibe |)inebase of tbe said Oileans
collection. M' Forlb >liall inipowed M"^ Cbrislie, or bis ageiil, lo |)roceed lo Paris,
and tbere lo ins|)ect, and ba\e Ibe sole nianagcnieni of Ibe packini: ii|i and >eniliiig
lo Fngland tbe said collection ;
.'{"■ Tbat ail cxpenccs of package, cases, «ïs;c.. sball lie al \P Cbrislies expence:
V Tbat ail expences of carriage by land or bv «atei-, in France, sball bc al
M' Fortir> expence, wlio liere by guaranti's tbe said collcclion against ail nioleslalion
wbatocr in France al is sole and inlire risk and péril:
û'*' M' Forlb sball dclivcr al bis sole ri>k and expenee Ihe -aid eolleelion al
aiiwitùt que la Uilo colUvtioii sera roiidue en lx)ii clnl dans lu dite Douiiiàf do Londres. Sur ci- fait
dûment con.ilatc les (larties conlractanlc:) s'engagent ù payer la somme contre sa signature.
I.iiiiiln's, iS soptoiiibrc 1790.
Kn re jour «ni été aco'|)tét-s |)ar ihiui, |«irtics 1 (inlrarljintcs (il les duplicata des conditions
ci-doMui» indiqui-<i de ci-lli- arceplalion aynnl l'ié niutuellemcnl éclianKc-Jl, les clauses tendant à lier
cliariin de nous : Xatlinnirl l'nrlirr Kortli, de MniicheslerSquare ((|ui a reçu pleins pouvoirs du duc
d'Orlraiu cl a été leKalcinent HUti>ri!w'- par lui 11 atjir comme son seul agent et lioiinni' «filfairesl
d'une part,
Kt Jamr» Cliriiilio di- Pall Malt, d'autre (Kirt,
A l'entière eti'i ution ile^ suivunU articles :
1' I ne JUtn autlii-nlique de ton» le» tableaux du duc d'Orléans (bien connus .sous le nom de
' " ■■ ' I ' irliaii, . , et vmltlnlile |inr les litres idi^ignalionsi et numéros des leuvres a celle
'1 iw par le dur n M. Christii-, et à l'aide de laqu-lle \l diiislie \éri(la et estima la dite
• reinlM' a M. (llirlilie, «ignée |>ar le dm (l'Orléans et M Kortli:
' que M, Chrittie garantira le dé|HM de i.kj.o»». guinir» (ï.tia.'i.iMMi francs) à la Kanquc
•1 mitne somme plane ixiur l'arlint de la ilitc a)lleclion d'Orléans, M. Korlli aulori.sera
^' ' ' ■" - .1. ■! . , i.-r ,1 Paris à l'inspivllon de la collcclion. et lui laissera
'•«•»" lion lies tableaux en Angleterre;
■'■ ■le. s<'ri>nl a In cbarge de M. Cbrislie;
i" Il • '1 "< '!■ li.iii<iHit (ai liiir et |Mir eau, en Kranre, s.-ront à la clinrge de M. lorlb,
qui tfDtaiilita 4 *e% rtM|ue. e( |M-rtU. la dite • ollif l|..n contre toute nvorie |>ouvaut survenir en
' M »i<(th titrera, • <n m<uI* rbqiie* et dé|irnM-s, la dite colbvllon ilmi- !.■ poil fnini.als qui lui
DOCUMENTS JUSTU' ICATU-S 5oo
Avhatcver [)ort iii France sliali bc agrecd on (Rouen is al présent lli(>nj,dil of as Ihc
niosl eoniinodious) al Uic lime a^recd on liy W Chrislie ami Iwenty days shall
bc; alliiwcd (afier (lie e\i)iiatii f >;iid lime) Inr NK ClirisUe |<i liii\e sbips ready
and eiiiliiiik said ((illeelidri <in liiiard, Iml ;d'ler liie e\|)irali(iri id' llii' •> i days,
M'' Forib's a^cnl sliall bave a rlgbt lo deliver llie pieluivs, iulo a m:i-;iziii ni Itoin'M,
at M'' Cluislie's sole ris(|ue, eosls & ])eril:
6"' M'' Fortb jiuaranlie's llie s^iid ((dleclion :i!j;iiiisl ;ill diini;crs, miile>talions,
expenccs and risks «balever, wbilbed by ciNil or mililai\ ((immnlion-. d;ni^cr
of walcr carnaj^c, t^c., untiil tbe said ecdleelion is inlirely endiaiked on Imard
Ibc sbips appoiided by M'' Cbristie, [)rovided the total end)aik:ilioii is accnniplisbed
in Ibe above 21 days afler tbe evpiralion of tbe tinie agreed on for Ibe delivery
at Ihc seapoit, as ineidloned in tlie preecding article.
7"* M'" Cbristie is to pay ail Ibe Meijrbts, dulies and e\|)enees afler Ibe said
collection sali be einbarked in tbe h'rencli port;
8"> M'' Cbristie or bis agent, sball give a reeei|)t to M'" Fortii or bis agent, for tbe
said collection, as soon as it is embarkcd[[according to tbe preecding articles, wbicb
receii)t on prodncing- it as tbe Bank of England, sball be a snrfieienl antiioiily
for tben paying tbe deposit of 100,000 gnincas to M'' Fortb;
I)"' M'' Fortb agrées to use bis nlniost endeavonrs to lind ont ami fiuiiisb
lo NK Cbristie tbe original j)iiees of and receipts for Ibe abo\e (dlleelion of
pieturcs aniouting to i1o,ooo louis d'ors tupwards, \\lii(li llie diike of (trleans's
chanecUor assm'cd M' Fortb were in tbe archives of llis niost Serene Uigbness.
As ■\vitness our bands.
Natii-- PARKEU FORTII.
James CliRISTli:.
Witncss: Joseph PIIKLU'S.
sera (lési^nô (Rouen ôlant jusqu'à présent clioisi coinnii' le i)Ims rdininixii'i et à répoiiuc iiuliijuée
par M. Cliristie. Vingt jouis seront accordés à ce dernier, après l'expiration de celle date, pour faire
préparer les vaisseaux et embarquer la dite collection. Ces vingt jours passés, l'agent de M. Forth
aura le droit do déposer les tableaux dans un magasin à Rouen, aux .seuls risques, coùls et périls de
M. Cbrislie;
(')" \1. Korlli garantit la dite colleclion contre Ions dangers, accidents, Irais et ris(pies pou\aiil
provenir de troubles civils ou d'événements militaires, accidents sur eau et sur terre, etc., jusqu'à ce
([lie la dite colleclion soit entièrement embarquée sur les navires préparés par .M. Cliristie, à la condi-
lion ipie l'entier eiubanpienient soit termine dans le délai de vingt et un jours lixé ci-dessus;
7' M. Chrislie aura à pa>er toutes les charges et dépenses, à partir du moment où la dite collection
sera embarquée dans le port fran(,'ais.
8" M. Cliristie, ou son ;igenl, donnera un récépissé à M. I''orth,ou à son agent, de ta dite collection,
aussitôt qu'elle sera enibaripiée dans les conditions des précédents articles. La pré.sentalion de ce reçu
à la lianque d' Viiglelerre siillira à M. Fortb pour obtenir le \ersemeiil du dépôt de 10.1,000 guinécs:
1)" M. l'di tli s'engage à Taire les plus grands elVoits pour trouxer et procurer à M. Chrislie les prix
et h-s récépissés juslilianl la valeur de i'|c'.i»io louis d'oj- de la dite colleclion. lies documents doivent
se trouver dans les archives de Son .\lte.-se Sérénissinie. ainsi ipie l'assura à \l. Kortli le chancelier du
duc d'Orléans.
SUjnc: \vTii' l'.MtKKIl l'OUi'll,
James ClIlllSTIE.
.losEi'ii PllEI.Il'S, Uiimin.
T. 1. LE l'ALAlS- IlOIAL.
I.I<Ti: DES ÏVlJLKAl \ DESTlMiS A LA \ENTE EN ANGLETERRE
Dressée au mois de ninrs 17S8 el jointe à l'or le île vente ci-dessus
1.0 contrai qui prt'tvdf es! aiTompa^'iir. «laiis le inaiinscril de la Bibliollii'que nationale, de la
IL-le dt-s la»ilfaii\ «lue le duc d'Orléans dolinait à la venle en Vn^'lelene. Celte liste, je la reproduis
ci-de*-ioii'>. en res|)eilant l'ordre et l'orllio^-raplie souvent bizarre d 'S noms d'artistes qu'elle contient.
Klle cinnprend î'ii.i numéros. C'était lu totalité de la jîiderie du Palais-lJoyal, moins une vingtaine,
menlionni'-* au chapitre \ ipii},'e '|.">i(.
Mai» on a vu que. le projet de la vente avec Chrislie, en i7;in, ayant échoué, le duc d'Orléans
divisi sa collection en ileuv jiiirls. qui lirenl l'objet de deux ventes en \nj;leterre : i" l'une en 1793,
ciinqirrnaiit les hÀ-ulet i/ii .\iini: -i' l'antre en i7yH, coiiq)renaiit les lù-olcs ilatienne et J'rani:aise.
En crïm|iaranl li-s cataloffues aii;.dais, dressés lors de ces veilles à Londres, avec le catalogue
français ci de**iius établi au l'alais-ltuval, — sans doute par Lebrun, directeur de la galerie du
duc il't )rléans, — on conslide que. >i. |iour les Écoles italienne el française, les concordances sont exactes
isauf pour I douzaine d'u-uvrisi. en revanche, pour les Kcoles du Nord, elles ne le s<int guère. Les
calalo;;ues angl.tis indiquent -oS t.dili'auv des Kcoles du Nord, tandis que la collection du l'aiais-lloyal
n'en comprenait réellement que i-S, d'après la liste ci-dessous. On ven<lit en I7y3, à Londres, des
ii'Utres (11- Cuvp. de Ituvsdael, d'l|obl>ema. de Van (ioyen. de ISerghem. de Wcenix, etc.. qui ne
li;,'uréreiit jam.ii> dans la ci>lli'ctii>n du Uégent ni dans les Invenlnires inédits que j'ai sous les yeux.
Dans la nomenclature ci-dessous reproduite des tableaux du Palais- Uoval, j'ajoute : 1" les prix
d'estimation (|ue j'ai pu rclrouvei- daii> les liivi-iilnires d/i/vs dirc.v du Uégent (i7Ji). de sou fils ( 1703)
ou de son |M'tit-liU (i7.'<5i: j' b-s prix de vente en .Angleterre. Ces renseignemcnls contribueront à
élucider |Kîut-èlre ipielque>-uns des |iroblèmes qui ne cessent de se poser à propos des œuvres de cette
célèbre collection.
/.«"« (irix en .Xmjteterre sont ninninés en ijuinées; la rulenr île la ijuince est de 26 fr. ÔO.
ÉCOLES ITALIENNE ET ESPAONOLE
.\le\iinclre Alluri
.\lf\. Vt-nmèM.'.
Antiré .Sict'lii
Vlldfé (Ici Sirlt!
\n>lii' S liiiiviinv
.\nnilMil Cuirrnclia.
nrilKS DKS TMII.IM \
l'HIX D'ESTIMATION
KOS LES ISVEXT.IIKE
I7>4-I7.">J
I 17IIW désiUlIHUlt t' illlillir . .
Chasteté de Joseph
.\lipnritinn des [nijes à \ltra
hum (i(X)'
l'itriement de l'.roix (i.">o
Adam el Aljel
IMa
iMCrtce te iHdijnardunt . .
In l'hilotiiphe
In l'.hrist mort
l'ilale te lavimt tct manu .
l n l'.hritl un tunihenii . . .
1^ (Uihuui
I.' Enfant iii"iti'jne .n,ikm)
lue lte»renle de Cndx. 1 ,o«h)
/>! Samanlainr "i,im>c>
ImUmIh (htane,
ht ToUelttde » V/ju# \ '''**
1785
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l'HIX m; VENTE
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SOVIS DES ACQUEREURS
GUIS'iLbs
Th. Ilupc i5o
llriilKi'wnlor . . . aoo
E. Cox loi.
Tli. Il(.|>r i.i«
Lilm-y 3..
M. Aurr.n' .... loo
Mil.lu-ll ,(K1
IIDII iiiili(|iir il lu
iiiiii iiiilii|uij à In
llriilueuuliT . .
c" (it»«fr. , , .
inli'.
Lille.
i5o
llrlilKo»iilcT . . .
non iniliipié h In vi'
dcCirllRlo. . .
lIllilM-rl
llriilKi'ndlrr . . .
lien» Icli
DOCUMENTS JUSTIFICATIFS
5o7
l'IllX I>1>
IIMMKIN
l'lll\ l)K VIvNTE
NdMS
TITIIKS i)i:s T\Ul.i;\l\
I>\>S LE,-. I
m:>...„,es
i:\ A.X.LETEHIIE ES I7y8
DES PEINTRES
~ 1
— — —
et
I73'i-I7âj
1785
SO»S DES ACQLKHEinS
Annibal Canaclic.
.SV((n/ Etienne à genoux. . . .
600'
I , 000 '
c" Gowor .... 5o
_
Saint Jean monlranl le Messie.
800
UridgCH-ater . . . 3oo
—
Le Martyre de saint Etienne. .
I ,800
r ,800
c" lie Darnicy . . 35o
—
La Vision de saint François. .
5 , 000
■2 , /(OO
Uridgewaler . . . 5oo
—
Saint Etienne avec une (jloire .
fioo
c" Gower 5o
—
Saint Jean avec une gloire . .
800
Trnn ard ^oo
—
Le lîalioteur (Sainte Famille).
a, 000
(■'• ,lr Sllir.plk . . 3oo
Une Procession du Sninl-.'>ncrr-
îiieni
I ,800
100
1,800
Maitland 3oo
c" Gowcr .... 700
Le Repos en Egypte
_
Paysage aux bateliers ....
fioo
c" Carlislo .... lioo
—
Chasse au vol
A , fioo
(•'• Carlislc .... «00
—
Saint Jean qui dort
1 ,200
Hridgenatcr ... 100
Le même au désert prenant de
l'eau dans une lasse ....
800
.Vii^'crstciii .... 300
Saint Roch nu.r pieds de la
Vierge et Jésus '
a, 000
Wilh'tl 5oo
—
Danaé et Jupiter
[\ , 000
liriilKOwat,!-. . . . ôoo
—
Descente de croi.r
Maitland lOo
—
Hercule éloujfant des serpents.
Un Portnùt
non indiqiK'.
Miiilii en iSoo . . 30
—
Saint Jérôme et la Mugdeleine.
copie du Corrège
non indi,,,..-..
—
Le Portrait tC.Annihnl Carraclie
II
c" de Carlisle . . . aoo
—
Un Crucifix (alliibiié). . . .
fioo
18
duc de Bridgewater 80
Andréa Solario. .
Hérodias
fioo
fioo
venilu en 1800 . . .'ji
Ant. CoiTC'gp. . .
Une Magdeleine avec le Christ.
!\ , 800
non indi<iué à la vente.
—
Noli me tangere
fi , 000
(),000
Ldney '100
—
Danaé recevant Jupiter. . . .
a, '1,000
30 , 000
llope G5o
L'Éducation de l'Amour . . .
fi , ôoo
10,000
Willcll 35o
(
L'Anionr Iravailldiil son arc .
fi , 500
I 0 , 000
\iiidu en Anjjlelcrrc
eomme étaiil ihi Parme-
san. Voyez plus loin.)
—
Le Mulet
1 ,300
aoo
e" Gower .... 80
Une Sainte F<iiiiillr iirapr(''s lo
Collège)
Le Duc Valentin (César Borgia)
■j 000
I , aoo
200
llope 5oo
—
Deux études de plafond pour la
coupole de Parnie (lo tèles
chacune)
l,/|00
Anserstein .... 300
La Vierge au panier (la Ma-
done cl le (Ihrisl enfant) . .
3,000
ItridKewaler. . . . 1,100
--
Portrait, dil le Hougeau . . .
Jones 30
I. \^ \\ivcnUnve de i*
85 l'allriljiic à ;\li\. \ l'ronùse.
5o8
LE PALAIS-ROTAL
Aug. Carrache
lirlWlMM Uïiitt
Bru nul* Garulil».
Carlo Mura lie . .
Carlo Ca(;liari . .
Carlo Cignani . .
Daniel de Vollerre.
Diego \'c'liis<|uez .
D<)ii)inic|uc F«Hi .
Le Doniiniiiuin. .
Le Martyre de saint Barthé-
lémy
Jésus apparaît à la Magdeleine.
L'ne Sainte Famille ....
La Vienje faisant lire PEn/ant
Jésus
L'ne Sainte Famille
Une autre Sainte Famille. . .
L'ne topie de la Transfigura-
tion, de Hapliai'l
Galathée sur les eaux
Kmnçoi» .\lbanc
L'ne Atloratiim des Mages.
Ao/i me tangere
Une Descente de Croix . .
Moyse sauvé . .
Ijith et ses filles .
La Fileuse
Ij! Sacrifice d'Isaac
Une Siliylle.
Saint Jean F Fvangéliste . . .
Saint François
Saint Jén'ime et les deux . I nges.
\je iiii'iiir dans un paysage . .
in l'ortenirnt de ('.ntix, 1res
beau ( lo li^'ureiii ....
L'n l'aysage (marine) . . ,
Saimac it {ahlmo)
Une Sainte Famille
Im t'.ommuninn de la Magde-
leine
Im Lai'etue ou le Itepos en
Egypte
/,<• Haptéme de Sntre-Seigneur.
Im Samaritaine
Saint iMurrnt Juttinien . . .
A'o/i me tangere
l'rédicaliun de saint Jean dans
le désert
NOMS DES ACQrEKElBS
5oo'
/|00
/,oo'
Willell
100
I , 30D
\" KitzHilliain. .
5uo
1,000
Bodtlingtnn . . .
30
800
Bridgcwaler. . .
. 3oo
5oo
vendu on 1800. .
. 3j
3oo
. 5i
a 00
. i55
5oo
Willell
. 100
oslinié 300 guint'i
vendu.
s; non
Coo
Bridgewaler. . .
80
720
c" de SulTolk . .
100
c" Carlislc. . . .
. 5oo
llope
. 5oo
1 ,5oo
Mailland ....
100
100
\Var.l. .....
i5o
c" Teniplo . . .
. ^100
G, 000
c" Cariisle. . . .
(ioo
1 ,000
Hrid«e\valer. . .
. .V.O
•JjOOO
llope
35o
1 .")()
Hriil(,'r«aler. . .
5 00
10,000
ItriilKPwaliT. . .
. Xoo
1 ,000
Mailland . . . .
■ '^"
7*
llridgeHaUT. . .
Ijidy Lucas . . .
. 1..0
t\cto
Will.lt
.Vk)
M<4illand . . . .
. /lOO
8,OIM>
c" Temple. . . .
. 7....
t , Tkx)
ICsIhnéinoK.; vcn
lu /„
I •i,ixx>
llo|M.
. i5,.
1 ,000
Maillaiil
,:,.,
ftoo
Maillun.l . . . .
IIKl
DOCUMENTS JUSTIFICATIFS
5o9
PIIIX D'ESTIMATION
l'UlX I)i: VENTE
NOMS
DES PEINTRES
TITRES DES TABLEAUX
IIANS LES I
«VEMTAinBS
E» ANCLETEItilE £M 1798
cl
i7u'i-i75î
17X5
KOMS DES ACQl'éREt'RS
François Bassan .
Le Paralytique
C01»tK
Willet 30
—
L'Enfant prodigue
Walson 30
—
Une Ferme .
3'4'
J. LaHTonce. ... 3o
Walson 30
Un Berger gui dort (6 figures).
François Fiancia.
F. Le Parnipsan ■
(Franc. Mazzuoii). .
L'Enfant Jésus donnant une
clef à saint Pierre
La Vierge tenant une lettre. .
ÛOO '
3oo
3oo
Ldncy loo
Udney loo
—
Notre-Seigneur, la Vierge, saint
Joseph et saint François . .
a, 000
c" Carlisle .... lOO
—
Le Mariage de sainte Catherine .
fioo
1 ,200
Troward 35o
—
Une Sainte Famille, forme romlc
—
L'Amour qui travaille son arc.
C , 5oo
10,000
liriilf,'e«aler ... 700
Frédéric Baroclic.
Une Sainte Famille ((> figures),
dit la Vierge au.i: chats . .
Coo
4,000
estiméioofî.; vendu 2no
—
Une Fuite en Egypte
4,000
Lady Lucas .... ion
—
L'Embrasement de Troyes . .
2lx
estime io g.; vendu i \
—
Une autre Sainte Famille . .
Ilibbert 100
Georges GiorgionJ.
Un (Mvalier lik'ssé
G
non indiciué à la vente.
—
L'Amour piqué
3,200
3 , 200
esli mé /|oo g. ; vendu 1 ij5
—
Gaston de Foix
I ,aoo
3oo
auc" Carliste ... i5o
—
Saint Pierre martyr
1 ,000
estimé 3oog.; vendu 38
—
Pic de la Mirandole
5oo
J. Lawrence. ... 30
—
Une Adoration des Bergers. .
48
estimé3oog.;veiidu i5j
—
Sainte Famille avec saint Jean.
Bridgevvater. . . . 3oo
—
Milon le Crotoniale
I,200
au c" Darnloy. . . '10
—
Portrait du Pordenone ....
NesbiU 5o
—
L'Invention de la Croix . . .
3oo
non in(lii|ué à la ^L■Mto.
Georges Vasari . .
Les Six Poètes d'Italie. . . .
Goo
llopo 100
Guido Canlassi
(Guido Cagriacci). .
Un Martyre
vendu en 1800. . . 18
Guido lU'iii . . .
Magdeleine
a4o
llope '100
non indiqué à la vente.
-
Syhille
6,000
Ilibbert 3.io
3(i
Vierge, Jésun et .laint Jean. .
-
1 ,000
i,aoo
7 » ^"0
non indii|ué îi la vente.
Willett .'lou
Suzanne avec les vieillards. .
■ —
Jésus endormi sur la croi.i: . .
1 ,800
Uridgnater .... 3oo
—
Un Ecce Homo
800
Ilibbert ij.i
-
Une Mater Uolorosa
estimé ôo g.; vendu .1(1
I. Inili<{ué sous le r
1. Dans i'I m'en lai rc i
lom de Franc. Mazzuoli dans le caliil
o i7."i3, on Irouvrdu (iiorKion : Jmlith t
OKUC du né
( su iuivante
gcnt.
.I00 livres;
Plusieurs saints, -1 livns.
I.F. PM.MS-ROVAL
NOMS
TITI«F.> l>E> I \lll.E\l \
\'M\ DKSriMVTION
l>\M LES I^VE^T\IIIES
1714- 1701
Guiilii U<'iii
I^ Padouan .
lalikuir^ Prrtiii.
lipftlilr S<irvllji
ttnti G«iiilrt(lii.
Jn(-qui>!< Paliiir
Jar(|iii<> Dupont
lilil lta>'<an).
Jni-i|iic* l(i>l>ii<>ti
iilit 1.1' Tinliiri-I)
l ne ileuxièinc li'le île la
Magdeleine
.Sainte Appoline
Dai'id el Abiijttïl
Saint Bonmenlure
Saint Sélntstien
La Décultatiun de saint Jfun
naplistf
L'F.nfant Jésus ...
Iai l'iinje <r. l niours . . .
Renaud et Armide . . ■ .
L'Adoration des Mages. .
Ia:s Pèlerins d'Emmaiis .
In llnmme ai<er un rliat.
IVniM touchée .
Sainte t'.atherim . .
ine Sainte l'amdle
lUrodiade
in Doge de Venise
Vénus et F Amour
/'/i<* Femme debout vue de dos.
La Cirroneision
Sm iHirIrait (•{ relui do sn
fcnniK-
Saint Jérùme .
Jraii I
lu. '
Henri III (?)
In Portrait (n\ec un rrurilK
Kur le«|ue| col la ilale \W.\i^) .
Présentalion au Temple . . .
t'.onvietion de saint Thomas. .
In (Consistoire
l ne Descente de t'.rnis . . .
U Titien et FArétin ( Bnt uWe»ii )
1^1 Durs de Ferrure ....
L'AllaUenient <rilereule . .
Uda .......
I Ix Jugement dernier .
ht Préientation de Sutre-Sei-
I gneur au Temiile
1785
l'UIX DE VENTE
ES ASGLETEBHB ES 17yS
yOUS DES ACQUEnEL'RS
600
3cx)
1,200'
4,000
I 5,000
3,000
12,000
1 ,000
1 ,000
48
3,000
3oo
GUINEC&
c" Gower i5o
Troward 35o
eslimi'^oog.; vendu jdd
Bryan âo
estiinû fio g.; vendu î^
380
3, 'IIMI
3oo
Bryan '■
Bridk'evvalor. . . . i
Hope :
IloiM' 35o
Bridttevvalcr. ... fo
BridKevvalcr. ... 100
vendu en 1800. . . la
esliniéiSoff.", vendu Ji
Bryan 3o
BridBewalcr. . . Joo
Nerbil 5o
Bridgowaler. . . . V">
non indii|ui} à la venle.
SWipp ">"
aSo
80
Brid«o««l.r. . . .
200
0" KnIniiMilli. . . .
24
r" (;..«er
3,3<»0
HridKevvatcr. . . .
a/|
!•■• Cimer
r- CarlUle
8<K)
Bryan
WllletI
T'
Brl.ltipwat.r. . . .
t,Vki
!•'• Ciuncr
DOCUMENTS J UST I F I C. AT I l'S
NOMS
DES PEINTRES
Jcan-Fianrois Har-
bioii (liilLtCucrdiin).
Jean Ik'Uin . . .
Jta i-Laumit Beriiiii . .
Jean Castiglione
(dit le Itfiicdeit') . .
Jean Lanfranc . .
Jean-André Doiiducci (dil
Masifllella). . . .
Le Pordenon ( AnI.
Regillo) ....
Jérôme Mutian. .
Iniiocenl Fraiicucii (dil
Mola)
Joseph Cœsari . .
Josepli Porta (dil
l^e Salviati I . .
Joscpli Uibeira
(dil l'ËspagooIel). .
Jules Romain
TirHES DES rAHI.lM \
Mort de la Vierge
Un Christ (Pri^oiilalion an li'm;li') .
David et Abigaïl
Le liéveil de suint .Irrnine,
(d'après l,e (iuercliiii i . . .
L'ne Circoncision
L ne Adoration des liois . . .
Le Porlrnil de MnncI,- . . . .\
L n Ètuitiiuit \
PRIX D'ESTIMATION
DANS LES I»VE:<TAinES
Le l'urlrnit d'une Femme, por-
lanl ciia|)eau de plume . .
[ne AiuionciiUion
La I isiiin de saint François .
Hercule arrachant une corne
d'Aclieloiis
La Femme adultî're, allribuée
au Schiavoue
Judith
La Résurrection de Lazare
(riche composilion) . . .
Une .\ativilé . .
Suzanne au Ijain
L'Fnlècement des Saijines. . .
\otre-Sei<jneur au milieu des
Docteurs
Démocritc
Heraclite
Les deux mêmes en pied
L'A llailemenl d'Hercule ' .
L'Enfance de Jupiter . .
La i^aissance de liacchus
()00
3Go j
aj'ioo \
i , '400 I
800
3G
3oo
a, 000
i5o
800
PIIIX DK VENTE
Z\ AMGLETEnnE E^ 1798
SOMS DES ACQUEREURS
<■•• llibberl .... 30
r" Goïver Goo
Hri.ljîewal.T. ... 800
pslimé 80 g.; vendu Sg
c" Carlîslc .... 100
eiidu en 1800. . . iC
lîalnie. . .
non vendu.
l'est pas au calai, anglais,
■endu en 1800. . . 8
cndu en iHoo. . . y
ï'est pas au catal. anglais.
:'■ Wycombe ... 4o
endu en 1800. . . ao
•sUiik:- 80g.; vendu 18
estimé i5og.; vendu 3'i
Bridgcwalcr 30
• Darniey .... ao
c" Gowcr ao
c" Darnlcy cl Nesbil .'10
Uridgewalcr. . . . 3oo
estiinéaoog.;vendu 38
osliniéîoog.; vendu 80
I. Ces deux premiers tableaui ne sont plus estimés que 800 livres en 178a.
LE PALAIS-nOYAL
>OMS
Jules Romain
Léaiuln- Hii»;iii
Léonard ilr Viiu'i '
Lorcn/o l^itto .
Loiii> (larrailic
T1THF.S DKS TMtl.KMX
PIU\ DESÏIM VTION
Di^S LES ISÏESTAinKS
I7a.'i-I75a 178J
L'Enlèn-nwnt des Sahines ,
La Paix entre les lioinain.s el
les Sabins j
( '.ortolan
Le Sièije de Carihaijène • ■ j
La Continence de Scipion . .
Uécompense militaire donnée
atLC soldats
Un Empereur à cheval. . . .
L'Arche de Soé. . .
Le Juijemenl dernier.
l ne Télé <le Femme.
La Colominne. . . .
llerodias
l ne Sainte Famille
Luc (^aniliiaM- .
l.iK liinrilano .
I»ui» VarKo*' •
Mariii 'ritiliiirlll .
Miiili 'I
I..
1 n Fcre Homo
/><.' Couronnement ifépines ,
Une Descente de Croix
(G ligures)
Sainte Catherine endormi-.' .
/^ Mariage de sainte Catherine
(c()|)ii' du (lorri'gi-) . . . .
Su:unne entre les vieillards .
Jéstu mis au tomheau. . . .
Vénus et Adonis
Judith
Les \'rndiiir
Tempir
La Pisciii.
■ tinsses du
Saint Jeun dans le dé.<iert . .
1 n l'orlniit .
Ix Martyre de saint l'ierre. .
La Prtire au Jardin des Oliviers
Lne Sainle Famitte
.'1,000'
(ioo
3oo
llriilgcwaler.
i,OOo'
60
IDO
3oo
1 ,000
^oo
36o
lÔO
7a
DOO
7,aoo
3,000
3oo
|-J,(MJO
800
l"l(l\ DE VENTE
r.y .VNJLETElillB ES 1 798
AOSIS DES ACQUEREURS
300
30U
a 00
300
c" Gowcr
Bridgc«alcr . . .
duc dL' Bridguwatcr
Robcrl Ldiii')- . . .
non vonilti; vsliinù.
duo do UridgcHalor
c" Ciower
3oo
a, 400
(ioo
Goo
3oo
i,aoo
llridgettalcr .
HridKCwalcr.
Hrid(.'i'waliT,
^»M iétimv li (fffMMLT, i>o lltrra, ln<lli|iia' «ut Inrrnlnim, iii«ni|iu- h
■•■ il» 17U, ou Uuuto de L Vliirl . In tlomne ImanI lute ttttrr. ]i
'■rra, >|ul, daat Ip prr*onl c*U|«ciif, ni Inlllulr llerodiat
c" ("lowcr 100
flldll <'|l |8UM. . . 33
oliiiii' long. ; vendu .'lo
i>«linii' luog.; «l'Mdu 3]
mm «iKiinli' à In mmiIiv
non «itfrinlr 'u In tonlr,
vendu en iK<« >
r*tlinu>oog.;v<'ndu '>j
rtlimcSoag.; vendu 60
rr i-alnlngur de 179"
> llvr«; p| In Vtr^Mnlinn
bOCUMENtS JUSTtFICATIFS
5l3
l'UIX D'Es
TIMAIIUN
l'ItlX DE VENTE
NOMS
TirUES DES TAHLE.VLX
n\NS LES IXVKVTAIKE'i
ES ANULETEHHB E» 1798
cl
.T.'.-,;:..
1 78.Î
MOUS DES ACQUÉHEUnS
llicliel-Aiige de (',a^a^al|e.
Le Sdcrijice d'isnav
vendu i^n 1800. . . /17
—
l ne Transjitjuration
I ,000'
/loo'
vendu en 1800. . . 13
—
/,(• Sdiitje (le Caravar/e. . . .
a 00
CIo\e '10
Mccolo dell Abiilo
L'Enlbvcment de Proserpine .
1 ,000
1 ,000
c" Gower iBo
PaulMatllipi. . .
Salmacis (i.'i ligures) ....
2/10
vendu en 1800. . . 3o
Paul Véronèse . .
Les Disciples d'Enuiiniis . . .
2^(0
e" GoHer 300
—
L'Enlèvement d'Europe. . . .
i5o
Willett 300
—
Léda et Jupiter
7,200
c" Gower 3oo
—
Mars désarme' par Vénus . .
cslimésoog.; vendu 5o
—
La Mort d'Adonis
I ,000
1 ,000
BridgcHater. ... lâo
—
Mercure et Hersé
18,000
18,000
vendu en 1800. . . io5
—
Mars et Vdnus liés par l'Amour.
11. Elnyn 3oo
—
Paul Véron'esc entre le Vice et
I 8 , 000
18,000
Go , 000
_
esliin(';i5og.;vendu fio
Tli. Ilope 5oo
La Sagesse compagne d'Hercule
—
Un Portrait de Eemme . . .
_
Le Respect
estimé aoo g.; vendu '^'i
-
32,000
■!/|,000
eslimé3oog.;vcndu 3i)
estime i5o g.; pas vendu.
Le Dégoût
L'Infidélité
estimé i5oK.;vendu 40
—
Mars et Vénus
1 ,000
Willetl 3DO
—
L'Embrasement de Sodonie. .
non indiqué à la vente.
—
Les Israélites sortant d' Egypte .
3,5oo
non indiqué à la vente.
—
Le Jugement de Salomon. . .
lirid(,'C\valer. ... fio
-
Moïse sauvé
A , 000
Maitland 4o
Pcrino (Ici N aga. .
\'énus, accompagnée des
Grâces, se prépare au juge-
ment de Paris
Ce lalilcau, non iniliqiic'' ilaiis les
Inventaires, a dû y i-lrc allrilnic à un
anlre ppinlre.
Wesliilt 80
l'icrre-Fraiiijois Udla. .
in Repos en Egypte
'100
l.ons f<o
—
aoo
c" Gower 'i.>
Saint Jean prêchant dans
c'" Gower aâo
non indii)ué ù la vente.
Agar et Isniaël
l'ioirn Pcrugin. .
L'Adoration de Noire-Seigneur.
100
no trouva pas acheteur.
—
La Vierge el l'Enfant Jésus. .
^00
/|00
vendu en 18011. . . .i
—
Une Descente de Croix. . ■ .
■J.'lO
Sykes Oo
Picirc de Cortona
(dit lieiTcttini).
La fuite de Jacob ou Luban i/ni
cherche ses Dieux
20,000
llilihert Ii30
LE l'ALAlS-KOÏAL.
5i
LE PALAIS-nOYAL
NOMS
DEa rtl>tiii:«
Nli^Mt it Canii||(.
Paris hnnloni .
Rapliai-I ■ . . .
L(! Ho«!U> . . ,
Siiiilialil S'or/a.
Tilicn
ririlK.> hlS TMILKVLV
PniX D'ESTIMATION
OA!IS LES ■!IVE!«TAinES
171'!- 1733
Les Trois G rares .
L ne Suinte Famille
Le Portrail d'une I ieille . . .
Lne i iertje tenant Jésus (ma-
nière «le l'ériifririi
Jules n
Saint Jean an désert
Une Sainte Famille, saint Ji>-
sopli à geiniu\ (Ibniic roiiclt-i
La \ierge et l'F.nfunt- Jésus
couché, stitl Josrph t>t à^triimai.
Lne autri- .SVji/i/f Famille, a\pc
rKiiraiit (-1 sailli Jean Ba|)-
tis|(> (iriKilil (c«l. ttm if SurJr).
La l ision d'É:écliiel
i'n (Ihrisl au tombeau. . . .
,1 « Jardin des ( diriers ....
Un l'ortement de C.roix . . .
La Vienje et l'F.nfunt Jésus,
tenu parle picii, liiU' la Belle
\'ierije{\m>\. col. St'ifflU'Iais).
Lu nuire idem, a\cc l'Hiifant
(Vienje d Orléans) . . .
Jésus assis sur les genoux de
la Vierijet Vierge au Palmier j
Ln Jeune Homme
La Femme adultlre
I ne Itescenle de Croix ....
La llésurrection «/(• l.'i:iirr . .
I)ix l'ay sages
Le l'nrirail de Titien ....
/7i>' .l/iMiV/ii/- (<'s<pii>si-). . . .
llharles-ljuinl, «ir ■■ ckcul loir .
l'hilip/H- Il (|M>ilniil)
/ ne Femme tenant une lettre .
l'Aémrnt VII
\cléon (III le Ihiin de Diane . ./
CaUsIo \
I ,aoo
I '1 , 000
(i.lKX)
•i8,ooo
3,(ioo
i4,ooo
1 o , 000
/|8,(X)0
•j8,ooo
.'V>o
i.'x)
.(M Ml
a8,(X)o
1 ,800
ao,ooo
3(>,o(>o
800
3c>t>
i5o
.'<,0<X)
luo
al
'1 ,IMHI
PllIX DE VENTE
> ANGLETERRE EN 1 798
NOSIS DES ACyL'EnEUnS
estimé ia g.; vcudu. 18
non indiqué ù la vente,
non in<li(iué ii la \ente.
llibbcrt 5ou
estimé iBo^.; vend» 30
lord Uerwiik. . . i.ôoo
pas iiidi<iiu'' à la vente.
W . Uillell. ... 700
llrid},'i'W at<T . .
lord Berwick . .
c" lloclibcrg . .
.Samuel Rogers .
(i. llihberl, e»q.
Ilridftewalcr. . .
Ilope
3,000
800
3,000
Hriilgewatcr . . . i.j
iinii iiiiliqiié à la vente
lirid|.'e»alcr . . . loo
Viii;erstein .... 3,5oo
non indiqnt- ii la
ente.
e- Carlisic .... 70
llililwrt lou
ViiKcnteiii. ... i5o
non Iniliqiié h In vetilo.
Ilridgenalcr .
HridKvwalrr .
I IXd» I /ncvaiavf «Ir i;»!, on lrou»r Jn R«|>ImM l.'t:mbliiM lia qualir iSHimjélitla, |.rl»é O.eoo livre». Xoii
iMlt^iri daut le uUl«fiMi il« 1790 dn Ublmux il<rt«ol Un vtdUui eu AiiKiclertX'.
DOCUMENTS JUSTIFICATIFS
5i5
l'HIX l)-E.STIM.\TION
l'IllX DE \ KM E
NOMS
TITKES DES TUU.KMA
DANS I.ES l.lVEST.iniES
EM .\XGLETEUIIE ES 1798
DES PEINTRES
.—
et
i;q,',-i753
,:85
NOMS DES ACQUÉREUnS
Tilii'ii-
Une Sainte Famille, avpc saint
CUIKLES
Jean dans un âge avance. .
3,Coo'
Wallon aSo
—
La ]'ie humaine
(),000
Bridgewatcr. . . . (ioo
—
léniis à la coqtiille .....
() , 000
— . . «00
—
La Maitresxe du Titien (prisé
connue très gâté)
3G
Hryan 5o
—
Le Tentateur
Tli. Hope /ioo
—
Vilellius et Caracalla ....
600
CosHay 30
—
Actéon dévoré par les chiens .
1 .") , 000
Bridgenater . . . j,5oo
—
\'énus et Adonis j
Fizburg ..... .^oo
—
L'Enlèvement dl-Airnpe. ... /i,ooo'
lord liernick ... 700
—
l'ersée (abîme en 178,')) iléli-\
—
vranl Andromède
Hrvan 3io
—
Vespasien (abîmé)
3
Cosivay jo
Une ]'etive
non indiqué à la vente.
Une Tête de Femme en cornette
à bavolets
vendu en 1800 . . .'.o
Le Portrait d'une Femme tenant
une cassette (fille du Ti(icn).
3 , 200
3 , a 00
Lad y Lucas. . . . .'lOO
—
L'Esclavone (abîmé en 178,")) .
I '1 , 000
Il -2
vendu en 1800 . . 80
—
Vénus qui se mire
c" Darniey .... 3oo
—
L'Éducation de l'Amour . . .
800
a,4oo
c" Govver 800
—
Une Magdelcine, à mi-corps. .
3 , /ioo
i(io
Maitland .35o
—
.V';/( me lancjere
'A , 000
3 , ()oo
I.'j.OOO
'0,1
l'Iiilippe II et sa maîtresse . .
s" Klitzwilliain. . i,.n...
Le Portrait d'un Jeune Homme.
n'eut pas d'acquéreur.
—
Deux tableaux, même sujet,
représentant le Départ
d'.Xdonis pour la chasse . .
(i,ooo
non indique! dnni If fatal, .•iriplaii.
Le \;ili'iirui . . .
1 ne .Musitjue
/lOO
Bridgcwater. . . . l'io
—
Les Qtialre .Ages
8,000
.'lOO
.\ngerslein .... !<o
HichelAiigi' des Batailles
( Ccrgiio7./,i) ....
Une .Mascarade
cslimé3og.; vendu i3
I. Je r<>procUiis iri, sans on corriKfr les erreurs, le caUloguc îles lalileaiix ilii litien iiii.' ilniitie le niamisiril
de la Bil)liothè(iiie nationale. On n'y trouve pas rerlaiiies (i-uvres nul faisaient pourlaiit partie do la loUeelinn
du Palais-Royal, telles que (c Cumte de Casliglioiif, vendu ii Londres iWi «uinées, en iSno, et flùiiiiereiir Ollum, ee
dernier sans doute très abîmé et non envoyé en .\n(,'lelerre. l'ai eontre, on y voit des tableaux qui ne sont pus
signalés dans les catalogues anglais au moment de la vente de i79»<; tels sont: k Portruil de Philiiti>e II,
la Vtuve et les deux toiles représentant te Départ d'Adonis pour (« cluisse. Ces deux dernières doivi-nt certai-
nement faire ici double emploi, par suite d'une erreur de titre, car elles uc flgurenl pas dans le calalugui' des
tableaux du Régent pa
r Dubois do SainlGelais, cl no sont i
)as mention
lécs dans le
s Inventiiires.
5iG
LE PALAIS-UOYAL
ÉCOLE DES PAYS-BAS
NOMS
Gérarti !)<>«
hrlkoUatr Brirabcrj
Ad.'iiii Kl/lii-iliirr
(inspanl Nelilicr
Philippe Wouwennans.
JiMIl Mirl
Ii.ivkI I
rnUKS DKS TMII.KAIA
(iiMlrfiit} Walkrn.
/ /!(• Jeune Fille a[)pu\êe sur
un balcon
Le Joueur de violon
La Vieille à la lampe ....
Les (Ihbvres
La Tour
La Montagne
in Homme à cheval
l ne i\uit
In Clair de lune
Des Knfanls jouant avec un
oiseau
Le l'ortrait de .\etclier. . . .
La Maîtresse d'école
Ahraham, Sara et At/ar. . .
Ivts Bohémiens
l'n Sacrifice à \énus (copie).
Une Femme nue couchée sur
un lit
Im Chasse au vol
Départ pour la chasse ....
La Curée
Im C.hasseresuc .
La Vendange
La Dante
Les l'.hasscurs .
La Fumeuse
Le Uerijer
Ix Chimute (copie)
Im Gazette
Ix$ Joueurs de trictrac . . .
/^ CalHiret
Ixi Joueur* de dés
/ ne Fille Jouant du lulh . . .
l'n Homme présentant une
lutitiir II itnr frmtiti'
l'RlX D'ESTIM.\TION
Da:IS les I^IVEXTAIIIES
I73'i-i753
(j,ooo
10,000
I ,aoo
(),000
Goo
•j,ooo
1 ,800
3, 000
600
ÎOO
.'lOO
/18
4,000
frno
r>()o
(i , IKK)
P1U\ DE VENTE
EX .1SGI.ETERRE
J. Daveiiport
Le ratalo°;uc anglais com-
prenait sii toiles (le ce
peintre.
cslinii' aoo
n.ivi-n|>ort jo
Sir Steplirni
C. lIlblM'rl .
\V. lUx kf.>ra
3ou
Xjt »i'nli' il« ijijj coni-
|irfii>il i|iiln«c •piivrc»
<l<' ••' nialln'.
DOCUMENTS J l" ST l F 1 C AT I FS
5i7
NOMS
DES PEINTRES
GodefroY Scalkcn,
François Miéris ,
Van dcr Yorf .
Pierre de Laer . .
(Le Bamboche).
Toi
Jean Ureu^diel .
Herman Svancfeld
Rembrandt . .
Porbus ....
Slingelant . . .
Corneille Polemburg
Lamb. Zustrus.
Abraham Blomaert.
TITUFS ors TAIII.EVIA
La Ih'ronnaissance <lc la liohè-
micnne
l ne Frninic mnnijcanl des
huîtres
i'ne Bacchanale
Le Chimisle
Le Jugement de Paris. . ,
Le i'endcur d'œu/s . . . ,
La ]'endeuse de marée. .
Des Enfants qui se jettent des
pierres
Des Sbires qui poursuivent des
enfants
Intérieur d'une cuisine ....
La Tonte des moutons. . . .
Le Chariot
La Transmigration de Bal/y-
lone
l'ue de Campa \'accino . . .
Les Bergers
La Vieille à la lampe ....
Saint François
Le .Moulin
Le Portrait de Brmlirandt (?) .
Cchii de sa femme
Le Portrait d'un Bo urgmaistre .
Le Portrait d'Henri IV . . .
L'Enfant arec Toiscau. . . .
Le Paysage aux vaches . . .
Les \ymphcs et les Femmes .
Céphale et L'rocris
Des Femmes qui se baignent .
Une Montagne et une rivière
au bas
L'Fnlèremcnt <le Proserpine. .
Saint Jean prêchant dans le
désert (allrijjuéaiissià i'ierre-
Fraiirois Mule)
PRIX D'ESTIMATION
DtXS LES IMVEKTAIIIES
4,000'
5oo
4,000
' /(OO
Oo'
i,.Soo
1 ,000
2,4oO
I , .'jOO
a/|0
3oo
3oo
1 ,5oo
PRIX DE VENTE
ES AXGLETERHE
I,c catalogiio anglais coin
prenait cinq loih's ilr
ce peintre.
W. .Schmith . . . 5oo
est i mû 300
Le ealalo$;ne anglais de
i7i|3 comprenait huit
iruvros de ce peintre.
>i8
LE PALAIS-ROYAL
>OMS
OC* rEMTIlE»
Ji'an N an V.\i\ .
Kottrnhaiiier.
Paul Hhll . .
Urauner . . . .
Péter Necf» . . .
Pierre ^an Mol .
Anl'iiiKNun Dvck
Antoine More'.
TITKES DES TMtl.EAlX
PniX D'ESTIMATION
DA>S LES I^VE!ITAinES
I7j'l-I75l
Les portraits d'Iluljcrt et Jean
I an h\ck
L'Adoration des Hois (trois
sujets dans un seul tableau).
hanaé
ine Fuite en Egypte
Le Paysage aux chbvres . . .
Le Paysage aux canards. . .
Les Symphes et les Satyres. .
Le liUL'eur
Intérieur d'une église d'Anvers .
l no auln- égli.-c
La hanse de la mariée. . . .
Charles /", roi d'Angleterre, et
sa famille >
Le Comte d'.Arundel
Le Portrait de Sneiders , . .
Celui ili- sa femme
In Pair (F Angleterre^. . . .
/,< Portrait d'une Princesse
veuve
Le Portrait de la Princesse de
llaisbourg
/.«• Portrait (tun .Seigneur por-
tant un ninnti-nu i fo kull's, uiir
raiDc ri ■• papirr i la ■un) hoàtt
Le Portrait iCune dame tenant
des rotes
Charles /"■, roi <r Angleterre
en cuirasse (cdiiiei . . .
Ln hue d' Angleterre, idem .
In Homme avec une fraise. .
l'ne Tête d'homme à chevelure
blanche
/«* Portrait </<• Hugues limtius
Ln fiénéral e^tagnol . . .(})
Portrait ifun Espagnol , .(?)
l'n Homme arec son chien.
I ' n.l <Un< I-
. Ulilit ilalM
In l'„rtraU .^
•I llrMVIll r( .1.
3,000
3,000 S
3,000
3,000
3,000
1785
36'
3()
36
iliO
600
10,000
a, 000
8,000
IMUX Di: \ ENTE
EN AM'.LETEKllE
Ilammorslry
BridpowoltT
Carlislc . .
600
a/io
Lp caUlo|fiii< iin)(l*i« «l»
i7;il roniprcnnil onio
l.illo (If \aii D><k.
I " latnlni,"!!' aiitfloiii ilr
l•\^^ IK' roiiipri'iiait
i|truni' M^ulv tiMi>ri' de
rc niullro.
l<irlir.K<, 1.0 lIvrM.
liclianilirr iln 1* •iKinliri'' il<< U ■liii'lii-»o.
• . rlutiiTlIrr ir\imlrlrrn\ t\o llviv», altri-
DOCUMENTS J L ST I K I C. AT I l" S
5i9
NOMS
DES l'EINTIlES
PRIX D'ESTIMATION
DANS LES I\VESTAII\E>
IMIIV DK VENTE
E> \m:leteriie
llenrik Vaii Baleii . .
Adrien kcycn .
Pierre Breugliel
Pierre-Paul l!ubeiis .
Paul Pons. .
Moiiclieroii .
Van der Nccr
F. Mans. . .
Tliéoriore [toiiiliuul/
Stalbeti
Albert Diirer.
Les (Jualre Elénicnls.
in Sénateur vénitien.
In Concert de chats.
Le Grand Chemin. .
Douze estjuisses de l'Histoire
de Cunslnntin
Thomiris
La Continence de Scipion . .
L'Aventure de Philopœmen'
Ganymède ((l'a[)rès Htibcns)
Mars et \'énus
Diane revenant de la chasse
(copie)
Le Juijcment de Paris . . .
L'Histoire de saint Georges
I (J , ooo
3ao
^,ooo
6,000
l ne (Chasse au itniiii.
i n T'iiysage, avec des ligures
de \ aridervclt
Un Coucher du soleil
l ne l)éhauche. . . .
Le Serment il'Annilial. .
Vulcain accuse \énus devant
l'Olympe
/ n Petit Paysage avec des
lian/aes
in Portrait d'homme tenant
une lettre
L'nc Nativité, une Adoration
des Mages et une Fuite en
Egypte (en un seul tableau).
36
7,300
24,000
3/4,000
3oo
lôo
10,000
8,000
cnducs sûparômenl'.
c" Darnicy . . . i,aoo
lord lirnvicli . . 800
Goo
4oo
ioo
lord Kinnaird . . 3,000
W. Worland . . 1,000
80
I. Les douze esquisses de Vllisloirc de Consttinlin, par ltiil)riis, furent vendues séparémenl do la faroii sui-
vante : 1' Le départ de Constantin, 100 guinécs; 3" Le miracle de la iroi», 100 ifuinées; 3" Le Luliaruni,
100 KUinécs; 'r La défaile de Maxenn;. 300 Ruinées, h Sir l'Ii. Sleplien>; 5' Iji morl de Maxiniilien, aoo Rui-
nées; 6' Le trioinplie do Constantin, 300 guinées; 7* Enlrée de Coiislanlin ilaus Uonu-, lio Ruinces; »■ Cons-
tantin restaure la lilwrtc du Sénat, ibo guinévs; 9' Le mariage de Constantin, 100 guinées; lo" Fondation
de Coiislanlinuple, 70 guinées, ii Sir Pli. Stcphcns; iT Constantin adore lu vraie croix, 80 guinées: i-j" Lt!
baptènu* d'* Ojnstafitin, 100 guinées.
a. Dans i'iiu'ciilaiif Ai- i-K<, ce tableau est indii|iii'' comme étant une copie
Le fALAIS-ROIAt
NOMS
DE* PtMTKt»
Jacques Juriiai'ns.
Naii ilfii \ clilt
Jpaii llolbfin I
Martin ilc \os
SayUcNfii . . .
Nirariiis. . . .
\aii ticr Mciilcn
François Porbus
Hoosc (l'Italie-
TITRES llF.S TAHLEM \
Rabelais à table ai'ec ses parois-
siens, un homme armé à
côté de lui ft un lionimc qui
lient son casque
Diux iiuiiincs représfiilanl la
Bataille île Lépanle . .
Le Portrait d une femme.
Thomas Morus
Le Portrait de (ieorges (lysein.
Les l-'leuves avec des tigres et
des crocûilile'i ....
Pan et Syrinx et des enfants
jouant arec des tigres .
Deux Petits l'aysages . .
Deux tableaiur d'animaux
Vue de Saint -Cloud . . .
PRIX D'ESTIMATION
mis LES l>VE>T\IRES
Portniit d'une Princesse de
liaden
(lalirielle d'Ustn'e et sa sœur
au bain
Le Portrait d'Henri l\ à l'âge
de i/uatre ans
in Paysage orné d'nniinnux .
1 ,J0O'
I>1U\ DE VENTE
ES ANGLETERHE
I. On lroii»r •Uii% r/nivnlairr Ji- 178J ; llullM'in. /.<• W(i/i//'mr ilr Jésua-Chrifl, Ji.cxio livn"»
ÉCOLE FRANÇOISE
M)Ms
• r«i*TMa
Mcolat Priu««in .
IITIlEs hK> I Mll.I M \
■UIX D'ESTIMATION
i7.Vi;ij
.Voyte marchant sur la («« |
runne de Pharaon 3,800'
/-* liai'UMemrnl de saint Paul .
17H5
K,ooo'
l'IliX DE VENTE
r> 4:<i.i.KTiini<K
Duc de IhHir.ml .
\V. Siiillli . . .
I) oc l' >l K N TS .1 U STI I I (AT I KS
521
NOMS
DES PEISTIIES
Nicolas l'(ius>iii
Claude Lorrain.
Charles Le Brun
Kuslaclic LcSiicui'
St'liaslieii llnunliiii . . .
San terre.
VVallean . . . .
Philippi- Clianipaijiic .
Sara/.in ....
Chevalier . . .
Simon Voucl. .
La Ilire
Bourgofinon . . .
Tnni:s i)i:s tahi.km \
Plll\ DT.STIMATIUN
IMSS LES nVEXTAinES
Plll\ DK VKVTK
ES A>(;LErEllltE
/,(' Hdiilàm-
La (kin/irmalion ....
La l'cnilence
L'Kucharislie \ 5(),o<)o'> 70,000
L'Exlrciiie-Unclion . . .
L'Ordinalion
Le Mariagi'
Moyse exposé 10,000
La \aissance de liarchtis . . 3,5oo 8,000
Le Fra])/)enienl du Hocher . . (),ooo i5,ooo
In Courlier dit Soleil . .
Hercule assommant les chevaux
de Diombde
Le Massacre des Innocents
[le.cdîtdre et son médecin .
Le Portrait de i arin. ijraveiir
des médailles
La Reine de Suède
Quatre L'ortraits d'hommes de
lettres
La Présentation au Temple. .
Le Portrait en hiistc de l/-"' le
Régent
Le iiièiiK' en ijietl
//( /)')/ champêtre
Le Portrait en pieil de
Louis Mil
Le Portrait en pied du Car-
d.nal de Richelieu
Le Portrait île Louis Mil . .
Le Mariage de la I ieri/e . . .
L'Annonciation
La I /(■/■;/(■ ((/( /// '/(■ /'( ttiorl
L'Enlèi'emenl d Ijirope. . .
La Prudence amène lu Paix et
/' Kliondance
La \isitati(in de lu \ ienje
Une Hataitle
,«00
, aoo
3 , 000
6,000
Bridgewatcr
Bridgcwater
BrûlgewaltT
liridfîewaler
Hridgcwaler
lirUlKoivalcr
Bridpcwalcr
c" Temple .
Willelt . .
HridfîMvaler
UogiTs. . .
endii en iSoo .
700
800
non indi<in.'' ,'i la
non inili(]ué.
iMdi<itié.
non indi(|iié
non iiidûiué.
non indiqué.
Le rardinal de Rirlinlirii. par Jean Warin. (Buste en bronze conserve à la Bibliollièiiiie
Ma
Plan de la partie du quartier Saint-Honoré où a été construit le Palais-Cardinal avant
les acquisitions de terrains faites par le cardinal de Richelieu, en i6a'i
Plan du Palais-Royal au moment de la mort de Richelieu (i6'ia), établi i)ar le
{géographe Beaurain en 1737, à l'occasion du procès intenté par le maréchal de
Richelieu aux propriétaires des maisons entourant le jardin
Feu d'artifice tiré en lO.'i'i sur la place du Palais-Cardinal. (l"ac-similé dim dessin
original du Cabinet des Estampes à la Bibliotliècpic nationale.)
Vue du Palais-Royal vers ifiôo. (Reproduction du plan de Lu Boissière, gravé en it>7().).
Plan manuscrit du Palais-Royal, dresse en i(>i)J. année où Louis \1V le constitua en
apanage au duc d"Orléans, son frère
Études et croquis pour la décoration de la Gulerk d'Ènce, au Palais-Royal, par Antoine
Coypel. (D'après les dessins inédits de l'artiste, conservés dans les cartons du Musée
du Louvre. I
Grand salon de la chancellerie d'Orléans. (Eau -forte de Lancelol.)
«Déclaration de la Régence» et «Majorité du Roi 0. (Dessins à la sanguine pour les
médailles exécutées en 1715 et 1718, et conservés au Musée de la Monnaie.) . . .
18A
188
3lO
2(1^
024 "-^ PALAIS - ROYAL
PVCES
« Application du Régent aux affaires. » (Dessin à la sanguine pour la médaille cxocutée
en 1716, conservé au Musée de la Monnaie.^ 280
Collection des pierres gravées du Ucgent 3o4
ujunon.» (Étude à la sanguine d'Antoine Coypel, pour sa composition peinte à la
Galerie tTÈnèe: reproduction du dessin original conservé dans les cartons du Musée
du Louvre.) -^'^
u Junon commande à Éole de déchaîner les vents. » (Décoration de la Galerie d'Èiièe
au Palais- Roval, par Antoine Coypel.) Iteproduclion de la gravure de la Chalcogra-
phie du Louvre 3ao
Médailles et jetons de la famille d'Orléans (conservés au Musée de la Monnaie). —
La princesse Elisabeth-Charlotte, mère du Régent; le Régent: Louis, duc d'Orléans,
son fils; le peintre .Vntoine Coypel; jetons divers en argent 3.'i4
« La mort de Didon. » (Décoration de la Galerie d'Enèe au Palais- Royal, par Antoine
Coypel.) Reproiluction de la gravure de la Chalcograpiiie du Louvre Z'11
Déioriiiiim intérieure du Palais- Royal, en 1778, exécutée par l'architecte Piètre. (Fac-
similé des des>ins originaux de cet artiste conservés au Musée Carnavalet.) ... 38o
Plan du Palais- Royal en 171; '1 (premier étage) 388
M Descente d'Énce aux enfers. » (Décoration de la Galerie d'Enèe au Palais- Royal, par
Antoine Coypel.) '|00
La salle du 'i'héiltrc- Français à la lin du xvni' siècle. 1 Ri'])roiluctii)n en couleurs d une
a(|uarelle conservée au Cabinet des Estampes à la Hibliothè(|ue nationale.) \'ii
l'romenade du jardin du Palais-Royal. (Reproduction en couleurs de l'aquarelle de
Desrais.) .'lâO
Les armes du cardinal de Uirheliou. (Coinposilidii all(''pori(|iip de CÀi. Lobruii pointe
au Palais-Cardinal.) 3
Médaille du carilinal de llichelien. (Kxécutée par J. Warin en i(i;ii.) 5
Le cardinal de Riclielieu. (D'après un des portraits de l'ii. de C.lianipaignc, s;ravé par
Nanteuil en i(ir)7.) q
Le cardinal de Richelieu. (Face et revers de la médaille gravée par J. Marin en i()3o.|. i3
Le Palais-Cardinal, du côté du jardin. (D'après l'estampe d'Israël Silvestre.) i-
Jacques Le Mercier, architecte du Palais-Cardinal. (D'après le pcirtrait de Pliilippe de
Champaigne.) ai
Michel Le Masle, prieur des Hoches. (Secrétaire et intendant du (•ar<linal de Kiclulieu.) . u5
Médaille du cardinal de Richelieu, grand maître de la navigation, exécutée en i()3A,
non signée. (Cabinet des Médailles, Bibliothèque nationale.) ïj)
Les jardins du château de Rueil. (D'après une estampe allemande de réiwcjue de
Richelieu.) 33
Vue et perspective du Palais-Royal, du côli' du jar<lin. (Dessin de ChaulVournier, gravure
d'Aveline.) 37
Les jardins du château de Hueil à lépoipie du cardinal de Riclielieu. (D'après l'estampe
de Perelle.) 4i
Le Palais-Cardinal, du cùté du jardin, vers idV»- (D'a|)rès l'estampe de l'erelle.). . . 43
^'ue perspective du Palais-Cardinal et du (piailler Saint-llnnoié en iC'-;\). (D'après
l'estam[)e de La Boissière.) iô
Les armes du cardinal de Riclielieu. ((ira\iire extiaile (\r la I Vc ilr lticlicli(-ii. |)ar Auliery,
1G60.) 'il>
Le Palais-Cardinal en iti^o. (Kac-similé d'un dessin miginal :'i ra([iialinle. - liihlintlièque
nationale, collection Destailleurs. ) /(ij
Décoration de la (Jalerie des objets d'art au Palais-Cardinal. ((Joiuposition de Philippe
de Champaigne, gravée par Michel Lasne. — Bibliothèque nationale. Cabinet des
Estampes.) 33
Décoration de la Calerie des objets d'art au Palais-Cardinal. ((iomiHisition de .Simon
Vouet. — Bibliolliè(pie nationale.) 57
Portrait de Louis XIII, par Philippe de Champaigne; Gaucher de Chàtillon, par Simon
Vouet. Décoration de la (ialerie des Hommes illustres. (D'après les gravures du
volume de La Colombière, iClii).) (ii
Le portrait de Richelieu, peint dans la Galerie des Hommes ilbisires p.ii Ph. de Cham-
paigne. (l'ac-'iimilé de la gravure du volume de La Colomliière, iii(i().i (if)
."jqG 1-E PALAIS-ROYAL
PAGES
Le portrait de Gaston de Foix, peint dans la Galerie des Hommes illustres par Pli. de
Chaiiipaifine. I l'ai- -simili- de la firavure du volume de La Colombière, 1069.) ... Gç)
Louis de la Trémoille. par l'ii. de Champaigne; le cardinal G. dAmboise, par Simon
Vouel. Décoration de la Galerie des Hommes illustres. (D'après les gravures du
volume de La Colombière, itJCg.) 7-^
Hercule assommant les chevaux de Diomède, un des premiers tableaux de Charles
Lebrun. (Kxécuté pour le cardinal de Uichclieu.) 7J
Le cartlinal de Kichelieu vers l'âge de quarante ans. (D'après l'émail de Pctitot.) ... 77
Le cardinal de Hichelieu dans son iialais. ((Iravure extraite de la 17e </<■ liichelicu. par
Aubery, it)f>o.) ""^i
Fers des reliures du cardinal de Hichelieu 85
l'orlrail de Jean Wariii. (D'après la gravure d'F-delinck.) 89
l.r Iht'-àlre du l'alai^-Cardinal : \ue de la scène. (Gravure de Stcfano délia lîclla,
datée ili'ii) !)'^
bniis Mil dans la salh- du théâtre m'i fui jouée Minime. (Estampe anonyme de la
iérie ih'S lleiu-f s tla jour. — Hibliothè(pie nationale, collection Hennin.) »(7
Li duchesse d'Aiguillon, nièce du cardinal de Hichelieu. (D'après l'éuiail de l'elilot.) . 101
Le si-eau du cardinal de Hichelieu io5
Les armes de France 107
Lc> armes d'Anne d'.Vulriche. (D'après Heaulieu. — (!iialcogra|>iiie du Louvre. 1. . . . 107
Vnno d'.\utriche à quarante-trois ans. avec son voile de veuve. (D'après le |)oiirail peint
par l'h. de Champaigne.) loi)
Anne d'Autriche et Louis \IV. (Médaille de J. Warin.) ii3
Peinture décorative exécutée par Simon \'ouet dans la salle des bains d' Vnue d'Autriche,
au Palais- Hoyal 117
Vue du Palais-Cardinal Ners iti.'io. (D'a|)rès une ancienne gravure.) iiçi
Décoration de la Salle des Bains, par Simon Vouet 1 j 1
.\rnl>cs(pics de la Salle des Bains, par Simon N'ouel ia3
I^H armes du tluc de Hii'helieu, petit-neveu du cardinal et son héritier i'i7
Signature de La Porte, valet de chambre de Louis XIV i'j8
.\nnc d' Vutriche. (D'après l'émail de Petitut.i i-jt)
L>- |H:lit fort construit en iti.Ki dans le jardin du Palais-Hoyal, pour le jeune Louis \1V. i3i
Anne d'\iitriche à cinquante ans. (Gravure de Nanteuil, d'après le portrait peint par
Mignard.) i.'?3
Marguerite de lorraine, femme de Gaslim d'Orléans. (Gravure de S. A. Holswert, d'après
le i>orlrait |M-inl par Van Dyck.) i,'?.')
\ ignrlte com|HiM'-<' par CM. Lebrun, gravure de S. |^ Clrrc i.''t7
Piiflniit di- la reine lienrirltn d'Angh-terre. (D'après un portrait «le \im l)\ck. — Hihlio-
Ihèqur nationale, Cabinet det Kstamp<-s, collectinn Hennin. 1 i.'t<)
Saint Jean dans lo deM-rt, par L. Carrnche. (Tableau qui faisait partie de la (ialeric
du Palais- HoynI.) 1 '1 1
Datiil ri Abigall. (Tableau du (iuercliin do la Galerie du Palais- Hoyal.) l'i.'l
Partie de l'holol do Hirlieliru désigné hou« le iinni di- " l'alni>.-Hriiin », comme il <le\ait
rire après *un achèvetiicnl sur la rue do Uiclielifu (D'aprèx une gravure de Marnl.i. i\h
Arinrt île la Ville de Pari*. (D'après la cotii|Kisition d'Kdin. Koucliardon, graviv par
Soubftyran.) 1',-
Ur« anni's du dur d'Anjou, frère lio Ixiuis \IV, vignette. (Chalcographie du !.iiu\re 1 . 1 Vi
l'hliippc de France, frère unique du roi. (Purlrail de Polilol.) r'<<
TABLE DES tiHAVUHKS DANS LE TEXTE Ssy
PAGBR
Madame, Henriette dAiigletene. duchesse d'Orléans. (D'après l'émail de l'etitot.) ... ijj
l'ortrait de Monsieur, Philippe de France, frère de Louis \IV. (tjra\ure de Nanteuil.) . . i.")7
Monsieur, duc d'Orléans, en roi de.s Persans aux fêtes du Carrousel de i(i()j. (D'après
la gravure de F. Chauveau. -- (Chalcographie du Louvre.) i.'xj
Sainte Madeleine, par Le Ouide. (Tahleau qu\ faisait partie de la Galerie du Palais-Royal.) i6i
Signature d'llenrieltc-.\nne, Malunie, fcuiuK' de l'liili[)pc d'Orléans, frère de l^uis \l\'. iCia
Signature auldgraphe de il/o/i.v(V»/\ Philippe de France, duc d'Orléans iGa
La Piscine. (Tahleau de L. (iiordano de la (ialorie du Palais-Koyal. — Faisait paitio
de la collection île Monsieur.) i()3
Tapisserie des (iuhelins composée par VÀ\. l.ihrun pour la décoration du Palais-Hoyal.
(Série de VHLtIoire de Mc'lragre, d'après la gravure de B. Picarl.) i(i5
La duchesse douairière d'Orléans, tante de Monsieur. (D'après l'émail de Pelilol.). . . i(')i)
Conii)osition d'.Vndré Le Nôtre pour la décoraliun du janliii du l\ilai--U(i\al. (D'après
la planche publiée par Hloiidel dans L'Airldlcclair J'ninçaisc.i 171
Mercure enseignant à lire à l'Amour. (Tableau du Titien de la Galerie du Palais-Royal.). i-3
Portrait d'Flisabelh-Charlolle Palatine, duchesse Palatine. (D'a|)rès la gravure de
De Laiiiicssin.) 177
Portrait île Philippe de France, duc d'Orléans. (D'après une gravure de De Larmessin.j. 17;)
Jules llardouin Mansart. surintendant des hàlimenls du roi. (D'après le j)ortrait peint
|)ar Rigaud.) iSi
Etude originale d'VnInine Cnypel |K)ur la décoration de la (ialerie d'Knée au Palais-
Royal i85
Signature autogia|ilii' de ,lul<s llardiiuin Mansarl 186
Etude d'Antoine Coypel pour la décoration de la Galerie d'Énée au Palai<- Royal . . . icSi)
La croix de Saint-Esprit et les armes de Monsieur kji
Tapisserie des Gobelins composée par Ch. Lebrun |)our la décoration du Palais-Royal. i().'5
Tapisserie des (iobclins composée par Ch. Lebrun pour la décoralioii du Palais-Royal.
(Série de V Histoire de Mcloayrc) t\)'>
Portrait d'une Flamande. (Tableau de Micris de la (ialerie du Palais-Royal. 1 i;)7
Élude d".\nt. Coypel pour la décoration de la Galerie d'Enée au Palais-Royal 199
Tapisserie des Gobelins composée par Ch. Lehriin [)ourla décoraliun du Palais-Royal. . ao[
Armes du duc d'Orléans, frère unicpie du rdi ao5
Les armes du duc d'Orléans, Régent de France, i l''roiili>pi( r de l'oiiMagc de .1. (Jourlii" :
Galerie des tableaux du Palais-Huyal. 1 307
Pierre gravée : Léda. (Agate-onyx.) 1108
Le duc de Chartres, futur Régenl de France. ((ïravure l'aile à l'occasion île son mariage
avec Mademoiselle de Rlois, le 18 février i(i()2.) aog
Pi(>rre gravée : Hermaphrodite. (Agate-onyx.) aie
Pierre gravée : L'Viirore coniluisant les chevaux du Soleil au
Mademoiselle de Blois, lille de Louis \l\ , le jour de son mariage wi
Colleclion des pierres gravées ai 5
Jupiter et Léda. (Tableau de Paul \('T(inèse, qui faisait parlie de rancicrine (ialerie du
l'alais-Royal. ) ■J17
Salmacis et llerinajihrodile. ( T.iIjIcmu i\i' 1 Albanr. ipii fai>,iil parlie de l'aMiicimc (ialerie
du Palais-Royal. 1 an)
La Colombine. ('Tableau de Léonard de Vinci, qui fai>ail |)artie de l'ancienne (ialeiie du
Palais-Royal.) aai
Pierre gravée : Ajax enlevant le corps d'Vchille aaa
.jj,s LE P.Vl.AIS-RO\AL
PAGES
Élisabeth-Cliiirlutte de IJaxière, tliichesse d'Orléans, par Rigaud. (Must'o de Nersaillcs.) . aaâ
La Cassette. (Tableau du Tilii-n, de l'ancienne Galerie du Palais-Hoyal.) ast)
Mars el Vénus liés par l' Vniour. (Tableau du Corrège, provenant de l'ancienne Galerie du
Palais-Uuyal. (Ap|»arlient à M. Ch. Rossigneux.) a33
Collection des pierres gravées 13(5
Marie de Bourbon, duchesse d'Orléans, épouse du Hégenl a37
Jupiter et Léda. (Tableau d'Andréa del Sarle, de l'ancienne (ialerii- du l'alais-lloval. i . . a.'u
(;i(U\orcle de tabatière en or ciselé a^ij
Ui-corjlion d'une des pièces des grands appartements aiâ
Couvercle d'une tabatière d'or a4(J
Nénusù la coquille. (Tableau du l'itien, de l'ancienne Galerie du Palais-Royal.) .... ■j!t-
Cisea\u de dame dans leur étui (.iviiT siècle) a^g
Carrosse de gala (XMir siècle) 2Ô1
l'ierre gra\éc (jue le Régent jKjrtait constanmu-nl à >on duigt a3a
Le duc d'Orléans, Régent de France, et Maiiaiue de l'arabère. (Tableau de Sanlerre. —
.Musée de Versailles.) a53
Fourneau de laboratoire ayant appartenu à Philippe d'Orléans el orné de ses armes. (Col-
lection du Musée céraini(pie de la Manufacture nationale de Sèvres.) aj,")
NojK-e* de Daphnis et de Chloé. (Gravure d'Audran, d'après une des vingt-neuf innipo-
sitions |)cinles par le duc d'Orléans en 171.'!.) :>')'
Daphnis el (^hlué cherchent remède d'amour. (Gravure d'Vudran. daprè> une des
vingt-neuf compositions peintes par le duc d'Orléans en lyi'i.* a.'xj
l)id<>M expiranli-. (Dessin inédit d'.Vntoine (loypel, pour la décoration de la (ïalerie d'Knée
au Palais-Royal.) a()i
Klude |»ur r.\ssend)lé<> ties Dieux. iDi-ssin inédit d' Vntoine (ios[)el. pi xn- la décoration
de la Galerie d'Knée au Palais- Royal. 1 a(J3
Vénus (|ui se in-igne. (Tableau de J. Paliii.i. dr r.iiiriiiiin- Galerie du Palais-Royal. 1. . . :»()5
Meuble d'appui. (Kp<K|ue de la Régencr 3(17
Pierre gradée : Diane, (.\gale-onyx. ) . . -idS
Suzanne entie les deux vieillards. (Tableau de l/juis Carrache. dr raiiiieriiie (ialerie du
Pulai«- Royal.) atJ;)
l'icrrc gravée 370
L'application du Régent aux affaires. ((îravtire populaire. Ril)liolliè(|ue nationale,
collivtioii Hennin.) a7i
Iji- bal chnm|M''lre. (Tableau d'\nt<iine Watteaii, de l'ancieiuie (ialerie du P.ilai-- Roval. 1 . a73
Ktudr lie fctuine. (CriNpiin «|r Miiri-au h- Jeune ) 37.-1
Irf-t |H'titii oiiuiM-rs. iCiini|Mi«itiiin de Moreau le Jeune. I 377
Médaillnn* di' la d> nantie de la famille d'Orléans, d'Henri l\ à Philippe- Kgalité. (Gravure
de Saint -.Vubin, lin'-»' ilu volume di- la '.'<»//*c/io/i (/l'i /ji<77V.< (//•(«(•('.•.T.) 371)
\énu< ipii >v mir<'. (Tableau <lu Titien, do l'am-ienne (inlerie du Palais-Royal) 3K3
l/" C.hiiti-au-d'l'lau cmutniilon 1711) devant le Palais- Rcival par l'architecte RobiTtdeColte. aN.')
l'rojpt d'imi' place devant la fai;ade du Pnlai^-Royal avant la cunstruilinn du (!hi\teau-
il'Kau, dri'»«« par rarchitccte l/.<noir. en 171;). (Dessin iné<lil pr<i\enaiil des \rchi\es
nalinnidi'».) iH-]
Jupiter r| Danaé (Tableau par ,\nl. (^ni+gc, He l'ancienne Galerii- du Palais- Royal.) , . jArf
llurrau dr • rr«rrnl. (Moripielrrir ri bronW".) 'ji|l
Vigncllp ih CiM'Iiin, gravif |wr Saint-Auhin |»our le volunu' l.rt l'ii-rrrs ijrnvéft de
Viinê.iijtii-iir If Itur ifOrl/iim, \tni \,-} C.ha». 177.1 ji| 1
TviiM: DF.s (.uwrurs nws li: tf.xte o-îq
|"ai;es
riiili|i|ir II cl >a iiiaitit'SsL". (Tableau du Tilicii, ilo l'ancienne (ialerie du l'alais-Royal. i . jg.'S
Mculilr (!,■ l((.Mlle. (Dessin de l'époque.) 3t)5
I'iihIuIc lie la lin du xvii' siècle -mj-j
L'eidèvemenI d'Europe. (Tableau de l'aul \ éroiièse, île 1 .iiieiiiuie ^'alerie du l'alais-
llojal.) agi)
Pierres gravées : l-'auue et cnipereiir nmiain 3oo
Meuble de BouUe, orné de bron/e el imi iisté .'<oi
Pierres gravées : Empereurs roniaiii> 3o2
La Sainte \icrge. (Tableau de Uapliaël, de l'ancienne Galerie du Palais-Koyal. 1 3o.'î
Pierres gravées: Méduse (émeraude), Socrate (onyx) - 3o'i
Vignelle d'Aug. de Saint -Aubin, pour l'ouvrage Lcx Pierres grcuHk's du duc d'Ûrléani. 3o5
Pierres gravées : \'énus et Mars surpris i)ar Vulcain (sardoinc blanche), Sorratc (cornaline) Zo-
Muutardier en argent .'5oi)
Tapisserie de Dcsportcs 3ii
Le frappement du roclici'. (Tableau de Nicolas Poussin, de l'ancienne (ialerie du l'alais-
Koyal.) 3i,'<
Pierre gravée : sardoine. (Cabinet du roi.) 3i'i
Décoralion des grands appartements. (Lambris d'une clianibrc de parade. ) 31.")
Meuble de BouUe, incrusté d'écaillés et de cuivre Siy
Chaise couverte en tapisserie des Gobelins 3i8
Fauteuil recouvert de tapi.sserie des Cobelins (xvii" siècle.) 3i<)
L'infidélité. (Peinture de Néroaèse, qui décorait le salon octogone, ou salon d'Oppennrdt,
du Palais-lloyal.l .'vu
Thomyris. (Tableau de P. -P. Hubens, de l'ancienne Galerie du Palais-Royal.) 3a3
Plaijue d'un ceinturon de chasse au xvin' siècle en acier repoussé, ciselé, fonds damas-
(|uinés d'or. (Collection de S. A. 1. le grand-duc Wladiniir. ) Sa.')
Cheval de selle, à longue queue, au xviu" siècle 3s()
Portrait de Louis, duc d'Orléans, fils du Régent. (Gravure de P. Drevet, d'après la pein-
ture de Cil. Coypel.) 3:i(j
Au ciiin (lu l'ciyer. (Croquis de Moreau le jeune. ) 33i
L'Eucharistie. Série des Sept Sacrements. (Tableau de N. Poussin, de l'ancienne (ialerie
du Palais-Royal.) 333
Encrier en argent, style Louis XA' 335
La vision de saint François. (Tableau d'Aunibal Carraclie. de l'ancienne (ialerie du
Palais- Royal.) 337
Soupière en argent (xviir siècle) 33f)
Autographe de l'orfèvre Thomas Germain en t-j^s 3.'ii
Autographe du gainicr Galluchat 3.Vi
Le jardin du Palais-Royal après les changements faits en i 7.'to par le due Louis d'Orléans 3.'i5
Médaille du roi Louis \V 34(1
Pierre gravée : Jeux séculaires sous Doniilicn (agate-onyx) 3'|G
Pierre gravée 3'|8
La Vierge et l'Enfant Jésus. (Tableau de Raphaël, de la Galerie du Palais-Royal.) . . . . 3.'i9
Cul-de-lampe. (Gravure de Saint-.\ubin.) 3.)3
Boiserie sculptée du xvif siècle, lleuron ^'3
Louis-Philippe d'Orléans, père de Philippe-Égalité. ((iravure de Le Beau, 177.'), d'après le
portrait peint par De l'Orme.) 3j7
Autographe de M. de Silhouette, chancelier du dur d'Orléans en i7Ôa 36o
T. I . 1.1. l'Al.il^-UOYAI. **"
53o LE PALAIS-ROYAL
PAGES
La toilette, par Morcaii le jeune 36i
Plan du l'alais-Koyal en i7'i.'», avant les travaux de recunslruiliun commandés par
L.-Ph. dOrlt'ans aux anhitecles Carlaud et Contant dhry 36i
F'Ian du Palais- Royal en 17G0, indiquant les travauv entrepris à celte date par
L.-Ph. dOrlians ^Gj
Sucrier en jwrcelainc -566
Flambeau, dit " mouchetle ". à la mode au xvui' siècle 367
Assiette en jKircelainc décorée de cliinoiseries 368
Croquis de Moreau le jeune SGg
L'incendie de VOitirà en 176*. (I)a|>rès une gravure de l'époque.) 373
Projet pour élever une salle d'()p<''ra entre le Palais- Uoyal et la rue des lions- Enfants,
conifwsé par Le Boursier, en 17C4. (Fac-similé dun dessin original du Musée
Carnavalet) 373
Plan du tliéAlre de l'Opéra en 1770 (étage des premières loges), reconstruit pnr liii-
iliitecte Moreau, a|)rès l'incendie de l'ancienne salle en 1763 377
La ni>u\elli- façade du Palais-Hoyal, après la reconstruction de 17(1.)- 1770 par
Contant d'hry 37<(
Décoration des appartements : Pliilosoplio chinois, par Hciuclar 38i
Cana|ic jiour le Palais-Koyal. (Dosin original de Piètre, conservé au\ Archives
nationales.) 383
Projet d'une façade du Palais-Hoyal à élever du coté du jardin. (Dosin inédit de l'archi-
tecte Piètre de 1781. (Collection des Archives nationales.) 385
Ih'-coration îles a|)partements par Peyrotte : sujets chinois 38-
La chambre de parade au Palais-Koyal, en 1760, par Contant d'Ury. (D'après la
gravure de VKncychpMif, de Diderot.) 38;)
Décoration du grand salon du premier étage au l'alais-Hoyal, en 17(10 (aile de Nalois).
(Dessin de Contant d'ivry : gravmc de Le Caiiu.i 3i)i
Décoration du grand salon du premier étage au l'alais-Hoyal, en 17(10, par Contant
illvry. (D'après la gravure tlir/-.'Hcyr/o;«'(/ic de Diderot.) 3i)3
DcitHUs de [Mirte de la cliaiulire di' parade. I Dessin de Contant d'Iviv.) 3t)/|
Cana|H; ou *opha. (De>»in de Contant il'lvry.) 3c(.'i
Ije grand salon du premier étage au Palais- Ui>\al, en i7((o. 'D'après |;i gravure de
y Encycluitéilie île Didrrot.) 3i(.'>
Tnbli- (11- marbre et girandole. (Dcs!<in do (^Mitant d'ivry.i . 3(|0
Déa-oration murnli- : ihinoiserie 3i|7
IV-i'oration dr'« iMiixerir-. di- 1.1 chamhn- de parade. (Dessin ili- l.onlint d'iviy.i 3i|S
Lc« ariiK-^ du duc l.ouis-Philii>|M' d'Orléans. (Dessin original ilc Le I» llll^ll■l. Collcillun
du Mu«^ (Jirnavalet. ) 3(j8
l>> jardin du Palaiv-Huynl en 1790. (D'oprùs rai|uiui'lli- di- Desrais 3()i|
(^rij<|ui» de Moreau le jeunt- .'tgy
U- duc L.-Pli. d'Orléanit i-l Min liU le duc do Clinrlren au Palais-Kuyal (I7(h>) V>i
(•r<i«Mri-à l'enu-forln-véï-uli'-e jMir le iluc de Chartres en i7<>i , à l'Age île Iri-i/.e ans. ( D'après
•1)1 d> -iMii de Caruionlellc. - itililiothinpio nationale, Estam|H-«, Mhumdes \mat<-ui'M. .'iu3
1^ iIm<: d>' Clinrlrc* l'anni'-*' <lr Kon mariage ( 171'Mj) /joâ
I nir II. 'Il rlaveein. iCiiM|uiH de Morrau Ir jeune,) 'io(i
Lnui" ' ph, duc de Chartres, en I7'.|i. ''t Murie-LoiMM'- Vdélnidi- dr lloinhon,
et I 407
En «Pi lie Murcau le Jeune. ) . 4u8
T\nr.F. DES GRAvrnrs dws i.i: texte 53i
IMti ES
Vue des écuries do S. A. S. M'Mo duc d'Oriï-aiis, me Siiiiil-Tliuiiias-du-Loiivrc . . . . ^09
Marie-Anloinclle et Louis XM. (Médaillons en biscuit de Sèvres.) /,ii
Croquis de Moreau le jeune /, ,3
Décoration intérieure du Palais- Hnyal |),ir l'i('lic, en 1778. (Fac-similé (l'un dissjn orif,Mn;il
du Musée Carnavalet.) 'ii.'i
In « Kléfjanl dans le jardin du l'aLiis-Hoval ". (Cravinc de la collerlion llrntiiii, Hlhlin-
llièque nationale.) ', ,-
Une (I Kléganto dans le jardin du J'alais-llDyal ». (Cravurc de la collection lloiinin, Hiblid-
thèque nationale.) /,,„
Premier projet non adopté pour la construction des j,Mlerics du Palais-Royal, on 1781.
(Dessin orignal de Victor Louis, archileclo. — Collection des Archives nationales.). . f,ii
Projet adopté pour la construction des galeries du Palais-Koyal on 1781. (Dessin original
de \'ictor Louis, architecte. — Collection des .\rchives nationales.) ^a'i
L'architecte Victor Louis. (Portrait gravé d'après une |)einture ap|)artonant au |i(lil-llls
de l'artiste.) ^aj
Plan pour les travaux à exécuter au Palais-Koyal en 178/1. (Dressé ])ar Louis, arcliilocto,
dit cleuj-ii'mc plan de Louis. ) r^^q
Plan du Palais- Royal, avec le projet du Dôme sur la l'acade du jardin. (Dessin du
Chevalier de Lespinasse, d'après le dessin de l'architecte Louis. — Gravure de
\'arin, 1786.) /j3,
La cour d'honneur du Palais-Royal, après la consiruclion du rii/àln- Français et des
bâtiments élevés par l'architecte Louis (1790) 433
(1 Le marchand de coco. )) (Biscuit de Sèvres.) 435
«Coquetterie.» (Biscuit de Sèvres.) 43^
Boutons d'habits de l'époque révolutionnaire 436
Fragment de la décoration du plafond de la chandire do parado au Palais-Royal. (Dessin
de l'architecte Contant d'Ivry, gravé par Le Canu.) 44o
Jésus et la Madeleine. (Tableau d'Anloino Corrègo. de l'ancimno (;aloric du Palais-
Royal.) 4',,
Collection des pierres gravées 443
Panneau de porte en bois scul])té et doré (wir siocio). (Fragment. ) 445
Pierre gravée: Un aigle (onyx) 4^7
Fragment de cadre en bois sculpté 448
Rataillo de Constantin conlie Mavcnco. ( rajjloaii t\r l'.-l'. KmIjimi^. do rancienne tialorio
du Palais-Royal.) 449
Tableau de Rondjiandl. do lancimne (lalorio du Palais-Royal 453
La République. (Médailio.) 454
Lambris en bois sculpté. (Fragment. ) 455
Pierre gravée : Hyacinthe changée en llcur (sardoino) '4'iG
Exécution de Pliili|)pe-Fgalité sur la place de la Révolution. ( Dessin de l'époque, collection
Destailleurs, Bijjliothètpio nationale.) 457
TABLE PAU ORDRE ALPHABÉTIQUE
DES NOMS ET DES MATIÈRES CONTENUS DANS CE VOLUME
AAAAii
Académie lienjamin. Ancien inani'fr'* sur rempla-
cement où fut construit le Palais-Cardinal.
iS-ifl. 28.
Académie des Beatix-Arts. Elle est installée en i()(ir
au Palais-Hrion, dépendaiiee du Palais-Royal,
i4*'>. On y organise les premières expositions de
tableaux, 147.
Académie française. Ses premières séances à TliiMel
Mélusine, 80.
Agrafes de chapcau\. en hrillanis. ii|i. ]iy. f^-j'i,
/,8..
AifiUiLLO.N (ducliesse d' 1. nir(c lii' Iii(lieli<Mi. Le
cardinal lui dorme le l'clil-l.uxeinhouri,', Xt.
Sommes qu'elle verse à Mazarin. 77. Son portrait
par Ph. de Champaigne, 82. Hèfjle les prix des
bustes du cardinal, 8/|. Son rôle auprès de
Uichelieu, loU. Kllc dirige sa maison. Son
portrait: appelée la" (lombalel le». io/|. Embarras
que lui donne la succession de son oncle, 118.
.\i.BANE (L'). peintre. 71, 1O8, 2()(i. 207, 3o4,H/(8..")o8.
\i.LORi ( Vlex.i, peintre, ."lofl.
Andiiea DEL Sahto, peintre, 71. ii.">. l{o/|, ."lof).
Vnxe d'Authiche. Portrait d'elle dans la Galerie
des Illustres, ,')f(, .')i). Eète que lui donne
Itirlielieu à Uucil, .'54. Son hostilité contre le
cardinal, 87. Aux représentations du (,'('</ <•! de
Miraine, 88, (fA, <(4. Son goût pour les frian-
dises, io3. Elle s'installe au Palais-Cardinal.
107; f.iit loger Mazarin auprès d'elle, ii>8, ini;
dépenses de sa Maison, n:?. 1. es jetons que lui
fait .). Warin, 112. Eirdiellissements qu'elle
apporte au Palais. ii3, 1 1<). Chanson sur elle.
La Fronde. i3/|. Elle quitte le Palais-Uoyal. iS.'i.
l'M'i; toge au Louvre. 137. Sa passion pour les
t)ijou\. i((i.
A/ipartements (décoration et ameublement <lcs 1
au Palais-Uoyal. La chambre de Uichelieu. i/j;
distribution adoptée par le cardinal, .'12; la
(ialeric des objets d'art. .">l<; la (ialerie des
Hommes illustres, ."iCi; les grands appartements,
(ili; l'appartement i'er<. (18; la chapelle. 72; la
bibliothèque. ■j!\. Installation d' \nned'Aulricbc.
112: tiou\<'aux aménagements. iiH. 1 1."). Uépara-
tions cnlreprisesà l'é|)o(pie de Monsieur. i."i2, i."i/|.
Description de sa cbamlire et de celle de la
duchesse, sa feinnie. i.'i.'i: la galerie de Maiisart.
iSO; les grands apparlemenis. 187; les pièces
tendues de tapissei'i<'S. i()li; les i)etils apparte-
ments. 198; la Galerie neuve, 2o3. A l'époque de
la Uégenee, 22O ; les apparlemenis de la
duchesse d'Orléans, 239; leur magnilicence.
240, 240. (Cabinet décoré de peintures par le
duc, ■.uA't; autre pièce décorée par Desporles.
Les petits appartements du Hégent, 270, et 287.
Le salon d'Oppenordt, 28,'), 28(1 et 3i8. (îaleries
réseixées auv tableaux, 3i3 ; la chambre des
l'oussins, '.Uf\: la chambre du Régent, 3iCi: la
galerie à la /.(interne, 3 1 7 ; la .<:nlle du Conseil. 3 1 8 ;
la Galerie d'Enée, '.\-n>, 322. Nouvelle réfection
dos appartements entreprise en 17(13 par Contant
d'Ivry. 384 '• leur description. 38."), 889. Ceux
(pie décore Piètre, 4 10.
Archiiccles. O-nx (pii ont construit le PalaisUoyal
ou travaillé à ce monument. Voyez Le Mercier.
Le Pautre, J.-II. Mansart, Cartaud. Contant
d'Ivry, de Lespine. D'Orbay, Oppenordt. Ju.
Piètre, Moreau. Le Grand. \ . Louis. Palaiseau,
Kontaine. Chabrol.
AncKXSoN (comte d'). chancelier de la famille
d'Orléans. 220, 249, 281, 283.
ViiGENSON (marquis d'), chancelier dn duc Louis
d'Orléans. Ses Mémoires. 332. Ce ((u'il dit du
caractère de ce prince. 333; de lasociétédu Palais-
Royal et de la vie d'intrigues qu'on y menait.
334-33.'>. appointements ipie touchait le mar-
ipiis connue chancelier de la maison, 33(1.
(;ède sa charge à Silhouette. 3.">8.
.\uGKNTKniE. voyez Orfèvrerie.
\n(:Exvii.i,E (d'\ 21(1, 3i3, 388.
\ssunincc contre l'incendie prise en 1 78O à
Londres par le duc d'Orléans. 'i4i-44-. Assu-
rance sur la \ie prise en 1792 par le même, 444-
Ai DitAN (Henoil), graveur, 258,
\vK\Ei. ( vicomte G. \ 0, ,"10, 78.
\\Kii\i:s I M"" d' I, maîtresse du Régenf, 272, 274.
lUcNoi.KT (Château de), acheli' par le Kégenl.
238; dépenses ipi'y l'ait sa femme. 239; pri\
au(|uel il est estimé. 2S4.
Ilaijucs. flelle (pie portail Riclielien. un ; (elles de
Monsieur. 192; celle (pie le U('geiil portait cons-
tamment. 2.'>2; (elles de Monsieur. 481 ; >eiidues
aux enclières. 48(1.
Ô.S'l l-I" PAI. A
Bklen (llcnriL \anl. peiiilre. r.ir(.
HkLLEROY M. <l." . Kouverneur du duc l'hilippc-
Ji^ieph d'OrU'-iiiii, 334.
IUmbociic I l'ii-ltT \an I.tER, dit Lo). peintre, ."n;.
H«HDiKH (Louis), entrepreneur de la démolition
des remparts \ers la |)orte Saint-llouoré, en
ii"i33. Sm relations avec lUclu-lieu, 20, /|/|. Meurt
insolvable. V' Itésultats de s >n contrat relati
\ement au\ maisons entourant le l'uluis. im).
ltviiiiu.Hi ((;io\anni), iHMUtre, .">io-."iii.
lUiiDciiK t Federigo IUmocci, dit 1, iR-intro. .">oii.
RkSLn, orfèvre. Se* fournitures au Palais-Hoyal,
34-i.
B»»»vx (Franccsco da l'oNTK.dit Le), peintre, 297,
."kmj.
ilviTHL- (hùloli. rue ViNienne. 44. 79. 8». 82.
liEALUKAL (Nicolas, dit l'abliéi, économiste, con-
seiller llnancier et ami du dur de Chartres,
4i3.
IlEtivAis (M"' de), femme de chand)rc d'Anne
d'Autriche. 110. Chaiistin sur elle, 1211.
htxLiM idiovaiinii, p<-iiilre. 71. .'ni.
ItkiiNvHK, iM-intre. Décore le l'ulais-Cardinal, .'i3.
HtiH.M.x (Le;. Sculptures de lui au l'alais-Cardinal.
72. Une statue de Richelieu lui est commandée.
«.^•87.
I<»:b>i% iJ.-L.), |«'inlre, .'>ii.
lU.iiiM (ducln-iS4. dei, lille du Ȏ;,'ent. Sa mauvaise
)'.<lucation, 23ti. Portrait sans dra|H'ries que lit
d'elle son [mtc, s'id. Sa prt-sence au\ fameux
sou|iers, 270. Chanson sin- elle. 272; libertine.
273; aventure au bal de l'Opéra. 27K.
ll>:itTii»:i.<>T l(iuillaumei. sculpteur. Travaille pour
Iliclielieu. <), K3.
huHU (Pierre lli, sculpteur, <j, Kichelieu lui com-
mande la statue é^pii-stre de Louis MIL K3.
RiMiiithrque . Celle du Palais-Ciirdinal, 7*1, 7'!. Il y
en a dans tous les grands hôtels au wu* siècle.
Ho.
Iliiiel, en arnenl. île In duchi-ss»- tl'Orléans. 3oi(.
Uijoux. Ccuï ilu cardinal de Iticlielieu, 3K. 72, 7li,
loi. Itijiiuv doiini'~i dans une loterie au Palais-
lliivnl, iKi| \ime d'Vulriclii' en ralTole, i;|i.
Inventaire di-s liijoux de Wo/uiViir, ii|i 11,12. Klal
de» pierrerie» ili- la duchevs»- d'Urléans, 238. Le
Récent met m-» diamants en Ka(je. 2K3. Sa rollec-
lloii de bijou\, ,'<ot'> 3<iM. Le Irallc du duc de
Cliiirtri.n, 4<>i . Inventaire Af* bijoiu de Mmitieur,
473 4M7.
lUIlanl. I,<iuii MV en fait pincer un nu Palais-
ilrion, 144. <',<>lui du Keueiil, 3H<j. perle ijne fait
il ce jeu PliilIpiM'-l'iunlité, 4'><>.
Hi»!»c (Cit.», n»4, 7i».'i.
lli.ouMKt Mir.iliiimi, (M'Intre, .'■17.
Ui..' le. |).Vrlt le PaloU nnynl, 1H4.
Ilun <■ il. .Uiinr d'Iionnpiir de la ilurhewr
lir Cltarlrn, 4i'4.
Ilormv^i», an hilwlr de In flImncfUerlr it'ttrUnni,
i.ft
IhxnMra, hi)n<ili(>r itr la cniir, 4<>i.
IVii-'- ■ ' • I A3, 71, 7^. 77.
hoi^' •\e% aiilpur* i|i|p fait Irnvnlllpr
Hoi.oc.NF. iJeaiii. Bronzes do lui (pii se Irouvaiciil
au Palais-Cardinal. (i4, '"'S. tii). 2ci3. 3i(o.
BoNN.vKFK (Edmond), 3.1, 72, 74.
Bo>.NEvi..\vENA.NT (couite de). 33. 3(i.
BoiuioNi; (Pàrisi. peintre. 3o4, ."ii4-
BoTH (Jnn. dit Boni d'Ilalie). peiiilre. .'lao.
Bouche (S<'rvice de lai, au Palais Royal. Voyez
Table (service de la).
BuL'CUKit ( Fian(;ois), peintre, 4.''2.
Bouc/es de soulier, en brillaiils. Celles dont Iraliqua
le duc de Charlies, 4oi. Celles de Monsieur, 47"'.
Boucles d'oreilles, 47** l'I ^^1- Boucles de cein-
ture. 47(1.
Boui.1.1-:. ébéniste. Ses meubles au Palais-Royal. 202;
détrôné |wr (;resceiil. 2(12, 3i4.
Roini)Kii.LK (M'°' de), dame d'hoiiiiciir de la
duchessi: d'Orléans, 3:{4. 33(i.
BouiunN I Thonias et Michel), sculpleui-s, 83.
BoiiuioN ( Sébastien I. Ses ix-inluri-s dans l'oratoire
d'Vmic d' Vulriclie, ii4. 3i)0, .'121.
Bol iicKs (\l"" de^, vieille amie de Richelieu, ().
Ilraceleis, bijoux. Ceux de la duchesse d'th'lénns,
3."iti; ceux de Monsieur, 47"'-4'*'-'-
BofTicoLKT (.N.l. jardinier au l'ulaisRoyal. Ses
gages, i32, 1Ô2, i50. Gralificutions qu'il revoil.
174-
ItnKUuiiEL CJohann. <lil de \ ki.oirs), |)einlre. .«i;.
Bni:/.K (M"' dei. nièce de Richelieu, 3o4.
BiilcK iliermaiii). 2i<'>.
Brii.l (Pniili, peintre, 167, ili8, ,'>i8.
Brion (r'alaisi, dé|HMidance du Pulais-Royal. 27.
12(1, i4i. Kmplacemeiil exact ipTil occiipall.
i'|i-: le duc de Daiiivjlle y donne des fêles n la
cour, ibiil. (iiiiviii'e ipreii a faile Marol. i4'>. Ile
l'année ililii à i('mj2, r.Vcadémie des Beaux .Vris
y est installée. i4tï. Des e\|H>sitions de tableaux
y s))nt organisées, 147.
Itr>i(lerie, sur les soiilanes de Richelieu; prix de la
brodi-rie. 101. (^>sluiiies brodés d'or et d'argent,
ihid. (ioùt de la duches.s<' d'Orléans |H)ur la
broderie, 23K.23i|. Magniliques lenliires brodi'-is
dont étaient décorés ses ap|KU't<Mneiits au Palais-
Royal, -V" 2/12 Lits brodé-, du Régent, 3iti.
Broderies des gariilturi»^ de carros.s<«i, 32."i.
Ilrnnze di-t s<-ulpluri-N ein au Palais Royal. Collec-
tion ilii cardinal de Richelieu. 3i, 117, tîK, (°ki, 70.
Busies du cjirdinal. K'i; sliiliies dans le jardin,
1 1 1 ; grouiH-s de Jean de Bologne, dall^ la grande
galerie, 2(>3, 3ii|, 3(|(i. Bron/es i|ui s<- Iroiivait.iil
au Palnis Rovnl, coiills<piés S4tus la Révolu
tioii, 4.'.3.
Itronzft il'nrnemrnl exiViité"* nu Palais Royal, 202.
■»3i); li-s cheiiol.s il|. foyer, 24": les ineubles de
Crèvent, 3i4; commode dessinée par Ant.
Coy|M'l et oriu'« de bron/es de couleurs, 3it>;
li.s liiilii-s, etc., 3i7 3iK. la cheminéi' du snloii
irOpiienordl, 320. Li-s bron/es île (willleri, dans
le grand i.valler, 37<(.
Ri l.llv^vN (\\ . ' Son ri'*ril sur In vente di-s Inbleniix
di's duc» irorli'-tins, n>4. »!>.''. 44''. 4-^7-
Ktix.i^UlN «(ieiirgi-»). (M'iiiln*. Dé-cori* le IliéMre
du Pidal< Cardinal. 2i|.
lit »l'.|. (Jnn|iii-< . |H'(iilii.. .'18
lliirrou. \ovi'/ \p|>iiitemenl> el Meulili-s.
TABl.K ms NOMS KT DKS MVÏlEI\f:>i
535
Cadenas on nefs, en or et en aij^eiil. (a'MX de
Monsieur, .'|83.
(Iafkm:!!! (Jacques), sculpteur, if;;!.
Cangis (M"" de), dame d'iioniieur de la dneliose
d'Orléans, 33(1.
Canlassi (fïuido, (lit 11 Ovcwcin. peintic. .'i(m|.
Cabavage (.Michelangiolo Amkiuuiii, dit l.ei. pein-
tre, ZT), 5i3.
Caunot <X.), peintre. Décore de peinlines les
apparlenicnts de Monsieur, au l'alais-Royal, 17.").
CABUAcnK ( Vujj:ustini, peintre, 388.
Cauiiaciik (-\nnibal), peintre. ii.'>. it)8, aijO, ■Jtj-j,
3o4, 4"'^t ■"loti-.'io;.
Cahrache (Lonisi, peintre, 71, 77, Mjij, .">i-2.
Carrosses. Ceux du cardinal de Uichelieu, <|8, i|().
Description des carrosses de la duchesse d'Or-
léans, 2.")o; ceux du Réjjent, d'une grande
riches.se. 324-321); ceux de son petit lils. 3()8.
Cartaud (Sylvain), architecte du Palais- Uoyal,
286-287, 330.
Casanova, 350.
Castiglio.m-; ("Bcnedettoi, peintre, •'Jii.
Catiiehim:. impératrice de Hussie; achèle§la collec-
llon des médailles du duc d'Orléans, 307, .Vi"'-
Caus (Salomon dei. architecte. Bichelicu le charge
des travaux du château de I.imours, 8.
Cauvkt, sculpteur. Décoration faite par lui an
Palais-Royal, 378.
Chvbrol, architecte. i8/|.
Chaise ■ percée, 24()-
CiiAMPAiGNE (Philii)pe lie), peintre favori de Iticlii'-
lieu, htf. Ses travaux au Palais Cardinal, .'(.'i, .'iH.
Ses portraits de Uichelieu. ûij-Oa, 82. Décore le
théâtre du Palaùs-Cardinal, 87. L'oratoire d'\rnie
d'Autriche, 114. Cité 3t)o, 452, .")2i.
Chancellerie d'Orléans (hôtel de la), rue des Bons-
Enfants. Son histoire. 2i."J-222.
Chapelle de diamants du cardinal de Richelieu,
donnée à la <;ouronne. 3((. Inventaire (]ui en est
fait, 72. Description de la chapelle du Palais;
ce qu'en dit Evelyn, i3i.
Chaiimetox. Ses travaux de sculptiue au Palais-
Royal, 17.1.
CiiMiPENTu;!!, l'un des secrétaires (h; Hiclielien. (|8.
(;initTni:s (duc de). Voyez (Jrléans.
Château -d'Lau, du Palais-Royal; sa construction.
288-21)0.
CiiATiLLON (hôtel dc), i83. Voyez aussi Duplessis-
Chàtillon.
CiiKLLKS (abbesse de), fille du Régent. 208.
Chevaur. Du cardinal de Riclwlieu. ()8; ceux de
Madame, la princc.s.sc Palatine, au Palais- Royal,
232. Ce que contait la nourriture d'un cheval
au xviii* siècle, ibid. Les chevaux de la prin-
cesse Palatine, 232 ; ceux de la duchesse d'Or-
léans, 2."m); du Régent. 32(1; de son lils. 34o; de
son petit -lils, 300. .Noms (pi'ils portent, 3()8.
Ceux de Philippe -Égalité conlis(|ués sous la
Révolnlion, 4"'^-
C11EV11EUSE (duc dei. Richelieu lui aclièlc une
tapisserie, 27.
Chinoiseries (la mode des), 30. 79, 191. Le goût de
Monsieur pour le lacliinagc et les porcelain<'s
chinoises, 2u3. Sun Uls, le logent, en réunit
un grand nombre au Palais- Royal. 307. Celles
(pi'achèle h' duc L.-Ph. d'Orléans chez Lazare
Duvanx. 3O7. Les décors ù la chinoise au x\mi'
siècle. 384-380.
CnivEiiNV ( niarquis de), précepteur du duc Louis
d'Orléans, 33o.
CiiiiisTiE (James), marchand de tableaux en
Vnglelerre, 44"' -44''-
(hntisTiNE ni-; St'KnE, visite le Palais-Royal. i32. Sa
collection de tableaux achetée par le Régent,
2<(8-3o4, 320.
Ci.no-Mahs, favori de Louis \IIL chargé des
dépenses de toilette de Uicheli mo.
Clkhmom" (M"" di'). dame d'atour de la duclies.se
d'<h-léans, 334-330.
CocMET ((Christophe;, scul|)leiu. travaille pour
Richelieu. 83.
CoEsviu ((iiiiseppe. dit Lk Joskimux», peintre, .li 1.
(joicMi. l'eintures qu'il exécute pour Monsieur,
au Palais- Royal. i7.'>.
Coi.riiin. ministre de Louis \l\ . Son rôle dans
l'intrigue amoureuse du roi avec M"' de La Val-
lière. i44- l-c récit que lui-même en a laissé, i4">.
Colberl (hôtel ). 323.
CoUcrtions d'<dijets d'art. Les collections de sculp-
tures anti(iues au Palais-Cardinal. 03- 74.
Exemples donnés aux collectionneurs par
Hiclielien, 70-77; application de celui-ci, à
réunir des objets d'art. 78. La mode des collec-
tions de médailles, d'objets de la Chine, 7;).
Les colleclions de .l/o;isie((r, it|i-2o3. Les taba-
tières de la duchesse d'Orléans, 244- Collections
de tableauv. de médailles et de curiosités, formées
par le Régent au Palais-Royal, 2r)4-'^o4- Les
médailles .sont vendues en 1787, à la Russie,
307. 44'- Collection d'histoire naturelle et
d'instruments poiu' les Arts et Métiers, formée
au Palais-Royal par le duc île Chartres, 4'0-4' ' ■
CoMiivi.KT (\1"" de), nièce de Richelieu. Voyez
Aiguillon (duchesse d' ».
CoNTvvT ij'Ivuv.arcliilcilc ilii l'alai- Royal, 3i3;sji
l)iiigra|)hie. 303; comnicLit le (raite d'Argenson,
ibid. Reslavnalion générale du Palais-Royal. 304:
Mémoires inédits de ses Iravaux de maçonnerie.
37(1; l'açade de l'édilice. 378; faijade de la seconde
cour. 3So. Caractèi-e décoratif de son aicliilec-
ture. 384 380; les nouveaux appartements amé-
nagés par lui au Palais, 387-38<|.
CoRiiiN. serrurier. Sa ramjie de l'e.scalier du Palais-
Royal. 37;).
CoiiNKU.i.i:. Pierre. Travaille pour Richelieu, 32;
loue le Palais (lardinal. 3;). Pièci's de lui jouées
sur !<• Ibéàlre de Richelieu, 80, 87-81J.
Coutom; I p. d<'). peintre, 1O8, 2ijO, ,">i3.
ConiiKCE ( Vnt.), p<'inlre, 71. 1O8, 3o4, 3,"n, .'107.
Cos>AC (Daniel de), premier aumônier de Monsieur,
i4<), lâo.
Costumes. Voyez Habits.
CoTEi.LE, peintre, 82, 200.
CoiTK (Robert dei, architecte, 28ij-2<)0.
Coi i;nÉ. graveur, 2(|4.
CoïKvJon (Louisi, O."), 00. 80.
Courtois i Vlexandrei, orfèvre d' Viiik d' Viilriche.
7^-
536
I. K l> M. M S-U(>^ M.
CoL'HT Orris ou Colk «»kr\. an l'aliii> Koyal, lou-
chaiil If cul fli'-sac cli- laucioii Opéra, hj.
CuYPEL Oot'li. Si-s iH-iulures au Palais KoyaL i."):i.
i5:.. i.j«, ;»8«.
CuvPKL rViiliiiiic). likilii piémIiMil. Eiupli>\i- par
Monsieur |)«»iir diTorcr la (ialcrio trKiu'r. au
l'alab Koyal. 187. l'Iafoiid tir lui à la Cliautrl
l.-rif (IDrléaus. ji-j n». Donm- (les li'ioiis de
|H-iiiluri- au duc d'Orléans. a.Vi. CoiiuiiiMil il
s'(mI cvpriuié Mir U- coiuplr de sou élcM-. a.'iH;
il lui déilir son volniui- di- Cunférfnfes, ■.î.'h».
IVnsion fl faxfurs dont li- «ralilia If princf.
ibiil. Il fui au Palais Uoyal un véiilahlf siniii-
Ifudanl ilfs lH'au\ ails, ^Im). S-s cûns«-ils |wur
l'.utpii^ilion df lalilcaux, aij.'». Sfs iK-inluifs
IHHU la (ialfiii- dKnif. Sao-Sa-j; médaillf avfc
Min |M>rlrail. 'A\!t-
roTPKL (Charlfsi. lils du préiédful. .^nn iliscours
sur son jM-rf lu à l'Acadéniif des BfauxArU.
aiti-ai;. SfS appoinlfuicnls df prfuiifr pciidrf
du duf Louis d'Orléans. XU>. Copifs «piil fait
du iiorirail df ce prince, Mii. Cf »iu'il dil
de* lal>lfau\ mutilés par le duc d't)rléans. ;i."ii.
.Sa inorl, 'M\.
CoïsKvox.sculpIfur. atij.Traxaillf |«>ui'li' llégful.
3(>3 3ti.V |*'''é |>ar frrfiir pap- 'Myff. remplacer
son nom |iar celui de Ituyster.)
Chkscot, éliénistf du Hé«frd, -jtiL». Ses meulile>
nu Palais Hoyal. .'Ii.'i llili. Kail le Imsie du due
Louis il'Orléans. Xi t.
Cruix de diamants. Celle du cardinal de Iliclielieu.
■ji, 74- Croix du Salut Kspril. en lirillanls. ii)-.'.
Ciio/kT. Iionune de conliano- du He;.'eMl. ■H'.S.
>é«ocif l'acipiisilion des talileauv de la reiiii' de
Suéilf, jcjKHiMi.
f.'uiii'/ijcr<. Voyfi Table isfr>ice <li' Ini.
lltNitl. i>E VoLTKHHi: I Iticci viiKi.i.i. dit', peintre.
.'hiM,
l)r.L«L':«vY, orfé»rc. S»» beaux travaux | r Mon-
êieur, au Palais Hoyal. icj/i.
I)»: l.rsriM:, arcliilocte employé par Monsifur au
P.dait- Hoyal. iN.I.
I)i. Loin»:, secrétaire de Iliclielieu. aij, .II, loa.
1)1. Mt<:itT. peintrf di'?coratcur. Ses Iravuuv au
Palali-lloyal, 371».
HtnttHet. tU-lb-s de la duclii-ssc d'Orléans. a.^H-
A'i-
Itr.stMUii.s, U4-i)inftre. Ce qu'il ilil de l'eM-alier du
l>alals-(:driliiial, ^i.
Dm II<>i Hstis, «iilft di- rliamlire de Iticlielieu. Ses
Roun. •)*• I.OKs t\\\\ lui est fait, 117. tlé|M'ns«-s
dont i\ él.iit l'Iiur^'c'-. m-. Ne fui pas niiinmé
coiM M-rKi- ilii P.il.iis lliiyal, eomine l'axait xoulil
llkheliru. i3i.
■ •r.«<,<ii> jarillilirr ilu IhiliiU-fUirdlnaL 3u. l ildf
' ,' ^ Ire, refait en
•.V
l>t < . ' ' ' "'* '''■* c«im-
liimtHiiii |iFiiilo* |Mr le Uiicriit sur Ita/tlutit fl
Chiar, .ilU
l»l-i ■' • • ':■■., S.HI
r , Il
Itt'iii I > iiHirl
de Louis XIII. ni. 121'. r.iilelle de deuil de la
ducliessc d'Orléans. 2'i!\--ïA'> .
Diamants, \o\ei Bijoux.
UoMi.Myti.N (Le> iM'intre. 71. 2ij('>. !!"J7. .'108.
Do.Miucci (G. A., dil Le Mvstklktai. peintre, ."m i.
Domestiques, \osct. Olliciers.
D'Oiiuvv. arcliilecle employé au Palais-Uoyal, i.'ia.
Dow ((jérardt. [leintre. aoii. ."ut").
Ul'uois ( le cardinalj. précepteur du dur d'Orléans,
211. ai."!, puis son conseiller; 233. Cérémonie île
son sacre, 2O8. Donne su vaisselle d'ai<;eiil au
Ué;;enl, 282.
DcuoiSKK Svi.NT-tîr.Lvis. Soncalaloi.'ueileslal)leau\
du Palais -Koyal, 2((/(.
DtciiKSNK (.Nicolas), peintre. Travaux qu'il fait
pour Kiclielicuà l.iniours et à Paris. 8. 1.^.^2.82.
Du Jaiuh.n, orfèvre d'Anne d'Autriche, 72.
Dll.Vl IIK. 72.
DtPLtssis-CiUTiLLO.N (liolcl», ruc deslIoiis-Knlants.
28-2<(, 220, 3<j."i, 3<j0.
Di PoNTK(J. BvssKM), peintre, 3o4, .'«lo.
DiHEii ( Albert \, peintre. 3.1. ."nii.
DuvAcx (Lazare., marchand de curiosilés. Leduc
L.-Ph. d'Orléans est son client. 300 ; meubles
et porcelaines qu'il lui achète. 3O7.
liliènisterie (travaux d' 1 au Palais-Uoyal. par
Macé. ii./|. Les meubles de Boulle, dans l'/Hecii-
laire de Monsieur, 202. Ceux de (Ircicenl i)our
le Ué^renl, 2O2.
Écarie.t. Les ofQciers de l'écurie chez le cardinal
de Iliclielieu. <)8; les selliers, carrossiers, etc.. i)i|.
Les écuries de Mazarin au Palais-Royal, 111.
Celles de la duchesse d'Orléans. •'3-. Celles du
Kécent. 28.'), 322 320; de s.>n lils. 3.'|o; de son
pctit-lils, 308, 3ij8. Écuries monuinentales (pie
fait construire, vers 1780. le duc de (Chartres.
^10; leur prix d'eiitimation. /|/|2.
KiiFi.iM.K. tMMxeiir. Le Iléfient chiv lui. -ji'f 2(13.
Ki-rivr ( maripiis d'). allaclié à la maison de
M'insieiir. i.'u ; s«in legs uu llé;;eiit, 283.
Ki.ziiKi\u:ii ( Adam), peintre, ,'iHi.
A'/jér* de diamants, .'177, /|8o.
Kiiiiuui. peintre. Ses premiers travaux, 82. Décore
la chambre île Won.siViir au Palais- Koyal, i.'^l,
i."i."i.
Kstiicts I hôtel d'i. à l'aiiKle de la rue des Bons-
Knfants, iij. i83, 4O7.
Ki'ia:xoT, argentier de Iliclielieu, 1.17, 102,
Km.i.vx. -Son I »/(/</(•, 122, i3i, i30.
Kxik (Jaii Vuii I, peintre. .''>i8.
r>:l.iiilt:M. 87. (îarile magasin de la collection des
antii|Ufs, 1 V°>. Son lils lui succi'-df, i7iii/.
Kkhm X idf', sciilplenr, 37«|.
l-'iri I Domeiiicoi, |M'inlrf, ,'>ii8.
Ko%rtl>>:, arcblleclf du Palais- ItoynI. 37.'i, 43-i.
Ko>ri:M;l.i.»:, littérateur. Logé au Palaivlloyal, 330.
h'orliine. Celle du cardinal de KIclielieii. .'17-.^,). Ses
revenu* aiiiiuels. Se» ap|Kiiiili'iiienls roninie
ministre, ."10. Celle de la famille d'Orlé.ms.
.\|uiia|(fs que Louis \IV ronslilue ii s<iii frère.
I7.'i Kexniiiis annuels du llégent, 223; ceux de
s.» méie et de sa feiiime, iiS. Dellfs InivM'fs |>iir
lell..'eiil, 181 iHV \m riilne de Plillip|M'.f:Kalilé,
\h 'lV>.
lA 111,1. 1IL> .N(Hl!> 1.1 1)1. > M.\rii;ilES
537
KouHMER (Edouard), lô, ic|. 27, H^."), fyi-i.
Fk.\>ce (Anatolo), i.'ii.
Fr.^xcu (Kranci'sco lUinm.iM. dit II, iiciiilrc, '>w\.
Khancueville, sculptriir, X.i.
Fii.\NcuiPAM. Ses acquisitions d'ohjols d'art pour
Richelieu, (VA, 7(1.
Fh.\ncini, sculpteur. Ses relations a\cc liicliolitMi,
84.
Fn.v.NCixi (J.-B.i, tailleur de la ducliesse d'Orléans,
235.
FtxcK-BitK.NTANO ll'ianlzi, i.">i.
Gabuikl, aichitecle. -A'n. 'M'k
GiMjes. Ceux (pie l'on donnait aux scrNilcurs an
xvir siècle, ;).'>: montant des jiages donnés par le
cardinal de lîiclielicn, t|t>. Ceux des serviteurs
d'Anne d'Vntrielie, 112. (lagcs du personnel
spécial au l'alais-Uoyal pendant la Fronde, il<'.!.
Dillicultés pour les payer. 1II8. (lafjes des olli-
ciers de Monsieur, i.'iS; de Madame, -.'.'A i -m'Au : des
daines d'honneur, des chainbellans, etc.. du duc
Louis d'Orléans, 3;{(); du duc L.-Ph. d'Orléans.
Galeries (les) au Palais-lloyal. Pour la Galerie des
Hommes illustres, la Galerie des Poussins, la
fialcrie de la Lanterne, la (îalerie d'Éuée, etc.,
voyez Appartements (description des). Galeries
construites autour du jardin, /|i i-.'(.'i.'|.
Galluchat, gainier du duc Louis d'Orléans.
Mémoire autographe di's travaux qu'il li\re à
ce prince, 34^.
Gants. Ce qu'en dit lUcliclieu, lui. Ceux de la
femme du Régenl. :!/|i).
Gaiioi-ai.o (Benvenuto Tisi, dit), peintre, ."ioS.
Genlis (M"'), gouvernante des curants du duc de
Chartres, 4oo, /to'i, 4oO, 407, ^M.
Gentileschi (Orazio Lomi, dit II), peintre. 3o4,
3io.
Gehmxi.n (Thomas), orfèvre du duc d'Orléans.
Vaisselle qu'il fournil au Palais- Uoyal, 34o ;
Mémoires de ses fournitures, 34 1.
GiouDAXo (Luca), peintre, 202, 7>i-2.
GiuiiGio.NE (Giorgio Baubauelli, dit lli, peintre,
i(»8, 2f)7, 3o4, .'no.
(iniAHDo.N, sculpteur, 77. 2(i3.
Glaces. Celles qu'il y avait au Palais- Iloyal, i.'i4,
17.'), 2o3, 23(j, 2(')i ; leurs prix, 284 ; leurs dimen-
sions sous la lU'gence, 3i<'i, 3 18.
(iouGEOX (sieur de Lv IUkonvikhi; 1. peintre. i.'i."i.
(■UKiiciiiN (J. I, peintre. NOyez Barhieri.
(■UETTMID, con.seryatenr dn cahinel dliistoire
naturelle au Palais- Koyal, 'iiu.
GuiuE (Guido Béni, dit Le), peitdre, 3."i. 71. ii.'i.
11*7, 2()(j, 297, 4"'l. ""II.
Guii-FiiKv < J. ). i.''>2, 174. 17."!.
(îL'iLLAi.N ( Simon), sculpteur, G7, 83.
Gl.li.i.ET DE SaINT-GeoiiGES, t>7, 82, 2(>2-2tJ3.
Habits. La livrée chez Uichelieu, i)f). Costumes du
larilinal. ion; sa soulane. un. Les <'droils<>
d'hahits aux serviteurs. 1 12. Les liahils de ih'uil
des .serviteurs de Mmisieiir, au Palais- Hoyal, 234.
(;eux i|uc porte la duchesse d'Orléans pour le
deuil de Monsieur, z'i'i. Les habits de mode
anglaise (jue porte le duc de Chartres, 4o8.
IIaxotaux ( Gabriel 1, ."), I>.
IIavard ( Henry 1, 101.
IIemuettk d'Vx(:i.i:teiuie I la reine). Buckingham
la conduit en Angleterre, 83. Son installation
.lu Palais- Itoyal, 137. Ce qu'en dit le cardinal
lie Itetz. i38. Sa maison (li> Colondjc, 1(12.
Ili.\iui:rn:-A\VE, dite Madainr. lille de la précé-
dente, fetume de Monsieur, duc d'Orléans. Ses
(ixinelleries avec Louis XIV, i4o, i44- Épouse
Miinsienr, frère du roi, i4i|. .*^on portrait, i.")o.
N'est pas morle empoisoimée. i.")i. Le train de
sa " maison i. au Palais- Uoyal. ir(2-iti4. Son
inlluence à la cour, itid. Son Inventaire après
décès, i('>7. .Si collection de tableaux. iii8.
lliii.BKi.N illansi, peintre, ."120.
Iliilels. Physionomie des hôtels de Paris au
xvn" siècle. 11-12. Ancien hùtel Uanibouillet,
17. 22: hôtel d'Kstrées. n\; hôtel Mélnsine, 22;
hôtel Sillery, -3; hôtel Uichelieu, 27; hôtels
Land)crt, Baulru, Colbert, Bnllion, Mazarin. H7.
Leur caractère architectural au milieu du xvu'
siècle. 7(1. Ilôlcls des Bons-Enfants, des Mous-
(|uetaires, ii((, 120; hôtel de ChAtillon. i83;
hôtel de la Chancellerie. d'Orléans, 2i."i-222;
hôtels La Uoche-Guyon, Montauban, Mélusinc,
L)uplessis-(;hàtillon, 220; hôtel de Longueville,
232 ; hôtel \ anel, 323.
lIoLDON, sculpteur. Œuvres de lui au Palais-Royal,
.',.-.>. 4.-.3.
Incendie de l'Opéra en i7i(>, 22O; celui de 17(13,
371-372; celui de 1781, 4'i-4'4- ''<• première
compagnie d'assurances contre l'incendie, créée
à Londres, 44'-
Invenlaires après décès. Celui du cardinal de Riche-
lieu fait après son décès, .")i, 03; extraits qui en
sont donnés, ()4, '>7-7i. Inventaire d'Henriette
d'Auglelerre. 1O7-1G8. Celui de Monsieur, 191 •
2o3; 474 487. Extraits de l'Inventaire des meu-
bles et collée! ions du Palais Royal, appartenant
au duc d'Orléans, Régent, 238-24<>; celui de
Louis d'Orléans, 340-347; 352; celui de L.- Jo-
seph d'Orléans, 38(j, 39O-398; f]'u ; inventaire
des papiers d'Orléans condamné, sous la Révolu-
tion. I'|2.
Jitrilin. Celui dn Palais Cardinal, premières dépen-
ses, 3o-3i. Les jardins de Rueil, 32. Celui du
PelitLuxembourg, 34. Parties de chasse dans le
jardin du Palais Royal, i25. Le fort élevé pour
le jcun<' Louis \1\, 12(1. Carrousels (pi'y dorme
le roi, i4i'. Le jardin du Palais-Royal, en 1074.
est refait par Le Nôtre, 173174. Modilicalions
réalisées en 1730, 343-345. Sa Iransformation,
en 1781. après la construction des galeries, 435;
les slalues de Lerambert et de lluysler soiil
enlevées, 435; règlement pour la police du
jardin. 430 43S.
JoKii\ENS (.lakob), peintre. 52o.
Jouets. Poupées données par Richelieu à M"" de
Brézé'. ii>3. Ceux du jeune Louis \IV, 12O.
Joi;m:net, peinire. Le Régenl lui rend visite, 2O2.
iv (Louis), archilecte du Régent, 28O, 324, 487.
Juste, ijoiiitre. Ses travaux au Palais -Cardinal,
• 12.
L\ Hauonmèiie (Paul Gougeon, sieur de). Ses pein-
Inres au Palais-Royal, i54, i55, 173.
LE l'ALAlS-llUYAL
i38
L K !■ \ L V I S - H O V A L
La HoissitRE. j,'ra\our. l'inii qu'il a dit-ssé eu
1O71J (lu l'alais Carilinal, a;, 4/|-
LibohdeNehvillk (iiiar(|uis ilei. Achèlc li-s ta-
bleaux du l'alaisKoyal, 447-
Labohde iciiuile lie), 'ja. 7ij, 8/|.
L\ Cinf fablH- dei. coiistr^uleur de la collecliou
de médailles du l'alaisRojal, 3u3; m» appoin-
tements. 3ij7.
Lachinatje, mot jwr le(|uel 011 désigne au xvii' sii--
cle la pai^iou des bibelots de la Cliiue, iiji. Le
" laeliiuai,'e " au l'alais H(>>al. Vove/ Chiiioisoiie.
L» KiiiB, musicieu. un (ks nmés du Héj;ent. 270.
Lv Ko>taim;. Le |M-tit'lils du fabuliste iK-usionnc
par le duc d'Orléans. 'M^-j.
L.\»iisse i<;ii. dei. iwintre. Le Ilc^'eul \a le Noir.
2G2. .
LiGN» (de), de r.Vcadéinie des Sciences, l'ensionné
|>ar le duc d'Orléuus. '.V.Vi.
Lv llniE. |M-intre. Ses travaux au l'alais Cardinal.
K-.. ..i.V.-..
Liwi (Stani>lasi. K^.
L4X>'H%m:u ((iiovannii, |ieiiilrr. .'ni.
1.» l'oHT»; (.\uiador de), oiiele de Uiclielieu. Pour-
suit à l'entretien du futur cardinal lorsqu'il
était étudiant. .'1. Son mausolée. K3.
1.» l'oitTE, \alet de chambre de Louis \1\. i'.e
qu'il dit de l'éducation du jeune roi. \'i'.\\i!{,
i-iX\ ^il si);nature auto;;raplie. i/>iVL .Mais<in qu'il
acliéte rue des Saints- ('ères, iIJo.
L* KociiKKOLCAL'Lii, 9U|MTieur de riii'ipilal des
iJulnie-VinKl.^. 17.
La HociiE-tJtioji (lu\tel) rue des Kons-Enfants,
7H, 310, .lïS.
La VALl.lt'.HE (M"' de). Le roman de .ses amour.i
a»ec Louis XIV. i^o, i.'iV Installée par le roi au
l'alais Krion. \f\f\. Ses deux accouelieinents.
rV'--'V'-
1.*». Ilnancier. l'rotéijé pur le néj;enl. ïIiK.
l'émeute à son sujet au l'alais- lloynl, -J70.
I.EiiHO Mllinriesi. |H-inlre. St-s premiers tnlileaux
faits |Hiur le l'alais l^irdiiial, t'>7. 71. Kï. Kx|><isi-
lion de la lliitiiilli- itWrhrIle. i.V». Cité. Siï. .".ji.
l.r.iiHi s. consiTtalenr de la lialcric des tjibleaux
du l'alois ll<)>al, /|/|i|.
LruRAMi, architecte du l'aluls-Uo>al. iHli, :<7)i.
Le M«iHe (Jeoni, |)eliilre. employé par Ilichelien.
à llueil. .11. 34; |»ur Anne d'Autriche, ii.'i (en
noh-i.
Le \|asu:. prieur di-s lliMlies. Secrétaire et inteii-
Uant de Uiclielieu, .'>. S«in |*ortrait. j.'i. Papiers
■|u'll II lolmt'-s aur In dé|H'nse^ de Ilichelien.
art, ïij. .Tu, .11, 4H^.'k., ',t. .'m, Kn»o>é en Italie.
7rt Lettre que lui adrene le lardlnal. 7K. Liai
lin uuKn fin domestiques du l'alais-Cjirdinal,
ijli. l.n mi'-diramcnts fourni» à lllchelleii. ug.
Le Mrmiri» iJnnpKxt, nrrhlterte du l'alnist^r-
dii ■ ■ ■ ' ' .1;. Jiih'i-Mieiit |iorté niir
•• I 1 >n«ri>riiiiilinMs du l'nlnis
«►• I \ime il'\utriche, ii.'i.
Ltiii.ts.. ..■■I|i|.iir. .«Min liii.te du lièrent, :>Ù\.
Kiitiim .Ir lui lUiit le janltn du l'ulnla-lloyal.
••ES "rieur du Muw iU-% monuments
'• djil du l'ALlisllotuI qu'il l«il
entrer au Muséum sous la Hé'voliition, 4""-
4Û2.
Le Nùtiie I Vndré). Ucfait le jardin du Palais-
Royal. 173-174.
Le PvLTiiK i.Vidoinei. arcliilecle de Monsieur au
l'alais-Uoyal. Restaure les api)arlcmcnls. 174-
170.
Le Peintre, peintre, 402. 407.
Lekvmdeut (Louis), sculpteur. Statues de lui tlans
le jardin du Palais-Royal. 174. 344. 4-^"'-
Leiiov, horloger du Palais- Royal. 342.
Lk Slelr iKustache», peintre. 21(7. ."lai.
Le Sl'ELR (Hubert I. sculpteur, H-V
l.i: \ VI iLoulsi. arcliilecle, 24 (note), 78. 80.
LiMoiKs 'le iji.'ileau dei. ac(|uis jjar Richelieu. 7.
Lmbeliisseinenls i|iii y sont faits. 8. 10.
LU. Celui de Louis \1\ enfant, au Palais Royal,
i2<); celui de Monsieur, 105; anecdote citée par
Mitiliime, 170, 202. Lit à l'impériale de la
duchesse d'Orléans. 240; lit de lepos. 2'|i ; le 111
(lu R('j;enl. 3i0; le lit de parade, 38.|.
Litière. Celle du cardinal Iticliclicu ; ce qu'elle
coûtait, lui.
Loi'E/. (le juifi. Ses relations avec Richelieu. 3i|,
7'--
LoRitAix lOlaudei, peintre, 71.
LoiuivixK (chevalier dei. Favori de .Wi</i.siVur, i.'hi.
Accusé d'avoir empoisonné Sîadame, i.'ii ; em-
prunt (pi'il conlrade. ifm. Ses d(''sordres, il'ej.
Son superbe apparleinenl au Palais-Royal, 174:
la ciillcclioii (le tableaux qu'il y avait, 2i|li.
Liitfrif. Disiribulion de cadeau.x (jue l'on faisait
tirer au .sort. Olle (pie donne Monsieur en iti8(|.
au Palais- Royal. 181).
LoTTo (Lorenzoï. peintre. ."112.
Loi'is Mil. Donation (pie lui fait Richelieu de son
Palais-(>ardiiial. 38. Son caractère ombrageux.
4o. Son portrait dans la (ïaleriedes Illustres, ."17.
Prix (pi'en rei.-nit Pli. de Cliani|Nii);ne, ."«i. Sou
altitude à la mort de Richelieu, lo.'i. Mot de lui
au sujet de Ma/arin. 108.
Loi is \1V. Son buste en bron/e par Sarra/iii. au
Palais-Royal. 83. Sa première chaise d'enf.ml.
lia. A^si^le à une fêle, i23; toinlie dans je
bas.sin du l'alais- Royal, iliid. I-Idiicalloii (pil lui
esl donnée |Mr Ma/arin, 124. Le l'orl coiistriill
pour lui dans le jardin du Palais, i2.'i. Ses jouets;
cliavs4-s en iiiiniature, i2i>. Il a le goût des
chevaux. 127. Scènes de la l'iunde, i3."i i3l'>.
,>ses visites à llenrielle d'AiiKlelerre, i4o. Aime
Marie Maneini, i43, tiislalle M"* de La Nalliére
au l'alais llrion, i44- •^' rend au Palais Royal.
47..
17'
Louis W. alW, 3.1». 34.'., .'{.V'..
Lotis \\i, 4ii, 4i*''4i7- 4-^o.
Loi is (Ylrlori, arehilecte du Palais Royal, .s^oii
(Hirlrall. 4''4; erreiiis rommises par ses biogra-
plii-s, 4'-'; lomiiienl il devint l'.ochilecli' du
dur de (^harlres, 4^'"'; hoiioraire.s ipii lui sont
altrihui'si, 4>7'> sa eouslriictioii des tinleries
niitoiir du jnrdlii, ^iH \^^■. vs plans siiccessifi.
dr 17^1 et de 178^ |Miur les travaux du Palais,
'1 I • . . oiiiiiii'iil le ju>;e hoiilaine, 433. Sa ili"!»!
ni iH ii.i.Mii In i.'ii.iii. ;:,H
TAni.K nrs noms rr dks matierks
539
LfLLY. Rpçoil niir •iiiliviMilicin pniir jcmut l'opi'ra
au Palais Royal, 17/1.
Lustres. Siy.
LuxEMBoinr. 1 luMcl du Piin 1. Doiuir à Iticliclicu
par Marie de Mrdicis. i:>. Li' cardinal !«• Irj;uc' à
sa nièce M"" de Coiubalel, X'.. (:..|||.,li,.iis
d'objets d'aii qu'il y réunit, 'M').
MvcÉ (Jeani, sculpteur-ébéniste. Ses panincU en
uiarqueteiie au Palais- Uoyal, ri'|, i.'.;i. i.'i'i.
1. "),">,
M ADEMOisEU.K lia (iraudci. tille de (iasiiin d'Or-
léans, Fêle que Uiclielieu lui donne. 29, Ses
querelles avec sa belle-mère, 172. Lctrs ([u'elle
fait à Monsieur, hji, /)7/|.
Mancim (Mariei, nièce de \Iazarin. Ses amours
avec Loiùs \IV, son portrait, i4-i i44-
Mansviit (Jules IIamdouim. architecte, son por-
trait, 181. Ses constructions au Palais-Royal,
18.".. Sa mort, 28»;.
MvHATTA ((larlo), peintre, ."1118.
Maiue-Antoinette, reine de l'rance. l'ail copiei'
pour Trianoii les jardins « la chinoise de Mon-
ceaux, SS,"»; sa haine coidre le duc de Gharliis,
4og, 4i'- -achète Saint -Clloud, 'l'Ii).
Marie de Méuicis. Nonnne lîlchelicii son aumô-
nier, 0; lui donne l'holel du Pi'til-l.uNemboMr^;,
i3. L'acte de donation, l'i-i."). Les arlisir-i i|n'cll<'
employa, 82.
Marolles (abbé de), '.\'}.
Mahsy. Ses travaux de s(iil|iliiii' au l',ilai^-lio\al,
ir),T.
Mazarix (cardinal». Fut plus économe {pie Iticlii'
lieu, 48. ^e restitue pas aux héiitiers de celni-ri
l'argent qui leur était dû, .")o. .Vttribue indû-
ment à la Couronne des statues (jui ornaient
le Palais-Cardinal, '>•"'• Chargé ])ar HicheliiMi de
ses achats d'objets d'art, 7t">-77- Se fait construire
un palais, 7(). Lettre qui lui est arlressée, 84.
Ses négociations avec le Bernin pour la statue
de Richelieu, 8."i. Va loger près de la reine au
Palais- Royal, iio. La triste éducation cpi'il
donne au jeune roi Louis \IV, 124, I2(). Les
goùls tpi'il développe chez celui-ci, 127. Dém'i-
meid dans lequel il laisse la cour, i''i). Placel
eu vers ([ui lui est adressé à ce sujil. i'.'>n. Il
s'éloigne iiendanl la Fronde, i!<0.
NlAZEitoi.r.R (Fernand), 112 inotei, 4'>*^-
Médailles, (^olleclions formées au \\u' sièrle.
79. Celles cpi'exécula J. Warin représenlaiil
Louis XIII et Richelieu. .">, ili, 80, 84. Son por-
trait, 8,"). La collection de Madame, son pri\
<reslimation, 284. Comment le Hégenl l'aug-
menta. Hi).">; sa descriplion par l'abbé de La
Chau. Siiti. File est vendue, en 1787. à la Russie,
307, 44.'.. Médailles et jelons de Warin. 4(18-
4tK,.
Mki.Usim; ilioteli. 22. L'Académie française y tient
.ses premièics séances, 8(i Devient l'iiôlel
Dnplessis-Cbàlilloii, et abrite linalement le
restaurant du II(ruJ' « la inoile, 220.
Meiicoeuii (duchesse dei, propriétaire, vers i.">8(i,
de l'hôtel de Rand^ouillel, 1 1.
Mesnahs (Nicolas), gardi- des marbres du roi. Ses
travaux au Palais-ltoval, i.'>4.
Metizem, iClémenI), architecte sous Louis Mil,
20; de (îasiou d'Orléans, (jO,
Metsi', peintre, 200.
Meubles. Ceux du eardin.il de Richelieu. '.M\. 102.
Monsieur range les siens en bataille, 1(17. Inven-
laii'e des meubles de Madame, ibid.; de Monsieur,
•02, prix ((u'en pioduisit la \ente, 2o3; ceux de
la duchesse d'Orléans, ivière du Régent, 224:
lie la fenuue du Hégenl. ■.>.'.U)-■2f^■^■, valeur des
meubles liu Hégenl au Palais Royal. 284: leur
descriplion, Hiti 3i8. (mmix de Philippe-Égalité
vendus aux enchères pendant la Terreur. f^M.
Mkui.en (Van der), peintre, ,"120.
MiciiEi.-.\.\GE (BLUNAnoTTi. dit), sculpteur et pein-
lii'. 77. 2()('i, H04. 4"''*- ■112.
Mn:i. (Jean Meei. oui, peintre, .'uti.
MiÉuis (F.), peirdre. 200, ;>i-j.
Mir,y\nv. peintre. Travaille pour Fr. de Richelieu.
8->. Polirait deMazarin. i<i8. Tableaux de lui au
Palais Royal. 4.'i2.
\Iii;no:<. peintre, 4-i2.
Mirniliers. Voyez Glaces.
Moi. iPieler Van), peintre. .")i8.
MoLA iL.), peintre, 2(il).
Moi.A (Pierre François), peintre, ^'>2, 5i3.
MoLiÈiu:. Son père, drapier, fournisseur de
Hiclielieu, 101. Louis XIV lui concède le IhéAtre
(lu Palais- Royal, i4o. En i(')73, il y meurt, 174.
Miiiiceiui.T icluMeau (Um. au duc d'Orléans. Srulplu-
l'cs du Palais-Cardinal (|ui s'\ Irouvaieiil à la
liévoiuiioii. (•><;. 4."):i. 4.'iC..
MoNsiKU», Irère de Louis \1\ . \o\e/, Orléans
iduc d'i.
Mo.NruGi.oN (Anatole dei. 147, 2()3.
Monlargis (château de) aux ducs d'Orléans, 1,54.
Monlauban (liAIel), 218-220, 323.
M0NTGAUI.T (abbé), précepicur du du<' Louis d'Or-
léans, 33o, 330.
MoNTMOHENCY (duc dei, ( )|)jets (l'ait qu'il lègue à
Richelieu. 77.
Monti'ENSieikM"' i.Voyez Mademoiselle (la Grande).
Mooit lAntonis de), peintre, .■'n8.
MoHEAU, archilecle de l'Opéra. 2()i.
MouCHElioN (Frédérici. peintre, ."pk).
Muette (cliàleaii de lai. xCili.
Muids. Ancieiine mesure pour le \iii. S.i valeur
par rapport à nos mesures aclucllcs. i(i'|.
\li i.or. Prèle de l'argent à Hiclielieu. (1.
\tiisiciens. Faisaient partie de la < Maison " d'un
grand seigneur au xvir siècle. Ceux de Riche-
lieu, 3o. Le maître de guitare de la duchesse
d'Orléans. 23."..
MiziANo ifiirolainoi, peintre, .'xi.
.\ain. Le nain d'Anne d'.Autriclie. Le |)ri\ de ses
souliers. 1 12.
NvNcnÉ, capitaine des Suisses au Palais- Royal,
NvTTiEii, peintre, 3.'i(i. 4">4-
Nkki.. Auteur d'une Vie du duc Louis d'Orléans,
inédile, 332,
Neeii (Van der), peintre, .")ii(.
\ets(;iu-;h ((iaspar). peintre, ."iit'i.
Nic.oi.1,1) iiKi.i." ViiiiATK. peintre, 71, ,">i3.
OJJicier. Mot employé aux xvn' et xvui' siècles
J |0
I' A I. \ I s - H O Y A I,
jwur désigner aussi bien les principaux dômes-
liqufs. xali'ls de chambre, maitri* d'holel, elc,
que les <;eiililsliomnies atlacht'-s ii la maison di-s
princes. Li~. olliciers de Iliclielieu, i)">-<|K; ceux
de la maison de Monsieur, irill. Prix que se ven-
dent les cliar;,'es d'olFiciers, ir)7-i(io. Les olliciers
de la maison de Miulnme, -j'Ai. Leurs lo-jcnicnts
au l'alais Koyal en 171a, 3i4, 4o8. Voyez Gages
et Habits.
Opéra. Installé au Palais-Royal, 27.".. Inauguration
lies bals mas(|ués, 27O. Le Uégent contribue à
leur succi-s, 277-271). Eu i7.'>o, le duc L.-l'Ii. d'Or-
léans répare le bâtiment, XtH. Décoration de la
salle, 3.'m,. L'incendie de l'Opéra l'U 17113, 371-
372; le théâtre reconstruit par Moreau, 'SY.i:\-;ft;
droits sur la salle accordés par le roi au duc
il'Orléans, 37^. Nouvel incendie en 1781, 4''.
.'ii.^. L'Opéra est transféré boulevard Saint-Mar-
tin, 4i.'..
OpHKNoiiuT, architecte du Régent. Ses travaux au
l'alais Royal, Mt, 28.'), 2Kti, 3i4; description du
salon auquel son nom fut doinié, 3i8-320.
Orfèvrerie. Celle que posst-dait itichelieu, ;io. Son
bulTet d'argent donné à la (^>uronnc. Mj. Les
ornenienis de sa chapelle. 72 74. L'orfèvrerie de
Momieitr, 1 ij2- 1 y."». Habitudes priiicières de léguer
aux serviteurs l'orfèvrerie d'usjige personnel,
247; celle (pii fut revendiciuée, en vertu de celle
coutume, à la mort de la duches.s4' d'I Irléans,
248. Le cardinal l)ul)<>is lègue son argenterie
au Régent, 282. État de l'orfèvrerie île ce prince,
3o8-3ii. Travaux commandés par le duc d'(Jr-
li'-aiis & Th. Germain, 34i. Inventaire de l'orfè-
vrerie de Mniisieur, 483 48.'i.
Oni.itNs (Gaston, duc d'i. Kète ipie lui donne
llichi'lien à Rueil, 32. Son |>i>rtrait dans la
(ialerie di-s lllustri-s, ri7-.'nj. Se» collections de
médailli's, 71J. Son train de maison à Nancy et à
lilois, lyi. Accompagne la reine-régente à Saint-
(iennaiii. |3.'>.
OHl.C.v^^ i|'liilip|M-ile France, dit Monsieur, duc d'i
frère de Louis \IV. L'ap|>artement que lui
ile?itinalt Viiiie d'Aiilriche au Palai^ Royal quand
il n'était que duc d'Anjou, iiri; ses piigiliil<<
«vif •on frère. ii3; veri Miir lui, I2.'>. Son
morUiue nvei- Henriette d'Angleterre, i4i|. Ses
giii'lls elTéininé'i, i5u. Il s'installe au l'alais
Royal, i.'ii. Travaux qu'il y fait exécuter, i.'>3
iTtll. Son train île molMin, m-s oniclem, i.*i7 iI'ni.
!,!■ MTviie lie tii Inlile, itia ili.'t, 488. .Son second
mnriiige, il'>8. .Si-s relations avec le chevalier de
l.orriiliie, 1711. l'Iaisiinles praliqin-s de dévotion
quand il i-st iiii lit, 170 171. !.«■ roi lui donne en
a|Mn»ge le l'ulnlv- Royal, 17^. Ilifllculli'-s à ce
<u|rl, 171I iMii; II-* nouvelles l'on^triirtioiis qu'il
(ijiiiilr ni l'.ilal*, iMa |H^. Son Ini'enlnirr aiirrs
• I Ciiiiinieiit on iMirIn son deuil
.1. ï.'tV
Uk "■ < •■■•«■•II- •11- IWivière, dnrhi-^w
■I K-iir, it'>8, portrait
'I i<'m|. Son rnraiterr,
'• ilr aiiiiilolr, 171.
• « la mort de «on
'■•• ••111 |MTHinnrl,
23i-232; ses dépenses. 234-23."!. Sn Correspon-
dance, 2O5, 2CO, 273. Ce qu'elle dit de son pelit-
lils, 328.
Okléans «Philippe, ducd'). Régent de France. Son
éducation au Palais-Royal. 210-21 1 ; sou mariage.
212; ses désordres. 21 3. Son train de maison,
si's revenus, 223. Porirail qu'a tracé de lui Saint-
Simon, 2.'i3. Ses connaissances en chimie, 2.'>."i;
son talent de peintre, 2.')f). Ses compositions de
Dnphnis et Clitué, 2.")7-2.">8. Élève de Coypel,
2.')i). InlUience qu'il exerce sur les arts de l'ameu-
blement, 2G0-2O1. Cultive l'art culinaire, 2()3.
Sa passion poiw sa tille la duchesse de lierry,
2()4. Existence ipril mène au Palais-Royal.
2l(.'>-27o. Les miles, les pelils sou[)ers, 271-273.
liijoux el cadeaux faits par le prince. 274.
Sa présence aux bals de l'tJpéra, 278. Le cha-
pitre de ses dettes, 281. H pense un moment
à vendre ses colleclions, 28,'|. Constructions et
einbellissemenls qu'il entreprend au Palais
Royal. 28.'i 2(ji. Comment il forme sii collection
de tableaux 2i)2-3o4. Ses objels d'art, médail
li»s, etc., 3o5-322. Ses écuries, 323.
Oiw.K\Ns (Louise- l''ran(,'oise de RornnoN, (ille
adiillérinede Louis \ IV. duchesse d'i. remiiicdn
pii'cédenl. Son mariage, 212. Les meubles qui
lui appartenaient en propreau Palais-Royal. 224.
Portrait de celle princesse, 230; description de
SCS appartements, 238-240; son goût pour les
belli-s étoiles, 241: s;i collection de labatièrcs.
243-244- (^)minent ses daines d'alour se dispii
tèrent ses robes, son argenterie, etc., 248. Elle
marie son Ris, 33o, et son petit-lils, 34'>.
Oiu.Kv>s (Louis, duc d'i. lils du Régent. Son
éiliicalion au Palais Royal, 3273211. Comment
sii mèie le marie, 33o. Portrait du prince. 33 1.
La morl précoce de sa femme le jette dans la
religion, 332. Ce que dit d'Argenson de .sa folie,
333. Tableau de sa cour au Palais Royal,
334-3311; son train de maison, .ses dépenses, .son
livre de placels et île charités. 337 338; ses
registri'S île tri-sorerie consi-rvi-s à la Riblio-
tlièque Carnavalet, 34o. Mémoiri's de ses
foiirnissi'ui-s, de l'orfèvre Germain, ilii gainier
Gallil.li.il.de lel>éiii>te(:i-eMeiil.elc,.3'|i-3'|->.ll
resl.iiire le jardin du Palais, 3'|3 34.'>. Pour quels
motifs il M- retire au couvent de Sainte-! ieneviève,
34.''>. l)es«-riplioii des ap|>iirtemenls qu'il y
oci'U|M', 34*1. La vérité sur les actes de vaniln
lisme qui lui sont impiiti'-s, 347. Tableaux
mutilée par lui. 3.'ii .
< hii.i. vNsi Louis- l'hilip|M>. duc d' 1. UN du pn'-rédent.
\ dlx-hnit mis, m- marie, 3.'i4. Sa vie au Palais-
Royal, 3.'i.'>-3."i<l. l-'i^tes qu'il diiiine. 3."iK, Travaux
ron^idérables qu'il eiil reprend en i7.*i'Jau Palais.
.■|rHi-3rH'i. .><on amour ili- clie\au\, ,3(111; son t'ont
|Minr les objets d'art et li>s cliiuois«<rie'<, 3117.
I'èti>s qu'il diinneau Palnis-Royal, 3i|i '3ip. Son
fiint ménage avec M*" de Moiile^son, 3i|3 3ijtl.
Il quitte le Palais- Royal el s'installe rue de
Provence, 3(yi. Son liKlallalion. ,'1117. Se» l'-curies.
.3.y<. iKinne II- Palai« Royal 11 son llls, 4i 1 -4i3.
Onii.vs» iLoiiIm- Henriette de Roi iiiii» -CosTi,
duclicuc d'i, femme du pn- ■■•l.ii( >>n sciiiua-
TMlI.i: I>ES NOMS I.T 1)I> MVTIKUES
•) Il
lilé, 3.j/|. Portraits rr«'lle peints par Nattior, H."i((.
La vivacité lie son esprit, 3(18. Sa mori au l'alai--
Royal, Stit); ses olisèqucs, ^liii-Syi.
Om.KANS (Louis- l'iiillppo-joscpli, iluc li'i. sur-
uoiuiui' l'Iiilippe-ICijnlili-. I/eufaucc de ce pilnce
au l'alais-Ituyal, /|i)o. Son précoce libertliia<;e.
/|i>i. Son ntarin>;c a\cc M"' de l'enlliièvre, 4";!.
l'ortrait de ce prince, /|o8; ses {Jtoùts, /n»). l'"ait
construire des écuries monuinenlalcs, /|io;
organise au l'alais-Uoyal un nuisée des Arts et
Métiers, 4"'- Ses grands projets de construction
autour du l'alais, 4iâ- l'rolestatlons (jn'ils sou-
lèvent, 4'7-4'*^- Erposi' qu'il publie à ce sujet,
4:!o. Oliarge, en 1781, l'architecte V. Louis de
coniiuenccr les nouvelles galeries. 424- Marchés
contractés à cet elM. 4'-'7- Il fait transformer le
jardin. !\'A7) - !\.'ii . Ses embarras financiers, 4-^".l'i
ses emprunts. 44" • ses ventes d'ininieuhles. 44'^ •
il vend les collections d'objets d'art. 44">; les
tableaux, 44''-4'"'o- i'» mort sur l'échafaud. 4-'4-
Oiii.KANs ( L.- Marie Adélaïde de Boi)nuoN-l>[:\-
Tun:vnE, duchesse d'i. femme du précédent.
Son mariage en i7t'".|. p. 4"2. Portrait de celle
princesse, l\o'i. V.e que fut son salon au Palais-
Royal, 4o4 ; plie y réunit une société distinguée,
4o.'>-4o7,
Pu)OL'.\N(Ales.sandroVAiioTAiti, dit Le), peintre,,") 10.
Pages (le service des) auprès de Richelieu, 100.
Pain (le prix du) aux xvn" et xvm" siècles. 11)4.
Le pain pour la Bouche des princes ou pour
le commun, 4!)"'-
Pajou (Augustin I, sculpteur. Ses travaux au
Palais-Royal. 878.
Pai.ichm;, trésorier du duc Louis d'Orléans. Ses
appointements. S3(i. Ses livres de comptes con-
servés à la Bibliothèque (Jarnavalet, 34o. II règle
les dépenses au Palais-Hoyal. 34i et suiv., 'Mm.
Pvi.Mx ileNieux), peintre, ."504, '>io.
PMnni:uK (M"" de), maîtresse du Régent. Son
portrait en Minerve, 2.53, 2O4, 270, 272, 274,4-">2.
Paiimi:sa\ (Krancesco Mazzoi.a, dit II), peintre.
2()7, ,'')0(|,
Pâtisseries. Celles dont la reine Anne d'Aiili iciic
était friande, io3.
Pendules. Celles de Monsieur, 199, 485.
Pk\tiiù:viii: (duc de). Marie sa fdle au duc ilc
(lliartres, 402.
l'i:iii\o DKi. Vaga, peinij-e. ."nH.
Pi;iu.\.\ (Henry), scul]iteur. 8.'i.
Pérugi.n (Pietro Wnucci, dit Le), peinire, 3."i.
1O8, .513.
Pkhu/./.i (Ballhazard), peintre, ."no.
Pktitot (Jean). Ses i)orlrails en miniatme de
Richelieu, 77, 85; de la duchesse d'Aiguillon,
101, io4; d'Amie d'.Vutriche, izi.c. de Munxieur,
i53; de Madame, i55.
Piiii.ii'I'i:K(;m.itk. Voyez Orléans ((hic l.oni-^
Philippe- Joseph).
Picot, argentier de llicliclien. 3(i. 5(). Legs qui hii
est fait. «17. Dépenses cpii lui incornbaienl. lo'.
PiKliUK (J.-H.-M.i, peinire. Sun èdc à di. Coypel
comme premier peinire du duc d'Orléans. 384;
ses travaux au Palais Royal, 38(1-388, 3<,7.
PuciiRi-: LE (;iiA>u. Visite le Palais- Royal. 2li8, ziiH.
Pierreries. Voyez Bijoux.
I'ù:the, architecte du Palais-Royal, 05, 37O, 38o
383, 4 10.
Pir.tMoi.. historien de Paris, i5, 57, 3i3, 3:>2.
PoKi.iMii itc iKornelis). peinti'i\ 517.
Pi)i:iis(i\ (dliarlesi. peintre. Travaille au Palais-
Cardinal. I12; son (ils. 3o3-3o4.
Poisson lie prix du) aux xvn' et x\iii' siècles. i(>4.
4'.)i.
PoiiBUs. peintre, 72, 1O8, 3go, 452, 517.
Porcelaines, de Chine, 189, 190, Celles que col-
leclioniiail Monsieur. 199, 2o3; celles qu'achelail
le duc L.-Ph. d'Orléans, 30tj, 307.
PoiiDKNON (AnI. Recii.i.u, dit), peinire. 5ii.
PoiiTA (Joseph), peinire, 200.
Portraits. Le prix qu'on les payait aux peinires au
x\ ir siècle. Ceux de Richelieu, par Pli. de (;iiam-
paigne. .")9-('mi. Morle des galerii's de portraits;
celle des'ilinsires. au Palais- Cardinal, tii-Ctl.
Impulsion donnée par Riclielieu à l'art du por-
Irail. 84. Les bustes du cardinal par \\ arin et le
Bniiiii. 8.'i. Portraits des princes de la famille
irorleans par Coypel. Rigaud. Sanlerre. Nallier.
Reynolds, etc., 253. 2O4. 2(19, 4"2. 4o3.
Pot de chambre, en argeiil. de la dniliesse d'Or-
léans. 249.
Pouce. .Vuciemie mesure de longueur. Sa \aliiir
par rapport an mètre. 3i8.
Poussin (.Nicolas), peintre, 33, 71 ; accueil ipie lui
fail HicheliiMi. 80. Cité. ii5. 21/). 3i2, 317, 52o-
PiiKTi (Mallia), peintre, 5i2.
(juKNTiN Mktsis. peintre, iCiK.
Raincy (chàleau du), appailciiaiil an duc d'Dr-
h'-ans, ()5, 412, 45i, 450.
PambtmiUel (hôtel de), acheté par Itichelieii en
1(124, '■• ^^'' qu'il était. 12. i5, 17.
RaI'IIaki. Sa.nzio (RalVaello Santi, dit), peintre, (li.
71, ii5, 1(18, 295, 2911. 297, 3n3, 3o4. 3i2. 5i4.
Rkgii.i.o iJ.-.\.). peintre, 3o4.
Rkmi>I(\M)T, peintre, 517.
Remparts de Paris (les anciens). Ce qu'ils élaienl
du colé de la porte Saint- Honoré en i(i33. 22.
|{i:tz I cardinal [de I. 187.
Rkvnoi.us, peinire. Son portrait de Pliilippe Kga-
lité, 40'i-452.
Riiii:ii\ (dit L'EsPAGNoi.KT), peintre. 1(17. 5ii.
RiciiKi.iKu (l''ran(.-ois de), père du cardinal, 4-
RicuKi.iKU (Henri de), frère aîné du cardinal, 4-
UiciiKLiix- (l'iançois de), évéque d'Aiv, frère du
cardinal. Refuse d'être évèiiue de l.ui;on. 5.
RiCMKi.n:u (cardinal de). Dès sa jeunesse il aime
le faste. 2-4- -■^ l'évèché de Lu(,'on, sa vaisselle
plate, (1. Ses premiers domiciles il Paris, 7.
Vclièle le cliAteau de Limoiirs et rembellil, 8.
Ses diverses résidi'iices à la campagne, m. Dès
«pi'il l'St ministre, en ili24. aclièle l'holel di'
Raml>ouilli-l. 11. .Marie de Médicis lui donne
le Petit -Luxembourg, 12. Ses acijuisitions de
terrains pour la coiolruclion du Palais (lar-
dinal. i(>-2o. Phases des lra\aiix. 25-3o. Vchèle
le cliAleaii de Rueil. 3i. Commeiil il s'y installe.
32. Donne le Palais-Cardinal il Louis MIL 38.
Vend des terrains autour de ses jardins pour y
o^a
i.E p VI. M S- un V VI.
élever des iiiaL<ons. ^.'. .V>. État de «•> revenus
annuels, 47--">o- Coininenl il fait décorer son
Palais, 52 - -j'i. Son rôle coinino rollrctioniipur,
7(1 8.'». Pièces qu'il fait jouer sur un Ihéùlre. Sti-
i(.V S«>u train di' maison, i|.'>-i.|K. Drpenstsde sa
iable. de Sii InilelU-. ilc, <.hi-I";'. Médailles et
jetons du cardinal. .V">>*-.V«.I-
dlcuKLiKt' (Armand de Vicm:iiod, dur dei, |)ctil-
neveu du rardifial el son héritier par substi-
lulion. 27. Son in<.'ralitude envers Sii laide la
ducliess4- d' Viu'uilliin, nS. Les procès qui lui
sont inlenl(-i au sujel de la succession de son
oncle, I II). Venlesaiivquellesil esl conlraint. i-ji>.
Iticii»'i.ir.i iinaréelial de^, lil> du précédent. Son
prix-es iiitermiiiiible contre les piopriélaires des
maisons aiilour du l'aliiis-Royal. iimi-i-ji.
Riii.\iii. |ieinlre. Si-s portraits du Hé^reiil, ;?(i.^.
llilé, .V'-'.
IloKTTiKH, {fraveiir i'ii mé^lailles, SoCi.
Iloviviv JulcM, |H'iiilre. 71, 2gfi, ï.'>2, ,"»i2.
Itiiuiiot T iTli.l, iM-inlre, .'nçi.
Ilossiu.tKi'x iCh.l, arcliilecle et colleclioimeur.
2.1.3, 4.-.4.
Ito^v) iliiovani-llnllista), |H-inlre, .'>i.'|.
Ili ii»:ns I Pauli. S<>s rap|H)rls avec Iticlielien, 82-83;
tnbleauv de lui, .1o/|, .'<i|0. .'iitj.
Huril icliiileau dei. Vcqiiis par lliclielien. .'ti. [.n
vie qn'v mène le cardinal, 32-.'t/|.
Hi»<T»;it (l'Ii.i. s<'ulpleur, 82, 8.'|. Stalucs de lui
dans le jardin du Palais Itoval. 17^. fi'A'i.
Svcciii 1 \fidr.p, |M-iiitre. ."loCi.
SvisT AlHis, deviiiiateiir et graveur. '.U<i'>.
Sainll'.liiiiil tcliMvau dei. an duc d'Orléans. i.'>.'|.
267; prit auquel, en 172H, il esl e^liiné. 28.'i ;
fêles qu'y donne, en I7.'ii, le iluc I.. Pli. d'I )i'
léaiis. 3.'i8. fravaiiv qu'y exécute l'arcliilecle
Conlanl. .Itl.'t, .'tl'Hi. Peinliires qii'Vnl. (Iovim-I
iletail y f.iire. ■•ini. Il rsl vendu à Marie Vnloi-
ni-lle, fi'Mj.
Saiiilllimuré (quartier 1. De qu'il élail au inomcnl
où lliclielien ncliein l'Ii.Mel de Kainliouillel. il'i
S«isT Simon. Se» mémoire*, rite» 2(Ml, 270, 272.
Samir lirnrvirvr (ablMve dei. I.e dur Louis d'Or
léaiit s'y relire, ^X\, ,1,1i), Jl^.'i. Détails sur sou
liKinlInllon. "Stfi; lur S4*s le^s aii\ religieux. .1^7.
Snlim Voyr/ Vp|uirti-ineiils idi-^cription di~>i.
Stivivri l<iiii«ep|M' Poiirv'. |H-iMlre. .'ni
SvsriHNt. Itcinlre .Si-s |Hirlrail< ilii lléxenl et de
*••% Min, iM. 2lVt, 2IM, 4.'i2, ,'i>i.
Stmittiv |jar<|iir*i, •rulpleiir, I17, Ho. 83.
1 (CM », \'>:\ (note
liitliirlen de Paris, l.'i, iV ■»'"'• '-".l' ^''• •'••'•
'., I'i«i, ijii, 1)1, 1 1^
.>v«H4i.Lisii, pelnire, .1i>^, .'un.
.*«< iltLkrs liiollfrledi. (leliilre, .'■ilVrii7.
' . .1
'■.^
M <itii>-«,iU P,ilni« lloval.
\a^ •> >i1|.1.ii< . ,tiitt<|ui'« du rnrdlnnl di- lllrlii>-
Itru. 3i, •'•;;••, H^ m. Celli-s i|iir |M>twi|ii|l
Mnntitnr, ••■.l , relie* qui fiiri'iil etilrvi^>s du
jardin ilu P-tUlsHoyal, .l^^, SX,, de ll.iiidon,
AVI.
Skbvstuno i>ei. PioviHo I Luciaiii. dil 1. peintre, ."n^-
Skneschai. iFranvoisi. valet de chambre de Uiclie.
lieu. 90. Concierfie du Palais-Uoyal, \'.\i.
Serrurerie 1 travaux dei. au Palais Royal, 1 \'>. x't'A.
i.'i.'i. Rampe de l'escalier, 379.
Skvignk I marquise de). ir>8. 170.
Sii.Hr>iKTTK (dci. Succède au marquis d'\r}reiison
comme chancelier des ducs d'Orléans. I<.''>8. HCio.
Sn.vfSTitK I Israël), ses irravuresdu Palais-Cardinal,
17. le Fort du Palais- floynl, 12.').
Si. VUE, marchand de tableaux, en .Anjileterie.
Néjiocie la vente des tableaux du Palais- Roval.
.i/,8.4.-„,.
Si.iNUEi.vNDT 1 Picter vaut, peintre, 'n-/.
Si.oi)TZ. sculpteur. Travaille au Palais- Royal. 3V-'-
SsviiEiis, peintre, ft'fi.
Sor.AHio. peintre. 71 .
Siirhonne. — Tiansport de la Bibliothèque de
Richelieu ii la Sorboime. i8."i. Le tombeau du
cardinal y est exécuté par (îirardon, 118. Legs
de Richelieu pour la construction des l)i\timents,
117.
Stai.hkm, peintre, .'mj.
Siirloul de table. Celui que Ballin exécute pour le
Régeiil, ;lo((. Ceux de .Monsieur, 47>-
Si SIM. sculpteur, IJ8.
Tutuilières (collections dei. Le roi d'Espajine
en donne une à M"' d'OrléaU'^. iif-'. Vu
xviii' siècle, la mode se répand, même parmi
les l'enniies. d'en réunir de tous ttenres, -'^'A.
Celles de la iluches.se d'Orléans, au Palais Royal.
2/|.V2.'|li. Le Ré-fent en distribue en cadeaux,
■-•7.^ Ij'lles qui sont menlionnées en son liiven-
luire, '.Ui-;.
Table (le service de la), au Palais-Cardinal el au
Palais-Royal. Lejis de Richelieu à s<'s cuisiniers.
i|8. Le sysléme des pourvoyeurs enqiloyé |)Our
les pro\i>iiiiis di' bniuhe. le pain, la viande, etc .
il;». l'm;;alili'' de Richelieu: le> menus de m-s
repas, nio. Disette à la cour |H*iidanl la réj^ence
d'\iiiie d'.Vntriche. iHn. La table de la reine
mal v'rvie, liti, Lr> ■• |Hinrvoyenrs » de la Rou-
ille du-/ M'iitsieiir, iliil. Le piix de la viande, du
gibier, du |ioiNson, du vin, du luiin, en i(i7o.
la charcnlerie. etc., il'>.VilJ-'>. (.e t|ue coulait le
service de la table chez la iluchessi' d'Orléans,
an Palai'. Royal. 2^1. La vais.selle d'ar);eiil du
Ré^nil. :ii>8-:<ii. Le si-rvice de la llonche du
iliic Loiii., d'Orléans, .'ti^o. Marché |Miiir le
si-rvire îles vivre* au Palai-. Royal aux xviC el
xviir 'iéch-i, .^88 et sniv.
Tableaux. Ceux de Richelieu an Lnxrmboiny. X,,
■Wt, an Paliiis-Cardiiial. 71. Ai rVnliiclie en
réiiiiil uni' collection au Piilai- Royal, ii^.
Iiivi-nlaire de« lalilenux de Madame, 1(17: de
Moiitieur, 2111. Le IléKenI soukc à vi>nilre le*
«len», 283.78^; li'iir prix d'eHlimnlion daie. un
litnealaire, ibid. Ili^lolre de l,i fornialion de la
riilleillondil ISilais Royal, 2i|7 2i|N; acqni'tilion
lie* Iflhleaiix de la reine de Suéde, 2i|f|.ilii.'( ; leur
arrivé-)- à i'arl*. ^^t^^. Ceux que le dur l.oni*
d'Orlénni e<tl arciiM- d'aMiir niullli'-i, ;i^7.,'l.'iï.
linlerle* alTivIi'-e* nu placemenl ilev lalilenux
dniK le |>nlal< lloval ;IK.| I 1- duc L. Ph. d'Ur-
TAIU.K DES NOMS ET DES MATIKRES
54.3
léaiis fait, vers 1770. Iiaiisporlcr ceux dr I T'cnli'
llaiiuiiidi' :mi Uaiiicy, i<yo.
T VI.I.IM VNT DKS HkAUX. ."l, iS.
Tapisseries. (a-IIos île UiciK'licn, 27. 'M'), inj. lincii-
lairc des lapissi-rii-s di- Madniiie an Palais- Itnyal.
1(18. Celles de Monsieur, u/i. Celles du Héf:eiil.
;iii. Comparaison de leni piiv (l'i"-liiii.iliiMi.
■.\iu.
Tkmkhs (David), pcinlic, 200. .'iiG.
r/iéd'/rei les salles (le), an l'alaisUoyul, 2(),3o,/)i!,. '>•.!.
Œnvresqni y sont jouées. 8(i()'|. Concerts (pi'on
y donne, i4o. En illtii. Molière s'y inslidl<'. iliiil.
(Changements dans la salle, :'.-;'>. Installation de
l'I )péra, :!70. (\ oyez Opéra. 1 Le Tliéàtre-l''rani;ais
eonsirnit en 1780 par V. Louis an l'alais-Hoyal.
/)i,"), 432, /|23, /|3/|.
Ti.NTOKET (J. Houusri, dit Le), peintre, 202. 2((('i.
3o4, .">io.
Ti.NTOUF.TTi (Marictta Uoutsri. dite), peintre.
4.")2, 5l2.
Titien, peintre, 71. it>8. 2112, i>()ll. liiii. .V|S. :',7r'.
ôi5.
Toilette. Le cardinal de Uiclielieu aime la toiletle.
100- 101. Toilette de deuil d'Anne d'Autriclie. nii|.
1 14. Celle (pie la (hu liesse d'Orléans porte pour
le deuil de Monsieur, 234-23,"). La garde- robe de
la femme du KégenI, 249.
Toise, mesure. Ce (|u'elle valait [lar raiipoit an
mètre, lO.
Toluneux (Maurice), 3117.
TiiEMBLiN, peintre. Exécute le plaloiid de la salle
de l'Opéra, 3.")9.
Vai-entin, peintre, 3.')2, .li."!.
Valets. Voyez Officiels.
\an Dïck. peinire. .'>es [icirliail- de Uiilielieu.
8.-)-8G; d'Henriette d' \n-lelerre. i3i|. iti;, iCiS.
Cité, 202, 317, ."(18.
Vanei. (hôtel), construit par Le \aii, 71).
Van OnsTAL (Gérard). Ses travaux de sculpture au
l'alais-Cardinal, 80.
Vasaui (Giorgioj, peintre, .")o().
\ ATOUT, i,"), 37J, 45.").
Velde ( A. Van den), peintre, '1-20.
Vehg-NE l'Pierre). orfèvre. 3o. ii)3.
ViMoxisi: (l'auli. peintre, 71, ii."!. 1117, 2(j.'), 2(17;
lahleaiix de lui ipii décoraient le grand silon
d'Uppenordt au l'alais- Uoyal, 32o. Cité, 348,
4.".2, ,-m3.
VÉHONtsE (Alex.), |>cinlrc, .">o(').
VicioE-LiMmuN (M""), p(jinlre. Son portrait de lu
ducliess(! de (Chartres, 4o2.
l UlersC.iitterets, château des ducs d'tJrléans, i.V|.
Comment Monsieur joue avec les meubles
([ui s'y trouvent, i('>7. .Son arrière- petit- lils,
l.-Pb. d'Orléans, en fait son si'-jonr préféré et
y donne des fêles, 3()3-3(|4.
\iii (le prix (lu) an xvn' siècle. (Conihieii Uiclielieu
vendait son xiii de Itneil, 34. (Celui (|Ue bviNail
le cardinal, ()i(. (Celui de Monsieur, ce (lu'il cou
tait. 1O4. Le vin (jui était an l'alais Itoyal xendu
aux enchères pendant la Terreur, 4'J7- Marchés
avec les pourvoyeurs de xin aux xxii' et
wnr siècles, 4<)-'-
\ iNc.i (Léonard de), peintre, 3.''>. 71, 2(17, .■')i2.
\ iTET, 24.
Vivres de prix des) aux xvn' et xviii' siècles. Voyez
Table (service de lai.
\(ii,TAUti:. (Cadeau (pie lui fait le llégent, 274.
\(is I Martin de), iieintre. .")2(i.
\oLi;r I Simon I, peintre, 20. Décore le château de
Kiieil, 32; le l'alaisCardinal, ,">.'>. j8-3;). O7. Ses
travaux à l'iu'itel ISnllion. 78, et ailleurs. 82.
Ses peintures dans les appartements d'Anne
il'Vutriclie au l'alaisltoyal. ii4. 4"'2.
\\ Ai.MCHs I Ed.i, baïuiuier. Achète les tableaux du
l'alais -Uoyal, 447-
Wai.i'oi.i: (Hoberl). Sa collection de tableaux.
■W<.
W utix iJean). graveur en médailles. Ses portraits
de Uiclielieu, i3, 21). Protégé par Uiclielieu, 80.
(Catalogue de ses médailles du cardinal, 84. Son
buste du cardinal, 8.'"i. Son portrait gravé par
Edeliiiek. 89. Médaille d'.Vnne d'.Vutrichc et de
Louis \IV, ii3. Mi'dailles diverses de Riclielicu,
4()8 ■ 40().
Wkehi-f (chevalier A. ^an den. peintre. .■'>i7.
WouwEiiMAN (Philips), peintre, .'uli.
Zlstuis. peintre. .'117.
/^I!;
'.; .i
-^T^^
TABLE DES CHAPITRES
CHAPITUH PllEMJEU
LA CONSTRUCTION DU PALAIS-CAHDINAI.
(lôa'i-iCoQ)
Le goût du cardinal de nichelicu pour les bâtiments. — Dès sa jeunesse, il aime le faste. Aménagement
de son cvèché à Luçon. — Ses divers logis à Paris jusqu'en 162/1. — .\cquisilion du cliàteau de Limours.
Ses maisons de campagne. — Aussitôt ministre, il achète le vieil liolel de Kamhoiiillet. Ce qu'était alors
le quartier SaiiitHonoré. Liste des immeubles et terrains acquis par Richelieu pour la eonslruclion
du Palais-Cardinal. Commencement des travaux. L'architecte Le Mercier. — Phases de la construction.
Richelieu au Petit-Luxembourg et au château de Hueil. — Le Palais-Cardinal donné au roi Louis XIII,
en i636. — Achèvement des travavix, i63ij
CHAPITKh: II
IIICIIEI.IEU DANS SON PALAIS
La fortune du cardinal : ses revenus annuels. — Dépenses pour la décoration de son Palais. — Description
• des appartements : la galerie des objets d'art. — I^ Calerie des Hommes illustres. — appartements du
roi et de la reine. — La bibliothèque. — Les collections de sculptures et de peintures. — Ilichelieu,
protecteur des aris : ses commandes aux artistes, ses portraits, son buste, ses médailles par Jean Warin,
sa statue commandée au liernln. — La petite et la grande salle de spectacle. Itcprésentations du CiJ, de
Mirame, etc. — I^ Irain de maison de Ilichelieu : gages de ses <i ofliciers 11. — Ses dépenses pour la table,
les costumes, les cadeaux, le prix de ses soutanes, de sa lilièrc, etc. — La duchesse d'.Viguillon, direc-
trice de la maison de Hichclicu, — La mort du Cardiual
I. LE l'AI.AIS- IIOIAI.
«9
l»l
5^6 Li; l'.\l.AIS-lU)\ AL
aiAl'lTUi: 111
V\NE liKl TIIK IIK H MA/.MUN — LMv KDH:VTI()\ UO^ALE
(lt)'|3-l65i)
Ix F.I«ii-Oirdiii.l divUiil le P.lii.-Uo,al. - Ui Iraiisfornialioi.s qu'y fait Anne d'Autriche : ses appar-
lemeiiU. u:* B.iii«. «ji. Oraloir.-. la Salle du Conseil, la Chambre de Louis XIV. - La .< maison » de la
reine. - Majarii. »> iii.lalle. - Démolition de Ihùlel Sillery. Acquisition de lliotel dEstn'cs. etc. —
Pourquoi e.t .endu ll.ùtel Kichelieu où de.ait .Hre la llihliolhèquc. Les embarras de la succession
du cardinal de Hiclielieu. - lli.toire du procès du maréchal de llichelieu avec les propriétaires des
inai«oii> du l'alai»-Hojal : larriH de I755. - Education que donne Maiarin k Louis XIV, au Palais-
Hojal. U-. eiercices miliUire», U-» jeui. le forl. léquitation, le» speclacU>s. — Premières amours du
roi. - Ud.nùmeut à la C.ur. — Lii Fronde. — U famille royale abandonne le palais
Cil \i>iTiii: l\
LK SKJOLU l'i; IV HiiM iiiMui m; i)"AN(ii.i:Ti;iuu;
m; i'm. vis- iiHiuN
(lUrj'-î-iCiOo)
Ik'iinotlr d'AnKlctrrre au Palais -lloyal. Iji misère de la ri'ino. — Délabrement du monument. — Le
l'alai»-Hrion. Ituinan di'> premières amours do Ij>uis \IV. — Les accouchements clandestins de
M- de l.a \allière. — Holo de Colliert en celle circonstance.— L'.\cadéniie des lleun\-.\rls inslallée
au Palais- Itrion. La première pi|M»llion de tableaux l'i-
(;ii\i'in;i; \
1 1; iuF.HK df: loiis \i\
(iGOo fjtii I
Pbihi'i' .1» »r«ii ■. 1.1. .lOrlfii. ' ■ I mU XIV, après ~.ii marnik-e a\*c llennelle ilAiinleterre.
m i««o. r.i j.i(,.ii>. ,. I...I li.iyal. Porlrjll de re prince; ses k,.ÙI. ilullens. Su
fr. I it 1- .ir M trninio I l.irlqur .!•• la mort de MaJamt. — llép.irulions faïU-s au
la ifAMt h iOqi. l^ n>ul>il4i c de Madame il >4in /neciihiirf aprit d<'-cès. — |.a seconde
iitmr - l.a »l» au palau; U. •4-r>ilrnrs. I.s dépens<<> do la table, le prix des vivres
' 'Ils \IV donii- k «..Il •- - ' I' lti>)al en lOyj. — AuKmcntatiiin et eniUd
• r Maflouin Mansai' . .le riulilLiti l.c lu\e de .Wunjicur. S>n
' -'• Upt.»rf»e. ri K-s I ., ,o||p_ .,'• I,ibleau( I V.»
TABLE DES CIIVITIUKS 54?
CIIMMTHI-: M
LE PALVIS-UOYAL SOUS LA 1«KGE\CE
L'miranrc du Régonl. Son l'diication. Ses proiiiirrcs amours. — Il Io<;c une de ses maîtresses à la <• (;iian-
collerie d'Orli'ans » : histoire de celte lial)itation. — La vie de raniillc au PalaisUoyal : le train do
maison, les dépenses annuelles. Portrait de «Madame», mère du Réftent, dans ses appartements; le
nombre de ses domestiques. Les jeux qu'elle organise pour ses petils-onfants. Ses éruries, ses frais
de toilette. — Luxe de la duchesse d'Orléans, femme du Régent. Description de ses appartements au
Palais-Roval : ses beaux meubles, ses riches tentures, son goût pour la broderie. Sa collection de
tabatières. De quelle manière, à la mort de la duchesse, ses serviteurs, suivant une coutume princière,
se parl.igèrent ses toilettes, ses chevaux, son argenterie. — Le genre île vie du Régent au Palais-
Royal. Portrait de ce prince. Il s'occupe de chimie, de musique, de peinture, etc. Ses relations avec
les artistes. Ses tableaux sur le sujet de l>ni>hiiis et Cltloé. A quel moment il se lance dans la débauche.
Sa passion pour sa tille, la duchesse de lierry. Les petits soupers. Les bals île r(>|)éra
CHAPITRE VII
LES COLLECTIONS DE TABLEAUX, OBJETS DART, MEUBLES, CURIOSITES,
DÉCORATIONS DES APPARTEMENTS
dettes du Régent. — Exemples de sa générosité. — Dépenses qu'il lit au Palais-Royal en cons-
Inulions nouvelles et en embellissements. Les architectes qu'il employa : OppenordI, Cartaud, I.ogrand
et Louis Ju. — Le Château-d'Eau de RolxTt de Cott<-. — Histoire de la rollcction de labli'aux réunie
par le duc d'Orléans. Ses premières acquisitions; interminables négociations pour l'achat des tableaux
provenant de Christine de Suède. Comment ces chefs-d'œuvre furent amenés en France en 17JI. —
La rolleclinn des médailles formée par la princesse Elisabeth -Charlotte, puis augmentée par le
duc d'Orléans. Œuvres principales. Prix auquel elle fut estimée à la mort de ce dernier. — Argenterie
du Régent; comment l'emploi en était réglé au Palais-Royal. — Les tapisseries; comparaison de
leur estimation de 1701 à 1733. — Description des appartements; meubles (pii décoraient la cliambre
ilu prince; goût de celui-ci pour les tentures cramoisi. — Le salon il'OppenonlI. — La Galerie d'Iinée
et les peintures d'.\nt. Coypel. — Les écuries du Régent; nombre et prix des fhe\aM\, l\ixe des
carrosses, etc.
j8i
CIIVPITIU'] MIT
LE MOINE DE SAINTE-GENEVIÈ\ E : LOUIS d'orLÉANS
(1723- l~^'i)
Portrait de Louis d'Orléans, fils du Régent. .Son éducation, sa jeunesse, son mariage. — Les familiers du
Palais-Royal en 1780. Dis.sensions intérieures. — .Sur quel pied le nouveau duc d'Orléans règle sa
maison. Ses livres de comptes cl le registre de ses charités : curieux placcts qui lui sonl atire-ssés. —
.Ses fournisseurs : l'orfèvre Germain, le gainier Galluchal, etc. — Il fait refaire le janlin du
Palais- Royal en i7.'?o. — Ce prince va demeurer à l'abbaye de Sainte-Geneviève en 17/11 : véritables
motifs de sa retraite.— .\-l-il réellement brûlé par piété certains tableaux ilc la galerie du Régent.'
Erreur répandue à ce sujet. — Son installation à l'abbaye. — Tableaux qu'il se plaisait à copier. — Sa
chambre à coucher. — Son lalmratoirc. — .Sa bibliothèque. — ."«on testament. — Son Inventaire .... ^{27
LK l'AI.AlS-RO YAI,
ciiAi'iiiu-: 1\
LK PETIT- Il LS Kl' HKI'.ENT (17^3-1785^
l'UlES
Pxrlrdil du duc df Chartn-», i|ui d.'vail détenir Louis-Pliilipjio d'Orléans. — Son mariage avec la princesse
de Bourbon -Conti; ♦<•» malheur» conjuKaux. — Urillaule période de fêles au Palais-Uoyal. — Le due,
ami de» arb; la duchcsM-, «on portrait, «ou espril, «a mort prémalurée en 17 jy, son enlerremenl. —
\l>rî>» la mort de Louis d'Orléan», en 1731, son tils entreprend d'agrandir et d'embellir le monument;
1.-. irvlitlivlet CarUud et Contant d'hrv.— Incendie de l'Opéra en 1763.-83 reconslruclion par
Murviu, aux frai< île la \ ille. — |j noutelle faradf du l'alais-Royal. — Tra\au\ de décoration inté-
rieure dirigé» par Contant. — lk-«criplion de> nouieaux appartements. Fèto donné* au roi de
ItauemariL. — Louis- l'liilip|M- d'Orléans marié .swrètemeiit aviv Nf do Monlesson. Nouveau genre
de vie; la comédie il \ iller*-Collervl«; installation Iwurgeoise rue de Provence. Il quitte le Palais-
Itiital <|u'il laitM-, ciiii| ans a«ant sa morl. à son liU le iluc de Chartres ooi
(Il M'iTiii: \
ciiii ii'i'r.-i'iti vLiTi': ( 1780- 179.^)
I.d jeunnM* du duc de Chartres ol goiM précoco de ce prince pour les ailïircs. — .Son mariage. Portrait
Je la duclmw ta femme. I.a scM-iélé du Palais -floyal do 1770 h 178;) : silhouettes de grandes dames. —
(k'cupaliun» du due île Chartres ; m-» écurie» noutelles; M création d'un mus<'e des .\rls et Métiers
au Palals-Hojal. — Pourquoi il Millirilait si ardi'mnient do sou |ière le duc d'Orléans la donation
du Palais par avancement d'hoirie. S>n n^ve d'une colossale opération llnancière. — .Second incendie
de l'Opéra on 1781. D^inél^ avec la \ ille, — l..o« projets du prince sont dévoilés. Clameurs qu'ils
•oulivrnl Procès a»ec le» propriélain-s de maisons donnant sur le jardin. — L'arrhilivle Viclor Louis.
I^'s rfTTtirs de N-s hiographot. Ses tratauv au Paluls-ltoval; les galeries, le Tliéilre'Knui(;ais. etc. —
fWnliarras tlnancii'rs ilu duc <li- (Iharln-s, doenu duc «l'itrlé.ins, puis Pliilip|>c f.galilé. — La délwWle. —
('.■u|>runts divers. Voutn des colh-clinn» de mé'dailles et de la galcrio de tableaux : document nouveau
•ur re sujet — Vente des meubles du prince en 179.1, avant sa mort sur l'échafaud. — l,e Palais-
F«alllâ «ou» la Terreur. . '.^\)i)
Tvni.i. ni'..^ (jnAViHCK lions itiii 5a3
T*i>U! DU GRATt'ItM U\^^ l.l TCIT»:
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TinLr ■•«h ôhiihK M.fiixnf th.ii ». i>»:* Num- M 1 1 n m s c .>\ ■ 1 m > i,v\> ri mii.ime. :M
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PRESSES DE G. GOUNOUILHOU
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